Decryptage 03/06/2008 à 16h07

« Entre les murs » contre les « Ch'tis » : la revanche du réel


Pour la sémiologue Mariette Darrigrand, la palme 2008 prouve que le cinéma français ose enfin montrer la société tel qu’elle est.

Après la Palme d’or attribuée à « Entre les murs » de Laurent Cantet, premier film français à recevoir cette distinction depuis 1987, Mariette Darrigrand, sémiologue et blogueuse sur Rue89, décrypte le reflet que la France s’offre d’elle-même sur grand écran depuis « Indigènes ».

Il y a deux ans, ce film de Rachid Bouchareb -membre du jury de Cannes 2008- s’était distingué par un prix collectif d’interprétation masculine récompensant notamment Jamel Debbouze ou Sami Naceri, pour les comédiens les plus connus du grand public.

A l’époque, ce prix pour un long métrage consacré au destin des tirailleurs -sénégalais, mais aussi algériens ou marocains- avait été largement présenté comme une nouvelle façon de raconter l’histoire de France. En interview, les comédiens, issus de l’immigration, disaient à l’époque leur souci de « raconter une histoire qui leur ressemble et les concerne aussi ». (Voir la vidéo.)

En récompensant, cette fois, un récit contemporain tiré du roman de François Bégaudeau, prof en ZEP, le cinéma français semble tirer un fil nouveau. Largement médiatisés, depuis, les jeunes protagonistes du film de Cantet sont tous amateurs.

Bégaudeau lui-même, qui joue son propre rôle, n’était pas comédien professionnel avant de rencontrer Laurent Cantet. La bande annonce du film palmé à Cannes montre une France plus proche de la réalité que bien d’autre productions passées. (Voir la vidéo.)



Pour Mariette Darrigrand (qui n’a pas vu « Entre les murs », mais a lu le roman de Bégaudeau), cette palme d’or est « une excellente nouvelle... pas seulement pour Laurent Cantet qui signe de très beaux films ou pour le cinéma français mais pour la France » :

« Cette palme, c’est un très beau signe politique. Elle incarne le désir d’un intellectuel français, accentué par celui de l’intellectuel américain qu’est Sean Penn, le président du jury, de montrer que, oui, la société française est extrêmement métissée.

“Jusque-là, on a beaucoup discrédité la générosité de ce type de regards au nom de la bienpensance. Or, là, on atteste simplement que la mondialisation est arrivée en France et qu’elle a le visage de nos enfants.”

“Pour affronter son image moderne, il faut s’avouer modeste”

Parmi les élèves mis en scène par Cantet, qui a ouvert un atelier de théâtre dans un lycée du XXe arrondissement de Paris (à deux pas des locaux de Rue89 !) pour recruter ses acteurs, on compte beaucoup d’Arabes et de Noirs, à l’image de cette France métissée qu’étudie Mariette Darrigrand.

D’eux, elle souligne que “ces enfants-là, il n’en est jamais question par ailleurs” :

“Ces enfants-là incarnent les conséquences de la mondialisation dans leur chair. C’est ça que nous avons à nommer. Ce film va a l’encontre du discours d’une frange d’intellectuels très médiatiques qui stigmatisent la bienpensance qu’il y aurait à montrer la société telle qu’elle est.

‘Ce courant de pensée est incapable d’avoir un discours sur la modernité et le monde contemporain tel qu’il est. De plus en plus, c’est vers l’économie et des gens comme le chercheur Daniel Cohen qu’il faut se tourner pour trouver un discours capable de réfléchir là-dessus. Affronter son image moderne, cela suppose de s’avouer modeste. C’est la démarche de Bégaudeau.’

Il s’écoule deux ans entre ‘Indigènes’ et ‘Entre les murs’, que Mariette Darrigrand regarde comme ‘la saison 2 d’une même oeuvre de lucidité’. Un laps de temps marqué par deux films qui ont fait un carton auprès du public : ‘Les Choristes’, de Christophe Barratier, et ‘Bienvenue chez les Ch’tis’, de Dany Boon. Sorti cet hiver, les ‘Ch’tis’ ont ainsi dépassé les 20 millions d’entrées, venant même chatouiller le record d’un blockbuster beaucoup plus américain, celui-là : Titanic, avec 20,7 millions d’entrées en France.

En fin de semaine dernière, plus de 60 000 Nordistes étaient encore venus acclamer Dany Boon, comédien et réalisateur de ‘Bienvenue chez les Ch’tis’, sur la Grand Place, à Lille.

Si, sur la Toile, certains sites, déploraient, ce week-end, les tarifs pratiqués pour l’occasion par les baraques à frites de l’Esplanade - ‘une bière tout à fait ordinaire dans un gobelet en plastique 2.50 euros, ce n’est pas un tarif pratiqué à Bergues’, juge amèrement un internaute d’Europe 1.fr-, le succès de l’opération a été énorme. (Voir la vidéo de La Voix du nord)



‘Les Choristes’ et ‘Bienvenue chez les Ch’tis’ resteront dans les annales comme deux grands succès populaires... aux histoires très franco-françaises. Régressif, alors qu’‘Indigènes’ et ‘Entre les murs’ ouvraient justement une brèche dans l’image que la France se donne d’elle-même ? Pour la sémiologue Mariette Darrigrand, les deux films, quoique tous deux très hexagonaux, ne racontent pourtant pas la même identité collective :

‘Autant ’Les Choristes’ n’ont pas une bonne esthétique, autant j’avais plutôt défendu ce film à l’époque, dans la mesure où la démarche n’est pas si différente de celle de Bégaudeau : le film montre que les sauvageons sont civilisables, qu’il ne faut pas désespérer d’eux.

Certes, c’est un peu ’catholico bien-pensant’, mais ça dit quelque chose de positif qui ne relève pas seulement de la nostalgie. Plutôt d’une forme d’utopie actuelle sur une proximité inattendue.

Les ’Ch’tis’, en revanche, incarnent une rupture : ce film nie le réel, et voudrait nous consoler de ce réel difficile. Ici, on nie les mutations, la mondialisation, alors que justement la France doit muter, accueillir les migrants. Bégaudeau, à l’inverse, affronte le réel, qui devient racontable.’

Les ‘Ch’tis’ deviennent une consolation et font l’effet d’un joint.

La sémiologue estime ‘très alarmant qu’autant de gens se retrouvent sur le fantasme régressif des Ch’tis’, qui abolissent le réel”. Pour autant, Mariette Darrigrand parie sur “un grand succès populaire” pour “Entre les murs” et sa palme d’or. Alors quoi : les Français, qui ont montré un tel engouement pour les “Ch’tis”, seraient-ils un peu schizophrènes ?

“Il y a deux manières de voir les ’Ch’tis’ : ceux qui l’ont vu sept ou huit fois y vont parce que ’ça fait du bien’. Le film devient une consolation et fait l’effet d’un joint. Eux n’iront peut-être pas voir le Bégaudeau. Mais une frange majoritaire de gens peuvent très bien aller voir les deux.

‘Ceux-là, ce sont ceux qui ont regardé les ’Ch’tis’ comme une gourmandise identitaire. Ce film a déplacé la question du clivage pour le situer sur la question de la langue... alors qu’il faut justement s’interroger sur le ’vivre ensemble’.

Si on va plus loin, les bobos sont complaisants avec les ’Ch’tis’ parce le film est une métaphore de la très grande faute de la gauche qui a oublié ses mineurs, ses ouvriers, ses Ch’tis... mais sans oublier le mépris qui va avec !

Photo en page d’accueil : Dany Boon et Kad Merad dans Bienvenue chez les Ch’tis’ (Pathé distribution) et une scène d’‘Entre les murs’.

Lire aussi : Seul acte politique à faire au Festival de Cannes : ne pas y aller

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  • asozial
    asozial répond à siko
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 13h54 le 04/06/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    étrange posture que de mépriser à la fois une approche intellectuelle (du « baratin ») - au nom de la simplicité apparement -, et le cinéma français populaire (« films ... vides ») au nom de la complexité donc. dis-nous ce qui trouve grâce à tes yeux, tant au niveau cinématographique que philosophique, qu’on comprenne mieux ce que tu cherches à exprimer...

    quant à ’bienvenue chez les chtis’ pour être médiocre il n’en est pas plus vide, au contraire (par exemple il y aurait beaucoup à dire sur les inexactitudes sur ce Nord fantasmé décrites dans un précédent commentaire - qui ne sont pas des erreurs de la part de locaux comme Dany Boon). rien n’est vide, on ne passe pas un an à travailler sur un film, on ne dépense pas 11 millions d’euros et on ne réunit pas 20 millions de spectateurs sur du vide.

  • compte supprimé 13
    • Posté à 20h55 le 03/06/2008
    • Internaute 10266

    réfléchir ... chiche.

    « Indigènes » : un film « français » ?

    selon sa fiche officielle il est crédité de Belgo-Maroco-Algéro-Français et son réalisateur est Franco-Algérien.

    De quel droit peut-on « récupérer » pour servir une démonstration ?

    Le mieux lorsque l’on veut réfléchir est d’annoncer clairement les bases de la réflexion.

  • mechante langue
    mechante langue répond à siko
    • Posté à 13h44 le 04/06/2008
    • Internaute 28480

    « Sémiologue, super... encore une espèce de pseudo-science ? »

    Exactement !
    C’est un titre ronflant pour se donner une autorité et pour gagner de l’argent .
    En tout cas ça ne donne aucune compétence car par exemple question méthodologie oser comparer deux films alors qu’on en a vu qu’un , fallait oser

    • asozial
      asozial répond à mechante langue
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 13h57 le 04/06/2008
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      OK, donne-nous un nom de sémiologue qui s’est enrichi en faisant de la sémiologie.

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 19h22 le 03/06/2008
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    Une amie m’a dit après avoir vu « les ch’tis » que ce film opposait encore une fois, les gens du nord contre les gens du sud...
    Je n’ai pas envie d’aller le voir, alors je prends les avis...
    J’ai un défaut, dès qu’on me fait un bourrage de crane pour un bouquin ou un film (ou un président !) j’ai envie de faire tout le contraire

    • babushconnexion
      • Posté à 16h30 le 04/06/2008
      • Internaute 39690

      ah, tu n’iras donc pas voir « Entre deux murs » ?

      parce que sans le festival de Cannes, dans lequel il a été incorporé à la dernière minute d’ailleurs, et sans le débat actuel sur l’école, ce film à 2 euros tourné en 2 heures, dont l’histoire pue l’ennui à 50 bornes et qui à priori n’apporte absolument rien au cinéma n’aurait sas doute fait que les 50 000 entrées qu’il mérite.

  • aeros
    • Posté à 20h55 le 03/06/2008
    • Internaute 20372

    Je ne vois pas en quoi un troupeau d analphabète reflète la diversité et la « vraie » France...

    Au fin fond de l Ardèche ou de la Corse, ceci ne reflète ni la France ni l idée que vs vs faites de la France.

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 21h00 le 03/06/2008
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Blablaterie d’intello. Du genre a vous parler des pauvres / immigrés en vivant dans le 92 et avec des amis bac+12 comme elle. Du genre a confondre culture et divertissement. N’importe quoi.

  • kkadim
    kkadim
    service public rhone alpes
    • Posté à 21h09 le 03/06/2008
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    vous nous gonflez avec votre cinéma du réel etc... nous avons deux films différents ET ALORS ?
    les deux disent quelque chose ( les chtis sans doute plus qu’il n’y parait ). l’un n’annule pas l’autre. ils ont chacun leur interêt. si vous voulez vraiment descendre un certain cinéma occupez vous plutot du « cinéma des copains » parisiano-bobo, pédant. et puis il y a plus important. tout cet ergotage me fatigue.

  • Humain
    • Posté à 21h58 le 03/06/2008
    • Internaute 21387

    Les Ch’tis ?
    Ce film a une gueule d’atmosphère. J’ai honte de l’avouer à vous lire, mais j’ai ri, oui, et vraiment.
    C’est un conte, un conte merveilleux, bourré de talents et de caractères effaçant les stéréotypes. Superbe !

    Et puis, avez vous compté le nombre de films où les gens applaudissent ? Moi si. Il y en a peu, et « les Chti’s » est de ceux là.

    Le gros problème est que ce film a été vu par 20 millions de personnes ! !
    Une honte de voir tant de gens se précipiter dans les salles obscures, alors qu’il aurait été mieux pour eux de réfléchir à leur condition, opposition nord-sud, ou je ne sais quoi !

    « Entre les murs » est surtout un film qui au delà du scénario à été primé aussi comme étant le premier film (A cannes) tourné en numérique
    Avec vous vu « hotel du nord » et sa fameuse réplique « Atmosphère, atmosphère... » mais là, il ne s’agissait peut être pas de sémiologie.
    Qui donc se souvient du « message » ?

    Je suis de ceux qui ont vu « les Ch’tis » et également « les choristes »....

    Bref je suis allé voir, entre autre un film « regressif » et un autre qui « nie le réel ».

    Faut-il aller au cinéma uniquement pour la réflexion et compréhension de soi... ? Peut être, mais à ce titre, je ne suis hélas pas de ceux qui se déplacent pour un film couronné par les Césars...

    Et Renoir, Carné ou Denis de la Patelière en cinéastes qu’il sont tournaient des films sans intention d’éduquer le « sans neurone » que je devrais être ! Ils me passionnaient. Mais pourquoi donc ?

    Votre propos me fait penser à un édito de Témoignage Chrétien devenu, maintenant, Télérama.
    (Non non, je ne parle pas des programmes de TV que je ne regarde pas, mais bien des films)

    Aller au cinéma ? Cela vous surprendra mais c’est toute une affaire. Le savez vous ?
    C’est loin, cher, et forcément, (pour nous) le samedi.

    Et, pour les films, je fais maintenant plus confiance au bouche à oreille qu’aux commentaires, (souvent avisés), de cinéphiles dont je ne partage pas toujours les gouts.

  • raoul le magnifique
    • Posté à 22h02 le 03/06/2008
    • Internaute 38441

    « Entre les murs » est louangé par la bien-pensance pour montrer « l’école telle qu’elle est », comme l’explique le réalisateur, Laurent Cantet. Mais cette heureuse lucidité a d’autres œillères....

    Avant, il était bien vu par ces biens pensants immondes de gauche d’être taiseux sur les mutations socioculturelles nées de l’immigration extra-européenne, que des démographes édulcorent en tripatouillant les statistiques....

    Il aura fallu attendre 2000 pour que la cléricature médiatique reconnaisse la réalité des violences dans les cités et les écoles ghettoïsées.....

    Auparavant, rapporter ces faits vous classait « réac ». D’ailleurs, appeler un chat un chat reste risqué pour son matricule....

    Cela pour dire que ce que dévoile le film, d’après un récit vécu de François Bégaudeau, ne peut être une découverte que pour ceux qui auraient cru que « la France n’est pas un pays d’immigration massive » et que rien n’a changé. Ce docu-fiction met en scène une classe « black-blanc-beur » de quatrième d’un collège difficile du XXe arrondissement de Paris. L’idée est de montrer qu’il faut prendre les élèves comme ils sont....

    Et dire que Begeaudeau se plaint de ces réformateurs qui filtrent la réalité pour la faire correspondre à leurs a priori idéologiques, ces réformateurs qu’il traite de reac...

    C’est notamment cette vision de l’enseignant, qui dit vouloir apprendre des élèves et de leurs différences, qui a séduit le jury présidé par le très gauchiste Sean Penn. L’école façon « Star Ac’ » enchante le PS et les syndicats qui, comme le Sgen-CFDT, dénoncent les nostalgies du passé
    .....
    ASCHIERI a du s’agiter le poignet toute la soirée de dimanche ! !

    Cependant ces néoréalistes ne voient que ce qui les arrange…..En fait, il n’y a pas plus militants que les donneurs de leçons d’objectivité.

    « Sympa » avec les « mômes »
    TOUT EST DIT :
    Non, désolé : le multiculturalisme, qui s’imposerait à une Éducation nationale sommée d’être « sympa » avec les mômes (forcément « magiques »), ne va pas de soi….
    Ce choix de société, qui reste à trancher, mérite mieux que des clichés....
    D’autant que les premiers résultats de cette école droits-de-l’hommiste, qui rejette l’uniformisation des savoirs, le magistère des professeurs, et milite pour les sans-papiers, n’ont rien d’encourageant…..C’est même dramatique...
    Ce système, applaudi par les empapillonnés de la Croisette qui se gardent bien d’y mettre leurs enfants, aggrave les inégalités sociales. La perspective d’avoir deux sortes d’enseignement n’est pas acceptable.

    Le « bel homme », proche du peuple, Jack Lang, estimait récemment dans les medias que le film tombe à point avec ce gouvernement qui aime si peu l’école ! !
    Il est permis de se demander qui, en l’occurrence, méprise l’éducation…..

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à raoul le magnifique
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 22h48 le 03/06/2008
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      Le multiculturalisme , je l’ai vécu ...en 4éme aussi.
      C’est une exellente école de la vie, qui ouvre l’esprit et élargit les horizons de la pensée.

      J’étais dans un collègue catholique, tenu par des frères canadiens....au Sénégal !

      Mes profs étaient libanais , congolais (mon prof de français !),canadiens, viétamiens et français.
      Dans ma classe, noue étions une quizaine de nationalités différentes.

      26 pays étaient représentés dans cette école francophone.

      Aucun d’entre nous n’en avait rien à battre de la religion , ou de la couleur de peau de ses copains.
      Nous vivions ensemble , sortions ensemble , allions à la plage ensemble , et organisions des repas les uns chez les autres.

      Nos parents se cotoyaient et de multiples liens se créaient.....

      Grâce à l’école !

      Grâce aux gosses !

      Alors oui , il y a un défi à relever , c’est celui de l’acceptation de l’autre, de ses différences, et construire ensemble , au quotidien , un présent et un avenir commum.
      Le repli nationaliste n’est que le signe de sa peur de perdre son identité, c’est une erreur désastreuse et destructrice, qui n’amène que haine et désolation.

      Je n’ai jamais pensé que le défi du 21éme siècle , qui est de gérer au mieux les flux migratoires, et l’intégration de nouvelles populations à notre pays, serait une chose simple.

      Mais ,il faut stopper les haines et les amalgames douteux.
      Je ne suis pas un idéaliste béat, niant les difficultés à harmoniserle « vivre ensemble ».

      J’ai été responsable d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile qui accueillait 130 personnes de tous les pays et de toutes les confessions.

      Aujourd’hui, j’ai des amis de tous les coins de la terre.
      C’est un enrichissement pas une perte , bien au contraire.

      • Numerosix
        Numerosix répond à Charles Mouloud
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 23h32 le 03/06/2008
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Ben t’es drolement serieux Charles , ce soir . N’empeche que t’as bien raison .
        J’ ajouterais un truc , le multiculturalisme ca marche tres bien dans la vie reelle, pas seulement dans les belles experience de potes qu’ on s’ait fait dans des ecoles etc
        Dans le metro , y a pleins de couleurs et de gens de cultures differentes , personne ne le remarque ni n’ en fait un fromage ..
        Mais pourquoi faut il qu’ au cinema on s’en fasse tout un monde : Ha enfin un film avec des noirs normaux , mon dieu que c’est beau !
        Et a la télé , dans les series , il faut toujours un equilibre , un blanc et un noir chez les gentils flics , un blanc et un noir chez les mechants bandits ..
        Jamais deux gentils blancs ou deux gentils noirs dans une voiture des flics ..
        On ne résoudra jamais rien avec des ridicules comptes de parité d’ apothicaires dans les medias , voila ce que je pense ..

  • Thomas Tribout
    Thomas Tribout
    Travailleur asocial
    • Posté à 00h01 le 04/06/2008
    • Internaute 43314
      Travailleur asocial

    Kad d’origine maghrébine et Bany Boon de mère berbère et converti au judaïsme c’est bien la France plurielle, pas un fantasme pétainiste...

    Les ch’tis ne mettent simplement pas cette diversité maladivement en avant. Des Français de toutes origines communient dans un fait régional fort. Etant lorrain je peux vous assurer que bien des fils de migrants ont un accent terroir à rompre à la hache et que la langue urbaine s’est enrichie d’expression régionale.

    le film de Cantet au contraire semble transposer dans le XXe le pires fantasmes bobos sur les lascars...

    Même raisonnement pour les choristes, allons nous en venir au ridicule du cinéma américain qui impose ses quotas de minorité visible même dans les films « historiques » ?

    L’immigration ce n’est pas que la banlieue, la banlieue ce n’est pas que l’immigration. Quand on ne se posera plus la question sur l’origine des acteurs, là nous aurons réussi l’intégration...

  • chamss
    • Posté à 01h12 le 04/06/2008
    • Internaute 26008

    Salut à tous

    J’ai lu cet article et en finissant j’étais assez offusquée de l’analyse faite. Et puis j’ai lu les commentaires. Forts agréables. Et ça m’a rassuré.

    Il n’y a pas à opposer « entre les murs » et « bienvenue chez les ch’ti ». Je n’ajouterais rien d’autre car le meilleur a été dit par les internautes.

    Merci à vous les commentateurs.

  • Perjovem
    • Posté à 02h40 le 04/06/2008
    • Internaute 5477

    Bof, Mariette Darrigrand ressasse les mêmes conneries que Serge Kaganski à la sortie du succès de Jean-Pierre Jeunet « Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain ».
    Affligeant !

    Perjo

  • Clark
    Clark
    Downunder
    • Posté à 07h58 le 04/06/2008
    • Internaute 32655
      Downunder

    C’est exactement l’article sur lequel on a envie d’intervenir... alors qu’il ne mérite qu’une seule appréciation : berk !

  • Editorama
    Editorama
    Humaniste détaché
    • Posté à 08h18 le 04/06/2008
    • Internaute 37052
      Humaniste détaché

    Nul n’est besoin d’être une éminente sémiologue pour s’alarmer à la vue de ces milliers de fans venus célébrer les ch’tis et ses millions de spectateurs. Car la caricature est violente et le verbe bien bas ! Certes ils sont bien mignons les postiers avec leurs amourettes et leur tendresse, ce qui fait du bien à une époque de violence et de doute. Malgré ça, le constat est flagrant : ce film est un pansement bien collé. Le tout est de savoir jusqu’à quand tiendra la colle...

  • helios33
    • Posté à 08h27 le 04/06/2008
    • Internaute 33580

    Le jury du festival de Cannes est constitué de bourgeois cosmopolites complètement détachés des populations dont ils sont issus. Ils ne font que récompenser ce qui flatte leurs lubies idéologiques.

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à helios33
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 11h12 le 04/06/2008
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      Arlette , sors de ce corps !

    • asozial
      asozial répond à helios33
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 14h03 le 04/06/2008
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      Adolph, sors de ce corps ! ! !

      • Charles Mouloud
        Charles Mouloud répond à asozial
        Bras gauche de la Vénus de (...)
        • Posté à 14h55 le 04/06/2008
        • Internaute 12542
          Bras gauche de la Vénus de (...)

        Toi , tu cherches à le flatter . :)

         
        • asozial
          asozial répond à Charles Mouloud
          Bobo reprazent - aus Berlin.
          • Posté à 15h21 le 04/06/2008
          • Internaute 2273
            Bobo reprazent - aus Berlin.

          Scuze-moi Charles, mais le « bourgeois cosmopolite » (comprendre juif apatride, bien entendu) ennemi du peuple sent bien sa propagande nazie.

          ne mêlons pas Arlette Laguillier à ça (qu’elle retourne en paix à son néant) - Trotsky lui-même avait été qualifié de cosmopolite par la rhétorique stalinienne si je ne m’abuse.

        1 autres commentaires
  • ADCR
    • Posté à 08h35 le 04/06/2008
    • Internaute 14797

    « Jusque-là, on a beaucoup discrédité la générosité de ce type de regards au nom de la bienpensance. Or, là, on atteste simplement que la mondialisation est arrivée en France et qu’elle a le visage de nos enfants. »

    ça fera plaisir a Cantet ça : l’idée d’avoir fait un film pour la mondialisation.
    Faudrait s’entendre sur les mots...
    La mondialisation, c’est le capitalisme sauvage, c’est la libre circulation des marchandises.
    Dire que la mondialisation à le visage de nos enfants c’est donc un peu brutal. Un contre sens par rapport au livre, au film et aux idées politiques des auteurs des deux oeuvres. Je ne pense pas que Begaudeau ou Cantet considère nos enfants pour des marchandises...
    Enfin bon bref encore une fois la semiologie m’ennerve profondement. C’est une science du n’importe quoi.

  • Emgann
    Emgann
    présent
    • Posté à 09h24 le 04/06/2008
    • Internaute 26239
      présent

    Je n’ai pas vu le film de Boon. Ce que j’en retiens c’est un côté populaire mais aussi le fait de parler d’une réalité qui est bien là, celle de ’la France d’en Bas’ , celle qui vit ailleurs qu’à Paris, celle qui a envie d’être reconnue comme les autres.
    Elle existe, je rencontre sa jeunesse tous les jours , elle a envie qu’on parle d’elle.
    C’est un peu comme ces cours d’histoire qui présentent le début du siècle précédent comme la Belle Epoque. Du virtuel, quand on regarde les photos que retiennent les manuels scolaires, on ne voit que la bourgeoisie et ses oripeaux, pas la réalité, celle de l’eau qui n’était pas courante !
    Il n’y a donc pas d’opposition entre les deux films car si les classes de ZEP existent bien avec des enfants de toutes les couleurs, je les ai connues aussi, elles ne sont pas la seule réalité, une réalité seulement qu’il est indécent de ne pas voir. Mais je n’entends jamais les problèmes des classes d’un monde rural dont une bonne partie connaît de belles difficultés.Seraient - elles si peu nombreuses ? Au contraire.Je n’entends jamais non plus les projets divers qui touchent cette fois autant la création contemporaine ( musique par ex. ) que les arts populaires dans toutes les régions qui ont leurs particularités qu’un certain pouvoir jacobin ne veut pas voir. Le pire est bien d’opposer des réalités qui existent l’une et l’autre.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 09h45 le 04/06/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    rue 89 étant sois disant un truc de gauche je veux bien refaire du cinéma , j’ais u une vie plutot bandante pour les bobos , et je connais plein d’histoires droles
    Lien

  • Humain
    • Posté à 11h26 le 04/06/2008
    • Internaute 21387

    Les Ch’tit, les choristes...

    Grosso modo, ce que l’on reproche à ces films est de marcher.

    Faut-il donc être cinéphile convaincu pour se déplacer dans les salles obscures ?

    L’audience de la « grande vadrouille » était du même ordre que les « les chti’s », et je n’ai pas souvenir de la portée « romantico-éducative » de la « grande vadrouille ».
    Voire, même chose ou presque pôur « les choristes » !

    Si ce film avait été produit par un illustre inconnu, (de préférence A2 et recommandé par Télérama), avec un cahier des charges vraiment « misérabiliste », il aurait fait un flop, mais aurait été l’objet de remarquables articles lus par quelques cinéphiles avertis.

    C’est là qu’est, me semble-t-il, le misérabilisme.

    En 1862 les frères Goncourt ont trouvé le roman de Victor Hugo « les misérables » sans intêrets ! !

    Mais les millions de gens qui se déplacent pour voir l’un, ou l’autre de ces films ne sont ni des incultes ni des ignares, mais simplement des spectateurs.

    Les spectateurs, le public, c’est vous, c’est moi !

  • Julos
    Julos
    ex E.N
    • Posté à 11h53 le 04/06/2008
    • Internaute 38577
      ex E.N

    Clavarder sans fin sur « les ch’tis » (que presque tout le monde a vu) et « Entre les murs » (que presque personne n’a vu) c’est en effet comme l’ont dit certains « pédaler dans la s’moule ». Autrement dit, parler dans le vide.

    Par contre, le débat/polémique que les antipédagos se sont empressés d’initier (sans avoir non plus vu le film !) ici ou là (par ex à Marianne où Meirieu(*) a au moins 2 ennemis jurés en la personne de Natacha Polony et Joseph Macé-Scarron) me parait plus prometteur.
    En effet, en attendant la sortie en salle du film de Cantet, j’attends avec impatience un film contradictoire, réalisé par un cinéaste X ou Y à partir des écrits d’un Brighelli par exemple.

    Chiche ?

    (*) en apéro, on peut déguster les analyses quasi quotidiennes de Maître Meirieu ici :

    Lien

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 14h12 le 04/06/2008
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    un des grand challenge de ma vie : faire l’appel tous les jours dans un collège de la campagne environnant Bailleul (là où Dumont fait la plupart de ses films) avec des élèves aux noms un tiers flamands, un tiers polonais et un tiers arabes, sans faire d’erreurs et sans me faire chambrer... alors, ’bienvenue chez les chtis’ ou ’entre les murs’ ?

  • etpuisquoi
    etpuisquoi
    indéterminé
    • Posté à 15h30 le 04/06/2008
    • Internaute 43178
      indéterminé

    Bonjour à tous.

    « Entre les murs » : voilà un joli titre et un superbe consensus.

    Une sémiologue vient nous présenter la thèse selon laquelle, n’est-ce-pas, ce film exprime le réel, qu’il correspond adéquatement au réel à la manière d’un parfait reflet. Ben voyons.

    Pourtant, l’impasse est bien faîte dans cet article sur le fait que ce film est aussi une fiction.
    C’est une fiction qui se déclare comme telle mais qui prétend aussi avoir une valeur de document, être un documentaire sur le réel. On peut noter, déjà, sans que cela constitue une forme de dénigrement pour la sémiologie, que le cinéma en tant qu’art doit exprimer le réel : le copier le plus adéquatement possible. Pourqoi donc ? Où sont les arguments ? Il y a un vrai cinéma et un faux cinéma ? C’est tout ?

    Bien sûr, c’est le critique, sous couvert d’analyse sémiologique en réalité inexistante ici, qui se pose comme étant le garant de cette adéquation.

    Le sémilogue dit : ce film là, précisément celui-ci, exprime le réel ; tandis que les autres, non.

    Selon quel critères ? Le réalisme ? L’esthétique ? Quelle esthétique ? Quelle réalisme ?

    La conception exposée ici est justement d’ordre non esthétique. Le sémiologue dit : ce film est un bon film parce qu’il est un film à « message », un film qui véhicule le bon et seul vrai message actuel.

    Le sémiologue affirme donc qu’un bon film est un film qui exprime la vérité du réel, et que cette vérité lui seul est capable de la déceler par une analyse pertinente. On croit rêver. La vérité est unique.

    Car, dans cet article, l’analyse scientifique n’en a que le nom. Que signifie en effet cette idée qui consiste à affirmer qu’un Film comme « entre les murs » est un vrai film parce qu’il exprimerait l’état du monde, soit la mondialisation et son idéal de métissage ?

    A première vue, c’est un film sur l’école dans un endroit précis. Défendre l’irrémédiable mondialisation par le recours à ce film revient à peu à près à soutenir que, par quelques côtés, l’avare joué par louis de Funes est une critique larvée du capitalisme qui nous feraitt prendre conscience de son inéxorable présence.

    L’exemplification a ses limites en tant que méthode : là, elles sont allègrement franchies.

    Rappelons qu’un sémiologue analyse en général tout ce qui ressortît à l’ordre du signe, et, notamment des images. Quelles analyses ici ?

    Bref, l’article consiste non en une analyse scientifique mais plutôt en une affirmation politique qui use de clichés convenus et qui évoque vaguement la mondialisation pour mieux affirmer sa présence cachée.

    Ainsi, de l’économie de la haute finance à un collège de banlieue il n’y a qu’un pas : Là dessous, c’est le même monde qui se déroule. Quelle science, ici ? Tout est signe divîn ?

    Le critère d’autorité (une sémiologue vous parle...) et son vernis scientifique (universel, donc) ne sont que le reflet d’une positions subjective. Ce n’est pas le film qui reflète la mondialisation : c’est l’article du sémiologue qui reflète son parti-pris politique.

    Aucune analyse des propos de l’auteur du livre n’est accomplie. Aucune analyse de la bande-annonce déjà à disposition du futur spectateur n’est faîte. Un sémiologue, pourquoi faire ?

    N’est-ce pas curieux que l’on puisse poser une analyse cinématographique, enrichie d’une analyse politique sur l’état du monde, sans même justement étudier le contenu des propos de l’auteur du livre et des images du film ou de sa bande-annonce ?

    Dis autrement, par idéologie, on plaque un Autre contenu, un Sens (unique), sur des images et des propos qui eux ne sont pas analysés en tant que tels. De la sémiologie ?

    Ce qui compte, donc, ce n’est pas le film lui même et son contenu, ses images, ni même ce que veulent transmettre le livre, l’auteur, le réalisateur du film.

    Ce qui compte, c’est qu’un Autre contenu soit posé, contenu qui ressortît à un autre registre que la stricte analyse sémiologique : ce contenu est ouvertement politique. On est loin de l’art, de l’école, du cinéma, de l’esthétique, etc...

    A ce sujet, on peut rappeler un propos de l’auteur du livre, le fameux professeur. Ce monsieur ne cache pas du tout son militantisme d’ordre politique.

    Il faut dire qu’en parfait dinosaure, ce monsieur croit encore que toute oeuvre d’art est politique par quelques côtés.

    Ce crédeau qui consiste à tout confondre sour le genre du « politique » a fait long feu : il consiste à voir du « politique » partout, même quand il n’y en à guère, même quand certains problèmes n’ont pas une origine exclusivement politique.

    Cet auteur, donc, se pose comme étant une sorte de militant politique dont la parole de professeur de terrain vaudrait parole d’expert. D’emblée donc, ce monsieur prétend être objectif. On croit rêver.

    Que dit cet expert ? Qu’il est nécessaire, tenez vous bien, que le professeur « s’adapte à son public ».
    Je n’invente rien. Ici, bien sûr : pas de pertinente analyse semiologique, tu penses...

    Je rappelle que ce monsieur n’est pas un commercial, ni un frénétique adepte du marketing, non, non.
    Il est professeur et ses élèves constituent « un public ». Pourquoi pas des clients ?

    L’adaptation du professeur à un « public » : on reconnaît baien là, il est vrai, le discours qui accompagne le phénomène contemporain nommé mondialisation ultra-libérale.

    On s’adapte aux clients, on s’adapte à l’environnement, on est sommé de s’adapter pour survivre. Les élèves, quant à eux, sont un « public ».

    Mais, ici la susbtitution du terme d’élève pour celui de « public » n’est pas du tout neutre : un élève suppose un maître. Or, le terme de maître donne la nausée à ce professeur. On croit rêver : « public », c’est mieux. Qu’est ce que ça veut dire ?

    Que dans les pauvres banlieues il existe un « public », c’est-à-dire un « public » spécifique qui nécessite que l’on s’adapte à lui. Rassurez-vous, cette adaptation vaut seulement pour la banlieue ou les collèges et lycées jugés médiocres. Ailleurs, tout va bien : il y a toujours des élèves et des professeurs.

    Bien sûr, aucune critique de ce point de vue n’est acceptable au pays du cinéma rebelle. Celui qui risque une critique est promptement qualifié de « réactionnaire », dixit Mr. le professeur-expert.

    Son point de vue sur l’école tend à réifier les différences entres les jeunes français scolarisés, mais, attention, pas de critique, Niet.
    Quelle belle arme sémantique : « Réactionnaire ».

    En revanche, donc, il faudrait comprendre que ce qui est progressiste, non-réactionnaire, c’est de dire qu’un professeur s’adapte à un « public » particulier.
    Ben voyons.

    Seraient-ce aussi les contenus des cours qui doivent être adaptés ? La fonction du professeur ?
    Ecoutez donc causer le jeune professeur dans le poste : sa rhétorique a bien du mal à cacher le fait qu’il accepte que ses élèves recoivent un enseignement différent. On appelle cela : pédagogie. Du coup, pédagogie, ça paraît moins cool.

    Ce que masque à peine ce professeur, c’est l’acceptation du fait que les élèves de banlieue ne sont pas comme les autres. Eux seuls ont le privilège de ne pas avoir un professeur, mais un être hybride dont les fonctions oscillent entre celle d’éducateur spécialisé, de coach, d’animateur socio-culturel, de médiateur social, et, enfin, parfois, de professeur.

    Voilà donc ce que l’on nous vend cette année à Cannes : une palme d’or qui ne vient pas récompenser un cinéma d’artiste, ou un film intelligent, mais un manifeste qui se prétend neutre et soi-disant critique, parce qu’il poserait des questions politiques. Celle d’une certaine politique.

    Bien sûr, ici, le sémiologue, en toute objectivité, ne dit rien. Le sémiologue vient plutôt contourner cette situation dramatique en affrimant que ce film consistue un plaidoyer pour la mondialisation via les questions conjointes de l’immigration et du métissage.
    Quelle pirouette.

    « Entre les murs » nous est présenté comme un film dont le sujet serait la mondialisation. Il fallait oser. Quelle fable.

    On peut alors se demander si ce film engagé présenterait une critique de la mondialistion.
    Mais non.
    C’est même tout l’inverse.
    Le sémiologue nous le dit, avec l’aplomb de celui glisse du registre de la science à celui de l’opinion politique : Le film pose la question de la nécessaire adaptation à la mondialisation établie. Au fait, que dit le professeur rebelle ? il dit que ce film montre la nécessaire adaptation du professeur à son « public ».

    Le plus comique, donc, est que mr. Sean penn et une grande partie de l’intelligenstia française affirment de manière plus ou moins réfléchie que ce film est un film critique.
    Un film qui bouscule les idées reçues.
    Un film militant.
    Un film engagé.

    C’est exact : C’est un film qui s’engage pour dire que tout le monde doit s’adapter à l’ultra libéralisme. A adopter son vocabulaire, ses méthodes, ses idées. On n’enseigne plus : on coach...on se s’élève plus mais on assiste en bon public à un vague cours. Super.

    En somme, et en exagérant à peine, on a le sentiment trouble que cet éminent sémiologue nous présente ces quelques gamins de banlieue comme une sorte d’avant-garde (insconsciente, bien sûr) du seul réel possible, soit la mondialisation ultra-libérale issue de la mutation conjointe de la hautre finance et de certaines idélogies droitières, grenre Hayek.

    On mesure la portée de la subversion et de l’engagement.
    Vachement dangeureux, très novateur. Le pouvoir, fut-il diffus, tremble. On n’en doute pas.

    On a pas du tout le sentiment de se faire aussi prendre pour des couillons.

    On a pas du tout non plus le sentiment que se met en place le théâtre où l’art engagé prétendûment de gauche vient sauver les malheureux en exhibant un panel de jeunes-de-banlieue, panel chosis en fonction d’une idéologie du Bien.
    Non pas du tout.

    De toute façon : le consensus mou permet de renvoyer toute critique par l’emploi de termes fleuris.

    Critiquer c’est être réactionnaire ; applaudir le film c’est être ouvert, avide de découverte, de vivre-ensemble, etc...Amen. Le Bien versus le Mal. Choisissez votre camp. Super.

    Mais ce qui le plus sinsitre, c’est « qu’entre les murs » paraît ici, pour ce sémiologue, comme un manifeste pour l’ultra-libéralisme : ces jeunes de banlieue sont la mondialisation : nous devons les accepter comme tels. Pauvres gamins intrumentalisé à outrance.

    On comprend peut-être mieux pourquoi également ce film super-rebelle, super-réaliste, a été acclamé à Cannes. Tu m’étonnes.

    • asozial
      asozial répond à etpuisquoi
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 16h04 le 04/06/2008
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      OK, tu nous expliques que l’auteur de l’article, la sémiologue citée, l’auteur du bouquin adapté, le réalisateur, le président du jury qui l’a primé à Cannes sont tous idéologiquement orientés - à gauche - ce qui décredibilise leur propos. Mais ta rhétorique est elle-même très fortement orientée - à droite, que devons-nous faire de ton commentaire ?

      Ensuite, l’auteur de l’article n’a pas vu le film comme elle le précise bien, d’où l’impossibilité de s’appuyer dessus pour le moment - ce pourquoi elle s’en tient à des généralités (c’est vrai que l’article n’est pas excellent à cet égard). Toi non plus tu n’as pas vu le film, donc dès que tu l’auras vu, tu nous écriras une critique, OK ?

      Et de même que tu extrapoles énormément à partir de l’article pour lui faire dire des choses qui n’y sont pas mais pour lequel tu le critiques, tu pars du principe - effectivement selon la doxa néo-libérale et sa propagande - que ’mondialisation’ signifie ’ouverture des marchés et libre circulation des capitaux’. mais celle-là est un postulat idéologique, la réalité étant que le monde ne fonctionne pas sur la base d’un pays, d’un peuple (et d’un guide), mais qu’il est fluide, complexe, ce n’est pas récent mais cela s’exprime de façon différente.

      ’la mondialisation ... a le visage de nos enfants’ ne signifie pas que ’les jeunes sont une avant-garde inconsciente ... de la mondialisation ultra-libérale’ mais le contraire, la mondialisation est là depuis toujours, elle était là dans le moyen-âge européen quand les compagnons passaient de pays en pays, là quand la france s’est constitué un empire colonial, là quand la gauche se voulait internationaliste pour unifier ’les prolétaires de tous les pays’, et là quand tu manges du riz basmati avec des tomates marocaines en portant un jean en coton malien fabriqué en tunisie et en écoutant sur ton walkman chinois de la musique américaine.

      ton manifeste de l’ultra-libéralisme, tu te le fantasmes grave !

  • etpuisquoi
    etpuisquoi
    indéterminé
    • Posté à 18h01 le 04/06/2008
    • Internaute 43178
      indéterminé

    Bonjour, déjà.

    Je suis de droite. Ah, oui , evidemment, procès d’intention selon une logique binaire. Curieux pour une personne qui évoque fort brièvement la totion de complexité : désolé je suis de gauche, comme on dit. Mais j’ai subît l’époque Jack lang, alors que voulez-vous (désolé, je ne tutoie pas) je crois connaître les grosses ficelles qui commence à m’amuser plus qu’autre chose.

    Sinon, oui, au vue de mes études, j’étais un peu au courant qu’aucun guide ne menait le monde. Quoi que je pourrais evoquer cependant quelques notions actuelles de géo-politiques pour réfuter rapidement cette si noble idée d’une autonomie totale du « monde ».

    Ce qui est interesssant, néanmoins, c’est que vous me dîtes qu’une certaine » : « ’mondialisation’ signifie ’ouverture des marchés et libre circulation des capitaux’. mais celle-là est un postulat idéologique, la réalité étant que le monde ne fonctionne pas sur la base d’un pays, d’un peuple (et d’un guide), mais qu’il est fluide, complexe, ce n’est pas récent mais cela s’exprime de façon différente. “

    Je comprends que pour vous ce n’est pas vraiment l’économie de marché mondialisée qui est le ‘Réel’, que, grosso modo, la mutation du capitalisme datant du début des années quatre-vingt, n’est qu’un ‘postulat idéologique’. Un truc anodin, un vague postulat qui n’aurait aucun effet dans le monde actuel, une idéologie. Je suis bien désolé, mais pour en revenir justement à l’article de cette ‘sémiologue’, celle-ci évoque comme science capable de faire admettre la mondialisation, l’économie. Rien de bien original. Elle ne soucie ni de Deleuze, ni de heidegger : elle évoque les économistes actuels.

    Il semble que vous appréhendier le ‘monde’ à travers les notions conjointes de complexité et de fluidité : fluidité des fluxs comme sujets des mouvements, complexité des situations qui empêchent toutes prévisions absolues. Grosso modo, les sciences de l’organisation, de l’information, la cybernétique, la théorie du chaos, des catastrophes etc...sont vos références. Du moins est-ce que vous semblez dire. Et vous n’avez pas bien raison, du moins si vous avez assimilés les conséquences philosphiques que permettent l’étude de ces résultats scientifiques. Sauf que les notions de flux et de complexité, par exemple, sont aussi les notions employées idéologiquement par les ultra-libéraux : rien n’est fixe et tout est si complexe que rien n’est prévisible : c’est ce que dit hayek pour justifier l’absence totale d’intervention étatique dans la sphère des échanges, et ce afin de rejeter toute politique même seulement keynésienne. Bref, tout circule et inetervenir consiste à freiner la liberté d’un mouvement dont la destinattion finale est imprévisible.

    Ce que je note, c’est aussi que vous voulez m’apprendre que le mouvement de mondialisation s’enracine au début de l’Histoire humaine. C’est en partie exact.
    Mais aujourd’hui c’est l’économie qui est mondialisée, et tandis que la situatiotn géo-politique et écologique a beaucoup changé en vingt ans. Ce qui consistue une assez notable différence, laquelle permet de pouvoir continuer à introduire des ‘époques’ dans l’Histoire. Tout n’a pas été toujours dans tout. Le capitalisme embryonnaire du haut moyen âge ne consiste guère qu’en un commerce de marché très réduit. Et volume des échanges n’a rien à de comparable avec celui correspondant à l’essor du capitalisme propre au XIX ème siècle. Vous allez donc, à mon sens, un peu vite en besogne. Il y a, je le crains, une véritable rupture, dans le capitalisme lui-même. Mais est-ce peut-être ce que vous vouliez dire. Histoire linéaire, continu, discontinu, avec une finalité, sans finalité (la mondialisation comme fin ?). Ceux sont des sujets bien délicats à trancher, n’est-ce-pas ?

    Enfin, je ne comprends pas très bien comment on peut croire que la mondialisation est un fait accompli, une sorte de finalité inéluctable. Mais bon, je note que la gauche peut faire le jeu, encore une fois, de ces propres ennemis sans même parfois s’en rendre compte. Ce n’est contre vous que je dis cela. On discute.

    Cordialement.

    • asozial
      asozial répond à etpuisquoi
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 19h55 le 04/06/2008
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      voilà qui est déjà plus intéressant que ton commentaire précédent - en revanche quand tu emploies le genre de phrase « Il faut dire qu’en parfait dinosaure, ce monsieur croit encore que toute oeuvre d’art est politique par quelques côtés », cela sent fort la ’nouvelle philosophie’ qui a rendu ses lettres de noblesse au café du commerce et croit avec sarkozy que dire et redire que la droite est moderne suffit pour que ça soit vrai et ne pas être réactionnaire. donc repose-toi la question de quelle gauche joue le jeu de ses ennemis.

      tu as raison de dire que les motions de flux et de complexité ont été annéxés par la sémantique néo-libérale et que si je les ai employé moi-même c’est sans doute que je suis aussi contaminé par une mode langagière. la grande différence réside dans le sens qu’on leur donne. quand les néo-libéraux parlent de ’tout’ (’tout est fluide’) ils confondent la réalité avec leur réalité qui est tout économique (en quoi ils sont aussi des héritiers du marxisme). moi je parlais des gens.

      dans ma vie - et je ne suis plus étudiant depuis un moment - j’ai pas mal voyagé en france et à l’étranger, je n’ai jamais vu d’endroit dans lequel il n’y avait pas d’immigrés... des ouvriers kabyles au fin fond de l’ariège, des bucherons turcs en bretagne, des coréens au japon, des croates et des chinois un peu partout, des allemands en france et des français en allemagne.

      ce que je veux dire c’est avant de se demander ce qu’est la mondialisation, souvenons-nous de ce qui n’est pas la mondialisation - c’est à dire la mise en place de l’état-nation qui apparait en même temps que le capitalisme et lui est nécessaire jusqu’au moment où ce n’est plus vrai...

      • etpuisquoi
        etpuisquoi répond à asozial
        indéterminé
        • Posté à 21h16 le 04/06/2008
        • Internaute 43178
          indéterminé

        (Re)Je vous réponds asozial :

        D’abord, j’éviterai de prendre mal votre allusion à ma participation éventuelle à une philosophie du commerce. Ce n’est pas grave. Car, justement, si l’on pratique la philosophie, on sait qu’à une certaine époque, le Politique était la catégorie majeure. Tout était politique, tout s’expliquait par la catégorie du politique : oeuvre d’art, siuation sociale, etc...On a même été jusqu’à affirmer que Michel foucault était un mec de droite...C’est pourquoi j’ai dis que ce professeur, pourtant jeune, est comme un « dinosaure ». Cela ne signifie que cette époque était fausse (cela serait ridicule) mais qu’il convient de penser un présent vivant. Que signifie une proposition comme « je pense qu’une oeuvre d’art, un film, par exemple, est toujours politique par quelques côtés ( ?) (selon les propos du jeune professeur) » Par exemple, un film qui relate une hisoire d’amour est-elle politique, toujours ? Une oeuvre abstraite est-elle une oeuvre qui ignore le réel et trahit la mission politique de l’art ? On pourra dire que l’amour est une idée bourgeoise qui cache certaines rapports économiques, voire des rapports de classes, etc...Cette conception n’est pas absolument fausse : elle est partielle. Un film qui ne présente qu’une banale comédie est-elle forcément ordonné selon une motivation politique, ou une volonté de « truquer » le réel, d’en fournir une représentation erronée ? On peut en douter. Car qui possède le bon modèle des fictions cinématographiques ? Qui détient le réel ? A ce compte là, tout est dans tout. On interprète tout en fonction d’une seule catégorie.
        Moi, je ne me risquerais pas à dire que les « chtis » est une illusion fournit à un peuple de spectateur qui voudrait faire l’autruche face à une mondialisation présente : en plus de juger de haut, comme toujours, le simple citoyen, c’est introduire une critique politique qui masque aussi un jugement de goût, ce que paradoxalement on estimait auparavant être un jugement de classe (bourdieu). Je trouve cela curieux qu’une certaine gauche continue à poser son mépris du peuple (et de ses goûts esthétiques) en général tout choisissant à bon escient les causes qui la séduisent le plus. En ce sens, associer « mondialisation » et classe de banlieue pour dire que ce cinéma là atteindrait mieux le réel présent et à venir, cela n’a la valeur que d’une opinion : que se passe-til si on filme une grande école de commerce ? Une classe de philosophie dans une université de province ? On affirme qu’ici la « diversité » n’est pas assez présente, donc le réel moins présent ? Cela n’a pas de sens. C’est de l’idéologie, et pour ma part, je la trouve tout aussi exécrable que la vulgate moderniste sarkozyste. Ce film parle de l’Ecole. C’est son sujet. Comment une sémiologue parvient-t-elle en un seul article à faire croire que le sujet est la mondialisation et que ce film est bien plus « réel » que les chtis ? Que la vraie vie est seulement en banalieue ? Ce n’est pas de la critique, ce n’est pas de la sémiologie, ce n’est qu’un vague journalisme d’opinion. Dis autrement : c’est contre-productif.

        Ensuite, oui, l’état nation est en théorie né avec le capitalisme moderne et tendrait à s’éffondrer selon certains analystes. Analyse de surface : la chine est un état où le patriotisme est énorme. Ce qui est supprimé ce n’est pas l’état nation, mais l’état-providence. L’ultra capitalisme a besoin de fédérer un peuple réduit à seul fonction d’agent économique afin que ce peuple entre en compétition avec les autres « nations ». Le protectionnisme économique est toujours à l’oeuvre aux états-unis. L’immigration est très contrôlée en chine, aux usa, en russie, etc...bref, la situation est très « complexe » et la mondialisation ne so’ppose à l’état nation : elle engendre une « mutattion » de celui-ci et des rapports que ses citoyens se doivent d’entretenir avec lui. Du moins est-ce mon avis, bien trop rapidement exposé, certes.

        Sinon, je vais vous rassurer : l’immigration ne me pose aucun problème. Ce qui me gêne et me pose problème c’est la mise en compétition généralisée des immigrés, destin vers lequel nous sommes apparemment tous poussés : Quel mode de vie ? Quel vie économique : à la hausse ou au rabais ?
        Je me fiche que mon électricien ou l’insittuteur de mon fils soit polonais ou marocain : ce qui me gâche le plaisir dans l’idée que « nous sommes tous des citoyens du monde », c’est que cette idée s’accompagne maintenant d’une guerre économique où l’économique
        tire la vie sur un plan matérielle vers le bas.

        Cordialement.

         
        • asozial
          asozial répond à etpuisquoi
          Bobo reprazent - aus Berlin.
          • Posté à 23h05 le 04/06/2008
          • Internaute 2273
            Bobo reprazent - aus Berlin.

          il ne me semble pas que personne ait jamais dit que les films ou les oeuvres ou en général les productions culturelles soient uniquement et délibérément politiques ; en revanche avec une approche sémiologique ou plus généralement avec l’approche plurielle propre aux ’études culturelles’ (sociologique, ethnologhique, socio-psychologique, etc...) il est toujours possible de dégager la dimension politique au sens large d’une production, dès lors que celle-ci s’adresse à la cité.

          Et bien entendu les contextes sont essentiels : par exemple une toile géométrique abstraite de Malevitch a une dimension politique claire et délibérée puisque Malevitch appartient à l’époque à un groupe d’artistes revendiquant la dimension à la fois révolutionnaire et spirituelle d’un art conçu comme une table-rase de la culture bourgeoise dans la Russie des années 1910 - d’où la hâte qu’à eu Staline de se débarrasser d’eux et de les remplacer par le réalisme socialiste le plus réac après la révolution.

          Et n’importe quel épisode des ’feux de l’amour’ conforte le status quo des rapports de domination de genre et de classe en répétant les sempiternels clichés et ne présentant aucune alternative - et est donc éminemment politique.

          ’Bienvenue chez les chtis’ n’est donc pas délibérement un film politique, mais il porte un discours politique - sûrement plus complexe que ce qu’en dit n’importe quelle critique que j’ai pu lire jusqu’à présent (sans oublier son impact) - spécifique dans le contexte actuel. Ce n’est pas non un film complétement ’opium du peuple’ - quoique quand on décide de participer à l’industrie du divertissement, on ne peut pas prétendre ne pas avoir une action lénifiante sur la société, savoir si c’est positif ou négatif est une autre question - genre romance de milliardaires.

          Mais il y a toujours une différence entre le propos d’une oeuvre et l’usage qu’en fait le public. Je suis sûr que Dany Boon est le premier surpris de l’impact de son film, une comédie familiale et patoisante à petit budget qui triomphe face à des superproductions à la Astérix... ça c’est très politique ! et pas encore bien cerné je le redis - en tout cas dans la presse... L’effet ’joint’ du film - euphorisant et apaisant - est d’ailleurs revendiqué par tous ceux qui défendent avec tant de véhémence le ’cinéma populaire de divertissement’ (notion qu’il faudrait un jour définir...)

          Pour revenir sur la mondialisation - celle des néo-libéraux -, elle est essentiellement basée sur l’existance des inégalités sociales entre les pays, donc sur l’échec des ’prolétaires de tous les pays’ à s’être unis, non pas dans une grande dictature communiste, mais dans un rapport de classes extra-national. Les théoriciens ’libéralistes’ à la Friedman n’ayant pas la patience que soient détruites les protections sociales des pays industrialisés n’ont ouvert les frontières que pour bénéficier de la plus petite valeur ajoutée du travail dans les pays moins développés (mais quand même industrialisés, en Afrique seules les matières premièers sont visées).

          Bref notre économie repose désormais sur le travail de semi-esclaves hors de notre vue et la solution n’est sûrement pas le protectionnisme nationaliste mais probablement la consommation de proximité - non pas basée sur des ’unités administratives’ que sont les états (je suis un expatrié d’origine bi-nationale et frontalière et père d’un enfant bi-national d’un 5ème pays, mon sentiment d’appartenance nationale est ténu) mais sur la consommation d’énergie que nécessitent les transports (maintenus jusqu’à présent artificiellement rentables, on verra comment tournera la mondialisation avec un baril de brut à 300 $).

          Enfin pour en finir sur le propos de l’article - qui est sûrement léger mais ne mérite pas d’être attaqué autant qu’il l’a été -, je n’ai pas la télé non seulement parce que je considère qu’elle véhicule une propagande nauséeuse, mais parce qu’elle ne parle jamais de moi et me concerne peu. Elle ne montre jamais des gens comme moi, ou si ça arrive sous forme de repoussoir caricatural, elle ne donne jamais la parole aux artistes ou aux intellectuels qui m’intéressent, elle ne passe pas les films ou la musique que j’aime... Pourtant je suis un bourgeois blanc cultivé d’âge moyen - et heureusement j’ai mon propre réseau culturel pour vivre mon être social.

          J’imagine assez bien ce que ressentent des millions de gens qui n’ont pas d’existence médiatique ou seulement de façon réductrice et stigmatisante... mais qui n’ont pas d’alternative. Je n’ai pas vu le dernier film de Cantet, mais je pense qu’il peut faire du bien en aidant les gens - les immigrés comme les gaulois - à faire face à qui sont les français - pas totalement mais suffisamment pour que ce soit un enjeu sociétal.

        1 autres commentaires
  • Capasca
    • Posté à 19h47 le 04/06/2008
    • Internaute 29212

    Le film sur les Ch’tis, je ne l’ai pas encore vu. Il n’a pas passé le Rhin. Mais les Choristes, je l’ai vu à sa sortie en France et une chose m’a beaucoup choquée, qui apparemment n’a fait bronché personne. Un élève vole, ne sait pas chanter et joue régulièrement la cinquième roue de la charrette : un petit visiblement maghrébin. C’est pas vrai ?
    ’catholico bien-pensant’, oui, et plus ... Mais sans aucun doute, le film est bien fait,le message insidieux n’a été remarqué par personne ?

  • Fernandez
    Fernandez
    célibataire
    • Posté à 00h26 le 05/06/2008
    • Internaute 43408
      célibataire

    Complètement à côté de la plaque cet article...

    Darrigrand dit sue les ch’tis agissent comme un joint... il est sûr que ce ne sont pas les bobos millionaires qui ont élu ce film à 2 kopecks palme d’or qui connaissent les problèmes de pouvoir d’achat, d’insécurité et j’en passe...

    Ensuite, elle dit également que ce film montre la réalité telle qu’elle est. Quelle réalité ? ? A ce que je sache, tous les Français ne vivent pas dans des quartiers sensibles et la population Française n’est pas composée à 80% de noirs.

    D’autre part, comme l’a dit quelqu’un, les Français vivant en zone rurale connaissent autant de problèmes dans leur vie quotidienne que les habitants des cités, mais on n’en parle absolument jamais. Pourtant, 30ù des Français vivent en zone rurale (sans compter les habitants des petites villes) alors que moins de 8% vivent dans une cité. Cherchez l’erreur...

    Et dans « Bienvenue chez les ch’tis », il n’y avait pas que des acteurs français « de souche ». Boon et Merad ne le sont pas, tout comme Momo de la baraque à frites et une employée noire de la poste de Cassis en début de film. Je persiste donc à croire que Darrigrand n’a pas vu ce film, ou bien qu’elle n’a vu en voir que ce qu’elle voulait.

    D’autre part, ce que je constate, c’est que tous ces bobos gauchistes qui pestaient il y a quelques années contre les méfaits de la mondialisation l’encensent maintenant, juste au moment où ses effets commencent à devenir dévastateurs pour les peuples du monde entier. Suffit de voir ce crétin de Delanoë.

    Et je pense que si ces bobos adulement tant ce film, c’est justement parce-qu’il peut diviser le peuple Français entre, d’une part, les habitants des cités, et d’autre part les autres français moyen. Mais ce n’est pas nouveau, c’est à la mode depuis quelques années de faire passer le petit ouvrier souchien pour un affreux raciste qu’il faut combattre et ainsi de le faire passer pour un bouc émissaire aux yeux des habitants des cités.

    C’est un excellent moyen pour endormir ces derniers et les empêcher de se révolter contre les vrais responsables de leurs problèmes, dont ces intellos bobos font justement partie.

    Bref, je n’irai pas dépenser 8,70 € pour aller voir ce simulacre de cinéma qui parle de la vie de quelques jeunes branleurs.

    • asozial
      asozial répond à Fernandez
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 19h57 le 05/06/2008
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      halte à la lepénisation des discours et des esprits ! halte à la chasse aux bobos ! tu en parles comme des koulaks à exterminer ! comme des bourgeois cosmopolites ! vas poster sur FN.com si tu penses vraiment ce genre de choses !

  • hans lefebvre
    • Posté à 21h08 le 05/06/2008
    • Internaute 41303

    Je ne vous cache pas avoir boycotté les ch’tis, alors que j’attends avec impatience la palme d’or !
    Lien

  • Elleif
    • Posté à 21h32 le 05/06/2008
    • Internaute 25314

    20 millions pour voir le quotidien (rigolo) des agents de la Poste, attendris de leur disponibilité et de leur désintéressement.
    20 millions qui semblent promis pour voir la passion d’un enseignant de collège.
    Cà n’empèche qu’une belle loi à voter ces jours-ci va virer ou privatiser sous peu les uns et les autres avec le soutien indéfectible des médias, des penseurs, des sondeurs et d’un président tous à la solde du monde des affaires.

    Mais dans la rue ne serons nous qu’une poignée ?

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