aïe ! tech 31/05/2008 à 21h29

Des milliers de gisements de charbon en feu de par le monde

Aïe ! Tech"
Pierre Vandeginste | Journaliste scientifique, blog Aïe ! tech

Il y a vraiment de drôles d’endroits, sur cette planète. Ainsi, avez-vous déjà entendu parler de Darvaza, au Turkménistan ? Un peu à l’écart de ce village de 350 habitants, on peut voir cet étrange cratère en feu. Volcanisme ? Pas du tout : c’est du gaz naturel qui brûle ainsi, depuis une trentaine d’années. Un gisement se trouve là, très proche de la surface. Et il vaut mieux pour tout le monde que ces émanations brûlent plutôt que de se répandre dans l’atmosphère. On trouvera des précisions [en] ici, de belles photos là et même quelques vidéos sur YouTube.


Mais le feu follet de Darvaza n’est rien comparé à ce phénomène largement méconnu : des milliers de gisements de charbon, de part le monde, sont en feu, brûlent nuit et jour. En émettant, on s’en doute, des gaz à effet de serre, comme le CO2 et le méthane, ou toxiques, ou simplement désagréables. Certains feux se trouvent en surface, d’autres sont souterrains. L’homme est souvent responsable, mais pas toujours. Des précisions, en anglais ici, ici et . Anupma Prakash propose ici explications et photos.


« Gisement de charbon en feu en Chine (Anupma Prakash)

Rien qu’aux Etats-Unis, on compte des centaines de ces feux, notamment dans l’Etat de Pennsylvanie. Le site le plus connu est sans doute celui de Centralia, où une veine de houille brûle depuis 1962.

La Chine est sans doute le pays le plus affecté par ce problème. On estime à quelque 20 millions de tonnes par an la quantité de charbon qui part ainsi en fumée. C’est pourquoi on tente d’éteindre ces incendies, ce qui n’est pas chose aisée. L’année dernière à Xinjiang, dans le nord-ouest, on a réussi après trois ans d’efforts à éteindre un feu qui avait en cinquante ans consumé 12 millions de tonnes de charbon, et émis 70 000 tonnes de gaz toxiques.


Carte des feux de charbon en Chine (Anupma Prakash)

À Jharia, en Inde orientale, 400 000 personnes vivent au dessus d’une mine en combustion depuis près d’un siècle.

Le record de longévité est sans conteste détenu par Burning Mountain, en Australie (New South Wales). Le charbon y brûle depuis 6000 ans.

Publié initialement sur
Aïe ! Tech
  • 33270 visites
  • 84 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • GRECKO
    • Posté à 10h21 le 01/06/2008
    • Internaute 31348

    En France, il me semble que dans certaines mines du NPDC, l’entreprise « metamine » ou quelquechose comme cela récupère les gaz souterraines mais je ne sais pas si il y a ensuite une exploitation industrielle ou commerciale de ces gaz.

    • Pierre Vandeginste
      Pierre Vandeginste répond à GRECKO
      Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
      • Posté à 11h18 le 01/06/2008
        rédacteur
      • Journaliste 8947
        Journaliste scientifique, blog (...)

      Faire brûler, sous contrôle, le charbon en profondeur et récupérer les gaz, c’est en effet une idée assez ancienne pour exploiter plus efficacement les gisements. Une idée déjà testée, qui fait encore l’objet de recherches.

      Mais je le répète : « sous contrôle »…

      • Houvaton nouveau compte
        • Posté à 14h31 le 01/06/2008
        • Internaute 39856

        J’ai mis un top à votre article et j’en mets très rarement pour les articles de r89. Le sujet est insolite, fascinant, inquiétant et fondamental.

        Au delà du charbon, « on peut difficilement nier une augmentation exponentielle depuis l’ère industrielle de ces trois gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane et oxyde nitreux “ . Source :
        Lien

        Concernant les émissions anthropiques (dues à l’homme et à sa consommation) je connaissais celle des vaches mais j’aimerais savoir à quel niveau on range les émissions anthropiques issues de la consommation en pétrole : 85 millions de barils par jour pour couvrir, sans concertation citoyenne faut-il le rappeller, les besoins des consommateurs aveugles et serviles par centaines de millions. Un baril de pétrole équivaut à 159 litres. Ce qui nous fait 13,5 milliards de litres produits, transformés (pas uniquement pour le gazoil) et consommés ... par jour ! ! !

        Concernant la conso en gaz, que les français vont principalement chercher chez Poutine, on oublie qu’il existe dèja un procédé très efficace de méthanisation des déchets ménagers. Ces déchets plutôt que d’être intelligemment recyclés sur place et à moindre coût que le gaz de Poutine (superbe métaphore) sont brulés - incinérateurs hyper toxiques pour la population - avec ... du pétrole ! ! !

        Pierre Vandeginste, je ne peux que vous encourager à faire de nombreux articles dans r89, tellement le sujet est aussi vaste que peu ‘médiatisé’ alors qu’il est fondamental, sur ces données brûlantes.

        Vous n’êtes pas obligé de me répondre mais connaissez-vous les confèrences de l’historien suisse Daniele Ganser qui fait brillamment le parallèle entre la consommation - imposée dans les deux sens du terme - du pétrole avec la politique sécuritaire orchestrée par nos dirigeants ?
        Lien

         
        • Pierre Vandeginste
          Pierre Vandeginste répond à Houvaton nouveau compte
          Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
          • Posté à 23h29 le 01/06/2008
            rédacteur
          • Journaliste 8947
            Journaliste scientifique, blog (...)

          La combustion du pétrole (le plus souvent, de dérivés du…) produit comme chacun sait du C02, mais la combustion du charbon aussi (et même plus, pour un même résultat énergétique), ainsi que celle du gaz naturel (là, c’est plutôt moins).

          La combustion de carburants d’origine fossile produit l’essentiel du CO2 d’origine humaine. Reste les feux de bois, de forêt…

          Non, je ne connaissais pas Daniele Ganser.

        1 autres commentaires
      • pampero
        • Posté à 17h34 le 01/06/2008
        • Internaute 40560

        Pasa seulement de recherches, mais aussi d’exploitation. Il y a une centrale en Uzbekistgan qui foonctionne depuis plus de quarante ans et une aurtre en Australie (googlez sur « chinchilla ucg »

      • Croa
        • Posté à 19h11 le 01/06/2008
        • Internaute 34517

        Bravo, tu as inventé le gazogène géant !

  • Contestatairieux
    Contestatairieux
    (un de ces fameux travailleurs (...)
    • Posté à 12h01 le 01/06/2008
    • Internaute 37969
      (un de ces fameux travailleurs (...)

    Incroyable ! !
    Je ne connaissait pas du tout ce phénomène ! Les images misent en lien sont magnifiques ! !
    Merci pour cet article très intéressant mais trop court !

  • N.MARECHAL
    • Posté à 13h42 le 01/06/2008
    • Internaute 9175

    Au Turkménistan le phénomène est impressionnant.
    On dirait un grand four a ciel ouvert ou le gaz se consumme tranquillement et régulièrement sans présenter un risque d’explosion ( a priori).

    Imaginons un tel site en France. IL est probable qu’on se casserait la tête pour récuperer au moins une partie de cette énergie naturelle. Probable qu’un tel site serait le moteur de développement de toute une région.

    Et finalement qui aurait raison ?
    Respecter un site car le phénomène est très rare ou construire autour d’un tel site pour valoriser cette energie ?

  • Succédané
    Succédané
    Qui n'est pas mais pourrait l' (...)
    • Posté à 14h25 le 01/06/2008
    • Internaute 13938
      Qui n'est pas mais pourrait l' (...)

    Juste après la fermeture des mines de charbon en France quelques personnes avaient émis l’hypothèse d’enflammer les veines résiduelles afin de récupérer les gaz de carbonisation du charbon. Mais déjà à cette époque d’aucuns s’étaient élevés contre ce procédé justement en raison du contrôle aléatoire de la réaction thermique.
    Il existe aussi d’autres feux souterrains de tourbe ou de racines tout aussi incontrôlables

  • Pimpampoum
    • Posté à 18h11 le 01/06/2008
    • Internaute 14244

    Je n’ai pas vu le lien passer, intéressant :

    Lienenvoyé par Lien

    • Pierre Vandeginste
      Pierre Vandeginste répond à Pimpampoum
      Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
      • Posté à 23h42 le 01/06/2008
        rédacteur
      • Journaliste 8947
        Journaliste scientifique, blog (...)

      Merci pour ce lien. Le doc d’Arte a l’air excellent.

  • Exilée
    • Posté à 18h13 le 01/06/2008
    • Internaute 4215

    Aux USA, également, il y a des feux dans les mines de charbons. Et cela depuis de nombreuses années. Impossible d’éteindre ces feux rampants.
    Je pense que cela existe depuis de trés longtemps mais on n’en parle que depuis peu.

  • GRECKO
    • Posté à 20h05 le 01/06/2008
    • Internaute 31348

    Après une petite recherche internet j’ai bien confirmation de mon info dans les ex-mines du Nord les gaz (mais pas ceux issus d’une combustion quelconque,les gazs type grisou je pense) sont bien récupérés et réinjectés dans le réseau commercial
    ici un lien vers une entreprise qui réalise ce travail.
    Par affinité parentale j’ai cru apprendre que cela coûté toutefois assez cher avec peu de rentabilité. Mais vu la flambée (sans jeu de mot) des énergies...

    Lien

  • GRECKO
    • Posté à 20h07 le 01/06/2008
    • Internaute 31348

    et voilà confirmation de ce que je disais précedemment, les charbonnages de france avant leur disparition avaient bien une filiale, méthamine, qui réalisait la récupération du gaz souterrain (mais je pense que cela n’a rien a voir avec un gaz de combustion). Le grisou serait-il du méthane ?

    • Jean-Jacques Louis
      • Posté à 21h35 le 01/06/2008
      • Internaute 2277

      Le grisou est majoritairement constitué de monoxyde de carbone (CO) gaz non seulement combustible mais également très toxique.

      • Pierre Vandeginste
        Pierre Vandeginste répond à Jean-Jacques Louis
        Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
        • Posté à 11h37 le 02/06/2008
          rédacteur
        • Journaliste 8947
          Journaliste scientifique, blog (...)

        Le grisou du CO ?

        Pour moi (et Wikipedia, et le petit Robert…), c’est essentiellement du méthane (CH4).

         
        • Jean-Jacques Louis
          • Posté à 22h35 le 04/06/2008
          • Internaute 2277

          Dans les mines de charbon, on utilise des oiseaux en cage pour détecter le grisou à cause de sa toxicité. À cause notamment de leur rythme respiratoire, les oiseaux sont plus sensibles au CO que les humains et ils meurent avant nous. Quand les oiseaux meurent, c’est que la concentration en grisou risque de devenir problématique pour les humains. Or le méthane n’est absolument pas toxique.
          En présence d’oxygène, le charbon donne du CO2 mais aussi du CO si la température n’est pas très élevée et si le rapport C / O est très élevé. C’est le cas du grisou.

          • Pierre Vandeginste
            Pierre Vandeginste répond à Jean-Jacques Louis
            Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
            • Posté à 00h44 le 05/06/2008
              rédacteur
            • Journaliste 8947
              Journaliste scientifique, blog (...)

            Le grisou, c’est du méthane.

        2 autres commentaires
  • GRECKO
    • Posté à 20h08 le 01/06/2008
    • Internaute 31348

    Mince j’ai oublié le lien vers méthamine

    Lien

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à GRECKO
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 21h17 le 01/06/2008
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Vous pouviez traiter ce ajout autrement. Si vous aviez cliquer sur « Éditer » il vous aurait été possible de modifier votre précédent message et d’y inclure cet ajout …

  • Jean-Jacques Louis
    • Posté à 22h10 le 01/06/2008
    • Internaute 2277

    Merci de signaler par cet article un phénomène préoccupant.

    En Chine, les incendies de charbon ne sont certainement pas provoqués. Ils sont seulement difficiles à éteindre.

    Il n’en est pas de même des incendies de gaz au Turkménistan et surtout en Azerbaïdjan où ils eurent, jadis, une signification religieuse. D’origine naturelle (volcanisme en dessous de nappes d’hydrocarbures) ils ont souvent été entretenus par les zoroastriens (adorateurs de Zarathushtra) qui ont même de longue date canalisé le gaz pour l’amener dans des temples du feu où ils le faisaient brûler. Il en subsiste dans la région de Bakou. Les « montagnes qui brûlent » de cette région (ainsi que les volcans de boue) ont la même origine et ce n’est pas toujours la foudre qui allume le gaz : ne serait-ce qu’à l’intention des touristes, il est fréquent que les habitants aident un peu la nature.

    • Pierre Vandeginste
      Pierre Vandeginste répond à Jean-Jacques Louis
      Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
      • Posté à 11h42 le 02/06/2008
        rédacteur
      • Journaliste 8947
        Journaliste scientifique, blog (...)

      D’accord avec vous : en Chine, comme ailleurs, le charbon s’enflamme assez facilement tout seul. Le contact avec l’oxygène peut suffire, mais quand il est carrément exposé au soleil en plein désert… N’oublions pas qu’il est noir ; - ! Et que son « albedo », donc, lui permet de grimper très vite en température lorsque les rayons du soleil lui tombent dessus.

  • raspa
    raspa
    citoyen du Monde
    • Posté à 23h15 le 01/06/2008
    • Internaute 43132
      citoyen du Monde

    « je viens d’apprendre des trucs terribles sur les agrocarburants sur Lien

  • sitoihien
    • Posté à 23h30 le 01/06/2008
    • Internaute 21237

    Si on tendait vers un régime végétarien on aurait moins besoin de bovidés et il y aurait plus a manger pour les humains car pour faire un kilo de viande animale il faut plusieurs kilos de céréales avec lesquels on pourrait faire plusieurs repas.

    Il y a 900 milliards de tonnes de réserve de charbon, au rythme d’extraction actuel il y en a pour 200 ans. Certains disent qu’on peut faire du carburant avec du charbon. Si c’est le cas le charbon peut prendre la relève du pétrole. Ensuite il y aura l’énergie solaire lorsqu’ elle sera produite en quantité industrielle.

    • Pierre Vandeginste
      Pierre Vandeginste répond à sitoihien
      Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
      • Posté à 23h55 le 01/06/2008
        rédacteur
      • Journaliste 8947
        Journaliste scientifique, blog (...)

      Manger moins de viande (pour un occidental qui en mange trop, bien sûr), surtout de viande rouge, c’est en plus excellent pour la sante. Entre autres un moyen de réduire le risque de cancer.

      On a donc deux bonnes raisons de réduire notre cheptel bovin. Et aucune bonne raison de le maintenir. Je n’en dirais pas autant de certaines régions du monde où l’on (les enfants notamment) manque cruellement de protéines.

      Et oui, on travaille sur des hypothèses de substituts du pétrole fabriqués à partir du charbon. On roule avec ce genre de chose en Afrique du Sud. La « fin du pétrole » est très loin, si l’on tient compte de tous les pseudo-pétroles à l’étude. Pour commencer, les sables bitumineux (Alberta/Canada, Orénoque/Vénézuela) représentent un potentiel comparable à tout le pétrole connu.

      • Clark
        Clark répond à Pierre Vandeginste
        Downunder
        • Posté à 10h20 le 02/06/2008
        • Internaute 32655
          Downunder

        Il me semble bien, à ce sujet, qu’il y a des gisements de schistes bitumineux en ...France... Mais cela remonte à mes cours de géo du lycée...

    • Jaùsep
      Jaùsep répond à sitoihien
      • Posté à 11h46 le 03/06/2008
      • Internaute 37396

      J’ai lu ici ou là qu’un kilo de viande rouge vaut 120 km en bagnole en équivalent rejet carbone à l’athmosphère !

      Je suis pour la protection des boeufs !

      (Tuage et mangeage interdits.)

  • Clark
    Clark
    Downunder
    • Posté à 08h53 le 02/06/2008
    • Internaute 32655
      Downunder

    C’est une très bon article , et de très bons commentaires(enfin : pas tous..) ; -) où l’on découvre que , contrairement à ce que trop d’entre nous pensent : il se trouvent des solutions déjà exploitées, et d’autres pollutions indépendantes de nous, humains pourtant si dégueulasses..

    Un peu de cynisme à propos des gaz des vaches :
    en contrepartie, on a décimé des pachydermes qui en produisaient eux aussi. (ceci est de l’humour...)
    Promis : je me retiens de péter.

    Il va falloir arrêter de penser « rentabilité » dans le sens économique. Récupérer les gaz, même peu et de mauvaise qualité, est « rentable » écologiquement.

  • Clark
    Clark
    Downunder
    • Posté à 08h24 le 02/06/2008
    • Internaute 32655
      Downunder

    Me trompé-je, ou l’eau.. du moins la vapeur d’eau.. est, elle aussi, un gaz à effet de serre ?

    Donc : contrairement à ce qui se dit : une centrale Nucléaire, par ses cheminées de refroidissement ... produit des nuages à effet de serre...

    D’ailleurs : nos nuits nuageuses ne sont-elles pas plus chaudes que nos nuits étoilées ?

    J’ai toujours pas pété ! (pourtant je ne suis pas tahitien ! ...pas pété... Clark... HUMORISTE ! ...)

    Bonne journée à tous.. jumpin’Jack Flash...

    • Pierre Vandeginste
      Pierre Vandeginste répond à Clark
      Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
      • Posté à 12h40 le 02/06/2008
        rédacteur
      • Journaliste 8947
        Journaliste scientifique, blog (...)

      La vapeur d’eau est LE tout premier gaz à effet de serre. Elle contribue pour 55% à l’effet de serre naturel, grâce auquel la température moyenne sur Terre est de +15°C et non -18°C.

      Mais la vapeur d’eau produite par l’homme est un pet de lapin, pour deux raisons. Primo, il y a naturellement beaucoup de vapeur d’eau dans l’air (0,3% de sa composition moyenne). Logique, pour une planète couverte aux 2/3 par des océans, non ? Secundo, la vapeur d’eau fait l’objet d’un cycle très rapide, et chaque nouveau m3 ne « tient » que quelques jours dans l’athmosphère.

      Ceci nous rapelle que l’effet de serre n’est pas le grand méchant loup. Vous préférez une Terre à +15 ou à -18°C ? Non, le souci, c’est un accroissement inconsidéré, et rapide, de l’effet de serre. Causé par une production anthropique (par l’homme) de certains gaz.

      En l’occurrence, l’homme produit beaucoup de CO2. À la louche, il y en avait dans l’athmosphère entre 0,02 et 0,03% pendant les 800 000 dernières années. Mais depuis 150 ans (début de l’ère industrielle), l’homme a fait grimper cette proportion vers les 0,04%. Aujourd’hui, là, c’est 0,0384%, et ça grimpe toujours.

      Il se trouve que le CO2, même à cette faible concentration, a un effet de serre notable. En plus, chaque nouveau m3 de CO2 lâché dans l’athmosphère y reste très longtemps : il en reste encore 1/2 m3 après 200 ans.

      Le CO2 est LE tout premier gaz à effet de serre ANTHROPIQUE.

      Voila pourquoi on se préoccupe de l’émission de CO2 (et CH4, N20, O3…) par l’homme, et qu’on se fiche pas mal de ses émissions de vapeur d’eau, dont l’effet est parfaitement négligeable.

  • Clark
    Clark
    Downunder
    • Posté à 02h00 le 03/06/2008
    • Internaute 32655
      Downunder

    « Mais la vapeur d’eau produite par l’homme est un pet de lapin »

    Ayé ! voilà que les lapins se mettent aussi à péter : c’est sûr qu’il va falloir arrêter les fayots...

    Bon : j’ai quand même des questions plus sérieuses : Il me semble bien que , de nuit, les végétaux chlorophylliens rejettent du CO2.

    Donc : plus il y a de forêt, plus, la nuit, il y a de rejet de CO2.. et plus, le jour, il y a fixation de Carbone. Quel est le bilan ? ( je n’en ai aucune idée... c’est juste un questionnement gratuit...)

    Et, bien sûr, en plus des incendies divers et variés, combustion de charbon, de forêts, Il y a les volcans.

    Avec tous les volcans en éruption, et ceux qui ne dorment pas vraiment, il doit bien y avoir une quantité non négligeable de GES produits naturellement. Ces derniers 800 000 ans, quelle était l’activité volcanique ? Un volcan entrant dans une violent éruption ne fait-il pas monter d’un coup, à la fois la quantité de particules dans l’atmosphère, et tout une variété de gaz plus ou moins nocifs ?

    Mais : cela ne dédouane pas les méfaits de l’activité humaine.

    Au passage : se chauffer au coin du feu pollue de façon non négligeable. Et c’est la situation d’une grande majorité du monde.

    M’enfin : j’ai l’air de vouloir minimiser la responsabilité de l’homme industrialisé...

    Il faut persévérer dans l’optique d’une réduction de nos cochonneries....

    • Pierre Vandeginste
      Pierre Vandeginste répond à Clark
      Auteur(e) de l'article Journaliste scientifique, blog (...)
      • Posté à 15h26 le 03/06/2008
        rédacteur
      • Journaliste 8947
        Journaliste scientifique, blog (...)

      Vous posez d’excellentes questions. En même temps, vous démontrez que les réponses ne sont pas assez connues du grand public.

       

      Q1 : « Bon : j’ai quand même des questions plus sérieuses : Il me semble bien
      que , de nuit, les végétaux chlorophylliens rejettent du CO2. Donc : plus il y a de forêt, plus, la nuit, il y a de rejet de CO2..
      et plus, le jour, il y a fixation de Carbone. Quel est le bilan ? ( je
      n’en ai aucune idée... c’est juste un questionnement gratuit...) »

      Très facile : 100% du carbone contenu dans une plante provient du CO2 athmosphérique. Parenthèse : contrairement à une idée reçue, c’est d’abord par les feuilles que les arbres se nourrissent. Par les racines, ils « boivent » surtout.

      Donc le « bilan » est clair : toute plante fixe du carbone au cours de sa vie. Mais écoutez la suite, ou plutôt les suites : une plante peut être bouffée par des herbivores, peut pourrir (c’est à dire bouffée par des micro-organismes, des insectes, vers…) ou encore brûler. C’est donc après la vie que ça se passe : le carbone repart en CO2 ou pas.

       

      Q2 : « Avec tous les volcans en éruption, et ceux qui ne dorment pas vraiment,
      il doit bien y avoir une quantité non négligeable de GES produits
      naturellement. Ces derniers 800 000 ans, quelle était l’activité
      volcanique ? Un volcan entrant dans une violent éruption ne fait-il pas
      monter d’un coup, à la fois la quantité de particules dans
      l’atmosphère, et tout une variété de gaz plus ou moins nocifs ? »

      Ben oui, la nature pollue. Plus à certains moments qu’à d’autres. Il va de soi, par exemple, qu’il suffirait d’une grosse éruption (genre Krakatoa, 1883, qui envoya 10 Km3 de saloperies jusqu’à 80 Km d’altitude) pour donner un coup de frein momentanné au réchauffement global actuel. Car l’activité volcanique a plutôt tendance à « noircir » le ciel, c’est à dire à bloquer la lumière provenant du soleil.

       

      Q3 : « Au passage : se chauffer au coin du feu pollue de façon non négligeable. Et c’est la situation d’une grande majorité du monde. »

      Lorsqu’on brûle du bois, on renvoie dans l’atmosphère le carbone que la plante a fixé durant toute sa vie. C’est donc une marche arrière. Lorsqu’on brûle un hecctare de forêt primaire, des arbres centenaires, sans rien faire pour renouveller, c’est donc une cata.

      Si au contraire on brûle un arbre prélevé avec parcimonie dans une forêt où il en repousse en permanence, le bilant carbone, comme on dit, est neutre. La marche arrière est compensée par une marche avant.

      Bref, se chauffer au bois peut être écolo. Juste un bémol : étant donné qu’il y a d’autres façon de se chauffer proprement (pompe à chaleur, solaire thermique…) le rendement du dispositif relativise la chose. Une cheminée traditionnelle, par exemple est une cata. On trouve dnas le commerce des chaudières à bois affican-ht un excellent rendement.

      Pour tout dire, le recours au « bois-énergie » a le vent en poupe, est encouragé par l’Ademe. Il représente quelque chose comme 3,5% de notre consommation totale d’énergie en France.

  • Quentin Liger
    • Posté à 11h21 le 03/06/2008
    • Internaute 43253
      .

    Relisez Germinal...

  • Gouthe dô
    Gouthe dô
    para legal Défense
    • Posté à 11h06 le 06/06/2008
    • Internaute 36189
      para legal Défense

    article trés intéressant mais flippant, comment n’avons nous pas trouvé de solution de faire cesser cela ? ? ?

  • Aller à la page
  • 1
  • 2