A la Une 05/07/2007 à 13h03

Le Bild français ne verra finalement jamais le jour


L’ambition était d’en faire le premier quotidien national en France. Mais la déclinaison française du quotidien allemand Bild ne se fera pas, le projet est mort-né trois mois avant la date de sortie prévue. Les quarante personnes qui y travaillaient depuis le début de l’année vont être licenciées. Un plan social leur a été annoncé ce jeudi.

La principale raison serait l’insuffisance des points de vente. Springer avait réclamé, en vain, que 10000 points supplémentaires viennent s’ajouter aux 30000 actuels. Le groupe allemand estime donc aujourd’hui que le marché français de la presse écrite ne réunit plus les conditions suffisantes pour permettre la naissance d’un nouveau quotidien, fût-il un journal populaire à 50 centimes d’euros.

Springer aurait surtout décidé de changer son fusil d’épaule et de parier sur Internet. Le 26 juin, il a annoncé son intention de racheter le site AuFeminin.com. Une opération qui lui coûtera 288 millions d’euros, alors qu’il devait injecter 120 millions d’euros dans le Bild français

L’un des journalistes qui composaient jusque-là la rédaction a fait part à Rue89 de sa « déception ». D’autant que « la version française n’allait pas ressembler à celle allemande assez trash. On s’orientait davantage vers un journal maniant l’enquête et l’ironie. »

Pourtant, l’optimisme régnait encore très récemment. La direction avait fait réaliser des études de lectorat plus que satisfaisantes, faisant état de prévisions de ventes s’élevant à 800000 exemplaires par jour. Et d’autres journalistes avaient été contactés pour être embauchés en CDI.

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  • Anonyme

    L’annonce provient du porte-parole du groupe en Allemagne. C’est tombé ce matin.

  • Anonyme

    Tout simplement une interview dans le fig Eco de jeudi d’un membre de la direction allemande qui explique pourquoi ce projet ne verra pas le jour en France ; On est donc loin de la rumeur. c’est assez triste finalement au vu de la grave faiblesse de la distribution française de la presse écrite, il faut le souligner la plus faible en Europe !

  • Anonyme

    de pro fondis
    Quelle joie pour Rue89
    Ah ! Ces allemands ils arrêtent avant d’avoir commencé.On peut même plus leur faire confiance. Ils étaient devenus pacifistes, bon il faut dire que les guerres leur réussissaient pas bien même dans les films ils les perdaient. C’est de l’humour, lol !

    Cachez votre joie vous avez échappé aux filles nues dans un journal. Ce qui semble être pour certains le suprême critère du manque de professionnalisme journalistique. Bien pire, la compromission des média français avec le pouvoir, tout les pouvoirs n’est pour ces personnes pas du tout nuisible et surtout pas à la liberté. Enfin, voir un journal créé par Jean Paul SARTRE géré par une Banque et une bande de pieds nickelés ne gêne personne dans ce pays.
    Vous pouvez continuer de dormir braves gens,votre intellect embrumé ne pourra plus que s’émerveiller sur des couchés de soleil de carte postales et sur les théories fumeuses de intellectuels qui pense détenir le bon filon pour faire du fric.
    J’arrête, je vais dormir et pour très longtemps.
    Mais non sans une dernière fois avoir affirmé avec force et véhémence vivent le filles nues dans B.... ! ! ! !

    • Anonyme

      vous semblez en effet avoir besoin de repos ... on va se débrouiller sans vous, dormez bien ...

    • Anonyme

      vous semblez en effet avoir besoin de repos ... on va se débrouiller sans vous, dormez bien ...

    • Anonyme

      ouf, vous allez pouvoir vous faire soigner ailleurs que sur Rue 89

    • Anonyme

      bingo, deux bonnes nouvelles d’un coup, vous disparaissez et le torchon de springer aussi, ne boudons pas notre plaisir, c’est pas tous les jours ...

  • Anonyme

    le papier de Camille ne fait pas état des raisons de ce décès prénatal. si les sources pouvaient parler ... merci Camille
    P/

  • toktomi
    • Posté à 13h46 le 05/07/2007
    • Internaute 9821

    _Y en a des ki koz français et qui savent éplucher les patates ?
    _ouai ouai nou msieur nou là !
    _ba voilà,pa compliqué d trouver 40 volontaires délocalisab vite fait.LAISSEZ tomber les frites,on a 20 belges francophones ki veulent s exiler de flamandie.
    _ : -o ? déjà ?

  • Anonyme

    Cette nouvelle est très inquiétante pour la presse quotidienne pour plusieurs raisons :
    - L’arrivée d’un Bild à la française, cela aurait été plus de concurrence. Les autres titres de presse quotidienne auraient alors été obligés de réagir ; les lecteurs auraient été gagnants. Concurrence = émulation.
    - Cela aurait été une bonne nouvelle aussi pour le pluralisme de la presse en France. Le nombre de quotidiens généralistes est faible dans notre pays par rapport à la moyenne européenne. De plus, les principaux groupes qui détiennent les quotidiens français (Le Monde, Figaro, Direct Soir, bientôt Les Echos) appartiennent à des personnalités qui ont un lien avec l’Etat ou le Président Sarkozy. Seul Libé survit grâce au bon vouloir d’un actionnaire...
    - Cela n’augure rien de bon pour la presse quotidienne papier. Qu’un groupe comme Bild, vrai groupe de media et non danseuse d’un industriel, laisse tomber en dit long sur la difficulté de trouver un modèle économique fiable pour la presse dans ce pays. La distribution, l’impression sont des vrais freins au lancement d’un titre en France. Quant à l’évasion publicitaire sur internet, elle est devenue une réalité qu’il faut intégrer.
    Conclusion : 50 ans de protectionnisme de la presse en France ont fait perdre toute attractivité pour les investisseurs. Quant aux lecteurs...

    • Anonyme

      Je ne pense pas que Bild ai quelque chose à voir quelque chose de près ou de loin avec le pluralisme de la presse. Le problème de Springer n’est pas le reveil de la presse française mais de trouver une niche commerciale. Il fait machine arrière en invoquant une condition irréalisable, augmenter d’un tiers le nombre des points de ventes.

      Je ne pense pas que Springer soit différent des personnalités qui ont un lien avec Sarkozy. C’est un journal qui promeut des idees très conservatrices, mais sous fond raccoleur, c’est à dire à destination des beaufs.
      Si l’emulation vient de la concurrence entre deux mêmes conceptions des choses, ça me laisse froid.

      Bon maintenant, ok, dommage pour les gens qui pensaient y trouver un emploi. Mais ne vous en faites pas : ce n’est que partie remise.

    • Anonyme

      C’est une analyse tres vraie et tres réaliste ! Merci ! Eh oui, la presse française est en panne. en panne d’idées, de contenu et de renouvellement. Nous sommes le seul pays d’EUROPE a vendre si peu de quotidien. une bonne vente chez représente environ 400 000 a 5OO OOO Ex jour (OJD).

      La nouvelle d’un nouveau Bild et sa parution etait une chance presque unique pour pousser les autres rédactions et penseurs a se rapprocher de son lectorat et moins vers ses annonceurs ;
      helas en france nous faisons un journal pour ses annonceurs puis eventuellement pour ses lecteurs.
      En Allemagne ou en POlogne ou encore GD Bretagne, on le fait d’abord pour ses lecteurs et les annonceurs suivent. A 3 millions d’ex jour, les annonceurs suivent... parce qu’ils n’ont pas le choix !

      En effet Bild était un projet d’un groupe média et non d’un industriel. Un gros groupe solide et surtout qui voulait investir dans notre paysage, avec une culture tres diffrente de la notre en matière de presse, d’une vraie presse populaire qui ose dire son nom. C’était aussi 200 journalistes embauchés. C’est tres triste de les voir reculer et partir parce que cela veut dire que seul un industriel lancera un journal pour son compte, si j’ose dire, qui lui va se contenter d’une distribution des NMPP ou des MLP.
      CDB

      C’est un choc qui nous décrit un triste réalité...

  • ph-re
    • Posté à 15h20 le 05/07/2007
    • Internaute 805

    Ils comptaient les sortir d’où leurs 10 000 points de ventes supplémentaires ?
    Ils les demandaient à qui ?
    Bizarre.

    Mauvaise nouvelle pour le pluralisme en tout cas, cela aurait bien secoué le cocotier.

    • Anonyme répond à ph-re

      Tout à fait d’accord avec vous : c’est quoi cette histoire de « 10.000 points de vente en plus ». Le chiffre semble énorme en effet.
      Eh bien je viens de trouver enfin des infos un peu plus claires sur ce sujet (alors que depuis des semaines les journalistes nous rebattent les oreilles de ce problème de diffusion sans nous donner la moindre bille pour comprendre le truc dans son ensemble).
      Le meilleur, c’est que l’info ne vient pas d’un journaliste mais d’un patron d’Axel Springer interviewé dans le Figaro d’hier matin : comme s’il fallait atteindre ce niveau de responsabilité pour avoir cette « vision stratégique ». Il ne s’agit que de chiffres qui doivent exister dans n’importe quelle doc de journal...
      Voici la citation :
      « En Allemagne, il existe 115 000 marchands de journaux pour 80 millions d’habitants. En Pologne, 75 000 points de vente pour 38 millions de personnes. En France, il y a moins de 30 000 vendeurs pour 60 millions d’individus. Dans ces conditions, pour vendre 750 000 exemplaires, il fallait demander à nos lecteurs de changer leur comportement en allongeant leurs déplacements quotidiens pour se procurer le journal. Inconcevable ! Nous avons étudié toutes les pistes pour densifier le réseau de vente. La livraison directe coûtait trop cher. La mixité du réseau des Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP) avec d’autres chaînes de distribution telles que celle des quotidiens régionaux ou les magasins de proximité (tabac, dépôts de gaz...) était impossible au regard du règlement des NMPP. Je regrette qu’un projet créateur d’emploi - plus de 200 journalistes à terme - se heurte à un tel blocage. »

      Vous avez noté la dernière phrase où l’on apprend qu’il y a un règlement des NMPP qui permet ou non certaines choses en France : là, ça commence à être de l’info, on commence à être dans le dur, certes dans la complexité des choses, mais on commence à comprendre, et ça, c’est bon. Alors, amis journalistes, si vous poursuiviez en nous racontant la suite ? ...

      Source : « Andreas Wiele, président des magazines et de l’international du groupe allemand Axel Springer, explique l’abandon du projet d’un quotidien populaire en France. » in le Figaro.fr du 6 juillet 2007

  • leonardo
    • Posté à 15h24 le 05/07/2007
    • Internaute 9624

    Je voulais intervenir, mais comme mon prédécesseur a tout dit, je ne peux qu’applaudir.

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 15h53 le 05/07/2007
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    Bild, une bonne novuelle pour le pluralisme ! la bonne blague ! je suis ravie qu’on échappe à ce torchon en france, comme au Sun ou autres tabloïds. (Je suis un peu sceptique sur une version fraçàaise « moins trash “ que l’allemande). Les kiosques croulent déjà sur la presse people débile...Si l’avenir de la presse écrite passe par le développement de la presse de caniveau, vive internet !

    • Anonyme répond à Valdo Lydeker

      Encore une fois, le « journalisme propre, éthique, objectif, (beau ?) » est sur la table (à découper). Faire de la « presse de caniveau », c’est-à-dire traiter les scandales, les accidents, les vols, les crimes, les monstres, c’est s’inscrire dans un genre attesté depuis le XVIe siècle (cf. les canards, occasionnels et autres gazettes).

      Que penser de ceux qui travaillent dans ce genre de presse ? Des salauds ? Il doit y en avoir. Mais combien plus que dans la « belle presse », celle d’où tu parles je suppose.
      Mais justement : où faut-il travailler pour être sûr d’être étiqueté « journaliste Max Havelaar » ?
      Combien de sortes de journalistes y a-t-il ? A quelle sorte faut-il appartenir pour se regarder dans la glace tous les matins ?
      Et puis, pourquoi pas :
      Comment éviter d’être envahi par des pulsions narcissiques chaque fois que nous évoquons notre métier socialement hypervalorisé (oui, je parle aux pilote d’avion, pompier, avocat, juge, journaliste...) ?
      Enfin, comment éviter de se réfugier dans le cynisme quand on a du mal à répondre à ceux qui prétendent défendre la « moralité de la profession » ?

      • Anonyme

        Ok, mais comprend nous : on est pas journaliste, et pas envahis de pulsions narcissiques (enfin , pas des que je vais t’avouer !) et je pense que la moralité de cette profession - sans guillemets - est une chose très importante pour la santé de ce pays, pour la pluralité, la démocratie, surtout en ce moment.

        Qu’il y aient des journaux trash, bah ! mais qu’on ne viennent pas nous dire qu’un requin comme Springer défendent défend ces valeurs.

         
        • Anonyme

          Je sais, le mot « narcissisme » est excitant (« pulsions » aussi), tout le monde a envie de faire joujou avec.
          Mais, heu... je répondais à un journaliste (Valdo, en l’occurrence) que je tâchais de faire réagir en le titillant sur ses définitions de bon et mauvais journalisme. Alors si vous pouviez intervenir plus à propos dans la conversation, ça ressemblerait un peu moins à l’escalier de mon HLM de Babel...

          A part ça, quand vous parlez de moralité et de santé du pays vous êtes dans le sujet, mais seulement dans l’incantation. Pourriez-vous, vous aussi, participer concrètement et, par exemple, donner des exemples de moralité dans la profession, de ces endroits immaculés si profitables à la démocratie et à la pluralité ?

          • Anonyme

            ben oui je suis dans l’incantation, tu crois quoi, que je suis Citizen Kane ? Que l’industrie de l’armement possèdent la moitié de la presse française, ça ne te gène pas ?

            Un endroit immaculé si profitable à la démocratie et à la pluralité ? la question est un peu provoc, car elle sous entend que puisqu’il n’y en a pas, autant coucher avec Springer.
            Le Canard enchainé ? ... Ah, et puis Rue89 ! Alors comme disait Valdo, vive l’internet ! Tu le sais, je ne suis pas journaliste mais il m’arrive de tomber sur des trucs comme ça :
            Lien
            La presse papier...hmm...les requins ont sauté dessus...ça coûte très cher...même Springer hésite...voyons les choses en face, beaucoup de choses vont encore changer. Certains débats n’auront peut être bientôt plus d’importance.

            Mais alors Bild ! ? ! allons-y :
            Lien
            si comme moi ton allemand n’est pas sensass, « Girl von seite 1 », c’est bien « la fille de la page 1 ». Ouais parce qu’il y en a vachement pleins d’autres dans les autres pages.

            Bild et ses pinups à poil ! la pluralité de la presse !

        2 autres commentaires
    • Anonyme répond à Valdo Lydeker

      comme aurait dit la mère Denis, c’est bien vrai ça !

  • Anonyme

    Qu’advient il des personnes engagées, contactées, etc...
    renvoyées vers le soi-disant projet internet
    ou renvoyées tout court ?
    De plus, il est vrai qu’étayer cette info de sources serait un bienfait

    • Anonyme

      Ben c’est simple : ça s’appelle un plan social avec (Axel Springer ayant les moyens) quelques goodies pour adoucir la potion amère - genre, une cellule de reclassement...

  • Anonyme

    Bild, c’était enfin un grand groupe international qui osait entrer dans la presse quotidienne. Il n’a pas pu le faire, très largement à cause du système de distribution moyen-ageux, encore une « exception culturelle » dont il faudra bien se debarasser un jour ou l’autre.
    La presse magazine, la bonne et la moins bonne, est très largement en mains étrangères et elle se porte plutôt bien. La presse quotidienne, elle, se meurt. Et que l’on ne nous dise pas que Nice Matin, c’est mieux que Bild !

    • Anonyme

      Pffff....
      Ca y est, encore la faute du système de distribution « moyen-âgeux ». Que personne ou presque ne connaît dans le détail, mais allons-y, c’est tellement simple...
      Et dire que Springer fait marche arrière à cause des NMPP est se moquer du monde. L’argument des 10 000 points de vente supplémentaires est un véritable foutage de gueule ! Tout le monde sait qu’ils n’existent pas. C’est juste un argument pour se justifier. La seule raison, c’est que Springer, comme un vulgaire Lagardère, croit qu’Internet lui rapportera plus que la presse papier.
      On fera les comptes dans quelques années...
      Au fait : « La presse magazine, la bonne et la moins bonne, est très largement en mains étrangères et elle se porte plutôt bien » : faux.
      1) Hachette Filippachi (français) possède encore une très large part de la presse mag en France. OK, y’a des éditeurs étrangers qui arrivent (Mondadori par ex.) mais c’est pas une majorité.
      2) La presse mag se porte plutôt bien ? Elle aimerait que ce soit le cas...

      Otto Naumme

      • Anonyme

        J’ai posté plus haut une info sur laquelle je viens de tomber. J’en passe un extrait qui concerne ce « manque de points de vente » que Otto réfute (c’est « un véritable foutage de gueule »). Si les journalistes de rue89 confirment ce que le patron d’Axel Springer raconte dans son interview, alors ce problème de diffusion mérite mieux que le déni à l’estomac.

        Petit bout de citation (voir source dans mon post plus haut) : « En Allemagne, il existe 115 000 marchands de journaux pour 80 millions d’habitants. En Pologne, 75 000 points de vente pour 38 millions de personnes. En France, il y a moins de 30 000 vendeurs pour 60 millions d’individus. Dans ces conditions, pour vendre 750 000 exemplaires, il fallait demander à nos lecteurs de changer leur comportement en allongeant leurs déplacements quotidiens pour se procurer le journal. Inconcevable ! Nous avons étudié toutes les pistes pour densifier le réseau de vente. La livraison directe coûtait trop cher. La mixité du réseau des Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP) avec d’autres chaînes de distribution telles que celle des quotidiens régionaux ou les magasins de proximité (tabac, dépôts de gaz...) était impossible au regard du règlement des NMPP. Je regrette qu’un projet créateur d’emploi - plus de 200 journalistes à terme - se heurte à un tel blocage. »

         
        • Anonyme

          Je parlais de foutage de gueule sur le fait que Mr Springer sait depuis belle lurette comment fonctionne le système de distribution français. Il publie des journaux en France depuis plusieurs années. Les NMPP et leurs contraintes ne sont donc en aucun cas une surprise pour lui... En conséquence, prendre cet argument pour expliquer son retrait est un foutage de gueule.
          Ensuite, il est évident qu’il y a un problème en France au niveau de la distribution qui, si elle n’est pas moyen-âgeuse, mériterait d’être revue. Mais les problèmes de la presse ne viennent pas, en grande partie, de là. N’oubliez pas plusieurs choses :
          1) le système actuel n’empêche pas des canards de TV de vendre à plus de 1 million d’exemplaires par semaine.
          2) regardez le prix des quotidiens (et des mags) dans d’autres pays et comparez avec ce qui se passe en France (sans même parler de la pagination...). Un rapport de 1 à 3, souvent, et pas en faveur de la France. Pourquoi ? OK, le coût de la distri joue, mais, que je sache, les journaux étrangers n’arrivent pas chez leurs acquéreurs sur leurs petites pattes, il y a bien aussi un système de distribution qui coûte de l’argent...
          3) « La livraison directe coûtait trop cher » : faudrait le dire au Parisien qui le propose à ses abonnés depuis plusieurs années et qui ne semble pas si mal se porter...
          Cela dit, l’arrêt d’un projet de presse n’est pas une bonne nouvelle, même si l’on peut s’interroger sur le niveau d’un Bild, même « détrashisé ».
          Et comme le disait un intervenant, si l’on faisait des journaux pour les lecteurs avant de penser aux annonceurs, sûr qu’on en vendrait plus (avec des prix réalistes, parce que, là aussi, ça devient n’importe quoi...).

          Otto Naumme

        1 autres commentaires
  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 17h32 le 05/07/2007
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    VOus l’avez lu, Bild ? Probableement effectivement pas mieux que Nice Matin, mais on peut avoir d’autres étalons !
    Pour moi, ce sera toujours le journal visé par le film ’Lhonneur perdu de Katharina Blum »...
    Et il ne s’agit pas de mépris d’une presse populaire. J’ai travaillé en presse régionale et certains titres font un travail parfaitement honorable. Je pense qu’il manque effectivement une presse populaire, dans le sens d’un style facile à lire, mais offrant une information de qualité. Mais à tout prendre, je préfère largement, quelque soit le problème que posent les journaux grauites, 20 minutes à Bild et au Sun ! Bild, c’est l’idéologie TF1 sur papier. On ne me fera jamais croire que cela set la cause du pluralisme.

    • ph-re
      ph-re répond à Valdo Lydeker
      • Posté à 18h23 le 05/07/2007
      • Internaute 805

      populaire, facile à lire, info de qualité ?

      Le parisien ne répondrait il pas à cette définition ? Moi « j’avoue » que je lis depuis un certain temps l’édition de l’Oise pour me tenir informé de la vie politique de mon coin. Et dans le genre de ce que tu spécifies, ça le fait bien je trouve. Aucune prétention pseudo intello branchouille (suivez mon regard), surement un peu trop de faits divers et puis il faut aimer le PSG ! ! Mais bon bon sur le zinc, avec un café ...

      • Anonyme répond à ph-re

        Complèment d’accord, un zinc, un café et le Parisien, c’est un bon plan.
        Ce journal est globalement bien écrit et relu. Et j’aime bien la sélection de l’information en général. Mais il est vraiment moche.
        Et la nouvelle formule (« l’information heureuse »)a aussi quelques inconvénients : c’est plat - je ne sais pas trop quoi dire d’autre, sinon que je le lis moins souvent qu’avant.
        Bref, ça ne colle pas avec les chiffres qui se sont améliorés cette année, je sais.

      • Anonyme répond à ph-re

        Dans le parisien il y a l’essentiel : l’horoscope, la météo, et les programmes télé. Le reste.....bof !

    • Anonyme répond à Valdo Lydeker

      Comment pouvez vous juger une formule francaise de BILD qui ne voit pas le jour ? ? ? pour le juger il faudrait d’abord qu’il soit en kiosque NON ? ...

      C’est une réaction bien française : je juge sans savoir...
      Le BILD francais devait justement etre different de la version allemande. personne ne saura a quoi il devait ressembler a part ceux qui travaillaient dessus. Est ce votre cas ?

  • Anonyme

    Dommage que Sarkozy n’emprunte la vigueur de Margaret Tatcher pour libérer les journaux du syndicat du livre. Et si la presse écrite française connait peut d’investissement c’est à cause de ce syndicat. La mort de ce type de syndicat (non pas que j’en contre le syndicalisme, je vote PS et habite le Royaume-Uni), diminuerait le risque lié à ce type d’investissement à cause d’une prise en otage de l’impressin et la distribution par ce syndicat. Les anglais en ont souffert et maintenant ils ont les journaux de qualité (Times, Independent, Telegraph, Guardian) et aussi qq merdes (Daily Mail, Mirror, The Sun) mais ils gagnent de l’argent car la pagination ne fait qu’augmenter y compris le diamanche.

    • Anonyme

      Heureusement que vous êtes là !
      On n’avait pas compris que la crise de la presse en France était dûe aux crypto-bolchéviques !
      Merci de nous l’avoir rappelé !

      Non, sérieusement, faut arrêter l’Earl Grey, là...
      Le Livre, OK, il avait des côtés nuisibles il y a 20 ou 30 ans. Mais aujourd’hui, son impact est vraiment très réduit. Du reste, avez-vous tant vu de grèves de la presse ces dernières années (je vous rappelle que si les journaux ne sont pas parus le 1er mai, c’est qu’il y a une raison autre...).

      Le problème de la presse, il ne peut se résumer à l’impression et la distribution. OK, il y a des problèmes, mais s’il n’y avait que ça...
      Entre les repreneurs incompétents de groupes de presse, la vertigineuse baisse de qualité de nombreux titres, s’expliquant par la non moins drastique baisse des effectifs, le manque d’ambition et de souffle de la plupart des gestionnaires de titres (qui ont remplacé le plus souvent les « vrais » hommes de presse...), et j’en passe, il y en a des raisons qui expliquent la crise de la presse. Sans parler de « patrons » de presse comme Lagardère qui vont jusqu’à dire que la presse papier est finie, cet and....lle oubliant juste qu’il détient le premier groupe de presse de France et qu’il existe des moyens de le regonfler...
      Enfin, s’il suffisait d’augmenter la pagination d’un journal pour gagner de l’argent, cela se saurait...

      Otto Naumme

      • Anonyme

        Le Livre pas nuisible aujourd’hui ? C’était il y a 20 ou 30 ans ? Pas plus tard que l’an dernier, le Livre a négocié directement et en secret avec le repreneur de France Soir pour sauvegarder TOUS ses emplois.
        La contrepartie : « la paix sociale » (genre, on ne te vide pas tes camions de journaux dans le fossé - un savoir-faire (un avantage concurrentiel sur le marché de l’emploi ?) que les journalistes n’ont pas face au patronat...
        Le marché : tous les journalistes du plateau technique, du rédacteur en chef technique au SR ont été virés. Ce qui allait accélérer la transformation des « ouvriers » du Livre en journalistes non pas bi-média mais bi-cartes (l’un des chantiers majeurs du Livre), avec le maintien de leur avantages salariaux et horaires. Les Ouvriers du Livre sont-ils solubles dans le journalisme ? Il suffit de lire le « nouveau France Soir »... (L’ancien avait déjà du mal, mais alors là, c’est...)
        D’autres exemples de super négos dans le même genre : tiens, Le Monde. Rien que ça.
        Oui, ça fait moins de bruit dans la rue, mais dans les cuisines, la tambouille est pas triste.

         
        • Anonyme

          Je ne sais d’où vous tenez ces infos, mais je serai ravi de pouvoir les vérifier. Auquel cas, je ne manquerai pas de faire amende honorable sur mes dires.
          De mon côté, j’ai cherché ce que je pouvais trouver sur cette histoire entre France Soir et le Livre. En dehors de « on dits » invérifiables, j’ai trouvé cet extrait d’un communiqué du Livre : « C’est pourquoi, les salariés des NMPP ne distribueront aucun exemplaire de France Soir qui ne serait pas édité par la rédaction d’Aubervilliers et se préparent à prendre toutes les dispositions utiles. »
          Ce qui ne me semble pas aller dans le sens de vos assertions. N’en reste pas moins qu’il est vrai que presque toute l’ancienne rédaction est partie (virée ou clause de cession). Mais n’a pas été remplacée par des mecs du Livre, plutôt par des « stagiaires », si l’on en croît d’autres sources invérifiables... Bref, moi je veux bien croire, mais pour le moment, vos arguments me semblent un peu courts.
          Et pour le Monde, expliquez un peu plus, parce que je ne pense pas que la situation soit la même qu’à France Soir...

          En revanche, en ce qui concerne l’arrêt de Bild France, je suis tombé là dessus : Lien
          Où il semblerait qu’il y ait des causes surtout politiques... Etonnant, non...

          Otto Naumme

        1 autres commentaires
      • Anonyme

        Tout à fait d’accord avec vous sur « la vertigineuse baisse de qualité » que vous reliez à « la drastique baisse des effectifs », le tout sous l’égide de « repreneurs incompétents ».
        C’est ce qui s’appelle faire le tour de la question.

        Maintenant on fait quoi ? Il faudrait peut-être revenir sur les conditions permettant de favoriser l’investissement dans la presse écrite. Et en ce sens, on ne peut balayer d’un revers de la main les raisons avancées par le dernier gros investisseur en date qui vient de jeter l’éponge.

         
        • Anonyme

          Vous avez raison, le problème n’est pas le constat, mais ce qu’on fait à partir de là pour arriver à remédier à cet état de fait.
          Pour les conditions d’investissement, il semble qu’elles n’empêchent pas des Arnault de vouloir se payer les Echos ou d’autres de financer des groupes de presse. En revanche, c’est vrai que si vous souhaitez monter votre propre petit groupe et que vous allez voir une banque, vous perdez votre temps : on ne vous prêtera pas un kopek, quelle que soit la valeur de votre projet.
          Quant à Springer, il n’a pas « jeté l’éponge », il s’est reporté sur un autre investissement. Certes, il a arrêté Bild français avant qu’il ne sorte, mais ce genre de choses n’est pas une nouveauté. On ne compte plus les projets de journaux qui se sont arrêtés, parfois à quelques encâblures seulement du n°1. Là, ça prend une tournure médiatique, du fait du groupe de presse, du titre et du fait que l’éditeur s’est un peu répandu dans la presse, c’est tout. C’est très triste, surtout pour les personnels embauchés. Mais ça arrive, malheureusement.
          Ce qui est triste, c’est qu’ici, ça arrive parce que Springer pense qu’AuFéminin rapportera plus que Bild France. Et ça...

          Otto Naumme

          • vintage
            • Posté à 15h21 le 07/07/2007
            • Internaute 7477

            le projet de rachat du site au feminin.com serait antérieur au lancement de BILD France selon un porte paroles allemand de Springer.

            • Anonyme répond à vintage

              Que ça fasse un an qu’ils réfléchissent au rachat d’Auféminin, peut-être, sûrement, même.
              Mais lancer un Bild français, ça prend également beaucoup beaucoup de temps...
              Bref. Après, que les deux opérations ne soient pas liées, peut-être. N’en reste pas moins que la direction de Springer insiste bien sur le fait qu’elle entend privilégier le Net par rapport au papier dans un proche avenir.
              Ce qui, à mon humble et très personnel avis, est une connerie. Mais l’avenir nous dira qui a raison...

              Otto Naumme

        3 autres commentaires
  • Anonyme

    Pas de Bild français, ok. Mais pourquoi pas un Monde du matin ? Le « grand quotidien du soir » serait bien inspiré de sauter enfin le pas et d’être en kiosque le matin. Cela augmenterait mécaniquement ses ventes (au détriment de Libé et du Figaro).

  • Anonyme

    Dommage....

    Il n’est pas question ici de débattre de contenu. Mais un projet susceptible de faire bouger la presse dans son ensemble, de créer des emplois, bref de mettre un vrai coup de pied au c... des titres en places et totalement endormis ne pouvait avoir que des conséquences positives pour la profession.
    Springer renonce... au papier... EN espérant qu’il s’engage délibérement sur le net... pour innover... et mettre un taquet aux patrons de journaux totalement à la solde des pouvoirs économiques et politiques en place.
    La presse française peut ce matin dormir sur ses deux oreilles.... elle vient en effet de se tirer une balle dans le pied ! ! !
    Desespérant

  • vintage
    • Posté à 15h13 le 06/07/2007
    • Internaute 7477

    Raisons invoquées pour abandonner la sortie de BILD
    serait surtout l’annonce du PARISIEN de faire paraitre un quotidien similaire pour début 2008 et le MONDE serait également en train de réfléchir à un tel format.Donc ces 2 journaux ont parfaitement organisé la riposte contre Springer. Il y a également le manque de point de ventes en France.
    Et les lois très sévères sur la protection de la vie privée ce qui aurait inévitablement posé de grands problèmes.
    De toutte façon pour ceux qui ne connaissent pas BILD : Vous n’avez rien perdu ,c’est un torchon !

    • Anonyme répond à vintage

      Voir le Figaro.fr de ce matin :
      « Andreas Wiele, président des magazines et de l’international du groupe allemand Axel Springer, explique l’abandon du projet d’un quotidien populaire en France. »

      Lien

  • Anonyme

    Minc a dû demander à Sarko d’y mettre bon ordre ! Ces sales boches ont donc envie de revenir défiler sur les champs Élysées...

    • vintage
      • Posté à 15h25 le 07/07/2007
      • Internaute 7477

      Ha,Ha,Ha c’est l’Ocktoberfest en plein mois de juillet !

  • Anonyme

    L’insuffisance des points de ventes est a mon avis un faux pretexte. Y a t’il de la place pour un nouveau quotidien payant alors que certains titres ont de plus en plus de mal a survivre (l’humanite, liberation, france-soir)et que les gratuits ont reussi a s’imposer dans le paysage francais de la presse ecrite.Et puis pour quel contenu ? nous avons deja notre torchon national avec france-soir.Et comme toujours il y a le probleme couteux de l’impression avec le syndicat du livre cgt.

    • Anonyme

      Non ce n’est pas qu’un prétexte, c’est une des données du problème pour un investisseur. Mais vous avez raison si vous sous-entendez que ce n’est pas le seul problème.

      Alors, y a-t-il de la place pour de nouveaux journaux en France ?
      Axel Ganz a lancé ses titres féminins à succès dans un marché totalement déprimé. Son credo était : pensons d’abord au lecteur.

      Les éditeurs ont l’air de confondre la cause et l’effet. Certes, il y a la concurrence des autres médias, mais on ne peut pas toujours dire comme dans la chanson « c’est les autres ». Il faut aussi faire un peu d’autocritique constructive. Et de fait, on entend heureusement de plus en plus de voix s’élever pour dire que la presse souffre non pas d’un problème de demande mais d’offre.

  • Anonyme

    Dans une entreprise seule la réglementation compte et il y’a les tribunaux lorsque le patron ou les ouvriers faillissent à leur devoir. De plus lorsque l’on n’est pas content on peut s’en aller. La médiocrité de la presse écrite française vient à la fois de la main mise du syndicat du livre et de la prééminence de certains rédacteurs et de leur coure trop soucieux de leur position. Effectivement, les métiers du livres ne sont plus primordiaux que ceux de la santé. Pourquoi, la fermeture d’un hôpital serait moins scandaleux que l’arrêt d’un journal.
    Si la France veut des journaux y compris PQR, il devrait s’affranchir du syndicat du livre et des même têtes de rédacteur asservis au différents pouvoirs (gauche, droite). évidemment que Robert Murdoch prend position pour l’élection du président américain et aussi des premiers ministres britannique et australien, ceci grâce à ses journaux. Mais cela n’empêche pas le Times d’être un journal de référence, comme pourrait l’être le Figaro. Si les journalistes, technicien et pigistes veulent bien gagner bien leur vie, il faut, qu’ils acceptent qu’ils sont dans une industrie et dont s’affranchir des aléas corporatiste. le Times peut faire un article, virulent sur BAE Systems sans que cette entreprise ne décide (même si elle faisait ce serait provisoire) de lui supprimer ses pubs, car le journal a une notoriété au de là du petit cercle patronal. Libération Le Parisien, Le Monde, le Figaro sont encore Cac40 indépendants, la preuve la succession de Colombani ou le comportement de Minc et aussi le départ de Beytout pour TF1 (boite de communication ),..., bref ces journaux se comportent comme des porte paroles et non comme des médias pourquoi demander au citoyen de dépenser 40 euros/mois pour lire les communiqués des patrons et des politiques. Et puis en matière, des choses de l’esprit, ces journaux ont abdiqué, ils se contentent de l’évident (vue à la télé), leur philosophe, c’est BHL, Finkielkrault, Glusckmann et non Damish, Grimal, Courtine ou Zink.
    Il y’aurait beaucoup à écrire et donc Springer a raison de garder ses sous pour faire du minimum sur le web avec au Feminin.com.