Revue de commentaires 23/05/2008 à 13h54

Comment recruter les profs ? Résumé du débat sur Rue89




Dans l’école primaire d’Emance (Yvelines), en 2007 (Gilles Coulon/Tendance floue).

C’est kawouede, un internaute habitué de Rue89, qui a tiré le premier. Il a saisi l’occasion d’un article publié le week-end dernier sur le statut et les conditions de travail des enseignants en France pour lancer le débat sur le recrutement des profs :

« Les concours nationaux, pourquoi ne pas en débattre : - est-il normal de sélectionner les profs par un mode qui exclut autant qu’il promeut ? - les qualités demandées pour réussir un concours d’enseignement sont-elles forcément celles attendues d’un bon enseignant ? - de façon générale, l’élitisme est-il un bon principe pour construire l’école dont nous avons besoin ? - est-il normal de garder deux concours (Capes et Agreg) avec ensuite des profs qui travaillent plus et sont payés moins que d’autres ? “

Comme Network23, autre riverain assidu dans les commentaires, il cite le rapport Pochard, qui envisageait début 2008 de repenser notamment la rémunération des profs. Kawouede en profite pour renvoyer vers des sites internet syndicaux, très remontés au moment de la publication de ce rapport. Le débat est lancé, et Jess Feuillie lui repond sur le bien fondé du recrutement par concours, la règle en France :

‘Un concours est bien plus discriminant, et les inégalités sociales y ont plus d’influence. c’est donc moins juste socialement que de passer par cette voie !

Les concours : arbitraires ou gage de niveau ?

Un peu plus loin, répondant à d’autres internautes, Network23 appelle a ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain’ et estime que ‘le principe du concours national reste jusqu’à preuve du contraire le plus démocratique et rationnel qu’on ait à notre disposition’ :

‘On peut critiquer les modalités de la formation (l’équilibre savoir/pédagogie), et même celles du concours, mais le principe d’un concours national lui-même reste, jusqu’à preuve du contraire, le plus démocratique et rationnel qu’on ait à notre disposition.

Bien que la chance et les inégalités socio-culturelles entrent en jeu dans un concours, celui-ci n’est pas une loterie et demeure ce qu’on a trouvé de mieux pour favoriser l’égalité des chances et une administration rationnelle.’

Xa Chan, ‘doctorant - entre ici et ailleurs’, juge pour sa part que ‘dire que le concours du Capes ou de l’agreg’ est gage d’une compétence égale des profs est une fiction complète’. Il argue, lui, qu’un concours ‘est une loterie, sans vrai lien avec la réalité’ :

‘En histoire-géographie, domaine dans lequel j’étudie, combien de mes amis ai-je vu échouer au Capes parce qu’ils se retrouvaient sur liste d’attente ? Alors quoi ? Ils ne sont pas assez bons pour être professeurs, mais on les garde sous le coude au cas où il y aurait des désistements ? Quelle hypocrisie...

Les concours mesurent pour une bonne part un volume de connaissance et non pas une capacité à enseigner. Or, la pédagogie est à mon sens aussi importante que ce que l’on enseigne. Car ne nous leurrons pas : tout ce qu’on ingurgite comme connaissances pour passer le concours n’a que très très peu de chances de nous être utile une fois devant les élèves.

Certes, il y a une épreuve sur dossier qui consiste à juger la capacité du candidat à construire un cours, à se placer devant un défi pédagogique. Cela est bel et bon, mais alors pourquoi doit-il passer cette partie du concours devant un jury de professeurs, et non pas devant des élèves ? N’est-il pas paradoxal qu’on doive passer d’abord l’agreg’ ou le Capes avant de suivre des cours de pédagogie en IUFM ? Où est la logique dans tout cela ?

Besoin de ressources sur la question ? Un autre internaute, kairos, suggère une étude, Les Agrégés, Histoire d’une exception française’ (éd. Belin), par Yves Verneuil, spécialiste de l’éducation. Et cite cette question de l’ouvrage :

‘L’agrégé est-il professeur d’élite ou bien professeur pour les élites, lauréat d’un des plus prestigieux ’concours républicains’ ou bien ’privilégié’ bénéficiant d’horaires amoindris ?

Agrégé vs certifié : la lutte des classes chez les profs

Cette question d’une hiérarchie entre enseignants a particulièrement stimulé les commentateurs sous cet article. Ainsi, gwen pose à son tour la question d’une aristocratie enseignante, situant cette fois la frontière entre enseignements technique et général :

Il n’est pas rare dans les lycées qu’il y est une hiérarchie entre ’prof de lycée technique’ et ’prof de lycée general’, et entre certifié et agrégé ! Pour faire simple, on a affaire a des situations ou des profs ne parlent pas a d’autre profs pour une question de statut (du vécu) ! Idem avec les profs de sciences ou lettres vs les profs de sport ou de dessin. Alors quoi, les gars ! Pourquoi on en parle pas ?

Rejoignant une discussion déjà fournie, Sexus empiricus prolonge à son tour le débat :

La question de fond soulevée par Xa_chan et par Kawouede est sans doute gênante, parce qu’elle brouille un peu le ’discours’ gorgé d’évidences, d’impensés et de justifications à l’égard des concours disciplinaires.

Or, les récits qu’on entend dans la bouche des élèves comme les souvenirs d’enfance convergent : il y a loin entre le fait d’être admis par des profs parmi les profs et la capacité d’allumer le désir d’apprendre et de tenir le rôle d’un passeur de savoir devant des élèves.’

Même son de cloche chez Jess Feuillie qui veut poser le problème des ‘bêtes à concours’ et s’interroge :

‘En quoi le fait d’avoir l’agreg rend il un prof meilleur qu’un autre ?

De son côté, avrile, s’interroge aussi sur le sens de la pédagogie :

Un prof même avec une tête bien pleine, certifié ou agrégé n’est pas forcement apte à ce dur métier qui est aussi, sinon avant tout un métier nécessitant une réelle aptitude à la relation humaine.’

Reb, prof de lettres, rappelle de son côté que, pour lui, ‘étudier au moins trois années les bases de la discipline qu’on va enseigner est le b.a. ba’.

Au sujet de l’équilibre entre connaissance et pédagogie dans le recrutement des enseignants, l’internaute Kestiontoiinterpelle Xa Chan et demande comment repérer un futur bon pédagogue ? Ce dernier gage, lui, que c’est ‘en le mettant le plus tôt possible le candidat en face de son public, sous contrôle et guidage bien sûr du corps enseignant.’

Enseigner en maternelle ou au collège, même combat ?

Mais coraliedd rebondit sur le remplacement, rendu possible par Xavier Darcos, des enseignants arrêtés, par des retraités. Y compris d’anciens professeurs des écoles qui ont toujours enseigné en maternelle et qui peuvent être appelés à intervenir en secondaire, assure coraliedd, elle-même prof à la retraite :

‘Je viens de constater par moi-même (en lisant la lettre envoyée par une académie) qu’un enseignant ayant fait de la maternelle toute sa carrière peut être contacté pour aller en secondaire. C’est d’actualité et je pense déjà en application si des gens ont accepté la proposition.

C’est génial, l’Etat est pour l’emploi des séniors, sauf que ces retraités ne demandent rien à personne, ils ne sont pas au chômage, ne postulent pas pour rempiler et prendront la place de jeunes qui devraient être formés pour faire ce travail dans de bonnes conditions surtout pour les enfants.

Qui peut trouver normal qu’un retraité prenne n’importe quel poste (pourquoi pas enseigner une langue qu’il n’a jamais apprise) alors qu’un jeune doit avoir une formation minimun de 5 ans pour cela ?

Un peu plus loin dans la discussion, coraliedd reviendra d’ailleurs sur la question des remplacements avec cet autre témoignage :

Avez-vous entendu M. Darcos dire que pour remplacer les profs malades ou en stage, il ferait appel aux étudiants d’IUFM ? Moi oui, et cela m’a rappelé mes débuts : en 1968, avec mon bac philo j’ai débarqué du Sud dans une grande banlieue parisienne en CP.

La formation consistait en un jeudi par mois (congé pour les enfants à cette époque) avec l’inspecteur qui nous donnait les grandes lignes : programmes, règlements, etc.’

‘Va-t-on faire passer le bafa à tous les agents municipaux ?

Rebondissant sur la controverse, d’actualité, au sujet du service minimum d’accueil que le gouvernement entend mettre en place dans les écoles primaires, tilou pose une question simple mais pas inutile quant à la formation des agents chargés de l’accueil les jours de grève :

Pour garder les mômes, généralement, il faut un bafa. Est ce que l’on va en faire passer un à tous les agents municipaux pour qu’ils puissent faire les jaunes ?

Plus persifleur, enfin, newsnours pose la question de la formation d’Arnaud Teulé, candidat dissident UMP, malheureux aux dernières municipales à Neuilly, par ailleurs conseiller auprès de l’Elysée :

Quand on voit qu’Arnaud Teullé vient d’être parachuté inspecteur de l’éducation nationale, on rigole des principes d’économie énoncés par Darcos.’

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  • Ruiss
    Ruiss répond à VinceDeg
    Prof en dispo
    • Posté à 20h29 le 23/05/2008
    • Internaute 42402
      Prof en dispo

    Puisque vous posez la question cher riverain...
    je réponds par OUI !
    La formation doit être complètement recentrée sur le métier ! !

    • VinceDeg
      VinceDeg répond à Ruiss
      • Posté à 23h49 le 23/05/2008
      • Internaute 36941

      Merci pour votre réponse, msieur ! [msieur : interjection d’un élève adressé à un professeur masculin, ex : « eh msieur y’a une faute au tableau là ! », équivalent féminin : mdame]

  • Alain Provist
    • Posté à 20h34 le 23/05/2008
    • Internaute 19517

    Débat passionnant. En relisant le texte et toutes les réactions, j’avais envie de reprendre beaucoup d’arguments pour y répondre point par point. Mais ce serait trop long. A la place je voudrais vous faire part de mon expérience : instit à 18 ans, certifié à 28, agrégé à 48, j’ai enseigné en école rurale, à l’étranger (FLE en alliance Française), en collège, en lycée de banlieue parsienne, en classe SE-CP-CE1 en Limousin, en 2de, 1ère, prépa, BTS, ainsi qu’à l’IUFM.

    Je suis content d’avoir passé tous ces diplômes parce qu’ils m’ont obligé à me remettre en question et à me dérouiller les méninges (l’agreg en particulier est une belle leçon d’humilité et de rigueur). Quand on travaille longtemps sur le terrain, on a tendance à enseigner la même chose et à ne pas renouveler ses méthodes. Relever le défi des concours est donc très salutaire. Le fait d’être mieux rémunéré n’était pas pour moi la motivation première mais j’en accepte la conséquence tout en pensant que l’ensemble des enseignants devraient être mieux rémunérés pour être mieux considérés et pour que le métier soit plus attractif.

    Sur la question éternelle de savoir si on sait mieux enseigner parce qu’on est plus diplômé, la réponse n’est pas si simple. Je vais commencer par dire une évidence mais pour enseigner il faut d’abord aimer les élèves, aimer ce défi qui consiste à arriver en terrain a priori hostile ou indifférent et avoir envie de retourner l’auditoire par un discours de passion et de raison, d’attention et de motivation. Il faut aussi aimer la matière que l’on enseigne évidemment mais non pas pour écraser les élèves d’un savoir à admirer. Au contraire pour la rendre accessible, vivante. Ce « goût des autres », je ne sais pas s’il s’apprend mais la pédagogie (science fluctuante et incertaine) a au moins le mérite de nous faire réfléchir sur nos pratiques et les remettre en perspective avec celle des autres et avec les programmes (pour assurer la cohérence du système).

    Dans le lycée où je travaille actuellement, il y a des professeurs de lycée professionnels, des certifiés et des agrégés. Je m’entends avec les collègues en fonction d’affinités naturelles et/ou de projets communs, certainement pas en fonction de leur statut. Mais le respect et la considération doivent fonctionner dans les deux sens : le travail du professeur d’école est hautement estimable pour tout ce qu’il demande de dévouement et de patience, la qualification d’un agrégé est respectable pour les efforts intellectuels qu’elle a exigé et pour les enseignements qu’elle implique...

    Ce qui me semble difficile par contre, c’est de constater que systématiquement les médias, les parents, les politiques s’en prennent aux enseignants pour expliquer ou excuser tous les dysfonctionnements et les malaises de la société au lieu de les aider par un discours de solidarité. Le professeur n’est que la synecdoque du monde auquel il prépare l’élève. Que le monde ne scie donc pas la branche sur laquelle il s’appuie.

    • JC_le vrai
      • Posté à 07h09 le 24/05/2008
      • Internaute 40066

      @ Provist

      Les parents sont trop souvent considérés par les profs comme des supplétifs qui ne les aident pas.

      Or, chacun sait qu’aborder la pédagogie en réunion pleinière avec des profs est considéré par ceux ci comme une ingérence extérieure... Aidez nous, oui, mais selon nos critères !

      A contrario, les profs ont raison de clamer qu’ils supportent la deshérence éducative de beaucoup de parents...

      Au milieu, les enfants, les ados, sont perdus puisqu’il y a absence d’autorité de part et d’autres, (les statuts de parents et d’enseignant étant remis en cause par les gamins) ! Déranger une classe ne mérite plus l’exclusion ! Comment sauvegarder les conditions d’une bonne écoute ?

      Au fond, personne ne fait confiance à personne et on récolte ce qui a été semé au fil du temps !

      • Alain Provist
        • Posté à 10h10 le 24/05/2008
        • Internaute 19517

        Les parents font confiance à leur médecin, à leur garagiste,à leur boulanger (dont ils ne discutent pas la compétence) mais pas aux enseignants. N’est-ce pas un peu étrange ? Et les enfants, conscients de ce soupçon, regardent leurs professeurs avec le même regard dubitatif. Il faut en finir avec cette méfiance qui tourne parfois à la lutte des « classes » et rétablir le dialogue entre les parents, les enseignants et les élèves. L’enseignant qui a réfléchi sur son métier ne doit pas craindre d’expliciter ses objectifs et ses méthodes. Les parents ont droit au débat éducatif (on peut regretter que beaucoup s’en désintéresse) et un dialogue serein et régulier permet souvent de lever les malentendus. Et les élèves se sentiront d’autant mieux de voir que l’école n’est pas un champ de bataille dont ils sont les soldats sacrifiés mais un lieu d’éducation dont ils sont les bénéficiaires.

         
        • JC_le vrai
          • Posté à 17h11 le 24/05/2008
          • Internaute 40066

          Bon diagnostic !
          Nous sommes d’accord là dessus au moins ...

        1 autres commentaires
  • Dan Lemille
    Dan Lemille
    Sous prof
    • Posté à 20h55 le 23/05/2008
    • Internaute 38568
      Sous prof

    Chloé,
    avez-vous les chiffres des profs qui exercent ce métier sans concours et donc sans aucune formation ? 20% dans le second degré ? Contractuels, vacataires, et maintenant cdi contractuels. Bientôt une ANPE pour recruter ! ! ! Etre professeur cela s’apprend. Le concours est seul moyen trouvé pour assurer l’égalité d’accès à la fonction publique et il est une garantie d’un service publique impartial. La contractualisation se fait elle à la tête du client.
    La question post recrutement qui il est vrai pourrait être déjà posée dans les épreuves du concours est la capacité à être enseignant mais c’est très difficile à évaluer à l’écrit, ce n’est que dans la pratique de cours que l’on peut travailler cet aspect.
    La formation est une des clés de l’amélioration du système éducatif, la question posée aux profs aujourd’hui ne doit pas seulement de savoir s’il sont ou non très bons dans leur discipline mais de savoir s’ils souhaitent que tous les jeunes apprennent, réussissent et donc quelles sont les pratiques pédagogiques les plus pertinentes pour la réussite de tous et mettre les élèves dans de réelles situations d’apprentissage..
    A développer...

    • Chloé Leprince
      Chloé Leprince répond à Dan Lemille
      Auteur(e) de l'article Rue89 Rue89
      • Posté à 21h07 le 23/05/2008
        rédacteur
      • Internaute 74
        Rue89

      @ Dan Lemille
      Merc de votre intérêt.
      Vu le débat passionnant qui s’est entamé sous cet article et sous le précédent, je compte en effet préparer très vite un article pour aller plus loin, dans lequel se posera notamment la question des profs remplaçants. A suivre, donc...

      • YAJ
        YAJ répond à Chloé Leprince
        enseignante retraitée, non (...)
        • Posté à 22h22 le 23/05/2008
        • Expert 3231
          enseignante retraitée, non (...)

        Il serait bon aussi que Rue89 relaie des infos sur les luttes des enseignants et des parents actuellement sur les suppressions de postes, le RSA, les programmes de DARCOS....
        En Loire Atlantique il y a d nombreuses écoles occupées par les parents qui ont conscience de la casse organisée par DARCOS and Co

  • YAJ
    YAJ
    enseignante retraitée, non (...)
    • Posté à 22h17 le 23/05/2008
    • Expert 3231
      enseignante retraitée, non (...)

    J’ai fait partie des enseignants qui ont enseigné sans formation comme auxiliaire (cela pendant 8 ans), puis titularisation sans concours, seulement une inspection. Donc toujours pas de formation. J’ai passé le concours de certifié en interne et là j’ai eu une mini formation en même temps que mes 18 h de cours....Une année chargée !

  • Nestor Romero
    Nestor Romero
    Ancien enseignant
    • Posté à 22h32 le 23/05/2008
    • Expert 5556
      Ancien enseignant

    Pardon Chloé mais je ne résiste pas à la tentation d’une citation qui n’est pas nécessairement éclairante dans ce débat passionnant mais qui a l’avantage de mettre en évidence quelque chose de l’ordre de l’éternel retour. La voici : « Les fameux concours qui ouvrent sur des carrières et assurent le recrutement du personnel de l’Etat ne seraient-ils pas souvent des “ concours de circonstances et de hasards ” ? Ce système du concours, notamment la fameuse agrégation, ne nuit-il pas à la formation scientifique et humaine des candidats ? Est-ce qu’on ne privilégie pas trop souvent les qualités de rhétorique, l’habileté à traiter un sujet, même si on le connaît à peine, l’art de parler d’une manière élégante et obscure ? Dès 1841, Balzac, dans “ Le Curé de village ”, faisait magistralement le procès de notre système de concours, qui existait déjà à son époque (la réussite d’un jeune homme à un concours, disait-il , ne donne aucune certitude au sujet de la valeur de l’homme mûr qu’il deviendra). En 1900, René Haussoulier, dans sa préface au recueil d’inscriptions grecques de Charles Michel, parlait des “ examens avilissants ”, des “ horizons bornés par la licence ou l’agrégation ”, des étudiants français “ qui n’ont ni le loisir ni le courage d’entreprendre de pareilles tâches ”. En 1961-1962, dans le compte rendu de ses cours, donné à l’Annuaire de la V° Section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, le père Festugière déclarait à son tour : “ C’est une chose attristante que l’étudiant français soit totalement dénué de curiosité. On sombre dans la routine la plus vide et l’on voit disparaître ce qui fait l’essentiel des humanités, qui est de former des esprits ”. En ce début de XXI°siècle, les choses ont-elles vraiment changé ? » ( Pierre Hadot, La philosophie comme manière de vivre, Albin Michel, 2001).

    • JC_le vrai
      • Posté à 07h54 le 24/05/2008
      • Internaute 40066

      L’enseignement -celui d’Aristote au Lycée- était acte d’amour.

      Il est devenu acte de routine, car obligatoire au lieu de volontaire ...

      (Pouah ! ...on dirait du mauvais Claudel... !)

  • William Tel
    William Tel
    à Lille
    • Posté à 22h39 le 23/05/2008
    • Internaute 24846
      à Lille

    Débat légitime en effet, mais pourquoi se poser la question uniquement pour les « profs » ? Et les médecins ? Et les policiers ? Et les banquiers ? Et les agents immobiliers ou comptables ? Et les notaires et les avocats ? Et les boulangers ? Et les directeurs en tout genre ?
    Et les journalistes ?

    Qui oserait ouvrir une telle boite de Pandore ?

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 22h49 le 23/05/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    Ce débat est certes passionnant mais ce n’est pas actuellement ce qui agite Monsieur DARCOS, le seul objectif de nos gouvernants reste la création d’une sorte de EMU (Education Minimale Universelle), l’Ecole Publique se réduisant à sa forme à la plus dépouillée, l’Ecole « privée » devant prendre le relai pour ceux qui en auront les moyens. C’est comme la Sécu dont la situation doit être dramatisée pour que le Marché puisse prendre le relai !
    Tout cela me parait parfaitement cohérent !

    • William Tel
      William Tel répond à papy55
      à Lille
      • Posté à 23h05 le 23/05/2008
      • Internaute 24846
        à Lille

      Si je vous comprends bien, il semblerait que nous ayons eu la même réflexion à peu près en même temps.

  • William Tel
    William Tel
    à Lille
    • Posté à 23h02 le 23/05/2008
    • Internaute 24846
      à Lille

    C’est quand même incroyable le nombre de gens qui pensent sincérement que nous vivons dans une société, dans un monde, qui rechercherait réellement l’égalité et la liberté de chacun et aurait pour finalité principale « la réussite de tous. »
    Quelqu’un s’est-il demandé ce que la prolifération de ces échanges passionnés d’opinions (et de réglement de compte personnel avec l’instituion) sur une éducation que l’on est par ailleurs en train de démanteler lentement mais sûrement signifiait en termes de manipulation idéologique de masse ?
    C’est à peu près le même phénomène que celui qui consiste à dénoncer les « abus » quand on retire (à soi)la couverture sociale.
    Les jugements pérmptoires et dogmatiques de nombre de particpants sur l’essence du « prof » français est effrayant de suffisance et d’analyse nombriliste de l’intérêt général. Singer l’indépendance d’esprit est une forme de soumission tout aussi misérable que d’autres...

    • JC_le vrai
      JC_le vrai répond à William Tel
      • Posté à 07h16 le 24/05/2008
      • Internaute 40066

      @ William

      Par bonheur vous ne singez pas -par votre propos- une indépendance d’esprit qui fait votre fierté ...et vous ne risquez pas -dans votre humilité- d’être accusé de suffisance, n’est ce pas ?

      Votre jugement -ni péremptoire, ni dogmatique- doit faire merveille, toujours et partout... !

      Bravo !

      • William Tel
        William Tel répond à JC_le vrai
        à Lille
        • Posté à 11h05 le 25/05/2008
        • Internaute 24846
          à Lille

        Votre objection serait pertinente s’il elle ne s’annulait pas d’elle-même, « J.-C. le vrai. »

  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 09h07 le 24/05/2008
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Merci Quetzal 2012, pour la référence du livre de Georges Steiner et le rappel du site Intenet où je vais régulièrement (« Alternative à la constipation de la Pensée »).
    Puis-je utiliser vos lignes , svp, pour les copier dans le forum du Nouvel Obs. Elles sont très justes et sensées ? Je ne le ferai qu’avec votre autorisation sans inscrire votre pseudo. ? MERCI de me répondre.
    –––––« lecture du passionnant bouquin de Georges Steiner : “Maîtres et Disciples” où il réfléchit sur ce que signifie enseigner et où il analyse les différentes phases du processus jusqu’à l’ltime étape, ce qu’il appelle “la trahison”...

    Il paraît évident que nombre de néo-titulaires (et même d’anciens) manquent sérieusement de pédagogie et ce n’est certainement pas les inspecteurs académiques (en venant assister à une heure de cours qui sont en mesure de dire s’ils sont de bons profs ou pas, le problème étant que la majorité des profs ont toujours été des “forts en thème” des “premiers de la classe” et n’ont jais eu aucune espèce d’aversion pour le système éducatif, or il est nécéssaire d’ avoir pris, à un moment, un certain recul et sorti le nez des manuels scolaires tout simplement parce que l’école pour parapphraser Jules Ferry ne doit pas servir à gaver mais à donner faim.

    L’école est un des derniers bastions à même d’éveiller la curiosité chez les jeunes, et partant, leur culture. »
    A bientôt.

    • Network 23
      Network 23 répond à framboise92
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 15h58 le 24/05/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Il n’y a pas de droit d’auteur sur des propos librement publiés sur des forums ; le droit de propriété cède devant les exigences de la liberté d’expression.

      A titre d’indication sommaire : Lien

  • Victor Kaplan
    Victor Kaplan
    enseignant
    • Posté à 11h02 le 24/05/2008
    • Expert 4445
      enseignant

    Pour savoir si les concours sont justes, s’ils sont nécessaires, s’ils sont démocratiques, il faudrait comparer avec d’autres établissement d’enseignement, qui ne dépendent pas de la Fonction Publique Nationale. Prenons les écoles d’art territoriales. Il existe effectivement un concours et une liste d’aptitude. Des appels à candidatures sont lancées par les municipalités en fonction des postes à pourvoir. la quasi-totalité de ces postes sont attribués à des personnes n’ayant pas passé la concours ni même des titulaires demandant leur mutation. L’immense majorité des lauréats sont embauchés comme vacataires et régularisent ultérieurement via les concours internes. Ceci a l’immense avantage de laisser les mains libres aux directeurs, qui choisissent qui ils veulent comme ils veulent. Lors des sélections, le jeu consiste donc à savoir si l’appel à candidatures est pipé ou non.

    Ce système a aussi l’immense avantage de bloquer les mutations (sachant qu’un enseignant au delà de 45 ans est un vieillard dont personne ne veut) et de conserver un volant d’enseignants précaires parfaitement soumis aux directions.

    On en déduit la qualité des rapports professionnels et humains dans ce type d’établissement.

  • kaka
    kaka
    (dans le oueb)
    • Posté à 11h38 le 24/05/2008
    • Internaute 42450
      (dans le oueb)

    Avant même le problème du concours qui privilégie le savoir à la pédagogie, il y a un gros problème d’orientation.

    Pour ma part, j’ai suivi des études de lettres parce que ça m’intéressait, tout simplement ; le leitmotiv des profs c’était « attention, pour le capès il faudra savoir ci ou ça », « vous n’avez pas le niveau pour l’agrég », ou bien « untel est tellement bon qu’il pourra tenter le concours de l’agrèg » etc...
    Au secours ! ! je ne voulais pas être prof ! mais tout nous y guide, devenir prof revient à suivre le courant dominant. Les profs que nous avions en face de nous ne connaissaient que ce monde là, comment pouvaient-ils parler d’autre chose ?

    Je suis donc convaincu que de nombreux profs n’ont pas souhaité l’être mais ont gentiment suivi la masse. Ça pose ensuite des problèmes de motivation et quand on est prof ça ne pardonne pas, car les élèves le sentent tout de suite...

    Après l’autre problème, c’est qu’une fois prof, il me semble qu’il est extrêmement difficile d’en sortir, les compétences acquises sont difficilement exploitables dans d’autres secteurs...

    • Dave Feng
      Dave Feng répond à kaka
      • Posté à 11h53 le 24/05/2008
      • Internaute 27954

      1/ Le problème de l’orientation vers les concours est réel. C’est en partie lié à l’absence d’autres débouchés. Et c’est aussi lié à un problème de structure que les enseignants du supérieur oublient hélas trop souvent. Pour qu’un département existe, il faut qu’il y ait pas mal d’inscrits chaque année. Si on explique aux élèves : « bon, désolé, il y a un débouché majeur, l’enseignement, et la majeure partie d’entre vous n’y arrivera pas, même si vous faîtes un cursus de 5 ans ». - Et bien les effectifs s’effondrent, ce qui dit, plus de recrutement, plus de financement, etc... Donc, on n’en parle pas.

      2/ Pour ce qui est de la reconversion, là, il me semble, comme on dit, que le problème est plus du côté de la volonté que de l’entendement. Je ne dis en aucun cas que les enseignants sont de mauvaise volonté. Je soutiens que l’ensemble du système (et leur propre employeur) leur fait croire, à des fins de contrôle social, qu’ils ne valent rien sur le marché de l’emploi. Le personnel encadrant tient ainsi un discours schyzophrène. D’un côté : ami prof, tu es l’élite de la République, tu es en première ligne, tu es le savoir et la noblesse. D’un autre côté : ami prof, ne t’avise pas de nous fausser compagnie, car, dehors, c’est l’enfer, tu n’y survivras pas, tu te condamnes au déclassement, à la pauvreté, au suicide social ! - C’est une bonne façon de mater les vélléités de rébellion des profs qui serainet mécontents de leur carrière.
      Le blocage ne vient donc pas des compétences des profs : les profs ont des capacités d’analyse, de synthèse, de rédaction, de communication - ils savent faire preuve d’autonomie tout en ayant une notion de travail d’équipe. Et ils savent apprendre. Cela en fait des travailleurs de grande qualité. (il peut y avoir des résistances dans le monde du travail, mais c’est autre chose).

      • Network 23
        Network 23 répond à Dave Feng
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 16h02 le 24/05/2008
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        Soulignons qu’a contrario, nombre de gens se reconvertissent, la trentaine passée, dans le métier de prof.

  • einna
    • Posté à 11h59 le 24/05/2008
    • Internaute 6227

    il y a les concours, les connaissances, le savoir de l’enseignant mais il y a aussi la pédagogie. Pourquoi fait-on le choix de vouloir enseigner ? que cherche t-on à transmettre et comment ?
    Je ne sais si la pédagogie peut être apprise ou si elle ne fait pas partie -ou non- de la postion de l’enseignant comme sujet. Il y a aussi la question de l’autorité mais cette autorité n’est-elle pas dépendantde de la pédagogie, du mode d’enseignement, du lien à l’autre, l’élève.
    il est parfois sidérant d’entendre le discours porté sur leurs élèves par des enseignants qui n’ont aucun recul sur leurs méthodes, leurs capacités. un enfant apprend parce que l’autre l’a intéressé, a valorisé son désir de savoir et l’a guidé en adoptant à l’enfant une méthode. Bien souvent, on demande à l’enfant de se soumettre à un carcan méthodologique.
    ce débat qui me paraît être tout aussi important que la niveau de recrutement, le salaire, la hiérarchie, est bien souvent tabou. Pourquoi ne peut-on pas dire que l’enseignement en s’adressant à des sujets, enfants, adolescents, adultes, est une interaction subjective qui a des effets (il suffit de relire pour celà paroles d’élèves publié il y a quelques années ).
    et la qualité de la relation subjective enseignant-élève ne peut être mesurée par aucun concours : agreg , capes...
    il y a des enseignants pédagogues mais pas tous !

    • JC_le vrai
      JC_le vrai répond à einna
      • Posté à 17h16 le 24/05/2008
      • Internaute 40066

      Pas assez de remise en cause des enseignants sur eux-mêmes ...pas assez de possibilité de contre pouvoir...

      Sans vouloir dramatiser, le système actuel me semble étouffant.

      • William Tel
        William Tel répond à JC_le vrai
        à Lille
        • Posté à 11h08 le 25/05/2008
        • Internaute 24846
          à Lille

        Bel exemple de jugment qui n’a rien de péremptoire, en effet !

  • ogareff
    • Posté à 12h51 le 24/05/2008
    • Internaute 26906

    En tout cas, Darcos doit se régaler du débat sur l’équité entre certifiés et agrégés. Une fois que tout le monde sera bien convaincu du scandale que constitue la différence de traitement pour effectuer le même boulot, que croyez-vous qu’il va arriver ? Mettra-t-il les certifiés à 15h avec un salaire d’agrégé ? Bien sûr que non, en toute bonne conscience, et avec les applaudissements de la foule, il mettra les agrégés à 18 avec salaire de certifiés. Résultat : les certifiés ne seront pas plus avancés, les agrégés l’auront dans l’os (ils auront passé un concours dix fois plus dur pour rien) et le gouvernement pourra se frotter les mains - comme d’habitude il aura fait des milliards d’économies sur le dos des salariés. Au nom de l’équité, bien sûr. Le crime parfait, quoi.

    • Dave Feng
      Dave Feng répond à ogareff
      • Posté à 13h50 le 24/05/2008
      • Internaute 27954

      Ce serait un crime parfait. Et on peut se demander s’il ne faut pas ne pas éviter d’attirer l’attention de nos concitoyens sur des problèmes secondaires - sans doute faut-il plutôt encourager les citoyens à parler de quelque chose de plus fondamental comme le rôle de l’école.

      Cette précision faite, nous sommes ici entre riverains. Et la question certifiés/agrégés est secondaire, mais pas sans importance et, entre nous, on peut la discuter. Elle a son importance car il y a souvent une mauvaise gestion des carrières des serviteurs de l’Etat. Et on voit des agrégés faire des tâches pour lesquels ils ne sont pas formés et où toutes leurs capacités en sont pas emmloyées.

      Pourquoi ne pas imaginer un système avec deux concours, l’un pour le collège, avec un accent plus fort mis sur la pédagogie, et l’autre concours pour recruter les enseignants de lycée ? On leur donne le même salaire (celui des agrégés d’aujourd’hui), mais peut-être moins d’heure pour ceux qui enseignent en lycée, puisque le travail de préparation et de correction est plus important.

      • ogareff
        ogareff répond à Dave Feng
        • Posté à 14h12 le 24/05/2008
        • Internaute 26906

        Pourquoi ne pas imaginer un système avec deux concours, l’un pour le lycée l’autre pour le collège ? Pour une raison simple. Ce que vous dites reviendrait de facto à réserver le collège aux certifiés et le lycée aux agrégés ou peu importe comment vous appelez ça, puisque vous suggérez de changer le nom mais pas le statut (même salaire et moins d’heures qu’au collège.) Je suis pour sauf que jamais le gouvernement ne consentirait à une mesure aussi dispendieuse : il faudrait considérablement augmenter le coût des enseignants de lycée car cela reviendrait à tripler le nombre d’agrégés (ou assimilés) puisque je vous rappelle que la majorité des profs de lycée aujourd’hui sont des certifiés (donc moins payés avec une charge de travail plus grande.) Je suis sûr que votre proposition intéressera beaucoup Darcos ! D’ailleurs, soyons réaliste, aucun gouvernement ne consentirait à un tel effort financier. On est pas en Suisse ! (salaire de tout prof titulaire en début de carrière : 5000 euros. En France : 1400. Ca laisse rêveur...)

         
        • Dave Feng
          Dave Feng répond à ogareff
          • Posté à 14h15 le 24/05/2008
          • Internaute 27954

          Bon bah, autant pour moi. Loin de moi l’idée d’aider Darcos. Mais il est vrai que ce que je suggére n’est sans doute pas très réaliste.

          • Network 23
            Network 23 répond à Dave Feng
            identité perdue dans mes papiers (...)
            • Posté à 16h10 le 24/05/2008
            • Internaute 23367
              identité perdue dans mes papiers (...)

            Le fait d’avoir devant nous un gouvernement néolibéral et conservateur qui parachève la politique décidée à Bruxelles (pour l’enseignement supérieur, processus de Bologne et maintenant LRU qui menace la recherche en France) ne doit pas nous empêcher de débattre et d’imaginer des solutions alternatives.

            A titre d’exemple, quand Philippe Van Parijs théorisait dans les années 1980 une théorie de la justice impliquant une allocation universelle (revenu garanti universel), on ne pouvait pas dire que la conjoncture s’y prêtait.

            15 ans après, le gouvernement Lula décide de le mettre en place au Brésil, et la Banque mondiale a même envisagé un dispositif similaire pour l’Irak (cf Lien).

            Les idées, c’est comme l’éducation : on plante des graines, après c’est aux forces sociales de les arroser !

            • ogareff
              ogareff répond à Network 23
              • Posté à 16h24 le 24/05/2008
              • Internaute 26906

              Oui bien sûr, vous avez raison, je suis juste écoeuré, découragé et très pessimiste sur l’avenir de l’Education nationale : ça ne fonctionne pas, et tout est fait pour que ça empire. Je ne sens aucune imagination ni volonté de la part des décideurs pour VRAIMENT réformer le système, c’est-à-dire l’améliorer, pas le détruire méthodiquement.

              • Network 23
                Network 23 répond à ogareff
                identité perdue dans mes papiers (...)
                • Posté à 17h22 le 24/05/2008
                • Internaute 23367
                  identité perdue dans mes papiers (...)

                Je vous rejoins sur tout, sauf un point : l’imagination et la volonté doit venir de nous, et nous devons imposer nos volontés aux « décideurs ». Plus facile à dire qu’à faire ; -)

        4 autres commentaires
  • bloqué le 24.09.09
    • Posté à 12h56 le 24/05/2008
    • Internaute 25106

    La formation des professeurs du secondaire, tout comme leur recrutement est à revoir entièrement.

    Se demander aussi s’il ne faudrait pas que les profs puissent de temps en temps changer d’activité, faire autre chose temporairement ou définitivement. Parce que c’est un métier passionnant mais usant. Il faudrait qu’ils puissent se ressourcer et même partir s’ils n’ont plus l’envie.

    Mais il m’a été dit qu’il y a un lobby extrêmement fort et rigide dans ce secteur celui des inspecteurs d’académie. Indéboulonnable il parait.

    • Network 23
      Network 23 répond à bloqué le 24.09.09
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 16h16 le 24/05/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Vu les conditions dramatiques de l’enseignement actuel (inégalités territoriales, sur-effectifs, dévalorisation de certaines filières et de certains métiers, eux-mêmes soumis aux impératifs de productivité - comment rendre attrayant les métiers du bois, où oeuvrent nombre de passionnés, quand leurs compétences sont utilisées à faire du contre-plaqué ? , destruction de la recherche via la loi LRU qui finit d’achever certaines filières, problèmes de logement et de précarisation générale, etc), n’est-il pas illusoire de croire que l’avenir de l’école repose seulement sur la formation et le recrutement des profs, fût-il à revoir comme on le répète depuis 1850 ?

    • JC_le vrai
      • Posté à 17h21 le 24/05/2008
      • Internaute 40066

      Cette idée d’échange est capitale !

      Passer du monde de l’entreprise au service public, et vice versa, est une piste sérieuse ...

      Je la vois rapidement rejetée, pourtant ...

      • Network 23
        Network 23 répond à JC_le vrai
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 17h32 le 24/05/2008
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        Peut-être ? C’est beau sur le papier.

        Vous proposez quoi, que les profs deviennent managers quelque temps, les infirmières faisant un stage de prof, de même que les business-man ?

        On demande déjà aux profs d’assurer des cours en-dehors de leur matière, y a déjà des profs qui bossent dans le privé...

        On en reste à l’opposition secteur public/secteur privé, comme si la clé d u problème se trouvait là.

        En fait, c’est marrant parce que ce genre de discours reprend celui des maos établis... On va donc voir des anciens établis intégrer des commissions pour proposer la mobilité professionnelle ?

        Un p’tit coup de flexibilité, vous en reprendriez bien encore ?

  • coraliedd
    coraliedd
    retraitée ET très intéressée (...)
    • Posté à 18h39 le 24/05/2008
    • Internaute 13483
      retraitée ET très intéressée (...)

    La formation en IUFM n’apprend nullement aux étudiants à gérer des relations humaines, donc à faire passer un savoir.
    La formation donnée à des étudiants ayant déjà un niveau scolaire suffisant ne fait que les scléroser, les infantiliser. Lorsqu’on traitera ces étudiants (déjà largements majeurs) comme des adultes et qu’on leur démontrera qu’ils doivent s’intéresser aux relations humaines, à la gestion du groupe classe et non à la méthodologie (qui se transforme en fait en carcan), cela sera peut-être plus valorisant et productif.

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 19h44 le 24/05/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    Il y a dans tous ces commentaires une somme d’aigreurs et de ressentiments qui en dit long sur l’état du corps et de l’esprit enseignant...

    Il est ridicule de comparer certifiés et agrégés « qui-font-le-même-travail-mais-sont-pas-payés-pareil » ». Tout le monde sait que l’agrégation est beaucoup plus difficile que le Capes. Il n’y a aucun scandale dans le fait que les agrégés soient mieux payés et aient moins d’heures de service. On a envie de dire que c’est la moindre des choses !

    Personne ne voit d’objection à ce qu’un médecin spécialiste soit mieux payé qu’un généraliste.

    Il faudrait d’ailleurs nuancer : un Capes de philo, par exemple, c’est aussi beaucoup plus dur qu’un Capes de physique ou de mathématiques, où le concours prend plutôt des allures d’examen, il suffit de consulter les pourcentages de reçus par rapport au nombre de candidats... Discipline par discipline, le niveau de compétence et de sélection n’est pas le même.

    Quant à dire que la pédagogie serait une « science » ( !) ou mieux une « technique » ( ! !), on croit rêver... Je croyais que ce genre de scientisme besogneux avait disparu avec les derniers positivistes...

    La pédagogie est un art, et toutes les cuistreries cognitivistes de nos Trissotins d’IUFM n’y pourront rien.

    D’où l’hypocrisie sous-jacente au discours concoursophobe :

    Il faudrait remplacer l’évaluation des connaissances par l’évaluation des compétences pédagogiques.

    Comme si la pédagogie d’une discipline ne nécessitait pas la maîtrise de cette discipline !

    Comme s’il existait une « pédagogie générale » permettant à des ignorants d’enseigner ce qu’il ne connaissent pas...

    La « compétence pédagogique », ça ne peut pas s’évaluer. Parce que ça n’existe pas.

    Il n’y a pas de didactique générale.

    En revanche, on peut toujours évaluer des connaissances, un niveau de maîtrise, etc.

    Donc, les concours, c’est un peu comme la démocratie : le moins pire des systèmes de recrutement.

    • coraliedd
      coraliedd répond à Bardamu
      retraitée ET très intéressée (...)
      • Posté à 17h18 le 25/05/2008
      • Internaute 13483
        retraitée ET très intéressée (...)

      Bien sûr le concours avec évaluation de connaissances est la solution de facilité pour évaluer un « niveau » et, comme vous le dites si bien la pédagogie n’est pas une science, donc on ne peut, selon vous, l’évaluer !
      Je m’inscris en faux : on peut avoir un très bon niveau de connaissances (j’ai connu des profs de math hyper calés) et être incapable de faire passer son savoir.
      Donc tant qu’on se bornera à évaluer et surtout à enseigner des connaissances en négligeant totalement l’aspect « humain » on aura les mêmes problèmes de profs démotivés et incapables de faire passer leur savoir !
      La grande révolution de l’IUFM devrait être une révolution « humaniste » qui prenne en compte la relation enseignant-élève et la gestion du groupe.
      Si on travaille avec de l’humain le minimum, me semble-t-il, est de baser les relations sur le contact humain et la gestion de ce contact. Comment voulez-vous qu’un étudiant du jour au lendemain sache gérer une classe et enseigner son savoir alors qu’il vient de passer X années de solitude dans la position de l’élève....

      • William Tel
        William Tel répond à coraliedd
        à Lille
        • Posté à 23h05 le 25/05/2008
        • Internaute 24846
          à Lille

        si « on peut avoir un très bon niveau de connaissances et être incapable de faire passer son savoir », il est impossible de faire passer quoi que ce soit si on ne connaît rien, ou pas suffisamment.

        « Donc tant qu’on se bornera à évaluer et surtout à enseigner des connaissances en négligeant totalement l’aspect humain », je pense que nombre de professeurs apprécieront...

        « La grande révolution de l’IUFM devrait être une révolution “humaniste” qui prenne en compte la relation enseignant-élève et la gestion du groupe » ; vous confondez humanisme et management, qui ne font pas bon ménage.

         
        • coraliedd
          coraliedd répond à William Tel
          retraitée ET très intéressée (...)
          • Posté à 08h34 le 26/05/2008
          • Internaute 13483
            retraitée ET très intéressée (...)

          Je ne m’adresse pas aux profs mais aux « formateurs » de futurs profs lorsque je critique le manque de formation aux contacts humains.
          Je ne vois pas pourquoi le mot « mangement » serait un « gros » mot réservé à l’exploitation et à la gestion dans ce qu« elle a de pire. Il suffit de rendre à ce mot le sens de : gestion pour une meilleure efficacité des relations humaines et alors d’y appliquer les recettes qui feraient qu’on atteindrait cette efficacité en prenant comme élément principal l’humain.
          Peut-être êtes-vous prisonnier de la “pensée unique” actuelle qui veut que “management” = loi du marché et rentabilité maximum au détriment de l’humain.
          Quant à moi je pense que des gens de bonne volonté peuvent arriver à comprendre que le management considéré de cette façon nous rabaisse au rang de machines sans conscience donc incapables de s’occuper de l’avenir et surtout de nos jeunes.

        1 autres commentaires
  • martha
    martha
    Enseignante à la Réunion
    • Posté à 19h49 le 24/05/2008
    • Expert 5945
      Enseignante à la Réunion

    Entièrement d’accord avec vous ( sauf pour le « dévouement » , notion ambiguë qui serait propre aux Professeurs des E ?).
    Les concours ou encore les examens professionnels permettent e neffet une remise en marche intellectuelle, quand on les passe après avoir enseigné plusieurs années, et alors ils accompagnent une évolution personnelle.
    Et puis, il y en a qui sont plus pratiques ou plus théoriques : un CAFIPEMF n’a rien à voir avec un doctorat en sciences de l’éducation.
    Quant aux différences de statut dans un collège par exemple : Pegc, capétiens, PLP ou instits en SEGPA,agrégés ( on n’en trouve pas beaucoup en collège), contractuels et vacataires ( parfois pendant des années) assistants pédagogiques... elles me choquent moins que les différences de conditions de travail au sein d’un même établissement : nombre de classes en charge allant de 3 pour un prof de français à 20 pour un prof d’art plastiques , certains ont leur salle de classe , leur armoire, leur matériel,alors que d’autres errent de salle en salle chargés comme des bourricots , les nouveaux ont les élèves terribles et les emplois du temps en gruyère et les anciens les « bonnes “ classes avec de bons emplois du temps ,certains ont des heures sup d’autres rien... Evidemment , le statut entraine telle rémunération et tel nombre d’heures devant les élèves mais chacun peut néanmoins tenter un concours ( ou examen) en cas d’insatisfaction, et les règles du jeu sont claires.
    Les règles paraissent beaucoup plus arbitraires pour les conditions de travail

    • Alain Provist
      Alain Provist répond à martha
      • Posté à 16h19 le 25/05/2008
      • Internaute 19517

      Je vous concède que le dévouement n’est pas spécifique aux professeurs d’école. Dans mon esprit, c’était une façon de rendre hommage au travail de ces enseignants, notamment par rapport au temps passé à l’école (+ activités extra-scolaires)qui n’est pas reconnu et rémunéré à sa juste mesure.

  • martha
    martha
    Enseignante à la Réunion
    • Posté à 20h37 le 24/05/2008
    • Expert 5945
      Enseignante à la Réunion

    La réaction ci-dessus est liée au commentaire d’alain provist de 20 h 34

  • JC_le vrai
    • Posté à 09h24 le 25/05/2008
    • Internaute 40066

    @tous&toutes, aux rebelles de clavier ...

    Faisons le point, définitivement :

    Il se trouve que je finis par manquer d’air sur Rue 89 !

    La vie réelle me reprends et je me laisse faire avec joie.

    En route définitive pour le Vietnam !

    Adieu et bonne chance à tous...

  • Boudjellal
    Boudjellal
    Ingénieur-patron de pme
    • Posté à 14h20 le 25/05/2008
    • Internaute 42517
      Ingénieur-patron de pme

    trop de combine ! j’ai enseigné en tant que membre du CNRS à l’université Paul Sabatier de Toulouse, le constat est accablant ! face a la limite des postes le recrutement est basé non sur le concours mais sur dossier et devant une commission constitué à 100% d’enseignants en postes et de membres de grandes écoles ! ! ! ! ! inutile de dire que les fils de... ou copains de ... sont prioritaires ! ! ! ! cette année c’est moi qui choisi, l’autre toi etc... qu’elle démocratie, l’éducation nationale ascenseur sociale ! ! ! je baisse les notes de ce DEA et je monte celle de ton fils, il fera donc cette thèse, en échange tu me donnes un peu d’argent de ton contrat pour mes recherches en me mettant dans tes besoins de personnels ! ! ! ! de plus une enseignant sort de l’école pour renter à l’école ? et pourquoi pas une obligation de cinq années dans le civil avant de pouvoir intégrer cette corporation ? peut-être qu’ils seraient enfin de quoi ils parlent et posséderaient une base de comparaison sérieuse ! et n’oublie t’ont pas dans la comparaison de revenus la possibilités de prêts à taux zéro, d’assurances aux rabais, de facilités de caisse....

  • Victor Kaplan
    Victor Kaplan
    enseignant
    • Posté à 14h14 le 26/05/2008
    • Expert 4445
      enseignant

    Dix mille fois d’accord avec vous. J’ai connu d’autres systèmes d’éducation, à l’étranger, où il s’agissait de démocratie, de responsabilité individuelle et collective, de prise en charge par les enfants de leur école. Bref de « former » des citoyens. La France n’a jamais voulu cela. Ici, il faut apprendre le respect de la hiérarchie, l’obéissance.
    Un exemple, ma fille de huit ans photocopié 135 feuilles (une par élève) portant les questions suivantes :
    - Qu’est-ce que tu aimerais changer à l’école ?
    - Qu’est qu’il faudrait en plus ?
    - Qu’est-ce qu’il faudrait en moins ?
    - Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ?
    Elle a demandé à la directrice l’autorisation de les distribuer. La directrice a jugé ce que ce pourrait être dangereux. Ce n’est pas une blague.
    Avec une telle éducation, qui découle strictement de l’idéologie française et dont l’éducation nationale n’est que l’instrument, on obtient ces fameux veaux dont parlait De Gaulle. On obtient cette république monarchique, cette économie flagada, etc...
    Mais pour changer ça...
    Pour ma part, je n’y crois plus

    • Victor Kaplan
      Victor Kaplan répond à Victor Kaplan
      enseignant
      • Posté à 14h21 le 26/05/2008
      • Expert 4445
        enseignant

      PS : erreur de manipulation, ce message était une réponse à Dave Feng, quelques kilomètres plus haut

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