TRIBUNE 05/07/2007 à 14h10

Biocarburants : un prix du pétrole élevé signifie moins à manger


Chaque fois que nous faisons un arrêt à la station-service, nous réalisons que le prix mondial du pétrole a des conséquences directes sur notre portefeuille. Mais nous ne réalisons pas forcément les conséquences directes sur les pauvres de la planète, qui souffrent de la faim et qui dépendent de l’aide alimentaire.

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a vu ses opérations souffrir ces derniers mois à cause de l’instabilité des prix du pétrole. Le prix élevé du pétrole pour le transport et une demande accrue pour la production des biocarburants a mis une pression considérable sur le budget du PAM, qui distribue de la nourriture à près de 90 millions de personnes les plus pauvres dans 80 pays.

Avec la question brûlante du réchauffement climatique, la transformation vers les biocarburants est présentée comme la nouvelle poule aux œufs d’or qui apporterait une solution gagnante pour le climat, les fermiers pauvres et les automobilistes. Mais cette approche engendre une montée excessive du prix des céréales. Devons-nous donner la priorité aux millions d’automobilistes ou aux millions de gens qui souffrent de la faim dans le monde ? La demande croissante de pays comme l’Inde ou la Chine en céréales s’ajoute aussi à la problématique du transfert vers les biocarburants.

L’ensemble de ces facteurs a provoqué ces dernières années une montée en flèche des prix, du maïs en particulier, mais aussi d’autres céréales comme le blé et le riz. Dans les pays les plus pauvres, où certaines familles consacrent près de 90% de leurs revenus à se nourrir, la plus infime des variations à la hausse des céréales a de graves répercussions sur leur capacité à se nourrir à peu près normalement.

L’exemple du soja, très utilisé par le PAM dans ses distributions d’aide alimentaire dans le monde, est très parlant quant aux problèmes auxquels font face les pays en développement et le PAM. Une tonne de haricots de soja coûte aujourd’hui deux tiers de plus qu’en 2002 et l’huile de soja a doublé de prix. La demande accrue pour la production de biocarburants ne peut qu’aggraver ces tendances et les conséquences sur les pays les plus pauvres.

Mais quelle que soit la cause de la montée des prix des céréales, ses implications sont multiples. Avec le gonflement des prix et le nombre de personnes souffrant de la faim qui ne diminue pas, des organisations comme le PAM font face à des défis de taille dans la conduite de leurs opérations. Le prix élevé des céréales signifie que, pour un même budget, moins de nourriture peut être achetée, donc moins de gens être nourris.

Déjà, en décembre 2006, 90000 enfants pauvres dans le monde ont dû être privés de nourriture par manque d’argent. Maintenant ce sont 70000 Cambodgiens, incluant des patients suivant des traitements contre le VIH/SIDA et la tuberculose, qui font face à la même menace. En Zambie, en raison du prix des produits agricoles et du manque de crédits, le PAM a dû aussi réduire ses opérations. Ainsi des dizaines de milliers de Zambiens ont un accès limité à l’aide alimentaire du PAM. Sans une aide alimentaire, ces familles, qui sont dans l’impossibilité de payer un prix élevé pour se nourrir, doivent vivre la faim au ventre.

Les projections de croissance de production des biocarburants pourraient compromettre la disponibilité de la nourriture et ses prix pourraient avoir pour effet de rendre encore plus vulnérables les plus pauvres sur cette planète. Le PAM est essentiellement financé par des contributions volontaires des gouvernements et du secteur privé. Les défis d’une pression accrue sur la production agricole et les conséquences sur les prix non résolus forcent les organismes de lutte contre la faim à devoir ajuster leurs financements à la hausse.

Il est donc important que les donateurs revoient leurs contributions en conséquence afin de faire face aux besoins urgents. Ces fonds supplémentaires permettront de répondre à la demande le temps que les économies s’ajustent et que la pression sur la production de maïs se relâche par le développement de nouvelles méthodes de production de biocarburants à partir de produits non alimentaires.

*Directrice à Paris du Programme alimentaire mondial des Nations unies.


A lire :
Le leurre des biocarburants
La réaction d’un internaute de Rue89.

A lire :
Pour « l’après-pétrole », les biocarburants sont un leurre

  • 7933 visites
  • 36 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Anonyme

    oui, créer des richesses, c’est produire de la pauvreté. merci, martha de le rappeler ici.
    ce qui est navrant, c’est que le gaspillage dont vous parlez- la clim les portes grand ouvertes-, est le fait de semi-nantis qui s’apauvrissent pour rien, juste pour faire comme si la pauvreté était ailleurs et ne les concernait pas. il va falloir faire beaucoup d’efforts individuels pour faire cesser le gaspillage, et seulement selon ce processus, lorsque les nantis que nous sommes comprendront que le richesse et la pauvreté sont siamoises, nous pourrons envisager de renverser la course folle du monde. est ce que ce sera suffisant ?
    peut être pas, mais ...
    C/

  • Anonyme

    pour avoir 1 idée de l’ensemble du probleme : voir oleocene.org.

  • Anonyme

    Mieux vaut trop tard que jamais pour découvrir que les biocarburants sont une arnaque et que le système industriel de consommation de masse, non seulement court à sa perte mais aussi à la notre. Il y a trente ans on parlait déjà d’aliénation.

    À LIRE un article de Marie Bové
    Lien

  • Anonyme

    Parce que manger du colza,ou des tourteaux de colza, boire de l’huile apauvrirait encore plus les pays pauvres ? Vous rigolez ou quoi.Cela aurait un impact surtout pour les multinationales qui ne s’y retrouveraient plus.Mais les tourteaux de colza peut nourrir les animeaux et cela eviterait d’importer du soja transgenique.Alors les multinationales freinent des quatre fers et nous racontent n’importe quoi ! ! ! ! !

  • Anonyme

    Quoi qu’il arrive, il y aura toujours des gens pour faire de l’argent sur le dos des autres. Augmenter les dons, c’est envoyer de l’argent directement dans la poche des pétroliers sans que ceux qui crèvent de faim reçoivent plus. Les habitants des pays riches sont pris en otage et on les culpabilise.
    Tout le monde, ou presque, a envie d’aider les pays pauvres, mais pas d’augmenter les bénéfices des multinationales.
    Si ce n’est pas le prix du pétrole qui augmente, c’est celui des céréales, on n’en sort pas.

    Si on payait à leur juste prix les matières premières qu’on achète aux pays pauvres en empêchant que ce soient leurs dirigeants qui se servent sur les bénéfices pour les mettre sur des comptes en Suisse, cela se passerait déjà mieux.

    Depuis des décennies, on distribue des aides alimentaires au lieu de fournir aux habitants de ces pays les moyens de parvenir à l’auto-suffisance. Tout ça ne tient pas debout.

    Depuis des décennies, l’occidental moyen passe son temps à mettre la main à la poche et on ne voit rien changer, si ce n’est en pire. Les ONG prolifèrent et prospèrent de partout et on n’arrête pas de nous dire que rien ne va mieux.

    Alors, la vraie question est « Où passe tout cet argent ? » Dans quelles poches va-t-il au lieu de servir à former les gens, à les rendre autonomes et indépendants des aides ?

  • Anonyme

    Il est vrai que la montée des prix du pétrole, si elle a permis de résoudre le fameux problème des soit disant « surplus » agricoles a aussi posé un nouveau problème : comment un organisme comme le PAM pouvait apporter de l’assistance aux populations dans des situations d’urgence ?

    Cependant, sur le long terme, la montée des prix du pétrole et donc la montée des prix des céréales constituent, je crois, une véritable chance pour une grande partie des populations des 80 pays dépendants du PAM aujourd’hui. En effet, dans un monde où la pauvreté reste majoritairement rurale, les prix extrêmement bas des denrées agricoles avaient des effets dévastateurs pour des petits paysans forcément moins compétitifs que les agriculteurs européens ou américains, ces derniers étant de plus subventionnés. Or avec la montée des prix, il y a non seulement une chance de voir disparaitre ces primes qui faussaient le marché (parce que les pris de marché sont suffisants pour garantir des réformes politiquement acceptables pour ces agriculteurs des pays développés) mais aussi de voir s’établir des prix rémunérateurs pour tout le monde (et donc aussi pour les plus pauvres). Or je pense que ces prix rémunérateurs ils constituent une aide plus sure et plus déterminante que l’acheminement de denrées produites ailleurs via le PAM.

    Reste en effet le problème des populations des pays en guerre. Vu l’entêtement de Etats Unis à écouler leurs derniers surplus via l’aide alimentaire directe, cela ne devrait il pas trouver une solution ?

    • Anonyme

      Ce raisonnement me semble intéressant mais je n’y crois pas.
      On voit très bien sur le terrain que lorsque les prix augmentent, ce sont les spéculateurs qui empochent la différence ! ! ! Les petits producteurs eux sont très souvent en situation de dépendance et ne sont pas informés de l’évolution des cours.
      Ils vendent aux camions qui passent 1 fois par récolte sur la piste et soit ils vendent au prix proposé, soit ils prennent le risque que leur récolte soit perdue. Dure loi du marché ! Le moins formé et informé perd toujours ! ! !
      Derrière ce sont les intermédiaires qui spéculent, retiennent les stocks et bénéficient de la hausse des prix.
      Ce n’est pas parceque les prix augmentent pour le consommateurs que le producteur est mieux payé.
      C’est toujours la même question : Qui est le gros malin qui se gave sur le dos des autres ? Et comment réguler ces pratiques qui sont la base du capitalisme libéral !

  • Alexad
    • Posté à 01h48 le 05/07/2007
    • Internaute 8145

    Avec la montée des prix des céréales, c’est Monsanto qui va croître et embellir ! Quant aux biocarburants, les stés comme Total ne les laisseront pas aller dans d’autres mains que les leurs.

  • Anonyme

    On ne parle jamais des compagnies d’aviation dans le cortége des plollueurs de la planéte pourquoi ?
    Jean marc de Paris 17

  • Anonyme

    Programme Alimentaire Mondial
    27, avenue de l’Opéra
    75001 Paris
    France
    Téléphone : 33-1-70-38-53-30 Fax : 33-1-70-38-51-51

    Directrice

    Mme Cécile Sportis
    Téléphone : 33-1-70-38-53-30
    cecile.sportis@wfp.org

    Assistante de direction

    Mlle France Eparvier
    Téléphone : 33-1-70-38-53-30
    france.eparvier@wfp.org

    Consultant en communication, stratégie et management

    M. Ludovic de Courtivron
    Téléphone : 33-1-70-38-53-31
    ludovic.decourtivron@wfp.org

    Chargé de l’information

    M. Louis-Etienne Vigneault-D.
    Téléphone : 33-1-70-38-53-33
    louis.vigneault@wfp.org

  • bcbg
    • Posté à 11h41 le 05/07/2007
    • Internaute 2464

    La situation ne va certainement pas s’arranger.
    Actuellement, la Chine possède 70 voitures pour 1000 habitants. En Europe, nous en sommes à 650 voitures pour 1000 habitants. Il n’est donc pas exclu que d’ici 10 ans la Chine en soit à 200 ou 300 voitures pour 1000 habitants. L’impact sur le prix du baril sera multiplié. Certains spécialistes avancent des chiffres effarants comme 200 $ le baril, contre 70 actuellement...
    On présente la filière des Biocarburants comme la panacée dans ce contexte économico-écologico-climatique complexe mais il n’en est rien. En moyenne, les biocarburants ne réduisent les émissions de gaz à effet de serre que de 20 à 25%. Avec l’explosion du parc automobile mondial (Chine et Inde notamment), il est utopique de croire que l’on peut arrêter le réchauffement climatique avec les biocarburants.
    Les vrais solutions dans le secteur automobile sont la pile à combustible et la voiture électrique. Les autres n’ont malheureusement aucun avenir.

    • Anonyme répond à bcbg

      La « vraie » solution, comme vous dites, c’est de diminuer sa consommation de carburant !

      La voiture électrique ? et vous savez d’où elle vient, l’électricité ? fossile et nucléaire. On fait difficilement plus nocif pour la planète, c’est-à-dire pour nos arrière petits-enfants... Ne soyons pas trop égoïstes.
      Pour vous renseigner :
      Lien

  • Anonyme

    Pourtant, il semblerait que des études soient menées pour utiliser les résidus (tiges de mais, pailles de céréales, et déchets organiques comme les boues de stations d’épuration) pour fabriquer de l’éthanol. Ça ne résoud certes pas le problème de la pollution, mais prend en compte les questions évoquées dans cet article.

    Antoine

  • Baptiste_2007
    • Posté à 12h20 le 05/07/2007
    • Internaute 12052

    Je pense qu’il faut voir ce problème de façon plus large et poser les questions suivantes :
    _ Agriculture et pétrole : avec l’augmentation du prix du pétrole c’est toute l’agriculture qui sera touchée (tracteurs, engrais, pesticides…). Nos habitudes alimentaires pèsent directement, et de façon importante sur la consommation énergétique, nous devons donc d’une part changer ces habitudes (moins de viande par exemple qui représente un coup énergétique très important) et commencer à changer nos moyens de production (agriculture biologique et circuit courts pour la distribution ?)
    _ Que nous coûte le changement : tout changement à lui aussi son coût énergétique, nous savons que le prix de l’énergie sera plus important dans l’avenir, commencer à changer aujourd’hui serait donc moins coûteux. Coûteux pour nous occidentaux signifie malheureusement hors de prix pour les autres.
    _ N’oublions pas les autres problèmes : transports et habitat.

    Avant de penser à des solutions comme les biocarburants ou autres énergies dites nouvelles, il faut travailler sur le problème de la surconsommation. Ceci pour dire que nous sommes directement responsables de ces problèmes et que quelques changements dans nos habitudes (rien à voir avec le fait de revenir 2 siècles en arrière) pourrait nous mettre sur la bonne voie et nous permettre de réfléchir à une nouvelle façon de vivre, plus durable.

  • Anonyme

    Le meilleur investissement pour les spéculateurs : La terre agricole !
    Les fermes du middle west américain bientôt aux mains des pétroliers. Et ce n’est qu’un début ! Hier encore nous ne savions que faire des stocks de lait en poudre et de beurre que l’union européenne stockait dans d’immenses frigos. Aujourd’hui ces stocks n’existent plus... Les producteurs de laits français qui partent à la retraite ne sont pas remplacés. L’Italie importe du lait ! La France le fera bientôt. 1 milliard de litre de lait, c’est le déficit de production de la France pour l’année 2006 ! 1,5 milliard de litre de lait, c’est le déficit de production de lait de l’Australie pour l’année 2006 ! Les producteurs de lait états uniens se convertissent en masse au bio éthanol ! Moins de contrainte, plus de rapport ! L’aliment pour le bétail en hausse de 60% en 2007. Quid du prix du poulet et du porc dans les prochaines semaines ! Il est à craindre que les restos du coeur soient semblables cette année aux magasins d’état de l’ex URSS aux bon temps du communisme triomphant ! Le bio carburant sera une catastrophe économique à moyen terme car elle déstabilisera la production industrielle ! Les ménages consacrant une partie beaucoup plus importante de leurs revenus à s’alimenter !
    La bêtise humaine est un puit sans fond !
    Manger ou conduire ! Là sera la question !
    Bébert Cassander.

  • Anonyme

    Bien cela soit peut-être moins grave dans l’immédiat, j’ai entendu dire que même les éleveurs américains avaient du mal à nourrir leur bétail avec du maïs. Ils avaient vu leurs revenus baissés et qu’il commençaient à remplacer le maïs par d’autres produits. Par contre au Brésil le sort des petits agriculteurs c’est amélioré grâce aux biocarburants. Comme d’habitude les choses ne sont pas toutes noires ou toutes blanches. Lier les problèmes d’alimentation au prix des carburants à la pompe est un raccourci un peu facile. C’est faire l’impasse sur les taxes qui s’élèvent à plus de 75% du prix en France. La T.I.P.P. (taxe intérieure sur les produits pétroliers) représente près de 10% des recette fiscales de la France. La supprimer reviendrait à multiplier par deux le déficit du budget, budget qui n’est pas très brillant en ce moment.
    Enfin de compte c’est l’organisation du monde qui est discutable mais rien qu’en France dernièrement 53% des français ont voté pour le maintient de celle-ci. Et les 47% restant ne la contestaient pas fondamentalement. Si c’était le cas cela reviendrait à partager les richesses plus équitablement et donc à en redonner les 3/4 aux pauvres des pays pauvres. Impensable !

    • Anonyme

      Croire que le bio ethanol bresilien serait vraiment « bio » alors que le bio ethanol européen serait une catastrophe idéologique est une bêtise que l’on lit certes beaucoup mais elle n’en demeure pas moins une bêtise.
      D’abord, ce bio ethanol brésilien n’est pas le fait de quelques rares paysans brésiliens (pays qui n’a jamais connu de redistribution des terres agricoles) mais bien le fait de quelques rares latifundiaires souvent européen. Peut être sur Rue89 d’ailleurs, je me souviens d’avoir récemment lu un article qui relatait d’ailleurs comme les conditions de travail des ouvriers dans les plantations de canne à sucre s’étaient dégradées dernièrement.
      Ensuite, le bilan écologique du bio ethanol brésilien , si on ne se contente pas d’un simple bilan climatique (C’est à dire un bilan qui ne prend en compte que l’augmentation ou la diminution des émissions de CO2) est si ce n’est catastrophique, au moins largement discutable. La durabilité d’une filière qui brule systématiquement les pailles de canne (de même que la durabilité de ce qui pourrait devenir les fameux bio carburants « de deuxième génération ») est à l’évidence très limitée. La manière dont on cultive la canne à sucre au Brésil est dangereuse pour les sols et on ne peut pas s’étonner de voir la forêt amazonienne sans cesse reculer si on persiste à faire des louanges de méthodes culturales dangereuses.

    • Anonyme

      Citation :
       »« j’ai entendu dire que même les éleveurs américains avaient du mal à nourrir leur bétail avec du maïs » »
      C’est pour ça que nous devons manger beaucoup moins de viande ! Donner à manger des céréales à des animaux, pour manger les animaux... autant manger les céréales. Moins cruel, meilleur pour la santé et l’environnement.
      Végétariens ! ! !

      • Anonyme

        Ma pauvre chouchoute fragile sensible pas les bêtes, les hommes autant que vous voudrez mais les bestioles.
        Si les hommes avaient été végétariens ils n’existeraient plus. C’est leur régime omnivore qui leur a permis de survivre. Pas de bêtes bouffe des plantes, pas de plantes bouffe des bêtes, simple mais efficace. Seuls les riches sont végétariens les pauvres il bouffe c’qu’ils trouvent. Le choix ne peut venir qu’avec l’abondance. Désolé votre réaction est celle d’un bobo parisien. Vous n’avez plus que le choix qu’entre la droite champagne et la gauche caviar .

         
        • Anonyme

          Je ne suis ni parisien, ni riche, ni même un peu à l’aise, et pourtant j’ai aussi fait le choix de ne plus manger de viande et de consommer un max bio, non pas par mode, mais parce qu’il faut effectivement changer nos modes de pensées primitifs (de pensées primitives et primaires) si on veut pouvoir léguer une planète pas trop pourrie à nos enfant.
          Lire un discours comme celui-ci (con, viscérale et égoiste), me fait penser à ce court extrait de l’entretien avec Deleuze, dans lequel ce dernier définissait l’appartenance à la gauche comme une perception du monde avant une perception de soi. Alors oui à la gauche.

          • Anonyme

            Alors c’est le caviar, bravo !

        • Anonyme

          Stade zéro de la réflexion.
          Vision simpliste, ras des pâquerettes !
          « bobo parisien », « gauche caviar »... clichés archi-répétés, sans fondements.

          Vous essayez de survivre, tous les jours ? vous vous sentez proches de l’homme des cavernes ? d’où, peut-être, votre réaction si buttée...

          Moi aussi j’ai choisi de ne plus manger de viande, par conviction écologique et non-violente. (je ne suis ni parisien ni riche, loin de là...) Et la non-violence va bien au-delà de l’alimentation. C’est un tout, il faut chercher à être cohérents, conscients du monde qui nous entoure (et moins individualistes) : c’est à vous-même que vous faites du mal en soutenant l’agriculture et l’élevage intensifs...

          Pour en revenir aux biocarburants, je pense qu’ils sont un moyen de déculpabiliser les conducteurs, vendeurs et producteurs de grosses bagnoles... mais pas de diminuer notre effet néfaste sur la planète !

          • Anonyme

            Entièrement d’accord !
            signé :

            le courageux anonyme précédent

        4 autres commentaires
  • Bebert Cassandre
    • Posté à 13h16 le 05/07/2007
    • Internaute 11910

    Le bio carburant : Une illusion dévastatrice !
    L’insuffisance alimentaire est aux portes de l’Europe ! Alors vous imaginez ce que se sera dans certains pays d’Afrique, certaines régions de l’Inde ou d’Asie du Sud Est ?
    Les grandes terres à céréales des Etats Unis bientôt sous la coupe des pétroliers.
    Toute l’économie occidentale fragilisée. La politique agricole commune depuis les années 50 était basée sur l’autosuffisance alimentaire. Il ne faut pas oublier que cette auto suffisance est récente. D’aucun pourraient l’oublier.
    Or, en consacrant une partie de la production agricole européenne sur les bio carburants nous allons fragiliser cet équilibre, d’autant qu’il sera plus rentable pour un paysan d’utiliser se terres à la production de céréales destinées à la chimie que de produire du lait ! Qui ne connaît pas les contraintes de l’élevage laitier ne peut comprendre les aspiration du paysan à une vie meilleure !
    Il est à craindre dans les prochains mois que le budget des ménages consacré à la seule alimentation ne double ! Imaginez alors ce qu’il adviendra de la production industrielle !
    La bio énergie, c’est la boîte de Pandore qu’on ouvre ! Les conséquences seront dévastatrices... Quand aux piles à combustibles, ne rêvez pas non plus... A moins que vous ne soyez prêts à accepter l’érection d’une centrale nucléaire près de chez vous ! Car il faudra des centrales nucléaires pour fabriquer de l’énergie « propre » !
    On est dans la merde ! Et vous ne vous imaginez même pas à quel point !

  • Anonyme

    Ne prenez pas cela pour un appel, mais, tant que l’industrie des biocarburants n’est pas encore très développée en France, ce ne serait pas une bonne idée de boycotter ceux-ci ? C’est avant qu’ils innondent le marché qu’il faut se décider.

    Moi, je crois que ma décision est prise.

    • Anonyme

      Encore plus simple : je n’ai pas de voiture et je ferai tout pour ne jamais en avoir.

    • Anonyme

      La connerie est un art de vivre. Vous y avez droit !

  • Anonyme

    Arrétons de stresser il existe d’autres voies de production de carburants bien plus efficaces avec des rendements faramineux. Je parle des algues ou cyanobactéries qui n’ont besoin que de co2, d’eau et de soleil.Dans des conditions particulières (faciles à réaliser)ces algues mettent en réserve jusqu’à 65% de leur poids en huiles. Avec un taux de doublement quasi journalier je vous laisse imaginer les rendements à l’hectare.
    Elles produisent 1300 fois plus d’huile à l’hectare que le colza. Cela a été développé aux états unis par la société Green fuel technology qui cloupent des cultures de ces algues avec le émissions de co2 des centrales thermiques.
    On se demande pourquoi cela n’est pas utilisé mondialement. Et en plus le bilan co2 est nul, l’empreinte écologique dans ce cas est nulle. On consomme ce que l’on séquestre dans les carburants.

    • Anonyme

      C’est prometteur, mais elles mangent quoi ces algues ? Pas du colza au moins ? ;)

  • Appleseed
    Appleseed
    Mangeur de Twix
    • Posté à 06h49 le 06/07/2007
    • Internaute 11691
      Mangeur de Twix

    Bah algues = plantes, donc co2, lumière, sels minéraux, eau et c’est à peu près tout ce qu’elles consomment. L’utilisatione d’un couplage de bioréacteur à algues et d’une centrale classique permet de rejeter 80% de co2 en moins en sortie de centrale. Bon après les algues sont utilisées en carburant donc ces 80% sont tout de même rejetés mais le co2 grâçe à ce procédé est « recyclé » par les algues pour être réutilisé, et pas bêtement rejeté directement à l’air libre. Cette méthode se développe peu sûrement à cause de certains lobbying qui, justement, comptent s’engraisser sur les biocarburants céréaliers. Il faut arrêter de rejeter systématiquement toutes les nouvelles avançées technologiques qui se présentent à nous, sinon autant baisser les bras et se laisser mourir... parce qu’à ce compte là les éoliennes sont dangeureuses pour l’avifaune, les panneaux solaires sont très difficiles à recycler et sont donc très polluants, les barrages hydroéléctriques détruisent complêtement les continuum des fleuves (donc leurs écosystèmes) etc etc... La seule manière de changer les choses est : d’une part changer nos habitudes pour moins consommer (mais allez expliquer ça à un texan !) et d’autre part faire confiance aux nouvelles technologies pour, non pas enrayer le problême du jour au lendemain ce qui serait utopiste, mais au moins pour limiter la casse et rallentir les processus en mouvement.

  • Appleseed
    Appleseed
    Mangeur de Twix
    • Posté à 06h55 le 06/07/2007
    • Internaute 11691
      Mangeur de Twix

    Et pour information cela ne sert à rien de stresser pour le biocarburant céréalier puisque c’est tout simplement irréalisable ! (selon cette source) : « L’obtention de ces biocarburants nécessite d’importantes surfaces cultivables. Selon Jean Marc JANCOVICI, Ingénieur Conseil spécialiste des émissions des gaz à effet de serre, il faudrait par exemple cultiver 118% de la surface totale de la France en tournesol pour remplacer l’intégralité des 50Mtep de pétrole consommées chaque année par les français dans les transports (104% de la surface nationale avec le Colza, 120% avec la betterave et 2700% avec le blé). » C’est sûr qu’à se train là on aura du mal à manger du blé dans 5 ans ! ! bonne journée ;)

  • DMC
    DMC
    • Posté à 09h47 le 06/07/2007
    • Internaute 12111

    Bio est un préfixe choisi pour son efficacité marketing !

    Or nous sommes dans le domaine du buziness ; il convient davantage de ce fait d’utiliser le préfice : AGRO qui au lieu de renvoyer à l’image flatteuse de la vie dans toute sa pureté et de l’agriculture biologique évoque les activités de l’industrie de l’agro-alimentaire.

  • DO
    DO
    • Posté à 11h33 le 06/07/2007
    • Internaute 1733

    Inconsciemment ou consciemment, une majorite d’hommes preferent vivre moins vieux mais avec une meilleure qualite de vie. Tabac, alcool, gueletons...
    Je crois que l’humanite a fait le meme choix : je consomme, je dilapide et tant pis si l’humanite ne sera pas eternelle.. Bien sur nos enfants et petits enfants n’ont pas ete consultes mais que feraient ils a notre place ?

    Nous allons dans le mur mais c’est notre choix et peut etre notre destin.

  • Nat2Nîmes
    • Posté à 13h01 le 06/07/2007
    • Internaute 5928

    Mais qu’il s’épuise vite ce pétrole ! On sera bien obligés de s’adapter, de chercher d’autres sources d’énergies propres et renouvelables...
    Et les bouleversements induits par cette future crise énergétique seront peut-être bénéfiques aux pauvres cette fois. Aux pays pauvres, et aux pauvres des pays riches. En effet, qui sait économiser, trier et recycler mieux que personne ? Les pauvres ! Qui sait s’adapter à un environnement hostile ? Les pauvres !
    Alors, exclus de tous pays, relevez-vous ! Bientôt, les pauvres, les artisans, les manuels, les ingénieux, seront la nouvelle élite mondiale ! Et vous, pitoyables traders et autres incapables (de vos mains j’entends !), tremblez ! Votre heure de gloire touche à sa fin.

  • Anonyme

    svp Monsieur le journaliste, on dit un agrocarburant car le biocarburant suppose que l’Ethanol est produit sans pesticides, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des cas

  • Rol
    Rol
    • Posté à 13h02 le 07/07/2007
    • Internaute 9726

    On dit « agrocarburant », pas biocrburant.

    La seule vraie solution passe par la diminution des déplacements. Il n’y a pas qu’en matière d’économie qu’on ne fait pas d’omelette sans casser les oeufs.