Enquete 21/05/2008 à 22h39

Les dessous du procès de Ségolène Royal

Julien Martin | Ex-Rue89


Ségolène Royal en janvier à Paris (Philippe Wojazer/Reuters).

(De nos archives) « L’UMP demande à Mme Royal de dire pardon à ses anciennes salariées victimes de sa non application de la loi de la République. » Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti majoritaire, n’a pas loupé ce lundi la présidente de Poitou-Charentes, qui vient d’être définitivement condamnée à indemniser ses deux anciennes attachées parlementaires, qui réclamaient le paiement de plusieurs semaines de salaire. Ainsi en a décidé la chambre sociale de la Cour de cassation le 8 avril dernier, a-t-on appris ce lundi de source judiciaire.

Retour sur plus de dix années de procédures, attaques et contre-attaques devant les instances prudhommales et pénales, revirements de décisions… Le chemin judiciaire a été tortueux. La Cour d’appel de Poitiers, dans son arrêt du 24 juillet 2003, parle même de « difficultés d’interprétation d’une situation juridique exceptionnelle ».

Pour y voir plus clair, Rue89 a enquêté, rassemblé des pièces du dossier et retrouvé tous les jugements et arrêts, tantôt favorables à l’actuelle présidente de la région Poitou-Charente, tantôt déboutant ou condamnant cette dernière. En voici le résultat, qui se borne aux faits et interprétations des juges. Afin que chacun puisse se forger son opinion, en toute connaissance de cause.

Les faits

21 avril 1997, l’Assemblée nationale est officiellement dissoute par Jacques Chirac, alors président de la République. Le décret publié ce jour entraîne nombre de conséquences, concernant notamment les collaborateurs parlementaires, assistants et secrétaires qui travaillent aux côtés des députés. Le premier jugement du Conseil des Prud’hommes de Poitiers, en date du 15 février 1999 et en charge d’établir les faits, relève :

« La cessation du mandat de député et la dissolution de l’Assemblée nationale constituent une juste cause de résiliation du contrat de travail et une obligation à laquelle l’employeur est contraint de procéder. »

L’employeur ici en cause se nomme Ségolène Royal. Députée de la deuxième circonscription des Deux-Sèvres depuis 1988, elle emploie cinq collaborateurs, le nombre maximum autorisé par le règlement de l’Assemblée nationale. Des collaborateurs dont le statut est également rappelé par le Conseil des Prud’hommes de Poitiers :

« Les collaborateurs de députés sont des salariés de droit privé auxquels s’appliquent les dispositions du droit du travail. Ils sont rémunérés par l’Assemblée nationale qui met à cet effet à disposition du député un crédit collaborateur. Ce crédit collaborateur est retiré au député sortant se représentant aux élections. »

Par courrier en date du 24 avril 1997, Ségolène Royal convoque notamment une de ses secrétaires, Claude Fouchier, et une de ses assistantes, Evelyne Pathouot, à un entretien préalable à leur licenciement. Dans un autre courrier du 30 avril 1997, elle leur précise que la date de notification de leur licenciement est fixée au 10 mai 1997, et les dispense d’effectuer leur préavis. Deux mois pour la première, un mois pour la seconde, en vertu de leur ancienneté. Une dispense qui signifie qu’elles continueront à être payées pour leurs fonctions à l’Assemblée nationale sans devoir les exercer.

Licenciées conformément au droit, comme leurs trois collègues, Claude Fouchier et Evelyne Pathouot vont cependant agir en justice pour contester les suites données à ce licenciement. Car, après la dissolution de l’Assemblée nationale, commence immédiatement la campagne électorale pour les législatives des 25 mai et 1er juin 1997.

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Pour se faire réélire, Ségolène Royal constitue son équipe de campagne et réembauche notamment Claude Fouchier et Evelyne Pathouot. Par l’intermédiaire de son mandataire financier Bernard Couturier, la députée sortante signe avec ses désormais anciennes collaboratrices deux contrats de travail à durée déterminée pour l’exécution de tâches de secrétariat du 12 au 31 mai 1997.

1er juin 1997, Ségolène Royal est réélue. Quatre jours plus tard, elle est nommée ministre déléguée à l’Enseignement scolaire. En vertu de l’incompatibilité entre le mandat de député et les fonctions de ministre, elle est contrainte d’abandonner son siège à l’Assemblée nationale au profit de son suppléant, Jean-Pierre Marché.

Toutefois, le code électoral exige qu’un délai d’un mois s’écoule entre la nomination au gouvernement du député élu et la prise de fonction de son suppléant à l’Assemblée nationale. A l’expiration de ce délai, ce dernier peut alors recruter les collaborateurs du premier. Ce que fait Jean-Pierre Marché qui signe courant juillet 1997 deux contrats de travail à durée indéterminée avec Claude Fouchier et Evelyne Pathouot.

C’est sur cette période que porte le conflit opposant Ségolène Royal à ses deux anciennes collaboratrices. Claude Fouchier et Evelyne Pathouot considèrent ne jamais avoir cessé leur activité pour Ségolène Royal durant la période du 12 mai au 31 juillet 1997 et n’avoir pourtant pas été rémunérées. Elles réclament donc deux mois et demi de salaire, ainsi que des dommages et intérêts.

Ségolène Royal ne fait évidemment pas la même analyse de la situation. Elle demande à la justice de constater l’inexistence d’un contrat de travail à durée déterminée entre elle et ses anciennes collaboratrices, et considère qu’elles n’ont subi aucune perte de rémunération. En outre, l’élue socialiste réclame des dommages et intérêts en réparation du préjudice moral subi.

Devant le Conseil des Prud’hommes de Niort

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Reçue le 29 juillet 1998 par le Conseil des Prud’hommes de Niort, la demande en justice de Claude Fouchier et Evelyne Pathouot constitue le point de départ juridique du conflit qui les oppose à Ségolène Royal sur le terrain du droit du travail.

La première décision survient près de sept mois plus tard, par un jugement du 15 février 1999. La juridiction paritaire condamne Ségolène Royal à payer à ses deux anciennes collaboratrices les sommes réclamées au titre des CDD courants du 12 au 31 mai 1997, ainsi qu’au remboursement des frais de justice.

En revanche, le Conseil déboute Claude Fouchier et Evelyne Pathouot de leurs autres demandes. Il considère que les éléments fournis n’attestent pas d’une relation de travail existante à partir du 1er juin 1997, pas plus qu’ils ne prouvent un quelconque préjudice moral imputable à Ségolène Royal.

Devant la Cour d’appel de Poitiers

Insatisfaites, les deux parties décident alors de faire appel. Claude Fouchier et Evelyne Pathouot réclament toujours un paiement intégral de la période allant du 12 mai au 31 juillet 1997, en plus de dommages et intérêts. Ségolène Royal demande de nouveau qu’elles soient déboutées et estime également avoir droit à des dommages et intérêts.

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La chambre sociale de la Cour d’appel de Poitiers mettra six ans pour rendre son arrêt. En cause, les procédures pénales engagées par les deux parties entretemps (voir l’encadré). Et un principe du droit édicte l’autorité de la chose pénale sur le civil. Il a donc fallu atteindre la fin de ces procédures pénales avant de poursuivre le litige prudhommal.

L’arrêt de la Cour d’appel de Poitiers a été rendu le 1er février 2005. Un arrêt qui développe un argument nouveau de Ségolène Royal pour tenter de justifier l’inexistence des CDD signés :

« Madame Royal soutient que l’existence d’un contrat de travail au cours de cette période [du 12 au 31 mai 1997] était juridiquement impossible et concrètement inutile puisque Madame Pathouot [comme Madame Fouchier] était rémunérée au titre du préavis qu’elle avait été dispensée d’exécuter, de sorte que subsistait le lien contractuel initial.

Elle affirme que si son mandataire financier avait préparé un projet de contrat à durée déterminée pour la période litigieuse, c’est parce qu’il ignorait cette circonstance [...]. »

Mais les juges des Prud’hommes persistent : il n’est pas « contestable qu’un contrat de travail a été signé » et que « ce contrat a été régulièrement déclaré ». La Cour d’appel de Poitiers confirme donc ce point, mais aussi tous les autres énoncés par le Conseil des Prud’hommes de Niort, ni plus ni moins, si ce n’est qu’une partie des frais de l’appel sont imputés aux deux anciennes collaboratrices de Ségolène Royal.

Devant la Cour de cassation

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Toujours partiellement satisfaites, Claude Fouchier et Evelyne Pathouot décident de se pourvoir en cassation. La Cour de cassation ne jugeant que le droit et non le fond des affaires, les deux anciennes collaboratrices de Ségolène Royal font valoir que la Cour d’appel de Poitiers a statué « sans examiner les pièces nouvelles produites devant elle ». Pièces servant à prouver qu’elles avaient bien travaillé pour le compte de l’élu socialiste du 1er juin au 31 juillet 1997.

Par un arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation en date du 16 janvier 2007, l’arrêt de la Cour d’appel de Poitiers est cassé et annulé :

« Mais seulement en ce qu’il a débouté Mme Fouchier [comme Mme Pathouot] de ses demandes de rappel de salaire pour la période postérieure au 31 mai 1997 et d’indemnités liées à la rupture du contrat de travail. »

Claude Fouchier et Evelyne Pathouot conservent donc leur salaire correspondant à leur CDD et obtiennent le droit de demander de nouveau, cette fois devant la chambre sociale de la Cour d’appel de Rennes, d’être rémunérées et indemnisées pour la période courant du 1er juin au 31 juillet 1997.

Devant la Cour d’appel de Rennes

Les deux parties en profitent pour développer encore leur argumentation. Ségolène Royal avance qu’en tant que ministre elle ne pouvait plus rémunérer de collaborateurs parlementaires, qu’une relation de travail entre elle et Claude Fouchier et Evelyne Pathouot n’est pas prouvée, et que cette relation s’est plutôt « faite dans les mêmes conditions que de nombreux militants bénévoles ».

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Mais, dans son arrêt du 10 avril 2008, la Cour d’appel de Rennes ne reprend pas ces arguments principaux, alors qu’elle abonde presque totalement dans le sens des deux anciennes collaboratrices. Elle écrit notamment :

« Il résulte des attestations versées aux débats que Madame Pathouot [comme Madame Fouchier] a poursuivi au-delà de cette date [le 31 mai 1997] son activité de secrétariat administratif à l’issue de la campagne électorale dans les mêmes locaux, la permanence de Madame Royal à Melle, avec notamment l’usage du numéro de téléphone de la permanence ; qu’elle a participé à la préparation et à l’organisation du Festival du Chabichou le 8 juin 1997, du colloque européen sur les produits au lait cru, manifestations organisées sur les instructions et directives générales de Madame Royal, présidente des Amis du Chabichou ; qu’il n’est pas sérieusement démenti que Madame Royal, qui conservait un mandat local de conseiller général, lors de l’inauguration du festival le 8 juin 1997 avait publiquement déclaré qu’elle ’conservait son bureau et son équipe à Melle et continuerait à répondre aux sollicitations de tous’. »

La Cour d’appel de Rennes a alors analysé le travail réalisé par Claude Fouchier et Evelyne Pathouot du 1er juin au 31 juillet 1997 comme la continuité des tâches réalisées sous CDD et a considéré que les deux collaboratrices étaient passées de fait sous CDI. Elles obtiennent donc le droit à deux mois de salaire, aux indemnités correspondant à un licenciement sans cause réelle et sérieuse, ainsi qu’à des dommages et intérêts.

Le nouveau pourvoi en cassation

L’affaire n’était cependant pas finie. Convaincue que la Cour d’appel de Rennes a mal apprécié la décision de la Cour de cassation, Ségolène avait décidé le 7 mai 2008 de se pourvoir à son tour en cassation. Son avocat, Jean-Pierre Mignard, avait expliqué la teneur du motif de ce pourvoi à Rue89 :

« Nous pensons que la Cour d’appel de Rennes a été au-delà de ce que lui demandait la Cour de cassation. La Cour de cassation ne disait pas que les pièces nouvelles produites et non examinées prouvaient ce lien de subordination, mais simplement qu’il convenait de les examiner également. Et, c’est évident, Ségolène Royal étant devenue ministre, il ne pouvait plus exister de lien de subordination entre Ségolène Royal et Claude Fouchier et Evelyne Pathouot. »

Un pourvoi que la chambre sociale de la Cour de cassation a donc rejeté, lundi 8 avril, confirmant ainsi la condamnation de Ségolène Royal à indemniser ses deux anciennes attachées parlementaires selon les termes de l’arrêt de la Cour d’appel de Rennes.

En parallèle de cette procédure, Ségolène Royal a toujours continué de se défendre des attaques de l’UMP par les voies médiatique et pénale (voir l’encadré). Elle a notamment déclaré qu’elle n’avait jamais commis « aucune infraction au code du travail », comme elle en était accusée publiquement.

Effectivement, une infraction relève des juridictions pénales (et elle n’a jamais été punie sur ce terrain), alors que ces condamnations ont eu lieu devant les juridictions prudhommales. Et les Prud’hommes, c’est du civil.

► Voir l’encadré : Calomnie, diffamation... Royal et la justice pénale

► Article déjà publié le 21/05/2008 et mis à jour le 20/04/2009.

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  • 228 réactions
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  • eskimo
    eskimo répond à Lairderien
    • Posté à 11h12 le 22/05/2008
    • Internaute 24163

    belle analyse ; ec qui pose question est également la date du début des procédures = elles ont min un an à réaliser qu’elles subissaaient un préjudice ?

    • Lairderien
      Lairderien répond à eskimo
      • Posté à 11h24 le 22/05/2008
      • Internaute 22751

      C’est précisément ce délai d’un an pour entamer une procédure, qui m’ a interpellé en premier lieu.

       
      • jacques-andré
        jacques-andré répond à Lairderien
        avocat
        • Posté à 18h21 le 23/05/2008
        • Expert 42327
          avocat

        Pendant un an elles ont tout tenté en vain pour trouver une solution. Après ce granddélai il n’y avait que deux solutions : renoncer ou saisir la justice

      • kebra
        kebra répond à Lairderien
        Bisounours killa
        • Posté à 20h55 le 23/05/2008
        • Internaute 8550
          Bisounours killa

        Elles étaient encore un peu de centre gauche, elles voulaient trouver une solution négociée. C’est le mur de l’indifférence et l’attitude méprisante de Royal qui les a poussées devant la justice. La manière est bien plus grave que le délit dans cette affaire.

        Pour Marie-Ségolène, charité bien ordonnée commence par soi-même et pour ne pas être tentée de donner, elle n’a jamais un sous sur elle. Mais c’est une redoutable femme d’argent quand il s’agit de faire sa déclaration fiscale. Sarkozy s’en sort avec le fisc car beaucoup de socialistes ne sont pas en règle, à commencer par Ségo ! ! !

      2 autres commentaires
  • nono le simplet
    nono le simplet répond à Lairderien
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 18h31 le 20/04/2009
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    ––-commentateurs de Rue 89 et d’ailleurs, qui bien que souvent lucides sur d’autres sujets, ont tellement intégrés les critiques sur SR, qu’ils ou elles en ont perdu toute objectivité dès que son nom apparaît dans un article––-
    Elle est bonne celle-là ! On pourrait dire la même chose pour Nicolas Sarkosy !
    Alors certains seraient lucides sur la plupart des sujets et là non !
    Je ne regarde pas les JT , les seules infos sur lesquelles j’ évalue sa pertinence ce sont ses déclarations et ses actes ! Je suis désolé mais je ne la trouve pas sincère mais plutôt arriviste et mon opinion a évolué depuis la campagne de 2007 , moyen chaud au 1 er tour mais bon il fallait bien éliminer Bayrou, tiède au 2 ème , j’ai pourtant voté pour elle malgré un débat de trés piètre qualité et des propositions qui m’ont fait dresser les cheveux sur la tête ( les camps de redressement de type militaire entre autres ) , son attitude ensuite envers le PS ou elle s’est présentée comme la première secrétaire légitime . Le vote des militants PS est d’ailleurs révélateur . Qu’on ne vienne pas me dire qu’ils ont été tous manipulés . On est en train de retomber dans la théorie du complot .
    Ah au fait c’est vrai , je suis manipulé par les médias que je ne regarde pas . Je me trompe peut-être , je ne suis pas omniscient ni visionnaire mais une chose est sûre , SR me déplait de plus en plus et je ne crois pas qu’elle puisse encore représenter la Gauche au sens large . En cas de duel NS-SR en 2012 de nombreux électeurs manipulés comme moi voteront blanc ou iront à la pêche et Naboléon sera réelu .
    MAIS , à mon avis (je ne prend pas les paris ) , ni l’un ni l’autre ne seront présents au 2 ème tour en 2012 . Y aura-t-il seulement des élections en 2012 ?

  • on_comment
    on_comment
    (no_comment)
    • Posté à 11h23 le 22/05/2008
    • Internaute 42269
      (no_comment)

    Vous dites qu’il faut ajouter que ces deux femmes travail désormais pour un député UMP (...). Pouvez-vous préciser à partir de quelle ?

    Je vous rappel que le premier jugement a été rendu le 15 février 1999 par le Conseil des Prud’hommes de Poitiers (source : l’article).

    Est-ce que ces deux femmes ont en toute bonne foi démarrer les procédures judiciaires avant l’embauche. Ou sont-elles des femmes diaboliques utilisées par l’UMP pour faire comdamner injustement une sainteté du PS ?

  • Pimpam
    Pimpam
    Employé
    • Posté à 11h34 le 22/05/2008
    • Internaute 42275
      Employé

    Ce qui est révélateur dans cette affaire, c’est la personnalité de Ségolène Royal. Si j’ai bien compris, le contentieux porte sur quelques semaines de salaires. Etait-ce bien nécessaire, de sa part, de s’engager dans une telle procédure, sur plus de 10 ans ? Financièrement, ça n’a pas beaucoup de sens.

    Le problème, encore une fois, c’est l’égo surdimensionné de la Dame. Elle en a fait une affaire de principe, alors qu’elle n’était pas vraiment sûre d’avoir raison, mais plutôt mourir que de reconnaître ses torts !

    Bien sûr, Raffarin et cie en font des caisses sur une « affaire » finalement bénigne (A entendre l’UMP, on a l’impression que SR a fait travailler des petits vietnamiens dans sa cave pendant 10 ans !).

    Mais on voit que les différences idéologiques se sont tellement réduites entre l’UMP et le PS qu’ils en sont à se titiller pour des clopinettes !

    • louise2
      louise2 répond à Pimpam
      • Posté à 14h42 le 22/05/2008
      • Internaute 22723

      « Financièrement, cela n’a pas beaucoup de sens », dites vous judicieusement.

      Certes. Alors réfléchissez, pourquoi SR s’obstine-t-elle ? , pourquoi ne lache-t-elle pas l’affaire ? Réfléchissez... Je vous donne un indice : l’UMP, adversaire politique est derrière et s’obstine aussi.

      SR condamnée aux prudhommes et qui accepte la condamnation ! ..

      Cela se clarifie ?

    • Dominique M
      Dominique M répond à Pimpam
      en colère depuis mai 2007
      • Posté à 19h10 le 22/05/2008
      • Internaute 4584
        en colère depuis mai 2007

      L’entêtement est du côté des assistantes, elles ont refusé un arrangement que très rapidement, Ségolène Royal a proposé, d’un montant égal à ce qu’on la condamne maintenant à payer. Ca a été relaté dans la presse, sur Internet... Il faut être aveugle et sourd pour ne pas être au courant.

      Ne dit-on pas qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ? Il faut aller chercher ailleurs les causes de la poursuite de cette affaire, dans une attaque délibérée contre la personnalité de Ségolène Royal.

  • Plume timide
    • Posté à 12h01 le 22/05/2008
    • Internaute 4280

    l’excellente enquête sur Rue 89 du 16 mai dernier : « Ces députés et sénateurs qui bafouent le code du travail » montrait que manifestement beaucoup de ces assistants parlementaires pourraient trainer leur employeur aux Prud’Hommes, tous partis confondus.
    Segolene Royal, pour qui je n’ai pas une sympathie particulière, a mon indulgence. Elle n’est pas plus pourrie qu’un(e) autre (ni moins).
    A force d’empiler lois, décrets, circulaires, avenants et autres joyeusetés nos élus accouchent d’un système absurde et pervers qui nourrit l’encombrement des tribunaux.
    En psychanalyse on appelle cela « l’injonction paradoxale » qui rend fou car, quoi qu’on fasse, on est coupable.
    Le code du travail est est truffé. Les jugements successifs et contradictoires de l’affaire Royal illustrent très bien ces injonctions paradoxales.
    Quant aux députés de droite qui instrumentalisent ce conflit, ils font feu de tout bois. Comme tout politicien qui se respecte !
    Quand je lis les commentaires de certains internautes au jugement primaire, je verifie encore une fois que ça marche.
    Gare au retour de bâton, à l’instar des affaires de financement des partis politiques, la paille de madame Royal pourrait bien inciter la gauche à chercher une poutre dans l’oeil de leurs copains de droite.
    Le plus grave à mes yeux c’est la complicité de beaucoup de médias qui, en isolant à leur tour la partie du tout (fondement du processus pervers), sont co-responsable du regard peu amène que nous portons sur la Politique.

    • Révolutiona
      Révolutiona répond à Plume timide
      Hawwah
      • Posté à 22h42 le 22/05/2008
      • Internaute 31103
        Hawwah

      Quand je lis les commentaires de certains internautes « au jugement primaire », je verifie encore une fois que ça marche :

      -> Décidément « Plume timide » toujours aussi charmant pour ses congénères... Il n’y ait que ton avis qui soit le bon...

      Et parti dans la psychanalyse avec « l’injonction paradoxale »... « fondement du processus pervers »....

      J’ai appris une expression récemment : plaider la « folle instance »... J’ai demandé ce que c’était ! Les aimables juristes qui m’entouraient ne m’ont même pas répondu, dommage !

      Tu devrais t’appeler « plume péremptoire »... cela t’irait mieux, je t’assure ! Tu nous assènes ton avis comme des vérités, cela n’incite pas à l’échange productif...

      • Plume timide
        • Posté à 02h01 le 23/05/2008
        • Internaute 4280

        Chère Révolutiona
        Vous avez le droit de ne pas être d’accord avec ceux qui écrivent ici.
        Cela ne vous invite pas à les tutoyer. Le tutoiement marque en général l’amitié, l’intimité, parfois le manque d’éducation mais aussi, comme ici, la volonté d’humilier ; méthode courante de flic ou de racaille. Puisque question humiliation certains aimables juristes vous ont servie, pour vous être agréable je vous donne bien volontiers une définition de l’injonction paradoxale :
        donner deux ordres contradictoires (ou plus), si possible avec punition à la clef (c’est plus jouissif ) de telle sorte qu’en obéissant à l’un, on désobeit obligatoirement à l’autre.
        Quoi qu’il fasse celui qui le subit est condamné à l’échec et à l’humiliation . Ce sport, l’un des préférés des personnalités perverses, est très utilisé dans le harcèlement moral au sein des entreprises.
        Une variante sophistiquée : un choix qui vous oblige à contrevenir à vos valeurs fondamentales. Un exemple : dans le roman « Le Choix de Sophie » on demande à une mère à son arrivée dans un camp de concentration de choisir lequel de ses deux enfants doit avoir la vie sauve ; si elle refuse les deux passent à la chambre à gaz. De fait en obeissant elle est forcée de désigner celui qui va mourir et ne s’en remettra pas.
        Vous vouliez des excuses hier ? Alors excusez-moi de préférer la psychologie à la morphopsychologie et à la graphologie, l’astrophysique à l’astrologie, les sciences aux pseudo sciences, déformation professionnelle sans doute...
        Sans rancune

         
        • Révolutiona
          Révolutiona répond à Plume timide
          Hawwah
          • Posté à 10h13 le 23/05/2008
          • Internaute 31103
            Hawwah

          J’ai découvert hier que vous étiez médecin, j’espère que vous vous trompez moins de diagnostic avec vos « patients »...

          Je vous retourne un exemple de choix imposés :
          la mort ou le viol à 8 femmes - deux ont répondu NON, elles ont été tuées immédiatement, les six autres ont été violées, et elles ne peuvent plus porter plainte, car elles étaient « consentantes »...

          Merci pour les « noms d’oiseaux-petites fleurs » comme dirait une amie blogueuse, vous me gâtez :
          - flic,
          - racaille (je ne sais pourquoi cela me rappelle qqn).

          Ils ne m’ont pas « humiliée », Cher Ami, ce sont eux qui se trompaient, z’aimaient pas les femmes, apparemment et ne voulait pas « élargir leur cercle fermé à d’autres spécialistes », mais je me suis imposée... Maintenant, ils me laissent tranquille à secourir mes congénères, car ils n’ont pas réponse à tout, et ce que je sais, je le sais ; quand je ne sais pas, j’essaie de me taire, ou de suggérer des possibilités !

          Les « chambres à gaz » semblent beaucoup vous inspirer moi aussi, le harcèlement moral aussi, les personnalités perverses aussi... Vous voyez quelles que soient nos divergences, nous pouvons avoir des points communs !

          Acceptez au moins d’autres styles d’approche par rapport à de tels fléaux !

        1 autres commentaires
      • Marcus-Aurelius
        Marcus-Aurelius répond à Révolutiona
        Cadre Paris
        • Posté à 10h46 le 23/05/2008
        • Internaute 34622
          Cadre Paris

        Avé....
        Cela me rappelle des temps anciens ou la suprématie intellectuelle (sic) s’octroyait le droit de tutoyer les pauvres d’esprit ainsi que le bas peuple ...
        Mais aujourd’hui, rassurons-nous ! il y a le « verbiage » et la doctrine fabuleuse d’orchestrer des mots pour en imposer et soumettre, voir manipuler les esprits (...)

        Bravo ! Quelle évolution, c’est sans doute ce que Larousse a oublié de mentionner à propos « d’échange productif » ...Maintenant, nous voilà éclairés ! ...

        Bref...

        Je crois que l’objectivité, la clarté ainsi que la simple narration des faits, ne résident plus dans nos esprits étriqués, manœuvrés et à sens unique !

        Pour revenir à Madame Royal, comme tout citoyen, elle est soumise aux lois de ce pays et j’ajouterai, qu’elle a droit, comme nous tous, à un minimum de respect (sans partie prise, ni position politique)

        Les masturbations (pardonnez l’expression) intellectuelles de certains journalistes (...) et internautes, nous dévient souvent de l’essentiel ! !

        Bonne journée

  • Plume timide
    • Posté à 12h05 le 22/05/2008
    • Internaute 4280

    PS :
    Et je remercie Rue 89 pour son travail de fond sur le sujet.

  • pipoulechien
    pipoulechien
    artiste
    • Posté à 12h20 le 22/05/2008
    • Internaute 41782
      artiste

    Je ne suis pas trop fan de SR. Mais excellent article, on frise l’objectivité tant recherchée. Pas de jeu de mots, pas de satire souterraine, pas de légèreté du genre « je mets mon grain perso de journaliste pour faire émerger mon style, une plume, ma manière de penser... Un vrai travail. Ca fait VRAIMENT du bien. Les hypothèses de Lairderien sont intéressantes. J’aimerai beaucoup que vous puissiez poursuivre l’investigation pour confirmer ou infirmer les hypothèses de lairderien.

  • wwwildou
    • Posté à 12h24 le 22/05/2008
    • Internaute 38890

    Ah, la partialité de certains media ! Félicitations pour avoir effectué autant de recherches et fourni un article aussi complet, encore que la piètre envergure de cette affaire ne l’exigeait pas vraiment mais force est de constater que jamais au grand jamais vous n’aviez publié un document aussi précis et détaillé en apportant des éléments à charge et à décharge pour des affaires ayant éclaboussé des élus de droite. Il faut croire que Ségolène a besoin de tous ses renforts. Les internautes ne seront pas dupes.

  • cpt.kirk
    cpt.kirk
    passionné de musique et de (...)
    • Posté à 12h33 le 22/05/2008
    • Internaute 28042
      passionné de musique et de (...)

    Très bon article.
    Je n’ai absolument aucune sympathie pour SR mais effectivement quand on voit le fond de l’affaire Raffarin et ses copains sont tout de même effarant de mauvaise foi. Ils serait bon que la majorité fasse le ménage dans ses élus avant d’essayer de gonfler une pauvre baudruche ou l’on voit bien l’aigreur d’un Raffarin n’ayant pas digérer la perte de la présidence du Poitou-Charente.
    Surtout quand on voit la collection de ses copains qui ont eux affaire à la justice, ont été condamnée (au pénal). Ne citons que Pasqua et Balkany très bon amis de notre président et condamnés eux à de la prison.

  • pedro66
    pedro66
    informaticien bon à rien
    • Posté à 12h47 le 22/05/2008
    • Internaute 25616
      informaticien bon à rien

    Bon Ségolène, au final, elle porte un string ou la culotte à la Mère Denis ....

  • oomu
    • Posté à 13h31 le 22/05/2008
    • Internaute 24928

    tempête dans un verre d’eau. Je ne demande pas à Royal d’être ultra attentive à tous les contrats de ses collaborateurs (à l’avenir elle prendra une personne attentive à cela) et je ne demande pas aux collaborateurs d’utiliser tous les moyens pour obtenir tous leurs droits.

    Franchement, je ne demande pas aux politiciens ou moi-même d’être impeccable et toujours au courant de tout. Il n’y a que sur les enrichissements personnels et le pistonnage d’incompétents que je suis sans pitié.

    Ici on parle de quoi ? de quelques semaines non payées ? pour des personnes quasi embauchées de suite (dans le même cercle en plus !). bien sur qu’il y a faute, mais technique et manifestement de bonne foi.

    Je crois qu’à cause des affaires gigantesques de Chirac, on en est venu à faire un foin de la moindre connerie d’un homme politique. Bientôt, on va crier au scandale si un député est trouvé avec sa voiture mal garée.

    C’est très bien d’être attentif et que la justice fasse son travail (et manifestement elle le fait), mais je n’ai absolument pas d’envie de sang et de tête coupée sous prétexte d’apaiser mes fantasmes.

    L’acharnement paraît tout de même artificiel, orchestré, comme si les 2 parties avait un point à prouver.

  • matt2j
    • Posté à 13h38 le 22/05/2008
    • Internaute 22261

    Il est vrai que RUE89 est clairement orienté à gauche, ce qui ne m’empeche pas d’apprecier et de lire régulierement les articles.
    Ce que je trouve tres marrant ce sont les commentaires .. en tout cas merci pour cet article qui permet d’éclaircir un peu le sujet ...

  • parme75
    parme75
    collaborateur parlementaire
    • Posté à 13h47 le 22/05/2008
    • Expert 42299
      collaborateur parlementaire

    j’ai travaillé à l’assemblée nationale et j’invite les journalistes de rue 89 à mener une véritable enquête sur toutes les violations au droit du travail qui existaient (et existent peut-être encore) notamment concernant les collaborateurs parlementaires. On en voyait de belles que ce soit auprès de députés de droite comme de gauche. Quant à Ségolène, elle avait une conception particulière du droit du travail...

    • Julien Martin
      Julien Martin répond à parme75
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 14h54 le 22/05/2008
      • Internaute 14
        Ex-Rue89

      Nous avons publié une telle enquête pas plus tard que vendredi dernier. Elle s’intitule « Ces députés et sénateurs qui bafouent le code du travail » et est visible à l’adresse suivante :

      Lien

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 14h46 le 22/05/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    tous ça me parrais d’une gravitude extreme bien que j’ais pas les moyens de bouffer du chabichou j’vais peut être me fendre de 2 ou 3 euros voir le gout qu’il a

  • Michel_Martin
    • Posté à 15h48 le 22/05/2008
    • Internaute 40390

    Bien entendu que l’ex assistante qui écrit un bouquin sur Royal profite de la situation ! Idem pour l’UMP ! Mais je trouve tout de même extraordinaire la justification de Royal avec son ancienne assistante : cette relation s’est plutôt « faite dans les mêmes conditions que de nombreux militants bénévoles ». En gros cela signifie, « comme nous avons travaillé ensemble pendant quelques années et que ma situation personnelle change (je deviens ministre avec un plus gros salaire), vous pouvez travailler pour moi gratuitement pendant quelques semaines. Je trouve ça abjecte en particulier d’un socialiste ! Bien évidemment si on enquête, on se rendra compte que, qu’ils soient de gauche ou de droite, les représentants du peuple ont tendance à abuser souvent avec leurs assistants et que cette fois, c’est la moraliste Royal qui s’est faite épinglée. Quand-est-ce que nos élus comprendront que tout travail mérite un salaire (décent) ? Moi je n’ai pas encore vu d’élus travailler gratuitement...

    • Humain
      Humain répond à Michel_Martin
      • Posté à 11h08 le 24/05/2008
      • Internaute 21387

      Fallait le dire....

      Merci de le dire... Mais hélas le post se retrouve vite masqué ! !

      Il y a des choses que l’on peut penser au dessus de son clavier.
      Mais le dire est une chose, et l’écrire ne passe pas.
      Dommage.

  • bruay en artois
    bruay en artois
    silicose plus irradie
    • Posté à 16h08 le 22/05/2008
    • Internaute 34473
      silicose plus irradie

    sous la moral le string mais pourquoi le ps qui possede enfin quelqu un de droit l ignore et oui en la personne de mr Vallini depute de l isere

  • dupontlajoie
    dupontlajoie
    cadre sud
    • Posté à 16h37 le 22/05/2008
    • Internaute 26047
      cadre sud

    Attaquer ROYAL la dessus cela me paraît un peu juste et surtout trés orienté.
    Il n’est que de voir la petite crise faite par le gus LEFEBVRE à l’AFP pour sa relation insuffisante ddu fait.
    Je préférerais que les zélés défenseurs du TOUT PETIT PRESIDENT DE L ELYSEE qui ont pour ordre d’ordonner la riposte sur les blogs s’insurgent contre les graves atteintes au droit du travail,contre la remise en cause des services publics,contre la baisse intolérable du pouvoir d’achat(pas celui de SARKOZY qui a progressé de 196%) et surtout qu’une partie de LA FRANCE est en train de se nourrir dans les poubelles ! Ah elle est belle sa rupture ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
    Vivement qu’on le force à se casser lui et sa majorité de stoges ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • akalanit
    akalanit
    Visiteur médical
    • Posté à 16h41 le 22/05/2008
    • Internaute 42174
      Visiteur médical

    Je pense que ces deux secrétaires ont étaient manipulées.
    Mais cette enquête (très bien mené) fait apparaitre, s’il en était besoin, le manque total, mais alors total, de psychologie de Ségolène Royale et surtout, un esprit Obtus.
    Les français, qui ont une relation d’amour avec les guignols, ce laisseront t’ils de nouveaux séduire en 2012 avec une candidature de Madame Royale ?

  • jnspqd
    • Posté à 17h04 le 22/05/2008
    • Internaute 2810

    Merci à Rue89 pour cette démonstration de ce que doit être l’information.
    Maintenant que chacun se fasse sa propre compréhension et interprétation, et que ces sectaires déchaînés qui pensent faire avaler à des gens avec un peu de jugeote que tous les maux de la France, sinon de la planète, arrivent parce que Madame Royal a des saines ambitions politiques et pose sa candidature pour le poste de première secrétaire du PS, qu’ils aillent se rhabiller et distiller leur fiel et leur esprit revanchard ailleurs. Ils nous lassent avec leurs jérémiades et leurs intransigeances misogynes si ringardes.
    Que chacun/e puisse s’exprimer en toute liberté et fraternité socialiste et que le meilleur ou la meilleure gagne, c’est tout le mal que je nous souhaite à tous, socialistes ou pas !

  • DANJOU
    DANJOU
    La france inquiète
    • Posté à 17h12 le 22/05/2008
    • Internaute 32845
      La france inquiète

    Curieux article où l’on découvre que « l’affaire » tourne autour d’un contrat de travail sur la période du 12 au 31 Mai 1997 que personne ne semble vouloir produire comme pièce !
    Or ce contrat s’il existe fait le lien entre la période d’Avril 97 et Juin 97 ! Le lien d’un CDD à un CDI ! Seulement voilà ! à partir de Mai 97 Ségolène est Ministre et donc, le contrat ne tient plus ! Les conventions parlementaires lui « enjoignent » de « virer » son personnel.Ce qu’elle fait comme les 3/4 de l’hémicycle de l’Assemblée et du Sénat.
    Si ce n’était le nom de la personne en cause (Ségolène), il n’y aurait pas d’affaire ; mieux même, on a l’impression que cet article à valeur de sondage ? !
    -pour où contre Ségolène ? Considérez-vous qu’elle soit toujours « digne » de représenter les Français, à la tête du Parti Socialiste, après « çà ! » ?
    Finalement, Ségolène a voulu offrir aux plaignantes leur mois de préavis, et cela se retourne contre elle ! ?

    A quelques jours d’un autre récent article sur les abus des conditions de travail des collaborateurs parlementaires, on a du mal à imaginer que l’article de Julien Martin n’est juste là que pour nous éclairer sur une affaire malheureuse ? !

    • Julien Martin
      Julien Martin répond à DANJOU
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 17h55 le 22/05/2008
      • Internaute 14
        Ex-Rue89

      Ne voyez aucun lien entre les deux articles Pomme53, la première enquête était en cours depuis plusieurs semaines et celle sur le procès de Ségolène Royal s’est imposée naturellement du fait de l’actualité.

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 17h50 le 22/05/2008
    • Internaute 38451
      pigiste

    A rapprocher de l’article sur l’enarque chômeur : notre société a l’art des sous-commissions et autres instances-tiroirs permettant à chacun, selon son humeur, d’intenter un procès ou de subir les foudres du système... Ubuesque !

    Quant à la croyance que nos élus sont des saints et ne se servent pas les premiers du système...

  • N.MARECHAL
    • Posté à 18h02 le 22/05/2008
    • Internaute 9175

    Segolene, elle est indivisible et donc entiere.
    Ok elle a perdue les élections mais elle est digne.

    Qui a consulté la base pour construire son progamme ?
    C’est elle. Ce geste est très intéressant.

    Je ne suis pas socialiste (excusez moi) mais pour elle, je le deviens. Ce n’est pas de l’amour mais de la raison. Enfin quelqu’un de raisonnable.

    Concernant son conflit, il ne faut confondre une affaire (raison ou non) avec l’intérêt de la France.

    Pour l’UMP, ben c’est comme d’hab... Cornichons et Cie.

  • Bobenko
    Bobenko
    Musicien compositeur
    • Posté à 18h22 le 22/05/2008
    • Internaute 35328
      Musicien compositeur

    Les deux procédurières dont on parle dans l’article, elles bossent maintenant pour le parti du nain ? On est bien d’accord ? ................ Alors ? ..............
    Manipulation et trahison, voilà ce qu’il en ressort.
    Vu les propos tenus par Raffarin à ce sujet ainsi que l’ancien d’extrême droite, on sent la haine qui transpire ainsi que la déraison. Ces types sont des malades, des magouilleurs dangereux sans dignité aucune et de plus, mais ça s’est normal,ça va avec, ils n’ont aucune classe,vraiment.

  • -Candide-
    -Candide-
    Jardinateur
    • Posté à 18h50 le 22/05/2008
    • Internaute 40778
      Jardinateur

    Ce n’est pas du journalisme objectif.

    Votre enquète « à décharge » est là pour minimiser la responsabilité de Ségolène Royale.

    vous citez l’avocat de Mme Royale
    « Et, c’est évident, Ségolène Royal étant devenue ministre, il ne pouvait plus exister de lien de subordination entre Ségolène Royal et Claude Fouchier et Evelyne Pathouot. »
    sans citer le point de vue de l’autre partie.

    Je vous conseille de lire ce qu’a écrit Evelynne Pathouot sur le sujet.
    Vous en trouverez un extrait sur
    Lien

    Finalement, bien plus que les sommes en jeu,
    c’est la personnalité même de l’ex-candidate qui est révélée.
    Et c’est parfois édifiant !

    • kebra
      kebra répond à -Candide-
      Bisounours killa
      • Posté à 13h29 le 23/05/2008
      • Internaute 8550
        Bisounours killa

      Bécassine souffre d’une forme grave de mitterrandisme : Suffisance, mauvais rapport avec l’argent, condescendance, goût de la notoriété à tout prix… Tout lui est dû parce qu’elle le vaut bien. Elle n’a pas d’idées mais des intuitions et un plan de carrière. Les différences avec Mimi l’Amoroso : QI, raisonnement, réflexion, choix des conseillers, qualité oratoire… Tonton disait et faisait d’énormes conneries mais il savait les emballer pour cela ne ressemble pas à une boulette et avait une équipe de bosseurs et de tueurs autour de lui. La campagne d’amateurs menée par Marie-Ségo et ses amis a conduit au désastre actuel.

      Je suis parfois d’accord avec Rocard, même lui aurait fait mieux après le syndrome 21 avril et avec la nullité crasse de Sarko. John Kerry, un vrai naze, a fait mieux contre l’armada Bush. A part Poutine, Sarko est le mieux élu des candidats de la révolution réactionnaire.

      Ce texte d’Evelynne Pathouot était plus utile avant les primaires que juste avant l’élection. Il est évident que l’UMP a retenu sa publication car Sarko voulait affronter Ségo, il savait qu’il ne ferait qu’une bouchée de Madame Boulette. Et il serait trèèèèès content de la retrouver en face dans 4 ans, si la rue ne l’a pas viré auparavant.

      Avec la propagande orchestrée par ses amis milliardaires et les machines à voter, il devrait encore rosser la ravie de la crèche. Cela sera plus dur avec son deuxième choix, l’ami Bertrand, le grand copain de son frère Arnaud Lagardère. C’est perdu face à n’importe quel(lle) candidat(e) unitaire de la gauche gouvernementale élu sur un programme commun de gouvernement. Continuez à alimenter la machine à perdre, soutenez Ségolène Royal !

      • Un compte supprime
        Un compte supprime répond à kebra
        nc
        • Posté à 07h00 le 24/05/2008
        • Internaute 21837
          nc

        Oui Kebra, si on veut les forcer a gagner, il faut EXIGER un programme commun : programme, c’est adire des idees et les moyens de les mettre en oeuvre, commun, c’est a dire pas celui de sego toute seule ou de delano tout seul mais celui de tous ceux qui voteraient pour depuis tous les coins de la gauche.

        Mais apres tout, est-ce que finalement on n’est aps aussi bien paye dans l’opposition qu’au pouvoir ?

  • danibuisson
    • Posté à 19h57 le 22/05/2008
    • Internaute 33377

    Oui, bien beau tout çà. Mais je persiste à penser qu’on pourrait faire des économies en supprimant le Sénat et bon nombre de députés (Ils ne seraient que 80 à fréquenter les bancs de l’Assemblée) Quant à NS, qui n’est heureusement pas Notre Seigneur, mais plutôt Notre Saigneur, je trouve qu’il est conforme à lui-même : nul à c....

  • affreuxjojo
    • Posté à 20h23 le 22/05/2008
    • Internaute 29421

    Excellent article qui a le mérite de rendre clair ce qui était opaque.
    La vie politique a un point commun avec ce qui ce passe dans mon jardin où vit mon chat et où pousse un laurier où niche un couple de merles.
    La stratégie du merle : si un merle apporte la becquée sans précaution à ses petits, il se fait repérer et croquer par le chat. La ruse ? Pendant qu’un des deux merles fait son maximum pour attirer l’attention du chat (chants, petits sauts gonflements de plume, vols au raz des moustaches ...), l’autre merle est tranquille.
    Le rapport avec la politique ? Pendant que Raffarin crie à la délinquance sociale et demande la démission de Ségolène pour des faits mineurs et mal établis, son camp détruit à la hache et au lance-flamme 150 ans de conquêtes sociales.
    Et de quel côté se tournent les yeux ?

  • le concombre masqué
    le concombre masqué
    mène une vie potagère à la (...)
    • Posté à 21h48 le 22/05/2008
    • Internaute 11167
      mène une vie potagère à la (...)

    Je vous ai bien lu.
    L’article est fouillé et bien articulé.

    bon...mais, les Français ont d’autres énauauaurmes problèmes en ce moment à gérer, non ?

    - De l’essence aux déclarations d’impôts.

    - D’autres, pire ! pour arriver à manger correctement tous les jours ! et à payer le loyer.

    Alors tout ça m’indiffère, je vous l’avoue franchement.

    Bien à vous.

  • PlayPause
    • Posté à 05h55 le 23/05/2008
    • Internaute 11888

    Tout cela sent la manip pour faire « tomber » une personalité politique. C’est moche, même si c’est avant tout technique.

  • Augustus-
    Augustus-
    Globe-trotteur en quête de (...)
    • Posté à 07h56 le 23/05/2008
    • Internaute 11613
      Globe-trotteur en quête de (...)

    Ne pas avaler sans sourciller la version des faits présentée par une des parties.
    Recenser les faits, recueillir les témoignages, assembler le tout pour fournir un récit cohérent et laisser se dessiner en creux ce qui sera in fine l’approche la plus fidèle de cette belle insaisissable qu’est la vérité.

    C’est merveilleux...

    Mais c’est ça, le journalisme !

    Alors, pourquoi se priver d’appliquer cette méthode qui honore celui qui l’utilise et respecte ceux à qui elle s’adresse à un événement dont les conséquences ont façonné durablement le contexte économique et politique mondial actuel ? Un événement dont le récit officiel, présenté quelques heures après les faits, n’a été conforté par aucun élément d’enquête sérieuse, et qui laisse au contraire apparaître de profondes anomalies et contradictions lorsqu’on se penche sans a priori sur les éléments matériels encore disponibles malgré une volonté évidente d’en effacer toute trace ?

    Bref, après Reopen Segolen, pourquoi pas Reopen Nine-eleven ?

  • Ishtar
    Ishtar
     ? ?
    • Posté à 09h46 le 23/05/2008
    • Internaute 26226
       ? ?

    L’UMP et certains médias oublient de façon beaucoup plus appuyée pour les premiers de parler de l’affaire dans toute sa complexité.
    Cracher leur venin permet aux responsables du gouvernement de faire diversion en faisant de fait l’impasse sur leurs propres couacs en tous genre.C’est commode pour eux ,malhonnête vis à vis des Français et bien sûr la plupart des médias dernièrement remis à leurs places par un Sarkozy qui leur a reproché leur manque de soumission s’empressent d’abonder dans le même sens en économisant judicieusement les infos réelles.Le procédé n’est malheureusement pas nouveau.
    Quelques rappels à l’ordre de l’appareil UMP et la presse un temps très très légèrement plus offensive,redevient comme auparavant beaucoup plus complaisante et docile vis à vis du pouvoir !

  • pedro66
    pedro66
    informaticien bon à rien
    • Posté à 09h47 le 23/05/2008
    • Internaute 25616
      informaticien bon à rien

    La vraie Ségolène ...
    Et à côté, ce n’est pas un opposant, mais son 1er conseiller .....
    Eh bien, Nico c’est pas beau,
    mais Sego c’est pas mieux ! ! ! !

    Lien

  • C C
    C C
    • Posté à 12h02 le 23/05/2008
    • Internaute 37587

    C’est juste une malade de ne pas avoir reglé ca à l’amiable, rapidement. Deux fois deux mois de salaire c’est pas la mort du petit cheval, elle a sans doute plus les moyens que ses secretaires.
    Quand au complot ump franchement...

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h51 le 23/05/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    Et si on prétait un minimum d’attention à celle qui accuse Ségolène :

    Témoignage d’Evelyne Pathouot qui a poursuivi Ségolène Royal en justice :

    « Ségolène Royal, ombre et lumière », éd. Michalon,

    =================
    ==> désolé, c’est un gros pavé, mais il se lit facilement, et l’alléger aurait dénaturé le témoignage
    =================

    « .....Tout commence à l’automne 1995, à la mairie de Beauvoir-sur- Niort. Employée d’une association — Ruravive —, Evelyne Pathouot vient expliquer à Ségolène Royal certains problèmes de la région. Intéressée par ses propos, la députée lui propose de l’embaucher. Evelyne commence “ de manière informelle ” en décembre 1995. Rien n’a été défini sur le plan juridique. Début janvier 1996, surprise...
    Au moment d’établir mon contrat, Ségolène m’expliqua qu’elle ne serait sans doute pas en mesure de me verser un salaire équivalent à celui que je percevais avec Ruravive. Sur le moment, cela ne m’inquiéta pas outre mesure. Elle avait sans doute épuisé son indemnité parlementaire et tout rentrerait dans l’ordre quand les services de la questure de l’Assemblée nationale débloqueraient des fonds. En attendant, Mme Royal avait une solution de “ dépannage ” grâce à l’un de ses “ camarades ”, trésorier d’une association de type loi de 1901 : Poitou 93.

    Cette structure me verserait un complément de salaire. Je pourrais ainsi rester auprès d’elle, officiellement engagée à mi-temps. J’avais donc un demi-emploi légal et un demiemploi au statut moins... net.
    Hormis la petite sensation désagréable d’avoir été un peu “ baladée ”, je m’accommodai de cette proposition un peu “ limite ” en me disant que c’était une solution temporaire. Il est vrai que ce genre de “ petits arrangements entre amis ” était encore assez courant à cette époque même s’il était le plus souvent fustigé par ceux-là mêmes qui y avaient recours.

    Il m’était revenu de contacter mon autre “ demi-patron ”, le trésorier de Poitou 93, une association créée dans la petite commune de Melle, le 20 avril 1990, et présidée par Ségolène Royal. Ségoliste convaincu, ce responsable d’association était cependant suffisamment lucide pour être agacé par la manière dont on usait de lui comme d’un “ intendant des volontés royales ”. Aux premiers mots échangés, je m’aperçus, avec stupéfaction, qu’il ignorait tout de mon existence, tout de la situation nouvellement créée et que Ségolène ne lui avait rien dit. Je pris sur moi et, essayant de garder mon calme, je me décidai à expliquer le plus fermement que je le pouvais : “ Ségolène m’a assurée que vous étiez disposé à prendre en charge la moitié de mon salaire. ”
    Il blêmit, se leva de son bureau et se mit à arpenter la pièce contenant mal ce qui commençait de ressembler à une grosse colère. Au bout de quelques minutes, il explosa :
    “ Elle est folle, complètement folle ! Avec ses histoires, on va tous finir en prison. ”

    Suite au refus de l’association, Ségolène propose à Evelyne de lui verser le solde de son salaire de la main à la main.
    C’est à prendre ou à laisser. Elle prend... La députée multiplie les poses de premières pierres et les inaugurations. Elle n’a que peu de temps pour s’occuper du suivi concret des dossiers, car elle ne dispose d’aucun endroit pour travailler. Elle ne possède pas de studio sur place et, plutôt que de descendre dans un hôtel, préfère loger chez les militants.

    On sortait du placard le service des jours de fête, on allait chercher à la cave une bonne bouteille. Pour ne pas faire d’envieux, on conviait des voisins ou des camarades de parti.
    A l’arrivée, l’addition était plutôt salée pour des gens le plus souvent modestes. Mais de cela, Ségolène n’avait pas la moindre idée. Elle s’imaginait que c’était l’ordinaire de ses hôtes et c’est tout juste si elle ne s’attribuait pas le mérite de l’apparente prospérité de sa circonscription où la poule au pot n’était pas réservée au dimanche seulement. Et honneur à celui qui la recevait trop bien ! Il aurait certainement droit à une nouvelle visite. A cette époque, Ségolène n’aimait pas trop non plus s’embarrasser de bagages. Elle voyageait avec le strict minimum. Aussi, quand il faisait froid, elle n’hésitait pas à enfiler les charentaises du grand-père dès que celui-ci était monté se coucher.
    Et puis, elle profitait de ces agapes pour tenir réunion sur réunion. Après son départ, la maison ressemblait souvent à un véritable champ de bataille, mais elle, elle n’était pas peu fière d’assumer ce rôle d’élue de proximité.
    Comme elle ne disposait pas de voiture et qu’elle ignorait visiblement qu’on peut en louer une auprès d’établissements spécialisés — c’est l’hypothèse basse que je préfère retenir —, un militant ou une militante était réquisitionné pour lui servir de chauffeur et la convoyer du matin jusqu’au soir.
    Sitôt mon contrat signé, c’est à moi qu’échut cette mission qui allongeait indéfiniment mes journées de travail “ à mi-temps ”. Avec deux problèmes supplémentaires à la clé. D’abord, et au début du moins, Ségolène semblait ignorer superbement qu’il est nécessaire de faire, de temps à autre, le plein d’essence et que les stations préposées à cet effet ne distribuent pas gratuitement le précieux liquide qui sort de leurs pompes, comme le font avec l’eau les fontaines Wallace de Paris. Il me faudra beaucoup de temps et de doigté pour l’avertir de cette mauvaise nouvelle.

    Tout se passait bien sauf... à la fin de chaque mois, car je devais lui réclamer le complément de salaire qu’elle s’était engagée à me verser de la main à la main. Je me retrouvais transformée en mendiante sollicitant d’une bonne âme le secours financier dont elle a besoin pour nourrir les siens.

    C’était là une démarche profondément humiliante, dont je me serais volontiers passée car elle me faisait sentir la précarité de mon statut et ma totale dépendance à l’égard de ma “ demi-employeuse ”. Et, à chaque fois, Ségolène Royal semblait presque étonnée de me voir exiger mon dû, même si j’y mettais certaines formes.

    Très vite, je découvris qu’elle entretenait des rapports plutôt singuliers avec l’argent. A la manière de son mentor, François Mitterrand, elle n’avait jamais de liquide sur elle. Parfois, avant de repartir pour Paris, elle m’invitait à boire un verre au buffet de la gare. Comme deux amies de longue date, nous discutions autour d’un Perrier jusqu’au moment où, s’apercevant que l’heure avait tourné et qu’elle risquait de manquer son train, elle se levait précipitamment, me faisait “ au revoir ” avec un petit signe de la main et... me laissait régler l’addition.
    Scène sur le vif, au bureau, dans la permanence. Nous étions au téléphone et, pour la première fois, Ségolène me parlait d’un ton cassant, quasiment méprisant.
    Selon l’expression consacrée, elle me passait un savon, au motif que ma maladresse, pour ne pas dire mon incompétence, risquait fort de priver notre fameux comité d’expansion de la manne européenne. Elle s’était rendue à Bruxelles en toute confiance, assurée de pouvoir étudier avant son départ le dossier contenant l’ensemble des pièces qu’elle devait soumettre à ses interlocuteurs. Or, elle ne l’avait pas reçu suffisamment tôt parce que j’avais omis de l’envoyer à temps.
    J’avais devant les yeux le reçu de la poste prouvant que je lui avais bien fait parvenir à temps le fameux dossier. J’avais même avancé sur mes deniers personnels l’envoi du Chronopost. Je préférai néanmoins laisser passer l’orage.

    Pour la première fois, je venais de faire les frais de son interprétation personnelle du divertissement pascalien. Car je l’apprendrai ultérieurement, Ségolène était en “ représentation publique ”. En effet, lors de ce fameux coup de téléphone passé depuis son portable, elle se trouvait dans le TGV en compagnie de Jacques Delors.
    Sans doute avait-elle voulu déclencher chez son compagnon de voyage une réflexion admirative en lui exposant ses difficultés d’élue de terrain. Entourée de maladroits et d’incompétents, elle était obligée de veiller au moindre détail et de réparer les erreurs commises dans son dos. De quoi éventuellement susciter les encouragements de son interlocuteur et quelques sagaces conseils sur la manière dont elle devrait diriger son équipe. Elle avait, je le suppose, choisi de s’affirmer de la sorte.

    Elle me raccrocha donc quasiment au nez et je m’attendais à ce que sa prochaine visite dans les Deux-Sèvres ne soit pas pour moi une véritable partie de plaisir. Je me trompais lourdement.

    Vingt minutes plus tard, le téléphone sonna à nouveau. C’était Ségolène qui, cette fois, minaudait et bafouillait quelques excuses embarrassées. Elle regrettait de s’être emportée et m’embrassait.
    Il n’était plus question du fameux Chronopost. Elle me donnait l’impression de se conduire comme une petite fille prise en faute qui cherchait à se faire pardonner.

    Du grand art ! Et je tombai dans le panneau. J’aurai d’ailleurs l’occasion de constater qu’elle utilise volontiers cette “ stratégie ” pour désarmer ses adversaires. Et elle sait merveilleusement dissimuler cette tendance “ colérique ” en endossant, parfois inconsciemment, le rôle de la faible créature égarée dans un univers impitoyable d’hommes tous plus machistes les uns que les autres.

    Elle est parfois une sorte de saint Sébastien criblé de flèches auquel le sens de l’honneur ordonne qu’on le délivre de ses bourreaux. Cela lui permet d’esquiver certains coups bas ou de placer ses adversaires en position de faiblesse. S’ils la critiquent, ce n’est pas parce qu’elle a tort ou parce qu’ils ont une autre vision de la société. Non, elle est, en tant que femme, en tant que mère, en tant que Ségolène, la victime d’odieuses machinations qu’on épargne à ses rivaux. Cette posture victimaire ne se traduit pas exclusivement chez elle par “ des cris et des larmes ”. Elle en joue pour éluder toutes les questions embarrassantes... »

    Au cours de l’été 1996, Evelyne Pathouot est devenue assistante parlementaire en titre, dépendant de l’Assemblée nationale, mais, pour engager une personne supplémentaire, Ségolène médite de la faire rémunérer par EDF.

    La stupéfaction du responsable juridique de l’entreprise mettra un terme à cette velléité... Quelques mois plus tard, victime d’un accident vasculaire cérébral, Evelyne est en congé de maladie. Ségolène Royal lui garantit son paiement, quand arrive la fiche de paie de février 1997, où figure cette mention : « Suspension de salaire ».

    Je décidai de faxer tous les documents aux services administratifs de l’Assemblée, et ses agents, particulièrement férus en matière de droit social, s’aperçurent rapidement qu’il y avait irrégularité.

    Devant la gravité des faits, Madame la députée fut convoquée pour s’expliquer. C’était une affaire qui risquait de lui nuire politiquement et Ségolène dut rendre des comptes. Cela me valut évidemment de sérieuses réprimandes. Sitôt sortie de son entretien avec les services administratifs du Palais- Bourbon, elle m’appela, folle de rage.

    J’avais semé la zizanie et j’étais la dernière des idiotes car je ne comprenais rien. Visiblement, la précarité éventuelle de ma situation financière ne semblait plus l’émouvoir. Ainsi, quand je lui expliquai que la suspension d’un mois de salaire était une véritable catastrophe, elle me rétorqua simplement : « Mais Evelyne, vous avez une pension alimentaire ! »

    De tout ce que j’ai pu entendre de Ségolène durant toute la durée de notre travail en commun, c’est probablement la phrase qui m’a le plus choquée.

    Comment cette femme, estampillée militante de la cause des femmes et qui prétend même aujourd’hui faire bouger les choses très vite (comme d’habitude...) sur cette question si elle est élue présidente de la République, pouvait-elle considérer une pension alimentaire comme un privilège et non comme un droit ?

    Et puis, de quel droit se permettait-elle de s’immiscer dans ma vie privée sous le fallacieux prétexte de ne pas me payer mon salaire alors que, dans le même temps, elle percevait mes indemnités journalières ?

    Visiblement impressionnée par ma réaction, elle finit par changer de ton, adoptant celui de la petite fille égarée dans un monde trop compliqué pour elle. Elle s’excusa en m’expliquant qu’elle ignorait tout des démarches administratives et me promit que tout allait s’arranger...

    Mai 1997, Jacques Chirac dissout l’Assemblée nationale. Ségolène est réélue. Lionel Jospin s’installe à Matignon, Ségolène devient ministre déléguée, chargée de l’Enseignement scolaire, sous la houlette de Claude Allègre. L’ambiance est assez tendue, car elle propose à ses trois collaboratrices des contrats « Education nationale ».

    Nous étions surprises, car nous ne comprenions pas, même avec la meilleure volonté du monde, en quoi notre mission de propagande ségoliste à Melle pouvait se rapprocher du service public de l’Education nationale.

    De plus, ces contrats étaient pour le moins singuliers. N’y figuraient ni la date de début d’engagement, ni la durée et l’intitulé du poste, et encore moins le salaire. La légalité de ces contrats était incertaine car, même ministre déléguée, Ségolène ne pouvait passer outre certaines règles de recrutement de la fonction publique. Tout cela me rappela ses promesses d’embauche par Poitou 93 ou EDF...

    Les trois jeunes femmes refusent. Peu de temps auparavant, elles avaient songé à alerter la presse sur les « curieuses conceptions du droit social » de la nouvelle ministre.
    Sentant la tension monter, Ségolène nous invita à déjeuner pour nous narrer par le menu son installation rue de Grenelle. Elle tentait son jeu de la séduction auquel j’avais déjà tellement succombé...
    Le patron du restaurant était très heureux de la recevoir. Madame la ministre fut saluée comme il se devait et se conduisit avec une apparente simplicité. Elle n’était pas en représentation mais avec des « ami(e)s de longue date », qu’elle entendait régaler de bons plats et du récit de ses nouvelles aventures parisiennes.

    Je pensais que plus rien ne pourrait me surprendre venant de sa part, quand soudain, elle proféra, avec une insouciance totale des propos qui, dix ans plus tard, me paraissent toujours inqualifiables.

    Alors qu’elle évoquait certaines de ses déclarations sur la pédophilie dont la presse avait fait grand bruit et qui avaient assis sa réputation de femme d’ordre et d’autorité, elle se félicita elle-même d’avoir eu « la chance » — ce fut le terme qu’elle employa — d’avoir eu un cas de pédophilie dans sa circonscription, « ce qui (lui donnait) de l’avance sur Claude Allègre ».

    Le terme « chance » me semblait plutôt mal approprié. Je ne voyais pas en quoi cela pouvait constituer pour une élue une occasion de se réjouir, ni de l’« avance » sur un autre ministre.
    Sa langue n’avait pas fourché. Elle avait tenu ces propos parce qu’elle y croyait sincèrement, tout comme elle pensait qu’une pension alimentaire pouvait aisément permettre à une employée à plein-temps de se contenter d’un demi-salaire. Cette phrase, prononcée de manière anodine, opéra en moi un véritable déclic. La séduction cessa définitivement d’opérer. Ce fut le dérapage de trop. Dorénavant, il ne me restait de ma collaboration avec Ségolène qu’une immense déception. Ma décision était prise, je ne travaillerais plus jamais à ses côtés...

  • jacques-andré
    • Posté à 18h03 le 23/05/2008
    • Expert 42327
      avocat

    L’article de Monsieur Julien MARTIN reflete aussi bien que possible le déroulement des procédures civiles et pénales.

    Il a justement écarté toute polémique politique et toute discussion soit disant juridique.

    Si une question devait être posée à Madame ROYAL, elle pourrait être celle là :

    « Vous ditesque la situation aurait été inextricable sur le plan juridique. A supposer que vous ayez raison, mais que conformément aux contrats signés vous ayez quand même payé vos salariés ainsi que les charges sociales, quels seraient à votre avis les personnes ou organismes qui vous l’auraient reprochés.

    Pensez vous que l’URSSAF vous aurait fait un procès ou même remboursé les corisations ? »

  • marie.marie
    • Posté à 21h41 le 23/05/2008
    • Internaute 40586

    Un autre aspect de la personnalité de la « grande dame » :

    Lien

    Un bel exemple de démocratie participative au Conseil Régional de Poitou-Charente en février 2008... dont elle est la Présidente. Edifiant.
    Vive la fausseté autoritaire.

    Mettez en parallèle cette vidéo avec la condamnation au paiement des salaires, mélangez, secouez bien, décorez d’une fleur de jusquiame, dégustez bien frais et ne soyez pas malades.

    Désolée pour les fans.

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