A debattre 18/05/2008 à 13h40

« Love and Consequences », le récit qui a trompé l'Amérique


L’« autobiographie », best-seller salué par les critiques, était inventée. Les éditeurs sont accusés de pousser les auteurs à l’imposture.


Une nouvelle arnaque secoue le prestigieux milieu littéraire américain. Une jeune femme a réussi, en publiant ses mémoires, a se jouer de sa propre maison d’édition et des critiques littéraires de tout le pays. Fausse autobiographie devenue best-seller, « Love and Consequences : A Memoir of Hope and Survival » (« Amour et conséquences, des mémoires d’espoir et de survie ») narre une lutte, celle d’une petite fille d’origine indienne adoptée par une famille noire dans les quartiers pauvres de Los Angeles.

Avec un singulier talent de narration, Margaret B. Jones raconte comment, dés ses 8 ans, elle a commencé à vendre de la drogue pour les gangs du quartier, jusqu’au jour où elle voit son jeune frère se faire descendre par un de leurs membres.

Ce livre, paru en mars aux Etats-Unis, fut d’emblée un best-seller : l’Amérique entière a pleuré sur le sort de cette jeune femme. Le Times a salué « des mémoires d’une profonde humanité », et un grand hebdomadaire culturel, l’Entertainment weekly, « une histoire puissante de résilience et d’amour inconditionnel ».

Héroïne moderne, de celles qui forcent l’admiration parce qu’elles ont inversé leurs destins, Margaret B. Jones est devenue très vite une cliente idéale pour les médias. La jeune femme a raconté sur toutes les chaînes, avec un accent afro-américain mimé à la perfection, son expérience du monde des gangs, de la drogue et des bavures policières. (Voir la vidéo, en anglais.)



Quelle ne fut donc pas la déception de ces millions de lecteurs lorsqu’ils découvrirent la véritable identité de Margaret B. Jones, alias Margaret Seltzer, jeune femme d’origine européenne élevée dans une école privée épiscopale des beaux quartiers de Los Angeles ! « Une grande trahison personnelle et professionnelle » pour l’éditeur

Ce scandale a été révélé par la propre sœur de Margaret Seltzer, et très vite relayé par tous les grands médias. La maison d’édition de la jeune femme, Riverhead Books, s’est déclarée victime d’une « grande trahison personnelle et professionnelle », et a fait retirer de la vente tous les exemplaires de « Love and Consequences ». SUr son site, l’éditeur propose même de rembourser les lecteurs floués.

Livre brûlant parce que faux, les mémoires de Margaret B. Seltzer font désormais partie des introuvables dans les librairies américaines. Sur les blogs de critiques littéraires, la jeune femme se fait désormais traiter de « grosse menteuse ». Alors, Margaret Seltzer n’est-elle qu’une mythomane qui voulait à tous prix ses quinze minutes de célébrité ? Refusant toute invitation à la télévision, elle s’est justifiée dans une interview parue dans le New-York Times : selon elle, son mensonge était le meilleur moyen de se faire le porte-voix des pauvres qu’elle a rencontré dans son quotidien d’aide sociale dans la cité des anges.

« Le problème est d’abord éthique : on ment sur la marchandise »

Est-ce à dire qu’il faut apposer le sceau « histoire vraie » à un récit pour qu’il émeuve les éditeurs et les lecteurs ? Déjà, en 2006, James Frey, l’auteur d’une autobiographie devenue best-seller, « A Million little Pieces », dans laquelle il relatait son combat contre la drogue, avait reconnu avoir menti dans certains passages, se justifiant par la pression des éditeurs pour vendre son livre comme une expérience vécue.

Comme l’explique l’écrivain Philippe di Folco, auteur des « Grandes Impostures littéraires » (éd. Ecriture, paru en 2006) : « Le problème est d’abord éthique : on ment sur la marchandise. Un livre qui ment sur son label c’est comme une lessive qui affiche “laver blanc” et qui teinterait vos chemises en noir. »

Or, ces impostures deviennent monnaie courante ; récemment la révélation des mensonges d’un livre, succès mondial, de Misha Defonseca, « Survivre avec les loups », récit d’une petite fille juive pendant la Seconde Guerre mondiale qui échappe aux camps en survivant avec des loups, avait aussi posé la question de la véracité d’un témoignage invérifiable.

Pour Philippe di Folco, les auteurs ne sont pas les premiers coupables, « à mon sens, c’est l’éditeur le seul responsable : il a la charge, comme le rédacteur en chef d’un journal, de vérifier les sources. »

« Mentir sur ses écrits c’est rompre un pacte de toute façon rompu d’avance »

Dans le livre de Margaret B.Jones, certaines phrases auraient pu interpeller le lecteur attentif : « Les choses ne sont pas toujours telles qu’elles paraissent être : noires, blanches, grises ou brunes », écrit-elle. Même si la critique américaine se retrouve dégrisée par ses aveux, Margaret Seltzer renouvelle une grande leçon littéraire : tout récit est un leurre. Philippe di Folco le rappelle :

« Mentir sur ses écrits c’est rompre un pacte qui de toute façon est rompu d’avance : écrire c’est réinventer le monde. Aucune autobiographie ou biographie ne peut dire exactement ce qui a été de façon absolue. »

Jean-Jacques Rousseau, virtuose du mensonge autobiographique, promettait dans la préface de ses « Confessions » ; mémoires largement romancées, « le seul portrait d’homme, peint exactement d’après nature et dans toute sa vérité… »

Prêcher la sincérité pour mieux tromper son lecteur, promettre une vérité pour vendre le roman de sa vie, Margaret Seltzer n’a pas inventé ce procédé, elle a juste bénéficié des médias modernes pour faire la promotion de sa vérité littéraire. Après tout, l’écrivain a tous les droits, Borges l’affirmait une fois pour toutes dans « Fictions » : « Tout ceci est vrai parce que je l’ai inventé. »

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  • Francis Mizio
    Francis Mizio
    Ecrivain
    • Posté à 13h46 le 18/05/2008
    • Internaute 29599
      Ecrivain

    Hmmmm, excellent et passionnant article mais la citation de Borgès n’est-elle pas de boris Vian ?

    • Numerosix
      Numerosix répond à Francis Mizio
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 13h59 le 18/05/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ne parlez pas de Vian .
      Dans son roman « L’automne à Pékin » , il ne parle jamais ni de l’ automne, ni de Pékin ! Quel escroc !

    • adaunis
      adaunis répond à Francis Mizio
      • Posté à 14h08 le 18/05/2008
      • Internaute 4255

      J’aurais aimé mais non, c’est bien Borgès !
      Dans « Fiction » en 1944 !
      Les Grandes Impostures littéraires
      de Philippe Di Folco
      [Dictionnaire et anthologie]
      Lien

      • Francis Mizio
        Francis Mizio répond à adaunis
        Ecrivain
        • Posté à 14h14 le 18/05/2008
        • Internaute 29599
          Ecrivain

        Zut dans une chronique récente (sur le Bibliobs) j’ai dit que c’était Vian. pan sur le bec... Cela étant il peut y avoir débat, voir en bas de cet article : Lien

         
        • adaunis
          adaunis répond à Francis Mizio
          • Posté à 16h40 le 18/05/2008
          • Internaute 4255

          Le pan sur le bec ne serait pas mérité pour un amoureux de Vian, lui qui l’utilisait (le bec) à foison pour sa « trompinette ».
          Mais chronologiquement il me paraît difficile que ce soit de lui, car son premier roman date de 46, (J’irai cracher sur vos tombes « Vernon Sullivan »), quoique son premier roman inachevé « Conte de fées à l’usage des moyennes personnes “ date lui de 43, et pour en avoir une vision parcellaire et lointaine, ne me souviens pas d’une telle expression alors que le contexte de cette histoire s’y prêtait, puisqu’écrite pour sa première femme malade, la dérider, ce récit pour le peu que je m’en souvienne étant plein de jeux de mots, contrepèteries, et d’humour dans la ‘veine’ même, du personnage talentueux et trop tôt disparu.
          Je doute que Borgès et lui se soient connus, toutefois, continuez à vous exprimer dans le bibliobus, cela n’entache en rien le plaisir que j’ai à lire les ‘rubriques’ !

        1 autres commentaires
      • camarasa
        camarasa répond à adaunis
        • Posté à 06h30 le 19/05/2008
        • Internaute 38582

        Je viens de relire Fictions.
        A moins que je n’aie mal lu, cette phrase n’y figure nulle part.

         
        • Francis Mizio
          Francis Mizio répond à camarasa
          Ecrivain
          • Posté à 18h04 le 19/05/2008
          • Internaute 29599
            Ecrivain

          Merci ! J’en étais, en vérité, persuadé.

          je n’ai pu vérifier ni pour l’un ni pour l’autre. En fait on vit à l’étroit durant des années au milieu de livres. Un jour on craque et on décentralise ailleurs les dizaines de m3 de livres qu’on ne relit jamais.... et c’est alors que les bouquins vous manquent sans cesse pour une citation, une vérification, une envie... et que vous préféreriez les avoir à portée...

        1 autres commentaires
      • SaintFont
        SaintFont répond à adaunis
        dilettante
        • Posté à 20h49 le 19/05/2008
        • Internaute 42050
          dilettante

        « ... et les quelques pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du fait que l’histoire est entièrement vraie, puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre. » in : Boris Vian, « L’Ecume des jours », 10-18, 1969, page 5.
        L’avant-propos d’où est tirée cette citation est daté du 10 mars 1946. Vian aurait-il plagié Borgès ?
        J’aimerais beaucoup avoir la référence bibliographique complète de l’édition de Borgès concernant cette citation.

  • Gallifrey
    Gallifrey
    Ecrivain
    • Posté à 13h54 le 18/05/2008
    • Internaute 8709
      Ecrivain

    Et sans la mention d’autobiographie, les lecteurs n’en auraient ils pas ressenti la même chose ? J’ai pleuré en lisant des livres qui pourtant étaient des fictions, cela ne change pourtant rien à ce que j’ai ressenti sur le moment.

    Lien

    • juliettelucie
      juliettelucie répond à Gallifrey
      Agitée du bocal
      • Posté à 15h23 le 18/05/2008
      • Internaute 4918
        Agitée du bocal

      Ca fait diablement longtemps que je n’ai pas pleuré en lisant, et en voyant votre commentaire, je me rends compte que ça me manque. Des recommandations (Je suis bon public pour l’eau de rose qui termine mal, mais en fait qui termine bien...)

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 14h01 le 18/05/2008
    • Internaute 16256

    Les éditeurs s’en tirent à trop bon compte en s’exonérant de leurs responsabilités. A qui feront-ils croire qu’un auteur bidon puisse duper des professionnels de l’édition sur sa qualité d’abord, sur son parcours ensuite ?

    Allons donc, un éditeur consciencieux ET professionnel enquête sur ses auteurs avant de les publier, ils les convoquent, s’entretiennent avec eux et enfin les publient.

    Quand ils publient un fantôche ils le font en connaissance de cause.

    • Le_semeur_de
      • Posté à 14h23 le 18/05/2008
      • Internaute 25241

      Lol de chez lol !

      Quand untel plagie l’éditeur le sait ? pas tout le temps ;)

    • Wiglaf
      Wiglaf répond à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
      Deconstructionist (si cela est (...)
      • Posté à 14h32 le 18/05/2008
      • Internaute 41721
        Deconstructionist (si cela est (...)

      Ce qui est important c’est le message de l’auteur. Pourquoi l’éditeur devrait se sentir responsable ? Si on réfléchit, les mots ne sont pas connecté à la réalité. Le signe et le signifiant ne sont que des étiquettes. On peut les changer. Autobiographie peut-être mais est-ce important que ce soit vrai ?

      • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
        • Posté à 15h02 le 18/05/2008
        • Internaute 16256

        Mais l’éditeur s’en défend :

        « “Une grande trahison personnelle et professionnelle” pour l’éditeur »

        Lisez avant de répondre, utilisez votre cerveau ! Les mots ont un sens !

         
        • Wiglaf
          Wiglaf répond à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
          Deconstructionist (si cela est (...)
          • Posté à 19h35 le 18/05/2008
          • Internaute 41721
            Deconstructionist (si cela est (...)

          L’éditeur se défend de quoi ? d’avoir été trahi ? de devoir retirer son livre de la vente ? Il me semble que ce ne soit pas important du tout. Ce qui compte en effet c’est le sens des mots et l’effet produit. Comme nous sommes tous les deux d’accord il est plus intelligent de se concentrer sur le sens des mots de l’auteur et non des soit-disants problèmes d’un éditeur.

        1 autres commentaires
      • Gouthe dô
        Gouthe dô répond à Wiglaf
        para legal Défense
        • Posté à 11h30 le 19/05/2008
        • Internaute 36189
          para legal Défense

        je suis d’accord. peu importe que cela soit vrai ou pas
        il faut que cela soit bien écrit, que le lecteur soit emporté par sa lecture
        et m^me pour une histoire vraie comment peut on distinguer la partie réellement vraie de la partie romancée ?
        si le lecteur a acheté ce livre et ne l’a aimé que parce que c’était une histoire vraie c’est bien dommage
        et là nous rejoignons un article de rue 89 : nous en revenons au voyeurisme de l’être humain
        la littérature est là pour nous transporter
        et pour ce livre où est le mal s’il dépeint une réalité vraie même si elle n’est pas celle vécue par l’auteur ?

  • zorbeck
    • Posté à 14h09 le 18/05/2008
    • Internaute 9110

    Fiction pour fiction, il y en a qui ont l’indignation facile, les electeurs de Bush par exemple, qui ont si vite oublié le bobard planétaire des AMDs, et c’est autrement plus grave car ce genre de fiction a eu des effets bien réels...

  • Le_semeur_de
    • Posté à 14h25 le 18/05/2008
    • Internaute 25241

    En tout cas on constate encore une société ricaine qui soit disant ne supporte pas le mensonge et qui lapide un écrivain ayant menti mais d’un autre coté a ré élu bush alors qu’il avait menti ...

    Bref il ne lui reste qu’a rajouter « fiction » et de relancer les ventes par le net ;)

    Merde ! Bush c’est de la fiction aussi ? ;)

  • Wiglaf
    Wiglaf
    Deconstructionist (si cela est (...)
    • Posté à 14h26 le 18/05/2008
    • Internaute 41721
      Deconstructionist (si cela est (...)

    « Tout ceci est vrai parce que je l’ai inventé. » Cette phrase me rappelle fortement Willam James (le frère d’Henry) et sa théorie sur la vérité ’pragmatique.’ La valeur de la vérité et celle qu’on veut bien croire. Le fait d’y croire rends sa vérité vraie. Jean Jaques Rousseau, comme montré dans l’article, ne croyait pas à l’écrit : « L’écriture n’est que la représentation de la parole ; il est bizarre qu’on donne plus de soin à déterminer l’image que l’objet. » Cela rappelle fortement Platon... Ce problème est aussi vieux que notre culture. Je ne comprends pas comment les Américains soient choqués. Pourquoi ne le sont-ils pas lorsque le phénomène inverse se produit. Je pense à Dan Brown et son Da Vinci Code. Lui déclare que tous les faits de son livre sont avérés... Je me permettrai donc de citer Jaques Derrida : « Il n’y a rien hors du texte. » Prenons donc les textes tels qu’il le sont en essayant d’en comprendre le message.

  • Caius
    Caius
    Expert en management
    • Posté à 15h03 le 18/05/2008
    • Internaute 35080
      Expert en management

    Je trouve certes un peu gonflée la tentative de l’auteur de faire passer pour autobiographique une histoire qu’elle a inventée. Ceci d’autant plus que, contrairement apparemment à Misha Defonseca, qui semble plus victime de troubles de la personnalité que responsable d’une imposture délibérée, Margaret Jones semble avoir parfaitement orchestré cette manipulation.

    Ceci dit, ce qu’elle dépeint dans ce livre est bien UNE réalité, celle des milieux défavorisés des Etats-Unis. Et elle l’a fait avec un certain talent.

    Alors que l’on me permette de rire de la réaction hypocrite des médias US qui descendent en flamme celle qu’ils ont encensée. Les gens ont trop bouffé de télé-réalité, volià tout : ils ne sont plus capables de s’intéresser à une fiction, même si cette fiction est ancrée dans le réel : il leur faut du vécu authentique, du saignant pur jus. Margaret Jones n’a fait, au fond, que surfer sur cette déplorable tendance du public, qui n’a eu que ce qu’il mérite.

    Moralité : il faudrait republier d’urgence ce livre avec, sur la jaquette : Roman basé sur une quantité de témoignages authentiques. Ce qu’il est.

  • Lorélie C.
    Lorélie C.
    Etudiante à la Sorbonne
    • Posté à 15h10 le 18/05/2008
    • Internaute 38569
      Etudiante à la Sorbonne

    Bien fait pour les éditeurs qui se frottent les mains en se disant que, parce qu’ils vont pouvoir apposer sur un livre le label « histoire vraie », ils vont se ramasser un max de fric. Bah non, quelle importance de savoir si l’auteur a bien vécu ce qu’il raconte ? Quelle importance de savoir que Proust, ce n’était pas une madeleine mais une biscotte qu’il trempait dans son thé ? (ou son lait, trou de mémoire). Le lecteur veut voyager, qu’il voyage ! C’est juste la maison d’édition qui se mord les doigts, humiliée en public. Bravo à Margaret Seltzer !

  • A déménagé le 13-01-2012
    • Posté à 15h11 le 18/05/2008
    • Internaute 18368

    La littérature (l’objet livre-auteur) est devenue un business ; elle n’est plus qu’un maillon de la grande chaîne de production.
    Un maillon peut casser ? Il sera vite remplacé...
    Reste le texte.
    L’écriture devrait rester anonyme et n’être que lue.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 15h33 le 18/05/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    C’est possible que c’est l’éditeur en ajoutant « histoire vraie » qui a voulu profiter de ce bandeau supplémentaire pour se faire plus de blé...

    L’essentiel n’est il pas que son bouquin, basé sur des témoignages authentiques, soit bon. A regretter, que Margaret Seltzer en ait rajouté en acceptant des interviews. Elle aurait pu, ainsi, rester à son bouquin auquel il aurait suffi d’enlever « histoire vraie ».

    Mais, ce qui est clair dans cette histoire est l’hypocrisie des Américains capables de réèlire Bush, menteur meurtrier et de mettre au pilori Margaret Seltzer.

    Lien

    • Jaycib
      Jaycib répond à Phil2922
      Désagrégé de l'Université
      • Posté à 19h43 le 18/05/2008
      • Internaute 37053
        Désagrégé de l'Université

      Arrête, Phil ! 280.000.000 d’Américains capables de réélire Bush « et de mettre au pilori Margaret Seltzer » dans le même temps ? ? ? Ce raccourci m’interpelle.

      Vraiment, « les Américains » ont bon dos ! Et leur hypocrisie avec...

  • Beeks
    • Posté à 15h45 le 18/05/2008
    • Internaute 24435

    un jour on va apprendre que L’Iliade et l’Odyssée d’Homère, Harry potter ou le Da Vinci code ont été inventé de toutes pièces tout comme les héros de Marvel (spiderman,batman,le surfer d’argent...).vous me mettez un doute en tête le personnage central du livre de Yasmina Reza « L’aube le soir ou la nuit » est-il réel ?

  • moré
    moré
    traitement des sols
    • Posté à 15h46 le 18/05/2008
    • Internaute 37875
      traitement des sols

    C’est plutôt une bonne nouvelle que Margaret n’ait pas vécu tout ça

    • Beeks
      Beeks répond à moré
      • Posté à 16h19 le 18/05/2008
      • Internaute 24435

      je suis d’accord avec vous St moré

      • moré
        moré répond à Beeks
        traitement des sols
        • Posté à 16h29 le 18/05/2008
        • Internaute 37875
          traitement des sols

        Merci de votre soutien

  • cubzagais
    • Posté à 15h48 le 18/05/2008
    • Internaute 33015

    Je rejoins l’avis de Zorbek : s’indigner d’un mensonge créatif pour des raisons éthiques, alors que l’on n’hésite pas à spéculer sur les produits alimentaires sans culpabiliser des millions de morts potentiel, c’est du foutage de gueule, ni plus, ni moins.

    • solstice
      solstice répond à cubzagais
      pigiste
      • Posté à 09h59 le 19/05/2008
      • Internaute 38451
        pigiste

      Absolument d’accord, on s’offusque de quelque chose de pas bien nouveau. Le Petit Prince n’a pas existé... Zut alors...
      Si l’histoire vaut le coup, pourquoi pas ? Je ne l’ai pas lu et si je tombe dessus, je ne vais pas le brûler !
      Il y a tout de même des mensonges bien plus graves !

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 16h25 le 18/05/2008
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    Rien que cela me parait bizarre : « celle d’une petite fille d’origine indienne adoptée par une famille noire dans les quartiers pauvres ».
    Je n’ai jamais vu beaucoup d’indiens dans les quartiers noirs pauvres aux USA. De plus, je vois mal les services sociaux faire adopter un enfant a une famille pauvre.
    Si le livre est bien ecrit : le remettre en vente en tant que roman.

  • emachedé
    emachedé
    Ici
    • Posté à 16h44 le 18/05/2008
    • Internaute 36674
      Ici

    ça rappelle le film « Le faussaire » avec Richard Gere interprétant l’écrivain Clifford Irving qui invente la biographie du richissime et détesté homme d’affaire Howard Hugues.
    Il avait réussi à berner tout le milieu des éditeurs, les tests manuscrits.
    L’homme d’affaire avait dû intervenir publiquement pour démentir et intenter un procès.
    A la fin du film, on apprend que ceci était peut être au coeur d’une affaire politico-économique entre la réélection de Nixon et la compagnie aérienne de Ho. Hugues.

    Comme quoi, l’Histoire est un éternel recommencement.

    Emachedé du Blog Cpolitic
    Lien

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor répond à emachedé
      - Gone fishing !
      • Posté à 06h14 le 19/05/2008
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      Si tu as aimé le film avec Richard Gere, tu devrais te procurer le film que Orson Welles a fait sur Clifford Irving ( avec le vrai Clifford) et Elmyr de Hory, et qui s’intitule « F for Fake »...une petite merveille de documentaire.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 16h45 le 18/05/2008
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    ça me donnes envie de le lire y doit être bien , avec un bon alka seltzer pour digérer l’histoire ( orpheline indienne povre adoptée par des blacks encore plus povres , de la came et des meurtres y’a surement un peu de sexe itou , tous les ingrédients pour faire un bon film ) y aurait pas le deuxième effets kiss cool derrière le fait d’avouer se p’tit mensonge

  • Tyller
    Tyller
    Artiste frustré
    • Posté à 17h18 le 18/05/2008
    • Internaute 40258
      Artiste frustré

    Au final ou est l’importance ?
    l’histoire à plu, et devenu best-seller sur un mensonge, le livre ce vendra encore par tonnes car ça n’en est plus un.

    Hop, double buzz pour un seul livre.

  • .Alice.
    .Alice.
    végétarienne pacifiste utopiste (...)
    • Posté à 18h49 le 18/05/2008
    • Internaute 40618
      végétarienne pacifiste utopiste (...)

    Si je me souvient bien, Dan Brown avait aussi eu des problèmes avec « Davinci Code »...Mais un roman reste un roman.Même si on affirme que dans un roman tout est vrai, on ne peut pas en être sur, c’est un pacte entre le lecteur et l’auteur ; le lecteur s’engage à faire confiance à l’auteur.

    Boris Vian avait écrit aussi, dans l’écume des jours : << Cette histoire est vrai puisque je l’ai inventé de toutes pièces >>.

    Est on obligés d’être pauvres pour défendre les pauvres ? C’est un beaux geste de la part de la part de Margaret Seltzer et les lecteurs ne sont plus touchés par cette histoire car elle est fausse ! ! ! ? A-t on besoin que ces horreurs soient vrais pour être touchés ? Dans ce cas, c’est se servir du malheur des autres pour vendre.

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 19h01 le 18/05/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    Cela ne fait qu’un auteur de plus qui a menti... On peut aussi noter les attaques du quotidien « The Australian » sur la crédibilité du récit de Ishmael Beah « A long way gone ».
    D’après le quotidien, la vie d’enfant soldat de Beah au Sierra Leone serait en partie inventée. Pas mal pour quelqu’un qui est devenu ambassadeur de l’UNICEF grâce au succès de cette biographie, non ?

    Lien

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 19h57 le 18/05/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    D’une part, il y a imposture, c’est indéniable. Peu importe que l’imposteur soit l’auteur ou l’éditeur. Et si l’auteur était en fin de compte plutôt machiavellique, sachant pertinemmment qu’elle aurait davantage de chances de retenir l’attention des éditeurs en qualifiant son récit d’autobiographique ? Et si l’éditeur n’était qu’un fourbe digne de Richard III ou de Tartuffe, pas simplement un être assoiffé de pognon ?

    C’est une possibilité qu’on ne peut pas exclure, dans un cas comme dans l’autre.

    Sur les rapports entre mensonge littéraire et vérité « historique », il y aurait beaucoup, beaucoup à dire, mais je m’arrête là, les références à Borgès étant suffisamment prégnantes.

    J’ai eu un prof qui rayait d’un trait de plume toutes les mentions de la prétendue « sincérité » d’un auteur dans une copie. Il affirmait que la sincérité n’entretenait avec la littérature aucun rapport de pertinence. Qui de plus sincère, en effet, que Louis-Ferdinand Céline ?

  • childeric
    • Posté à 20h57 le 18/05/2008
    • Internaute 10719

    Cette façon de faire me rappelle étrangement les manières de faire de nos propres hommes politiques français (voir la façon de justifier leur approbation des OGM par des arguments tirés directement des semenciers ...au détriment de notre santé et du futur de nos enfants) !

  • Sin-Bin-Angel
    Sin-Bin-Angel
    Battologiste (retraité)
    • Posté à 09h51 le 21/05/2008
    • Internaute 41944
      Battologiste (retraité)

    Le mensonge autobiographique n’a pas besoin de littérature pour exister. Qui n’est porteur d’une histoire personnelle retravaillée au fil des ans ?

    Nombreux sont ceux qui ont écrit (et réécrit) l’histoire de leur vie, la publiant à compte d’auteur chez d’impitoyables éditeurs-brigands qui leur font payer très cher la petite satisfaction d’ego de lire leur nom en première de couv.
    Peut-on blâmer l’éditeur généraliste qui découvre un vrai talent d’écriture ou simplement une histoire vendable (quitte à l’exploiter avec des plumes mercenaires) — sachant qu’il parie son propre argent sur un livre — de se demander : entre le vrai et le vraisemblable, qu’est-ce qui se vend le mieux ?
    Il y aurait eu « imposture littéraire » si le projet avait été littéraire et que l’auteure n’ait pas écrit son livre elle-même, mais en quoi « Love and Consequences : A Memoir of Hope and Survival » avait-il des prétentions littéraires avant que les critiques, unanimes, ne lui découvrent des qualités hors-normes pour un livre documentaire ? On aurait pu s’attendre à l’autobiographie croustillante d’une adolescente qui a grandi dans le gangland de Los Angeles. La curiosité des Américains sur le sujet est insatiable ; le cinéma, les séries TV, les polars à gros tirages, tous exploitent le filon dans le genre docu-fictionnel. Quoi que l’on en pense, l’éditeur de « Love and Consequences [...] » a bien fait son travail et, à présent que l’on sait que c’est encore mieux que du vécu : c’est de l’inventé bien écrit, il se pourrait que le livre de Margaret Seltzer soit quand même... de la littérature.
    Question subsidiaire : Oriane Jeancourt-Galignani a-t-elle eu en main le livre en question et a-t-elle pu juger par elle-même de son éventuelle qualité d’écriture ? S’il n’y en avait aucune, je me demanderais en quoi « les milieux littéraires américains » ont pu s’y intéresser.

  • Anthropia
    • Posté à 09h48 le 19/05/2008
    • Internaute 17441

    Je crois que la dernière autobiographie que j’ai lue était celle d’Angela Davis.

    Depuis, c’est un genre que je fuis, je préfère un roman, pourquoi ne pas publier des romans pour tous récits, puisque de toutes les manières la mémoire nous joue des tours, on n’est jamais capable de retrouver la réalité sous les souvenirs,

    et puis la réalité, c’est quoi, un point de vue à un temps t, qui peut changer quand on reconsidère sa vie quelques temps après, et de plus, un point de vue qui n’est que le sien, c’est-à-dire probablement pas celui de sa famille, de ses amis.

    Non, il n’y a pas d’autobiographies, juste des romans de soi... qu’à juste titre, les éditeurs appellent auto-fiction. Relire Fils de Serge Doubrovski.

    Et Rapport sur moi de Grégoire Bouiller, l’homme qui inspira sa dernière expo à Sophie Calle.

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  • Azrael
    • Posté à 10h04 le 19/05/2008
    • Internaute 2074

    Et Mille à Jars !

  • Anthropia
    • Posté à 13h06 le 19/05/2008
    • Internaute 17441

    Je voulais vous dire, Rue89, votre site se déguste avec un rare plaisir, je lis beaucoup de choses, tout m’intéresse, les angles, les sujets, preuve que ce qui compte dans la presse, c’est la motivation des journalistes, leur envie de se défoncer, ça se voit, ça se lit, ça se savoure.

    C’était juste comme ça, un lundi et l’agrément d’ouvrir votre page.

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  • Red_XIII
    Red_XIII
    Chercheur en expression (...)
    • Posté à 15h23 le 19/05/2008
    • Expert 30332
      Chercheur en expression (...)

    « Ainsi les accents de la nature morte ou animée trouvent leurs échos et leurs consonances dans la nature vivante. »

    C’était à quelque chose près du latin de l’eau cité par Bachelard.

    çà veut dire que ce à quoi vous pensez, comme ce dont vous causez, ce sont toujours des reflets de la nature sauvage et minérale, plus ou moins déformés.

    Plic, Ploc, Plic, Ploc, faisaient les doigts sur le clavier. Ces gredins plagiaient des gouttes de pluie :)