A debattre 18/05/2008 à 11h45

Les profs vraiment mieux traités en France qu'ailleurs en Europe ?


En répondant, jeudi soir, par la fermeté aux enseignants, Nicolas Sarkozy a achevé de se mettre à dos le monde éducatif, déjà très mobilisé contre la suppression de 11 200 postes équivalents temps plein dès la rentrée 2008.

C’est sur le front du service mininum que Nicolas Sarkozy avait décidé de répliquer aux profs, quelques heures à peine après la fin des manifestations. Un terrain plutôt flatteur pour le gouvernement si l’on en croit les sondages qui avancent que 60% des Français y seraient favorables... même si, localement, moins d’une commune sur dix l’a appliqué ce jour-là. Le corps enseignant, en revanche, reste farouchement hostile au service minimum, qui plus est à l’heure des suppressions de postes annoncées.

L’un des arguments avancés par le gouvernement consiste à dire que le service minimum d’accueil (SMA), devient la norme en Europe. En réalité, la situation demeure plutôt constrastée à l’échelle de l’Union, où la moitié des Etats-membres le pratiquent dans les services publics. Toutefois, localement, cette mesure reste le plus souvent assortie d’une liste de « services publics vitaux » concernés par le service minimum... dont l’éducation fait rarement partie.

En fait, la réalité de la profession n’est pas homogène, en Europe. C’est ce qui ressort notamment des travaux du réseau Eurydice, spécialisé dans la recherche et la comparaison des politiques éducatives à l’échelle européenne. Leur prochain grand bilan sortira l’an prochain. Pour l’heure, ce sont les chiffres publiés en 2005 et collectés sur l’année 2002/2003 qui nous éclairent sur plusieurs disparités d’un pays à l’autre.


Les profs français travaillent (plutôt) moins longtemps.

La durée hebdomadaire du travail reste d’autant plus disparate en Europe que la façon de mesurer varie, elle aussi, selon qu’on table sur l’ensemble du temps de travail ou le strict temps consacré à l’enseignement.

Cependant, selon Eurydice, les enseignants français consacrent, sur le papier, moins d’heures à leur métier que leurs homologues voisins. Le laboratoire de recherche avance en effet, au tamis de critères identiques, que les conditions seraient particulièrement favorables en France, où le temps d’enseignement hebdomadaire en second degré oscille entre 16 heures d’enseignement et 35 heures de temps de travail global, contre 21 à 40 heures par semaine en Allemagne.

Un chiffre qui contraste toutefois avec l’enquête, franco-française, du ministère qui affirmait à la même époque que les enseignants à temps complet exerçaient « en moyenne 39 heures 47 par semaine, dont 20 heures 27 hors enseignement ».

A noter : certains pays, comme le Royaume-Uni, se basent d’emblée sur le décompte statutaire du temps de présence dans l’établissement, soit 32,4 heures par semaine, qu’on enseigne dans le premier ou le second degré.


La sécurité de l’emploi, comme ailleurs.

Le statut des enseignants tranche également d’un pays à l’autre. Si la sécurité de l’emploi reste acquise dans une vaste majorité d’Etats-membres, deux pays font toutefois exception : la Suède et la Finlande où « des licenciements sont possibles », informe Eurydice.

Ailleurs, le rapport publié en 2005 précise que « le pourcentage d’enseignants disposant d’un poste permanent est très élevé (au minimum 75% de la population enseignante) ».

Attention toutefois : ceci n’implique pas pour autant que les profs sont systématiquement fonctionnaires. Si c’est le cas en France pour tous les titulaires, d’autres pays leur concèdent la sécurité de l’emploi sans pour autant les faire entrer dans la fonction publique :

« Dans la moitié des pays, les enseignants sont engagés en tant qu’agents contractuels soumis à la législation générale sur le travail. »

Au demeurant, le rapport Eurydice argue cependant qu’à l’échelle européenne, licencier un enseignant reste tabou :

« Les problèmes d’incompétence professionnelle sont réglés par une mutation. »

Des salaires moins élevés.

C’est sur le critère de la rémunération que le métier d’enseignant semble moins attirant en France, où le réseau d’information basé à Bruxelles le juge « particulièrement bas ».

Rapportés en pourcentage du PIB national par habitant, le salaire de base d’un enseignant certifié en fin de carrière stagne à 183% en France (et 99% en début de carrière). Là où il est déjà à 230% en Espagne ou 320% au Portugal, par exemple.

A noter : en Suède, il n’existe aucune échelle de salaire pour le corps enseignant, tandis qu’il existe de fortes disparités salariales outre-Manche, notamment entre Londres et la province. Idem en Espagne, où il varie d’une région à l’autre et au Danemark, où une partie du salaire est négociée avec les autorités locales.

Enfin, le rapport de 2005 notait qu’il existait peu de perspectives d’évolution et des marges d’augmentation très limitées au fil de la carrière. Dans pas moins de douze pays, à l’instar de la Grèce, du Portugal ou de nombreux nouveaux Etats-membres, un enseignant est d’ailleurs payé sur la même base, qu’il travaille en primaire, collège ou lycée, analyse Eurydice.

Pour finir, le rapport constate que les enseignants français sont particulièrement peu accompagnés sur deux plans : la formation continue, qui reste facultative contrairement à ce qui se pratique chez nos voisins, et, enfin, le soutien aux enseignants en difficulté, un domaine peu pris en compte.

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    • Posté à 11h54 le 18/05/2008
    • Internaute 36815

    Appel aux organisations syndicales sur la « réforme » des retraites.
    ––––––

    A l’attention de : Syndicats de salariés du secteur public et privé

    Nous salariés du public et du privé, demandons que soit en préalable régularisées ces importantes questions, avant toute nouvelle réforme équitable des retraites.

    1/ Sur les recettes exonérées, visées par la Cour des Comptes :

    - La taxation immédiate des stock-options, qui, selon les termes du dernier rapport constituent « bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable », qui ont ainsi entraîné une « perte de recette aux alentours de 3 milliards d’euros » ( année 2005).
    Ce rapport de la Cour des Comptes précise que : les 100 premiers bénéficiaires devaient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d’euros.

    2/ Sur les dettes de l« Etat :

    - Apurement de ses dettes, supérieures à 10 milliards d’euros, qu’il a cumulées à l’égard de la “Sécu” en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges (rapport Cour des Comptes).

    3/ Sur les recettes de privatisations :

    - Transfert des sommes non versées depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites, comme la loi le prévoyait.

    A savoir que ce fond était abondé à hauteur de 30 milliards d’euros en 2002. Il aurait dù étre à hauteur de 300 milliards en 2007, or 3% seulement des recettes de privatisations effectuées depuis ont alimenté ce fond de réserve.

    4/ Sur les gains de la VAB, détournées des bénéfices du travail, vers les profits :

    - 8,4 points de valeur ajoutée depuis 25 ans (référence INSEE), représentant pour la seule année 2006, 134 milliards d’euro, au détriment des bénéfices du travail.

    5/ Sur les “niches” fiscales :

    - 254 “niches” fiscales qui permettent à 3900 gros contribuables d’échapper à tout impot sur le revenu, privant l’Etat de 43 milliards de recettes, une somme supérieure au déficit budgétaire.

    Nous demandons avec force et en préalable également, pour des raisons de simple justice et d’égalité des citoyens devant la loi, de morale républicaine, que le régime spécial de retraite des parlementaires soit réformé, pour l’aligner sur les critères que ces derniers décident, votent et font appliquer aux autres régimes de retraites des citoyens.

    A savoir :

    1/ passage à 40 années de cotisations au lieu de 37,5 années pour les parlementaires.

    2/ abandon du scandaleux privilége de la double cotisation qui ne se justifie en aucun cas, permettant aux parlementaires de bénéficier d’une retraite à taux plein au bout de 22,5 années seulement de cotisations.

    Nous appellons pour toutes ces raisons, les organisations syndicales du public et du privé, à s’emparer avec force et résolution de ces questions, pour les faire valoir au nom des salariés.

    Merci de bien vouloir signer, divulguer et faites connaitre cet appel SVP.
    N’oubliez pas de valider votre signature dans le mail de confirmation qui vous sera adressé.

    Pour signer l’appel : Lien

    • kawouede
      • Posté à 12h29 le 18/05/2008
      • Internaute 27995

      Magali, SVP ne confondons pas tout.
      L’appel pour les retraites c’est important mais pour le moment il s’agit d’éducation et de condition des enseignants. L’appel pour SAMEDI 24 MAI est ici : Lien

      Il faut manifester le 22 et surtout le 24, mais dans l’école il y a aussi des choses à CHANGER, y compris dans l’organisation du travail des enseignants.

      Alors on s’en tient à la rengaine grève-manif ou on organise autre chose, des contre-propositions, un mouvement constructif ?

      • Dan Lemille
        Dan Lemille répond à kawouede
        Sous prof
        • Posté à 14h45 le 18/05/2008
        • Internaute 38568
          Sous prof

        Les grèves et manifs sont bien là pour qu’enfin les politiques discutent des propositions et que les choses changent, non ?

    • juliettelucie
      juliettelucie répond à compte désactivé
      Agitée du bocal
      • Posté à 13h26 le 18/05/2008
      • Internaute 4918
        Agitée du bocal

      Si je ne me trompe, Magali, vous avez déjà fait ce copier-coller en dessous d’un autre article. Sur le forum que je modère, ceci est considéré comme du spam, et vous vaut d’être bannie, que les intentions derrière soient bonnes ou mauvaises. Je n’ai aucun pouvoir de ce genre sur Rue 89, mais je vous conseille quand même de cesser.

      • Chloé Leprince
        Chloé Leprince répond à juliettelucie
        Auteur(e) de l'article Rue89 Rue89
        • Posté à 15h38 le 18/05/2008
          rédacteur
        • Internaute 74
          Rue89

        En effet, JulietteLucie, on essaye ici aussi de limiter ce type de propagations qui ont d’ailleurs tendance à agacer les internautes plus qu’à stimuler le débat...

      • Houvaton nouveau compte
        • Posté à 23h39 le 18/05/2008
        • Internaute 39856

        En votant top au commentaire de Magali51 je viens de le déplier provisoirement (sinon à « pertinent » ça marche pas). C’est la 1ère fois que je lis cette annonce qui a l’avantage de nous rappeller certaines réalités, comme le fait que le citoyen François Bayrou fait partie des 3900 grosses fortunes qui échappent à l’ISF (peu élevée en plus) grâce à une niche fiscale. Magali51 sortirait ce message dans 1 article de société sur 10 pendant deux semaines, cela ne m’incommoderait absolument pas.
        Je suis également d’accord avec Dan Lemille et quant aux articles de Rue89, copiés-collés à 90% des titres et « actualités » de la soupe empoisonnée des JT de 20h, je les considère comme du spam.

        Concernant les manifs contre la suppresssion de postes des enseignants, pourquoi pas. Mais à quand des manifs sur le contenu de l’Enseignement, sur le contenu des programmes scolaires sachant que ces derniers sont formatés par chaque gouvernement successif (oligarchie droite gauche d’une sinistre pantalonnade de démocratie représentative) ? A quand une remise en question de notre type d’enseignement qui ne fabrique pas des citoyens mais des futurs et vulgaires consommateurs idiots ? Pourquoi l’Ecole reproduit-elle au bout du compte les mêmes clivages sociaux, sans aucun brassage social au final alors que c’est - sur le papier - son rôle ?

    • Gallifrey
      Gallifrey répond à compte désactivé
      Ecrivain
      • Posté à 14h00 le 18/05/2008
      • Internaute 8709
        Ecrivain

      Concernant le temps de travail d’un professeur, en France, il est reglé par un décret de 1950 qui n’a jamais été modifié. Je ne sais pas si vous connaissez beaucoup de metier dont le temps de travail n’a pas été revu depuis 58 ans ?
      Bref, ce temps a été conçu en prévoyant qu’un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline.

      18 + (18 x 1,5) = 45 heures hebdomadaires. Rappelons que la durée légale du temps de travail a l’époque, c’est 40 heures.

      Les profs travaillent donc, selon la loi, 45 heures hebdomadaires.

      Lien

      • Houvaton nouveau compte
        • Posté à 23h56 le 18/05/2008
        • Internaute 39856

        Si vous avez les chiffres sur le taux d’absentéisme du corps professoral dans son ensemble comparé à la moyenne nationale, séparation faite des 19 millions environ de salariés du privé pour 7 millions de fonctionnaires (5,1 officiel + 1,9 des organismes afférents), cela m’intéresserait aussi !

        Je n’ai rien trouvé à ce sujet sur internet alors que c’est le rôle de tous les ministères (fonction publique oblige me semble-t-il) de les rendre publics ...

         
        • Houvaton nouveau compte
          • Posté à 10h25 le 20/05/2008
          • Internaute 39856

          Intéressant ! il y a semble-t-il des questions qui dérangent.
          Et je n’ai même pas posé la question du nombre d’annuités pour partir à la « retraite », 30 ou 35 dans le corps enseignant ? Combien d’euros les primes, indemnités et autres (plus de 100 par heure sup) ... ?

          • Network 23
            Network 23 répond à Houvaton nouveau compte
            identité perdue dans mes papiers (...)
            • Posté à 19h06 le 20/05/2008
            • Internaute 23367
              identité perdue dans mes papiers (...)

            Si tu trouves les chiffres, sérieux, envoie-nous les. Et oublie pas de les mettre en rapport avec le nombre de déprimes et de suicides parmi les profs.

            Ensuite tu pourras te poser la question des conditions de travail, et de la raison pour laquelle au lieu de se battre pour de meilleures conditions d’éducation, un certain nombre de parents d’élèves préfèrent cracher sur les « fonctionnaires ».

            Sans avoir idée du nombre de vacataires qui travaillent dans l’EN, ni que l’Etat préfèrent faire appel à des retraités pour faire des vacations plutôt que de donner du boulot aux jeunes profs.

            Faut se faire une idée du tableau global, au lieu de faire un gros plan partial...

            • Houvaton nouveau compte
              • Posté à 20h40 le 20/05/2008
              • Internaute 39856

              Mon analyse porte au départ sur le Résultat - on va dire « sociologique » - de l’Ecole (collège, lycée, ES) en France. Il est désastreux, ne fabrique que des petits soldats serviles et non des citoyens.

              Les chiffres je les ai cherché en vain sur le net alors que c’est à l’Etat, par ses fonctionnaires, de nous les communiquer. Cela dit, je suis moi aussi passé par l’école (publique, privé, publique et à nouveau privé, puis à nouveau publique) dont je peux parler en connaissance. Par ailleurs je connais, dans ma vie privé, beaucoup de profs de l’enseignement supérieur et on discute beaucoup ...

              En résumé, peut-être faisais-tu partie des profs qui se sont bougés contre la LRU et donc ouvertement contre leur Président (de fac) mais il y en avait bien trop peu et là, pour la suppression de postes, tout le monde se bouge. Contre cette loi Pécresse de l’hiver dernier combien de profs de lycée ou d’instits se sont levé ? ... Et bien c’est trop tard ! fallait réagir plus tôt ! parce que dans les facs ça a bien cogné hors caméras TV mais il n’y avait pratiquement aucun Prof pour soutenir le mouvement contre la LRU et contre bien plus. Et maintenant je devrais soutenir les profs qui majoritairement ne se sont pas bougés ? ... Faut pas délirer là. Si les profs dans leur majorité avaient soutenus les blocages votés en AG on en serait pas là aujourd’hui et ce n’est pas fini (ça va se dégrader encore plus), ça aussi ça compte...

              • kerundira
                • Posté à 23h19 le 20/05/2008
                • Internaute 41406

                a propos de « petits soldats serviles »,(et je suis totalement d’accord) qui pourrait me dire comment retrouver le sujet où les parlementaires de rue89 disaient ce qu’ils avaient fait du solde d’indemnités revenant à leurs collaborateurs.

                Dan51 une consultante en allemagne faisait un comparatif intéressant entre les élus français et
                allemands et mettait sur le compte de notre systeme scolaire la responsabilité de casser toute créativité et au bout du compte de rendre lés éléves serviles.

                Gens serviles que l’on retrouve ensuite en parlementaires sans audace ou en théoriciens de la lutte, peu enclins a se remettre en question ou à remettre en question le systeme fermé sans lequel ils n’existeraient pas...

                E ; , en cassant toute créativité.D’où ensuite d’ au et iéet donc sservilce comportement servile la servilitéque des gens ma. s ireprésentants a manna uà ànene les réuredan51 en ce

              • Network 23
                Network 23 répond à Houvaton nouveau compte
                identité perdue dans mes papiers (...)
                • Posté à 00h03 le 21/05/2008
                • Internaute 23367
                  identité perdue dans mes papiers (...)

                Bien d’accord pour dire que les profs de fac ne se soient pas assez bougé contre la loi LRU, hormis quelques-uns autour du collectif Sauvons la recherche.

                Mais pourquoi les instits et les profs de lycée auraient du se joindre à ce mouvement, la loi étant une loi sur les universités ?

                Ou, du moins, en quoi leur faute est-elle plus grande que ceux de n’importe quel autre concitoyen, et d’abord ceux qui ont applaudi la violence policière afin que leurs chers bambins étudiants de droit ne loupent pas un demi-trimestre de cours ?

                Des futurs avocats et juges applaudir des CRS qui cassent la gueule aux étudiants manifestants (cf article de Rue 89 sur Nanterre), ça fait froid dans le dos !

                • kebra
                  kebra répond à Network 23
                  Bisounours killa
                  • Posté à 00h29 le 21/05/2008
                  • Internaute 8550
                    Bisounours killa

                  Allez les bleus, allez les bleus ! ! !

                  Et même pas un block pour leur fermer la tronche ou assez d’étudiants sans affiliation politique dans la masse de spectateurs pour les conspuer vivement. Rien, l’effroi absolu, la haine qui monte même chez les étudiants, ceux qui on l’espoir d’échapper au marasme. D’horribles bourrins déjà conditionnés à la société sécuritaire.

                  A force de voir des flics dans toutes les séries US ou locales, ils n’imaginent même pas de régler les conflits par la négociation, ni par la confrontation directe, Call the Police ! ! !

                  Et la police version 08, c’est toujours la guerre dans la rue. Voir les vidéos des manifs récentes à Grenoble sur le fil des lycéens à reculons.

                  • Network 23
                    Network 23 répond à kebra
                    identité perdue dans mes papiers (...)
                    • Posté à 02h16 le 21/05/2008
                    • Internaute 23367
                      identité perdue dans mes papiers (...)

                    En fait, les étudiants de droite, majoritaires à Nanterre (près d’un tiers des étudiants y sont en droit, me dit-on), ont perdus les votes dans les AG ;

                    sont inorganisés (bien que les profs de droit, semble-t-il, ne se privent pas d’aller voter contre la grève) et incapables de négocier avec les manifestants, qu’ils ne voient que comme des merdeux 68ards qui foutent rien en cours (c’est bien connu, y a qu’en droit qu’on bosse, les autres, hein ! tous des analphabètes ; -) ;

                    et sont soutenus par la direction, qui appelle les CRS.

                    C’est un vrai conflit entre les différentes disciplines, et l’élection de Sarko leur a fait sentir qu’ils avaient la force et la loi, à défaut du droit, pour eux. Faut dire, à leur décharge, que les syndicats sont pas bcp mieux, dans le genre expérience politique...

                • Houvaton nouveau compte
                  • Posté à 00h41 le 21/05/2008
                  • Internaute 39856

                  Network, tu plaisantes là ... les instits et les profs de lycées (d’ailleurs ne pas oublier que ce dont on parle dans cet article a été initié par des lycéens ...) ont la responsabilité morale de leurs élèves : on n’envoie pas ses élèves à l’abattoir (plus tard à la fac de Pécresse) sans réagir. Par ailleurs, plus tu commences bas dans la hiérarche de l’Enseignement (d’instit à prof des grandes Ecoles ou recteur d’académie) plus tu votes « à gauche » toute. Alors faudrait savoir ...
                  Enfin, fallait pas être grand sorcier pour deviner que la LRU si elle passait, elle est passée, contenait dans ses germes bien d’autres mesures et nous y voilà. Mais l’important était la LRU. Fallait se réveiller plus tôt. En plus je n’entends pas un seul prof vouloir revenir sur cette maudite loi ... alors pour moi c’est fini. Démerdez-vous car j’ai clairement compris que la majorité des profs qui pleurent aujourd’hui n’ont rien à foutre de leurs élèves, de l’avenir de leurs élèves et ne pensent qu’à leurs statuts de profs serviles pour fabriquer du servile !

                  Pour la question plus haut Dan51 j’ai cherché le lien (que j’avais lu), pas retrouvé. Bien d’accord avec lui mais son commentaire finit en Karl (l’ordi central débranché de l’Odyssée de l’Espace). Il est toujours vivant ?

                  • Network 23
                    Network 23 répond à Houvaton nouveau compte
                    identité perdue dans mes papiers (...)
                    • Posté à 02h19 le 21/05/2008
                    • Internaute 23367
                      identité perdue dans mes papiers (...)

                    Cette responsabilité morale est celle de tout le monde, en ce cas, parce que ces élèves ont aussi des parents.

                    En clair, y aurait du avoir une grève générale pour sauver le système universitaire & la recherche en France ?

                    Surement, mais c’est pas en dressant les gens les uns contre les autres, et avec un président qui affirme que le contribuable n’a pas à payer les filières littéraires qu’on y arrivera !

        9 autres commentaires
      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à Gallifrey
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 16h48 le 20/05/2008
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Tout ce débat est navrant. Enseigner n’est pas un travail comme les autres. Ce n’est un job pour fonctionnaires. Si on pense comme un hybride de comptable et de syndicaliste, on ne fait vraiment pas de bien aux enfants.

        Bonjour la Terre, nous sommes en 2008. Temps de revoir tout le système d’éducation, d’enlever des pions et de faire une place à des éducateurs, pour guider l’apprenant dans l’univers des connaissances. Pour la solution, lisez donc le lien...

        Pierre JC Allard

        Lien

         
        • kerundira
          • Posté à 22h54 le 20/05/2008
          • Internaute 41406

          merci de dire en quelques lignes l’essentiel de ce qui m a demandé un long texte 2 jours plus tard !

          malheureusement, je constate que personne n’a fait de commentaires alors que vous abordez la question de fond.

          peut être effectivement àvons nous affaire à cette espèce transgénique dont vous parlez....

        1 autres commentaires
  • mathieu-s2
    • Posté à 11h57 le 18/05/2008
    • Internaute 18461

    Puisque c’est comme ça, une bonne idée pourrait être de déclarer des « journées service minimum », plutôt que des journées de grève.
    Puisque la seule chose importante est le gardiennage des enfants, venir les gardienner, et les laisser jouer à la marelle tout en lisant un bon polar.

    Puisque Monsieur Darcos n’en demande pas plus, pourquoi lui donner plus ?

    • puceronde
      puceronde répond à mathieu-s2
      • Posté à 12h20 le 18/05/2008
      • Internaute 13359

      c’est aussi ce que je pense : remplaçons les journées de grève par des SMA, sans se priver !
      puisque nous ne sommes là que pour garder les enfants des salariés du privé qui, eux, travaillent vraiment !

      • end
        end répond à puceronde
        • Posté à 13h00 le 18/05/2008
        • Internaute 41817

        Excellente idée ! si seulement on pouvait enfin s’organiser autrement
        Après tout, puisque nous ne sommes bons à rien, allons au bout de leur logique .
        De toute manière, je crois que tout le monde a bien compris qu’il faut aussi se mettre en désobéissance, c’est la seule solution
        Alors le SMA, je suis pour !

         
        • Network 23
          Network 23 répond à end
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 13h44 le 18/05/2008
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          Ouais, comme ça y a pas de manifs, pas de gêne, et tout le monde s’en fout !

          Vachement bonne idée !

          Par contre, on peut toujours amener les gosses à la Cité de l’immigration, et faire un pique-nique avec cours alternatifs en plein air.

          L’histoire du droit de grève, ça intéresse qui aujourd’hui ?

          + de gens que vous ne le croyez !
          –––––––––––––––––
          D’ailleurs, une élève de primaire que je connais a fait signer une pétition pour forcer sa mairie à mettre en place des passages cloutés devant l’école. Mais, elle a pas eu besoin de voir « La dialectique peut-elle casser des briques ? », et finalement elle a préféré manger son bout de papier

        1 autres commentaires
      • ribelle
        ribelle répond à puceronde
        • Posté à 14h08 le 18/05/2008
        • Internaute 35973

        ce qui m’étonne concernant le sondage indiquant que les français sont majoritaires pour la mise en place d’un service minimum à l’école, c’est que les parents sont prêts à faire garder leurs enfants par n’importe qui..., des agents municipaux pas formés, d’autres parents. Ainsi,ces personnes sont amenées à gérer un groupe qui peut aller jusqu’à 15 enfants selon ce que j’ai pu lire dans les journaux. Outre la question de la responsabilité juridique, c’est le plan éducatif qui me questionne, et particulièrement,le risque que mon enfant soit entre les mains de personnes inconnues et surtout non reconnues dans leurs fonctions. Les parents salariés sont-ils aussi « coincés » dans leur boulot pour ne pas évaluer ce risque et accepter cette proposition ? si problème, il se retourneront contre la municipalité... et seront ainsi exonérés de leur propre responsabilité qu’ils engagent pourtant dans de tels choix. En cas de grève des professeurs, on peut toujours prendre congé, on peut confier son enfant à des tiers de confiance...
        ça me fait penser à ces sociétés de service privées qui proposent pêle-mêle de la garde d’enfants, de faire les courses, du jardinage ...quid des spécificités du petit d’humain ? finalement, tout le monde peut s’improviser n’importe quoi aujourd’hui ... L’important, c’est que égoïstement, ça m’arrange,moi, ça ne me fait pas perdre d’argent et je peux garder mon jour de congé pour une autre fois...
        Pour ma part, je boycotterai ce service minimum , comme je boycotte les grandes surfaces faisant travailler les salariés les jours fériés et le dimanche... je sais, tout le monde s’en fout...

         
        • kestiontoi
          kestiontoi répond à ribelle
          travailleur forcé
          • Posté à 20h41 le 18/05/2008
          • Internaute 30798
            travailleur forcé

          « Ainsi,ces personnes sont amenées à gérer un groupe qui peut aller jusqu’à 15 enfants selon ce que j’ai pu lire dans les journaux. “ (Ribelle)

          Pourquoi que 15 maximun ?
          Pourquoi pas le double comme un enseignant ?
          Est-il plus difficile de faire garderie que d’enseigner ?

        1 autres commentaires
    • jeclaude33
      jeclaude33 répond à mathieu-s2
      • Posté à 17h18 le 18/05/2008
      • Internaute 24446

      Putain ! mais vous ne savez pas ce que c’est une grève !

      • end
        end répond à jeclaude33
        • Posté à 19h22 le 18/05/2008
        • Internaute 41817

        Si, je crois savoir ce qu’est une grève parce que je fais partie de ceux et celles qui en ont fait beaucoup.
        Malheureusement dans les grandes grèves, style 2003, quand il faut passer à la grève reconductible, on se compte et c’est souvent ceux qui ont crié le plus fort qui ne sont plus là !
        En 2003, nous étions très nombreux et nous n’avons pas eu gain de cause .

         
        • kestiontoi
          kestiontoi répond à end
          travailleur forcé
          • Posté à 20h45 le 18/05/2008
          • Internaute 30798
            travailleur forcé

          « En 2003, nous étions très nombreux et nous n’avons pas eu gain de cause . » (end)

          Pourquoi ?
          Mauvaise gestion du conflits par les syndicats ?
          Pourquoi les régimes spéciaux ne sont pas rentrés dans le conflits ?
          Grévistes qui remettent au travail au lieu de durcir le mouvement ? ....

        1 autres commentaires
  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 12h19 le 18/05/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    RÉSULTATS SCOLAIRES

    Très bon article. J’ai néanmoins une suggestion à faire à Chloé Leprince. En ce moment, il est courant de reprocher aux profs les résultats désastreux (toujours meilleurs ailleurs, c’est bien connu) auxquels ils parviennent avec leurs élèves. Un petit article comparatif des différents systèmes d’éducation pour savoir ce qu’il en est vraiment serait bienvenu.

    NB : j’ai fait quelques recherches de mon côté, mais encore trop incomplètes. Et puis, je ne suis pas journaliste ! Je signale cependant cet article qui m’a paru intéressant : Lien

    • Chloé Leprince
      Chloé Leprince répond à Le Yéti
      Auteur(e) de l'article Rue89 Rue89
      • Posté à 12h28 le 18/05/2008
        rédacteur
      • Internaute 74
        Rue89

      Bonjour Le Yéti

      Excellente suggestion, rendez-vous sur ce terrain-là dans quelques temps sur Rue89 !

      • dalun
        dalun répond à Chloé Leprince
        • Posté à 12h35 le 18/05/2008
        • Internaute 29964

        bonjour , je me permet de photocopier le document en question, afin de le lire en toute quiétude. merci le yéti !

      • kawouede
        • Posté à 13h57 le 18/05/2008
        • Internaute 27995

        Enquêtes sérieuses, interactivité, réponses aux internautes : décidément Chloé Leprince vous entrez dans mon panthéon journalistique !

        Pardon ça va devenir @si par ici ; -)

         
        • Chloé Leprince
          Chloé Leprince répond à kawouede
          Auteur(e) de l'article Rue89 Rue89
          • Posté à 16h55 le 18/05/2008
            rédacteur
          • Internaute 74
            Rue89

          @kawouede
          merci de votre intérêt pour notre travail !
           ; -)

        1 autres commentaires
    • kawouede
      kawouede répond à Le Yéti
      • Posté à 12h33 le 18/05/2008
      • Internaute 27995

      Merci le Yéti
      Un tract des Verts sur l’éducation appelle aussi à une vraie réflexion : Lien (page 2)

    • Network 23
      Network 23 répond à Le Yéti
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 13h49 le 18/05/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Ouais...

      Une mise en perspective de ce qui attend les profs, genre suppression des concours nationaux (rapport Pochard), remplacés par des masters enseignement afin de faire entrer l’éducation nationale sur le marché de la pure concurrence biaisée, et autres joyeusetés n’aurait pas été de trop...

      Lien

      Il y a une journée d’étude le 13 juin de prévue, et une pétition déjà en route.

      • kawouede
        kawouede répond à Network 23
        • Posté à 13h54 le 18/05/2008
        • Internaute 27995

        Les concours nationaux, pourquoi ne pas en débattre :
        - est-il normal de sélectionner les profs par un mode qui exclut autant qu’il promeut ?
        - les qualités demandées pour réussir un concours d’enseignement sont-elles forcément celles attendues d’un bon enseignant ?
        - de façon générale, l’élitisme est-il un bon principe pour construire l’école dont nous avons besoin ?
        - est-il normal de garder deux concours (Capès et Agreg) avec ensuite des profs qui travaillent plus et sont payés moins que d’autres ?
        etc.

        Sur le rapport Pochard je renvoie, sans vergogne, aux positions du Sgen-CFDT (par ailleurs solidaire de la mobilisation actuelle) : Lien

         
        • Network 23
          Network 23 répond à kawouede
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 14h19 le 18/05/2008
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          - Un mode qui exclut autant qu’il promeut ? Que voules
          z-vous dire par là ?

          - On peut discuter de la formation, mais le maintien d’un concours national est le seul gage d’une compétence égale des profs (bcp + qu’un master)

          - la formation assurée pour les concours est nettement supérieure à celle exigée pour les masters (les notes sont d’environ 4 points inférieurs pour les préparations concours)

          - de quel élitisme vous parlez ? Si vs parlez de compétence des profs, oui, il est normal de souhaiter la conserver.

          - l’agreg permet, avec une thèse, d’enseigner à la fac, il est normal donc que le niveau d’exigence soit + haut et qu’ils aient moins d’heures de cours. Mais on peut effectivement réfléchir là-dessus, simplement ôter un concours national me semble un grand pas en arrière dans la rationalisation et la démocratisation de l’Etat.

          PS : le tract de ce syndicat ne mentionne même pas la suppression des concours ! Honteux !

          • Xa_chan
            Xa_chan répond à Network 23
            (nippon ni mauvais)
            • Posté à 16h35 le 18/05/2008
            • Internaute 23695
              (nippon ni mauvais)

            Dire que le concours du CAPES ou de l’agreg est gage d’une compétence égale des profs est une fiction complète. Un concours est une loterie, sans vrai lien avec la réalité.

            En Histoire-Géographie, domaine dans lequel j’étudie, combien de mes amis ai-je vu échouer au CAPES parce qu’ils se retrouvaient sur liste d’attente ? Alors quoi ? Ils ne sont pas assez bons pour être professeurs, mais on les garde sous le coude au cas où il y aurait des désistements ? Quelle hypocrisie...

            Les concours mesurent pour une bonne part un volume de connaissance et non pas une capacité à enseigner. Or, la pédagogie est à mon sens aussi importante que ce que l’on enseigne. Car ne nous leurrons pas : tout ce qu’on ingurgite comme connaissances pour passer le concours n’a que très très peu de chances de nous être utile une fois devant les élèves.

            Certes, il y a une épreuve sur dossier qui consiste à juger la capacité du candidat à construire un cours, à se placer devant un défi pédagogique. Cela est bel et bon, mais alors pourquoi doit-il passer cette partie du concours devant un jury de professeurs et non pas devant des élèves ? N’est-il pas paradoxal qu’on doive passer d’abord l’agreg ou le capes avant de suivre des cours de pédagogie en IUFM ? Où est la logique dans tout cela ?

            De plus, on sait ce qu’est un concours : si vous avez bachoté comme un dingue toute l’année et que le jour du concours vous avez la grippe, dommage pour vous. Vous êtes peut-être un super prof, mais la place sera pour celui qui est en forme et qui n’a peut-être aucune qualité de contact avec les enfants/élèves, ce qui est quand même gravissime.

            Dans ma scolarité, j’en ai connu, aussi bien en école, au collège, au lycée ou à la fac, de ces profs visiblement très calés dans leur domaine mais qui n’avaient pas les outils psychologiques pour supporter le contact avec les élèves...

            Pour ma part, je crois qu’un VRAI cursus universitaire, avec stages pédagogiques tout au long de la formation, et sanctionné par un diplôme de haute qualité, est la seule réponse au défi de la formation des professeurs.

            • Network 23
              Network 23 répond à Xa_chan
              identité perdue dans mes papiers (...)
              • Posté à 18h38 le 18/05/2008
              • Internaute 23367
                identité perdue dans mes papiers (...)

              On peut critiquer les modalités de la formation, l’équilibre savoir-pédagogie, et même ceux du concours, mais le principe d’un concours national lui-même reste, jusqu’à preuve du contraire, le plus démocratique et rationnel qu’on ait à notre disposition.

              Bien que la chance et les inégalités socio-culturelles entrent en jeu dans un concours, celui-ci n’est pas une loterie et demeure ce qu’on a trouvé de mieux pour favoriser l’égalité des chances et une administration rationnelle.

              Remplacer le concours national par un examen (master), en admettant, concessio non dato, que la formation ne soit pas nivelée par le bas, conduirait d’une part à obéir à une logique néolibérale de concurrence, dont nous savons bien qu’elle n’est ni pure ni parfaite, d’autre part à favoriser des disparités de formation (un master acquis à tel endroit ne valant pas tel autre).

              Bref, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, et ne soyons pas naïfs face au projet politique qui sous-tend l’abandon d’un des principes de bases de l’Etat démocratique moderne, le concours.

              • Sexus Empiricus
                • Posté à 20h28 le 18/05/2008
                • Internaute 6004

                Je ne crois pas que les remarques perspicaces de Xa_chan, ni même les interrogations critiques de Kawouede, remettent en cause le principe des concours nationaux, mais elles remettent en question les applications et les effets non-contrôlés de ces concours : le premier en maths, le fort en thème, sont-ils les mieux placés pour faire la leçon en classe ? Peut-être, mais ce n’est pas sûr. Tout dépend de la nature des épreuves de sélection.

                La question de fond soulevée par Xa_chan et par Kawouede est sans doute gênante, parce qu’elle brouille un peu le « discours » gorgé d’évidences, d’impensés et de justifications à l’égard des concours disciplinaires. Or, les récits qu’on entend dans la bouche des élèves comme les souvenirs d’enfance convergent : il y a loin du fait d’être admis par des profs parmi les profs, à la capacité d’allumer le désir d’apprendre et de tenir le rôle d’un passeur de savoir devant des élèves.

                Au-delà des affinités et des atomes crochus, les profs qui marquent positivement les élèves, se distinguent moins entre agrégés ou certifiés, savants ou ignorants, qu’entre bons passeurs et non-passeurs.
                C’est dire que la difficulté ne se trouve pas dans le principe des concours, mais dans les modalités de recrutement : qu’est-ce qu’un jury évalue lorsqu’il note une copie ou un oral de concours ? Quelles capacités ?
                Et pourquoi n’y aurait-il pas dans le jury des concours nationaux, parmi les profs d’université, un élève lambda (et pas forcément le 1er de la classe) pour pondérer la note ?

                Le principe d’aération, en ouvrant nos fenêtres sur le dehors, au-delà de l’Hexagone, vaut autant pour les modalités de recrutement (comment ça se passe, ailleurs ?) que pour celle du traitement (vraiment mieux traités en France ?) : le point 3 de l’article de Chloé Leprince m’a semblé, pour le coup, très significatif.

                Hélas, quoi qu’en disent les épiciers, ce n’est pas en réduisant le recrutement de profs (par concours) qu’on relèvera le niveau...

                • kawouede
                  • Posté à 22h51 le 18/05/2008
                  • Internaute 27995

                  Merci Sexus, un peu d’empirisme ne fait pas de mal. Je persiste et signe : l’élitisme ne devrait pas être la fin en soi de notre système éducatif, avec un « socle commun » pour les nuls. Notre société d’exclusion des faibles et de morgue des élites en est en partie le résultat. N’y a-t-il rien à changer ?

                  Lien

                  • Network 23
                    Network 23 répond à kawouede
                    identité perdue dans mes papiers (...)
                    • Posté à 23h33 le 19/05/2008
                    • Internaute 23367
                      identité perdue dans mes papiers (...)

                    Evidemment qu’il y a plein de choses à changer, en commençant par créer une réelle mixité sociale dans les écoles, à rebours des écoles unisexes légitimées par la nouvelle loi sur les discriminations, et de la nouvelle carte scolaire, et de l’aide apportée au privé plutôt qu’au public.

                    Mais le master à la place du concours va empirer les choses ! « Bêtes à concours », peut-être, mais en quoi un master va-t-il changer les choses ? Sauf à niveler vers le bas le seuil de compétences requis (qui est déjà très différent en CAPES et en agreg), et à précariser la condition enseignante, déjà pas follichone (avec 45h par semaine selon Art Monika).

                    Par ailleurs, comment enseigner et surtout juger de la pédagogie ? C’est un problème difficile, non pas impossible, mais ce qui est certain c’est que le savoir demeure un élément important de réponse.

                    A moins de chambouler complètement l’éducation, dans un projet complètement alternatif ; n’attendons pas cela de l’Education nationale, qui prépare surtout son sabordage !

            • kestiontoi
              kestiontoi répond à Xa_chan
              travailleur forcé
              • Posté à 20h56 le 18/05/2008
              • Internaute 30798
                travailleur forcé

              « En Histoire-Géographie, domaine dans lequel j’étudie, combien de mes amis ai-je vu échouer au CAPES parce qu’ils se retrouvaient sur liste d’attente ? Alors quoi ? Ils ne sont pas assez bons pour être professeurs, mais on les garde sous le coude au cas où il y aurait des désistements ? Quelle hypocrisie... » (XA_chan)

              Le concours n’est-il pas là parce qu’il n’y a qu’un certain nombre de places à pourvoir ?
              Maintenant on peut toujours débattre des critères de selection du concours.
              Comment repérer un futur bon pédagogue ? ?

              • Xa_chan
                Xa_chan répond à kestiontoi
                (nippon ni mauvais)
                • Posté à 21h10 le 18/05/2008
                • Internaute 23695
                  (nippon ni mauvais)

                Oui, le concours est là parce qu’il n’y a qu’un certain nombre de places à pourvoir. Pourquoi cela serait-il incompatible avec des études universitaires ? Je sais bien pourquoi : parce que ça remet plus profondément en cause tout le système éducatif actuellement en vigueur en France et qui prône que non, surtout, on ne doit pas sélectionner.

                Ce principe qui dit que « tout le monde il est pareil, tout le monde il doit avoir le bac et tout le monde doit aller à la fac ». Désolé, mais c’est une aberration tant psychologique qu’économique. Psychologique parce que nous ne sommes pas tous égaux biologiquement et psychologiquement. Certains vont très bien s’épanouir dans le cadre du cursus « classique » (ahhh, j’aime pas ça, comme s’il y avait un cursus « normal » et un « cursus mutant de la mort »), d’autres seraient mieux à leur place dans un cadre différent.

                Mais voilà, pour des raisons purement économiques, on a décrété la Grande Normalisation. Tout le monde en général, et zou ! Tant pis pour ceux qui se seraient éclatés dans le technique ou dans d’autres structures qui restent peut-être à inventer. Mais c’est sûr, le formattage est plus facile à gérer en termes d’argent... Du coup, certains, lorsqu’ils sortent du lycée avec un bac très péniblement acquis et qui de toutes façons ne vaut presque plus rien sur le marché du travail, se retrouvent dans la galère, au chômage ou pire. Ce qui est une hérésie en terme de coûts sociaux à assumer pour la Nation. Il faut dire que celle-ci préfère faire des économies de bouts de chandelle en n’investissant pas dans l’enseignement et en préférant le « tout le monde pareil ».

                Et je ne parle pas des pressions sociales qui font parfois penser aux parents d’élèves qu’une orientation de leur bambin dans le technique ou le professionnel, même si cette orientation est ardemment souhaitée à la fois par l’élève et le corps enseignant, ça serait « déchoir ».

                Bref...

                Vous dites « Comment repérer un futur bon pédagogue ? ? ». Ben justement, c’est simple : en exposant le candidat le plus tôt possible à son futur public, sous contrôle et guidage bien sûr du corps enseignant. Ca permettrait à certains de s’apercevoir ce que c’est vraiment que l’enseignement et donc de proposer des réorientations à ceux qui découvriraient que ce n’est décidément pas leur vocation ; économiquement, je suis sûr que l’Assurance Maladie applaudirait, avec tous ces tranquilisants et ces séjours en hôpital psychiatrique en moins à prendre en charge... ;)

            • Reb
              Reb répond à Xa_chan
              Prof de lettres
              • Posté à 21h49 le 18/05/2008
              • Internaute 38150
                Prof de lettres

              « Car ne nous leurrons pas : tout ce qu’on ingurgite comme connaissances pour passer le concours n’a que très très peu de chances de nous être utile une fois devant les élèves. »

              Non, je m’inscris totalement en faux. Étudier pendant au moins 3 années les bases de la discipline qu’on va enseigner est le b-a ba. Et je dis bien les bases car le CAPES se passe après une licence, diplôme généraliste, même si de nombreux profs passent le concours en s’étant auparavant spécialisés en master.

              Personnellement, je ne vois pas comment je ferai mes cours sans le bagage acquis à l’université. Connaître les bases théorique en histoire de la littérature, en analyse de types de discours ou encore en histoire de la langue sont indispensables. Je ne fais pas mes cours de grammaire en consultant le Bled mais en manipulant les différentes grammaires de niveau universitaire qui m’ont accompagnée pendant mes études.

              Le travail du prof c’est cela : avoir une vaste vue d’ensemble de sa discipline et travailler à partir de ce matériau pour produire un cours adapté au niveau de sa classe. De toute façon, il suffit de se retrouver face aux élèves pour comprendre rapidement qu’il vaut mieux avoir de la ressource pour répondre à leurs questions, aussi simples d’apparence soient-elles. Et puis ne pas avoir de connaissances approfondies de sa discipline, donc être ignorant, c’est la porte ouverte au n’importe quoi voire aux explications fausses qui tromperont l’élève.Sinon quoi ? On mettrait à la disposition des enseignants des fiches toutes faites sur les points du programme qu’on aurait plus qu’à lire aux élèves ?

              Le concours n’est pas une loterie, c’est une épreuve exigeante qui demande beaucoup de préparation et qu’on réussit sûrement quand on a compris ce qui nous est vraiment demandé : une solide connaissance de sa discipline associée à la capacité de réussir des exercices qu’on doit maîtriser avant de passer de l’autre côté du bureau (la dissertation, le commentaire de texte à l’oral, etc.).
              Le concours, anonyme et accessible à condition qu’on aie les diplômes requis, est le meilleur moyen de recruter des professeurs compétents et au profil diversifié (il est un peu fini le temps où les profs étaient tous fils ou fille de prof).

              Pour moi le problème vient surtout du salaire (je renvoie à la lettre du jeune prof d’histoire-géo publié dans un commentaire). Ce salaire est de moins en moins motivant et nombreux sont les jeunes profs qui ont de plus en plus de mal à s’investir. Fournir autant de travail, exercer dans des conditions difficiles pour peanuts... Une enquête serait bienvenue sur les profs qui rêvent de changer de boulot et sur ceux qui l’ont déjà fait. La raison qui les motive ? Les sous et arrêter d’être accaparé par son boulot 24/24h et 7/7j. Je sais pour ma part que j’échangerai sans regret mes 3 mois de vacances et mes 18h par semaine contre 35 ou 39h par semaine et 5 semaines de congé par an, pour le double de mon salaire.

              Mais là je ne parle que de chiffres et le métier d’enseignant ce n’est pas que des chiffres. C’est quand même un boulot à part où il s’agit d’enseigner à des enfants quelques bases pour qu’ils deviennent les adultes les plus heureux, les plus clairvoyants et les plus libres possibles. La majorité des enseignants, je crois, pensent à cela en préparant leurs cours, en corrigeant leurs copies et en faisant cours à leurs élèves.

              • Xa_chan
                Xa_chan répond à Reb
                (nippon ni mauvais)
                • Posté à 22h33 le 18/05/2008
                • Internaute 23695
                  (nippon ni mauvais)

                peut-être dans votre discipline utilise-t-on vraiment ce qu’on a acquis à l’université et si c’est le cas, je m’en réjouis.

                En Histoire-géographie (je suis assez bien placé pour le savoir, fils de prof d’Histoire et moi-même doctorant en Histoire), ce n’ets malheureusement pas tellement le cas. Non pas qu’on n’en ai pas envie, mais la taille démesurée des programmes ainsi que l’inculture de plus en plus grande des élèves (inculture dans la dimension culture générale) font qu’il vaut mieux coller au programme sans trop réfléchir si on ne veut pas en perdre la majorité. Au détriment bien sûr de ceux avec qui on pourrait aller plus loin, car il y en a toujours heureusement (ceci sans préjuger de leur « niveau », qualificatif parfois un peu galvaudé, mais surtout en fonction de leur curiosité et de leur ouverture d’esprit)...

                • Network 23
                  Network 23 répond à Xa_chan
                  identité perdue dans mes papiers (...)
                  • Posté à 23h37 le 19/05/2008
                  • Internaute 23367
                    identité perdue dans mes papiers (...)

                  Certes. Vous oubliez qu’un prof se doit d’en savoir 10 fois plus qu’il ne dit.

              • kerundira
                kerundira répond à Reb
                • Posté à 19h51 le 20/05/2008
                • Internaute 41406

                pardonnez moi, mais vous présentez l’enseignant agissant seul comme un fabricant d’adultes àlui tout seul, qui va leur donner l’accès a la liberté et la clairvoyance ; or chaque enseignant participe au systeme et le subit (avec ses valeurs de performance, de compétition et d’excellence, pour preuve les orientations : systematiquement les meilleurs sont incités à aller de plus en plus haut et de plus en plus loin dans le systeme au lieu de les inciter a decouvrir ce qui leur plait).
                Je n’entends parler que des techniciens sur leur outil de travail et leurs conditions de travail. Et l’infirmière qui a parlé des contraintes de son travail n’a eu aucun commentaire en réponse.

                Et où est le projet éducatif ?

          • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
            • Posté à 23h11 le 18/05/2008
            • Internaute 22426
              ....

            - Un concours national fait une part trop belle a l’arbitraire et constitue une voie royale pour les « bêtes à concours ». Et bête a concours n’est pas forcément bon prof....
            - Ce n’est pas parce le concours qui fait l’homogénéité. Il suffit d’avoir davantage bosser sur tel ou tel sujet....Bref on en revient à l’arbitraire.
            - CAPES/AGREG : rien ne les distingue sauf le temps de travail et les horaires. Cela mine la profession en la divisant. C’est de l’injustice. Bête a concours favorisée dans un taf dont la qualité principale est la pédagogie. Injustice donc. Ce qui me parait loin des valeurs égalitaires pronées par la gauche.
            -Venir en lycée avec l’agrèg, c’est un peu comme les gens qui prennent les places des plus pauvres en HLM. C’est dégueu. En quoi le fait d’avoir l’agreg rend il un prof meilleur qun autre ? ? ? ? ? Je vous rappelle que les élèves ne sont qu’au lycée. Ce qui ne veut pas dire qun prof égrégé est mauvais mais QU’IL N’Y A PAS DE CORRÉLATION ENTRE LE FAIT D’AVOIR L’AGRÈG ET LE FAIT D’ETRE UN BON PROF.
            - « démocratisation de l’état ». La formule me parait floue. Que voulez vous dire ? ? ? ?

            • Network 23
              Network 23 répond à supprimé à la deande du riverain 14.01.10
              identité perdue dans mes papiers (...)
              • Posté à 23h45 le 19/05/2008
              • Internaute 23367
                identité perdue dans mes papiers (...)

              Démocratisation de l’Etat, ça veut dire égalité maximale des chances. Un concours est anonyme & le même sur tout le territoire, contrairement à un examen. Donc, un examen est encore plus arbitraire qu’un concours !

              Votre phrase sur les agregs est ridicule : la majorité des agrégés n’attend que de faire carrière à la fac, mais on les force à faire du lycée, parfois à vie. Là réside le vrai problème de l’agreg, et c’est pas vraiment la faute aux agrégés.

              Enfin, la pédagogie n’est pas une science exacte qui puisse s’enseigner facilement : l’expérience et les stages sont la seule manière de l’acquérir. Et si on commençait par pas envoyer les profs les plus jeunes dans les zones les plus difficiles, et surtout à favoriser, enfin, la mixité scolaire et à réduire les effectifs, on ferait de gros progrès.

              On va exactement dans le sens inverse, c’est-à-dire dans le mur. Bientôt, les écoles privées, religieuses ou pas, fleuriront partout, merci l’Union pour le Morcellement du Peuple !

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