Un poème contre l'oubli, en faveur d'un journaliste chinois en prison
A l’occasion de la journée de la liberté de la presse, samedi dernier, le Pen Club international, qui défend les écrivans à travers le monde, a pris une belle initiative : faire lire par des écrivains, dans plusieurs langues (ci-dessus en Français), un poème écrit par le journaliste chinois emprisonné Shi Tao. Une piqure de rappel, au moment où toute l’attention est focalisée sur le Tibet, des problèmes de droits de l’homme qui se posent dans l’ensemble de la Chine, et pas uniquement sur le « toît du monde ».
C’est aussi une manière de rappeler la responsabilité partielle du reste du monde dans ce qui se passe dans cette Chine mondialisée : Shi Tao est en effet en train de purger une peine de dix ans de prison pour avoir envoyé à l’étranger des « secrets d’Etat » - en fait pour un e-mail envoyé à un site chinois basé aux Etats-Unis, dans lequel il relatait les consignes aux journalistes du département de la propagande à la veille du quinzième anniversaire du massacre de Tiananmen.
Or Shi Tao a été retrouvé, et condamné sur la base d’informations fournies par société américaine Yahoo à la justice chinoise. Depuis, Yahoo a présenté ses excuses à la famille du journaliste et payé des indemnités financières. Yahoo a également demandé au gouvernement américain d’aider à faire libérer Shi Tao, sans succès jusqu’ici. Un beau geste que pourrait faire Pékin avant les JO pour améliorer le climat...
- 4199 visites
- 6 réactions
















5







Ecrivain
Ecrivain
D’un autre Shitao, l’un des plus grand peintre chinois, en hommage à celui emprisonné pour ses écrits :
« Pour la stupidité et la vulgarité, la connaissance se présente d’elle même : ôtez les oeillères de la stupidité, et vous aurez l’intelligence ; empêchez les éclaboussures de la vulgarité, et vous trouverez la limpidité.
A l’origine de la vulgarité se trouve la stupidité ; à l’origine de la stupidité se trouve l’aveuglement des ténèbres. C’est pourquoi l’homme parfait est nécessairement capable de pénétration et de compréhension ; et de ce qu’il pénètre et comprend, vient qu’il transforme et crée. »
Tiré de Shitao « Les propos sur la peinture du Moine Citrouille-Amère », ed Plon, traduction Pierre Ryckmans (Simon Leys), Chap XVI, se dépouiller de la vulgarité.




Partager