Énergie : la concurrence n'est pas la panacée
La fin du monopole d’EDF et GDF pour les particuliers suscite la méfiance des consommateurs et des politiques.
Aujourd’hui 1er juillet, le marché français de l’énergie s’ouvre à la concurrence pour les 25 millions de particuliers abonnés à l’électricité et les 11 millions d’abonnés au gaz. Dictée par une directive européenne, cette révolution –c’est la fin de soixante et un ans de monopole d’EDF et de GDF– est loin de susciter l’enthousiasme général.
« Tout commence aujourd’hui… Faisons l’histoire ! “ Lorsqu’il présente en mai ses offres de vente d’électricité aux particuliers, le médiatique PDG de Poweo, Charles Beigbeder, est aux anges. Pourtant, sur les 25 millions d’abonnés à l’électricité, seuls 350 clients ont décidé de quitter leur opérateur historique pour participer à l’aventure dès son lancement. Bien sûr, d’autres suivront. Mais ces dernières semaines ont donné lieu à un véritable tir groupé d’associations de consommateurs, syndicats, fédérations de collectivités locales et formations politiques contre l’ouverture à la concurrence des marchés de l’énergie aux particuliers.
Surtout pour l’électricité. Ainsi, lorsque Poweo assure, sur son site Internet : ‘ Une énergie moins chère. Vous ne pouvez qu’y gagner ! , l’UFC-Que Choisir répond : L’écart va se creuser entre les tarifs réglementés (fixés par le gouvernement et proposés par EDF, ndlr) et les prix de marché. Vous avez tout à y perdre.’ Le n°2 du gouvernement en personne, Jean-Louis Borloo, a, vendredi, mis en garde les consommateurs : ‘ Informez-vous, réfléchissez ! La sortie du tout réglementé, c’est une fois.’ Car le client qui aurait succombé aux supposés délices du marché mais trouvé la potion amère ne pourra pas revenir au tarif réglementé. ‘ Une conception dogmatique de la concurrence.’
Les professionnels ont, eux, obtenu à titre provisoire la possibilité de faire partiellement machine arrière. Ils s’étaient plaints de la flambée des prix à laquelle ils ont dû faire face après avoir, dans un premier temps, bénéficié d’une baisse. Scénario que redoutent justement les opposants à la mise en concurrence. ‘ Les consommateurs devront se méfier des offres mirobolantes qui peuvent s’avérer, dans un deuxième temps, bien moins intéressantes que ce qu’affirme la publicité’ , avertit l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV).
Une crainte partagée par la grande majorité de la classe politique, droite et gauche confondues. Ainsi, les députés ont autorisé le premier occupant d’un logement à rester au tarif réglementé jusqu’en 2010 pour son électricité (mais pas pour le gaz) alors que la loi lui imposait de basculer dans le marché. Ils l’ont justifié par un risque de ‘ renchérissement de sa facture de 60%’ s’il faisait jouer la concurrence ! L’UMP Jean-Claude Lenoir –par ailleurs médiateur national de l’énergie– a défendu cette mesure au nom du refus ‘ d’une conception dogmatique de la concurrence’ . La Commission européenne, grande prêtresse de la libéralisation des marchés de l’énergie, devrait-elle se sentir visée ?
A voir :
Energie : ce qu’il faut savoir
avant de passer à la concurrence
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Beaucoup de procès en perspective non seulement entre fournisseurs et clients mais entre propriétaires qui seront pénalisés par le choix des tarifs libres d’un locataire et le dit locataire. Choix qui risque de diminuer le prix de revente du bien surtout si les tarifs libres augmentent comme cela est prévisible du fait de la pénurie de pétrole. D’autre part la location d’un bien aux tarifs libres risque d’être plus difficile toujours pour la même cause. Tout cela étant dû à l’irréversibilité du choix. L’État y trouvera son compte, l’augmentation des tarifs implique un accroissement des recettes fiscales par la TVA sur l’énergie.
Les sujets d’inquiétude ne manquent pas celui ci en est un. Les électeurs pourront peut-être infléchir cette politique qui risque d’être désastreuse pour les plus pauvres. Voir l’inflation progresser ferra peut-être reculer les dogmatiques libéraux. Beaucoup de discutions et de conflits en vue.




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