Accord de Matignon : vingt ans après, rien n'est réglé à Nouméa
Cette année marque le vingtième anniversaire de l’accord de Matignon et le dixième de l’accord de Nouméa. Depuis leur signature, la Nouvelle-Calédonie connait un consensus politique basé sur la reconnaissance de deux légitimités : celle des 40% de Kanaks et celle de la majorité, Caldoches et métropolitains. Un colloque avait lieu vendredi et samedi au sénat autour de ces deux « textes fondateurs de la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui ».
Vingt ans ont passé depuis la poignée de mains historique entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur. L’accord de Matignon est signé le 26 juin 1988. Il met fin à quatre ans d’affrontements entre les communautés dont le paroxysme est atteint en mai 1988 lors de l’assaut de la grotte d’Ouvéa par l’armée et la gendarmerie qui fait 19 morts côté indépendantiste et deux côté militaire.
L’accord de Matignon, un compromis inacceptable pour certains
Créant trois provinces -Nord, Sud et des îles Loyauté-, il prévoit également l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans les dix ans. Un compromis inacceptable pour une partie de la base des deux camps. Un an plus tard, Tjibaou et son bras droit, Yeiwene Yeiwene, sont assassinés par Djubelli Wea, indépendantiste opposé à cet accord. En 1998, les discussions reprennent entre le RPCR (Rassemblement pour la Nouvelle-Calédonie au sein de la République) et le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) qui aboutissent à l’accord de Nouméa.
Le document prévoit le transfert de nombreuses compétences de l’Etat à la Nouvelle-Calédonie et, parce que les indépendantistes se savent minoritaires et que les loyalistes ne veulent « ni vainqueur ni vaincu », reporte le référendum après 2014. S’ils ont créé les conditions du retour à la paix, les accords de Matignon et de Nouméa n’ont donc pas réglé la question de l’autodétermination et de l’avenir institutionnel et politique du « caillou ».
Samedi, au sénat, Jean-Yves Faberon, professeur à l’Institut du droit de l’outre-mer, s’est risqué à faire une proposition conciliante : le fédéralisme. Il s’agirait de faire de la Nouvelle-Calédonie un Etat à part entière mais fédéré à la France, laquelle conserverait uniquement les compétences régaliennes (justice, défense, diplomatie, monnaie, ordre public) :
« Ce serait une garantie contre les intolérances internes et la garantie d’un arbitrage impartial externe. »
Flottement dans la salle. Reflétant l’ambiguïté de la plupart des dirigeants socialistes sur la question de l’autodétermination, Michel Rocard enfonce le clou en se prononçant pour une Nouvelle-Calédonie indépendante, « mais pas pour tout » :
« La défense, par exemple, pourrait continuer d’être assurée par l’Etat. »
Cette fois, grincements de dents dans les rangs indépendantistes. Paul Neaoutine, président de la province Nord, tempête contre la « décolonisation inachevée » -notamment dans les têtes parisiennes- et affirme qu’il est prêt à saisir l’ONU pour « trouver une solution“- la Nouvelle-Calédonie est inscrite sur la liste onusienne des territoires à décoloniser depuis 1986.
Un durcissement des positions avant les élections provinciales de 2009
De son côté, l’Etat cherche surtout à ne pas faire de vagues. Traumatisé par les ‘événements’ en général, et la tragédie d’Ouvéa en particulier, il craint par dessus tout un réveil des antagonismes. Or, sur place, la perspective des élections provinciales de 2009 provoque depuis quelques mois un durcissement de certaines positions.
A gauche, le syndicat indépendantiste USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités) juge le transfert de compétences trop lent et vient de créer sa propre formation, le Parti travailliste, qui a réalisé de bons résultats aux dernières municipales. Suite à des affrontements, le 17 janvier dernier, entre plusieurs centaines de ses militants et les forces de l’ordre, son leader, Gérard Jodar, a été condamné, la semaine dernière, à six mois de prison ferme et trois ans de privation de ses droits civiques pour ‘provocation directe à attroupement formé’.
De l’autre côté de l’échiquier politique, Pierre Frogier, patron du Rassemblement-UMP, se montre réticent aux transferts de certaines compétences, notamment sur l’enseignement secondaire, et milite pour un avenir ‘pleinement français et calédonien en 2030’. Donné battu aux législatives de 2007, il a pourtant été réélu au Palais Bourbon, avec son collègue du Rassemblement-UMP, Gaël Yanno.
Dans un an, les électeurs calédoniens renouvelleront leur Congrès qui aura la charge de dresser la liste des compétences à transférer et préparer -ou reporter une nouvelle fois ? - l’organisation du référendum d’autodétermination prévu après la fin de cette prochaine mandature. Mais pour l’instant, et ce malgré les accords de Matignon et de Nouméa, aucune solution n’est prévue pour concilier définitivement les deux légitimités du Territoire, celle du premier occupant et celle de la majorité.
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bonjour,
Comme vous pouvez voIr, mon adresse e-mail est en Calédonie. J’y réside
a plein temps, depuis plus de 6 ans et ma famille elle, auparavant, s’y est
installée depuis plus de 40 ans, pour certains de ses membres.
Donc je pense avoir un peu plus d’informations que ce Monsieur Faberon...
Et cette intervention est truffée d’erreurs, à savoir :
Le fédéralisme ne sera jamais une garantie de stabilité. Allez
expliquer aux Kanaks, qu’après leur avoir promis l’indépendance, la
« France » gardera finalement les compétences régaliennes...... (l’une des
élues provinciales, Mme Gorodey, avait même organisé un concours sur les
signes identitaires (drapeau, hymne « national », et billets de banque)
Deuxième point : a propos des syndicalistes, et son parti travailliste,
qui a été 5ème aux elections municipales (sur 7 ou 8 candidats) : on peut
pas dire que ce soit une reussite frappante ! !
En ce qui concerne les affrontements des syndicalistes de Mr Jodar, s’ils
ont été condamnés, cela n’a rien a voir avec la Calédonie et les
transferts.... ; ils manifestaient depuis un moment pour faire réintégrer
une personne qui a volé dans la caisse de la société Carsud (un voleur
quoi ! , et occupaient illégalement un terrain appartenant a la Province
Sud (situé à côté de la Société Carsud). Il faut préciser qu’ici
rien ne se fait comme ailleurs. Que se soit le Flnks ou la Cstnc, ils sont
champions de la pose de « baches bleues » (piquets de greve) pour n’importe
quel motif.........
Quant à Pierre Frogier, ou Gaël Yanno (les deux députés calédoniens)
je les connais bien, ils ont toujours dit que les transferts de compétence
sont irréalisables car financièrement, et par les moyens fonciers ou
humains, impossibles pour la Calédonie, a moins d’inventer d’autres
sources de finances tels que les impots (supplementaires) mais qui va les
payer ?
Autre Rock WAMYTAN n’est pas Président de la Province Nord, c’est Paul
Neaoutyne.... Faudrait avant d’ecrire un article verifier vos
informations....
un dernier point : J’ai rencontré, en privé Monsieur Jacques Lafleur,
pour lui donner certaines informations dont il n’a pas tenu compte, et
parmi celles-ci je vous en livre quelques unes :
1/ un etat fédéré est impossible du fait de l’opposition Kanaks/
Melanesiens - Métros
2/ je suis sure que l’Avenir Ensemble, parti au pouvoir en Province Sud,
va exploser littéralement du fait de l’animosité réciproque de ses
membres fondateurs.
3/ Pour la Calédonie, le référendum n’est que pure formalité : il va
être décidé en haut lieu ceci : Un etat « Kanak » comprenant la Province
Nord et les Iles Loyautés, et le reste de la Calédonie (à savoir la
Province Sud et L’ile des Pins) resteront dans le Giron de la Métropole...
Du coup tous les antagonistes seront contents ;
Et l’Opération « Croix du sud » n’est rien d’autre qu’une solution de repli
pour les non autochtones en cas de conflit, car croyez moi sur parole, si
l’indépendance n’est pas acquise, cela chauffera ici et pas qu’un peu.
L’intelligentsia parisienne a trop promis aux Kanaks que l’indépendance
n’etait qu’une question de 20 ans d’attente...... tous les jours, on entend
dans les rues de Nouméa, que les « zoreilles » envahissent la Calédonie et
qu’il faut rapidement procéder à la décolonisation pour retrouver un
etat « premier »
enfin pour terminer, je suis secrétaire de L’afrnc, association des
francais résidents en Nouvelle Calédonie, qui se bat contre l’ignominie
du gel du corps electoral, qui a pour conséquence, que des francais
(qu’ils soit métros ou réunionnais, ou d’ailleurs), fraîchement
installés ne puissent pas voter au prochain scrutin des provinciales, soit
environ 18 000 personnes, moins francais ici qu’en métropole puisque
déchus de leur droit de vote, sans avoir été condamnés par la justice
! ! Un comble au pays des droits de l’Homme ! !




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