coup de cœur 28/04/2008 à 07h50

Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents mao

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Dans la déferlante du quarantième anniversaire de mai 68, un livre sort du lot. Aux antipodes des mémoires d’anciens combattants, du « Mai 68 expliqué à… » , ou encore des essais savants : c’est le témoignage des « fils et filles de » , les rejetons des dirigeants gauchistes du mois de mai et des quelques années chaudes qui ont suivi. Ils ont grandi dans des familles totalement immergées dans l’action révolutionnaire, et ont survécu à la tempête et à la fin du rêve : qui sont-ils aujourd’hui ?

A lire Virgine Linhart, il n’est pas certain qu’on puisse dire, pour paraphraser le célèbre film avec Balasko, « tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir eu des parents soixanthuitards » ... Car le point de départ de ce livre touchant et terriblement humain, est une douleur. Celle qui a donné son titre au livre : « le jour où mon père s’est tu » .

Le père de Virginie, Robert Linhart, est l’un des fondateurs du mouvement maoïste en France, d’abord à l’UJC(ML) (Union des jeunes communistes - marxiste-léninistes), puis à la Gauche prolétarienne, le principal groupe Mao issu de mai 68. Robert Linhart était « Mao » avant 68 : l’UJ’ comme on disait alors, a été fondée en 1966, en rupture avec le PCF. En 1967, Robert Linhart se trouve en Chine, en pleine révolution culturelle, et écrit à sa femme restée en France :

 » Mon chaton, hier nous avons visité une commune populaire ; j’attendais cela depuis 1964 ; c’est aussi bien que nous l’imaginions. C’est la voie lumineuse que prendront tous les affamés du monde. »

Et, de ce fait, Robert Linhart n’a rien compris à ce qui s’est produit au printemps 68, qui ne correspondait pas aux manuels révolutionnaires ML (marxistes-léninistes)... Sa fille écrit :

 » Tout à son organisation, mon père ne voit pas mai 68 arriver. A la théorie, se mêle le sentiment de supériorité : l’UJC(ML) est au coeur de l’histoire, les établis en sont les soldats, les manifestations de mai sont forcément un « mouvement petit bourgeois étudiant“ puisqu’elles n’ont été ni prévues, ni souhaitées, ni déclenchées par la direction de l’organisation.”

Le drame s’est produit bien plus tard, en 1981 : Robert Linhart fait une tentative de suicide, manquée, et s’enferme ensuite dans un long, très long silence. Virginie avait quinze ans, et s’est retrouvée, adolescente, face à un père présent mais emmuré dans son propre monde.

Devenue réalisatrice de documentaires, auteur d’un premier livre réussi sur l’épopée paternelle ( » Volontaires pour l’usine. Vies d’établis 1967-1977 » , Seuil, 1994), il lui a fallu vingt cinq ans pour s’attaquer à la question plus intime de la cassure du père. Et elle l’a fait en empruntant un chemin oblique, en allant rendre visite à sa génération à elle, celle des enfants de dirigeants, pour chercher dans leur éducation commune les secrets que son père ne pourrait plus lui confier. Un aller-retour permanent entre les itinéraires de ses « frères et sœurs » en descendance révolutionnaire, et le mystère de la folie paternelle.

Le voyage est passionnant, intriguant, déconcertant aussi, tant les itinéraires sont variés parmi ces enfants, qui vivaient la révolution sans rien y comprendre, au milieu d’assemblées générales permanentes enfumées et bruyantes, de parents jamais disponibles pour leurs bambins car la révolution n’attendait pas, au milieu aussi d’une époque de basculement des mœurs, de libération sexuelle -enfin pas chez tous, certains groupuscules étant plus rigides que d’autres… Un portrait de génération unie par une expérience commune exceptionnelle.

A l’arrivée, ils sont bien sûr très différents ces fils et filles de, même si, venant généralement de milieux bourgeois et intellectuels, ils ont tous plutôt bien réussi : mais quel rapport entre Mao (authentique, c’est bien son prénom) Péninou, fils de Jean-Louis, qui a appris la politique au biberon et qui en a fait sa vie (au PS, tendance DSK), et René Lévy, fils de Benny Lévy, le fondateur de la Gauche prolétarienne, qui a suivi les traces de son père jusqu’au judaisme orthodoxe et à l’étude de Levinas ? Leurs récits sont parsemés de ruptures, de contre coups des soubresauts de la vie des parents, à l’image de Thomas Piketty, aujourd’hui économiste socialiste à la mode, dont le père était à Lutte ouvrière où « c’était très mal vu d’avoir des enfants » .

 » Mon père a arrêté de militer en 1978 et a commencé un travail sur lui-même. (...) L’arrêt de son militantisme a coïncidé avec une période très difficile pour moi. C’était comme si la vie s’arrêtait. J’avais quatorze ans. Pendant deux ou trois ans, j’ai littéralement sombré, psychologiquement, socialement, scolairement. Du jour au lendemain, mon père cessait d’être un militant révolutionnaire, de courir de réunions en débat, de collage d’affiches en distributions de tract, et moi je me cassais la gueule. Au sens propre comme au sens figuré. J’ai commencé par me casser la jambe, puis j’ai sombré dans une profonde dépression » .

Nathalie Krivine, fille aînée d’Alain le trotskyste, née en 1967, ou Florence, sa deuxième fille, née en 1973, n’auront pas les mêmes vies à cause de six années d’intervalle, « mais quelles années » écrit Virginie Linhart. La première veut rompre avec la politique et l’intellectualisme et choisit de travailler dans une agence de voyage, alors que la plus jeune est restée dans le giron familial, a longtemps milité et s’occupe de restructuration sociale d’entreprises.

Les noms défilent, Lamiel Barret-Kriegel, fille de Blandine, philosophe alors d’extrême gauche, qui est devenue avocate ; Samuel Castro, fils de Roland, l’architecte, dirigeant de Vive la Révolution, le mouvement « mao-spontex » (spontanéiste), devenu médecin neurologue ; Mathias Weber, fils d’Henri, l’ex-trotskyste devenu sénateur socialiste (fabusien), qui est devenu gérant d’une société d’effets spéciaux audiovisuels...

Virginie Linhart ne conclue pas, ne tire pas de leçons ; elle refuse toutefois l’amnésie, les captations ou caricatures d’héritage d’un temps qu’elle a vécu par la lorgnette de l’affect, pas celle de la réflexion. Car elle souligne que :

 » mai 68 n’est pas seulement l’histoire de mes parents, c’est aussi la mienne. Complètement. Les événements de mai 68 ont bouleversé ma vie aussi sûrement qu’ils ont transformé la leur. »

Elle ne juge pas, mais elle se contente par exemple d’exprimer son « désarroi » face au parcours d’un André Glucksmann,

 » dont j’aimais petite fille l’attention tendre, [et qui] est désormais ce philosophe égaré assis au premier rang d’un meeting de soutien au candidat qui conspue mai 68. J’apprends que bien des héros de la vie réelle de mon enfance ont rompu avec la gauche, certains écrivent même dans une revue qui se proclame fièrement atlantiste et qu’on dit acquise au champion de l’UMP. Bientôt, on saura que Bernard Kouchner ne refusera pas de devenir le ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy. Ce ne sera pas si grave que cela, juste étonnant. »

A lire pour un autre regard sur mai 68, celui de ses vrais « enfants » .

Le jour où mon père s’est tu, par Virginie Linhart - Seuil - 175 p. - 16€.

Pour aller plus loin : l’interview de Virginie Linhart sur Europe1.

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  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 08h52 le 28/04/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    « DIRIGEANTS GAUCHISTES »

    Vous auriez parlé de « dirigeants », gauchistes ou non, en 68, vous auriez fait rigoler ! J’ai beau fouiller dans ma mémoire, je ne vois pas qui a « dirigé » quoi que ce soit en 68. Certainement pas les gauchistes. Ce ne sont même pas eux qui ont lancé le mouvement. Ont seulement pris le train en marche. « Tout à son organisation, mon père ne voit pas mai 68 arriver, » écrit une des « rejetonnes » citées par vous.

    Qui est à l’origine du mouvement de ce joli mois de mai, alors ? Tiens, je vous livre un témoignage que je viens de recevoir d’une amie, étudiante de Nanterre à l’époque : « Ce qui m’avait lancé dans cette aventure, c’est que ça me gonflait trop de laisser la clé de ma chambre en Cité Universitaire dans le casier pour que le concierge sache si j’étais là ou pas. Pourtant, je découchais même pas. Mon premier acte de rébellion, c’était de PAS laisser la clé dans le casier. Mais c’est aussi parce qu’on avait décidé ça à PLUSIEURS. Quatre ou cinq. »

    Alors, les « dirigeants » là-dedans ! « Diriger » n’est pas forcément parler plus fort, et encore moins dans les médias. Le moindre pet revendicatif en l’air et les médias en cherchent le ou les dirigeant(s). Une manie. C’est pratique un « dirigeant » pour organiser un plateau pas trop foutraque et bien lisse. D’ailleurs un de nos « dirigeants gauchistes » favoris (le postier) est bientôt l’invité spécial de Michel Drucker. C’est dire si la révolution est en marche !

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à Le Yéti
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 08h56 le 28/04/2008
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      « 68 » ne s’arrête pas au mois de mai : dans les années suivantes il y a bien eu des organisations (GP, VLR, Ligue, LO, OCI...) et donc des dirigeants.

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à Pierre Haski
        yetiblog.org
        • Posté à 09h47 le 28/04/2008
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        Bonjour Pierre,

        Tout à fait d’accord avec vous. Mon propos n’était d’ailleurs pas de critiquer l’article (très bien), mais d’essayer de donner une autre perspective aux festivités en cours. Convenez qu’on parle beaucoup des « dirigeants », apparus d’ailleurs, comme vous le dites très bien, « dans les années suivantes ». Au bout du compte, le spectateur assimile Mai 68 à ces « dirigeants » et à eux seuls.

        On n’entend guère, je trouve, les « participants » anonymes (ou alors sous forme de pots-pourris un peu indigestes et difficilement lisibles). Si ça vous chante, je peux vous en indiquer quelques-uns, comme cette amie dont je cite les propos. Les écouter, savoir ce qu’ils ou elles sont devenu(e)s, comment ils ont essayé d’arranger leur vie, éviterait sans doute les commentaires clichés et totalement faux comme celui qui suit :

        « De tout ces enfants de “gauchistes”, pas un seul n’est devenu ouvrier. Curieux. »

         
        • Jana
          Jana répond à Le Yéti
          bretonne en Normandie
          • Posté à 10h49 le 28/04/2008
          • Internaute 13372
            bretonne en Normandie

          @ le Yéti
          Bonjour. Vous dîtes :
          « Au bout du compte, le spectateur assimile Mai 68 à ces “dirigeants” et à eux seuls. »

          Mais non, pas systématiquement..il arrive qu’une partie au moins de spectateurs intermittants garde encore un peu de cerveau disponible à la critique..
          Il suffit aussi d’échanger avec plein de « gens ordinaires » qui ont vécu, en 68, mai et les autres mois, en France et ailleurs.
          D’accord avec vous pour faire contre poids aux « commentaires clichés »

        1 autres commentaires
      • jissé
        jissé répond à Pierre Haski
        Ingé retraité
        • Posté à 10h29 le 28/04/2008
        • Internaute 23393
          Ingé retraité

        Bonjour, Pierre.

        Mai 68, ce n’est pas que le quartier latin !

        Le nombrilisme franco-français sévit tjrs.

        Sur Cyberpresse canada, rubrique international, un article.
        Et des photos d’archives.

        Mai 68 en France mais aussi à Montréal, à Prague, à Varsovie.

        Bonne journée, je vais essayer d’accrocher le lien.

        Jissé

        Bon, le lien web ne veut pas se mettre.

        Allez sur Google.

        Edit : Si un internaute est plus adroit que moi, merci de mettre le lien dans un commentaire.

         
        • Jana
          Jana répond à jissé
          bretonne en Normandie
          • Posté à 10h53 le 28/04/2008
          • Internaute 13372
            bretonne en Normandie

          @ jissé

          Lien

          juste en clin d’oei :
          il y a certes Google.. il y a aussi :

          Lien

        • françoise.V
          françoise.V répond à jissé
          p'tite lyonnaise
          • Posté à 10h58 le 28/04/2008
          • Internaute 4967
            p'tite lyonnaise
          • jissé
            jissé répond à françoise.V
            Ingé retraité
            • Posté à 11h39 le 28/04/2008
            • Internaute 23393
              Ingé retraité

            Merci à la bretonne comme à la lyonnaise.

            Les tentatives d’insérer : Ctrl+C et Ctrl+D me menant exclusivement vers mes marque pages.
            Zarbi, avant ça marchait.

            Comme quoi les ’filles’ sont plus douées.

            Une découverte de Mai 68 ?

            Peut-être bien.

            Remerciements amicaux.

            Jissé

            • loller
              loller répond à jissé
              • Posté à 13h06 le 28/04/2008
              • Internaute 25841

              Ctrl+C copier ; Ctrl+V coller ; Ctrl+D marquer la page.

              • jissé
                jissé répond à loller
                Ingé retraité
                • Posté à 13h46 le 28/04/2008
                • Internaute 23393
                  Ingé retraité

                Merci

                Je faisais ’de tête’.

                Comme quoi ma tête, des fois .

                Si je croise Alzheimer (Aloïs) , lui fait une grosse tête !

                Bonne fin de journée.

                Jissé

        6 autres commentaires
      • Jana
        Jana répond à Pierre Haski
        bretonne en Normandie
        • Posté à 11h08 le 28/04/2008
        • Internaute 13372
          bretonne en Normandie

        Pierre
        Bonjour et merci pour cet article.
        Un livre à lire je pense..
        Deux expressions me frappent particulièrement :

        « Tout à son organisation, mon père ne voit pas mai 68 arriver.. »

        « C’est la voie lumineuse que prendront tous les affamés du monde. »

        Pour moi cela pose une question fondamentale, et est un sacré défi à terme :
        comment militer sans devenir « dingue » de la mécanique de la « boutique » , de la « structure » qui petit à petit tourne pour elle même, et rend aveugle à l’extérieur.

         
        • kawouede
          kawouede répond à Jana
          • Posté à 13h01 le 28/04/2008
          • Internaute 27995

          Bof, vu l’inventaire à la Prévert des « fils et filles de » je dirais que ce livre (ou le compte rendu qui en est fait au-dessus) c’est juste la version « gaucho » du people qu’on trouve dans les magazines - et maintenant la presse quotidienne !

  • all
    all
    • Posté à 08h52 le 28/04/2008
    • Internaute 9005

    De tout ces enfants de « gauchistes », pas un seul n’est devenu ouvrier. Curieux.

    • Francois Toulouse
      Francois Toulouse répond à all
      • Posté à 12h37 le 28/04/2008
      • Internaute 8648

      18 votes contre un commentaire qui souligne qu’aucun des enfants des dirigeants gauchistes de l’époque n’est aujourd’hui ouvrier ?
      C’est pourtant une vraie question qui est posée : le milieu social des enfants est le même que celui des parents, et ces gens qui alors parlaient au nom du prolétariat n’en faisaient pas partie, malgré la tradition des établis, dont la plupart ont repris une bonne carrière par la suite.
      Ce milieu social aisé est pourtant l’une des clefs pour comprendre pourquoi presque tous aujourd’hui, des anciens gauchistes aux rejetons, se situent entre DSK et la droite dure, bref là où le fond de pensée est l’atlantisme et le moins d’impôts.

      • Ga
        Ga répond à Francois Toulouse
        Dessineux
        • Posté à 14h24 le 28/04/2008
        • Internaute 16780
          Dessineux

        Tenir les étudiants pour unique responsable des évenéments de mai 68, c’est un peu vite oublier les 10 millions de grévistes, les occupations d’usines et les manifs syndicales.
        A peu prés aussi réducteur que de prétendre que Mai 68 est une lubie d’une poignée d’étudiants, fils de bourgeois en mal de sensation.
        D’autant qu’on embrasse rarement une carriére d’« ouvrier » par choix, et avec l’avénement des années 80 et de son culte de l’individualisme et de la réussite personnelle, je vois mal comment , même par vocation, cela put être possible.

         
        • dwain
          dwain répond à Ga
          • Posté à 15h18 le 28/04/2008
          • Internaute 8553

          « c’est un peu vite oublier les 10 millions de grévistes »

          eh bien ! il faut attendre le 30e commentaire pour l’entendre ! ! !

          Mai-juin 68, c’est avant tout LA PLUS GRANDE GRÈVE DE L’HITOIRE DE FRANCE !

          pour une analyse du processus de confiscation (notamment par tous ces « repentis ») du mouvement de Mai, voir Kristin Ross, Mai 68 et ses vies ultérieures, 2005

        1 autres commentaires
      • compte supprimé 24
        • Posté à 15h02 le 28/04/2008
        • Internaute 8330

        Tout à fait juste, François : replier pour ne pas voir ou sentir la mauvaise odeur, c’est l’attitude des lâches.

        Après la dictaturette des maos-spontex, c’est la Pensée Air Wick qui prédomine.

    • compte supprimé
      compte supprimé répond à all
      retraité
      • Posté à 14h31 le 28/04/2008
      • Internaute 27340
        retraité

      ca t’etonne ? en 68 ces petits bourgeois venaient nous voir à la grille de chez Michelin comme on va au zoo.Certains , plus courageux que les autres,serraient nos mains calleuses et je pense qu’ils se vantaient de ca, le soir, dans leursassemblées. De là à travailler eux mêmes, il ne faut pas exagérer : c’etait mieux d’aller militer dans l’enseignement ou le journalisme.Moins fatigant en tout cas ?

      • Ga
        Ga répond à compte supprimé
        Dessineux
        • Posté à 14h45 le 28/04/2008
        • Internaute 16780
          Dessineux

        Pas sur qu’enseignant soit une profession de feignant, et journaliste non plus.
        Et quand tu vis dans une famille dont les parents ont choisi de faire une profession libérale pour être en accord avec ses convictions, avec la précarité que cela implique, et bien tu en bouffe de la merde, et elle à le même gout pour tout le monde, camarade.

         
        • compte supprimé
          compte supprimé répond à Ga
          retraité
          • Posté à 18h14 le 28/04/2008
          • Internaute 27340
            retraité

          ga
          j’adore l’expression : « une famille dont les parents ont choisi ...une profession libérale pour être en accord avec ses convictions » ! ! ! ! ! ! !
          Sûr qu’ils ne risquaient pas de choisir l’usine tes bobos de parents bourgeois ! ! ! !
          Et comme ca tu as bouffé de la merde, pauvre petit bourgeois ? Ca a du être bien dur pour toi ! ! ! ! ! tu as été privé de vacances à la neige peut être ?
          Et moi qui me plaint : ouvrier de base avec 4 enfants je n’ai pas connu lesprivations d’une famille debobos : j’ai honte ! ! ! !

          • Ga
            Ga répond à compte supprimé
            Dessineux
            • Posté à 19h22 le 28/04/2008
            • Internaute 16780
              Dessineux

            Cher Alphonse,
            D’une part, l’usine ils l’ont connu, et assembler des soutifs à la chaine ne leur a pas paru comme etant une vocation, ni pour eux pour leurs enfants.
            Et ils se sont donnés du mal pour offrir autre chose à leurs enfants, comme tout le monde.
            D’autre part j’ai arreté mes etudes à 17 ans pour pouvoir bosser, donc pour les études payés, tu repasseras.
            Ensuite, la galére, avec deux gamins, comme pour quatre j’imagine, me donne suffisament d’energie pour eviter que mes mômes deviennent « ouvrier de base » comme tu dis, prend en d’la graine vieux con.

            Alors tes vieilles rancoeurs de vieux prol aigri, ça me fait bien marrer moi.

            • compte supprimé
              compte supprimé répond à Ga
              retraité
              • Posté à 21h22 le 28/04/2008
              • Internaute 27340
                retraité

              ga
              eh bien tu viens conforter ce que j’ai toujours pensé :
              tes parents étaient des salauds et tu es peut être pire qu’eux !
              ps : « jai arrêté mes études à 17 ans » ! ! ! ! ou plutôt ce sont les études qui n’ont plus voulu de toi, cesera plus honnête, petit bourgeois quicrache dans la soupe .

        3 autres commentaires
    • compte supprimé
      compte supprimé répond à all
      retraité
      • Posté à 14h31 le 28/04/2008
      • Internaute 27340
        retraité

      ca t’etonne ? en 68 ces petits bourgeois venaient nous voir à la grille de chez Michelin comme on va au zoo.Certains , plus courageux que les autres,serraient nos mains calleuses et je pense qu’ils se vantaient de ca, le soir, dans leursassemblées. De là à travailler eux mêmes, il ne faut pas exagérer : c’etait mieux d’aller militer dans l’enseignement ou le journalisme.Moins fatigant en tout cas ?

    • AT
      AT répond à all
      lecteur à perpète
      • Posté à 16h48 le 28/04/2008
      • Internaute 39609
        lecteur à perpète

      Moi non plus je ne comprends pas la « fermeture » de ce post (mais peut-être All est-il un posteur qui subit souvent ce sort ?)

      - Les enfants de ces parents-ouvriers ont-ils fait autre chose par esprit de contradiction juvénile, ou par volonté de ne pas faire comme papa-maman ? Ce qui est bien : aucun de mes enfants n’exerce mon métier).

      - Ou parce que ça les a mis à même de voir qu’être ouvrier, de nos jours, c’est moins bien qu’être pute* ? Tiens, des noms : Maryflo, Métaleurop, Grandrange.

      Les putes, autrefois, on les envoyait à Tanger, en colonie de vacances (Merci Perret). Les ouvriers, maintenant, on les envoie en Roumanie ou au Brésil. Avec une différence quand même, on les oblige pas. On se borne à leur dire : c’est ça ou le chomdu.

  • zénon denon 84
    • Posté à 09h12 le 28/04/2008
    • Internaute 30028
      Bonne

    Bon , ça commence à bien faire
    de regarder dans le rétro !
    Mais d’un autre coté jme dis que le
    Français est quand meme un drole de loustik !
    que veut-il , que souhaite t -il ,
    que désire t-il pour lui , au fond de lui-meme ?

    Un chiffre,UN ,
    UNe contatation ,faite il y a 10 minutes...

    « Aimé Cesaire,disparition d’un poete politique »
    1526 visites,20 réactions ...

    « Derrière la ch’timania »
    30021 visites ,259 réactions...

    Amis voisins de rue ça vous inspire
    ou ça vous fait quoi ?

  • patrick114
    patrick114
    psychiatre à st anne
    • Posté à 09h42 le 28/04/2008
    • Internaute 33205
      psychiatre à st anne

    mon eul regret de cette période c’est de ne pas avoir 3 ou 4 ans de plus vu qui donnait les diplomes a vincennes , pour le reste j’ais tout bien fait c’est a dire que dalle

  • lnremoi
    lnremoi
    hémisphère sud
    • Posté à 09h46 le 28/04/2008
    • Internaute 16404
      hémisphère sud

    mes parents étaient adolescents en mai 68, je suis née 11 ans après, entourée de cheveux longs de grosses barbes, ils n’ont pas organisé la révolution, n’y ont même pas participé, ils ont juste zappé le bac et sont parti vivre à la cambrousse retaper une vieille ferme, vivre avec leurs potes et leurs enfants au milieu des poules et des chèvres… ils avaient l’âge que j’ai aujourd’hui.
    je crois que je leur envie la capacité qu’ils avaient de rêver, leur conviction profonde que tout était possible… leurs utopies.
    Mes illusions se sont envolées bien plus vite que les leurs.

  • A.V.
    • Posté à 09h54 le 28/04/2008
    • Internaute 24685

    Les enfants ne sont pas des idéologies ; ils héritent de l’« être » et du non-dit. Ce qu’ils sont en dit toujours bien plus long sur leurs parents que toutes les tentatives d’analyse.
    Je n’ai pas lu le livre, mais c’est une démarche intéressante qui, pour l’auteur et le lecteur, peut permettre de « démystifier » Mai 68 pour mieux le comprendre. Vais l’acheter.

    • all
      all répond à A.V.
      • Posté à 10h01 le 28/04/2008
      • Internaute 9005

      « démystifier » non, démythifier oui

      • A.V.
        A.V. répond à all
        • Posté à 10h27 le 28/04/2008
        • Internaute 24685

        Il y a deux sens à « démystifier », dont celui qui se rapproche de « démythifier » ; d’où les guillemets.

  • jabier
    jabier
    consultant dans les Landes
    • Posté à 10h04 le 28/04/2008
    • Internaute 31087
      consultant dans les Landes

    La commémoration d’évènements dont la nature était de surtout pas être commémorés. Me fait gerber. Y ratacher les luttes lycéennes d’aujourd’hui ne sert qu’aux bourges a pouvoir dire « Petits cons, vous mimétisez, vos anciens 40 ans après. Vos revendications c’est du folklore ! »

  • droopy7849
    droopy7849
    Ebéniste d'art
    • Posté à 10h16 le 28/04/2008
    • Internaute 39025
      Ebéniste d'art

    Il est étonnant de constater que ceux qui prônaient en 1968 un marxisme pur et dur sont devenus aujourd’hui des cadres ou des dirigeants d’entreprises, catégories socio-professionnelles qu’ils exécraient alors.....

    Les enfants des manifestants de 68 sont eux aussi bien installés dans la vie, ils sont rarement ouvriers ou employés, ils font (ou ont fait) des études supérieures qui sont inaccessibles pour qui n’ont pas les reins solides (financièrement s’entend). Bref, ils se comportent comme ceux que fustigeaient leurs parents !

    Notons aussi que certains de ces bobos soixanthuitards sont devenus criminels. Je pense à Action Directe, dont les membres étaient tous issus de la bourgeoisie, tout en se réclamant du trotskisme pur et dur. Mais cela, il est politiquement incorrect de le rappeler, surtout pour un certain Besancenot (fils lui aussi de personnes issus de la bourgeoisie : parents professeurs si mes sources sont exactes)

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 10h19 le 28/04/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Tout le monde n’a pas eu la chance de voir ce film et donc d’entendre cette chanson :

    Lien

    • compte supprimé 24
      • Posté à 15h06 le 28/04/2008
      • Internaute 8330

      Rien que pour celle-là, je pardonne tout le reste à Godard.

    • marie 75
      marie 75 répond à skalpa
      • Posté à 19h41 le 28/04/2008
      • Internaute 3563

      Sarko : Le taux de mauvaises opinions le + élevé jamais enregistré
      Les cotes de confiance de Sarkozy et de Fillon en chute de huit points, selon un sondage AP | 28.04.2008 | 18 : 00 Lien...

      La cote de confiance de Nicolas Sarkozy accuse une forte chute de huit points en avril, atteignant les 32%, tout comme François Fillon avec 43% de bonnes opinions, selon un sondage BVA pour Orange et « L’Express » rendu public lundi.

      Selon cette étude réalisée avant l’intervention du chef de l’Etat jeudi soir, plus de six Français sur dix (64%) ont une mauvaise opinion du président de la République, contre 55% il y a un mois.

      M. Sarkozy connaissait le taux de mauvaises opinions le plus élevé jamais enregistré par l’institut BVA depuis la création de son baromètre de l’exécutif, en 1981, soit 64% d’avis négatifs. Cet effondrement de l’image présidentielle trouve principalement son origine dans la désaffection brutale des sympathisants de droite, (58% de bonnes opinions en avril, soit une chute de 12 points).

      Son Premier ministre François Fillon enregistre lui aussi une baisse de huit points, avec 43% d’opinions favorables (51% le mois dernier), et connaît une hausse spectaculaire des mauvaises opinions (+10 points à 46% des personnes interrogées).

      sondage réalisé en face à face du 22 au 24 avril, auprès d’un échantillon de 994 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas. AP

      • thierry reboud
        • Posté à 19h51 le 28/04/2008
        • Internaute 20923

        Vingt dieux !
        Sarkozy a donc eu la chance d’avoir des parents mao ? Et Fillon aussi ? Là, je dois bien dire que ça me la coupe !
        Ce serait gentil si vous nous expliquiez le rapport entre le fait que Sarkozy et Fillon ont eu des parents mao et leur cote de popularité. Tout seul, j’avoue que j’ai du mal à comprendre.

  • Lairderien
    • Posté à 10h36 le 28/04/2008
    • Internaute 22751

    +++++
    Elle ne juge pas, mais elle se contente par exemple d’exprimer son « désarroi » face au parcours d’un André Glucksmann,

    « dont j’aimais petite fille l’attention tendre, [et qui] est désormais ce philosophe égaré assis au premier rang d’un meeting de soutien au candidat qui conspue mai 68. J’apprends que bien des héros de la vie réelle de mon enfance ont rompu avec la gauche, certains écrivent même dans une revue qui se proclame fièrement atlantiste et qu’on dit acquise au champion de l’UMP. Bientôt, on saura que Bernard Kouchner ne refusera pas de devenir le ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy. Ce ne sera pas si grave que cela, juste étonnant. »
    +++++

    Pour moi qui avait 18 ans en mai 68, avec une conscience politique forte, mais une méfiance déja fortement enracinée contre les embrigadements politiques radicaux (grace à un père et un grand père pleins de bon sens terrien et ouvrier) J’ai toujours considéré ces intellectuels remplis de certitudes, comme des opportunistes avec un cerveau en forme d’èponge, pour absorber le discours dominant du moment leur permettant de se mettre en avant.
    En bref leurs seules motivations réelle : faire partie de ce qu’ils considèrent comme l’élite par tous les moyens et au prix de tous les reniements.

    • AT
      AT répond à Lairderien
      lecteur à perpète
      • Posté à 10h52 le 28/04/2008
      • Internaute 39609
        lecteur à perpète

      « J’ai toujours considéré ces intellectuels remplis de certitudes, comme des opportunistes »

      Pas mieux. Gens qui pensaient « à gauche » et fustigeaient ceux qui ne pensaient pas comme eux. Qui maintenant pensent à droite et fustigent ceux qui ne pensent pas comme eux.

      Bah, comme une de mes rares devises est « ni dieu ni maître ni césar ni tribun », les Gluck et autres, on (comme chantaient Font et Val) s’en branle.

      • FF23
        FF23 répond à AT
        • Posté à 16h36 le 28/04/2008
        • Internaute 38572

        l’opportunisme, un fléau certain !
        à gauche ? à droite ? ça dépend !
        du moment que ça déplaise aux parents
        ou que ça plaise aux copains !

        Je remarque avec amusement
        les intellectuels se prenant
        des volées de bois verts, ce venant,
        de droite comme de gauche, sans discernement !

        On acclame ou vilipende, pour un rien,
        ces nouveaux libérateurs de l’homme moyen
        (Ou de sa pensée, au moins)
        D’autres diront , eh bien,
        qu’ils devraient retourner du foin !

        Assez maintenant !
        Mettons-les à l’usine ces fainéants !

      • Lairderien
        Lairderien répond à AT
        • Posté à 16h38 le 28/04/2008
        • Internaute 22751

        Ni dieu, ni maître, est aussi ma seule et unique devise.

        Cela ne m’empèche pas de respecter certains comme des maîtres dans leur domaine, mais certainement pas à m’aplatir devant quiconque.

  • massilian
    • Posté à 10h40 le 28/04/2008
    • Internaute 40218

    j’ai été jeune mao soixante huitard, puis parent post mao. entre autres choses que j’ai pu être. pourquoi réduire ? je ne crois pas que mes enfants privilégient « la marque » de 68 dans ce que j’ai pu leur transmettre. peut-être davantage, mais je ne peux pas parler à leur place, le sens de l’ironie, l’insupportable vanité de la politique, la dérision des hommes de pouvoir... le devoir de tenter de suivre ce qui se passe dans le monde, se sentir concerné sans être dupe et puis comme disait si bien George Braque : « N’adhérez jamais ! ».

  • Vieux Bob
    Vieux Bob
    Retraité
    • Posté à 10h41 le 28/04/2008
    • Internaute 40216
      Retraité

    Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des enfants soixante-huitards !
    Les ainés manifestaient, n’allaient plus à la messe, parlaient de Cohn-Bendit, le Diable Rouge, ou d’un certain Michel Rocard...
    Nous cherchions à comprendre...
    Ils sont parents et grand-parents : pas toujours facile de comprendre le film !
    Mais chercher à comprendre l’autre, n’est-ce pas un sens passionnant à donner à la vie ? Et quel plaisir de trouver des points de rencontre !
    Vieux Bob

  • Ga
    Ga
    Dessineux
    • Posté à 10h42 le 28/04/2008
    • Internaute 16780
      Dessineux

    Le pire c’etait APRES surtout.
    Mai 68, pour beaucoup, c’etait la teuf, le début de quelquechose...
    Mais c’est quand aprés s’etre bien defoulé sur les barricades que certains on décidé de descendre dans le sud, et ailleurs, pour ouvrir des communautés et mettre en application leur nouvelle conception de la société que notre génération à decouvert ce que signifiait l’esprit 68 pour beaucoup.

    Ha alors c’est sur, vivre a poil, à plusieurs en bouffant des chapatis et du riz complet au soja en faisant des bourses en cuir, c’est vachement moins glamour sur la longueur.
    En plus d’être sapé comme des clowns j’veux dire.

    Le principe etant de tout partager parcque rien n’est a personne et tout est a tout le monde, et quand y’en a pour 12, y’en a pour 24...bon, les parts sont un peu plus petites quoi...Alors evidemment, ce genre de principe n’a qu’un temps, et aprés deux hivers passé à se chauffer au poele, la determination du hippie à tendance a s’effriter avec le temps, et dans un eclair de lucidité, le hippie, revolutionnaire et futur ex maoiste, remonte sur la capitale, et investit les squatts parisiens du haut Belleville...
    Là, quelques immeubles égarés derivent sur des terrains vagues aujourd’hui remplacé par un parc asseptisé.
    Les « fils de dieu », croise quelques militants d’action direct, pendant qu’un utopiste convaincu essaye de faire pondre un coq au fond d’une cour, le tout sur fond de discours politique...
    C’etait l’epoque des maternelles squatts, des écoles parralléles, des meetings, des reunions tard le soir et des pochoirs surréalistes sur les murs... beaucoup de théorie, quelques mises en pratiques farfelues, des experiences alternatives qui ont donné un joyeux bordel, assez formateur en fin de compte et puis les années 80 sont arrivés, et avec tonton, l’héro a commencer à decimer les derniers nihilistes naufragés venus s’echouer sur ces ilots de contestation...puis les CRS, puis les expulsions, et, là, enfin, on se pose.

    Aprés l’histoire on la connait, l’esprit révolutionnaire de cette époque s’est distillé dans notre société, beaucoup d’ex révolutionnaires se sont fondus dans la masse, ou ont réorienté leur plan de carriére, vers quelquechose de plus réaliste, et plus constructif aussi.

    Alors bien sur, il ne s’agit pas de généraliser, mais c’était une des tendances de l’époque.
    Moi j’en garde un bon souvenir malgré tout, et même si, comme beaucoup d’enfants de cette génération, nous ne nous retrouvons pas dans les idéaux révolutionnaires de cette epoque, elle est la base même de notre conception de la politique...rien d’etonnant donc à ce qu’on ne se retrouve pas non plus dans celle qu’essaye d’incarner la gauche aujourd’hui.

    • jissé
      jissé répond à Ga
      Ingé retraité
      • Posté à 11h45 le 28/04/2008
      • Internaute 23393
        Ingé retraité

      Bonjour Ga

      « Le pire c’était après »

      Un certain 14 juillet, bien après, une polytechniciene, sortie ’major’ en tête pour le défilé sur les Champs-Elysée, ben c’était une conséquence de Mai 68.

      Avant seuls les ’mecs’ pouvaient intégrer les ’grandes-écoles’.

      Et mes enfants vont fêter Mai 68 : le 18, les quarante ans de ma fille aînée !

      Tout le quartier latin a fêté cette naissance !

      Et ne confondez pas ’soixante-huitards’ et ’Hippies’.

      >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
      Pour répondre à un autre.

      Certains ’dirigeants’ ne sont pas devenus ouvriers : C’est vrai pour Séguy (la CGT a pris le train en marche après que les ouvriers de Renault-Billancourt se soient mis spontanément en grève).
      Jean Ferrat est venu y chanter pour eux.

      Chirac non plus, n’est pas devenu ouvrier après les premiers accords de ’Grenelle’.
      Où il venait armé !
      >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
      Je vous souhaite une bonne journée.

      Jissé

      • Ga
        Ga répond à jissé
        Dessineux
        • Posté à 11h47 le 28/04/2008
        • Internaute 16780
          Dessineux

        Ha mais pas de méprise, si j’ai un regard un peu cynique sur tout ça, ce n’est pas du regret, ni du reproche, et je ne renie pas cet héritage social et culturel, bien au contraire.
        Je suis un pére divorcé et epanoui de deux gamins, je vis de ma passion de dessinateur en bossant pour Lagardére, et je vote à gauche en triant mes déchets dans des sacs de couleurs différentes.
        Un pur produit de la génération 68, bien caricatural comme y faut en plus.

        En revanche,la demarche d’aller ouvrir des communautés etait , elle aussi politique, et leur combat a continué par la suite, pour tout dire, ils sont devenus journalistes (libé, Marianne...), adjoint au maire, ecrivains...ensuite, il est bien evident, et cela il est inutile de le préciser je pense, qu’on ne va pas leur reprocher de ne plus avoir les mêmes idées, parfois extremistes, à 20 ans, qu’a 60, entre renier certaines idées, faire evoluer ses points de vue en tenant compte de l’évolution de notre société, et retourner sa veste, il y a une marge et quelques nuances.

         
        • Ga
          Ga répond à Ga
          Dessineux
          • Posté à 16h14 le 28/04/2008
          • Internaute 16780
            Dessineux

          @Jissé.

          ...Et pour être tout à fait franc, j’ai du merite à avoir reussi à garder un regard lucide sur cette période.

          Parce que, si dans mon cas, la communauté avait une vocation politique (Doillon y est venu filmer quelques scénes de son film utopico-révolutionnaire « L’An01 »), les conséquences de l’activisme,politique donc, fusse t-il intellectuel, de cette génération ont eu un réel impact sur leur quotidien, et celui de leurs enfants donc.
          Je passe sur les refugiés politiques italiens et espagnoles hébergé à la maison,les perquisitions, les gardes à vue, et la prison.
          Mais pour ceux dont les parents, en plus de leur activisme politique, tentaient de trouver une alternative au schéma de société qui leur était imposé , qui soit en adéquation avec leurs idéaux, c’est à dire un systéme d’education alternatif, un engagement politique au quotidien,une solidarité inter communautaire,le respect de son environnement et de ses pairs, bref un style de vie « marginal » pour l’époque, il est évident, qu’aprés l’abandon de ces éxperiences, pour les « enfants de 68 »,la « reinsertion » fut plus difficile, et forcément pour beaucoup, ils en sont sortis destructurés, sans repéres politique,désabusés, la génération « touche pas à mon pote » s’est batie sur les désillusions de ses parents.
          Alors oui, comme le souligne Nucklear plus bas, ça à fait des ravages, et c’est pas pour rien qu’on nous as appellé « génération sacrifié ».
          Mais il est incontestable qu’on sort riche de ces experiences, non pas en éspéces comme aimerait à le faire croire quelques mauvaises langues, mais humainement.

          Et rien que pour ça, ça vaut le coup, et je ne regrette rien...

        1 autres commentaires
  • AT
    AT
    lecteur à perpète
    • Posté à 10h46 le 28/04/2008
    • Internaute 39609
      lecteur à perpète

    Dans la série « caca les 68tards », ces livres (sans doute honnêtes) pourront être utilisés à charge.

    Or il faut cesser avec cette idée du jour qui cadre avec « tout est de la faute de Mai 68 », y compris la mocheté de la Vel Satis et le scandale qu’il fasse jour à midi et nuit à minuit.

    Des enfants qui paient le surinvestissement des engagements de leurs parents, leur basculement d’un bord politique à un autre, le reniement des choix de jeunesse, il y en a toujours eu, et partout. Ma fille a un collègue dont le neveu de 9 ans ne voit jamais ses parents, tout occupés qu’ils sont à gagner de la thune pour emplir le réservoir du 4x4, juste capables de sortir la carte bleue pour lui payer ses caprices faute de le payer en présence et en amour (madame regrette de l’avoir mis au monde car cela a freiné sa carrière) : c’est soixanthuitard, ça ?

    J’ai « fait » 68. Bon, pas avec la rage totale et totalitaire de certains. Et mes enfants sont nés l’un en 1974 l’autre en 1980. Mais, s’ils ont été élevés sans les principes de la rigidité pré-68, ce ne fut pas pour autant le souk. Je ne les ai pas endoctrinés, ils ont fait leurs propres choix mais leurs ruptures ne les ont pas conduits à droite. La preuve :

    A Nantes, on va commémorer Mai 68 à notre façon :

    « On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste !

    1er mai 2008
    Après midi d’échanges et de rencontres autour de Mai 68 sur la Place du Peuple (anciennement place Royale)
    Parce que transmettre et prendre conscience que l’expérience humaine que fut Mai 68 ne se fait pas qu’au travers d’intellectuels ou de politiques,
    parlant au nom des autres, c’est avec des acteurs/trices, lecteurs/trices,
    faucheurs/euses, vendeur/euses, de paysans/nnes, de travailleurs/euses, shadoks(esses), révolté/e/s, fraudeurs/euses, flaneurs/euses… avec ou sans
    fleurs mais sur les pavés que cette journée se déroulera. La lutte n’est jamais finale…
    A défaut d’enterrer et héritage ou de le glorifier il est important de le connaître et de l’enrichir.
    Cette journée a pour but de favoriser l’échange et la transmission plutôt que d’être une leçon historique.
    Sur fond sonore de radio ORTF, d’expos photos, de divers ateliers animés par des personnes ayant vécu ou non les événements, venez y apporter votre propre expérience, vos interrogations, pour exister, résister aujourd’hui.

    Tout tout de suite et même avant ! »

    Eh bien mon fils, à qui j’ai passé l’info, a réagi mi-drôle mi-sérieux : « et vous allez recommencer à tout péter ? »

  • berbère
    • Posté à 11h12 le 28/04/2008
    • Internaute 20678

    débarquant d’algerie après quelques années où je n’avais pas attendu 68 pour faire ma révolution, les 68 tards me sont apparus comme des jeunes bourges qui s’ennuyaient et se révoltaient contre des parents bien nantis. La France me semblait un pays trop gâté qui commençait à singer le mode vie américain Bref je me sentais une immigrée, d’ailleurs j’ai galéré à cette époque,sans travail sans domicile fixe.
    Je garde un souvenir ironique d’une liaison temporaire avec un des militants, proche du cercle pensant. Tendance italienne il vitupérait contre les maos purs et durs mais manifesta son mécontentement quand j’accrochais quelques gravures sur le mur de son F3 monacal. Je ne militais pas, mais j’étais partisane du travail en usine : « on devrait te mettre du scotch sur la bouche“me disait-il. A l’époque il ne voulait pas d’enfant mais sur le tard est devenu père gâteux ,s’est bien recyclé dans la presse et autre et dans la gauche caviar

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 11h17 le 28/04/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    quand on voit ce que sont devenu les ex mao ( je ne citerais pas de nom mais y’a de quoi faire entre nouveaux philosophes anciens journalistes et actuels responsables socialistes ) ça donne a reflechir ! comme je l’ai deja ecris ailleurs , ces mecs là croyaient dur comme fer en Polpot et quand il se sont rendu compte que le « frere numero un » etait un vilain petit psychopathe comme son inspirateur de la grande timonerie , ils ont tous defilé dans les plateaux de television pour denoncer l’ineptie de TOUTES les ideologies de gauche , le tout devant une societé (bien a droite elle) et des teléspectateurs attendris par tant de contrition et de clairvoyance et qui en redemandaient , jusqu’a en faire des « nouveaux philosophes-ecrivains-experts-incontournables » qui vendent leurs litterature a des memeres a caniches, genial les mecs ! vous avez fait tres fort

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