27/04/2008 à 12h40

Travailleurs, travailleuses, il va falloir se démotiver

David Servenay | Ex-Rue89

Selon le philosophe Guillaume Paoli, la motivation est devenue le Graal des entreprises : aux salariés de ne pas se faire piéger.


Le monde occidental est-il à la veille d’une nouvelle révolution ? En refermant « Eloge de la démotivation », cette question prend une nouvelle tournure. Depuis des années, Guillaume Paoli, philosophe exilé en Allemagne, s’interroge sur le monde du travail. Celui où l’on perd son âme, à force de désillusions. Propos noirs, mais pas sans pertinence où l’auteur démontre qu’il faut « mettre les freins ».

Il faut attendre la 80e page avant d’être convaincu que, décidément, cette plongée dans l’univers de la « démotivation » est un exercice périlleux mais nécessaire. Périlleux, parce que sa description est très analytique et fractionnée... pas toujours facile à suivre.

En résumé, le monde du travail d’aujourd’hui est confronté à l’impérieux besoin de canaliser la « motivation » des salariés. Faute de quoi, l’entreprise est condamnée à terminer sa course au cimetière des « marchés ».

Dans une économie où cette logique des « marchés » est omniprésente, la motivation conduit en fait les travailleurs à simuler. Lettre de motivation simulée, comportement de travail simulé, implication simulée... la « motivation » est « pervertie » explique le jeune philosophe français. (Voir la vidéo.)

La deuxième partie du livre montre que cette vision de l’univers économique est nécessaire. A quoi ? D’abord à mettre des mots sur un « malaise », un « mal-être » au travail, apparu depuis quelques années. Paoli développe une analogie éclairante avec les mécanismes de la toxicomanie : l’addiction dont souffre les cadres motivés se manifeste de plusieurs manières. Pour le meilleur et le pire : les cas de suicide au travail relèvent aussi de cette catégorie, estime l’écrivain.

Que faire ? « Je n’ai pas de solution », prévient Guillaume Paoli, sinon de préconiser une « prise de recul ». L’autre enjeu, à l’échelle collective, est ce « développement non maîtrisé » qui « nous mène tout droit vers le mur ». Comment articuler les deux dimensions ? Là encore, pas de réponse toute faite pour le « poseur de questions ». (Voir la vidéo.)

Dans les dernières pages de l’essai, l’ancien participant du mouvement berlinois des Chômeurs heureux prend nettement ses distances avec les néo-marxistes habitués de sa maison d’édition. Il ne sent pas plus d’affinités que ça avec la prose d’un Alain Badiou ou les nostalgies marxistes des penseurs de la Ligue. Il n’aime pas les « Français donneurs de leçon », bien éloignés des humaines préoccupations d’inactifs.

A l’appui de sa démonstration, il cite Etienne de la Boétie, Alexis de Tocqueville et Walter Benjamin qui, en voyant les Insurgés de 1830 tirer sur les horloges, écrit :

« Marx dit que les révolutions sont les locomotives de l’Histoire. Mais peut-être en est-il autrement. Peut-être les révolutions sont-elles le moment où le genre humain voyageant dans ce train tire le frein d’arrêt d’urgence. » (Voir la vidéo.)

Et si la France s’ennuyait tellement en 2008, que certains songeraient à tirer le « frein d’arrêt d’urgence » ? ► Eloge de la démotivation de Guillaume Paoli - Nouvelles éditions lignes - 189 p., 14€.

  • 32414 visites
  • 133 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 12h47 le 27/04/2008
    • Internaute 16256

    Il n’y a pas de solution, du moins pour le moment.
    Je me rappelle qu’il y a une quinzaine d’années, je cherchais un emploi et on me demandait sans arrêt mes motivations. Je répondais que je cherchais à gagner ma vie et qu’une entreprise en valait une autre du moment que je pouvais exercer mes compétences. Cette réponse m’a valu plusieurs mois de chômage. J’ai réitéré plusieurs fois depuis, mais j’ai reçu la même pénitence. Je travaille désormais en freelance, car je pense toujours que le labeur n’est pas une fin en soi, c’est un moyen pour ne pas mourir de faim ou de froid sous un pont, mais je n’y ai jamais rien trouvé de jubilatoire.

    • mazingerB
      • Posté à 12h55 le 27/04/2008
      • Internaute 39273

      quelle tristesse, effectivement..

    • XavXav
      • Posté à 13h01 le 27/04/2008
      • Internaute 28444

      J’ai eu (et ai toujours) le même souci : comment « se motiver » pour les beaux yeux d’une boite, alors que dans le même temps, il faut écrire en masse (50-100 lettres= 1 ou 2 entretiens), pour des jobs plus ou moins intéressants, sachant qu’en plus, l’intérêt pour soi n’est pas celui que voit l’entreprise : j’aime apprendre, découvrir des métiers nouveaux des activités différentes, ma boite cherche avant tout un gars qui fasse du copier coller avec un peu de jus de cerveau, et surtout que je reste face à mon poste les x prochaines années, avant de me jeter quand elle n’aura plus besoin de moi (parce qu’ainsi, elle maximise le gain lié à mon travail).

      Bref, les deux acteurs n’ont pas les mêmes intérêts, donc on se ment forcément, à défaut de laisser sa chance au hasard de la rencontre.

    • virginie78
      virginie78 répond à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
      Éteignez votre TV et apprenez à (...)
      • Posté à 16h57 le 27/04/2008
      • Internaute 25883
        Éteignez votre TV et apprenez à (...)

      Pareil, il faut faire semblant d’aimer avec passion son entreprise, son travail, il convient de montrer que l’avancement du projet est vital pour soit, il faut montrer des signes de stress maîtrisés extérieurs, signes de stress pour montrer que on est impliqué émotionellment, maîtrisés pour montrer qu’on asure et que demain on assurera toujours :)
      tel John Waynes, yessss.....

      Mais moi je chante une autre chanson : il y a une vie après le travail, et ce n’est pas en revenant à la maison tard, fatiguée, crevée, énervée, stressée, angoissée, qu’on peut la vivre cette vie à laquelle on a le droit !
      Même les esclaves dans les champs de cotons avaient une vie après le travail !

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h36 le 27/04/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    « Dans une économie où cette logique des “marchés” est omniprésente, la motivation conduit en fait les travailleurs à simuler. Lettre de motivation simulée, comportement de travail simulé, implication simulée... la “motivation” est “pervertie” “
    il ne parle pas des CV truqués, et sur dimensionnés par apport à la vérité.
    Enfin quelqu’un qui l’a vu et qui le dit !
    le phénomène est très visible quand on est noté aux objectifs, et au mérite. on fini par travailler pour la note et pas autre chose (tout est dans la simulation).
    exit donc la prise de risque, les initiatives, la créativité (les vraies motivations) etc..

    émulation ou simulation il faut choisir.

  • mazingerB
    • Posté à 12h54 le 27/04/2008
    • Internaute 39273

    Je pense que ce monsieur, comme bien d’autres apotres de la Catastrophe, n’envisagent pas que certaines personnes aimaient tout simplement leur travail.. Donc forcement il derive, il derive..

    • le _grand_clown_malade
      le _grand_clown_malade répond à mazingerB
      if 6 was 9
      • Posté à 13h51 le 27/04/2008
      • Internaute 27069
        if 6 was 9

      C’est beau ce que vous dites mazingerB !

      Si chaque personne avait les moyens d’aimer son travail (au-delà de sa motivation personnelle) ce serait tellement merveilleux...

      • Bon Scott
        • Posté à 16h27 le 27/04/2008
        • Internaute 24531

        Hier samedi, j’ai assisté à notre réunion générale annuelle (93 personnes présentes). Nous sommes adhérents d’un syndicat qui nous a aidé à nous défendre devant les prud’hommes (90% de procès gagnés), je peux vous dire qu’il y a beaucoup de salariés qui vivent des situations plus que pénibles au sein de leur Entreprise (suicide, brimades, pressions, harcèlements, licenciements abusifs, ou suite à une liquidation ...)Et avec le nouveau code du travail qui arrive début mai, je ne sais pas comment les employeurs en général vont pouvoir motiver leurs salariés, avec notamment les résiliations de contrat par conciliation ( ex : un employeur qui trouve que son salarié est trop vieux pourra le licencier beaucoup plus facilement) « je ne te garde pas dans mon Entreprise, combien tu veux pour partir ? » Ce sera au salarié de se vendre !
        Au niveau du travail, je connais beaucoup de personnes ayant un emploi, qui ont des certitudes « les chômeurs sont comparés à des fainéants, du travail il y en a “ mais quand ceux ci se retrouvent sans emploi, ils comprennent que pour retrouver un travail correctement rémunéré ce n’est vraiment pas facile, à moins d’accepter des CDD, des 20 heures par semaine, des emplois rémunérés en dessus du SMIC,... effectivement dans cette catégorie de poste à pourvoir, il y en a énormément ! ceux sont les mêmes personnes qui critiquent le système, ‘trop de social, etc ... qui profitent du dit système.
        Des exemples je peux vous en citer sans problème. Le petit corps malade ne fait qu’appliquer les réformes que les cyniques patrons du MEDEF lui ont demandé. Personnellement j’ai fait pratiquement les 3/4 de ma vie active, et je ne suis pas à l’abri de rien, je plains les jeunes qui vont démarrer dans le monde du travail. Je laisse les personnes avec leurs certitudes, je leur souhaite de ne pas trouver d’embuche dans leur parcours professionnel, ou au niveau de leur Entreprise, et qu’ils puissent s’éclater dans leur fonctions.

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à Bon Scott
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 23h10 le 27/04/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          On vient d’apprendre qu’un employé s’est immolé par le feu dans sa voiture sur le parking de son entreprise.
          C’est l’entrepôt entier qui a pris feu.
          Dur dur .....
          Et pendant ce temps là les riches ne connaissent pas la crise et pas qu’en Angleterre :
          Lien

          Il faut vraiment bouger, une grande manifestation internationale, voilà ce qu’il faut.

        • cacahouete
          cacahouete répond à Bon Scott
          montpellier
          • Posté à 09h57 le 28/04/2008
          • Internaute 39103
            montpellier

          très appréciable votre point de vue d’un « actif salarié ». MERCI

        2 autres commentaires
    • marc44
      marc44 répond à mazingerB
      • Posté à 15h18 le 27/04/2008
      • Internaute 24488

      Dans l’enseignement supérieur et la recherche, où la pression de l’évaluation va croissant, ces considérations commencent à être valables. L’objet de l’enseignement et de la recherche ne priment plus, mais l’énergie devient largement consacrée à réfléchir à ce que pense telle tutelle, quels sont ses critères, comment tourner les choses ; bref, le « qu’en dira t-on ». Toute cette énergie n’est plus mise au service des missions de service public, de amnière sereine et efficace. On enseigne dans les écoles de commerce -devenues par prétention « de management“- que sérénité et efficacité de vont pas de pair. Voilà un grand mal de notre société.

  • quetzal2012
    quetzal2012
    enseignant précaire
    • Posté à 13h07 le 27/04/2008
    • Expert 26736
      enseignant précaire

    Cette métaphore de la révolution comme « le frein d’arrêt d’urgence » était aussi filée par Ferré, pour ma part je pense que l’on devrait davantage parler de révolte au sens où l’entendait Camus, qu’elle soit métaphysique ou sociale, elle est en effet un refus fondamentale de se laisser mener droit dans le mur...
    Même lorsque Marx, en inversant la vision hegelienne, parle de révolutions comme de « locomotives de l’Histoire », n’entendait-il pas par là que par le travail (pas au sens sarkozien et aliénant du terme) l’Homme se rend perfectible et capable de penser avant que de se laisser motiver par le train fantôme du « travailler plus... » ?

    Lien

  • Gudlok
    • Posté à 13h03 le 27/04/2008
    • Internaute 10038

    Aaaah merci à Rue89 et à Guillaume Paoli.

    Ce genre de penseur font vraiment du bien, car ils posent les vrais problèmes de notre société, contrairement à tous les autres qui préfèrent éviter de toucher aux tabous.

    La soit-disante démocratie dans laquelle nous vivons est en fait une véritable tyrannie du travail... Si tu n’as pas d’emploi, tu n’es pas un bon citoyen, tu es qualifié d’asocial, tu es exclu de la société.

    Du coup, tout le monde se vend comme des produits pour obtenir des postes, de plus en plus minables.
    Les CV ressemblent à des pubs avec un marketing bien réflechi, on y ment évidemment, et dès l’entretien d’embauche, on flatte l’employeur, on simule.

    • pablico
      pablico répond à Gudlok
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 13h10 le 27/04/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      cela s’appelle ’bling bling’, lèche cul, rond de jambes, flatteurs, courtisans et j’en passe

    • skalpa
      skalpa répond à Gudlok
      actif et militant ?
      • Posté à 19h48 le 27/04/2008
      • Internaute 7181
        actif et militant ?

      Qu’on se le dise !

      Lien

      • Bon Scott
        Bon Scott répond à skalpa
        • Posté à 20h16 le 27/04/2008
        • Internaute 24531

        Tu t’aperçois que tu vis en 2008 quand :

        1. Par accident, tu tapes ton mot de passe sur le micro-onde ;
        > 2. Ça fait des années que t’as pas joué au solitaire avec des vraies cartes ;
        > 3. T’as une liste de 15 numéros de téléphone pour joindre une famille composée de 3 personnes ;
        > 4. T’envoies un mail à ton collègue qui a le bureau juste à côté du tien ;
        > 5. T’as perdu le contact avec tes amis ou ta famille parce qu’ils n’ont pas d’adresse e-mail ;
        > 6. T’arrives chez toi après une longue journée de travail et tu réponds au téléphone comme si tu étais encore au bureau ;
        > 7. Tu fais le zéro sur ton téléphone de la maison pour prendre la ligne ;
        > 8. T’es au même poste de travail depuis 4 ans mais t’as déjà travaillé pour trois entreprises différentes ;
        > 10. Toutes les pubs télé ont une adresse Web en bas de l’écran ;
        > 11. Tu paniques si tu sors de chez toi sans portable et tu fais demi-tour pour le prendre ;
        > 12. Tu te lèves le matin et la première chose que tu fais c’est allumer ton ordinateur avant même de prendre ton café ;
        > 13. Tu inclines ta tête sur le côté pour sourire ;
        > 14. T’es en train de lire ce texte et tu acquiesces et souris ;
        > 15. Encore pire, tu sais déjà à qui tu vas renvoyer ce message ;
        > 16. T’es trop occupé pour t’apercevoir qu’il n’y a pas de numéro 9 dans cette liste ;
        > 17. A l’instant, tu viens de re-parcourir le message pour vérifier qu’il n’y avait pas de numéro 9 dans la liste...

        ALORS, SUIS CE CONSEIL :

        Lorsque ton travail t’ennuie, que tu es au bord de la dépression,
        > que vraiment plus rien ne va comme tu le voudrais au travail,
        > fais ceci :

        en sortant du travail arrête-toi à la pharmacie, achète un thermomètre rectal Johnson &Johnson
        > (seulement cette marque-là) ; ouvre la boîte du thermomètre rectal et lis les instructions

        Tu trouveras cette phrase quelque part :
        > « Chaque thermomètre rectal Johnson & Johnson a été testé personnellement à notre usine. »

        > Alors, maintenant, ferme les yeux et répète 5 fois à voix haute :
        > je suis heureux[se] de ne pas travailler
        > au contrôle de la qualité chez Johnson & Johnson.

        > ET VOILÀ, ÇA Y EST, TU RIGOLES ?
        > Allez, renvoie ceci à tes amis, t’en meurs d’envie ! ! !
        > Et rappelle-toi toujours qu’il y a des jobs plus merdiques que le tien.

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à Bon Scott
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 23h29 le 27/04/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          Bon Scott ! !
          « 4. T’envoies un mail à ton collègue qui a le bureau juste à côté du tien “

          Niet ! ! ! ça je refuse et d’en recevoir et encore moins d’en envoyer et je garanti que personne ne m’obligera à vivre ça.
          Faut pas compter sur moi pour rajouter de l’indifférence à l’indifférence.

        1 autres commentaires
  • Yakafersa
    Yakafersa
    retraité consentant
    • Posté à 13h22 le 27/04/2008
    • Internaute 30148
      retraité consentant

    Ah ! La simulation...Elle est l’outil essentiel des « travailleuse du sexe »...des actrice de porno...et des bonnes ménagères vertueuses conseillées par le Vatican...

    Bon, je me mets le premier naze, histoire de me démotiver...

    • Elosurlalune
      Elosurlalune répond à Yakafersa
      Apprentie so...ciologue
      • Posté à 14h41 le 27/04/2008
      • Internaute 32501
        Apprentie so...ciologue

      On peut me dire ce que ce message machiste a à voir avec le sujet, Papy ? C’est le printemps qui fait travailler les hormones ?

      Guillaume Paoli nous dit finalement ici que nous sommes tous des prostitués, dans le monde du travail. On vend notre corps, ainsi que nos cerveaux ajoute-t-il à raison ! Il a rien inventé, Michel Foucault a pu le dire avant lui, reprenant déjà à son compte toute une tradition libertaire philosophique. Loïc Wacquant travaille depuis des années à dénoncer, entre autres, cette (op)pression sur le travailleur, « les blocages mentaux, l’impossibilité de penser l’activité de vie en dehors de la forme salariale, marchande » : Lien

      Un bon élément pour comprendre en partie cette colonisation de nos esprits par le capitalisme, un livre de Eve Chiapello et Luc Boltanski : Lien

      Pour revenir dans le sujet. Désolée Yakafersa, mais fais gaffe aux conneries que t’écris quand même... Merci.

      • pablico
        pablico répond à Elosurlalune
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 19h21 le 27/04/2008
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        tu es dur avec papy. Heureusement qu’on a les hormones, surtout quand elles travaillent bien. ça aide à tenir le coup.

      • Unstern
        Unstern répond à Elosurlalune
        • Posté à 01h30 le 28/04/2008
        • Internaute 26295

        @ Elosurlalune

        Merci pour le lien avec l’intervention de Wacquant.

        Vraiment très intéressant : -)

    • jojo1er
      jojo1er répond à Yakafersa
      27 mars 2010 - No Sarkozy Day
      • Posté à 11h41 le 28/04/2008
      • Internaute 10521
        27 mars 2010 - No Sarkozy Day

      C’est marrant, je le trouvais au contraire anti machiste ce message...

      Un vrai macho pense que toutes les ménagères sont comblées par « le coq imbécile et prétentieux perché dessus » (GB)

      Jojo1er, ...Misogynie à part.

  • jissé
    jissé
    Ingé retraité
    • Posté à 13h23 le 27/04/2008
    • Internaute 23393
      Ingé retraité

    Bonjour.

    « Il ne faut pas perdre sa vie à la gagner ».

    Ne sais plus de qui c’est.

    Faire des heures sup’ - non reconnues ni payées - et sans le vouloir ?
    Souvent arrivé de me coucher le soir après avoir galèré des heures sur un pb pro.

    Et au réveil : « Heure et quart », j’avais trouvé la solution.

    Mais comment aller mettre dans une lettre de motivation
    « Un électronicien qui dort, c’est un technicien qui réfléchit ».

    Bonne sieste, pas trop productive, c’est dimanche.

    Jc

  • Yakafersa
    Yakafersa
    retraité consentant
    • Posté à 13h25 le 27/04/2008
    • Internaute 30148
      retraité consentant

    Tellement démotivé que j’en ai oublié l’orthographe, mille excuses pour les puristes.

    • caro
      caro répond à Yakafersa
      délinquante avérée
      • Posté à 14h35 le 27/04/2008
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      Yakafersa, vous pouvez « éditer » votre commentaire pour le corriger et le re-publier.

      Manoeuvre très pratique : -)

  • Shix
    Shix
    Madteam since 2010
    • Posté à 13h37 le 27/04/2008
    • Internaute 7815
      Madteam since 2010

    C’est drôle comme notre aliénation est constante.

    Pour répondre à la personne qui disait que notre ami philosophe ne pensait tout simplement pas qu’on puisse s’épanouir dans son travail :

    J’ai la chance de ne pas avoir eu à simuler ma motivation pour mon emploi car je le fais par convictions. En tant qu’animateur socio-culturel, je m’épanouis dans mon travail. Et pourtant de cette motivation sincère j’en arrive à faire des semaines de 50 heures (qui ne seront évidemment pas payées ... récupérées je ne sais quand). Et le pire c’est que mon chef de service lui même me demande de poser mes congés et de noter mes heures.

    Pour moi, oeuvrer pour le service public, participer à l’épanouissement de groupes, aider à construire un esprit critique sur notre environnement etc ... Tout ça vaut n’importe quelle motivation symbolique (un bureau, véhicule de fonction, grade) ou matérielle (salaire mirobolant et cie). Du moins aujourd’hui ...

    Mais j’en viens à me demander du coup jusqu’où ma motivation est sincère. N’est-ce pas une faculté à attiser nos propres convictions, envies, désirs qui nous poussent à nous auto-exploiter ?

    Travailler plus pour gagner plus est un slogan qui ne me parle pas car je travaille plus sans contribution lorsque je vois concrètement l’utilité que je peux apporter à mon environnement dans la vision idéale que j’en ai. Et ça, comme capacité à motiver, c’est encore ce que je connais de mieux (pire ?)

    Le problème est que si j’arrive à me démotiver, je n’aurai plus aucun goût pour ce travail et pour en avoir fait pléthores d’autres, je ne m’épanouirai pas avec une activité salariée. Dès lors avec la stigmatisation qu’on apporte à l’inactif dans notre société de la réussite et du dynamisme (même si la productivité de certains travailleurs est bien moindre que celles d’inactifs bénévoles), je me représente le fait que je en m’épanouirai pas tout court. Et pourtant ? Il y a encore quelques années, notre naïveté de lycéens/étudiants nous faisait croire (à raison ?) que notre seule épanouissement passerait par le refus de tout emploi ...

    Quelques années ont suffit pour nous convaincre, nous aliéner ...

    • Elosurlalune
      Elosurlalune répond à Shix
      Apprentie so...ciologue
      • Posté à 14h58 le 27/04/2008
      • Internaute 32501
        Apprentie so...ciologue

      Le fait de pouvoir donner un sens à son activité, d’en faire une noble cause, c’est très important dans votre cas, manifestement. Dès lors, la rétribution symbolique est beaucoup plus importante que la rétribution monétaire : en terme d’épanouissement personnel, de résultats de sa propre action sur l’environnement (les gens, les choses)... Vous dites avoir été salarié auparavant, vous devez pouvoir faire, et vous faites effectivement d’ailleurs, la différence. Je ne pense pas qu’il y ait à craindre un retour du bâton dans votre cas ! Car en fait, la question n’est pas celle de l’effort produit en soi, elle est celle d’un effort produit dans un but : si le vôtre vous convient, il n’y a pas nécessairement à qualifier votre tâche d’aliénation ! Ce que dit ce philosophe (ou alors c’est moi qui interprète), ce n’est pas que les efforts sont à bannir ! Il fait d’ailleurs allusion à un moment donné aux « emplois vides » (combien d’amis ai-je qui s’ennuient au travail et s’envoient des chaînes d’emails toute la journée !). C’est justement le côté purement formel du travail : le temps pris, la disponibilité du corps et de l’esprit (de l’individu, quoi) requise, pour des tâches ingrates, mal payées, pas intéressantes et qui demandent donc de simuler l’intérêt. Le problème est celui de la sincérité et de l’authenticité ! Du moment que vous êtes authentique, que ça vous permet de vous accomplir et que ça vous apporte vraiment plein de choses qui font que vous vous sentez à la fois utile, vous-même, enrichi régulièrement etc, on n’a pas à vous enlever ça ! Le jour où vous avez un rapport tout différent à votre activité, là il faut songer à en changer. Voilà. Si je puis me permettre...

    • Lohiel
      Lohiel répond à Shix
      http://twitter.com/Lohiel
      • Posté à 15h08 le 27/04/2008
      • Internaute 38391
        http://twitter.com/Lohiel

      Un travail épanouissant, c’est ce qu’on voudrait tous, non ?

      Se sentir utile au quotidien, au point que *plus d’argent en contrepartie de ce que vous effectuez comme tâche* ne vous semble pas prépondérant. Même si ladite tâche est rude, on voit peu de travailleurs sociaux et culturels vraiment démotivés *quand ils sont sur le terrain* (frustrés par le manque de moyens qu’on leur laisse, oui, ça on en rencontre...)

      Vous avez juste la chance d’être un des derniers à qui cela est permis, car les places sont rares. Ce serait dommage à mon sens que vous aussi, vous vous démotiviez.

      Je ne crois pas que ce soit cela dont parle Paoli, mais plutôt de celui à qui on demande de faire croire qu’il est heureux et enthousiaste de fabriquer à longueur de journée un énieme produit inutile, de le vendre, de le concevoir, etc.

    • ribelle
      ribelle répond à Shix
      • Posté à 20h53 le 27/04/2008
      • Internaute 35973

      Je travaille dans le social ; je suis éducatrice spécialisée et pendant des années, j’ai beaucoup travaillé, sans forcément rattraper les heures sup..Et, en 2003, une suspicion de grave maladie, qui a vite fait de changer le regard qu’on a sur la vie et qui réoriente les priorités... passage aux 35 heures « réelles », décompte et récupération des heures complémentaires et... du temps pour soi et sa famille.. Se demander pourquoi on bosse comme ça. OK, je veux bien : on est motivé, on s’implique, mais bon...
      5 ans plus tard, je ne regrette pas ce virage. Le service est financé en fonction du nombre de suivis sociaux. je suis soumise à des délais pour rendre des rapports. C’est la course permanente, le stress. Personne ne me remplace quand je suis absente. En plus, mon patron dit que je coute trop cher, que les mesures effectuées ne suffisent pas à financer mon salaire, ni les frais du service.. je suis menacée de licenciement. Peut-être dit-il mettra -il à mon poste un jeune travailleur social débutant au salaire moindre..Parce que les compétences, cela a un coût. Et on n’en a plus franchement besoin : là aussi, simulons : il faut montrer qu’« on fait quelque chose pour les pauvres ».
      D’ailleurs, la gestion de l’argent pour les associations chargées d’une mission de service public mériterait d’être ré-interrogée, mais ceci est une autre histoire..
      Aujourd’hui, j’essaie encore de « lâcher », de prendre du recul, de moins m’impliquer, sachant que demain je risque d’être virée sans état d’âme pour des raisons budgétaires alors que mon travail est reconnu. Mais, j’ai des difficultés à ne plus m’investir auprès de personnes qui sont en attente de mes compétences. Si je me désinvestis trop, je me démotive. Si je continue à m’impliquer, c’est la déception qui m’attend, ce sentiment d’avoir beaucoup donner sans retour...
      Ces dernières années, des bataillons de petits chefs sont arrivés dans le social, des gens qui veulent faire carrière. Ils ont une formation spécifique de cadre intermédiaire. Ils sont formés aux méthodes de management. Ils adorent tous taper le stylo sur la table pour faire les salariés pendant les réunions. Je les trouve peu intelligents, peu créatifs, peu innovateurs, et vraiment pas à l’écoute du personnel. Ils ne savent pas apporter d’aide à l’éducateur dans le travail réalisé auprès des personnes. Ils font partie de la direction : ils appliquent les directives.Ils adorent compter et convoquer le salarié quand il ne remplit les objectifs en volume et en chiffre..Ils adorent copier le secteur marchand : ça fait plus sérieux et plus professionnel...
      Dans certaines associations, la pression est telle sur les salariés que ces derniers la font aussi peser lourdement sur les usagers...
      J’ai des collègues qui « simulent » et ça se passe bien pour eux. Le grand orateur, l’habile rétheur, l’agitée de service qui traverse les couloirs en courant, l’incompétent reconnu et accepté... heureusement que d’autres ici et ailleurs continuent à oeuvrer et à travailler dans le respect de leurs valeurs.

  • TARPON
    • Posté à 13h40 le 27/04/2008
    • Internaute 27263

    Ce type est une larve.

  • Francois Toulouse
    • Posté à 13h50 le 27/04/2008
    • Internaute 8648

    Bof...

    Le discours de ce Monsieur peut être juste pour des personnes qui sont, dans leur travail, dans une situation de choix : travailler plus ou freiner.. Ca sera le cas de quelques cadres, fonctionnaires, mais la faille de son raisonnement, c’est qu’il confond la motivation par choix, qui existe mais qui est rare, avec la motivation par peur, beaucoup plus fréquente !

    Et son discours est dangereux, car il incite à baisser les bras, à ne pas se révolter : que dirait-il face aux sans papiers en grève actuellement ? C’est dire si son discours est bien limité.

    Quant à sa vision du gauchisme et de la prétendue théorie du complot, elle est fausse, et montre sa méconnaissance de nombreuses écoles de pensées : il n’y a pas plus opposé, par exemple, entre les théories de Bensaïd ou celles de Negri, ou encore de Bourdieu, dans ce qu’on pourrait appeler le post-marxisme : je ne vais pas développer ici, mais l’exemple fourni par ses penseurs très différents suffit à démontrer qu’il n’y a pas de position univoque à gauche de la gauche, et qu’il faudrait parler de-s gauche-s à gauche de la fausse gauche (le PS) plutôt que « du gauchisme »
    Quant à ramener les gauches de gauche à une prétendue théorie du complot, c’est tellement ridicule que ça ne mérite pas de commentaire... sinon dire que l’auteur d’une telle bêtise de doit lire que des forums internet.

    • Lohiel
      Lohiel répond à Francois Toulouse
      http://twitter.com/Lohiel
      • Posté à 15h10 le 27/04/2008
      • Internaute 38391
        http://twitter.com/Lohiel

      J’ai du mal à comprendre votre message puisqu’il explique justement qu’il ne croit pas à la « théorie du complot » ?

      • Francois Toulouse
        • Posté à 17h37 le 27/04/2008
        • Internaute 8648

        C’est pourtant clair. Il évoque la théorie du complot pour qualifier l’ensemble des thèses de gauche, des oppositions post marxistes à l’ordre libéral.
        C’est là une vision simpliste, et fausse, indigne d’un philosophe digne de nom.
        C’est cette assimilation que je réprouve, et le fait qu’il dise « ne pas croire à la théorie du complot » est, en soi, insignifiant.

         
        • Francois Toulouse
          • Posté à 18h41 le 27/04/2008
          • Internaute 8648

          Pour comprendre ce qui sous-tend la « pensée » de ce philosophe -désolé, c’est un peu long, mais c’est intéressant !

          lire :

          Lien

          « Vouloir transformer toute analyse des structures de l’économie et de l’information en “ théorie du complot ” ne constitue pas une falsification ordinaire. Elle s’inscrit dans une logique d’ensemble.
          Depuis un quart de siècle, la contre-révolution néolibérale, la décomposition des régimes “ communistes ” et l’affaiblissement des syndicats ont concouru à la renaissance puis à l’hégémonie d’une pensée individualiste.
          Les institutions collectives sont démantelées ; celles que l’on édifie sur leurs décombres privilégient le consommateur désaffilié, l’“ individu sujet ”. La nouvelle idéologie dominante, qui accompagne cette grande transformation, la rend plus fluide, plus insensible aussi, en la proclamant “ naturelle ”, produite par des forces telluriques auxquelles nul ne pourrait résister et qui, de surcroît, apporteraient dans leur sillage de nombreux bienfaits partagés.
          Dorénavant perçues comme “ marxistes ” et donc dévaluées à l’égal des régimes qui se prétendaient tels, les analyses structurelles de l’histoire, de la politique et des médias sont par conséquent dédaignées. Le refus de postuler que la spontanéité des “ acteurs ” et l’élan impétueux des “ droits de l’homme ” seraient les principes essentiels guidant la mondialisation expose au risque d’être qualifié d’archaïque, d’extrémiste ou de paranoïaque.

          ...............C’est dans ce contexte général qu’il convient de replacer la stigmatisation de quiconque ».........entreprend d’étudier un ensemble de contraintes systémiques, donc collectives, pour tenter d’en déduire le comportement vraisemblable des agents d’un champ donné (économique, culturel, médiatique)
          L’idée que des pesanteurs sociales produisent des effets distincts de ceux qu’enfanterait la seule volonté des individus incommode assez naturellement tous ceux qui privilégient des déterminations privées plus ou moins dépolitisées : choix du sujet, aptitude à l’« éthique » salvatrice qui protège le système contre ses « excès ». »

          • Network 23
            Network 23 répond à Francois Toulouse
            identité perdue dans mes papiers (...)
            • Posté à 02h35 le 29/04/2008
            • Internaute 23367
              identité perdue dans mes papiers (...)

            Je n’ai pas lu le bouquin en question, donc ? ? ?

            mais, à part une attaque de mauvaise foi contre la pensée « post-gauchiste » qui ferait passer le capitalisme pour une conjuration des « capitalistes » (relire le chapitre sur le fétichisme de la marchandise dans Le Capital) et donc l’oeuvre essentielle de « sujets » humains, et son caractère politiquement irresponsable, il y a peut-être une tentative louable de mettre l’accent sur d’autres aspects de la réalité sociale, qui pourrait tout à fait s’inscrire dans le sillage de Reich autant que de La Boétie : « pourquoi les masses ont-elles désirées le fascisme ? »

        2 autres commentaires
  • FdT
    FdT
    En pleine décroissance
    • Posté à 14h01 le 27/04/2008
    • Internaute 24641
      En pleine décroissance

    Beaucoup de boulots salariés à l’heure actuelle demandent trois choses : accomplir la tâche pour laquelle on reçoit un salaire, être docile, et donner les apparences de croire en ce qu’on fait en arborant un enthousiasme feint, en s’habillant convenablement (à la George Clooney)...or le problème est que ce dernier point est nerveusement épuisant pour des gens éveillés qui ne sont pas dupes du système. J’ai vu des gars faire le choix d’être ouvriers plutôt que de se contenter de boulots « plus propres » mais tout aussi mal payés ou peu s’en faut pour ces raisons. En effet l’avantage de la condition ouvrière c’est qu’en fin de compte il n’est demandé que deux choses : faire son boulot et fermer sa gueule. On peut aller au travail en arborant une gueule patibulaire, habillé en haillons, pas rasé de trois jours...sans que personne ne viennent te faire chier tant que le boulot est fait. A l’usine on ne te demande pas de croire en ce que tu fais, on ne te demande pas de paraître en prenant des faux airs à la George Clooney, on veut juste que tu fasses ton boulot. C’est pour ces raisons que ces personnes ont choisi la condition ouvrière plutôt qu’un boulot « propre » à salaire comparable.

    • Adarshini
      Adarshini répond à FdT
      Idéaliste
      • Posté à 17h23 le 27/04/2008
      • Internaute 14044
        Idéaliste

      Le point négatif de ces boulots d’ouvrier, c’est que c’est crevant, physiquement.
      Le point positif, c’est qu’on a le temps de philosopher, de penser, ou parfois d’écouter la radio...

      Mon homme, lui, même en blanc de travail, il ressemble à George Clooney, na ! (...et il est pas tibulaire ! ! ! !)

      • FdT
        FdT répond à Adarshini
        En pleine décroissance
        • Posté à 02h26 le 28/04/2008
        • Internaute 24641
          En pleine décroissance

        Votre réaction est exactement ce que m’avait dit mon frère ! Il est ouvrier et il me disait que l’avantage de son boulot c’est qu’il lui laissait l’esprit libre de vagabonder, philosopher...en effet son travail à la fois ennuyeux et peu demandeur au niveau intellectuel accorde à son esprit une grande liberté. Il préfère largement faire ce boulot un peu physique plutôt qu’un autre tout aussi ennuyeux mais nécessitant de jouer la comédie et d’utiliser son intellect au service de choses qui ne l’intéressent pas voire l’agace. Au moins en tant qu’ouvrier son corps est certes prisonnier mais son esprit reste entièrement disponible à des pensées d’essence supérieure. Néanmoins je lui ai quand même conseillé d’envisager une formation de bûcheron/forestier qui lui permettrait d’allier boulot à son amour du grand air et de la solitude. J’espère qu’il réfléchira sérieusement à ma proposition car laisser vagabonder son esprit 8 heures/jour entre les murs d’une usine n’est pas non plus l’idéal...

  • ker
    ker
    • Posté à 14h02 le 27/04/2008
    • Internaute 12793

    Pourquoi ecrire un bouquin pour sortir de tel lieux communs. J’espere que personne ne sera assez mazo pour lire un bouquin sans solution ecrit ar un pseudo philosophe (comme tous ceux qui s’autodeclare comme tel).

    La solution, elle, est connu de tous, changer le systeme. Comment ? En reprenant le pouvoir au sein des entrepris et du monde economique afin que celui ci devienne un outil satisfaisant des besoins, et non pas un instrument de torture restreignant nos vie. Comment reprendre la possession des moyens de productions ? Grace a la poesie, la philo, la causette ? Chacun connait la reponse.
    On peut toujours rever de recul, de detachement, mais nous sommes cerne. Vient le moment ou il faut assummer son diagnostique et combattre.

  • Utilisateur désinscri
    • Posté à 14h14 le 27/04/2008
    • Internaute 28849

    je ne connais ni l’oeuvre ni la philosophie du philosophe Paoli

    à la lecture de l’article (je l’ai lu deux fois ) je n’ai saisi ni celle-là ni celle-ci

    en visionant les vidéos et en écoutant attentivement Paoli je me demandais ce qu’en fin de compte il voulait dire, où en voulait-il venir

    j’ai constaté qu’il emploie souvent « je pense » avant de dire quelque chose ; mais, s’il le dit, c’est bien qu’il le pense, c’est à dire qu’il dit ce qu’il pense, non ?
    il emploie aussi souvent « en fait » ; qu’elle est la signification exacte qu’il donne à ce « au fait » ?
    il laisse des phrases inachevées, donc des pensées non exprimées complètement, ce qui fausse la compréhension, et saute d’une idée à une autre, ce qui donne une suite d’énoncés dont la fin ou la conclusion reste à être dévinée
    curieuse manière de s’exprimer pour un philosophe et un écrivain

    Paoli oublie qu’il y a des gens qui aiment leur travail et le simple fait de travailler et qui, en dehors des heures de travail, ont d’autres intérets ou activités (culturelles, sportives, associatives)leur permettant de s’enrichir et de s’accomplir sur un plan humain et social

    quant au « malaise » et au « mal-être » au travail ils sont plus complexes que le simple fait de les constater, de les pointer du doigt ; un livre tout entier ne suffirait pas pour en donner les causes, les déchiffrer, les analyser, les appliquer à chaque individu pour être en mesure d’envisager les conséquences néfastes qu’elles produisent sur un être en « mal-être » et d’y remédier

    s’il est vrai (ou supposé tel) que tout mal vient de la société, il est vrai aussi que celle-ci est faite d’hommes, et c’est à eux, individuellement et ensuite collectivement, d’agir et d’améliorer la situation (à tous les niveaux) ; je ne suis pas « donneur de leçons », j’essaie tout simplement de réfléchir à haute voix et
    de me poser des questions que je n’ai pas trouvé dans ce que dit Paoli

  • antalya
    • Posté à 14h20 le 27/04/2008
    • Internaute 40074

    Signez ! signez !
    Lien

    • netchou
      netchou répond à antalya
      A l'écoute.
      • Posté à 14h41 le 27/04/2008
      • Internaute 22292
        A l'écoute.

      Salut,oui moi j’ai signé ; mais pour en revenir au sujet sur la démotivation au travail,vous militant de la cause corse,peut-être avez-vous un avis ensolleillé...

  • le _grand_clown_malade
    • Posté à 14h23 le 27/04/2008
    • Internaute 27069
      if 6 was 9

    De bonnes questions sont lancées, il me semble :

    Le travail est-il une fin en soit ou un moyen ?

    Cette question doit être posée individuellement pour mieux y répondre collectivement ; Même si certaines personnes vivent pour leur travail, doit-on demander au reste des gens de le vivre de la même manière ?

    Le contexte ambiant veut que l’on se motive collectivement à plus de compétition sociale, mais pour reprendre l’idée de ce monsieur Paoli, je pense que lorsqu’il parle de démotivation, ce n’est pas une idée contradictoire avec l’idée de révolution.

    Précisément, dans ce contexte, une démotivation revient à saborder nos méthodes de travail, et indirectement nos méthodes de vies.

    En clair, ce que l’on connaissait sous le nom de Fordisme ou Taylorisme a muté. Comme le dit Paoli : c’est maintenant un esprit libéré des interférences liées au travail qui est rentable, fini le tour de clé à molette à la file, bonjour bulbe inerte. Je pense malgré tout que ces interférences qui peuvent nous distraire au travail sont une source de créativité non négligeable.

    Lorsque l’on fait des semaines de 50h en moyenne, on a beau aimer son travail et tout et tout, c’est moins évident de se divertir, de se cultiver et de voire du pays... Le néo-Fordisme a, en cela, quelque chose d’intriguant dans sa réussite. Elle repose sur notre croyance au fait que notre réussite individuelle est inversement proportionnelle à ce qui fait de nous des humains. Créativité, réflexion, esprit critique... : des mots ! Un discours attractif, intéressant, et tellement schizophrène...

    Mais un homme averti en vaut deux !

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 19h52 le 27/04/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « ....la motivation conduit en fait les travailleurs à simuler. Lettre de motivation simulée, comportement de travail simulé, implication simulée... la “motivation” est “pervertie”.... »

    ==> Un peu comme en politique,
    engagement citoyen et partisan simulé,
    signatures simulées de pétitions,
    défilés simulés,
    grèves obligées pour raison simulée,
    motivations corporatistes simulées par revendications misérabilistes.
    La politique est pervertie par un jeu de cour obligé, où un langage politiquement correct se substitue à ce qu’on pense vraiment... pire... à ce que l’on sait....

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 14h27 le 27/04/2008
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Je suis assez partagée sur les dire de Guillaume Paoli. C’est vrai que les employeurs testent d’abord la MOTIVATION avant d’embaucher, à tel point que dans notre mission locale, nous avons instauré des simulations d’entretien d’embauche pour expliquer aux jeunes postulants ce qu’on attend d’eux. Travailleuse, travailleurs (merci Arlette, et les femmes en premier, pas comme dans le titre de l’article), vous ne pourrez rien y faire, tant que vous n’aurez pas changé le système avec les chômeurEs et autres demandeurEs d’emploi.

    Le système en place et qui se développe, c’est l’obligation d’intégrer la grande famille des salariés, youkaIdi, youkaIda, au détriment de sa propre famille. C’est accepter des heures sup’ pour bien se faire voir (gagner plus aussi) et éviter un toujours possible licenciement. C’est accepter la doctrine gouvernementale aux ordres du MEDEF travailler plus pour gagner plus, au détriment de la solidarité.

    Cette doctrine a de beaux jours devant elle, tant que nous accepterons de mettre la valeur « travail » au centre de notre vie. Or, la vie, c’est aussi avoir du temps pour soi, pour sa famille, pour l’épanouissement.

    « Attention danger travail », vieux film toujours d’actualité

    Lien

    • Network 23
      Network 23 répond à caro
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 02h40 le 29/04/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Et même que... Attention Danger Travail, même plus besoin de voler le DVD :

      Lien

  • ZYXXYO
    ZYXXYO
    Ingénieur Informaticien
    • Posté à 14h40 le 27/04/2008
    • Internaute 13909
      Ingénieur Informaticien

    Ce qui est, au mieux amusant, au pire desespérant, c’est qu’au travail la démocratie perd tout son sens : obligé de fermer sa gueule, de paraitre motivé, de travailler à des horaires plus ou moins précis _quand on a cette « chance“_, sous peine de conséquences redoutables.

    Quelques siècles auparavant, la pauvreté régnait mais la liberté au travail était plus importante, plus pauvre (fermier...) mais plus libre de faire son travail (je ne dis pas que c’était mieux : je n’ai pas vécu cette époque).

    Maintenant on est libre qu’à la fin de sa journée de travail, où de toutes façons, fatigué par sa journée, le travailleur moyen se fera lobotomiser par un journal télévisé, censé expliquer en 30 minutes la complexité du monde actuel...

  • Gringo
    • Posté à 14h42 le 27/04/2008
    • Internaute 24805

    Finalement, ceux qui gagnent le plus, c’est ceux qui gagnent sur la motivation des autres.

    Des milliers de personnes triment et gagnent 50 € par an et l’actionnaire qui ne sait même pas ce que sa boite produit (d’ailleurs, il est actionnaire dans l’assurance, le dentifrice, un club de sport et une boite de cure-dents) gagne, lui, vraiment plus.

    • Elosurlalune
      Elosurlalune répond à Gringo
      Apprentie so...ciologue
      • Posté à 15h07 le 27/04/2008
      • Internaute 32501
        Apprentie so...ciologue

      Clairement d’accord. Si ça ressemble pas à de l’esclavage où le fouet aurait été remplacé par la carotte de billets au bout du bâton (des esclaves consentants ! Génial !), je veux bien savoir ce que c’est... Bon mais il faut aussi quand même savoir que c’est beaucoup de travail pour les dominants que de rester dans une position dominante (qui contraint leur esprit aussi). Personne n’est libre en réalité dans un tel système. A-t-on à ce point peur de notre propre liberté pour s’astreindre autant dans nos possibilités ?

      • Gringo
        Gringo répond à Elosurlalune
        • Posté à 15h40 le 27/04/2008
        • Internaute 24805

        D’accord avec vous pour le boulot de domination, rester calife à la place du calife est éreintant et paranoïsant.

        Mais bon la « participation aux bénéfices » n’est pas la même ; -)

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3