En 1h30 à la télé, Sarkozy ne fixe toujours pas de cap
Si Nicolas Sarkozy ne convainc pas les Français, ce n’est pas seulement à cause de son style ou de ses aventures sentimentales. C’est avant tout parce qu’il n’a pas tenu ses promesses : il devait être « le président du pouvoir d’achat » , il jurait d’aller chercher « la croissance avec les dents » , il annonçait une « rupture » ... Un an plus tard, la croissance n’est pas au rendez vous, le pouvoir d’achat fond et rien ne donne encore l’impression d’une rupture avec les politiques du passé.
Nicolas Sarkozy a dressé des catalogues (les 140 mesures d’économies budgétaires, les 316 propositions du rapport Attali, les 238 engagements du Grenelle de l’environnement) et lancé des mesures dont l’efficacité n’a pas été démontrée (le paquet fiscal, la détaxation des heures supplémentaires). Il a certes engagé diverses réformes -universités, syndicats, régimes spéciaux, hôpitaux, contrat de travail- mais sans rien révolutionner et sans vraiment définir de priorités parmi elles.
Tantôt il s’est montré très libéral, tantôt il a affiché des velléités interventionnistes (comme sur le dossier Gandrange). Penche-t-il pour des mesures de relance ou de rigueur ? Il flotte entre les deux. Souhaite-t-il une politique économique de l’offre ou de la demande ? Impossible à dire. Car Nicolas Sarkozy n’a pas de vision économique cohérente.
François Fillon, son Premier ministre, attendait de l’intervention télévisée de jeudi soir que le Président lui « redonne le cap sur les réformes qui doivent être conduites » . Au terme de ces 100 minutes d’émission, il doit logiquement être déçu. Sarkozy a présenté un nouveau look (moins survolté), mais on attend toujours une vision claire et cohérente de son action politique. D’un air humble, Nicolas Sarkozy a conclu jeudi soir : « J’essaye de faire mon travail le mieux possible... j’y consacre un temps infini... mais je sais où je vais. » Il le sait peut-être, mais les Français, eux, ne le savent toujours pas.
Pascal Riché
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Auvergnat exilé en Champagne
Auvergnat exilé en Champagne
Comme pas mal de monde, j’ai regardé Sarko Premier à la télévision, et dans ses propos reviennent souvent le même constat. Si les français ne nous aiment pas, c’est que nous avons mal communiqué. Si les français rejettent le paquet fiscal, c’est qu’il y a eu une erreur de communication... Communication, communication, communication, nication, nication, niquer, niquer, NIQUER ! ! ! !
C’est bizarre, je n’ai pas souvenir que Mitterand ait eu beaucoup à communiquer pour faire accepter aux français la semaine de 39 heures. Je n’ai pas souvenir que le même ait dû communiquer comme un forcené pour que les français acceptent l’idée d’une cinquième semaine de congés payés. De la même façon, Jospin a-t’il pris les services d’une boite de Pub pour vendre ses 35 heures ? Je n’étais pas né, mais je pense que l’idée de vacances a dû être très bien acceptée en 36. Toujours pas né en 45, mais l’idée de Sécurité Sociale a dû passer comme une lettre à la poste ! ! ! Je n’ai même pas souvenir que chirac ait dû beaucoup expliquer son refus d’aller s’enliser dans le bourbier irakien.
Alors quand on doit obligatoirement communiquer pour convaincre les français qu’une réforme est bonne pour eux, c’est peut-être tout simplement qu’on essaye de les prendre pour des cons, en leur enlevant les rares choses qui leur facilitent la vie...
Une bonne réforme n’a pas besoin d’être expliquée, ni besoin de s’appuyer sur un plan de communication. Dans le cas contraire, c’est que ce n’est pas une réforme, mais un retour en arrière...
Et dans ce cas, il est effectivement bien le seul à savoir où il va ! Ce ne sera pas facile de faire « avancer la France » en essayant de faire oublier qu’elle recule dans le domaine du social, de la démocratie(je décide seul pour les autres à propos des OGM, de la défense...), des droits de l’homme, de la diplomatie...




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