A debattre 21/04/2008 à 18h48

« Déclaration de principes » du PS : enfin du nouveau ?

David Servenay | Ex-Rue89


’Una entre tantas’ (®ominatä/Flickr).

C’est la feuille de route du Parti socialiste. Débattue pendant de longs mois au sein de la commission présidée par Alain Bergounioux, elle sera soumise au vote de la convention nationale le 14 juin prochain ; avant d’être entérinée au congrès de novembre. Au menu : fini les références révolutionnaires, vive « l’économie de marché régulée » d’un « parti réformiste » qui défend le « socialisme démocratique ».

Voir le document

(Fichier PDF)

En un siècle, cinq déclarations de principes pour marquer les grandes évolutions

En un siècle, les socialistes ont élaboré à cinq reprises (1905, 1946, 1969, 1990 et 2008) une « déclaration de principes », sorte de vade-mecum idéologique qui trace les grandes perspectives pour les années à venir. S’il est vrai que la politique est une histoire d’hommes et d’idées, alors celles du PS se trouvent ici. Mieux : si l’on considère l’adage d’Antonio Gramsci toujours vrai -la victoire idéologique précède la victoire politique-, ce texte est censé être la première pierre d’une rénovation attendue par beaucoup.

Outre le préambule, il se découpe en trois parties : nos finalités fondamentales, nos objectifs pour le XXIe siècle, notre parti socialiste, elles-mêmes divisées en 21 articles.



Fin de la référence révolutionnaire

Alors que le PS a toujours inscrit dans ses références la « révolution », il abandonne ici la notion, en dehors d’une allusion, dans le préambule, aux principes fondateurs de la Révolution française. Même s’il s’agit de « bâtir un monde nouveau et meilleur », l’héritage du PS est désormais strictement balisée par le cheminement suivant :

« Il revendique le souvenir de la Commune, l’héritage de la République et de son œuvre démocratique, des grandes conquêtes sociales du Front populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé. »

Bref, une histoire de gauche complètement intégrée à celle des cinq républiques françaises. A cet égard, la première partie du document est très nettement articulée autour des valeurs consensuelles de la République, revisitées dans une hiérarchie « progressiste » rappelée au début de l’article 2 :

« L’égalité est au cœur de notre idéal. Cette quête n’a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l’idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature. »

La fraternité disparaît donc au profit d’une humanité universelle.



Le socialisme démocratique, c’est quoi ?

Pour reconstruire une histoire idéologique du PS, sa narration, les penseurs socialistes ont renouvelé le genre en détournant des concepts anciens. Au centre de ce lifting, la notion de « socialisme démocratique » revue et corrigée. Là encore, l’idée est détaillée dans le préambule :

« Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l’action, un avenir pour l’humanité. Sa nature est ’d’aller à l’idéal et de comprendre le réel’, d’inventer le futur et de travailler dans le présent, d’assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine. »

En somme, le « socialisme démocratique » serait le « story telling » du PS, son récit en cours de tournage. Avec un contenu, immédiatement fourni dans le premier article du texte, qui mérite à lui seul d’être intégralement cité :

« Etre socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète. »

Personne et planète : binôme indispensable de toute plate-forme de pensées contemporaines.



L’écologie au cœur de la démarche d’émancipation de l’Homme

Est-ce là l’aspect le plus novateur de cette déclaration d’intentions ? En tout cas, les rédacteurs n’ont pas lésiné sur les références appuyées au « deep thinking » du monde : sans respect de la nature, l’homme n’est plus rien.

Préambule :

« Bâtir un monde nouveau et meilleur, obéissant à la dignité de l’homme et assurant la sauvegarde de la planète, est la tâche première des socialistes… »

Article 3 :

« Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles. »

Article 4 :

« Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète. »

Article 6 :

« Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux. »

Article 7 :

« Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la production. »

Alors, fini le productivisme ? La foi dans le progrès et la technologie ? Pas tout à fait, si l’on lit attentivement cette dernière phrase de l’article 7 où « manière » et « contenu » de la production voisinent avec « quantité des richesses produites ». Mais le PS se met à la page (article 4) avec les « nano- et biotechnologies », « l’ingéniérie génétique », le « principe de précaution »… Une alliance avec les Verts serait-elle dans les cartons ?



Vers une social-démocratie à la française ?

Du « parti révolutionnaire » (historique) au « parti de la transformation sociale » (1990), voici le Parti socialiste devenu en 2008 un « parti réformiste », comme l’indique l’article 13 :

« Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu’elle résulte d’une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l’idéal, les réalités et l’histoire. »

Ou encore le dépassement de la contradiction initiale du capitalisme, article 7 :

« Les socialistes refusent une société duale où certains tireraient leurs revenus de l’emploi et d’autres seraient enfermés dans l’assistance. »

Le courant strauss-kahnien semble donc avoir définitivement imprimé sa marque dans la définition du rapport à l’économie, avec le tracé d’une social-démocratie à la française. Même si les compromis accordés aux Fabiusiens truffent le texte : Article 6 :

« Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationalité, facteur de crises, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation dominée par le capitalisme financier. »

Ou encore, Article 8 :

« Une tâche tout aussi importante est de réactualiser ce qui est l’apport propre du socialisme démocratique dans le siècle dernier, l’Etat social, qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité. »

Réformiste donc, mais aussi et dans l’ordre parti « républicain », « laïque », « décentralisateur », « européen », « internationaliste », « populaire », « démocratique » et enfin, « des cultures de la gauche ». Ultime concession faite aux différents courants de la rue de Solférino ?



Qui incarnera le mieux les valeurs déclinées : Ségolène, François, Bertrand… ?

Au petit jeu des devinettes qui vont agiter les militants socialistes dans les prochains mois, il est intéressant de relever les différentes valeurs décrites dans la déclaration, comme si ses rédacteurs avaient voulu dessiner le pourtour d’un discours que le prochain premier secrétaire devra incarner. Au menu, d’abord la paix dans le monde, article 9 :

« Lutter pour la paix, la sécurité collective et le codéveloppement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. »

La France, « pays ouvert », luttant en faveur des « droits de l’homme » et contre « toutes les discriminations ». « Pluralisme et indépendance de l’information dans les médias », laïcité comme « une condition de notre vivre ensemble » et défense des « grands principes de la Justice », le PS « met la culture au centre de ses valeurs ». Proposition audacieuse… qui se rapproche beaucoup du programme présidentiel du PS auquel la candidate ne croyait pas tant que ça.

Dernier point : le fair-play auquel chaque prétendant devra s’astreindre, article 20 :

« Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux. »

Vraiment à tous les niveaux ? …

  • 14491 visites
  • 227 réactions
TAGS
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Grums
    Grums
    à bâbord + +
    • Posté à 19h08 le 21/04/2008
    • Internaute 36859
      à bâbord + +

    Ho pu.... je suis le prems ! ! !

    Je fais un voeux ! Mais je ne le dis pas.

    Beaux et bons à la foix ces principes, encore un peu timorés quand même, mais qui sera le chef ?
    Parce que c’est bien là que réside le problème.

    • compte supprimé17
      • Posté à 19h39 le 21/04/2008
      • Internaute 39145

      Curieux ce réflexe de vouloir a tout prix un chef ! Je laisse ça aux poutiniens, berlusconiens, sarkozistes. Je me contenterai d’un représentant, d’un porteur de projet au nom d’un ensemble de citoyens qui se reconnaissent dans ce projet. Marre des chefs ! ! ! Des grands et des petits ! ! !

      • tomtombenz
        tomtombenz répond à compte supprimé17
        Etudiant Master en alternance
        • Posté à 20h38 le 21/04/2008
        • Internaute 30560
          Etudiant Master en alternance

        Si je vote pour toi, ça fait de toi un chef ou celui qui porte un projet au nom du citoyen bibi ? En tout cas, j’adhère.

        Note quand même qu’ils faut quand même des gens qui, s’ils ne sont pas chef, sont quand même porteur d’idée nouvelles et qui les défendent.

         
        • petit pain
          petit pain répond à tomtombenz
          • Posté à 12h21 le 22/04/2008
          • Internaute 24918

          .

          Hé bé... C’est pas joyeux joyeux le devenir du PS...

          Puis ils n’écartent pas la prière.

          « Etre socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. »

          « L’espérance pour une vie meilleure »... ! ! !

          A genoux Peuple égaré ! ...

          F’raient mieux de revenir à l’espoir d’une vie meilleure... ça tend un peu plus à l’engagement que l’espérance...

          Bref, wouam j’reste révolutionnaire. J’en suis pas de leur famille.

          .

        1 autres commentaires
      • pierre_caracas
        pierre_caracas répond à compte supprimé17
        luchando
        • Posté à 21h12 le 21/04/2008
        • Internaute 39685
          luchando

        C’est bien là le problème : la cinquième république et notre bonne vieille France posent dur comme fer sur la conception d’un « président fort », à l’image des régimes présidentiels. Souvenez-vous des commentaires à l’adresse de Ségolène, genre « elle n’a pas la poigne » ou « elle n’a pas la capacité pour être présidente », focalisant l’attention sur le charisme d’une personne et pas sur son programme.

        Le parti socialiste se base sur l’assemblée, sur la notion du collectif ; seul un régime parlementaire lui permettrait de se défaire un peu de cette préoccupation du nom du chef. (bien que les régimes parlementaires européens se focalisent également sur un leader).

        En clair, je pense que la structure politique de la cinquième république joue à l’encontre du parti socialiste.

         
        • ivantozzi
          • Posté à 22h23 le 21/04/2008
          • Internaute 25183

          Oui, mais la France vote avant tout pour une personne, un représentant. Que cela soit en politique, en entreprise, en opposition de groupe, en galère... en France ou ailleurs le groupe à besoin d’un décideur ... l’histoire le montre même jusqu’au danger que cela implique.

        1 autres commentaires
    • psyche
      psyche répond à Grums
      Agitateur d'inconscience
      • Posté à 21h48 le 21/04/2008
      • Internaute 33336
        Agitateur d'inconscience

      Bonsoir à tous,

      C’est bien beau les déclarations de principe, mais faudrait voir a passer à l’acte ! !

      • Claude PELLETIER
        Claude PELLETIER répond à psyche
        Retraité dans son jardin
        • Posté à 15h35 le 22/04/2008
        • Internaute 10710
          Retraité dans son jardin

        Passer aux actes c’est bien à la condition d’avoir bien réfléchi et bien ouvert les yeux.
        Quand on veut changer le monde, il faut d’abord comprendre comment il fonctionne, étudier ses rouages. La société ext complexe et l’économie est compliquée à saisir. L’histoire nous livre aussi des expériences passées dont il vaudrait mieux tenir compte si l’on ne veut pas tomber dans les mêmes pièges que nos prédécesseurs. Allez on se remet à l’étude !

        Passer aux actes SANS réfléchir c’est GIGOTER en cadence, c’est seulement s’agiter. Rockin’ for ever, rockin’ pour se faire plaisir.

        Ici et maintenant, la droite et la gauche ne réfléchissent pas beaucoup. M’en fiche pour la droite … quoique……
        Ce qui m’ennuie vraiment c’est que la gauche (en général) soit en retard dans son calendrier de réflexion. Que le PS travaille sur des déclarations de principe en phase avec le monde actuel est à vue de nez un progrès. Reste à voir ce qui se passe chez les Verts, et chez les Trotskystes d’aujourd’hui ……

        (Bon,,,, on peut lire ma réponse à Jess)

         
        • psyche
          psyche répond à Claude PELLETIER
          Agitateur d'inconscience
          • Posté à 20h18 le 22/04/2008
          • Internaute 33336
            Agitateur d'inconscience

          @ Claude PELLETIER

          Avec tout le respect que je vous dois, notemment dû à votre statut (Retraité dans son jardin), ne croyez vous pas qu’ils ont suffisamment réfléchi au PS, depuis ces dernières années de déroute ?

          Moi je trouve qu’ils s’agitent beaucoup justement, mais seulement pour déplacer du vent.
          Ou encore pour savoir qui va succéder à Hollande ; de graves question existentielles somme toute !

          Quant à Besancenot, plus rien, il a eu une extinction de voix ? on ne le voit que lors des élections sur les plateaux de TV, faisant de belles déclarations révolutionnaires, promettant des manifs et des grèves monstrueuses, il n’est même pas présent aux côtés des lycéens !

          Tant que l’on aura une gauche aussi molle et préoccupée d’elle même, le gouvernement pourra continuer à avancer sur une belle autoroute.

          La gauche, élus compris, doit descendre dans la rue, exprimer sa colère devant toutes les injustices que nous impose le gouvernement, plutôt que de réfléchir à faire des déclarations de principe !

          Cordialement

        1 autres commentaires
  • hogan
    hogan
    actif
    • Posté à 19h13 le 21/04/2008
    • Internaute 25474
      actif

    Mon humble avis est qu’à un moment où le libéralisme financier commence à montrer ses travers et ses limites, prendre une orientation qui rejoint peu à peu le centre, accepte l’économie de marché et le financiarisme est une erreur voir une faute stratégique. Le peuple de gauche va s’éloigner de plus en plus du P.S. , à un point qu’en cas de duel gauche/droite lors des prochains scrutins, on risque de voir de forts taux d’abstention de la part du peuple de gauche. Il va y avoir un recalage, l’extrême gauche va devenir la gauche, la gauche va devenir le centre. Mais pourquoi faudrait-il que pour devenir « modernes » les syndicats ouvriers et les partis de gauche se droitisent ? Etre de gauche, vraiment de gauche ne veut pas dire être archaïque. En déformant légèrement un titre de film ça donnerait « Un éléphant ça [se] trompe énoooormément. »

    • léo solo
      léo solo répond à hogan
      • Posté à 20h08 le 21/04/2008
      • Internaute 2483

      Est-ce que lire dans le marc de café est une nouvelle forme de présence dans le réel ?

    • pierre_caracas
      pierre_caracas répond à hogan
      luchando
      • Posté à 21h22 le 21/04/2008
      • Internaute 39685
        luchando

      Je suis assez d’accord, le grand mouvement tend vers la social-démocratie, mais cela fait disparaître l’essence de la gauche !
      Il paraît que l’Europe est de gauche, de nombreux partis social-démocrates au pouvoir chez nos voisins, mais je ne vois pas de quelle gauche il s’agit !

      Pour moi un « capitalisme modéré » ou une « économie de marché sociale et écologique », c’est justifier le capitalisme. Un peu de miel pour que ça passe.

      J’ai peut-être tord, mais je tends à penser qu’une cission du PS ne serait pas une si mauvaise chose : les divisions sont profondes, sont idéologiques, comment les maquiller ? Je crois que cette conception de la grande gauche l’empêchent de développer ses idées.
      Je laisserais volontiers les sociaux-démocrates se rapprocher du centre afin que les autres puissent revendiquer leurs idées.
      Pourquoi est-ce que cela devrait être fratricide ? En temps électoral, union et accords d’intérêts (des compromis, de toute façon on vote toujours pour le moins-pire) ...

      • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
        • Posté à 03h23 le 22/04/2008
        • Internaute 22426
          ....

        le capitalisme est le meilleur régime comparativement aux autres. Il faut ouvrir les bouquins dhistoire. la sortie de la pauvreté de masse vient du capitalisme. Il faut réflechir. Plus on est riche plus les inégalités sont insoutenables. Cest la que la raison, l’histoire doivent permettre un jugement réfléchi, modéré. Le votre ne l’est pas. « un peu de miel »...Que voudirez vs ciomme régime concrètement ? TTes nos richesses, les libertés (le capitalisme nécessite paix et libertés de l’individu), les droits, viennent de lui.

        Je dis tt de suite aux éxtremistes de passer leur chemin. Ce n’est pas parce que je dis ca que je suis un type de droite, ou lepeniste ou je ne sais quelle autre connerie. Je suis meme de centre gauche. Le spays du nord de l’europe sont les pauys ou lont vit le mieux a lheure actuelle (niveau déducation, satisfaction des services publics, chomage, formation, temps de loisirss....) Ce sont pourtant des pays « capitalistes ». Réveillez vs la terre entière est capitaliste. Et puis il en existe plusieurs sortes (Andersen° Ce n’est pas figé.Soyez moins carricatural

         
        • zut
          • Posté à 11h18 le 22/04/2008
          • Internaute 21878

          Oui, et la démocratie est le pur produit du christiannisme...

        • jojo1er
          jojo1er répond à supprimé à la deande du riverain 14.01.10
          27 mars 2010 - No Sarkozy Day
          • Posté à 11h47 le 22/04/2008
          • Internaute 10521
            27 mars 2010 - No Sarkozy Day

          Et c’est l’auteur de ce commentaire qui nous demande d’être moins caricaturaux....

          Jojo1er, ......

        • Claude PELLETIER
          Claude PELLETIER répond à supprimé à la deande du riverain 14.01.10
          Retraité dans son jardin
          • Posté à 14h21 le 22/04/2008
          • Internaute 10710
            Retraité dans son jardin

          Jess,

          Non la Terre n’est pas entièrement capitaliste. Des pays ont réussi à résister à l’économie de marché : Cuba, Corée du Nord, …… et ça baigne pour tous ceux qui y vivent.

          Certains comme l’URSS, les pays de l’Est, la Chine ont fait leurs premier pas dans l’économie de marché et certaines de ces nouvelles économies se portent plutôt bien ce qui est scandaleux car cela sème un doute sur notre croyance en la profonde nocivité du marché ! Cela tient du blasphème ! Il devrait être interdit de bousculer ainsi nos rêves.

          Vous encensez les pays scandinaves dont le capitalisme est pondéré par un encadrement politiquement plus social qu’ailleurs mais vous oubliez de dire que dans ces pays-là il y fait moins beau. D’accord c’est un détail.

          Reprenons votre argumentaire délicat à suivre.
          Votre premier point. Vous semblez affirmer que le capitalisme est l’organisation qui autorise une plus grande accumulation de richesses. Comment le prouver ? Ce n’est pas parce que Marx, il y a longtemps l’avait expliqué qu’il a encore raison. Ne pas oublier que les choses changent lentement mais sûrement et qu’il faut constamment regarder la réalité en face, en gardant plus notre regard sur la route qui défile devant que sur la carte Michelin ou Mappy.

          Deuxième point. Si vous répondez oui à la précédente question, il vous faut réviser vos appréciations vu que le capitalisme n’arrête pas d’évoluer et de muter de crises en crises ; on parle de + en + de la financiarisation, et du rôle accru des actionnaires dont leur recherche déraisonnable de profit pourrait casser leur poule aux œufs d’or.

          Troisième point que vous n’abordez pas. Si l’accumulation de richesses est majeure (grâce à des vertus propres à l’organisation capitaliste), il est incontestable que cet enrichissement ne profite pas également à toutes les couches de la société, et que la lutte de classes sociales reste d’actualité même si la réalité de ces classes sociales a elle aussi évolué.
          En toile de fond, ne pas oublier qu’en France, la part des salaires dans le PIB a baissé de façon chronique sur qq dizaines d’années. Renseignez-vous.

          Que faire ?

          Sacré question. Ne me dires pas qu’il faut la révolution. Ce mot est aussi galvaudé, approximatif, trompeur, que le mot « réforme » dans la bouche de StarKo et il nous renvoie à la réalité de plusieurs expériences historiques du genre désastreux et plusieurs pathologies du siècle passé en ISME. Les révolutionnaires de 1917 qui ont ma sympathie ne voulaient construire ni une économie boiteuse, ni une dictature ……

          Que faire ?

          Ma réponse : étudier !
          Étudier mieux cette société.
          Étudier l’histoire.

          Ceux qui ont des réponses trop rapides
          et qui ont la faiblesse de ne pas se remettre à l’étude
          nous conduiront dans des impasses.

          • compte supprimé 24
            • Posté à 14h52 le 22/04/2008
            • Internaute 8330

            Perso, c’est pas la renonciation à l’économie centralisée de type archéococo qui me gêne, Claude.

            Même les Maoïstes fraîchement élus au Népal sont pour l’économie de marché.

            Maintenant, je trouve que le temps n’est plus à l’étude : ce n’est plus de réformes que nous avons envie, mais de foutre tous ces peignes-culs à la rue, avec les SDF et les parias qu’ils ont eux-mêmes créés.

            Hé oui, parce que le P(s) est tout autant responsable – et coupable – que les partis de droite, de la paupérisation de notre société.

            Et ça s’appelle bêtement une révolution. Je ne vois pas d’autre mot.

            • Claude PELLETIER
              Claude PELLETIER répond à compte supprimé 24
              Retraité dans son jardin
              • Posté à 16h11 le 22/04/2008
              • Internaute 10710
                Retraité dans son jardin

              Cyp, il me semble que l’histoire montre, d’une poussée de fièvre de telle ou telle société à une inflammation plus générale des combustibles sociaux, elle montre dis-je des révolutionnaires courageux, entreprenants prendre le pouvoir au nom du Peuple (au singulier) ou de la classe ouvrière ou de l’alliance entre prolétariat et paysannerie…… et deux ans ou dix ans après on apprend que ces admirables révolutionnaires se sont transformés en gangster. Cette logique a été vérifiée des tas de fois. Suffit de prendre le temps de l’étude comme je le disais.

              Faire la révolution sans avoir une garantie de résultat et de probité
              moi je ne marche pas …… Il y a 100 ans je me serais fait avoir
              mais pas au début du XXI° …

              • compte supprimé 24
                • Posté à 16h56 le 22/04/2008
                • Internaute 8330

                Entièrement d’accord, Claude, mais les révolutions du XXIème siècle n’auront pas grand-chose à voir avec celles du passé, je crois.

                Et puis nous avons tous les jours, parias de l’Occident, l’occasion de constater dans nos vies, que le réformisme n’est qu’une arnaque aussi efficace qu’un stage-bidon ANPE, dont le P(s) s’était fait le chantre lorsqu’il était au pouvoir.

  • zénon denon 84
    • Posté à 19h16 le 21/04/2008
    • Internaute 30028
      Bonne

    Bon j’ai bien écouté ce matin chez Ali Badou (FR-CUL)
    Michel Rocard ,au demeurant tres en forme,
    nous dire que lui il était trés contant
    de cette nouvelle disposition « historique “ selon lui ;
    Alors,si Michel le dit ,ça me parrait
    comme ça à vue de nez ...comment dire,
    bien parti,croyez pas ?

    • compte supprimé17
      • Posté à 19h31 le 21/04/2008
      • Internaute 39145

      si c’est Michou qui le dit ! c’est vrai et c’est forcément moderne ! ! !
      Bon et les jeunes ils en disent quoi ?

      • zénon denon 84
        • Posté à 19h54 le 21/04/2008
        • Internaute 30028
          Bonne

        Demander ,un peu à Montebourg
        ce qu’il en pense ?
        Lui ,si virulent ,à un époque ,pas
        si lointaine .Mais que voulez-vous
        il faut s’ancrer dans le territoire
        profond afin d’avoir une légitimité
        plus grande .Dit-il, ah bon
        Et apres ,ou plutot ,pendant ce temps ,
        Tout dans le pays se détricotte ,à
        la vitesse grand V .
        Alors qu’est-ce qu’on fait ?
        Nous les plus nombreux ...
        UN AN .

         
        • tomtombenz
          tomtombenz répond à zénon denon 84
          Etudiant Master en alternance
          • Posté à 20h42 le 21/04/2008
          • Internaute 30560
            Etudiant Master en alternance

          Est-ce qu’on parle du même Montebourg qui vociférait contre le cumul des mandat et qui maintenant, au vue de sa carrière personnelle, semble nettement moins motivé ? ?

        1 autres commentaires
    • Les Chats
      Les Chats répond à zénon denon 84
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 23h10 le 21/04/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Et bien moi j’ai entendu ce soir sur France-Inter Vincent Peillon je n’en revenais pas j’ai été agréablement surprise par son discours et ton était vif, ferme et clair.

      Lien

      Le franc parler
      lundi 21 avril 2008

      invité

      Vincent Peillon
      Député du Parti Socialiste Européen.

      Il est durant la campagne présidentielle de 2007, l’un des trois porte-parole de Ségolène Royal.

      Il rate de 143 voix (49,89%) la reconquête de la troisième circonscription de la Somme.

      Dans le cadre des différents débats sur la rénovation du Parti socialiste lancés depuis juin 2007, Vincent Peillon crée l’institut Edgar Quinet en septembre 2007, afin de se doter d’un outil de réflexion et de débat.

      Avec lui au moins cette émission méritait son titre.
      Dites-nous ce que vous en pensez.

      • compte supprimé 24
        • Posté à 23h34 le 21/04/2008
        • Internaute 8330

        « Dites-nous ce que vous en pensez. »
        Quand je pense Peillon, je vois une cuvette.

         
        • compte supprimé 24
          • Posté à 11h27 le 22/04/2008
          • Internaute 8330

          Je vois : on me note mal... z’avez raison, c’est pas la bonne image.

          Je vois un pot de chambre.

        • Les Chats
          Les Chats répond à compte supprimé 24
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 15h58 le 22/04/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          « Ce que vous en pensez APRES l’avoir écouté » d’autant plus si votre avis est négatif ce qui était aussi mon cas.
          J’ai même vérifié sur le site de France-inter pour savoir qui était l’invité croyant que j’avais mal entendu.
          Idem pour Déluge que je salue au passage.

          • compte supprimé 24
            • Posté à 23h43 le 22/04/2008
            • Internaute 8330

            Non mais Peillon, c’est simple : suffit de se coller la porcelaine sur l’oreille : c’est comme avec n’importe quel coquillage, sauf que là, t’entends la merde.

          • Adéménagé le 3 janvier 2011
            • Posté à 11h00 le 23/04/2008
            • Internaute 29846
              menuisier

            Mes salutations également Les Chats.

        6 autres commentaires
  • castorpolitique
    • Posté à 19h26 le 21/04/2008
    • Internaute 37879
      Rien

    Ecrire sur le mode ironique, c’est sans doute le seul moyen de faire une analyse du texte du PS, car il n’y a rien à expliquer.

    Un préambule qui ne parle plus de révolution ? Ouahou ! Quelle révolution !

    Mais c’est tout. Deux exemples de ce vide abyssale :

    L’article 4 : « Le progrès, synonyme d’amélioration de la vie humaine, est une valeur fondamentale pour les socialistes. »

    Rappelons qu’on donne au progrès le sens que l’on désire, et que tous les partis s’y réfèrent.

    Article 6 : « Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationnalité, facteur de crises (...) Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché. »

    En bref, les socialistes n’aiment pas le capitalisme puisque c’est le mal « créateur d’inégalités », mais n’ont pas d’idées non plus.

    Merci les socialistes !

    Lien

  • compte supprimé 24
    • Posté à 19h32 le 21/04/2008
    • Internaute 8330

    Social-Traîtres !

    Les grands mots, tout de suite...

    Non : je n’ai pas de mots assez durs pour fustiger ce parti, captateur du pauvre héritage des Damnés de la Terre. Je les hais encore plus que ceux de la droite, ces rapineurs ventripotents.

    Le PS, c’est la DROITE, et la droite la plus réac’, la plus dure : celle qui se torche avec les classes populaires parce que c’est plus doux au fondement que le PQ.

    Le socialisme du précariat, de l’explosion des classes misérables, n’est pas du socialisme : c’est du vol qualifié. Du vol de pauvres, ce qui est pire que tout.

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 19h32 le 21/04/2008
    • Internaute 16256

    La nouvelle synthèse est arrivée, cru 2008 !

  • survivant
    • Posté à 19h42 le 21/04/2008
    • Internaute 25864

    6 ans pour pondre un programme libéral, pas un mot dans l’article sur le devenir des services publics qui pourtant sont une des premières nécessités pour l’équité des populations notamment : les plus démunies, les provinces et petites bourgades. Les socialistes ne parlent plus de révolution moi , j’aurai parler plutôt de retourner sa veste le mot est plus adéquat et pour cause ; voter en catimini le traité de Lisbonne au nez et à la barbe du peuple la pilule est d’autant plus dure à avaler. Allez, camarades encore 4 ans pour améliorer ce texte. Courage fuyons !

  • Acis81
    • Posté à 19h43 le 21/04/2008
    • Internaute 39554

    Fin de la référence révolutionnaire... et individualisme « modéré » (émancipation de « la personne humaine » et non de l’Humanité, disparition de la fraternité), totalisation idéologique quasi mystique (« Le socialisme démocratique veut être une explication du monde »).
    Le peuple de gauche ne se retrouvera pas dans ce galimatias, contradictoire (liberté et sécurité ?) et faisant la part belle au financiarisme, sous couvert de « croissance » et « d’accroissement des richesses ». Tous les prétendants au trône peuvent d’ailleurs se retrouver dansce texte. Ah, j’oubliais le développement durable, tarte à la crème suprême pour clouer le bec aux possibles détracteurs.
    Mais quid de la démocratisation du parti ? de la participation des citoyens (aspect indispensable du développement durable en particulier et d’un véritable fonctionnement démocratique en général) sous forme de démocratie participative (voire directe !) et/ou de jurys citoyens ?

    Bref, d’accord avec hogan. Le PS ne sortira pas renforcé de cette déclaration de principes. Un parti n’est pas là pour trouver un concensus, il doit proposer une direction idéologique claire et forte. Tout ce qui manque à ce texte...

    • yamato
      yamato répond à Acis81
      • Posté à 21h06 le 21/04/2008
      • Internaute 21748

      amusant, que l’on puisse considérer comme contradictoire la sécurité et la liberté.
      Notre ami Montesquieu pensait que la liberté n’était que le droit de faire tout ce que les lois permettent...

      Bien sûr, d’aucun prétendrons que la loi, c’est fait par le plus fort, etc, etc.

      N’empèche. Quand on commence à dissocier, puis à faire s’affronter la liberté et la sécurité. C’est que l’on est prêt à s’affranchir de l’une ou de l’autre.

      Il y a déja eu de nombreuses tentatives dans ce domaine.

      Inutile que je rabâche, vous devez bien avoir un livre d’histoire quelque part

      • Acis81
        Acis81 répond à yamato
        • Posté à 23h24 le 21/04/2008
        • Internaute 39554

        Pour ma part, je me réfèrerais plutôt à Kant et à son « impératif catégorique » : « Agis toujours de façon à ce que les règles que tu te donnes puissent être généralisées à l’ensemble de l’humanité ».

        Et la sécurité, quand elle contraint l’individu sans pour autant augmenter la liberté de l’autre, cette sécurité-là est liberticide.

        Des exemples ? la vidéosurveillance et le traçage électronique, l’interdiction d’emporter nombre d’objets utiles en avion, les fromages au lait thermisé, certaines réglementation de sécurité du travail... à trop aseptiser le monde à fin de croire le maîtriser, on aboutit à une normalisation qui ne dit pas son nom.

        Plutôt q’un livre d’histoire, je vous conseillerais davantage de relire « 1984 » de Georges Orwell !

      • Lohiel
        Lohiel répond à yamato
        http://twitter.com/Lohiel
        • Posté à 00h47 le 22/04/2008
        • Internaute 38391
          http://twitter.com/Lohiel

        Oui, à propos de livre d’Histoire, Benjamin Franklin a dit ceci... au temps où l’Amérique était jolie :

        « People willing to trade their freedom for temporary security deserve neither and will lose both »

        Les gens qui sont prêts à vendre leur liberté pour un peu de sécurité temporaire ne méritent ni l’une ni l’autre... et perdront les deux.

         
        • zut
          zut répond à Lohiel
          • Posté à 11h16 le 22/04/2008
          • Internaute 21878

          Mais chacun sait que Franklin était un dangereux gauchiste...
          A l’époque, on aurait dit : dangereux anarchiste ! Comme Bakounine.

        1 autres commentaires
  • parousnik
    • Posté à 19h47 le 21/04/2008
    • Internaute 18991

    Tant que les félons que sont les
    Hollande, Royal, Strauss Khan, Dray et tout ceux qui se sont abtenu ou on voté pour le viol de la Constitution le 4 février puis pour le traité du déni démocratique sont là au PS... alors je m’abstiendrai ou pire... Ils ont trahi la gauche et trahi le peuple du balai...

    • Bigseb
      Bigseb répond à parousnik
      • Posté à 21h11 le 21/04/2008
      • Internaute 25229

      Royal n’est ni député ni sénatrice, elle n’a donc ni voté, ni s’est abstenue ;)

    • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
      • Posté à 03h25 le 22/04/2008
      • Internaute 22426
        ....

      unequestion : pourquoi aveoir voté non au référendum alors que le traité précédent était encore plus libéral (nice je crois). Sadomasochisme ? ? ? ? ?

      • ljos
        ljos répond à supprimé à la deande du riverain 14.01.10
        photographe / géologue
        • Posté à 14h12 le 22/04/2008
        • Internaute 32902
          photographe / géologue

        vaste question Jess ... que ces gens dit-de gauche qui ont voté non à une constitution -moins pire que le précédent traité- en prétextant que c’était trop libéral ... mais qui se sont bien abstenus de proposer en retour un projet de constitution dit « social ».

        ... perso, ça fait 3 ans que j’attends que les Montebourg, Fabius & co ... proposent qqchose de concret pour l’Europe ... malheureusement, je regarde loin à l’horizon et je ne vois toujours rien venir.

        ... à la place de ça, on nous a refourgué un mini-traité bidon qui a enlevé toute la substance intéressante de la constitution initiale ... au final, reste les institutions, reste ce qui était libéral ... exit tout ce qui touchait au social et à l’environnement.

        ... non, ce ne sont pas les Royal, Hollande & co qui vous ont trahi ... mais bel et bien les autres qui vous ont demandé de voter « non » et qui se sont abstenus de proposer autre chose à la place. Les imposteurs ce sont eux.

  • Pictulo
    • Posté à 19h52 le 21/04/2008
    • Internaute 23785

    Ne cédons pas encore à l’ironie qu’alimente, depuis de trop nombreuses années, le débat à gauche. Cette déclaration de principe a le mérite d’exister, elle sera la base du programme pour les prochains scrutins.
    Elle a un mérite, c’est d’unifier les courants autour d’un projet. Voire même d’ouvrir la porte aux Verts, ce qui est une bonne nouvelle.
    Accueillons ce texte comme il le mérite, et surtout, surtout, battons-nous pour en voir un jour la couleur.

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 5