L'edito 15/04/2008 à 08h44

Le succès transalpin du « sarkoberlusconisme »


Silvio Berlusconi triomphe au-delà de tout ce qui était prédit. Il Cavaliere, comme il aime à se faire appeler, revient donc au pouvoir pour la troisième fois, avec une majorité absolue dans les deux chambres.

La gauche italienne est sonnée. Elle avait déjà perdu la partie avec l’échec de la coalition surréaliste de Romano Prodi, qui a implosé au bout de 20 mois ; elle a échoué malgré la campagne digne et respectable de Walter Veltroni, qui a tellement voulu se positionner au centre-gauche qu’il en a perdu en route une partie de ses électeurs. A l’image de la gauche française après sa défaite l’an dernier, la gauche italienne va devoir se réinventer pour espérer revenir un jour au pouvoir.

Mais n’ôtons pas à Berlusconi sa victoire, faite de panache personnel, de suffisamment de démagogie pour rester fidèle à son image, mais quelque peu assagi à 71 ans, et faisant moins de promesses qu’il sait pertinement ne pas pouvoir tenir. Dans son programme, il a écrit : « nous ne promettons ni ne faisons de miracle »... Berlusconi a déjà gouverné deux fois, échoué deux fois, mais les Italiens, fatigués par une crise durable, ont choisi l’image rassurante d’un chef charismatique, et s’appuyant sur une réussite personnelle qu’ils aimeraient voir dupliquée à leur pays.

La tâche de Berlusconi ne sera pas aisée. D’abord dans sa majorité, avec la Ligue du nord, au régionalisme flirtant avec le racisme et l’égoisme,, et avec une économie italienne mal en point. S’il y a un pays où les caisses sont réellement vides, c’est bien l’Italie.

Cette victoire de Berlusconi fait-elle l’affaire de Nicolas Sarkozy à quelques semaines de la présidence française de l’Union européenne ? Les deux hommes partagent assurément un même côté bling bling. Berlusconi a même dit qu’il appellerait Nicolas Sarkozy en premier après sa victoire. Les ressemblances de style, mais aussi de démarche, sont telles, qu’un universitaire français, Pierre Musso, a consacré un livre à ce qu’il a baptisé le « Sarkoberlusconisme » (ed. L’Aube).

On a là un modèle libéral euro-méditerranéen en « rupture » -le mot est également employé en Italie- avec les méthodes du passé. Une exaltation commune de la valeur travail, un libéralisme sacrément teinté de protectionnisme, et un atlantisme assumé. Ainsi qu’un mode de fonctionnement autocentré : les Français ont sanctionné ce style au bout de quelques mois, mais les Italiens, apparemment, en redemandent.

Pour autant, Berlusconi ne sera pas un partenaire commode pour Nicolas Sarkozy sur l’Europe. Certes, les embrassades ne manqueront pas lorsqu’ils seront amenés à se rencontrer, mais cela ne suffit pas dans les relations entre Etats. On le voit dans le dossier Air France/Alitalia, où le candidat Berlusconi s’est engagé à empêcher toute vente de la compagnie italienne en faillite au prédateur français. Et il Cavaliere, si l’on en juge par ses deux passages précédents à la tête de l’Italie, n’a jamais beaucoup aidé à l’intégration européenne, et certains de ses alliés sont ouvertement europhobes.

Le Sarkoberlusconisme a peut-être des fondements communs, mais chacun chez soi.

Pierre Haski

► Edito diffusé mardi 15 avril sur Europe1. Retrouvez l’édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.

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  • marie 75
    • Posté à 09h00 le 15/04/2008
    • Internaute 3563

    botoxé, perruqué, talonetté...
    La vraie démocratie, quoi ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    • pablico
      pablico répond à marie 75
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 11h57 le 15/04/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      tout est dans l’image projetée, quand j’étais petit, on me disait, ce n’est pas grave c’est du cinéma.

      Maintenant on peut dire c’est grave, c’est de la politique. (tout est truqué, maquillé, manipulé, bling bling quoi...) mais les gens aiment cela : rêver, se projeter, à travers leur chef.

      • kawouede
        kawouede répond à pablico
        • Posté à 22h25 le 15/04/2008
        • Internaute 27995

        On aimerait en savoir plus sur les raisons de la défaite de la gauche : Veltroni, dit une phrase de l’édito, se serait trop positionné au centre-gauche... un peu à la Royal-Chevénement donc ?

        Il me semble qu’il y a là une direction à creuser pour nos éditorialistes / journalistes politiques : qu’était vraiment le projet politique de Veltroni (son programme mais aussi les forces qu’il a voulu ou su mobiliser). C’est important de le savoir, et ce n’est malheureusemetn pas Libé qui va nous l’expliquer, avec ses titres redondants et nuls (« Au secours Berlusconi revient ! » ou comment donner plus d’arguments à la droite en France et en Italie...)
        (je m’excuse mais je suis énervé, de plus sur les forums de Libé tout article qui critique un peu sèchement la ligne éditoriale du quotidien est censuré)

    • Gevrey
      Gevrey répond à marie 75
      • Posté à 15h20 le 15/04/2008
      • Internaute 27897

      C’est quoi le problème de l’Italie :

      - La taille de Berlusconi ?

      - Depuis 10 ans d’avoir une croissance largement inférieure à celle de la zone euro ?

      C’est sur qu’il est tranquille Berlusconi avec des opposants qui se contentent de moquer sa taille. Il doit bien se marrer en lisant ce genre de trucs..

      Au fait, quel est le rapport entre botox/perruque/talons et la démocratie ?

      Avec de tels arguments et une opposition de cette qualité les fils de Berlusconi peuvent tranquillement préparer la succession...

      • le vrai Gevrey
        le vrai Gevrey répond à Gevrey
        Barcelona
        • Posté à 18h06 le 15/04/2008
        • Internaute 35864
          Barcelona

        Pour l’ensemble de ton oeuvre sur ce site, Gevrey :

        Retourne dormir et arrête d’utiliser mon nom de Famille pour ressasser tes c....

        Merci d’avance,

        le vrai Gevrey.

         
        • Gevrey
          Gevrey répond à le vrai Gevrey
          • Posté à 20h03 le 15/04/2008
          • Internaute 27897

          Peux tu préciser ce que tu considères comme étant des conneries sur mon intervention concernant berlusconi ?

          Gevrey simplement

          • le vrai Gevrey
            le vrai Gevrey répond à Gevrey
            Barcelona
            • Posté à 01h04 le 18/04/2008
            • Internaute 35864
              Barcelona

            Bon, j’avais bien précisé « pour l’ensemble de ton oeuvre »...
            C’est surtout de voir mon nom de famille associé à des idées qui me hérissent le poil. C’est dur de voir son nom à côté, c’est bête, hein ? là sur hulu Berlu, ça m’était indifférent
            Et puis, j’aime bien venir sur ce site, m’informer grâce aux commentaires, et toi, même si c’est bien que tout le monde vienne, tu fais rin que nous embêter à nous dire que la gauche, elle est nulle, qu’elle a pas d’arguments, etc... (tu le fais mieux que moi) ; mais on le sait, bordel, c’est pour ça qu’on est triste !
            On est les premiers à le dire. Faut arrêter de voir des fanas du PS partout, on est juste inquiets de voir la droite au pouvoir.
            Alors, aie pitié de nous, pauvres gauchistes qui ne savons rien.

        2 autres commentaires
    • parti
      parti répond à marie 75
      punishment park
      • Posté à 20h42 le 15/04/2008
      • Internaute 36257
        punishment park

      vrai, on dirait terminator...

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 09h03 le 15/04/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Mais on est tous las de ce retour au même schéma

    Lien

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à skalpa
      journaleux - blogueur
      • Posté à 09h47 le 15/04/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      @ skalpa,

      si tu la veux en « mieux », tête au carré, et en couleurs (de la présidentielle 2007), contacte-moi (avant 15h), car je ne sais pas les mettre…

      Fabien
      Lien

      • psyche
        psyche répond à FabiendeMénilmontant
        Agitateur d'inconscience
        • Posté à 15h24 le 15/04/2008
        • Internaute 33336
          Agitateur d'inconscience

        Bonjour à tous,

        Il peut y avoir deux visions du duo Sarko-Berlusconisme :

        - clownesque, style Guignol et Gnafron...

        - politiquement dangereux, style axe du mal....Lien

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 09h19 le 15/04/2008
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    C’est carlitta qui doit être heureuse ! ! !

    Un autre comme son petit homme !

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 09h50 le 15/04/2008
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    @ eelisa,

    entre Berlusconneries, Sarkozy et Putin, il y a ce :
    Lien
    conflit de taille !

    Le mari de Carlita n’en sortira peut-être pas grandi (comme quand il enlève ses chaussures pour aller au Taj Mahal).

    Fabien
    Lien

    • A déménagé le 2 mai 2011
      A déménagé le 2 mai 2011 répond à FabiendeMénilmontant
      Délinquante au coin de la rue
      • Posté à 11h45 le 15/04/2008
      • Internaute 26137
        Délinquante au coin de la rue

      Trop bon Fabien !

      Et si ça faisait partie des critères dans les campagnes électorales ?

      J’imagine déjà les face-à-face !

      - Je mesure 1,68m moi monsieur ! que pouvez vous dire de plus ?
      - Très bien ! quand vous enlevez vos chaussures (parce qu’il y a des endroits ou vous devrez être pieds nus) que croyez vous que les français vont penser de votre taille ?
      Etc... etc.. (pas assez d’imagination... mais ce serait bien comme sketch...)

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 09h58 le 15/04/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    C’est moi Laurel , c’est toi Hardy
    C’est moi le grand et toi le petit ..

    Comme je plains les dirigeants serieux et responsables des 25 autres pays de l’ UE ..

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 10h21 le 15/04/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    C’est Angela Merkel, dont on connait le sens de l’humour, qui va être contente de retrouver deux clowns pendant les réunions du G7 ou les sommets européens...

    Ceci dit, parler de sommet pour des hommes si peu grands est peut être un peu exagéré.

    Lien

  • marie 75
    • Posté à 10h41 le 15/04/2008
    • Internaute 3563

    Nico loves Berlu
    Avec i>Télé, la chronique de Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.

    Entre eux, c’est de l’Amour. Un amour qui fait bling ! Bling-bling même, puisque, en italien, bling-bling se dit « Berlusconi », lequel n’a cessé de répéter que, pour son ami Sarkozy, il était un « modèle ». La première fois que Nicolas Sarkozy l’a vu, c’était à Rome, en 2002. Il a tout de suite été bluffé, en même temps que séduit. Une des plus grandes fortunes d’Europe, le patron aussi de l’Italie alors, et si charmeur, si « successful ». Quand Sarkozy confie à ses proches qu’après avoir « fait un mandat », il « fera de l’argent », c’est, assure-t-il, en pensant à « Berlu » qui, de son côté, répète : « Je suis son ami et son modèle ».
    Berlusconi était aux affaires, alors que lui n’était qu’un petit ministre de l’Intérieur en bisbille avec Chirac. Or, le chef de l’Etat italien l’a reçu en grande(s) pompe(s) – spécialité locale – et a même offert un dîner en son honneur où il l’a installé à sa droite ! Nicolas Sarkozy, qui se couche tôt, est resté jusqu’à 1h du matin. Fasciné par l’animal.
    Il faut dire qu’ils sont directs tous les deux, très virils, très tactiles, très machos latinos, très gourmands de tous les plaisirs masculins. Ils aiment la pizza, les pâtes aux truffes. Ils ont une passion pour le foot et les jolies femmes. Mais Berlusconi, c’est Monsieur Plus, plus plus même… Sarkozy, à côté, n’était qu’un enfant et il regardait son hôte avec les yeux écarquillés puisque celui qui le recevait avait tout réussi. Président du Milan AC, couvert de titres, à la tête d’une des plus grosses fortunes d’Europe et d’un groupe de médias hyper puissant. Le médiacteur français avait rencontré son maître.
    Tous deux avaient la même conception de la « com’ » essentielle, décisive pour gagner la bataille politique. Ils ont les mêmes tics d’acteur et une identique force de conviction. Ils ont la même méfiance du service public que Berlusconi déteste carrément et peuvent quitter un plateau télé brutalement, s’ils n’en sont pas les maîtres, ce dont ils ne se sont pas privés, comme on a pu le voir. Et « Berlu » lui a immédiatement lancé, en guise de bienvenue au club des grands, cette phrase magique : « Toi, tu passes bien, très bien à la télé ».
    Ces deux-là, immédiatement, se sont trouvés, puis retrouvés avec un immense plaisir, quelques années plus tard. Sarkozy était candidat à la présidentielle, et Berlusconi, qui n’était plus au pouvoir, l’a reçu avec Cécilia dans son palais privé, en mettant les petits plats dans les grands. Il lui en a mis plein la vue. Bouquets bleu, blanc, rouge sur les tables. Pâtes trois couleurs, glaces vert-blanc-rouge. La table était une composition picturale en harmonie avec les toiles de maître accrochées au mur.
    Berlusconi le magicien venait de se faire poser des implants et tendre la peau, il avait rajeuni de 15 ans. Ils ont parlé famille, de l’importance des enfants qu’il faut élever avec amour mais autorité. Berlusconi a aussi blagué sur l’importance des jolies femmes dont le charme peut renforcer la cellule familiale… Mais, à la vérité, ils ont été ce soir-là plus diserts sur les questions politiques, sur George Bush qu’ils admirent tous les deux, sur Chirac qu’ils méprisaient tous les deux, en particulier Berlusconi, car l’ex-chef de l’Etat français le prenait pour un clown. Ils ont aussi beaucoup évoqué leur détestation commune des juges et des intellos de la gauche mondaine. Ils sont tombés d’accord sur la stratégie politique. Une élection se gagne à droite et au peuple en mettant en avant les thèmes négligés de la sécurité et du travail. Berlusconi lui a donné aussi un conseil, que Sarkozy suit aujourd’hui : « J’ai perdu face à Romano Prodi parce que je ne me suis pas occupé mon parti, surtout, si tu es élu, ne laisse pas mourir ton parti et ne l’abandonne à personne d’autre… » Conseil suivi à la lettre !
    Ils n’ont eu qu’un point de désaccord : la taille. Berlusconi prétend être beaucoup plus grand que son ami : 1,71 mètre contre 1,65, et il en a marre lui aussi qu’on le traite de « nain ». Enfin, l’Italien a un autre avantage sur le Français : il chante, et il compose même une fois par semaine. Berlusconi n’est pas peu fier d’avoir réussi aussi dans ce domaine-là puisque plusieurs de ses chansons ont été classées parmi les plus grandes chansons italiennes.
    Quand ses hôtes ont quitté son Palais, ils sont repartis avec des chansons et des boîtes de cravates.

    Un clin d’œil :
    tes cravates sont moches, mais nous sommes tous deux de formidables vendeurs…

    • Gevrey
      Gevrey répond à marie 75
      • Posté à 14h01 le 15/04/2008
      • Internaute 27897

      tant de détails...vous deviez y être ....

  • castorpolitique
    • Posté à 10h47 le 15/04/2008
    • Internaute 37879
      Rien

    Il y a quand même un avantage à l’élection de Berlusconi : ça va détourner l’attention des presses européennes vers un autre clown.

    Et puis aussi, j’aurais à répondre aux moqueries de mes amis italiens. Merci Berlu !

  • Lacidon
    Lacidon
    Avec vue sur le vieux port...
    • Posté à 11h01 le 15/04/2008
    • Internaute 38530
      Avec vue sur le vieux port...

    Monsieur Haski,

    Divers réflexions :

    Je n’ai jamais compris comment l’on pouvait comparer Sarkozy et Berlusconi... Je peux comprendre que l’on puisse ne pas aimé Sarkozy, mais de là à le comparer à ce personnage il y a des limites... que franchit allègrement Pierre Musso. Il est interéssant de voir comment un homme qui collabore à un revue censée décripter les règles de la communication utilise de ce qu’il critique dans la communication politique pour faire ce livre. Comparaison n’est pas raison, mais là il semble oublié ce précept simple.

    Car en effet quoi de commun entre les deux hommes. Rien, à part la taille des talonnettes...c’est faible comme argument.
    Alors, on sort le concept de « bling bling »...comme il y au avant la « gauche caviard »...concepts aussi stupide l’un et l’autre.

    Les amitiés entre homme d’affaires, avocats ou journalistes existent de longue date, l’erreur de Sarkozy aura été de les afficher au grand jour dans un pays ou fréquenté un « patron » semble être la pire des trahisons. Il y au erreur sur la forme qui laisse apparaître il est vrai une forme indécence par rapport à une situation sociale si loin de ces clichés, le fonds peut poser problème en effet quand la partialité des aides que peuvent recevoir les officiers de cours (c’est vrai aujourd’hui, c’était aussi vrai hier...regardez la naissance de Canal+..). Tous ces gens ont en général fréquenté les mêmes écoles, les mêmes milieux donc il est normal dans notre pays où les « grands corps » ont tant de pouvoir de voir ce genre d’amitié. La démocratie se nourrit des différences et des richesses de son peuple, la notre est malade en partie par le côté sclérosé du pouvoir entretenu par des grands corps si attachés aux « avantages » dont ils disposent...

    Pour revenir au pantin transalpin, nous avons là un personnage très atypique sur la scène politique Européenne et International.
    Source des polémiques stériles et dangereuses (ses sorties sur l’Islam entre autres..) cet homme ne recul devant rien pour faire avancer ses intérêts au mépris des plus simples règles éthiques de la vie politique. Sarkozy est loin, très loin de cela.
    D’aucun diront que les peuples on les dirigeants qu’ils méritent, j’avoue, tout comme beaucoup de monde, m’étonné de jour en jour de la vie politique Italienne. Felinni n’aurai pas fait mieux.

    Musso s’attaque là dans son livre à la face sombre de la communication, devenu porteuse d’une idéologie de slogan, remplaçant la faiblesse des idéologies passées... notamment les idéaux de la gauche bien en peine à définir un nouveau pacte social cohérent et pragmatique. Mais n’est ce pas là simplement l’histoire des idées. Le problème vient d’un décalage entre l’évolution très rapide des technologies, des économies, la mondialisation agissant comme une centrifugeuse, et des idées qui, elles, restent trop souvent en décalage total avec la réalite du monde.

    Dans ce contexte, la prime au vaincoeur est décernée à celui qui porte le mieux l’idéologie slogan rassurante dans un monde où le format « idéo publicitaire » remplace le débat d’idée. C’est particulièrment vrai en Italie, plus qu’en France où les dernières élections ont vu s’affronter deux programmes (pour être partial...) et deux visions de société.

    En ce sens, comparer Sarkozy et Berlusconi n’est pas juste et surtout mensonger. La perte de repères d’une partie de la classe politique ne doit pas pour autant être occulté par des artifices qui ne grandissent pas ceux qui les portent devant le grand public. La démagogie se paie toujours chère, qu’elle soit de gauche ou de droite, car si il y a bien un dénominateur commun en politique spectacle (pour ne pas dire en politique tout court...) c’est bien la démagogie.

    Nous le savons, nous en avons conscience, mais nous ne l’assumons pas. Cela se traduit donc après quelques mois d’exercice d’un nouveau pouvoir par une profonde déception de la grande majorité des élécteurs qui massivement quelques mois plus tôt avaient portés ceux là même qu’ils dénigrent au plus hautes fonctions...L’électeur, devenu consommateur, a donc la même patience avec le politique qu’il en a avec le SAV de Darty...Or la politique est toujours un ouvrage de long termes. Le symbole de la règle à 24 division devrait être plus souvent enseigné. Peut être ferai-t-il comprendre que le temps permet à la loi d’ordonner le chaos...soit pour paraphraser un célèbre slogan de campagne « il faut donner du temps au temps »...nous n’avons plus la notion du temps, projeté dans une vie de zapping ou l’immédiaté et l’abondance du tout nous font oubliés l’essentiel et la réflexion.

    Les politiques ne sont que le reflet de nos propres sociétés. Nous les élisons, nous sommes responsables, alors assumons.
    Quand à Berlusconi, la gauche Italienne serai bien aviser de revoir ses fondamentaux et se remettre en question avant de se lamenter de ses échecs... tout comme chez nous.

    • avrile
      avrile répond à Lacidon
      vue sur les toits de paris
      • Posté à 12h46 le 15/04/2008
      • Internaute 39110
        vue sur les toits de paris

      je vous conseille vivement de lire le n° spécial du Canard enchaîné sur Sarkozy et le fric. Après vous saurez de quoi vous parlez ! (5.30 euros dans tous les kiosques )

      • capdom
        capdom répond à avrile
        • Posté à 13h34 le 15/04/2008
        • Internaute 19994

        je conseillerai aussi un livre sur l’utilisation des infinitifs

      • Lacidon
        Lacidon répond à avrile
        Avec vue sur le vieux port...
        • Posté à 13h37 le 15/04/2008
        • Internaute 38530
          Avec vue sur le vieux port...

        Et un ancien sur Arlette et le mystérieux milliadaire qui finance LO, un autre sur les biens « cachés » et la fortune supposée de Mittérand.... Le fric semble vous sortir de la bouche comme on vomit un mauvais plat...C’est amusant de voir combien beaucoup de gens de gauche (plutôt extrème gauche) ont des réflexes judéo chrétien par rapport à l’obscénité de l’argent... Les nobles avant 1789 avait ce même dégoût de l’argent, c’est pourquoi les commerces ont échappé à cette population et qu’une nouvelle « classe » a vu le jour...Je m’en amuse toujours, mais bon, il est des personnes qui ne sont pas à un paradoxe près...

         
        • parti
          parti répond à Lacidon
          punishment park
          • Posté à 21h07 le 16/04/2008
          • Internaute 36257
            punishment park

          faux...de nombreux « capitaines d’indistrie » étaient nobles avant la révolution...
          et puis c’est quoi les reflexes judéo-chrétienS devant l’argent ?

        1 autres commentaires
    • Nicolas W
      Nicolas W répond à Lacidon
      • Posté à 16h36 le 15/04/2008
      • Internaute 35134

      Vous êtes sourd, ou aveugle ou les deux, vous n’avez jamais eu la curiosité d’ouvrir un livre d’Histoire - discipline d’intellos gauchistes, cela va de soi - ou alors vous êtes une autruche persuadée que tant que vous aurez la tête enfouie, rien de fâcheux ne pourra jamais vous arriver...
      Inutile de vous renvoyer aux centaines d’analyses politiques (discipline d’intellos gauchistes cela va de soi) démontrant s’il en était nécessaire la proximité de ces deux clowns médiatico-populistes, qui se sont d’ailleurs eux-mêmes reconnus comme frères.
      Dormez bien.

  • Tophee
    Tophee
    en haut a gauche
    • Posté à 11h06 le 15/04/2008
    • Internaute 2159
      en haut a gauche

    « Une exaltation commune de la valeur travail, un libéralisme sacrément teinté de protectionnisme, et un atlantisme assumé. Ainsi qu’un mode de fonctionnement autocentré : les Français ont sanctionné ce style au bout de quelques mois, mais les Italiens, apparemment, en redemandent. »

    Gardons nous ne faire la lecon a nos amis Italiens. Ils on ete assez stupide pour reelire Berlusconi, certe, comme les Anglais avec Thatcher, les Etat-uniens avec Bush et nous avec Chirac. Pouvons nous etre certain que l’on ne vas pas pleurer encore dans 4 ans ? Le PS a en tout cas l’air de faire ce qu’il faut pour !

  • Desactivé
    Desactivé
    Pourvu d « antennes , c “est (...)
    • Posté à 11h29 le 15/04/2008
    • Internaute 37358
      Pourvu d « antennes , c “est (...)

    Sarklown , Berlusclowni : je viens de voir la video géniale de/sur Mélies , qui mangeait du bio et savait sautiller . Aujourd’hui ces deux acrobates-là bouffent et nous font avaler de la merde : faut croire qu’on aime ça puisqu’on en redemande.Je vous laisse pour aller gerber .

  • daniel
    daniel
    daniel
    • Posté à 11h37 le 15/04/2008
    • Internaute 5273
      daniel

    Le succès de Berlusconi, est surtout une énorme défaite de la Gauche Italienne (et on peut faire le parallèle avec la gauche Française, si certains n’aiment pas la comparaison Sarko/Berlu).

    Comment un gourvernement incapable de gérer le problèmes des ordures dans la région de Naples pourrait être reconduit ?

    Je sais bien que le problème est plus vaste et antérieur à Prodi, mais tout de même. Le monde entier se moque de l’Italie et berlusconi a profité un maximum du mécontentement qui ensuit.

  • albin
    • Posté à 11h56 le 15/04/2008
    • Internaute 11837

    Ce que vous ne dites pas, c’est que c’est la coalition de Berlusconi qui a gagné. Parce que le grand vainqueur est la Ligue Lombarde. Tout cela est assez triste en fin de compte. Je vous propose la lecture de l’Enfant du Kerala de Lowie qui parlait déjà du retour de Berlusconi en 2006. Et que son retour allait provoquer une résistance violente : l’extrême gauche n’a plus son « sage » Bertinoti et cela signifie une voie royale aux durcissements.

    J’aimerais aussi rappeler à ceux qui ne le savent pas : la droite italienne est décomplexée depuis bien plus longtemps que la droite française. Il y a eu dans les précédents gouvernements Berlusconi des ministres fascistes (issus de la mouvance Front de la Jeunesse) ou ultra-religieux.

  • Lacidon
    Lacidon
    Avec vue sur le vieux port...
    • Posté à 12h06 le 15/04/2008
    • Internaute 38530
      Avec vue sur le vieux port...

    Je ne comprends pas bien les attaques concernant les tailles respectives de Sarkozy et de Berlusconi... Je trouve que ce genre de remarques n’apportent rien, strictement rien au débat. Elles sont plutôt l’expression d’un vide idéologique et en fait du pire des comportements de la part de ceux si pressés de dénoncer la politique « bling bling »...

    Car franchement, qu’est ce que l’on en a à foutre de leur taille ? Depuis quand juge t-on l’action d’un homme politique sur un physique... ? Cela me fait gerber et me rappel les pires heures de notre histoire. Vous qui dénoncez le populisme, vous agissez d’une façon encore plus détestable. Alors de grâce, épargnez nous ce genre de commentaires digne d’une conversation de bistrot.

    Le débat chez rue89 mérite autre chose. Mettez en avant des idées, faites des commentaires sur le fonds, mais n’attaquer pas les politiques sur leurs physiques. Cela ne vous grandit pas, et c’est franchement le signe d’un vide sidéral que vous semblez vouloir comblez avec des immondices...

    Restez dans votre fausse à purin et gardez vos commentaires stériles et stupides.

    • sigmundfrit
      sigmundfrit répond à Lacidon
      • Posté à 12h48 le 15/04/2008
      • Internaute 29597

      J’approuve à 100 % ! Les réflexions sur le physique d’un adversaire politique étaient le fait de l’extrême droite populiste il n’y a pas encore si longtemps ! Aujourd’hui, si le seul argument de certains contre Sarko c’est de se moquer de sa taille, qu’ils rejoignent le Front National.
      Parce qu’après la taille, pourquoi pas se moquer de la couleur de la peau, du nez crochu, des cheveux crépus... cela ne vous rappelle rien ?
      Je pensais que chez la gauche et les démocrates c’était surtout l’intelligence qui prenait la parole.

      • Reveil
        Reveil répond à sigmundfrit
        • Posté à 13h47 le 15/04/2008
        • Internaute 10175

        certes c’est naze, mais faut pas non plus generaliser sur la gauche :)

    • Rahan
      Rahan répond à Lacidon
      chercheur en qualité de la vie
      • Posté à 17h18 le 15/04/2008
      • Expert 39116
        chercheur en qualité de la vie

      L’expression d’un vide idéologique de type « fosse à purin » (et non pas « fausse »)......

      ..........ah bon ?

      Mais qui oserait encore nier que les personnages qui cumulent la soif de pouvoir et la « nabotitude » se sont révélés être des dangers pour le monde ? Quelques exemples de complexes d’infériorité en vrac : Hitler, Napoléon, l’autre coréen (me souviens plus du nom). Je continue ?

  • Barbarossa
    • Posté à 12h21 le 15/04/2008
    • Internaute 39109

    Je suis vraiment choqué par la qualification simpliste et fausse donnée de la Ligue du Nord.
    Tout d’abord, cette vision franco-française consistant à traiter de raciste tout mouvement ayant un programme de gestion de l’immigration est purement abjecte. Votre sentiment n’est d’ailleurs pas partagé par la majorité des opposants italiens à la Lega qui préfèrent d’autres arguments plus constructifs.
    Ensuite, quitte à ne dire que 2 mots de ce mouvement, pourquoi n’y indiquer qu’une opinion et non du factuel, tels que par exemple le fait que ce mouvement dirige avec un succès reconnu des provinces connaissant une prospérité économique indiscutable (Varese, Bergamo - 2.5% de chômage en moyenne) ou administre des secteurs (exemple santé en Lombardie) qui offre sans doute les meilleurs services de l’ensemble du territoire italien...Dans l’attente de vos remarques.

    • Lacidon
      Lacidon répond à Barbarossa
      Avec vue sur le vieux port...
      • Posté à 12h37 le 15/04/2008
      • Internaute 38530
        Avec vue sur le vieux port...

      Barbarossa, vous avez raison sur la santé économique florissante de la Lombardie, qui est en fait la région la plus prospère d’Europe (devant la Suisse). L’histoire industriel et économique de cette région des banques expliquent aussi une tradition industrielle et financière qui a permis à la Lombardie de toujours être à part en Italie. Au début du siècle dernier, des affiches Lombarde montraient un poule pondant des oeufs en or ramassés par un homme en guenille dans un chapeau d’épouvantail... La symbolique en disait long déjà à l’époque sur les intentions « séparatistes » de cette région.

      Le succès économique ne peut certes cacher les aspects moins reluisant de certains politiques de la ligue Lombarde qui considère le sud de l’Italie comme une nation de sous hommes... Nombre d’entreprises en Lombardie préfèrent embaucher des salariés immigrés plutôt que de faire travailler des Italiens du « sud ».. et cela encore une fois ne date pas d’aujourd’hui. C’est le fruit de la construction de ce pays.

  • monika
    • Posté à 12h32 le 15/04/2008
    • Internaute 28466

    Les mafiosos
    ont toujours le
    dernier mot !

  • Pierrot287
    • Posté à 12h44 le 15/04/2008
    • Internaute 19703

    Sarkozy, Berlusconi... où va l’Europe avec de tels bouffons !
    Deux grands symboles du tout pour les riches, les autres peuvent crever !
    Il y aura beaucoup à reconstruire des deux côté des Alpes....

    (coucou à Nicolas Princen, ça va ce petit boulot de taupe torche cul ?)

  • zoblugubre
    • Posté à 12h47 le 15/04/2008
    • Internaute 4511

    Berlusconi est un néo-fasciste mafieux.. Il possède tout simplement la plupart des médias italiens.

    Sarkozy est plus nuancé : il a une politique néo-fasciste en ce qui concerne l’immigration mais lui-même n’a absolument pas cette opinion. C’est du pur électoralisme. Il n’est que le pantin de l’oligarchie(=mafia) qui dirige ce pays, les Lagardère, Bouygue & coe. Et aucun média ne lui appartient en main propre(c’est à ses petits copains)

    Mais bon. Ca revient au même.

  • Reveil
    • Posté à 12h48 le 15/04/2008
    • Internaute 10175

    Je m’etais toujours demande comment on avait pu en arriver au nazisme apres avoir vote pour Hitler, je commence vaguement a comprendre comme cela s’est passe. Les gens n’ont conscience de rien, ils ne reflechissent plus, ne font qu’ecouter ce qu’on leur dit, prenant le costard et la grande gueule pour marque de credibilite et hop, c’est dans la poche. Je ne comprenais pas que des populations entieres pouvaient laisser faire les rafles de juifs, mais en fait, j’ai recemment compris que la majorite des gens est bete et aveugle. La comparaison est douteuse mais je compare surtout le comportement des gens, des votants pour repondre a la question « comment cela a t il pu arriver ? ». Sans parler des journalistes qui ne font plus leur boulot mais qui ne font que repeter ce qu’un de leur collegue a dit sans rien verifier et surtout ne faire que repondre aux commandes de l’etat. Bref, je trouve qu’ils y a beaucoup de cons dans le monde, c’est dommage, il suffirait de reflechir un minimum.

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à Reveil
      43
      • Posté à 14h40 le 15/04/2008
      • Internaute 4591
        43

      Ben c’est bien vrai ça !
      Signé Madame Denis, la ménagère. Et pas l’autre la Papin !

  • NicolasLeBelge
    • Posté à 12h53 le 15/04/2008
    • Internaute 25705

    Attention La première fois que BerluSconi est mentionné il n’a pas son S...

  • capdom
    • Posté à 13h26 le 15/04/2008
    • Internaute 19994

    petite precision : il ne se fait pas appeler « cavaliere », il a etait decoré « cavaliere del lavoro » en 1977.

  • el_communiste
    • Posté à 13h54 le 15/04/2008
    • Internaute 15455

    C’est dommage que la gauche recule en Europe. L’UE étaitt déjà ultra-libéraliste et la France passé pour un pays d’extrême gauche...

    Site interressant :
    planete-monde.blogspot.com

  • DANJOU
    DANJOU
    La france inquiète
    • Posté à 17h01 le 15/04/2008
    • Internaute 32845
      La france inquiète

    El Maestro est revenu !

    Comme il fallait s’y attendre, Silvio BERLUSCONI à donné dans la démesure pour s’emparer du pouvoir Italien. En cela, il ne lui aura fallu qu’une chose : imiter son voisin Français Nicolas SARKOZY qui, lui aussi, maîtrise plutôt bien la communication démago-populiste , et lui à montré comment s’en servir à dessein. A moins que cela ne soit l’inverse, allez savoir ! chez les démago, on se troque les meilleurs coups ! La fin justifie les moyens…
    Plébiscité par le peuple, galvanisé par son pouvoir indestructible, le « superman Silvio » garde dans sa « botte » bon nombre de surprises à faire rougir d’envie les « Borgia » eux-mêmes…
    Les « Tifosi » ne vont pas tarder à se rendre compte de leur erreur magistrale, qui aura pour conséquence directe une nette augmentation de la misère et de la précarité, avec une pression fiscale qui accentuera encore davantage le clivage entre le nord et le sud du pays, soit la partie riche et la partie pauvre de l« Italie.

    On se demandait qui, des dirigeants SARKOZY / BERLUSCONI par leur “ gouvernance ” ultra libérale, provoquerait une réaction en chaîne de débordements sociaux, qui aboutiraient à terme à une inévitable révolution sociale européenne (dont beaucoup tenait Nicolas SARKOZY pour être le mieux placé dans ce genre d“exercice) ; il semblerait que nous ayons , en Italie, le candidat type, à promouvoir un ‘ tsunami ’ social qui embrasera bientôt l’europe toute entière. C’est juste une question de temps !

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