Entretien 11/04/2008 à 12h47

Pascale Ferran : « A la Culture, on nous a pris pour des andouilles »

Olivier De Bruyn | Journaliste


Sur le tournage de 'Pierre et le loup' (Pascal Aimar).

Deux semaines après avoir publié son rapport explosif sur l’économie du cinéma français, le Club des 13 continue d’agiter l’actualité. Quel accueil pour le rapport ? Quelles relations avec le ministère de la Culture ? Quels soutiens pour les treize ? Quel avenir pour le cinéma ? Pascale Ferran s’explique…

Le jeudi 27 mars, Rue89 révélait les grandes lignes du rapport polémique rédigé par le Club des 13, regroupant réalisateurs, producteurs, distributeurs et exploitants. Formatage des « gros » films et ghettoïsation d’un certain cinéma d’auteur. Rôle problématique des chaînes de télévision dans la fabrication et la diffusion des œuvres. Affaiblissement des « films du milieu », ceux qui conjuguent ambition artistique et populaire. Concurrence rude, voire déloyale, dans la distribution et l’exploitation… Le rapport (sérieux, chiffré, dépourvu d’esprit de chapelle) dresse un état des lieux inquiétant et propose des solutions pratiques pour que le système de financement français redevienne le modèle que nous envient les réalisateurs du monde entier.


Marina Hands et Pascale Ferran aux Césars 2007 (V. Tonelli/Reuters).

Quinze jours plus tard, l’actualité du Club des 13 s’est considérablement enrichie. Un groupe élargi soutient activement la démarche (près de cent cinquante membres à ce jour). Des rencontres avec les institutions ont eu lieu. Les différents « acteurs » de la création cinématographique débattent et polémiquent. Pascale Ferran fait le point…

Le rapport du Club des 13 a été remis le jeudi 3 avril à la ministre de la Culture. Comment s’est passée la rencontre avec Christine Albanel ?

En apparence, très bien. Nous avions fait savoir à la ministre que nous ne lui prendrions pas beaucoup de temps. Les discussions de fond ne pouvaient en effet démarrer qu’une fois le rapport examiné par ses services. Cette première rencontre était avant tout une affaire de symbole. Il nous semblait important de venir en nombre, histoire de montrer que le club des 13 ne représentait pas que lui-même, mais reflétait des préoccupations partagées par l’ensemble de la profession. Notre délégation était conséquente : plusieurs réalisateurs (Cédric Klapisch, Bertrand Tavernier, Noémie Lvovsky, Nicole Garcia, Nicolas Philibert), des producteurs, les deux distributeurs indépendants les plus importants… On avait volontairement mis les petits plats dans les grands.

Pour quel résultat ?

Le rendez-vous s’est déroulé cordialement. Nous avons souligné notre désir de moderniser le système de financement, de revenir à sa philosophie initiale avec les moyens d’aujourd’hui. Christine Albanel nous a répondu qu’elle allait lire avec attention la synthèse de nos travaux. Nous lui avons demandé s’il était possible de prendre un nouveau rendez-vous dans le mois à venir, avec un groupe restreint, pour entrer dans le vif du sujet et bosser sur des solutions concrètes. On a senti une résistance vague. Elle ne nous a pas répondu. On est sorti de ce premier rendez-vous un peu circonspect, mais sans a priori… Le lendemain, surprise, nous découvrons dans Le Film français, hebdomadaire professionnel du cinéma, un entretien de la ministre dont la moitié était consacrée à notre rapport. Vu les délais de bouclage du journal, l’entretien avait évidemment été réalisé avant notre rencontre. Bref, on nous a clairement pris pour des andouilles.

Que redoutait-elle de vous dire en face ?

Mystère. D’ailleurs, elle n’a probablement pas consulté le rapport. Un conseiller a dû rédiger une note de synthèse. Nous aurions trouvé logique que notre ministre prenne le temps de le lire en intégralité, ce qui en gros prend cinq heures. Nous avons bossé pendant un an et nous soulignons méthodiquement -secteur par secteur et chiffres à l’appui- les problèmes graves qui se posent dans le cinéma français et qui menacent sa diversité. Nous prouvons par a + b que les films rencontrant aujourd’hui le plus de difficultés, ceux « du milieu », continuent de s’exporter et représentent le cinéma français dans le monde entier. Christine Albanel nous aurait dit que son emploi du temps surchargé ne lui permettait pas de nous voir avant un mois, après lecture attentive du rapport, nous aurions compris, mais là…

Et depuis ?

Rien. J’ai tendance à penser que le ministère adopte l’attitude suivante : « Ils grattent là où ça fait mal, faisons en sorte que l’on parle d’eux le moins possible. » Comme toujours dans un rapport de force, il faudra probablement que la pression monte pour que l’on puisse se retrouver autour d’une table.

Du côté des chaînes de télévision, quelles réactions ?

Officiellement pas grand-chose. Un seul article, publié dans « Le Monde » le week-end dernier, fait état de réactions. Les chaînes semblent surtout préoccupées par la première de nos propositions. Celle visant, via une meilleure répartition du fonds de soutien, à redonner au producteur cinéma sa pleine capacité d’entrepreneur. Elles disent redouter de ne plus pouvoir investir autant.

Nous leur répondons que, au centime d’euro près, les mêmes sommes d’argent continueront d’alimenter le circuit du financement. Elles seront simplement réparties de façon plus équitable, ce qui contribuera à la diversité de la création, aujourd’hui en souffrance. D’autre part, si l’on produit un peu moins mais mieux, personne ne sera perdant. On a largement dépassé la limite de ce que le marché peut absorber. La situation est contre-productive pour tout le monde. L’époque, pas si lointaine, où l’on produisait entre 160 et 180 films était plus saine. Aujourd’hui, les 220 ou 240 films financés vaille que vaille chaque année ne peuvent pas trouver de débouchés honorables sur les écrans.

Le rapport du Club des 13 insiste sur les difficultés parfois insurmontables rencontrées par les distributeurs et exploitants indépendants. Là encore, quelles réactions ?

Pour l’instant, très tempérées. Les grands groupes cinématographiques -Gaumont, Pathé, UGC, MK2- savent que, dans les domaines de la production et de la distribution, nos propositions rejoignent leurs intérêts. Si ces dernières étaient adoptées, eux aussi bénéficieraient d’une meilleure répartition des fonds de soutien ! Seuls en seraient privés les groupes de distribution affiliés aux chaînes de télévision. En fait, il n’y a qu’un seul secteur où le rapport se montre offensif à leur égard : l’exploitation. Le rapport de force penche considérablement en leur faveur, d’où des pratiques problématiques. Par exemple, les quatre grands groupes concentrent 80% des parts de marché sur Paris. Ils sont incontournables et, dans les salles, imposent leurs lois sur la promotion et l’affichage, qui représentent des coûts faramineux pour certains films. De même, quand on insiste sur les bénéfices engrangés par les produits annexes (confiserie, etc.), qui, contrairement au billet de cinéma, ne sont pas taxés, on sent une gêne.

Avez-vous néanmoins l’impression qu’un dialogue est en train de se renouer entre les différents secteurs du cinéma ?

Absolument et c’est une excellente nouvelle ! La filière cinéma a longtemps souffert de la segmentation, du clivage. Les scénaristes contre les producteurs, les distributeurs contre les exploitants et ainsi de suite… On en était arrivé à un point où des affrontements plus ou moins larvés intervenaient même à l’intérieur de chaque secteur. C’est l’un des éléments fondamentaux du rapport : le système tel qu’il fonctionne aujourd’hui provoque des cloisonnements. Une situation absurde et contradictoire avec l’essence même du cinéma : mélanger les genres.

La bipolarisation entre les productions de plus en plus onéreuses et les fictions sous financées aboutit à des académismes dans les deux catégories. On peut tous citer des films commerciaux qui nous plaisent et des films d’auteur à chier. Et inversement… La situation est malsaine à tous les niveaux : pour la qualité moyenne des œuvres et pour l’unité de la profession. Le rapport repose sur la transversalité. Nous avons toujours souhaité qu’il contribue à retisser des liens. Une préoccupation qui dépasse d’ailleurs de beaucoup le cinéma et pose une question sociale et politique bien plus importante.

La composition du groupe élargi traduit cette diversité…

Oui. Parmi les réalisateurs, le groupe couvre un spectre extrêmement large. De Garrel à Chabrol, en passant par Nicole Garcia, des auteurs de premiers films, des réalisateurs de comédie… Idem chez les acteurs et les distributeurs. Parmi la quarantaine de producteurs, il ne manque personne chez les indépendants. Sauf Luc Besson, qui a toutefois fait savoir qu’il suivait notre initiative avec bienveillance. Le groupe élargi se compose aujourd’hui d’environ 150 membres. Leur engagement est véritable : il ne s’agit en aucun cas de pétitionnaires. Tout cela est de bon augure. Même si le but reste évidemment de discuter des réformes proposées. Sur ce point, il est trop tôt pour se prononcer.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Nous organisons une réunion lundi prochain, nous allons voir… Le rapport sera disponible en librairie le 15 avril, on peut s’attendre à une nouvelle médiatisation. Dans tous les cas, il va falloir être inventif.

Le festival de Cannes ne serait-il pas une occasion rêvée pour évoquer ces problèmes cruciaux ? C’est le royaume des « films du milieu », régulièrement récompensés au palmarès.

Effectivement, il y aurait une certaine logique. Notre système ne sert pas seulement les cinéastes de l’hexagone. Beaucoup de metteurs en scène internationaux bénéficient du modèle français. Sur ce terrain, nous sommes, de loin, le pays du monde le plus accueillant. Thierry Frémaux, le délégué général du festival, rappelait récemment que 80% des films présentés en sélection officielle s’appuient en partie sur des financements français. Mais, bon, le festival commence dans cinq semaines. Cela paraît encore bien loin.

Personnellement, vous avez toujours refusé d’être un symbole. Vous vous êtes néanmoins beaucoup investi dans le Club des 13. Au détriment de votre travail de cinéaste ?

Le Club des 13 est une aventure collective. Le rapport cherche à instaurer une langue commune, pédagogique. J’ignore ce qui ce serait passé pour moi durant l’année écoulée si cette initiative ne m’avait pas autant occupée. De toute façon, après les Césars et la promotion à l’étranger de « Lady Chatterley », je me suis aperçue que j’avais besoin de temps pour me libérer du film et pouvoir enchaîner. Je suis faite ainsi… Sans le Club des 13, peut-être serais-je en train de rêvasser à un nouveau projet, mais guère plus. Je n’ai pas l’impression d’avoir accompli un sacrifice. Penser l’argent, l’économie, c’est finalement une autre façon de pratiquer son travail de cinéaste.

 ? Le rapport du Club des 13, « Le Milieu n’est plus un pont, mais une faille » sera disponible en librairie le 15 avril et vendu au prix d’une place de cinéma (Editions Stock).
 ? La liste des membres du groupe élargi.
 ? Le rapport alarmant du cinéma français, publié le 27 mars 2008.

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  • 32 réactions
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  • www.laguerredesmots.com-yannick
    • Posté à 13h34 le 11/04/2008
    • Internaute 24872
      pays de gex

    Cette initiative me fait très beaucoup plaisir. C’est exactement la forme que doivent prendre les revendications pour aboutir.

    1. se réunir et cerner les problèmes.
    2. Trouver des solutions et élaborer un projet réaliste et acceptés par les personnes concernées.
    3. Se battre et pousser ce projet vers le haut avec l’aide de la population jusqu’à ce qu’il soit accepté.

    Si personne ne croit à ce projet il ne remontera jamais.
    Si des milliers de personnes y croient, la pression sera trop forte et il devra être mis en place.

    Quand est-ce que les profs vont s’y mettre pour réformer l’éducation ? Apprendre l’esprit critique aux élèves etc...

    Du bas vers le haut !

    • résist34
      résist34 répond à www.laguerredesmots.com-yannick
      Rmiste à Montpellier
      • Posté à 14h21 le 11/04/2008
      • Internaute 36195
        Rmiste à Montpellier

      D’accord avec toi. Mais la tâche est rude car la base, fatiguée par un dur labeur peine à visionner clairement la réalité.

    • Servais-Jean
      • Posté à 01h33 le 12/04/2008
      • Internaute 4591
        43

      Donner un rapport, si bien ficelé soit-il, à la estupidez est une forme de suicide.

      Lien

    • le tadorne
      • Posté à 10h31 le 12/04/2008
      • Internaute 2227

      Effectivement, c’est la bonne démarche. Mais en adoptant cette posture, le club des 13 initie un long processus de changement. C’est une autre façon de faire de la politique, plus transversale, basée sur la concertation et la négociation. Sauf que notre pays s’accroche en permanence au rapport de force. Nous perdons notre créativité avec de telles façons de réagir.
      Manque à la démarche du club des 13, le public ! Nous sommes absents, transparents, comme si nous n’avions rien à dire, rien à proposer.
      La démocratie participative est encore loin !

  • marmotte64
    marmotte64
    Super héros
    • Posté à 13h41 le 11/04/2008
    • Internaute 35594
      Super héros

    Juste une question au passage : Est ce que le groupe des treize s’est posé la question de savoir si « leurs » films du milieu (entre blockbuster et petit film de niche) n’était pas tout simplement boudé du public parce que le public n’était pas intéressé ?

    Parce qu’à la fin c’est quand même le spectateur qui choisit son film non ?

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h13 le 11/04/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Ils vont peut-être remplacer la culture par de la confiture. (c’est mieux que les andouilles)
    Cela s’étale bien, et tout le monde pourra en profiter. Ils sont forts à ce gouvernement ! !

    • meg
      meg répond à pablico
      • Posté à 18h54 le 11/04/2008
      • Internaute 12017

      Ce m’étonnerais qu’ils nous filent de la confiture. La confiture a déjà été distribuée aux classes les plus riches. Mais vous pouvez toujours vous replier sur la culture d’OGMs en plein champs ou le divertissement pour cerveaux disponibles.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 15h18 le 11/04/2008
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Félicitation à Pascale Ferran pour son initiative courageuse, que je soutiens à 200%.
    D’habitude les analyses qui sont livrées sont assez corporatistes, au sein même de la corporation des métiers de l’image.
    Pour ma part c’est bien la première fois que j’entend quelqu’un proposer qu’on remonte le niveau de rétribution des scénaristes, au moment même où toutes les négociations se font systématiquement à la baisse dans une sorte de consensus pourri qui fait que même les agents acceptent des tarifs défavorables (pour les options, comme pour les bibles) à leurs auteurs.
    En comparaison un auteur américain est payé 6 à 10 fois plus ! On objectera qu’il dispose de moins de droits. Certes. Mais que valent tous nos droits pour lesquels les auteurs touchent des montants absolument dérisoires ?
    Faut-il rappeler que sans scénario rien ne se fait après !
    Le scénario est la matière première du film. Je ne connais pas beaucoup d’industries qui se soucient aussi peu de ce qui les fait vivre.

  • marmotte64
    marmotte64
    Super héros
    • Posté à 15h50 le 11/04/2008
    • Internaute 35594
      Super héros

    On a des exemples de ces « films du milieu » ?

    • vaudieu
      vaudieu répond à marmotte64
      cineaste
      • Posté à 16h43 le 11/04/2008
      • Internaute 32377
        cineaste

      La majorité des films de Doillon, Techiné, Garrel, Godard, Chabrol, Desplechin, Ferran, Beauvois, Kahn, Rivette, Rohmer, Benoit Jacquot, Kechiche, Lovsky, Bruni Tedeschi, Podalydes, Gianolli, Richet, vous en voulez d’autres ?

      • marmotte64
        marmotte64 répond à vaudieu
        Super héros
        • Posté à 17h16 le 11/04/2008
        • Internaute 35594
          Super héros

        Bon ben moi j’aime les films du milieu alors. (presque tous)

  • siegfried
    • Posté à 16h28 le 11/04/2008
    • Internaute 28908

    Bonjour,

    Le problème ici n’est pas de savoir de prévoir la fréquentation d’un film non encore réalisé, mais de permettre aux réalisateurs de boucler leur budget et surtout, de ne pas allouer l’argent dispo aux seules productions « grand public » , qui du coup bénéficient d’un gros budget pub - jusqu’à l’overdose d’affiches promo -

    le problème est que certains voudraient que le cinéma ne soit qu’une industrie.
    et pas un art.

    certains films n’ont pas trouvé leur public car aucune visibilité médiatique.
    ( certains diront « parce qu’ils sont nuls » - merci de plutôt dire « parce que je n’aime pas » ; -) )

    j’espère que le cinéma français ne deviendra pas une grosse machine dont les scénars sont liés aux idées marketing et goûts des producteurs, une usine à produire des films standardisés

    il me semble que les 13 s’activent pour ça : que le cinéma reste un art qui nous raconte des histoires, toutes sortes d’histoire, et que les projets ne soient pas écartés des financements juste parce qu’il ne feront pas 30 millions d’entrées ou je ne sais combien

    • marmotte64
      marmotte64 répond à siegfried
      Super héros
      • Posté à 16h49 le 11/04/2008
      • Internaute 35594
        Super héros

      A mon sens, le cinéma c’est un peu particulier. Ce n’est pas forcément un art. Ca peut l’être comme ça peut ne pas l’être.

      C’est délicat d’ailleurs de dire ce qui est de l’art. Une analogie avec la musique peut être heureuse. En musique il y a la musique classique et beaucoup de jazz qui sont reconnus comme de l’art « indiscutable » (tout est discutable), ensuite à l’opposé il y a la chansonnette qui peut être plaisante mais dont on sait que même si on aime beaucoup, objectivement, ce n’est pas de l’art. Entre les deux, il y a la quantité de ce qui attend d’être validé par le temps. Jimmy hendrix c’est de l’art ? le doors c’est de l’art ? coltrane c’est de l’art (OUI ! ! !).

      Tout ça pour dire que si l’art est partout, tout n’est pas de l’art.

      • vaudieu
        vaudieu répond à marmotte64
        cineaste
        • Posté à 17h47 le 11/04/2008
        • Internaute 32377
          cineaste

        Malraux disait que le cinema est un art et une industrie, mais en ce moment, c’est plus 50, 50, l’industrie bouffe l’art d’une façon inédite !

      • zénon denon 84
        zénon denon 84 répond à marmotte64
        Bonne
        • Posté à 19h32 le 11/04/2008
        • Internaute 30028
          Bonne

        Vous me rassurez ,si l’art est partout,
        Mes amis on est sauvé !
        Sauvez de quoi au juste ?

  • Victor Kaplan
    Victor Kaplan
    enseignant
    • Posté à 16h38 le 11/04/2008
    • Expert 4445
      enseignant

    Je n’ai pas lu le rapport mais juste une remarque pour être désagréable :
    Toute l’organisation du cinéma français (CNC, billeterie, visa d’exploitation, autorisations de tournage, aides diverses, cartes professionnelles, etc...) est directement issu de Vichy. Le CNC est le fils du COIC (Comité d’organisation de l’industrie du Cinéma) imaginé par l’Etat Français.
    Quel cinéaste s’en est inquiété ? Aucun.

    • marmotte64
      marmotte64 répond à Victor Kaplan
      Super héros
      • Posté à 16h42 le 11/04/2008
      • Internaute 35594
        Super héros

      ...
      Je dis pas que c’est pas intéressant comme remarque.
      ...
      N’empêche quand même que ça n’a aucun rapport.
       ; -)

    • vaudieu
      vaudieu répond à Victor Kaplan
      cineaste
      • Posté à 16h48 le 11/04/2008
      • Internaute 32377
        cineaste

      La fête des mères aussi et alors, Quelle mère s’en est inquiété ? Aucune.

    • C. Creseveur
      C. Creseveur répond à Victor Kaplan
      D'actualité, de dessin surtout
      • Posté à 18h12 le 11/04/2008
      • Internaute 7715
        D'actualité, de dessin surtout

      Ce que vous dites n’est pas exact.
      Les premières mesures interventionnistes sont intervenues alors que depuis les années 20 (en réalité 1907 où on parlait déjà de crise du cinéma en France !) la profession se montrait incapable de s’organiser, en particulier sur ce qui concernait la visibilité du financement (la billeterie était un vrai maquis, et il était impossible de connaître exactement les recettes d’un film).
      La création du CNC est inspirée d’un rapport de 1932 de M. Malvi, alors président de la commission des finances de l’Assemblée Nationale.
      Il a été suivi par deux autres rapports de MM PETSCHE et CARMOY concernant toujours les moyens d’améliorer le financement des films français, par le contrôle de la billeterie ainsi que la création du Registre Public de la Cinématographie qui devait permettre la publicité des actes (afin de connaître l’ordre des créanciers).
      Albert Lebrun n’aura pas le temps de les mettre en application. Goebbels et la Continental vont s’accaparer intégralement le circuit de production, considéré comme un outil de propagande. C’est de là que vient le COIC (dirigé entre autre par PLOQUIN et PAGNOL).
      Sur les cendres du COIC naîtra en 44 le Comité de Libération du Cinéma Français, dont l’ensemble des missions correspond bien davantage au CNC qui lui succèdera.

      • Victor Kaplan
        Victor Kaplan répond à C. Creseveur
        enseignant
        • Posté à 08h13 le 12/04/2008
        • Expert 4445
          enseignant

        Merci de ces précisions qui montrent bien la continuité d’un système fondamentalement corporatiste. Sait-on qu’en France, il faut une carte professionnelle pour tourner un film et, même avec une dérogation, il faut des techniciens qui aient la leur ? Demande-t-on à un écrivain sa carte professionnelle avant qu’il ne s’attelle à un roman ?

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 13h57 le 12/04/2008
          • Internaute 29846
            menuisier

          C’est faux.

          Il faut un certain nombre de professionels encartés pour pouvoir bénéficier d’un soutien. Ces cartes sont relativement aisées à obtenir au bout de quelques films reconnus CNC.
          C’est une sécurité de manière à ce que des escrocs ne montent pas des projets bidons et partent avec la caisse.

          On a parfaitement le droit de faire un film sans pro encartés. Heureusement sinon l’espèce aurait tôt fait de disparraître. Déjà que..

        • C. Creseveur
          C. Creseveur répond à Victor Kaplan
          D'actualité, de dessin surtout
          • Posté à 14h41 le 12/04/2008
          • Internaute 7715
            D'actualité, de dessin surtout

          Oui il faut une carte. Il en faut même trois par film, pour que celui-ci soit agrémenté. Ca n’a rien d’épouvantable et c’est une façon de protéger les techniciens français.
          Je ne vois pas pourquoi cela vous irrite tant ?
          Vous devez j’imagine penser que la carte à quelque chose à voir avec le fichage des juifs sous Vichy ?
          Sachez tout de même que le système est facilement et régulièrement contourner (c’est un peu comme les entraîneurs au foot en ligue 1 qui sont sensés avoir leur diplôme, ce qui est rarement le cas !).

        • moulinette
          moulinette répond à Victor Kaplan
          Peintrice Illustrateuse
          • Posté à 09h41 le 14/04/2008
          • Internaute 12255
            Peintrice Illustrateuse

          C’est un problème, justement !

          Et j’en parle en connaissance de cause.
          Dans le métier que je pratique ; l’illustration, mais aussi le dessin et la peinture, c’est le grand règne du n’importe quoi, du « tout vaut tout », ce qui signifie, à la longue, une grande perte de savoir.
          N’importe qui avec un crayon est « un Artiste » !
          N’importe qui avec un appareil photo est un « Photographe » !
          N’importe qui avec un pinceau et un camion de peinture est « un Plasticien » !

          Tout retraité des impôts ou de la Poste est un artiste potentiel, tout ado avec un PC est un graphiste en puissance !

          Peut-être que nous devrions demander aux écrivains d’avoir une carte professionnelle, il y aurait, c’est vrai, moins de boulot pour les nègres et peut-être de meilleurs bouquins.

          Vous feriez-vous soigner par un médecin sans diplôme ? Vous feriez-vous défendre par un avocat sans qualification ou juger par un magistrat à la petite semaine ?

          Pensez-vous qu’un type qui n’en sait pas autant que vous, qui n’a pas votre parcours ni vos diplômes peut être votre concurrent dans votre job !

          Et bien, figurez-vous, cher Victor, que « réalisateur », c’est un METIER !

        3 autres commentaires
    • moulinette
      moulinette répond à Victor Kaplan
      Peintrice Illustrateuse
      • Posté à 09h13 le 12/04/2008
      • Internaute 12255
        Peintrice Illustrateuse

      Et alors ?

      C’est, malgré tout, un mécanisme irremplaçable et efficace, très très énervant pour les héros « néocons » « ultralibs ».

  • deflag
    • Posté à 19h40 le 11/04/2008
    • Internaute 38778

    les français sont peut etre comme moi , j’évite aujourd’hui les fims français prise de tete et masturbation intellectuelle à grand message et ...hyper ennuyeux ! sauf 1 ou 2 .

  • Terence
    • Posté à 23h50 le 11/04/2008
    • Internaute 15208

    Un certain nombre des propositions formulées sont des demandes anciennes du Syndicat National des techniciens de la Production Cinématographique et de Télévision

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  • La Grenouille
    • Posté à 03h14 le 12/04/2008
    • Internaute 30444

    Albanel est une incompétente, il suffit de voir le projet de loi HADOPI alors même que le parlement européen annonce comme contraire aux DDH la suppression de l’abo internet.
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    Après sa méprise des p2pistes (pirates) qui st des acheteurs également, sa réaction dans le dossier « cinéma » ne me surprend pas.

    Virons-là !

  • james93
    • Posté à 09h46 le 12/04/2008
    • Internaute 38868

    Et voilà ! Thierry Frémaux l’admet finalement ! Il admet enfin que les films sélectionnés à Cannes (à 80%) sont le resultat de lobbying et obligations de prendre des films financés avec du fric français ! VOICI POURQUOI LA GRANDE MAJORITÉ DES FILMS À CANNES NE SONT TOUT SIMPLEMENT PAS BONS (je parle surtout de la sélection officielle). Un univers très pervers où les français se protègent une fois de plus. Heureusement qu’il y a toujours des festivals de qualité ailleurs dans le monde qui restent libres de leurs choix ! ! !

  • zepheniah
    • Posté à 10h28 le 16/04/2008
    • Internaute 39174

    FINI LE CINEMA FRANÇAIS

    Le cinéma français semble ne plus pouvoir se dire et se discuter autrement que dans un registre pragmatique, mercantile et à l’aide de « catégories financières ».
    On déplore « la faille » existante entre les films à gros budget et les autres, ceux d’un autre type dits « du milieu », on déclare vouloir colmater, en finir avec cette tendance à la bipolarisation de la production ou encore, impulser une « réforme » ?

    Confortant l’aspect économique du problème, un rapport spécifique a été rédigé par un groupe d’Hommes autoproclamé « le club des 13 » et insatisfaits, pour administrer autrement certains pans de l’industrie cinématographique.

    Que signifie cette retraduction, en des « catégories gestionnaires », intéressées aux gains, de la question du cinéma français ?
    Cette réduction à des éléments comptables mérite précisément d’être interrogée, car elle constitue une manière de penser le problème qui se répercute sur la définition même de ce rapport et des propositions subséquentes.

    Désormais, il convient de laisser derrière soi ces insignifiantes et ministres compétitions de sous-produits ainsi que les réjouissances de leur médiocrité entre grossistes, petits commerçants naïfs, bref entre tièdes boutiquiers imbéciles, totalement aliénés, soumis à l’économie et conditionnés à la faiblarde pensée et l’amollissement généralisé.
    Par ce rapport, cette imitation de conflit, cette lutte altérée, sensationnelle, des figures concurrentes (venant du même périmètre, de la même aire viciée) de l’industrie cinématographique, des hommes insatisfaits érigent fièrement leur colère en même temps qu’ils concèdent et définissent par leur raisonnement contrefait, par la débilité de leur réaction, leur propre participation au pouvoir économique.
    Le système se mettant en ce moment à resserrer l’investissement ces suiveurs auraient-ils la politesse de se taire ? Ils ont la misère de donner leur opinion. Comment leur impuissance, leurs têtes inclinées, se trouveraient elles en meilleure posture ?
    Ces éconduits de l’économie s’imaginent ils donc pouvoir parler en faisant oublier d’où ils parlent, eux les préposés aux comptes du système et leurs ambitieux espoirs d’opérer une retenue sur les marges arrières des dealeurs de pop corn ?
    Ces compromis, ces rapporteurs a la pensée obscurcie, ont-ils pu se croire homologués pour donner leur position et apprécier tranquillement le mal comme si, sinon la destruction du moins l’appréhension de ce système était question d’opinion ?

    Il y a des gens qui saisissent et d’autres qui ne saisissent pas qu’il ne s’agit pas de la scène et des salons feutrés du cinéma, qu’il ne s’agit pas d’un simple désaccord sur des conceptions managériales différentes de l’industrie cinématographique, qu’il ne s’agit pas non plus « du milieu » mais en vérité certes de « faille » mais consubstantielle à la figure générale de la division des classes, organe de la domination s’exhibant sans inquiétude à la ville.