Chômage : je suis ce salarié qui arrivait au travail en souriant
Je suis un salarié d’une mutuelle d’assurances, Aréas, et dans un futur très proche, licencié collectif comme 118 collègues, rallongeant la liste des victimes des plans de sauvegarde de l’emploi. Je pourrais être aussi bien un salarié de SeaFrance, Petroplus, Cofinoga, qu’un futur chômeur, rentrant dans l’anonymat des chiffres, dans la standardisation des procédures des entreprises, des reclassements, demeurant au bout du compte un numéro.
Je suis, nous sommes, ils sont… Je ne sais plus quel pronom utiliser pour me définir puisque mon cas ressemble à tellement d’autres. Je suis ce salarié qui arrivait au travail en souriant, croyant aux valeurs de mon entreprise, qui plus est aux valeurs mutualistes de solidarité, participant à mon humble niveau au renforcement de son assise, croyant en l’un de nos slogans :
« Prévoir, c’est protéger ce qui est fragile. »
Un salarié fier, qui pouvait se projeter en l’avenir aussi bien sur le plan professionnel que familial. Partageant mon enthousiasme au sein de ma famille, de mes amis, éduquant mes enfants dans la valeur et le respect du travail, partageant la culture d’entreprise. J’étais cet homme digne qui croyait…
Un futur numéro de dossier à Pôle emploi
Mais que suis-je réellement ? Un coût pour mon entreprise ? Serai-je seulement noyé en comptabilité dans les frais généraux, tout comme mes 118 collègues ? Un futur numéro de dossier auprès de mon conseiller Pôle emploi, croulant sous le nombre croissant de chômeurs ? Que vais-je dire à mes enfants, à mes amis ?
« Je suis licencié pour permettre à mon entreprise, une mutuelle d’assurance, de se développer et d’augmenter sa marge bénéficiaire. »
Je suis avant tout un homme dont la confiance est ébranlée et non un simple chiffre, matricule ou dossier… Nous sommes des hommes des femmes dont la valeur humaine a plus de sens que des notions économiques ou comptables.
Nous sommes des hommes des femmes qui veulent croire en l’avenir de notre société plus solidaire et non à cet anonymat qui ressemble de plus en plus à ce tri sélectif de nos déchets.
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Précaire
Précaire
Tant que l’on dira du travail qu’il permet de « gagner sa vie » on en restera dépendant car dans nos démocratures néolibérales c’est le seul moyen d’avoir de l’argent.
Sans travail il y a de quoi s’occuper.
Coopération, aide aux assoc, jardinage, troc, sel,
Et si vous avez trop faim la loi autorise le vol de nourriture :
En France, l’état de nécessité, prévu par l’article 122-7 du code pénal est « la situation dans laquelle se trouve une personne qui, pour sauvegarder un intérêt supérieur, n’a d’autre ressource que d’accomplir un acte défendu par la loi pénale »
ET beaucoup de courage pour affronter la bureaucratie insupportable de PE




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