Revue de commentaires 10/04/2008 à 12h50

Un syndicat est-il comme un parti politique ?

David Servenay | Ex-Rue89

Cette nuit, patronat et syndicats ont adopté une « position commune » sur la façon de faire évoluer les règles de représentativité syndicale inchangées depuis 1966, qui faisaient débat la semaine dernière sur Rue89. Synthèse de vos avis.

Le débat de Rue89 avait soulevé de nombreuses questions : à quoi servent les confédérations ? Comment évaluer leur action ? Quelles sont les effets pervers du système actuel ? Pourquoi les syndicats semblent coupés du monde du travail ? Comment les rendre plus représentatifs ? Patronat et syndicats ont en partie répondu à l’une de ces interrogations dans la nuit du 9 au 10 avril : désormais, pour qu’un syndicat soit représentatif, il faudra qu’il rassemble au moins 10% des salariés aux élections professionnelles dans les entreprises. Dans les branches et au plan national, d’ici cinq ans, les accords sociaux devront être signés par des syndicats représentant au moins 30% des salariés (8% en attendant). Ce qui ne règle pas tout…

« Depuis toujours, chacune de ces machines tire la couverture à soi ! “

Deux impressions se dégagent des riverains qui ont expérimenté le système syndical français. D’abord une certaine lassitude, face à un fonctionnement jugé archaïque, comme le dit Putt Bill :

‘S’agissant des orgas syndicales… Depuis toujours, chacune de ces machines tire la couverture à soi ! La célèbre maxime diviser pour régner’ a toujours fonctionné à merveille dans un modèle social qui prône l’individualisme plutôt que le collectivisme, on feindra donc toujours aussi hypocritement de pas voir ‘les voir choses s’améliorer’ ! (…) De mon point de vue, les quelques irréductibles peuplant encore le petit village syndicaliste n’en ont plus pour très longtemps… S’ils font encore partie du paysage social, c’est parce que justement ils sont financés par le puissant empereur romain ! ‘

Deuxième temps de l’analyse : cet archaïsme vient directement des intéressés. Les syndicats auraient ainsi déserté leur rôle de contestation. C’est en tout cas l’avis de François Doutriaux :

Comme nombre de contre-pouvoirs institutionnels, les syndicats sont sans doute devenus beaucoup trop tièdes et souvent clientélistes (la surreprésentation de la défense des ouvriers (3% des salariés) et la sous-représentation de celle des contrats précaires (CDD, travail temporaire…) ne reflètent pas les évolutions actuelles du monde du travail). La CFDT, premier syndicat de France, me paraît être davantage devenue un partenaire de l’Etat qu’un protecteur du salarié (75% des accords IP/branche signés, à comparer avec 33% pour la CGT, ce n’est plus une organisation syndicale, c’est un stylo à plume…). De même pour FO (73%).’

Autre versant de la critique : une sorte de fonctionnarisation des syndicats. Prisonniers de la logique d’appareil, selon Sigmundfrit, les confédérations ne jouent plus leur rôle de défenseur des salariés :

‘Les permanents sont l’équivalent pour le monde syndical des cumulards pour la politique. Ce sont avant tout des gens qui font carrière’ et du compromis à la compromission, le pas est vite franchi. Personnellement, je serai pour des permanents ne pouvant pas dépasser cinq ans dans leur fonction pour qu’ils soient obligés ensuite de reprendre le travail. Ceci afin qu’ils soient au fait de ce qui ce passe dans la ’vraie vie’.”

Même constat pour Jausep qui, à la critique sociale, ajoute la dimension politique. Les syndicats sont ici soupçonnés d’avoir joué sur le même registre que celui des stratégies des partis politiques :

“Dommage que :
  • les organisations syndicales aient trop traîné derrière elles des étiquettes politiques. Elles n’ont pas su se détacher suffisamment des partis. Même si l’on comprend qu’il se cache derrière des actes syndicaux des actions à caractère éminemment politiques.
  • les différentes origines aient créé des luttes intestines, des divergences d’actions et des désaccords en terme de résolution des problèmes.
  • les syndicats aient laissé trop de place à divers corporatismes.

Avec 8% de syndiqués, la France est un des pays les moins syndicalisés : Suède (91%), Danemark (88%), Finlande (79%), Norvège (71%), Irlande (43%), Canada (33%), Pays-Bas (30%), Royaume-Uni (29), Allemagne (26%), Australie (25%), Japon (21%), Etats-Unis (13%) ! (données en % du nombre de salariés rémunérés, en 2000).”

Peut-on comparer un syndicat à un parti politique ?

Pour sortir de l’ornière de la représentation syndicale (limitée aux cinq grandes confédérations nationales), l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes) propose de prendre pour référence les élections prud’hommales, arguant de la légitimité de ce scrutin. Une proposition qui divise fortement les riverains. Commençons par Terence :

“Ce point de vue n’a aucun sens, ou plutôt il prend le sens que les salariés seront démunis, ils ne seront plus organisés dans leur organisation qui leur appartient, mais ils ‘éliront’ des électrons libres qui les défendront plus ou moins selon qu’ils seront ‘réformistes’ (le patron est gentil, je prends ce qu’il veut bien me donner) ou ‘contestataires’ (le patron est moins gentil, je tape sur la table un peu plus fort que les autres, mais comme je n’ai pas de membres, les employeurs savent que de toute façon, c’est pour la forme).”

Pour d’autres, au contraire, il faut rendre obligatoires les cotisations, de façon à renverser la tendance française d’une sous-syndicalisation chronique. Pene-r a son idée sur la question :

“L’idée de la syndicalisation ‘obligatoire’ (avec un taux de cotisation régulé et contrôlé) me plaît assez, si elle est correctement organisée. Je pense à un ou deux ans de ‘campagne’ c’est-à-dire d’incitation à la création de syndicats, de communication sur le thème ‘se syndicaliser c’est bien et cela va être obligatoire, intéressez-vous à l’offre syndicale’. Après une vraie discussion, avec tous les syndicats qui auront émergé, sur l’organisation du droit syndical et de la représentativité.”

Un point de vue que François Doutriaux trouve bien étrange, car ne répondant pas à l’impératif existentiel des organisations syndicales :

“Je trouve étrange votre parallèle en représentation politique et représentation syndicale : dans les systèmes nordiques, la syndicalisation est indirectement obligatoire, ce qui n’induit pas de renforcer leur poids politique (puisqu’elle est obligatoire, cette adhésion est avant tout fonctionnelle) mais surtout de leur donner un poids considérable pour peser sur les modifications de la législation sociale.”

Chlore aussi s’oppose à cette idée d’une légitimité syndicale par l’élection :

“Il est évident que l’action syndicale a un effet sur la politique, il ne saurait en être autrement puisque qu’il y a un droit du travail qui est élaboré et voté par les politiques. Mais l’action syndicale se doit de rester dans la défense des salariés, pas dans le contre-pouvoir politique, l’idéologie politique. Ce ne sont peut être que des mots mais pour moi ils ont leur importance sinon autant élire des représentant PS ou UMP au sein des entreprises.”

Enfin, Caius estime que la seule façon de sortir de la crise de légitimité traversée par les syndicats, est de transformer en profondeur leur relation à l’entreprise. Sans surprise, l’expert en management prône une évolution… européenne :

“Comment faire pour que la représentativité syndicale dépasse les quelques pourcents actuels ? Je ne vois qu’un moyen, qui serait que les syndicats puissent devenir de véritables acteurs de co-gestion des entreprises. Ce à quoi la plupart des syndicats, hélas, se refusent (‘nous ne voulons pas nous rendre complices du patronat’), tout comme bien sûr le patronat (‘hors de question de partager notre pouvoir de gestion’). Situation bien française ? Mais il faudra bien la changer, même si c’est par une politique des petits pas. Car tant que les salariés n’auront pas acquis la conviction que les syndicats peuvent influer de manière efficace sur la gestion des entreprises, ils ne seront guère enclins à adhérer.”

Représentativité : les syndicats débattent sur Rue89

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  • zoblugubre
    • Posté à 13h14 le 10/04/2008
    • Internaute 4511

    C’est vraiment ce qu’il y a de meilleur sur rue89 : les commentaires.

    • Jean-Baptiste
      Jean-Baptiste répond à zoblugubre
      Projets entre marketing, (...)
      • Posté à 17h30 le 10/04/2008
      • Internaute 646
        Projets entre marketing, (...)

      Oui ; Dommage qu’il n’y est pas plus d’outils pour les suivre et interargir entre commentateurs.

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à Jean-Baptiste
        journaleux - blogueur
        • Posté à 18h08 le 10/04/2008
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        Si les syndicats n’étaient pas ce qu’ils sont, il n’y aurait pas ceci :
        Lien
        ni cela :
        Lien
        ce qui éviterait peut-être certaines dérives. celle-ci :
        Lien
        en fait peut être partie !

        Fabien
        Lien

         
        • patdu49
          patdu49 répond à FabiendeMénilmontant
          chomiste du maine et loire
          • Posté à 05h55 le 11/04/2008
          • Internaute 34595
            chomiste du maine et loire

          bravo fabien pour ton engagement et militantisme etc et ton blog

          patrick

        1 autres commentaires
      • David Servenay
        David Servenay répond à Jean-Baptiste
        Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
        • Posté à 22h56 le 10/04/2008
        • Internaute 8946
          Ex-Rue89

        @ Jean-Baptiste

        Encore un peu de patience, ce genre d’outils va arriver dans les prochaines semaines, avec les nouvelles pages de membres. Patience...

  • JeanBavedeRage
    JeanBavedeRage
    Acharniste Défroqué
    • Posté à 14h17 le 10/04/2008
    • Internaute 37536
      Acharniste Défroqué

    dire que le syndicalisme français vient de là :
    la charte d’Amiens 1906

    Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe, qui oppose sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière. Le Congrès précise, par les points suivants, cette affirmation théorique : dans l’oeuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’oeuvre du syndicalisme ; il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupe de production et de répartition, base de réorganisation sociale. Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait, à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat. Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l’entière liberté pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors. En ce qui concerne les organisations, le Congrès déclare qu’afin que le syndicalisme atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale « .

    • eric_strasbourg
      • Posté à 23h01 le 10/04/2008
      • Internaute 11479

      rappel nécessaire, en effet.
      sinon, d’où l’auteur de l’article tient-il ses chiffres ? en particulier les ouvriers = 3% des salariés....

  • manu13
    • Posté à 14h20 le 10/04/2008
    • Internaute 37915

    Avant de répondre à la question, posons-en une autre : le droit du travail, la question des salaires...tout cela est-il politique ? Et les droits de l’homme, est-ce de la « politique » ? Les autorités chinoises ont l’air de penser le contraire.

    Lien

  • Gosseyn
    • Posté à 14h22 le 10/04/2008
    • Internaute 1943

    Et toujours pas un mot sur l’urgente réforme de la représentativité des organisations patronales !
    Le syndicalisme français est certes un sujet intéressant, mais le scandale touche bien le patronat (caisse noire de l’UIMM, mise en examen des 2 derniers dirigeants - plus de 20 ans à la tête de leur organisation, non ?), sans parler des faits publiés par Rue89 et occultés par l’ensemble des médias (médecine du travail, caisse de congés du batiment) ou des soupçons de corruption de députés.
    Qui refuse la transparence, la démocratie au sein de ses instances, les discussions sur la pénibilité, surla juste rémunération du travail ? Qui pousse à la privatisation des assurances chomage, santé et retraite (malgré les échecs des modèles américains et anglais du point de vue de la santé public, mais grande réussite dupoint de vue des finances des assureurs privés) ?

  • snipoza
    snipoza
    décroissant sang d'Angers (...)
    • Posté à 14h25 le 10/04/2008
    • Internaute 33474
      décroissant sang d'Angers (...)

    « une position commune »
    cela rappelle le mot de Jean-Marc Sylvestre sur france-inter le jour où le blanchisseur de l’UIMM était invité : il a utilisé plusieurs fois le mot « lubrification » des relations entre « partenaires sociaux » au lieu de « fluidification » pour justifier le braquage en règle des fonds sociaux et l’arrosage des « consentants ». Soyons rassurés, on ne change pas une équipe qui gagne : la position du commissionnaire est structurante malgré le manque d’imagination de nos fonctionnaires assis puis courbés.

  • sigmundfrit
    • Posté à 14h27 le 10/04/2008
    • Internaute 29597

    Quelques remarques la désyndicalisation.
    A ma connaissance, sauf dans les dictatures (syndicat corporatiste ou d’état), dans aucun pays l’adhésion a un syndicat n’est obligatoire, et je ne vois pas au non de quoi dans un pays démocratique on pourrait imposer cette adhésion.
    Si dans les pays à culture social-démocrate le taux de syndicalisme est élevé, c’est que les accords ne s’appliquent qu’aux adhérents. C’est évident que l’attitude (je suis syndiqué) qui consiste à envoyer les syndiqués au casse-pipe pour empocher le bénéfice des accords sans avoir débourser un centime de retenue pour grève incite « au crime ». Pourquoi s’enquiquiner à prendre une carte si on profite de tout. En 2003 (grève sur les retraites) j’ai des collègues qui m’ont tenu cyniquement ces propos.
    Un autre problème consiste dans le misérabilisme quasi chrétien dans lequel les syndicats puisent leur vision de la grève : si on fait grève c’est qu’on doit souffrir, on doit perdre de l’argent. Et si on reçoit un soutien c’est qu’il doit être issus de la solidarité (d’une quête !).
    Avec ce type de raisonnement, si on s’est bien battu, alors là on aura peut-être nos jours de grève payés, sinon on est coupable quelque part. (en 2003 on a perdu le combat et en plus on a perdu nos jours de grève...).
    Ce raisonnement était peut-être vrai en 1936, parce que les salariés n’avaient pas grand chose à perdre, mais en 2008, où la plupart des salariés ont des emprunts à rembourser, un niveau de vie à soutenir, des gamins exigeants, on ne peut plus tenir ce raisonnement sauf à être un professionnel de la « lutte » qui met de l’argent de côté pour les luttes futures, ou un permanent (ils n’ont pas tous leurs jours de grèves défalqués...).
    Il faudrait donc des syndicats forts, ayant de l’argent qui puissent payer les jours de grève à leurs adhérents, de la même façon que l’UIMM soutenait récemment Peugeot contre les grévistes.
    Dans une négociation, pouvoir dire aux patrons, mes adhérents peuvent tenir deux mois, et vous ? cela permet de discuter dans un contexte favorable. Autrement, on en voit aujourd’hui les résultats.
    Je serai donc favorable à ce que les accords syndicaux ne soient appliqués qu’aus adhérents à jour de leur cotisation.
    On rigolerait bien.
    J’ai encore plein de choses à dire sur la représentativité... pour une autre fois.

    • JeanBavedeRage
      JeanBavedeRage répond à sigmundfrit
      Acharniste Défroqué
      • Posté à 14h47 le 10/04/2008
      • Internaute 37536
        Acharniste Défroqué

      Mouais, l’idée d’un accord qui ne s’appliquerait qu’aux adhérents me pose problème, même si les poujadistes jaunes m’insupportent. Si je me bats c’est pour le bien collectif, qui est aussi le mien d’ailleurs.

    • Les Chats
      Les Chats répond à sigmundfrit
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 14h57 le 10/04/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      « A ma connaissance, sauf dans les dictatures (syndicat corporatiste ou d’état), dans aucun pays l’adhésion a un syndicat n’est obligatoire... »

      Ah bon ? ? Depuis quand la Suède est une dictature ?
      Jamais contents les français, voilà pourquoi on fait au mieux du surplace. Bien sûr que la meilleure des solutions est l’adhésion obligatoire à un syndicat de votre choix.

      Les dictatures n’ont qu’un syndicat... nuance.

      • Chlore
        Chlore répond à Les Chats
        Plurium interrogationum
        • Posté à 16h36 le 10/04/2008
        • Internaute 21035
          Plurium interrogationum

        Le problème d’une adhésion obligatoire à un syndicat c’est qu’on lui donne un blanc-seing puisqu’ils sont en général plus réactif que proactif.
        Déjà que voter pour un président, un député ou un maire c’est loin d’être gagné : respect du programme qui lui a servi à être élu alors pour un syndicat qui peut difficilement présenter un programme autre que flou puisque qu’il sait rarement ce contre quoi il va se battre précisément...
        C’est comme si on votait pour le maire pour décider de la conduite de la France ou inversement voter pour le président qui va décider s’il faut un stade dans ma commune. C’est ce qu’il se passe actuellement ; le rapport de force syndical au niveau national est décidé en fonction des résultats locaux et ceci explique peut-être le faible taux de représentativité des syndicats. Les enjeux au sein d’une entreprise ne sont pas les mêmes qu’au niveau national (qui se rapproche plus de la politique)
        Donc on s’encarte à quel niveau ?

         
        • Kainto
          Kainto répond à Chlore
          Webmestre du blog de Kainto
          • Posté à 16h28 le 13/04/2008
          • Internaute 38967
            Webmestre du blog de Kainto

          Bonjour,
          L’argument tient la route dans le cadre actuel. L’adhésion obligatoire donnera forcement des effets induits dont la remise en cause du fonctionnement traditionnel :

          1°) Parce que tout le monde étant adhérent, la question du risque de persécution par le patronat est amoindrie.

          2°) Parce que tout le monde s’acquittant d’une cotisation, le nombre de personnes soucieuses de savoir à quoi sert cet argent augmentera

          3°) La représentation étant modifiée, la relation avec les partis politiques sera aussi modifiée.

          4°) Pour répondre à la question on s’encarte à quel niveau, cette généralisation d’adhésion oblige les syndicats à avoir une cohérence plus forte entre local et national, donc cette adhésion se détachera d’un objectif local pour retrouver un objectif plus collectif et national

          C’est aussi une des questions cruciales que doivent résoudre les défenseurs de la social-démocratie à moins de rester dans de la réthorique pure.

          Lien

        1 autres commentaires
    • kestiontoi
      kestiontoi répond à sigmundfrit
      travailleur forcé
      • Posté à 20h53 le 10/04/2008
      • Internaute 30798
        travailleur forcé

      « Je serai donc favorable à ce que les accords syndicaux ne soient appliqués qu’aus adhérents à jour de leur cotisation. » (Sigmunfrit)
      Pourquoi pas tant qu’on y est aux syndiqués dont le syndicat a signé les accords ?
      Pourquoi y-a-til autant de syndicats alors que les révendications ne sont guère différentes ?
      Pourquoi en 2003, le mouvement contre la retraite a échoué ?
      Quel a-été le rôle de l’intersyndical ?
      Pourquoi les régimes spéciaux n’ont-ils pas rejoint le mouvement ?

    • La awat
      La awat répond à sigmundfrit
      • Posté à 11h08 le 11/04/2008
      • Internaute 11263

      Très explicite et si juste !
      Les gens ne veulent pas se syndiquer parce qu’il faut payer ! Et ce n’est pas les plus pauvres qui disent cela.
      Ils ralent en disant que les syndicats ne font rien.
      Je leur demande « mais que faites vous pour les autres » ? Ah ! nous rien, c’est pas à nous de le faire...
      La plupart ne font pas grève parce que c’est mal vu par les chefs ! Ils espèrent avoir une promotion ou des primes en retour pour leur collaboration avec la direction.
      Il y a ceux qui ont peur de leur hiérarchie (j’en ai vu beaucoup terrorisés et mis sous pression).
      Je pense que si il y avait beucoup plus de personnes syndiquées, cela remettrait les pendules à l’heure. En effet, il y a des abus, des syndicalistes qui sont là uniquement pour gérer leur carrière, qui conserve le pourvoir de donne des miettes aux gens crédules qui continuent à voter pour eux...
      J’ai dénoncé cette attitude à plusieurs reprises, j’ai géné du monde et on me l’a fait payer.
      Aujourd’hui, je ne regrette rien et je peux me regarder dans un miroir sans rougir. La morale de l’histoire est que des personnes de tous horizons ont réagit et pris part à ma cause.
      C’est toujours pareil, diviser pour règner.

      • abhörsen
        abhörsen répond à La awat
        Mais moi je vous aimais
        • Posté à 12h11 le 11/04/2008
        • Internaute 38296
          Mais moi je vous aimais

        Je ne suis pas sûr que cela te console, mais c’est un peu partout pareil.

        Dans ma boite, la première à avoir créé une section syndicale hors de la CFDT pro patronale a subi un harcèlement moral qui l’a détruite, cela plus d’un an qu’elle est en arrêt maladie.

        Mais la direction n’a pas été seule à la harceler : les salariés, habitués à la seule CFDT, s’en sont pris à elle parce qu’elle prenait ses heures de délégation (oui, parce que le travail ne se fait pas tout seul, surtout quand, justement, on est seul), parce qu’elle était un oiseau de mauvais augure, nous prédisant une fusion avec les autres entreprises du groupe, parce qu’elle essayait de préparer cela pour que cela se passe au mieux....

        Aujourd’hui cette fusion est arrivée, tout ce qu’elle avait prédit se passe. L’entreprise est enfin entrée dans l’ère du syndicalisme. Mais les salariés lui ont gardé une mauvaise réputation, et la direction lui a gardé rancune.

        Après ça, on se demande pourquoi les salariés ont peur de s’investir ? entre les pressions de la direction et celles des salariés, difficile de ne pas craquer !

  • abhörsen
    abhörsen
    Mais moi je vous aimais
    • Posté à 14h39 le 10/04/2008
    • Internaute 38296
      Mais moi je vous aimais

    Juste une petite rectification sur les « permanents » : ils n’ont THEORIQUEMENT pas tous leurs jours de grève défalqués.
    En effet, certaines entreprises (dont la mienne....) défalquent qd même les jours de grève de leurs permanents. Encore plus fort, mon entreprise défalque même les jours de repos des permanents ! c’est à dire que pour une grève du lundi au lundi, ils retirent 7 jours et non 5....
    A certains du moins, car en ce qui me concerne je suis obligé d’insister pour qu’on me retire les jours de grève, par simple solidarité avec mes collègues. Zizanie quand tu nous tiens...

    • Seccotine
      Seccotine répond à abhörsen
      • Posté à 14h46 le 10/04/2008
      • Internaute 31263

      Ah s’ils étaient tous comme vous, il y aurait peut-être moins d’écart de compréhension entre les militants de base et leur « haute hiérarchie syndicale ».

    • JeanBavedeRage
      JeanBavedeRage répond à abhörsen
      Acharniste Défroqué
      • Posté à 14h51 le 10/04/2008
      • Internaute 37536
        Acharniste Défroqué

      Je suis dans un syndicat dans lequel il n’existe pas la possibilité d’être permnanent. Les décharges syndicales existent mais elles ne peuvent pas être complètes et il est impossible de faire plus de quelques années de décharge.
      L’problème qui se pose souvent est la relève.

    • La awat
      La awat répond à abhörsen
      • Posté à 11h19 le 11/04/2008
      • Internaute 11263

      Normalement on doit vous retirer le nombre de jours de grève correspondant aux jours où vous deviez travailler. 5 jours de travail = 5 jours retirés de grève et non 7 car les 2 autres jours sont des jours de repos obligatoire (vous faites ce que vous voulez ces jours là !).
      Il ne peut pas y avoir légalement différents régimes de traitement pour les collaborateurs d’une entreprise.
      cf : convention collective ou code du travail.

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 14h41 le 10/04/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    Nous sommes donc les derniers de la classe, mais avec un tel écart, beaucoup moins bien que les Etats-unis.
    Pour un pays qui a fait la révolution et mai 68, c’est bien la peine.

  • Chlore
    Chlore
    Plurium interrogationum
    • Posté à 14h57 le 10/04/2008
    • Internaute 21035
      Plurium interrogationum

    « ...Chlore aussi s’oppose à cette idée d’une légitimité syndicale par l’élection : ... »

    1 - je ne vois pas le rapport de cette phrase avec ce qui suit et qui est bien de moi.

    2 - dans les quelques commentaires que j’ai fait dans le thread c’est plutôt l’inverse que j’ai voulu faire ressortir : les syndicats actuels ne représentent pas la majorité des salariés en raison du système des élections actuel et qui semble plus ou moins reconduit : a savoir la non prise en compte des « francs-tireurs “ qui se présentent au premier tour et qui même quand ils arrivent à être élu ne sont pas jugé apte à signer un accord d’entreprise (ça j’en suis moins sûr mais il me semble bien)
    Donc oui à l’élection mais pas réservée à certain et qui en fin de compte au niveau national ne représentent pas les salariés

  • JeanBavedeRage
    JeanBavedeRage
    Acharniste Défroqué
    • Posté à 15h01 le 10/04/2008
    • Internaute 37536
      Acharniste Défroqué

    humm... un parti politique est une structure existant dans l’unique but de prendre le pouvoir et le garder. Il ne me semble pas que ce soit la réalité syndicale..

    • sigmundfrit
      • Posté à 15h57 le 10/04/2008
      • Internaute 29597

      Tout à fait. Les syndicats représentent collectivement les intérêts individuels et collectifs des salariés dans le conflit d’intérêts qui les opposent aux employeurs, qui peuvent aussi se regrouper en syndicats.
      Ca n’est pas du tout le fait d’un parti politique qui a vocation à représenter l’ensemble de la collectivité, au nom d’une majorité, suite à un vote.
      Je ne vois pas comment un syndicat digne de ce nom peut aspirer à diriger une entreprise.
      Donc le système de la représentation liée à un système électoral est une dangereuse dérive politique.
      A mon avis le seul critère de représentativité demeure celui du nombre d’adhérents. Encore faudrait-il trouver un moyen fiable de le controler.

      • JeanBavedeRage
        JeanBavedeRage répond à sigmundfrit
        Acharniste Défroqué
        • Posté à 16h11 le 10/04/2008
        • Internaute 37536
          Acharniste Défroqué

        Avec des puces RFID peut être... je suis sur que l’unsa serait d’accord...

      • JeanBavedeRage
        JeanBavedeRage répond à sigmundfrit
        Acharniste Défroqué
        • Posté à 16h15 le 10/04/2008
        • Internaute 37536
          Acharniste Défroqué

        lorsque tu fais ta déclaration d’impôt tu peux soustraire tes cotisations syndicales... je pense que certains services administratifs sont au courant au moins du nombre réel de syndiqué-e-s.
        Après pour savoir qui est où... faut demander aux condés républicain. Juste un croisement de fichier quoi, heuuuuu une simplification administrative.

  • Lacidon
    Lacidon
    Avec vue sur le vieux port...
    • Posté à 16h08 le 10/04/2008
    • Internaute 38530
      Avec vue sur le vieux port...

    Concernant le sujet des syndicats de salariés, pour répondre à la question « sont-ils des partis politiques ? » il suffit de lire la charte d’Amiens, rédigé en 1906 et établissant les règles de fonctionnement des syndicats en France... La réponse est non, les syndicats ne sont pas comme des partis politiques.

    Quand à la question de la représentativité ,soulevée dans les réaction, je pense qu’elle révèle surtout un problème d’adaptation des syndicats aux nouvelles donnes du marché du travail depuis une bonne vingtaine d’année et d’une défiance de nombres de salariés.

    Si l’on fait exception de la fonction publique, les syndicats sont très faiblement représenté et présent dans le privé. Si vous écartez les sociétés du CAC 40 et autres sociétés de plus 1000 salariés, le taux de syndicalisation fonds encore comme neige au soleil...pour devenir dérisoire.

    Plusieurs explication à cela à mon sens :

    - les syndicats ont trop longtemps entretenu une vision coorporatiste de leur revendication en voulant préserver le gros de leur troupe, qui sont dans la fonction publique et donc pas soumis aux contraintes d’un environnement économique concurrentiel avec tout ce que cela implique. Les guerres entre fédérations sont parfois très vives au sein d’un syndicat (je e souviens bien de cela à la CFDT entre la fédé des services et celles des fonctionnaires).

    - une culture de contestation parfois trop radicale sans apporter de réel solution dans le dialogue social (qui n’est pas facile avec un patronat jusqu’à il y a peu diriger par les maîtres des forges avec une vision du XIX de son rôle...). Nicole Notat aura eu le mérite de faire faire une vrai révolution dans le milieu syndical, suivie après par la CGT de Thibaud.

    - contrairement à d’autres pays, les syndicats en france ne gère pas directement des fonds de retraites, des assurances santé ou des régimes de prévoyances... Le cas Canadien est à ce propos très riche d’enseignement. Cela explique pourquoi dans ces pays l’adhésion à un syndicat est obligatoire, elle ouvre simplement des droits à la protection sociale... ce n’est pas le cas chez nous...

    - en 1999 je crois, Notat avait organiser au siège de la CFDT un débat sur les enjeux du syndicalisme et les nouveaux leviers possibles pour agir. Lors de ce débat, Notat a évoqué le fait que les syndicats pourrai en France gérer des caisses de retraite(citant encore l’exemple Canadien) et en agissant comme actionnaire pourrai aussi infléchir sur les politiques sociales des entreprises en choisissant d’investir ou non dans telle ou telle entreprise selon un scoring social approprié. C’est ce qui est fait au Canada et dans d’autres pays scandinave.

    - Les enjeux pour les syndicats sont de se mettre en mouvement par rapport à un monde économique en perpétuel évolution (ou changement selon ce que l’on pense...). Le poids croissant des actionnaires ne rencontrent pas de réel contre pouvoir dans l’entreprise. Or, un syndicat est par essence un contre pouvoir.
    Mais dans les règles de fonctionnement actuel des entreprises (je parle là des plus grandes, mais qui ont valeur de symbole en termes d’actions syndicales) les syndicats se retrouve à lutter avec des moyens ne répondant plus aux enjeux. Les syndicats doivent entrer dans le XXI siécle, alors qu’ils sont trop souvent restés dans une logique de revendication datant d’une autre époque et d’un autre monde...

    - Il y a une nécessité à repenser non seulement la représentativité des syndicats (qui sont indispensables dans une économie moderne) afin qu’ils redeviennent de vrai contre pouvoir, avec de vrai moyen d’action, et pas seulement celui de bloquer une usine ou de défiler dans la rue, même si cela reste et restera encore un bon moyen de ce faire entendre et de faire pression sur le pouvoir.

    - il y a aussi une nécessité de renforcer la présence syndicale dans les PME et TPE qui représente presque 2 millions d’entreprises, soit plus de 80% de notre tissus d’entreprises... Les vrais oubliés, sont les salariés de ces entreprises.

    - il y a aussi un vrai besoin de former les élus des entreprises sur les enjeux économiques, sociaux et juridiques. La compétence des CE aujourd’hui ne se limite plus aux seules oeuvres sociales... Les CE jouent un rôle de plus en plus prégant sur les questions sociales et économiques dans l’entreprise. Ce qui amène souvent des élus de terrain à agir parfois en total contradiction avec la ligen de son syndicat au niveau national... le pragmatisme l’emporte le plus souvent et j’en parle en connaissance de cause ayant moi même était consultant dans un cabinet d’audit travaillant dans le cadre des lois Auroux et intervenant à ce titre comme conseil auprès des élus de CE pour analyser et commenter les aspects financiers, sociaux et stratégique des entreprises et leurs impacts sur l’évolution futur des effectifs.

    - Pour revenir au élu, la plupart d’entre eux ne dispose que de 20h par mois pour réaliser des missions qui deviennent de plus en plus complexe et technique, sans avoir toujours les compétences et l’entourage nécessaire pour mener à bien leurs missions. Je l’ai vécu aussi de nombreuses fois, notamment à Romanrantin sur le site de production de la Vel Satis que Lagardère a fermé suite à l’arrêt de production décider par Renault. Je l’ai vécu aussi au GAN, chez AGF, Socapi.. et bien d’autres encores.

    - Il y a un gros travail de réflexion et de positionnement à faire pour remettre les syndicats au centre des entreprises et à côté des salariés. Mai les cultures et les habitudes ne se changent pas du jour au lendemain.

    Cela va peut être faire réagir, je l’espère, en apportant ma modeste contribution.

    • JeanBavedeRage
      JeanBavedeRage répond à Lacidon
      Acharniste Défroqué
      • Posté à 16h35 le 10/04/2008
      • Internaute 37536
        Acharniste Défroqué

      Ah gnâ ?

      « Quand à la question de la représentativité ,soulevée dans les réaction, je pense qu’elle révèle surtout un problème d’adaptation des syndicats aux nouvelles donnes du marché du travail depuis une bonne vingtaine d’année et d’une défiance de nombres de salariés. »

      C’est sur que cela n’a strictement rien a voir avec la répression et la pression des entreprises grandes-moyennes-petites-minuscules sur les personnes qui se syndiquent, sur les représentants syndicaux et représentantes syndicales.

      Et le virage adopté par la CFDt qui du syndicalisme de rapport de force s’en est allé vers le partenariat social, on voit ce que cela donne : de grandes réussites sociales pour le partonat reconnaissant, et des « adaptations nécessaires », du « pragmatisme économique » de la « prise en considération de la réalité des entreprises » pour les salarié-e-s.
      Bon je veux bien accorder une grande victoire à la CFDt.. Chérèque passe dans tous les médias possibles. mais, je ne suis pas du tout certain que se soit la finalité du syndicalisme.

      • Lacidon
        Lacidon répond à JeanBavedeRage
        Avec vue sur le vieux port...
        • Posté à 18h28 le 10/04/2008
        • Internaute 38530
          Avec vue sur le vieux port...

        il faut lire entièrement le texte avant de réagir... je précise justement que les salariés et salariées des PME et TPE sont les plus lésés dans le système...et effet ces pressions existent...
        Le virage de la CFDT, suivis par la CGT après ; est une évolution. Le rapport de force est nécessaire, mais il ne doit pas être fait dans une logique d’opposition et de contestation systématique. Notat voulait sortir de cela pour faire entre son syndicat dans une nouvelle ère de négociation. C’est tout à son honneur. Je préfère des syndicats qui prennent la mesure de la négociation. Personne ne gagne a rester uniquement dans un rapport de force...
        Mais il est un point que doit aussi être évoqué. C’est le manque de formation en la matière aussi des « managers » qui ont reçu une formation technique des questions de l’entreprise. Pas de formation dans le domaine des relations sociales. C’est aussi un problème, non négligeable.

  • plum-o-vent
    • Posté à 16h13 le 10/04/2008
    • Internaute 28927

    Les nouveaux critères de représentativité ne sont pas clairs :
    - 10% aux élections professionnelles - quelles élections Délégués du personnel ou CE ?
    - 10% dans combien d’entreprises ? si c’est dans toutes certaines confédérations disparaissent (CGC, CFTC)
    - les syndicats dit « non représentatifs » auront-ils le droit de se présenter dès le premier tour ? ce qui n’est pas le cas actuellement

    J’espère que cette nouvelle donne permettra à l’Union syndicale SOLIDAIRES d’être enfin présente à la table des négociations.
    Permanente syndicale durant 9 ans dans un syndicat membre de SOLIDAIRES, je peux témoigner que tous les jours de grève étaient bien prélevés sur le salaire et que mes semaines de travail étaient plus proche de 45h que de 35h (sans heures sup).
    Quand au débat sur les syndicats politisés ou non, cela me parait un peu hypocrite. Dès lors que l’on fait du syndicalisme on ne peut fermer les yeux sur l’environnement, les choix politiques pèsent sur l’ensemble des salariés.

  • Goldored
    • Posté à 16h17 le 10/04/2008
    • Internaute 25741

    Donner des chiffres de syndicalisation d’autres pays, notamment européens, à titre de comparaison, sans comparer la place et le rôle institutionnels de ces syndicats est une absurdité totale qui heurte le bon sens le plus commun !
    Il est des pays où vous ne pouvez pas toucher d’assurance chômage sans être syndiqué, par exemple... Donc forcément, ça change singulièrement la donne !

    • François Doutriaux
      François Doutriaux répond à Goldored
      Juriste et enseignant chercheur
      • Posté à 18h56 le 10/04/2008
      • Expert 13463
        Juriste et enseignant chercheur

      Tout à fait d’accord avec vous.

      Pour que ces comparaisons aient un sens, il faut les coreller à d’autres éléments :

      1° caractère indirectement obligatoire de l’adhésion,
      2° taux de couverture conventionnelle,
      3° taux de présence syndicale dans les entreprises (ventilé en fonction de la taille de ces dernières),
      4° Taux de participation aux élections professionnelles.

      La France présente ainsi une situation hautement paradoxale : des taux de couverture et de présence extrêmement élevés, alors même que les taux d’adhésion et de participation aux élections sont extrêmement faibles, et que l’adhésion syndicale n’est pas encouragée, et encore moins obligatoire.

  • voyageur71
    voyageur71
    victime de l'etat
    • Posté à 16h29 le 10/04/2008
    • Internaute 34490
      victime de l'etat

    L’union fait la force et diviser c’est mieux régner, c’est 2 proverbes eux representent l’etat de nos syndicats.

    L’union avec seulement 8 % de syndiqués, c’est une utopie, en allemangne c’est une force inflexible...

    Divisé : quand un syndicat ultra minoritaire signe un accord, il se fout de la gueulle de ses collègues et sape un mouvement social, on peut meme penser qu’il y a des syndicats crées pour çà !

    Enfin, faut quand meme conclure que dans ce monde ou chaque salarié est devenu égoiste oubliant d’adherer pour sa sauvegarde des acquits et surtout pour ne pas perdre une partie de leur salaire. Par contre les rares acquis obtenus, il ne rechigne pas ! !
    Ces malheureux se font leur propre tord ainsi qu’a leur corporation !

    Il en est de meme pour les élections politique et l’on pourrait assimilé au modele syndical avec les mêmes resulats !

    Je ne sais meme pas si ces sujets fondamentals et pilier de notre société sont traités dans nos écoles...

    Alors on reve en attendant de voir ce jour

    • François Doutriaux
      François Doutriaux répond à voyageur71
      Juriste et enseignant chercheur
      • Posté à 17h25 le 10/04/2008
      • Expert 13463
        Juriste et enseignant chercheur

      Il faut relativiser la force du modéle syndical allemand : sous Shroëder, la puissance, l’influence et les moyens colossaux des syndicats allemands n’ont en rien empêché une vague de précarisation (explosion du temps partiel et des contrats précaires) et de gel des salaires quasiment sans précédent (et qui expliquent les revendications, notamment salariales, considérables qui se font jour aujourd’hui).

      Ce faisant, ces syndicats ont permit à l’allemagne de fausser le jeu économique européen et de se refaire (assez artificiellement, par définition pour une courte durée et au profit d’une faible part de sa population) une santé. Leur inertie en à fait (à l’instar à mes yeux de la CFDT ou de FO en France) des syndicats « partenaires » qui enterrinent les sacrifices demandés par l’état plutôt que de concourrir à la protection des salariés qu’ils sont chargés de représenter.

      N’oublions pas que les mesures de l’état-providence ont toujours intéressés les politiques, mais que dés lors qu’il s’agit de resserrer les vis et de demander aux salariés de renonçer à la protection dont ils bénéficient, gouvernements et législateurs préférent soudain recourrir à la négociation et au dialogue sociale (ce qui explique en partie l’engouement de la droite française, ces cinq dernières années, pour un domaine qu’elle avait jusque là totalement négligé...)

      Sans même évoquer les divers scandales de corruption et de prévarication (notamment à l’égard du groupe Volkswagen) qui ont émaillé ces dernières années, et en comparaison desquels nos frasques syndicales font bien pâle figure (sauf à considérer que la presse allemande est nettement plus efficace que la presse française, ce que je ne suis pas loin de penser).

      Le taux de couverture conventionnelle des salariés allemands et le taux de représentation des syndicats dans les entreprises sont inférieurs à ceux de la France.

      Je ne suis donc pas certain que le syndicalisme allemand soit (contrairement au syndicalisme nordique) un modéle réellement exemplaire...

  • François Doutriaux
    François Doutriaux
    Juriste et enseignant chercheur
    • Posté à 17h03 le 10/04/2008
    • Expert 13463
      Juriste et enseignant chercheur

    La « position commune » adoptée cette nuit constitue une réforme essentiellement cosmétique :

    - les transformations des critères de reconnaissance légaux (L133-2 Code du travail) ne font qu’enterinner la jurisprudence antérieure (avec la reprise des critères d’influence et d’audience électorale, dégagés par la chambre sociale de la cour de cassation depuis une dizaine d’années Audience électorale (1998) et influence (2002)).

    - Les critères de validation de la majorité d’engagement (accords majoritaires obligatoires) sont toujours repoussés à plus tard, et envisagés selon des modalités qui demeurent minoritaires (30% au niveau des accords nationaux, ce qui revient a enterinner la situation actuelle, la totalité des accords ou presque disposant d’ores et déjà d’une telle « majorité »).

    - Les critères ont été préformatés pour ne froisser aucune fédération syndicale (8% pour que tout le monde s’y retrouve, par collège pour éviter la disparition de la CGC, etc...).

    - Le principe majoritaire continue à s’appliquer par le biais de l’opposition, ce qui maintient le systéme instauré par la loi Fillon 2004 (réforme de la négociation collective) : afin d’illustrer l’extrême efficacité de cette réforme, rapellons que d’aprés la DDTE (qui receuille les dépôts et oppositions), les taux d’opposition sont de moins de 1% pour les accords nationaux et interprofessionnel, et d emoins de 0,1% pour les accords locaux (groupe/entreprise/établissement). La révolution est en marche...

    - Le véritable principe majoritaire (50% + 1 voix) est déjà possible (depuis 2004)...lorsqu’un accord de branche le prévoit. A ma connaissance, seul le domaine du remorquage maritime (500 salariés sur 28 millions) le prévoit à ce jour... Seuls 200 accords de méthode (= accord majoritaire) ont été conclus en France entre 2003 et 2007. Ils portaient tous sur la négociation dérogatoire relative aux grands licenciements collectifs institués par le dispositif expérimental de la loi du 03/01/2003 et perennisé par la loi de cohésion sociale du 15/01/2005. Leur succés s’explique facilement : ces accords de méthodes se substituent aux PSE (plan de sauvegarde des emplois)...les syndicats qui ont signé l’accord dérogatoire ne peuvent donc plus en contester l’application. Là encore, la révolution est en marche...

    - Rapellons au passage que la pseudo-majorité sur laquelle s’appuie cette « réforme » du syndicalisme français est fondée sur le résulat du premier tour des élections professionnelles (CE ou à défaut DP). 1° elle ne s’applique donc pas pour les structures de moins de 11 salariés. 2° Elle s’applique que le quorum (50% des inscrits) soit atteint ou non. Un syndicat majoritaire (imaginons 55% des votants) peut donc représenter (situation fréquente) 55% de 10% des inscrits, soit...5% des salariés. 3° En s’appuyant sur les élections locales (et non prud’hommales ou des élections spécifiques, comme cela avait été proposé), la représentativité sera trés difficile à calculer, les élections ayant lieu à des intervalles temporels propres à chaque entreprise (tous les 4 ans depuis 2005). Etrange conception de la majorité...

    - Cette mise en place d’une « politisation » de l’action syndicale présente de nombreux effets pervers : en terme de risque 1° de « dictature des minorités » (ex : élections SNCF mars 2006, la CGT obtient 44%, elle s’allie avec un syndicat ultraminoritaire (7%) et devient de ce fait majoritaire...avec le microsyndicat en position d’arbitre, lui conférant une influence totalement disproportionnée), 2° hiérarchisation des syndicats (la politique du diviser pour régner, qui se fait souvent au détriment des intérêts des salariés (ex : affaire Perrier) et peut transformer les syndicats en bureaux électoraux)3° La mise en avant des « petits syndicats » (UNSA/SUD, qui représentent dix à quinze fois moins d’adhérents que la CGT ou la CFDT, mais auront à terme un poids identique dans la négociation collective) risque de mener à un morcellement de l’action syndicale, qui pourrait se concentrer sur la lutte entre organisations représentatives et non plus sur les intérêts des salariés au regard de ceux de l’employeur...

    L’ensemble vise à favoriser l’émergence totalement artificielle de syndicats « majoritaires ». Pourquoi ? Quel intérêt autre que d’affichage ou idéologique ?

    Un syndicat n’est pas un parti politique. Sa vocation s’arrête à la représentation des salariés visés par ses statuts (pendant ou aprés l’activité effective (retraites, chômage, etc..)).

    L’autre « révolution copernicienne » de la loi fillon 2004 (à savoir la possibilité de conclure des accords locaux dérogeant in pejus (en défaveur du salarié) aux accords de niveau supérieur) a également fait pschiiit : toujours d’aprés la DDTE, le bilan 2006 quant au nombre d’accord d’entreprise dérogatoires, aprés deux d’application, était de...0 accords dérogatoires déposés.

    Comme souvent, la réforme qui s’annonce apparaît essentiellement cosmétique. Il est urgent de ne rien changer à la réalité du systéme. Les confédérations qui bénéficiaient de la présomption nationale de représentativité demeureront représentatives au plan national. Partant, elles bénéficieront toujours (et les syndicats associés avec elles) de la présomption de représentativité au plan local.

    Quelles sont les modification réelles en dehors de proclamations et d’autocongratulations des divers participants ?

    On est loin des préconisations du rapport Hadas-lebel 2006 (président de la section sociale du CE, dont le contenu a servi de base de travail aux négociations), fut-ce dans leur forme la plus timide.

    Reste à espérer que les syndicats ne se laisseront pas enfermer par une stratégie de division dont les salariés seraient seuls à faire les frais.

    Quant aux problématiques majeures du syndicalisme français, particulièrement pregnantes depuis une vigntaine d’années ?

    - La faiblesse extrême du taux de syndicalisation (moins de 8%, le taux le plus bas d’Europe) ? Rien.

    - La faiblesse extrême des taux de participation aux élections professionnelles (qui serait source de véritable légitimation de l’action syndicale, bien davantage que la tambouille proposée quant à la « légitimité juridique » des syndicats) : 60% d’abstentation aux élections nationales côté salarié, 75% côté employeur. 65% des élections locales donnent lieu à un second tour (et ont donc rassemblé moins de 50% des électeurs inscrits au premier (parfois beaucoup moins)) ? Rien.

    - La crise des vocations qui méne à un nombre de plus en plus important de constats de carence (pas de candidats pour les élections obligatoires du fait du franchissement des seuils légaux) ? Rien.

    - Corollaire direct du point précédent : Le statut des représentants du personnel « permanents » (permanents sociaux par cumul des mandats DP/DS/CE/CHSCT) qui disposent d’une meilleure expertise mais sont si éloignés de la réalité des salariés qu’ils représentent que leur légitimité est en chute libre ? Rien.

    - Les déséquilibres de la représentation syndicale actuelle : surreprésentés dans les milieux ouvriers, sousreprésentés dans les milieux les plus précaires (intérimaires, CDD, travail temporaire, travail à temps partiel contraint, etc..) qui représentent un nombre sans cesse croissant de salariés ? Rien.

    - etc...

    La France posséde les taux de couverture conventionnelle (existence d’un accord collectif global au bénéfice des salariés (90%)) et de présence syndicale dans l’entreprise (55%) les plus élevés d’Europe. Avec paradoxalement l’un des taux de syndicalisation les plus bas (8%, -20% en 50 ans).

    La preuve empirique que quels que soient ses (nombreux) défauts,le systéme fonctionnait peu ou prou. Les changements opérés, bien que cosmétiques pour l’essentiel, dissimulent peut-être une volonté sous-jacente des pouvoirs publics : diviser les syndicats pour les affaiblir, les rendre plus inaudibles encore au plan national qu’ils ne le sont aujourd’hui, limiter leur action au plan purement local.

    Pour ce faire, un gouvernement « malveillant » aurait plusieurs priorités : Ne pas leur donner de véritable légitimité (augmentation des taux de syndicalisation (et donc des moyens financiers) et des taux de participation aux élections), limiter leur visibilité dans l’entreprise (en favorisant les permanents sociaux, en ne permettant pas - dans un pays de PME - aux petites entreprises (<11 salariés) de bénéficier hors convention collective d’une représentation syndicale), multiplier le nombre des syndicats représentatifs pour une même catégorie de salarié au plan local (et pour l’ensemble des salariés au plan national) par un assouplissement des critères objectifs (suppression de l’importance des cotisations et de l’effectif par exemple) au profit de critéres subjectifs (audience électorale en ne tenant compte que des votants, influence sans définition juridique précise, etc...), etc...

    N’est-ce pas ce à quoi nous sommes en train d’assister ?

    Avec la mise en avant de critères idéologiques (le besoin de légitimité réelle auquel on répond par la caractérisation d’une légitimité purement juridique, artificielle et sans lien avec un enracinement réel des syndicats parmi les salariés), la fragilisation individuelle des principaux syndicats pourrait entraîner une diminution de leur rôle de contre-pouvoir institutionnel.

    Aprés avoir affaibli les conseils de prud’hommes (suppression de 20% des tribunaux, alors même que le taux d’actions est à peine supérieur à 1% (200 000 par an pour 17 à 18 millions de salariés justiciables) et se solde à 75% en faveur du salarié (pour 98% des actions intentées à son initiative)), aprés avoir renforçé les inégalités de revenus par les deux paquets fiscaux (+0,65% par an pour 90% de la population sur la période 1998/2007, nettement moins que l’inflation, mais 2x plus pour les 10% de français les plus riches, 4x plus pour les 1% les plus riches, 7x plus pour les 0,1%, et enfin 9x plus pour les 0,01% les plus riches...le tout en % : en euros, les revenus des 0,01% de français les plus riches ont augmenté 850 plus que ceux de 90% de la population !), aprés avoir démultiplié les aides et mesures de défiscalisation en faveur des entreprises (60 à 65 milliards annuels, pour 55 milliards de produit de l’impôt sur les sociétés), aprés voir constamment diminué la protection sociale (législative et par aides) dont bénéficient les salariés français (pourtant parmi les plus compétitifs au monde (2° productivité horaire OCDE, 3° valeur ajoutée par salarié mondiale, un coût salarial global supérieur de 4% seulement à la moyenne européenne (sans tenir compte bien entendu des défiscalisations)...mais 14° européen au niveau des rémunérations), aprés avoir procédé au dépecage progressif du Code du travail (licenciement collectif notamment, négociation dérogatoire à la loi en matière d’aménagement du temps de travail, fragilisation des contrats (CNE, nouveau CDD de mission), etc...), aprés avoir sans cesse diminuer les aides des salariés au profit de celles des entreprises... le parti politique majoritaire depuis bientôt six ans souhaite désormais « moderniser » les syndicats.

    L’intention est louable.

    Reste à s’accorder sur la définition de cette « modernisation », et à déterminer les intentions réelles qui soustendent cette volonté.

    Je crains personnellement que les salariés ne soient pas les grands vainqueurs de cette réforme.

    Là comme ailleurs, l’idéologie semble prendre le pas sur la réalité.

    Nb : Pour répondre à certains éléments développés dans les commentaires, il faut à mon sens rester trés concret : l’adhésion indirectement obligatoire est loin d’être une spécificité des systémes dictatoriaux (cf pays nordiques), on peut de toute façon (ex : allemagne) favoriser l’adhésion sans la rendre obligatoire et, surtout, la suppression du principe de représentativité générale des syndicats (= un accord négocié par un syndicat représentatif bénéfice à tous les salariés et non à ses seuls adhérents) entraînerait de facto 1° soit la mort pure et simple des syndicats et de la négociation collective (dans ces conditions, le taux de couverture conventionnel en France passerait de 90 à...7% et la quasi-totalité en volume de la négociation collective annuelle passerait illico à la trappe (notamment pour les négociations annuelles et triennales obligatoires)) 2° soit l’adhésion obligatoire des salariés à un syndicat (mais lequel ?) et une lutte acharnée entre ces derniers dans une course effrenée aux effectifs.

    Ceci étant, cela ne se produira jamais : les syndicats qui, aprés une période de chaos total, émergeraient des cendres du systéme syndical actuel seraient si puissants (cotisations, et donc ressources finançières, multipliées par 10, taux d’adhésion basculant probablement de 7,5 à 80/90%, etc...) qu’ils seraient de fait plus légitimes que le gouvernement pour donner une orientation économique à la gestion des entreprises. De fait, ils seraient politisés dans le sens le plus extrême du terme, disposant sur ce terrain d’une légitime par adhésion (et probablement également électorale) supérieure à celle du chef de l’état ou des parlementaires.

    Une « syndicratie » qui n’est à mon sens pas souhaitable, et ne ferait que basculer d’un extrême à l’autre.

    Quoi qu’il en soit, il est à peu prêt aussi probable de voir un gouvernement (je n’ose pas écrire, dans un contexte qui a transformé le parlement en chambre d’enregistrement, une assemblée nationale) se tirer un jour, à ce point, une balle dans le pied que de voir le gouvernement Fillon II mener une politique économique et sociale favorable à la population.

    Raisonner sur des grands principes n’est pas inintéressant mais, en matiére de syndicalisme en particulier, tout ce qui importe est le résultat concret quant à la protection des salariés...

    • Ah la la...
      • Posté à 17h41 le 10/04/2008
      • Internaute 29021

      Je suis d’accord : le blabla actuel ne vise qu’à domestiquer les syndicats.
      Il reste que la question récurente de la représentativité des syndicats rapportée à leur taux de syndicalisation me fait marrer : se pose-t’on la question de la représentativité des partis politiques alors que leur nombre d’adhérents est famélique. La CGT a elle seule compte plus d’adhérents que tous les partis politiques réunis !
      La représentativité se jauge au courant d’idée que véhicule un parti et qui recueille une certaine adhésion de la part des gens sans pour autant avoir une carte ici ou là. Et pour un syndicat c’est pareil...
      Quant aux élections professionelles, chacun sait que dans les petites boites, c’est jamais évident de se présenter sous une étiquette syndicale sous peine de se voir mal vu par le patron. Sans parler des entreprises où ces élections sont mal ou pas organisées, avec des listes cooptées par les directions elles-mêmes.
      Et la participation aux prud’homales ? on en reparlera lorsqu’une loi autorisera les salariés à quitter leur lieu de travail pour aller voter sans pression de la part du patron...

  • plum-o-vent
    • Posté à 16h49 le 10/04/2008
    • Internaute 28927

    je viens de recevoir le communiqué de SOLIDAIRES, on est encore loin de la démocratie en matière de représentativité.Une fois encore les 5 confédérations ont fait bloc pour garder leurs parts de gateau.

    solidaires.org

  • compte supprimé 24
    • Posté à 16h59 le 10/04/2008
    • Internaute 8330

    Expérience personnelle :

    En 1980 je suis embauché par Nouvelles Frontières comme accompagnateur, au black et à 50 francs (oui, cinquante) par jour. Un métier neuf et sans statut.

    En 1982, j’obtiens avec un collègue la première fiche de paye, à la suite d’un sit-in dans le bureau du comptable, sans le soutiens des syndicats-maison, et pour cause : la responsable de mon secteur – ma patronne, donc – est déléguée CGT. Côté CFDT, c’est pareil : nous ne sommes alors qu’une infime minorité de travailleurs précaires en CDD et sommes considérés par les salariés mensualisés comme des « jaunes ».

    Idem pour notre revendication d’être mensualisés (la plupart d’entre nous guident dix à douze groupes par an) : les patrons nous rient au nez et les syndicats nous traitent comme des parias. C’est vrai chez Nouvelles Frontières, mais aussi à Terres d’Aventure, pour lesquels j’ai bossé sept ans. C’est vrai partout ailleurs.

    Inutile de dire le mépris que j’ai pour les syndicats français, qui ne défendent que des intérêts catégoriels, et non pas les précaires (ça a très peu changé depuis).

    • François Doutriaux
      François Doutriaux répond à compte supprimé 24
      Juriste et enseignant chercheur
      • Posté à 17h13 le 10/04/2008
      • Expert 13463
        Juriste et enseignant chercheur

      Votre exemple - bien qu’il doive être relativisé, les récentes gréves dans la grande distribution ayant illustrées que les syndicats ne sont pas tout à fait absents de la défense des salariés précaires - est effectivement une bonne illustration du probléme actuel : explosion du nombre des salariés précaires, des intérimaires, des temps partiels contraints, des CDDs...

      Autant de domaine qui n’apparaissent pas au centre des préoccupations actuelles des syndicats.

      Le syndicalisme français reste, au moins pour partie et au plan national, celui de l’époque des maîtres de forge et de la toute puissance de l’industrie.

      Or, les ouvriers ne représentent plus que 3% de la population active. L’industrie toute entière occupe, si ma mémoire est bonne, à peine 16% des actifs pour 13,5% du PIB.

      L’adaptation des syndicats aux évolutions du marché du travail, que la flexsécurité empruntée aux pays nordiques (mal empruntée, puisqu’elle ne concerne que la flexibilité, pas la sécurité) ne fait qu’accélerer, soulève de graves difficultés.

      Du fait de la ventilation des adhésions (des taux de 15% dans l’industrie pour 2% à peine chez les précaires), les priorités restent les mêmes, quand bien même elles sont d eplus en plus décoréllées de la réalité du terrain.

      Ceci étant, la responsabilité des salariés (qui ne se syndiquent pas) est autant blâmable que celle des syndicats (qui priorisent les secteurs à fort taux d’adhésion).

      Les salariés français aiment à privilégier ce qu’on appelle en droit du travail un comportement « d’autostoppeur » : ils bénéficient de facto des avançées obtenues par les syndicats, et ne voient donc pas (à trés courte vue) l’intérêt de se syndiquer et de participer activement à la défense de leurs droits.

      Paradoxe français que celui d’un pays qui a obtenu une part non négligeable des droits auquel il est si attaché par l’exercice (statistiquement modéré quelle que soit l’époque) du droit de grève, et stygmatise pourtant le fantasme de sa propre « gréviculture ».

      Là encore, la prénotion et le jugement idéologique sont à mes yeux les plus graves des maux de notre pays...

      • compte supprimé 24
        • Posté à 18h13 le 10/04/2008
        • Internaute 8330

        Je vais être cynique, François : s’ils soutiennent les caissières de supermarché, c’est qu’ils ont besoin d’adhérents.

        C’est tout pareil pour les partis pilotiques de la gauche modérée (PS, et PC aussi), qui ont toutes les raisons de souiller leurs hauts-de-chausses, puisque ce sont eux – tout autant que ceux de droite – qui ont créé cette précarité. Parce que ça les arrange. Jacques Maillot, ex-patron de Nouvelles Frontières, était un socialiste, non ?

        Il suffit d’observer l’inéluctable montée de partis tels que la Ligue et des syndicats plus en prise avec le terrain (Sud, par exemple), pour voir que ça sent le sapin pour ces syndicats de merde (je suis gentil) corrompus depuis belle lurette et achetés par le grand patronat...

        Il est trop tard pour eux et c’est sûrement pas moi qui lèverai le petit doigt pour les défendre.

        Comme je l’ai déjà écrit sur rue89 : le jour où on verra des travailleurs salariés treize mois sur douze défendre des précaires, on en reparlera. Mais ce n’est pas demain la veille.

        Ne le prenez surtout pas pour vous, François : j’apprécie votre analyse : -)

         
        • François Doutriaux
          François Doutriaux répond à compte supprimé 24
          Juriste et enseignant chercheur
          • Posté à 18h35 le 10/04/2008
          • Expert 13463
            Juriste et enseignant chercheur

          Je le prends d’autant moins pour moi que je ne suis pas salarié et ne l’ai jamais été (si ce n’est quelques CDDs de trés courte durée dans des entreprises qui n’avaient pas l’habitude des contrats de mission) ^^

          Bien que je fréquente de nombreuses entreprises, c’est toujours en tant que consultant ou pour des missions spécifiques. Que ce soit en tant que travailleur indépendant ou en tant qu’enseignant, je n’ai jamais eut que des statuts temporaires (CDD, vacataire, ATER, allocataire moniteur, etc..).

          Paradoxalement pour un spécialiste de la législation sociale, je n’ai jamais disposé du droit de grève, et échappe pour l’essentiel au bénéfice du Code du travail...

          Ceci étant, je vous trouve quelque peu excessif : en dépît de leurs difficultés manifestes, il est limitatif de juger les syndicats à l’aune de votre seule expérience personnelle. La jurisprudence et la négociation collective prouvent chaque jour que ces syndicats sont loin d’être inutiles, et contribuent activement à la défense des intérêts des salariés.

          Certes, l’univers syndical n’est pas le pays des bisounours, et la situation tend à se dégrader, les syndicats glissant progressivement d’une force de revendication à une force de compromis. L’époque l’explique en partie, et il était nettement plus simple de défendre le syndicalisme lors des trentes glorieuses, lorsqu’une forte croissance et une santé économique florissantes permettaient aux gouvernements toutes les largesses et la construction de la « maison sociale » (entendre par là une succession de normes liées à la notion d’OPS (ordre public social) dont l’empilement ne pouvait aller qu’en faveur du salarié).

          A l’heure de l’obsession persistante de la réduction des déficits publics (pour de bonnes et de mauvaises raisons, mais le plus souvent avec l’aveuglement qui caractérisent les idéologues : incapables de différencier les « mauvais » déficits des « bons », de tenir des comparaisons internationales pertinentes ou d’analyser la réalité de l’endettement public français (que l’on ne peut pas dissocier de son endettement privé, comme le font la plupart des médias)) et de la montée en puissance des idéologies libérales (de plsu en plus déconnectées avec la réalité statistique de l’économie), l’action syndicale est nettement plus délicate.

          Je ne suis pas certain que vous preniez réellement la teneur de ce que serait la société française sans ses syndicats ^^

          • compte supprimé 24
            • Posté à 18h43 le 10/04/2008
            • Internaute 8330

            François : oui je suis excessif, et comment ne pas l’être ?

            Nous sommes des millions d’excessifs excédés, savez-vous ?

            La fracture est définitive entre les travailleurs pauvres et les partis, les syndicats, institutionnels. Lorsqu’au sein d’une boîte, il existe deux castes : celle des salariés réguliers et celle des parias précaires, il ne faut pas s’étonner de nous voir réagir brutalement : à force de ne plus pouvoir se chauffer en hiver et bouffer de la merde, on devient excessif. Ma caste est révulsée par les discours des gens raisonnables. Comprenez-vous ?

            J’insiste bien : ma caste.

        • La awat
          • Posté à 11h48 le 11/04/2008
          • Internaute 11263

          J’ai constaté dans mon entreprise que le syndicat sud était proche de la direction...

        4 autres commentaires
  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 17h23 le 10/04/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    La question est de savoir si on veut un syndicalisme d’appareil ou un syndicalisme de terrain. En effet, les salariés vont plus facilement adhérer à un syndicat si le délégué est présent (hormis quelques détachements pour participer à des réunions...) que le contraire. Je ne jette pas la pierre aux permanents (y’a du boulot) mais ils sont le plus souvent bouffés avec des réunions institutionnelles, du moins dans le public et pendant ce temps les problèmes s’accumulent au boulot... !
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  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 18h24 le 10/04/2008
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    144 syndicalistes assassinés en 2006 dans le monde...

    Lien

    • La awat
      • Posté à 12h00 le 11/04/2008
      • Internaute 11263

      Oui en effet une bien triste réalité.
      Sans compter ceux qui croupissent dans des prisons.
      Il y a encore des pays ou l’excercice syndicale est illégale et passible d’emprisonnement.
      Le rôlde d’un syndicat est de tramettre son savoir, de former ses adhérents.
      D’aider aussi les nouveaux syndicalistes dans nos pays voisins (victimes de dictatures).

  • Grums
    Grums
    à bâbord + +
    • Posté à 19h42 le 10/04/2008
    • Internaute 36859
      à bâbord + +

    Force est de constater que c’est dans les pays à fort taux de syndicalisation que les choses ne vont pas trop mal, me semble t-il.
    Oui ! Pour que seuls les syndiqués bénéficient des négociations ; quand il y a négociation et quand il y a avancées ce qui n’est pas évident aujourd’hui. Le seul gain est sonvent d’avoir pu sauvegarder quelques acquis.
    Certes comme je l’ai lu plus haut c’est pour un interêt
    collectif qu’il faut se battre.
    Mais ras le bol aussi des fins de mois plus que difficiles à la fin d’un conflit. Ras le bol, vraiment la grève n’est pas un sport de riche.
    Si nous étions plus nombreux à être syndiqués il y aurait plus négociations et moins de grèves.
    Par contre quelle fraternité entre grévistes quelle belle aventure humaine parfois, merci les jaunes on vous doit au moins cela ! ! !

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