Hackers 23/01/2012 à 20h08

Des attaques partout : la « surprenante métamorphose » d'Anonymous

Martin Untersinger | Journaliste Rue89

Mis à jour le lundi 23 janvier 2012 à 21h10
Titre modifié, la responsabilité de l'attaque contre L'Express.fr restant douteuse.

Depuis la fermeture de Megaupload, le groupe a multiplié les cibles. Ses membres ont évolué : aux hackers des débuts se mêlent des amateurs plus ou moins doués.

Les Anonymous n’ont pas attendu l’arrestation de Kim Dotcom – fondateur et tête de gondole de Megaupload – pour trimballer le masque grimaçant de Guy Fawkes aux quatre coins de la Toile.

Nés au sein du forum américain 4Chan autour de 2006, d’abord portés sur le « LOL » et la provocation, ils ont peu à peu troqué leur habit moqueur pour une démarche plus politique.

L’anthropologue Gabriella Coleman, fine connaisseuse du courant, estime qu’ils ont entrepris une « surprenante métamorphose » :

« Ces dernières années, les Anonymous ont utilisé le “trolling” [esprit bravache et parfois “trash”, typique du Net, ndlr] pour des campagnes de protestation plus franches.

Les Anonymous défendent des causes politiques, mais le font aussi par pur amusement. C’est un mélange entre sociopathes et altruistes en colère. »

N’importe qui peut être Anonymous

La multiplication des attaques récentes revendiquées par ces trublions du Net – les sites du FBI, du département américain de la justice, de la Hadopi et même de l’Elysée ont été touchés – ne font que les précipiter un peu plus dans la lumière.

Cette riposte à la fermeture de Megaupload par les autorités américaines met en lumière le tiraillement et la mutation que subit ce groupe aux contours et aux motivations floues.

Les Anonymous ne s’adressent pas à une élite : nul besoin d’être un programmeur chevronné pour en rejoindre les rangs. Télérama écrit :

« N’importe qui peut enfiler le costume. En guise d’identité, ils n’ont qu’un slogan frondeur, “Nous sommes les Anonymous. Nous sommes légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Préparez-vous.” »

Pourtant, de WikiLeaks à la scientologie en passant le Playstation Network, les Anonymous s’étaient jusqu’ici associés à des causes consensuelles mais pointues : les informaticiens et les activistes formaient le gros des troupes anonymes.

Une « démocratisation » à double tranchant

Cette fois, c’est différent : avec 4% du trafic Internet, Megaupload était utilisé – ou du moins connu – par quasiment tous les internautes de moins de 30 ans. Et les Anonymous de drainer de plus en plus de nouveaux adeptes.

Frédéric Bardeau, auteur avec Nicolas Danet de « Anonymous, peuvent-ils changer le monde ? » (éd. Fyp) évoque cette élargissement de leur « base » :

« Les Anonymous s’éloignent de leur ADN anti-Scientologie. Wikileaks était déjà une étape vers la démocratisation et le grand public. Ils sortent de leur “entre-soi”, de 4chan, des mèmes. Ça a toujours fonctionné comme ça sur Internet ».

Cette arrivée dans la sphère Anonymous d’éléments nouveaux n’a pas que des avantages.

Défiés par Christophe Barbier

L’éditorialiste de I-télé et le directeur de la rédaction de L’Express Christophe Barbier s’est fendu lundi d’une chronique virulente contre les Anonymous, les qualifiant de « voleurs » et les défiant d’attaquer son site.

Christophe Barbier, très remonté contre les Anonymous

Ça n’a pas manqué : lundi en fin d’après-midi, le site d’information semblait faire l’objet d’une attaque. Difficile de dire si les Anonymous francophones en étaient les instigateurs.

« Ça casse cette idéologie de base ! »

Mais dans les salons de discussions, beaucoup condamnent la méthode, éloignée des « fondamentaux Anonymous » :

« Je trouve que ce mouvement tourne a la n’importe quoi [sic] avec les boulets qui font des DDoS [saturer un site de requêtes pour en empêcher l’accès, ndlr.] sur tout sans réfléchir, tout ça casse cette idéologie de base ! »

« J’en appelle donc à ceux qui se sont lancés dans une DDOS party puérile d’y mettre fin. »

« Vous êtes censés vous battre pour la liberté d’expression à travers le monde et vous DDoS le site d’un journal, ça s’appelle de la dictature messieurs. »

Une après-midi passée sur un salon de discussion des Anonymous francophones permet de voir qu’en fait de tueurs assoiffés d’hémoglobine virtuelle, on est plus proche d’amateurs.

Pas tous des hackers chevronnés

Plusieurs d’entre eux, parmi les plus actifs, ne connaissaient pas le terme « défaçage », une pratique qui consiste à remplacer la page d’accueil d’un site avec à peu près n’importe quoi, ou les VPN, mécanisme d’anonymisation, qui figurent pourtant en bonne place dans l’arsenal des Anonymous.

D’autres Anonymous ont un temps fait courir la rumeur d’une attaque de Facebook, Twitter ou YouTube. Rapidement démentie par les Anonymous « historiques » :

« Pourquoi les Anonymous s’attaqueraient à la manière dont on envoie nos messages ? »

D’autres ont récemment mis en place un outil qui réalise des attaques informatiques... à l’insu des Internautes lambda. Une pratique très éloignée de la philosophie militante et libertaire des Anonymous.

« Les skyblogs débarquent dans le hacking »

Frédéric Bardeau :

« La communauté n’est pas homogène. Pour tout une partie de la communauté, certaines opérations n’ont ni queue ni tête. C’est la rançon de la gloire. »

Il y voit même une forme de lutte des classes entre « anciens » et nouveaux Anonymous :

« Ce sont les skyblogs qui débarquent dans l’univers du hacking. Il y a un côté lutte des classes, comme en 1936, quand les riches ont vu débarquer les pauvres sur les plages. »

Il juge que cela peut aider à la prise de conscience de thématiques comme la vie privée ou la liberté en ligne.

« La popularisation est une bonne chose. Si les hackers, du haut de leur tour d’ivoire, daignent avoir un peu de pédagogie, c’est une chance historique. »

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  • watashi_baka
    watashi_baka répond à -Protagoras-
    ...
    • Posté à 20h45 le 23/01/2012
    • Internaute 47330
      ...

    Merci de ressortir ce texte,
    Il a beaucoup joué dans mes engagements militants et politiques

  • gounzor
    gounzor répond à -Protagoras-
    en lutte
    • Posté à 23h09 le 23/01/2012
    • Internaute 129458
      en lutte

    Ils incarnent la réalité de ce texte (qui est incroyable, merci de me le faire connaître), ce qui n’est pas négligeable non plus.

  • -Protagoras-
    -Protagoras- répond à -Protagoras-
    Relativiste relatif
    • Posté à 01h03 le 24/01/2012
    • Internaute 161557
      Relativiste relatif

    Texte original (In English) Lien

    (Et ce n’était pas une critique a l’égard des Anon, je trouve aussi qu’ils incarnent parfaitement le texte, 15 ans apres)

  • nore
    nore répond à -Protagoras-
    in situ
    • Posté à 08h53 le 24/01/2012
    • Internaute 53953
      in situ

    On peut également y joindre un autre texte, en rapport moins direct mais tout de même :

    Manifeste du Réseau de Résistance Alternatif
    Buenos Aires, automne 1999

    1. Résister c’est créer
    Contrairement à la position défensive qu’adoptent le plus souvent les mouvements et groupes contestataires ou alternatifs, nous posons que la véritable résistance passe par la création, ici et maintenant, de liens et de formes alternatives par des collectifs, groupes et personnes qui, au travers de pratiques concrètes et d’une militance pour la vie, dépassent le capitalisme et la réaction. Au niveau international, nous assistons aujourd’hui au début d’une contre-offensive à la suite d’une longue période de doutes, de marche arrière et de destruction des forces alternatives. Ce recul a été largement favorisé par la volonté de la logique néolibérale et capitaliste de détruire une bonne partie de ce que cent cinquante ans de luttes révolutionnaires avaient construit. Dès lors, résister, c’est créer les nouvelles formes, les nouvelles hypothèses théoriques et pratiques qui soient à la hauteur du défi actuel.

    2. Résister à la tristesse
    Nous vivons une époque profondément marquée par la tristesse qui n’est pas seulement la tristesse des larmes mais, et surtout, la tristesse de l’impuissance. Les hommes et les femmes de notre époque vivent dans la certitude que la complexité de la vie est telle que la seule chose que nous puissions faire, si nous ne voulons pas l’augmenter, c’est de nous soumettre à la discipline de l’économisme, de l’intérêt et de l’égoïsme. La tristesse sociale et individuelle nous convainc que nous n’avons plus les moyens de vivre une véritable vie et dès lors, nous nous soumettons à l’ordre et à la discipline de la survie. Le tyran a besoin de la tristesse parce qu’alors chacun de nous s’isole dans son petit monde, virtuel et inquiétant, tout comme les hommes tristes ont besoin du tyran pour justifier leur tristesse. Nous pensons que le premier pas contre la tristesse (qui est la forme sous laquelle le capitalisme existe dans nos vies) c’est la création, sous de multiples formes, de liens de solidarité concrets. Rompre l’isolement, créer des solidarités est le début d’un engagement, d’une militance qui ne fonctionne plus « contre “ mais ‘ pour la vie, la joie, à travers la libération de la puissance.

    3. La résistance c’est la multiplicité
    La lutte contre le capitalisme, qui ne peut se réduire à la lutte contre le néolibéralisme, implique des pratiques dans la multiplicité. Le capitalisme a inventé un monde unique et unidimensionnel, mais ce monde n’existe pas en soi . Pour exister, il a besoin de notre soumission et de notre accord. Ce monde unifié qui est un monde devenu marchandise, s’oppose à la multiplicité de la vie, aux infinies dimensions du désir, de l’imagination et de la création. Et il s’oppose, fondamentalement, à la justice. C’est pourquoi nous pensons que toute lutte contre le capitalisme qui se prétend globale et totalisante reste piégée dans la structure même du capitalisme qui est, justement, la globalité. La résistance doit partir de et développer les multiplicités, mais en aucun cas selon une direction ou une structure qui globalise, qui centralise les luttes. Un réseau de résistance qui respecte la multiplicité est un cercle qui possède, paradoxalement, son centre dans toutes les parties. Nous pouvons rapprocher cela de la définition du rhizome de Gilles Deleuze : Dans un rhizome on entre par n’importe quel côté, chaque point se connecte avec n’importe quel autre, il est composé de directions mobiles, sans dehors ni fin, seulement un milieu, par où il croît et déborde, sans jamais relever d’une unité ou en dériver ; sans sujet ni objet.

    4. Résister, c’est ne pas désirer le pouvoir
    Cent cinquante années de révolutions et de luttes nous ont enseigné que, contrairement à la vision classique, le lieu du pouvoir, les centres de pouvoir, sont en même temps des lieux de peu de puissance, voire d’impuissance. Le pouvoir s’occupe de la gestion et n’a pas la possibilité de modifier d’en haut la structure sociale si la puissance des liens réels à la base ne le rend pas possible. La puissance est ainsi toujours séparée du pouvoir. C’est pour cela que nous établissons une distinction entre ce qui se passe en haut , qui est de l’ordre de la gestion et la politique, au sens noble du terme, qui est ce qui se passe en bas . Dès lors, la résistance alternative sera puissante dans la mesure où elle abandonnera le piège de l’attente, c’est-à-dire le dispositif politique classique qui reporte invariablement à un demain , à un plus tard, le moment de la libération. Les maîtres libérateurs nous demandent l’obéissance aujourd’hui au nom d’une libération que nous verrons demain, mais demain est toujours demain, autrement dit, demain (le demain de l’attente, le demain de l’ajournement perpétuel, le demain des lendemains qui chantent) n’existe pas. C’est pour cela que ce que nous proposons aux maîtres libérateurs (commissaires politiques, dirigeants et autres militants tristes) c’est : la libération ici et maintenant et l’obéissance... demain.

    5. Résister à la sérialisation
    Le pouvoir maintient et développe la tristesse en s’appuyant sur l’idéologie de l’insécurité. Le capitalisme ne peut exister sans sérialiser, séparer, diviser. Et la séparation triomphe lorsque, petit à petit, les gens, les peuples, les nations vivent dans l’obsession de l’insécurité. Rien n’est plus facile à discipliner qu’un peuple de brebis toutes convaincues d’être un loup pour les autres. L’insécurité et la violence sont réelles, mais seulement dans la mesure où nous l’acceptons, c’est-à-dire où nous acceptons cette illusion idéologique qui nous fait croire que nous sommes, chacun, un individu isolé du reste et des autres. L’homme triste vit comme s’il avait été jeté dans un décor, les autres étant des figurants. La nature, les animaux et le monde seraient des utilisables et chacun de nous, le protagoniste central et unique de nos vies. Mais l’individu n’est qu’une fiction, une étiquette. La personne, en revanche, c’est chacun de nous en tant que nous acceptons notre appartenance à ce tout substantiel qu’est le monde. Il s’agit alors de refuser les étiquettes sociales de profession, de nationalité, d’état-civil, la répartition entre chômeurs, travailleurs, handicapés, etc., derrière lesquelles le pouvoir tente d’uniformiser et d’écraser la multiplicité qu’est chacun de nous. Car nous sommes des multiplicités mêlées et liées à d’autres multiplicités. C’est pour cela que le lien social n’est pas quelque chose à construire mais plutôt quelque chose à assumer. Les individus, les étiquettes vivent et renforcent le monde virtuel en recevant des nouvelles de leurs propres vies à travers l’écran de leur télévision. La résistance alternative implique de faire exister le réel des hommes, des femmes, de la nature. Les individus sont de tristes sédentaires piégés dans leurs étiquettes et leurs rôles ; c’est pour cela que l’alternative implique d’assumer un nomadisme libertaire.

    6. Résister sans maîtres
    La création d’une vie différente passe, fondamentalement, par la création de modes de vie, de modes de désirer alternatifs. Si nous désirons ce que le maître possède, si nous désirons comme le maître, nous sommes condamnés à répéter les fameuses révolutions mais, cette fois, dans le sens que ce terme a en physique, c’est-à-dire celui d’un tour complet. Il s’agit ainsi d’inventer et de créer concrètement de nouvelles pratiques et images de bonheur. Si nous pensons que nous ne pouvons être heureux qu’à la manière individualiste du maître et que nous demandons une révolution qui nous donne satisfaction, nous serons condamnés éternellement à ne faire que changer de maître. Car on ne peut être réellement anticapitaliste et accepter en même temps les images de bonheur que ce même système génère. Si on désire être comme le maître ou avoir ce que le maître possède on reste dans la position de l’esclave. Les chemins de la liberté sont incompatibles avec le désir du maître. Désirer le pouvoir du maître est l’opposé de désirer la liberté. Et la liberté c’est devenir libre, c’est une lutte. De la résistance surgissent précisément d’autres images de bonheur et de liberté, des images alternatives liées à la création et au communisme (dans le sens de liberté et de partage que ce terme recouvre, dans le sens d’une exigence permanente et non pas en tant que modèle de société). Ce qu’il faut c’est créer un communisme libertaire, non de la nécessité, mais de la jouissance que donne la solidarité. Il ne s’agit pas de partager à la manière triste, parce que nous sommes obligés, mais de découvrir la jouissance d’une vie plus pleine, plus libre. Dans la société de la séparation, la société capitaliste, les hommes et les femmes ne trouvent pas ce qu’ils désirent, ils doivent se contenter de désirer ce qu’ils trouvent, selon la formule de Guy Debord. La séparation est ainsi séparation les uns des autres, de chacun de nous d’avec le monde, du travailleur d’avec son produit, mais en même temps de chacun de nous, séparé, exilé de lui-même. Telle est la structure de la tristesse.

    7. Résistance et politique de la liberté
    La politique, dans sa signification profonde, est liée aux pratiques émancipatrices, aux idées et aux images de bonheur qui dérivent d’elles. La politique est la fidélité à une recherche active de la liberté. A l’encontre de cette conception de la politique se situe la politique comme gestion de la situation telle qu’elle apparaît. Mais cet élément, que nous appelons gestion, prétend être le tout de la politique et hiérarchise les priorités en limitant, en freinant et en institutionnalisant les énergies vitales qui le dépassent. Pourtant la gestion n’est qu’un moment, une tâche, un aspect. La gestion est représentation, et la représentation, en tant que telle, n’est qu’une partie du mouvement réel. Celui-ci n’a pas besoin de la représentation pour vivre, tandis que cette dernière tend à délimiter la puissance de la présentation. La politique révolutionnaire est celle qui poursuit à chaque instant la liberté non pas en tant qu’associée essentiellement aux hommes ou aux institutions, mais comme devenir permanent qui refuse de s’attacher, de se fondre, de s’incarner ou de s’institutionnaliser. La recherche de la liberté est liée à la constitution du mouvement réel, de la critique pratique, du questionnement permanent et du développement illimité de la vie. Dans ce sens, la politique révolutionnaire n’est pas le contraire de la gestion. Celle-ci, comme partie du tout, est une partie de la politique. En revanche, la gestion en tant qu’elle tend à être le tout de la politique constitue précisément le mécanisme de la virtualisation qui nous plonge dans l’impuissance. La politique comme telle n’est que l’harmonie de la multiplicité de la vie en lutte permanente contre ses propres limites. La liberté est le déploiement de ses capacités et de sa puissance ; la gestion n’est qu’un moment limité et circonscrit où ce déploiement est représenté.

    8. Résistance et contre-culture
    Résister c’est créer et développer des contre-pouvoirs et des contre-cultures. La création artistique n’est pas un luxe des hommes, c’est une nécessité vitale de laquelle pourtant la grande majorité se trouve privée. Dans la société de la tristesse, l’art a été séparé de la vie et même, l’art est de plus en plus séparé de l’art lui-même possédé, gangrené qu’il est par les valeurs marchandes. C’est pour cela que les artistes comprennent, peut-être mieux que beaucoup, que résister c’est créer. C’est donc à eux aussi que nous nous adressons pour que la création dépasse la tristesse, c’est-à-dire la séparation, pour que la création puisse se libérer de la logique de l’argent et qu’elle retrouve sa place au cœur de la vie.

    9. Résister à la séparation
    Résister c’est, aussi, dépasser la séparation capitaliste entre théorie et pratique, entre l’ingénieur et l’ouvrier, entre la tête et le corps. Une théorie qui se sépare des pratiques devient une idée stérile. C’est ainsi que, dans nos universités, il existe une myriade d’idées stériles, mais en même temps, les pratiques qui se séparent de la théorie se condamnent à disparaître à l’usure dans une sorte d’auto-résorption. Résister, dès lors, c’est créer les liens entre les hypothèses théoriques et les hypothèses pratiques, que tous ceux qui savent faire quelque chose sachent aussi le transmettre à ceux qui désirent se libérer. Créons ainsi les relations, les liens qui potentialisent des théories et des pratiques de l’émancipation, en tournant le dos aux chants des sirènes qui nous proposent de nous occuper de nos vies , à quoi nous répondons que nos vies ne se réduisant pas à des survies, elles s’étendent au-delà des limites de notre peau.

    10. Résister à la normalisation
    Résister signifie, en même temps, déconstruire le discours faussement démocratique qui prétend s’occuper des secteurs et des personnes exclues. Dans nos sociétés, il n’y a pas d’exclus ; nous sommes tous inclus, de manière différente, de manière plus ou moins indigne et horrible, mais inclus tout de même. L’exclusion n’est pas un accident, ce n’est pas un excès . Ce qu’on appelle exclusion et insécurité c’est ce que nous devons voir comme l’essence même de cette société amoureuse de la mort. C’est pour cela que lutter contre les étiquettes implique aussi notre désir de nous mettre en contact avec les luttes de ceux que l’on nomme anormaux ou handicapés . Nous disons qu’il n’y a pas d’homme ou de femme anormal ou handicapé , mais qu’il existe des personnes et des modes d’être différents. Les étiquettes agissent comme des mini-prisons où chacun de nous est défini par un niveau donné d’impuissance. Or, ce qui nous intéresse, c’est la puissance, la liberté. Un handicapé n’existe que dans une société qui accepte la division entre forts et faibles. Refuser ceci, qui n’est autre que la barbarie, c’est refuser le quadrillage, la sélection inhérente au capitalisme. C’est pour cela que l’alternative implique un monde où chacun assume la fragilité propre au phénomène de la vie et où chacun développe ce qu’il peut avec les autres et pour la vie. Que ce soit la lutte pour la culture Sourde qui a su faire exploser la prison de la taxinomie médicale, comme la lutte contre la psychiatrisation de la société, et tant d’autres, loin d’être de petites luttes pour un peu plus d’espace, ce sont de véritables créations qui enrichissent la vie. C’est pour cela que nous invitons aussi à résister avec nous les groupes de lutte contre la normalisation disciplinaire médico-sociale sous tous ses aspects. La même chose se produit avec les formes de disciplinarisation propres aux systèmes éducatifs. La normalisation opère ici comme une menace permanente d’échec ou de chômage. Il existe en revanche des expériences parallèles, alternatives et diverses par rapport à la scolarisation où les problèmes liés à l’éducation se développent selon une logique différente. Handicapés, chômeurs, retraités, cultures en marge, homosexuels, sont toutes des classifications sociologiques qui opèrent en séparant et en isolant à partir de l’impuissance, de ce qu’on ne peut pas faire, en rendant unilatéral et pauvre le multiple, ce qui peut être vu comme source de puissance.

    11. Résister au repli
    Résister, c’est aussi repousser la tentation d’un repli d’identité qui sépare les nationaux des étrangers . L’immigration, les flux migratoires ne sont pas un problème mais une réalité profonde de l’humanité depuis toujours et pour toujours. Il ne s’agit pas d’être philanthropiquement bon pour les étrangers , mais de désirer la richesse produite par le métissage. Résister c’est créer des liens entre les sans , sans toit, sans travail, sans papiers, sans dignité, sans terre, tous les sans qui n’ont pas la bonne couleur de peau , la bonne pratique sexuelle , etc. : une union de sans, une fraternité des sans, non pour être avec mais pour construire une société où les sans et les avec n’existent plus.

    12. Résister à l’ignorance
    Nos sociétés qui prétendent être des cultures scientifiques sont en réalité, d’un point de vue historique et anthropologique, le type de société qui a produit le plus grand degré d’ignorance que l’épopée humaine ait connu. Si dans toute culture les hommes ont possédé des techniques, notre société est la première qui soit proprement possédée par la technique. 90% d’entre nous sommes incapables de savoir ce qui se passe entre le moment où l’on appuie sur le bouton et le moment où l’effet désiré se produit. 90% d’entre nous ignorons la quasi-totalité des mécanismes et ressorts du monde dans lequel nous vivons. Ainsi, notre culture produit des hommes et des femmes ignorants qui, se sentant exilés de leur milieu, peuvent alors le détruire sans scrupule aucun. La violence de cet exil est tel que, pour la première fois, l’humanité se trouve confrontée à la possibilité réelle et concrète - et peut-être inévitable - de sa destruction. On nous dit qu’étant donnée la complexité de la technique les hommes doivent l’accepter sans la comprendre, mais le désastre écologique montre que ceux qui croient comprendre la technique sont loin de la maîtriser. Il est donc urgent de créer des groupes, des noyaux, forums de socialisation du savoir pour que les hommes puissent à nouveau prendre pied dans le monde réel. De nos jours, la technique de la génétique nous place à la lisière d’une possibilité de sélection entre les êtres humains selon des critères de productivité et de bénéfices. L’eugénisme, au nom du bien, inhumanise l’humanité. On nous apprend que nous pouvons à présent procéder à la clonation d’un être humain et notre triste humanité désorientée ignore ce qu’est un être humain... Ces questions sont des questions profondément politiques qui ne doivent pas rester entre les mains des techniciens. Autrement dit, la res-publique ne doit pas devenir res-technique.

    13. Résistance permanente
    Résister c’est affirmer que, contrairement à ce que l’on a pu croire, la liberté ne sera jamais un point d’arrivée. Paradoxalement, l’espoir nous condamne à la tristesse. La liberté et la justice n’existent qu’ici et maintenant, dans et par les moyens qui les construisent. Il n’y a pas de bon maître ni d’utopie réalisée. L’utopie est le nom politique de l’essence même de la vie, c’est-à-dire le devenir permanent. C’est pourquoi l’objectif de la résistance ne sera jamais le pouvoir. Le pouvoir et les puissants sont d’ailleurs condamnés à ne pas trop s’éloigner de ce qu’un peuple désire. Dès lors, croire que le pouvoir décide du réel de nos vies relève toujours d’une attitude d’esclave. L’homme triste, comme nous le disions, a besoin du tyran. Il n’est pas suffisant de demander aux hommes qui occupent le pouvoir qu’ils édictent telle ou telle loi séparée des pratiques de la base sociale. Nous ne pouvons pas, par exemple, demander à un gouvernement qu’il édicte des lois donnant aux étrangers les mêmes droits qu’aux autres si au sein de la base sociale nous ne construisons pas la solidarité qui va dans ce sens. La loi et le pouvoir, s’ils sont démocratiques, doivent refléter l’état de la vie réelle de la société. Par conséquent, notre problème n’est pas que le pouvoir soit corrompu et arbitraire. Notre problème et notre défi c’est la société que ce pouvoir reflète, autrement dit, notre tâche en tant qu’hommes et femmes libres, c’est qu’existent les liens de solidarité, de liberté et d’amitié qui empêchent réellement que le pouvoir soit réactionnaire. Il n’y a de liberté que dans les pratiques de libération.

    14. La résistance est lutte
    La composition de liens augmente la puissance, la séparation capitaliste la diminue. La lutte pour la liberté est bien une lutte communiste pour récupérer et augmenter la puissance. En revanche, le capitalisme opère par abstraction, sérialisation, réification en décomposant les liens et en nous plongeant dans l’impuissance. C’est pourquoi la lutte pour la liberté et la démocratie sont des devenirs permanents qui ne trouveront jamais d’incarnation définitive. La lutte va toujours dans le sens de la puissance, de la composition de liens, de l’alimentation du désir de liberté dans chaque situation concrète.

    15. Résistance ouvrière
    La résistance comme création exige que nous pensions aussi la question du sujet révolutionnaire , en rompant définitivement avec la vision marxiste classique posant la classe ouvrière comme le sujet révolutionnaire, personnage messianique au sein de l’historicisme moderne. Cependant, contrairement à ce que prétendent certains sociologues postmodernes de la complexité, la classe ouvrière ne tend pas à disparaître, simplement, la fonction ouvrière se déplace et s’ordonne géographiquement. Ainsi, si dans les pays centraux il y a numériquement moins d’ouvriers, la production s’est déplacée vers les pays dits périphériques où l’exploitation brutale des hommes, des femmes et des enfants assure d’énormes bénéfices aux entreprises capitalistes. Et dans les pays centraux, par le biais de l’évocation de l’insécurité , on propose aux classes populaires des alliances nationales pour mieux exploiter le tiers-monde. La production capitaliste est une production diffuse, inégale et combinée. C’est pour cela que la lutte, la résistance doit être multiple mais aussi solidaire. Il n’y a pas de libération individuelle ou sectorielle. La liberté ne se conjugue qu’en termes universels, ou dit autrement, ma liberté ne s’arrête pas là où commence celle de l’autre, mais ma liberté n’existe que sous la condition de la liberté de l’autre. Bien qu’il n’existe pas de sujet révolutionnaire en soi , prédéterminé, il existe en tous cas des sujets révolutionnaires multiples qui n’ont pas de forme prédéfinie ni d’incarnation définitive. Aujourd’hui, nous voyons fleurir des coordinations, des collectifs et des groupes de travailleurs qui débordent largement dans leurs revendications les luttes sectorielles. Ces luttes doivent, au sein de chaque singularité, de chaque situation concrète dépasser le quadrillage du pouvoir, c’est-à-dire refuser la séparation entre avec emploi et sans emploi, nationaux et étrangers, etc. Non parce que l’employé, le national, homme, blanc doit être charitable avec le sans-emploi, l’étranger, la femme, le handicapé, etc., mais parce que toute lutte qui accepte et reproduit ces différences est une lutte qui, aussi violente soit elle, respecte et renforce le capitalisme. Mais la fonction ouvrière se déplace aussi dans un autre sens : de l’usine classique comme espace physique privilégié de constitution de valeur à la fabrique sociale dans laquelle le capital assume la tâche de coordonner et de subsumer toutes les activités sociales. La valeur s’estompe dans toute la société, elle circule à travers les formes multiples du travail. L’accumulation capitaliste s’étendant à l’ensemble de la société, elle peut, par conséquent, être sabotée à n’importe quel point du circuit par le biais d’actes d’insubordination.

    16. La résistance et la question du travail
    Une partie de la construction des hiérarchies et des classifications qui nous sont imposées part de la confusion entre la division technique du travail et la division sociale du travail. Sous la notion de travail nous entendons en effet deux choses différentes. D’un côté, une activité constitutive de l’homme, anthropologique ou ontologique, l’ensemble des relations sociales qui nous conforment, dans la perspective matérialiste de la société et de l’histoire. Mais d’un autre côté le travail est ce devoir, aliénant, cet esclavage moderne sous lequel le capitalisme nous sépare en classes. C’est celui-là qui nous fait souffrir quand nous en avons et quand nous n’en avons pas. Abolir le travail dans ce dernier sens c’est réaliser les possibilités de l’idée communiste libertaire du travail dans le premier sens. Les hiérarchies qui se fondent sur l’unidimensionnalisation de la vie dans la question du travail aliéné, l’emploi, sont celles qui doivent être dissoutes dans l’ouverture à la multiplicité des savoirs et des pratiques de la vie. Le travail, du point de vue ontologique, l’ensemble des activités qui effectivement valorisent le monde (techniques, scientifiques, artistiques, politiques) est, en même temps, une source de démocratisation radicale et une mise en question définitive et totale du capitalisme.

    17. Résister c’est construire des pratiques
    Résister ce n’est pas, dès lors, avoir des opinions. Dans notre monde, contrairement à ce que l’on peut croire, il n’y a pas de pensée unique , il y a quantités d’idées différentes. Mais des opinions différentes n’impliquent pas des pratiques réellement alternatives et de ce fait ces opinions ne sont que des opinions sous l’empire de la pensée unique, c’est-à-dire de la pratique unique. Il faut en finir avec ce mécanisme de la tristesse qui fait que nous avons des opinions différentes et une pratique unique. Rompre avec la société du spectacle signifie ne plus être spectateur de sa propre vie, spectateurs du monde. Attaquer le monde virtuel, ce monde qui a besoin, pour nous discipliner, pour nous sérialiser que nous soyons tous à la même heure devant notre poste de télévision, cela ne revient pas à dire comment le monde, l’économie, l’éducation, doit être de manière abstraite. Résister c’est construire des millions de pratiques, de noyaux de résistance qui ne se laissent pas piéger par ce que le monde virtuel appelle le sérieux . Etre réellement sérieux ce n’est pas penser la globalité et constater notre impuissance. Etre sérieux implique de construire, ici et maintenant, les réseaux et liens de résistance qui libèrent la vie de ce monde de mort. La tristesse est profondément réactionnaire. Elle nous rend impuissants. La libération, finalement, est aussi libération des commissaires politiques, de tous ces tristes et aigres maîtres libérateurs. C’est pour cela que résister passe aussi par la création de réseaux qui nous sortent de cet isolement. Le pouvoir nous souhaite isolés et tristes, sachons être joyeux et solidaires. C’est en ce sens que nous ne reconnaissons pas l’engagement comme un choix individuel. Nous avons tous un degré déterminé d’engagement. Il n’y a pas de non militants ou d’indépendants . Nous sommes tous liés. La question est de savoir d’une part, à quel degré, et d’autre part, de quelle côté de la lutte on est engagé.

    18. Résister c’est créer des liens
    Il est indispensable de réfléchir sur nos pratiques, les penser, les rendre visibles, intelligibles, compréhensibles. Pouvoir conceptualiser ce que nous faisons constitue une part de la légitimité de nos constructions et participe de la socialisation des savoirs entre les uns et les autres : être nous-mêmes lecteurs, penseurs et théoriciens de nos pratiques, être capables d’apprécier la valeur de notre travail pour éviter qu’on nous appauvrisse par des lectures normalisatrices. Ce manifeste n’est pas une invitation à adhérer à un programme et encore moins à une organisation. Nous invitons simplement les personnes, les groupes et les collectifs qui se sentent reflétés par ces préoccupations à prendre contact avec nous afin de commencer à briser l’isolement. Nous vous invitons aussi à photocopier et à diffuser ce document par tous les moyens à votre disposition. Tous ceux qui souhaiteraient faire des commentaires, propositions, etc., seront les bienvenus. Nous nous engageons à les faire circuler au sein du Réseau de Résistance Alternatif. Nous ne souhaitons pas établir un centre ou une direction et nous mettons à la disposition des camarades et amis l’ensemble des contacts du Réseau pour que le dialogue et l’élaboration de projets ne se fasse pas de manière concentrique.

    19. Résistance et collectif de collectifs
    Beaucoup de nos groupes ou collectifs possèdent des publications ou des revues. Le réseau se propose d’accumuler et de mettre à disposition des autres groupes ces savoirs libertaires qui peuvent aider et potentialiser la lutte des uns et des autres. Des centaines de luttes disparaissent par isolement ou par manque d’appui, des centaines de lutte sont obligées de partir de zéro, et chaque lutte qui échoue n’est pas seulement une expérience , chaque échec renforce l’ennemi. D’où la nécessité de nous entraider, de créer des arrière-gardes solidaires pour que chaque personne qui en quelque point du monde lutte à sa manière, dans sa situation, pour la vie et contre l’oppression puisse compter sur nous comme nous espérons pouvoir compter sur elle. Le capitalisme ne tombera pas d’en haut. C’est pour cela que dans la construction des alternatives il n’y a pas de petit ou de grand projet.

    Saluts fraternels à tous les frères et sœurs de la côte Salut de pirates : à la différence des corsaires, trafiquants esclavagistes et mercantilistes des mers, les pirates étaient communistes et créaient des communes libres sur les côtes où ils s’arrêtaient.

    El Mate (Argentine), Mères de la place de Mai (Argentine), Collectif Amautu (Pérou), Groupe Chapare (Bolivie), Collectif Malgré Tout (Paris), Collectif Che (Toulon), Collectif Contre les Expulsions (Liège), Centre Social (Bruxelles).

  • Martin Untersinger
    Martin Untersinger répond à -Protagoras-
    Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
    • Posté à 09h26 le 24/01/2012
      rédacteur
    • 130873
      Journaliste

    Un des textes fondateurs d’Internet, merci !

    Sinon, pour en trouver d’autres, c’est ici ou .

  • Nain Glumeux
    Nain Glumeux
    Touriste
    • Posté à 20h37 le 23/01/2012
    • Internaute 148099
      Touriste

    en fait de tueurs assoiffés d’hémoglobine virtuelle, on est plus proche d’amateurs.

  • Intendant Zonard
    • Posté à 20h39 le 23/01/2012
    • Internaute 26612

    Je n’aime pas la traduction de Télérama : la dernière phrase de la devise Anon, « expect us », veut plutôt dire « vous allez devoir tenir compte de nous ». C’est déjà moins agressif et plus « démocrate » que « préparez-vous », non ?

    • Ryuu
      Ryuu répond à Intendant Zonard
      Informaticien parisien
      • Posté à 01h50 le 24/01/2012
      • Internaute 28569
        Informaticien parisien

      ce serait plutôt « préparez-vous à entendre parler de nous ». Pas facile de bien transcrire ce texte d’ailleurs, le forgive/forget, qui sonne très bien en anglais, est également difficilement à rendre de façon aussi charmante.

  • phiverm
    phiverm
    Paris Visiteur Urbain
    • Posté à 20h45 le 23/01/2012
    • Internaute 99317
      Paris Visiteur Urbain

    on vit une epoque formidable . comprends rien ddoosss ? attaquer l’express au char d’assaut ?

  • elarips
    • Posté à 20h46 le 23/01/2012
    • Internaute 19146

    ce monsieur est insupportable et n’y connait rien !
    enfin nous avons vu son vrai visage ...

  • tibi64
    tibi64
    Lutin perenophobe
    • Posté à 20h57 le 23/01/2012
    • 179886
      Lutin perenophobe

    Titre de l’article vraiment mal choisi : « Anonymous attaque L’Express, au risque de se trahir ».
    Aucune preuve que c’est bien Anonymous qui l’a attaqué, ils ne l’ont jamais revendiqué (ce qui n’est pas dans leur habitude.)
    Bref, un article qui pue l’absence de neutralité chez son auteur...

    Surtout que venant d’un torchon comme l’express, ça ne m’étonnerai même pas qu’ils aient simulé une coupure (c’est fait en 1 clic depuis l’hébergeur de leur site), ou ai subi un problème technique interne, et en ai profité pour accuser Anonymous, histoire de faire le buzz, et d’attirer une partie du public qui est contre Anonymous.

    Quand on veut écrire un article, on fait bien gaffe au titre que l’on choisi, une partie des gens sur Rue89 ne vont lire que le titre, et pas l’article en entier, et vu uniquement par le titre, cet article est une intox : /

    Cordialement, Tibi Maxime.
    (edit : Alléger la fin du commentaire, j’étais un peu dur dans mes propos :) )

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à tibi64
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 21h13 le 23/01/2012
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Aucune preuve que c’est bien Anonymous qui l’a attaqué, ils ne l’ont jamais revendiqué (ce qui n’est pas dans leur habitude.)

      Le titre (qui était de moi, pas de Martin) était effectivement trop affirmatif, je l’ai modifié. Mais on voit bien le problème : si tout le monde peut se revendiquer Anonymous, qu’est-ce qui empêche ceux qui ont bloqué L’Express.fr de le faire au non d’Anonymous – au mépris des valeurs défendues par les « historiques » ?

      • unagi-
        unagi- répond à Yann Guégan
        卑語
        • Posté à 21h38 le 23/01/2012
        • Internaute 24252
          卑語

        Ah ben oui qui qui empêche ? Hein ?
        Et Qui qui empêche de me revendiquer flnc ou al quaida ou ira ? Ou est la différence ?
        Sur la revendication officielle et vérifiée ou certifiée d’un groupe.
        Mépris des valeurs prend son sens avec vous.

         
        • Yann Guégan
          Yann Guégan répond à unagi-
          Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
          • Posté à 23h46 le 23/01/2012
            éditeur
          • Journaliste 1836
            Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

          Sauf que l’IRA et Al-Qaeda ne revendiquent pas d’être des organisations anarchistes ouvertes à toutes les bonnes volontés.

          • unagi-
            unagi- répond à Yann Guégan
            卑語
            • Posté à 00h05 le 24/01/2012
            • Internaute 24252
              卑語

            « Juste une précision, Anonymous france a déclaré via Twitter ne pas être à l’origine du piratage du blog de Barbier. Ce n’était pourtant pas “ difficile ” à savoir.

            “ L’opération contre l’Express et iTélé n’est pas soutenue par #Anonymous ! On ne touche pas aux médias !” »

            Je n’ai pas souvenir d ’anarchie dans les éclarations d’anonymous ni d’un ticket d’entrée chez les autres vous me faites penser à la pauvre fille portant plainte pour un viol islamiste an le RER, tout est bon pour vous, l’information une marchandise comme les autres.
            Vous n’avez aucun métier, un maquinion.
            lepen a l’air plus à votre portée.

            • brisk
              brisk répond à unagi-
              invariable
              • Posté à 00h59 le 24/01/2012
              • 179721
                invariable

              Un commentaire mesuré, une conclusion raisonnable ... Après tout, pas besoin d’être courtois quand on a un pseudonyme. Bravo.

              • unagi-
                unagi- répond à brisk
                卑語
                • Posté à 01h06 le 24/01/2012
                • Internaute 24252
                  卑語

                Si vous voulez mon nom il suffit de demander.

                • brisk
                  brisk répond à unagi-
                  invariable
                  • Posté à 01h16 le 24/01/2012
                  • 179721
                    invariable

                  A moins que vous décidiez de l’échanger contre votre pseudonyme, ça n’a pas d’intérêt. Prêt(e) à franchir le pas ?

                  • unagi-
                    unagi- répond à brisk
                    卑語
                    • Posté à 01h23 le 24/01/2012
                    • Internaute 24252
                      卑語

                    Pas plus que vous, ce qui ne change rien à ma proposition.

                    • brisk
                      brisk répond à unagi-
                      invariable
                      • Posté à 01h36 le 24/01/2012
                      • 179721
                        invariable

                      Ça ne vous empêche pourtant pas d’invectiver/insulter en public quelqu’un qui poste sous son vrai nom.

            • brisk
              brisk répond à unagi-
              invariable
              • Posté à 00h59 le 24/01/2012
              • 179721
                invariable

              Un commentaire mesuré, une conclusion raisonnable ... Après tout, pas besoin d’être courtois quand on a un pseudonyme. Bravo.

            • Yann Guégan
              Yann Guégan répond à unagi-
              Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
              • Posté à 12h24 le 24/01/2012
                éditeur
              • Journaliste 1836
                Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

              C’est toujours un plaisir de débattre avec vous, cher Unagi. Bonne journée à vous aussi.

          • Lokiel
            Lokiel répond à Yann Guégan
            ex-étudiant
            • Posté à 09h21 le 24/01/2012
            • Internaute 129379
              ex-étudiant

            Ok, alors jouons : qu’est ce qui m’empêche demain de me déclarer anarchiste et de poser une bombe dans le métro ? Ou de me déclarer UMP et d’aller tabasser des arabes dans la rue ? Ou de me déclarer artiste moderne et d’aller taguer l’Elysée ? Ou... ? Le problème du « canal historique » et de ce que j’appellerais « le halo des petits cons » il existe pour tous les courants d’opinion, hein...

          • comité de sécurité des commentaires
            • Posté à 10h23 le 24/01/2012
            • Internaute 148442
              consultant

            si d’autres anarchistes s’en prennent aux médias , tant mieux, le règne hégémonique de certains titres n’a que trop duré. surtout quand on survole le contenu
            ce ne serait pas eux qui s’attaquent lâchement à rue 89 pour bousiller la V2 ?

        • Sethtes
          Sethtes répond à unagi-
          Mega Culpa
          • Posté à 23h54 le 23/01/2012
          • Internaute 86642
            Mega Culpa

          En même temps qu’est ce qui est en train de se passer actuellement ?

          Parce que bon, c’est quoi le message : rejoignez-nous, ça s’adresse à tout le monde mais... pas trop quand même hein ! ?

          Ou alors, ça concerne tout le monde MAIS... on reste quand même entre nous ! Et puis... elle se situe où exactement la limite entre « celui qui s’y connaît en hacking » et celui qui ne s’y connait pas ? A partir de quel moment on s’y connaît suffisamment pour être Anonymous ?

          Ou alors, il y a les Anonymous vrais, les VIP, les reconnus, et puis le bas peuple Anonymous ?

          Enfin bref... ça ne change pas grand chose sur le fonctionnement global de l’organisation et ça rend la chose passionnante. Mais réagir comme vous le faites, en niant la réalité de toutes ces questions et le fait que ce type de fonctionnement est non « figé » DONC, par essence, soumis à beaucoup d’interprétations et d’écarts, c’est prendre pour des cons toute personne qui oserait se questionner sur les questions de revendication et de pouvoir (qui apparaissent toujours dans n’importe quel système).

          Ce n’est certainement pas en étant dédaigneux que vous apporterez le moindre éclaircissement sur la réalité de la situation des Anonymous.

          En attendant, j’aime beaucoup ce mouvement et j’espère qu’il continuera à rester (en espérant que certains actes actuels seront étudiés et identifiés). Et leur organisation est une belle utopie vivante qui peut durer dans le temps si elle est un tant soit peu gérée.

          • unagi-
            unagi- répond à Sethtes
            卑語
            • Posté à 00h08 le 24/01/2012
            • Internaute 24252
              卑語

            « Juste une précision, Anonymous france a déclaré via Twitter ne pas être à l’origine du piratage du blog de Barbier. Ce n’était pourtant pas “ difficile ” à savoir.

            “ L’opération contre l’Express et iTélé n’est pas soutenue par #Anonymous ! On ne touche pas aux médias !” »

            Et votre post du vent, qui nie la réalit´ ? Vous ou moi ?

            • Sethtes
              Sethtes répond à unagi-
              Mega Culpa
              • Posté à 00h24 le 24/01/2012
              • Internaute 86642
                Mega Culpa

              Donc le message initial du « Tout le monde peut être Anonymous » prend un sens tout à fait différent.

              Ne faites pas celui qui ne comprend pas non plus...

              • unagi-
                unagi- répond à Sethtes
                卑語
                • Posté à 00h34 le 24/01/2012
                • Internaute 24252
                  卑語

                Qui diffère de « tout le monde est Anonymous », peut être n’est pas être si vous même voulez faire un effort.

              • MaximeL
                MaximeL répond à Sethtes
                « Un plot restera un plot »
                • Posté à 14h14 le 24/01/2012
                • Internaute 104385
                  « Un plot restera un plot »

                Le seul « problème » d’anonymous est qu’il n’y a aucune structure empêchant les gens n’ayant pas saisis l’idéologie (ou même voulant nuire à cette dernière) de se déclarer anon.

                Je ne suis pas un anon, je suis un sympathisant depuis quelque temps (2007 si mes souvenirs sont bons). Enfin idéologiquement parlant (LOURD) j’en suis un, ce qui me permet d’être critique quand à leurs actions et de discerner les « faux » des « vrais ». Anonymous c’est une idéologie pas forcément de l’hacktivisme, et si un acte d’une personne se prétendant anon n’est pas conforme à l’idéologie il n’en est pas un. En se basant là-dessus peu importe la prétendue ancienneté d’un anon si son idéologie est déviante il n’en est pas un.
                Bien entendu c’est mon point de vu, je ne me permettrai pas de parler en leur, votre, notre, nom !

                • Sethtes
                  Sethtes répond à MaximeL
                  Mega Culpa
                  • Posté à 17h46 le 24/01/2012
                  • Internaute 86642
                    Mega Culpa

                  Je suis bien d’accord avec vous et je trouve l’organisation tout de même très intéressante et admirable.

                  Simplement le type d’intervention d’unagi, qui élude toutes les questions liées au problème de la « revendication », oblige à pousser plus vers l’extrême certaines idées alors que ce n’était pas nécessaire initialement.

        • Adam Lèvre
          Adam Lèvre répond à unagi-
          (...)
          • Posté à 00h44 le 24/01/2012
          • 178753
            (...)

          Ah ben oui qui qui empêche ? Hein ?
          Vous. Quand on se pose une question intéressante on cherche la réponse. Quand on ne se trouve rien d’intéressant on pose des questions.
          Apprenez ce que vous devez savoir et ne vous occupez pas de ce qui ne vous servira à rien.
          Voilà pourquoi vous ne me verrez jamais poser de questions inutiles, je cherche à être utile aux gens qui ne me demandent rien. Les gens dans votre genre sont des boulets. Jamais on ne m’ a obligé ni interdit quoique ce soit sur internet ou en dehors et même avant qu’internet n’existe. Vous vous posez des questions à un poste de radio et une télévision et vous êtes mort devant un texte. Dans la réalité, la police, les patrons et les juges posent les questions,sur internet ce sont les branleurs.

          • unagi-
            unagi- répond à Adam Lèvre
            卑語
            • Posté à 00h52 le 24/01/2012
            • Internaute 24252
              卑語

            Effectivement jamais je ne vous ai vu poser de question.

          • tOrDrE L¤RdRe
            tOrDrE L¤RdRe répond à Adam Lèvre
            chien de talus
            • Posté à 01h03 le 24/01/2012
            • Internaute 50571
              chien de talus

            c’est pas con ça « la communauté des branleurs »...

        21 autres commentaires
      • eetu
        eetu répond à Yann Guégan
        derapeur
        • Posté à 22h17 le 23/01/2012
        • 179726
          derapeur

        Ah ah ah (triple Ah) !
        C’est malin !
        Un groupe s’intitule « les anonymes », et ensuite vient gueuler chaque fois que quelqu’un reçoit une lettre anonyme, sous prétexte qu’on accapare leur identité, j’ai bien compris, non ?
        Ca me rappelle cette histoire : Shakespeare n’a jamais existé, c’est un inconnu qui a écrit ses oeuvres en se faisant appeler Shakespeare ...

         
        • silversamourai
          silversamourai répond à eetu
          paranoia agent
          • Posté à 17h16 le 24/01/2012
          • Internaute 15954
            paranoia agent

          « Notre identité n’a pas de corps » dans le déclaration des anonymes...
          Au moins ils sont logiques : pas de nom pas de corps...mais croire qu’une identité puisse se construire sans nom ni corps...là je suis largué...

        • gggui
          gggui répond à eetu
          la catastrophe !
          • Posté à 18h39 le 24/01/2012
          • Internaute 100044
            la catastrophe !

          Victor Hugo aussi : « Victor Hugo est complètement fous, il lui arrive même de se prendre pour Victor Hugo »

        2 autres commentaires
    • frapadingue
      frapadingue répond à tibi64
      assis sur ma chaise
      • Posté à 08h43 le 24/01/2012
      • Internaute 56548
        assis sur ma chaise

      Barbier a voulu se donner de l’importance en salissant et provoquant les anonymous, à coups sur cette attaque est un false flag qui a pour but de montrer que c barbier est un penseur ’important

  • watashi_baka
    • Posté à 20h49 le 23/01/2012
    • Internaute 47330
      ...

    Lorsque Marine Le pen tiens des propos haineux et fascistes, il est du devoir de tous les démocrates de s’indigner et de lui faire savoir que nous n’acceptons pas ses idées.

    Lorsqu’un patron de presse tiens des propos haineux et fascistes il est du devoir de tous les démocrates de s’indigner et de lui faire savoir que nous n’acceptons pas ses idées

    Les attaques contre l’express sont toutes aussi légitime que les contre manifestation à toutes les manifestations nazies

    • brisk
      brisk répond à watashi_baka
      invariable
      • Posté à 20h58 le 23/01/2012
      • 179721
        invariable

      Un commentaire qui fera beaucoup plaisir à la rédaction de Charlie Hebdo.

      • watashi_baka
        watashi_baka répond à brisk
        ...
        • Posté à 21h21 le 23/01/2012
        • Internaute 47330
          ...

        Il y a quand même une attaque DDOS sans conséquence, ni violence, ni risque réel, et un lancer de cocktail molotov non ?

      • Yp2
        Yp2 répond à brisk
        Sale gauchiste d'IEP
        • Posté à 21h28 le 23/01/2012
        • Internaute 71496
          Sale gauchiste d'IEP

        Une attaque DDoS c’est l’équivalent d’une manif en terme de conséquences : quelques perturbations passagères, aucun dommage irréversible.
        Votre comparaison est foireuse.

         
        • brisk
          brisk répond à Yp2
          invariable
          • Posté à 21h51 le 23/01/2012
          • 179721
            invariable

          Ma comparaison est une provocation. Je trouve absurde de se draper dans la démocratie et de tolérer les attaques sur un journal. Les Anonymous eux-mêmes refusent ce genre d’attaques, pour des raisons évidentes : une DDoS c’est une intimidation, même bénigne, et on n’intimide pas la presse.

          Ce n’est pas rendre service au mouvement que de légitimer cette attaque aussi puérile que contreproductive ...

          • Yp2
            Yp2 répond à brisk
            Sale gauchiste d'IEP
            • Posté à 21h57 le 23/01/2012
            • Internaute 71496
              Sale gauchiste d'IEP

            Je suis ok avec vous sur la bêtise des types qui ont choisi de lancer cette attaque plutôt que d’ignorer la provoc à deux balles de Barbier.
            M’enfin je ne vais pas jusqu’à plaindre cette pauvre nouille de Barbier. Pour faire une autre comparaison foireuse : quand on se met au milieu d’une manif et qu’on insulte la foule des manifestants, il ne faut pas s’étonner de se faire casser la gueule, bien que le passage à tabac ne soit ni très moral ni très démocratique comme pratique.

          • Appleseed
            Appleseed répond à brisk
            Mangeur de Twix
            • Posté à 11h36 le 24/01/2012
            • Internaute 11691
              Mangeur de Twix

            Lorsque la presse ne rentre plus dans sa définition première, à savoir (selon moi) d’informer clairement le lecteur et de rester objective, si, s’attaquer à la presse est une forme de lutte utile.

            Tous ces grands éditorialistes à la Barbier / Apathie n co sont à la solde des puissants et continuent de nous flouer jour après jour, alors pourquoi seraient ils à l’abri des attaques ?

            Sous le sacro-saint nom du « journalisme » on nous fait avaler toutes les couleuvres, la presse est le nouveau dogme, gare à toi si tu touche à un journaleux, même s’il est subjectif, partial et fais mal son boulot, ou pire, est un vendu... Cette hégémonie journalistique doit cesser et Barbier devrait apprendre à ne pas péter plus haut que son c**

            Bye

            • brisk
              brisk répond à Appleseed
              invariable
              • Posté à 18h24 le 24/01/2012
              • 179721
                invariable

              Je suis d’accord avec vous sur la médiocrité ambiante de la presse, dans certains domaines en particulier ...

              Par contre, « La presse ne fait pas son travail » c’est une excellente motivation pour créer un journal, pas pour en attaquer un autre. Je ne pense pas que les attaques se justifient, à aucun moment. (Au passage, les réals des Nouveau Chiens de Garde qui refusent de débattre avec Attali, c’est la plus belle occasion manquée que j’aie eu la consternation de voir depuis longtemps.)

              Et puis stratégiquement parlant, autant éviter de faire de Barbier, Joffrin etc. des martyres. Ils sont encore vaguement supportables pour l’instant, mais qui sait ce qu’ils sont capables de devenir ...

        4 autres commentaires
      • comité de sécurité des commentaires
        • Posté à 10h27 le 24/01/2012
        • Internaute 148442
          consultant

        charlie hebdo était mort bien avant les bombes, ce qu’il en reste est un simulacre de presse d’opinion

    • informateur-
      • Posté à 21h13 le 23/01/2012
      • Internaute 147312

      le problème , la liberté d’expression c’est eux , les autres non pas le droit a la liberté d’expression , mais quand ils reçoivent une petite claque , ils jouent les pleurnicheuses .je dis liberté d’expression pour tous ou pour personne

      Lien

  • elarips
    • Posté à 21h04 le 23/01/2012
    • Internaute 19146
    • Vert_de_Terre
      Vert_de_Terre répond à elarips
      pirate > robot > ninja
      • Posté à 21h12 le 23/01/2012
      • Internaute 105517
        pirate > robot > ninja

      Le prix de la clef usb va flamber :)

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