Flamme : selon la presse chinoise, tout s'est très bien passé à Paris
Impresionné par l’ampleur des manifestations qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique à Londres et à Paris, je me mis en quête de mesurer l’impact que ça pourrait avoir sur l’opinion chinoise. Pour cela, j’ai passé en revue les sites chinois qui relatent l’évènement dans la langue de Molière. L’effet est saisissant.

« La cinquième étape du relais de la torche olympique des 29e J.O. de Beijing a eu lieu le 7 avril à Paris, en France. Le relais a surmonté les difficultés créées par un petit nombre d’indépendantistes tibétains et a pu être terminé dans la capitale française. »

« Le porte-parole du centre du relais de la torche du Comité organisateur des Jeux olympiques de Beijing, Qu Yingpu, a affirmé que certaines personnes avaient tenté en vain de perturber le parcours de la flamme à Paris. La police aurait arrêté au moins cinq personnes.Un membre du Parti Vert français a tenté d’arracher la torche de la main de l’ancienne championne de 400 m à haie Stephane Diagana, le premier porteur. La police est immédiatement intervenue.
Guy Drut, membre du Comité olympique français, a déclaré lundi à la chaîne de télévision locale France 3 que le relais ne devait pas être affecté. ’Le feu sacré olympique est un symbole de la paix, de la tolérance (...) et ne doit être affecté par qui que ce soit, par quel moyen que ce soit’, a-t-il indiqué. »
Guy Drut s’est effectivement exprimé sur France 3, et ceci avant le départ de la flamme, mais le journaliste s’est bien gardé de rapporter son discours en entier, discours dans lequel le sportif déplore les agissements du gouvernement chinois à l’encontre des droits de l’homme. Quant à la phrase en question, il aurait été plus honnête, il me semble, de la citer telle qu’elle a réellement été prononcé :
« On ne va pas nous empêcher, à nous, français, de dire ce qu’on a envie de dire sur notre territoire, maintenant, la flamme est sacrée, c’est vraiment un symbole olympique, c’est un symbole de paix, de rassemblement, de générosité, et je crois qu’il ne faut pas y toucher ».

Sur ce même site, on peut y lire un article sur ce qui s’est passé à Paris, intitulé : « Paris : la Flamme a trouvé son ange gardien ». On peut y lire :
« C’est à son nouveau point de départ, au bord de la Seine (le fleuve qui coule à travers Paris), que celle que ses intimes aiment surnommer ’notre ange souriant à deux roues’, s’est muée en gardien exemplaire de la flamme d’Olympie.“Faisant de son frêle corps de jeune fille un rempart, Jin a sauvé la torche lorsqu’un extrémiste favorable à la soi-disant indépendance du Tibet’ s’est rué vers sa chaise roulante dans une énième tentative pour faire dérailler le relais olympique. Tout au long de l’incident et malgré la situation chaotique, l’escrimeuse est restée impassible, affichant une dignité et un courage impressionnants au vu de sa fragilité physique.”
Les partisans européens des droits de l’homme se sont fait plaisir en manifestant énergiquement contre les exactions du gouvernement chinois, et la presse chinoise s’est fait plaisir, en utilisant cette mobilisation à l’avantage du régime qu’elle soutient.
Tout le monde est content.
- 3654 visites
- 23 réactions















5








Il est évident que la presse est un outil servant toute politique totalitaire.
Exemples :
-Le peu d’information que l’on possède sur les actions militaires menées par les Etats Unis, en Irak, en Afganistan et autres...
-L’absence d’infos sur l’intervention de la Russie en Tchéchénie..
-Le rôle de l’Angleterre dans la région de Bassora qui en connaît les réalités...
-Le rôle et les implications de l’armée française sur divers théâtres d’opérations : l’Algérie et ses massacres, le Rwanda et notre absentéisme, etc.
Il ne faut pas compter réellement sur la presse nationale lorsqu’il s’agit de dénoncer des actes peu dicibles, voire illégitimes au sens de la morale.
Il en est ainsi de la presse chinoise, même si ce constat n’est pas unique.




Partager