Revue de coms 22/01/2012 à 15h29

Vos réactions à la fin de Megaupload : « Que la guerre commence ! »

Renaud Février | Journaliste


Mots croisés de Megaupload (Fernand0/Flickr/CC)

Vendredi, Rue89 a tenté de répondre à certaines questions soulevées par la fermeture du site de partage de fichiers Megaupload.

La plupart des riverains du site, comme beaucoup d’internautes sur les réseaux sociaux et autres forums, s’indignent contre la décision américaine. Ils évoquent la liberté d’expression, la culture, mais parlent aussi de guerre numérique… Esseulés, rares sont ceux qui osent se réjouir de la disparition du réseau « Mega ».

« Que la guerre commence »

222diablo222 est révolté :

« Aucune institution [ne] peut se réserver le droit d’obturer le partage de la culture et de la connaissance à travers le monde. Internet a supprimé la barrière qui empêchait les moins aisés d’avoir accès à une mine d’informations et d’œuvres. [...] La culture est à tout le monde. »

Pour Silver974, la fermeture de Megaupload est une déclaration de guerre :

« Il s’agit ni plus ni moins de déterminer si les Etats peuvent censurer à volonté ce qu’ils souhaitent. [...] Les DDoS c’est marrant, ça permet d’exprimer son mécontentement, mais c’est très insuffisant ! Il va falloir faire beaucoup plus [...]

Bref, ils ont frappé les premiers, désormais que commence la guerre ! Commençons déjà par le boycott de tout “bien culturel”. Simple et efficace. Pour le reste, que chacun fasse selon ses “moyens et compétences” […] ! »

Lokiel souhaite également prendre les « armes » :

« Jusqu’ici je me contentais de soutenir moralement les Anonymous. Mais après WikiLeaks et maintenant après ça, je suis prêt à les soutenir plus activement. Si quelqu’un peut m’indiquer comment [les] soutenir dans leurs actions, que ce soit financièrement, techniquement ou par du militantisme, je lui en serai reconnaissant. »

« Beer-to-peer »

Certains riverains expliquent avec humour qu’il existe beaucoup d’autres moyens de télécharger, en toute (il)légalité, films et musique. Pour Watashi_baka, c’est très facile :

« Il y a des dizaines de site qui font le même job que Megaupload : Med*aF*re, R*pidSh*re, etc. Il y a aussi les bonnes vielles technologies P2P qui elles, au moins, ne déstabilisent pas l’infrastructure du Net : thepir*teb*y par exemple. Sinon, un petit tour sur IRC et vous trouverez des gens qui vous fileront le fichier, il suffit de demander.

Enfin, le bon vieux beer-to-peer : vous venez chez un pote avec un DVD vierge/une clé USB, vous copiez les fichiers que vous voulez et pour patienter pendant la copie, vous partagez une bière. »

Le message de HighwayChild est explicite :

« Rapidshare, Fileserve, Hotfile, Desposite, Netload, Uploaded, Oron, Mediafire, Letitbi, Filefactory, Videozer, 4shared, Uploadbox, Uploading, Hellshare, Easyshare. [...] »

« Volés » ?

Détenteur d’un compte « premium » sur Megaupload – un compte valable « à vie », illimité, d’une valeur de 200 euros –, CyrilleCP rigole beaucoup moins :

« J’avais acheté un espace illimité “ à vie ” sur Megaupload pour y stocker toutes mes photos personnelles, mes documents importants, bref, ma vie privée. De quel droit le FBI, qui n’est même pas une institution de mon pays, me prive-t-il de mon bien ? De quel droit notre Président se réjouit-il du vol dont je fais l’objet ? »

Dope enrage :

« Tous mes fichiers personnels et les heures que j’ai passées à les uploader sont morts... C’était mon travail personnel, 100% légal. Des liens que je distribuais à mes correspondants, un rapport je le répète 100% légal et professionnel. [...]

Il faudrait que tout les professionnels anonymes victimes de ce black-out se réunissent sous une entité et attaquent juridiquement les US […]. »

Consommation et licence globale

Les riverains de Rue89 alimentent également le débat purement économique. Dijou :

« Dans un monde idéal (pour les majors) ou plus personne ne pourrait télécharger sans payer, je suis sûr qu’ils gagneraient moins que ce qu’ils empochent actuellement. Beaucoup d’internautes achètent (surtout au niveau musical) après avoir pu écouter les artistes de cette manière. Ceux qui pompent sans acheter n’achèteront pas plus, ils n’ont pas les ressources. »

Lokiel confirme  :

« Les chanteurs, par exemple, s’en sortent mieux avec ces sites de téléchargement que sans, pour une raison toute simple : les gens économisent de l’argent pour aller en concert. Ce n’est pas par hasard que beaucoup d’artistes soutiennent les plateformes de téléchargement. [...] »

Pour Phil135, l’industrie culturelle est de « mauvaise foi » :

« C’est une mauvaise foi hallucinante de la part du business des médias que de faire la confusion entre téléchargements (certes illégaux) et manque à gagner : 99,9% de ce qui est téléchargé n’aurait jamais été acheté de toute façon. C’est juste un nouveau business, le nier conduit à mettre l’argent dans les poches de Kim et ses copains au lieu de la Sacem ou la Riaa. [...]

Un abonnement “ direct download ” est équivalent à une licence globale. Les gens sont prêts à payer et ils le font. Le législateur doit juste choisir si le versement a lieu à Paris ou à Hong Kong. »

« Bande de voleurs »

Au milieu de tous ces commentaires, Fred24 passerait presque inaperçu. C’est un des seuls à aller dans le sens de la décision américaine :

« Bande de voleurs...Télécharger une œuvre sans rémunérer l’auteur c’est du vol ! Et pis c’est tout... Le coup “ça fait de la pub” c’est du pipeau... Je suis auteur... J’ai beaucoup de “ pub ”, mais ça ne file pas à bouffer. Quand vous appelez le plombier, dites-lui que vous mettrez une affiche et que vous ne paierez pas... Vous faites de la pub. Vous savez quoi ? Auteur est un métier comme un autre. »

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  • timmy
    timmy répond à Fred24
    (écrivain public)
    • Posté à 11h23 le 24/01/2012
    • Internaute 24456
      (écrivain public)

    Personne n’a parlé de travailler gratuitement, il y a une différence entre être payé pour un travail, et toucher des droits sous prétexte de propriété intellectuelle. Mais ça vous ne semblez décidément pas décidé à le comprendre.

  • Gavroche 2.0
    Gavroche 2.0 répond à timmy
    Etudiant
    • Posté à 19h27 le 25/01/2012
    • 179800
      Etudiant

    Timmy, vous me semblez appartenir à une espèce en voie de disparition, le communiste utopiste. Qu’elle est belle cette idéologie ou rien n’est à personne et tout est à tout le monde ! Seulement quand il s’agit de fabriquer quelque chose qui demande du temps, des efforts, un volontaire pour le faire ?
    Ce monde est voué à l’échec sans un système qui récompense ceux qui travaillent, sans quoi la population mondiale entrerait dans un conflit d’intérêt général.

  • timmy
    timmy répond à Fred24
    (écrivain public)
    • Posté à 17h49 le 23/01/2012
    • Internaute 24456
      (écrivain public)

    Un double post, désolé.

  • Pi.K
    Pi.K répond à Gavroche 2.0
    Vilain Parisien
    • Posté à 01h35 le 23/01/2012
    • Internaute 105016
      Vilain Parisien

    Ainsi que je l’ai signalé plus bas, ce type de comparaison relève du raisonnement fallacieux (ou, pour être gentil et charitable, de l’erreur de débutant). Le boulanger, ou le plombier dans l’exemple erroné de Fred24, est payé à la mesure de son travail : si un boulanger veut augmenter ses revenus, il doit faire plus de pain. L’auteur est payé à la mesure de son succès, indépendamment de la quantité de travail qu’il fournit. L’auteur ne doit pas réécrire chaque page de son livre, ni le musicien refaire un enregistrement, pour chaque ouvrage ou chaque CD vendu.

    La différence est tout de même assez considérable.

    • Fred24
      Fred24 répond à Pi.K
      Rural
      • Posté à 18h46 le 23/01/2012
      • Internaute 89386
        Rural

      C’est marrant cette manie que vous avez de relier temps de travail et rémunération, ça se dit jeune et ça a des raisonnement du xix siècle, enfin quand ça vous arrange. Vous êtes pathétiques.

    • Gavroche 2.0
      Gavroche 2.0 répond à Pi.K
      Etudiant
      • Posté à 19h31 le 25/01/2012
      • 179800
        Etudiant

      Vous avez raison, mon argument n’était pas le plus pertinent, mais c’est celui qui m’est venu le plus vite à l’esprit. Dans tous les cas, le fait est que lorsqu’il y a un travail derrière une réalisation commerciale, la manière d’honorer ce travail est de le payer, car il constitue la source de survie du travailleur. Sinon quoi c’est du vol, selon moi.

  • timmy
    timmy répond à Gavroche 2.0
    (écrivain public)
    • Posté à 14h30 le 23/01/2012
    • Internaute 24456
      (écrivain public)

    Analogie foireuse, mais on va se faire un plaisir de la corriger, mon précieux.

    Imaginez un boulanger qui fabrique du pain, et un jour quelqu’un (une sorte de Space Djizeuss 2.0) trouve un moyen de décupler ce pain, sans perte de qualité. Qui voudrait payer pour une chose qu’il est possible d’obtenir gratuitement ?

    Continuons : est ce qu’il serait mauvais pour l’humanité qu’un tel procédé de multiplication des pains soit découvert ? Vous avez 3 heures, la calculatrice est interdite.

    • Gavroche 2.0
      Gavroche 2.0 répond à timmy
      Etudiant
      • Posté à 19h40 le 25/01/2012
      • 179800
        Etudiant

      Drôle d’amalgame que voilà. Encore la marque de l’utopiste. Aux dernières nouvelles seul Jésus avait ce don et en bonus il multipliait même le poisson. Généreux, l’ami ! On sait où ça l’a conduit...
      Bref, je divague. Cessons de vivre dans l’ « hypothèse de... », le fait est que dans le monde actuel si tu travailles pas, tu crèves, ou alors tu vis au crochet de la société (bien que certains n’aient pas le choix, et qu’on ne peut parfois pas appeler ça « vivre »). Donc : sans travail, pas de rémunération, sans rémunération, pas de satisfaction des besoins primaires et secondaires, et sans rentrer dans le discours du petit économiste en herbe, pas de vie.
      J’exagère le tout bien sûr, mais imaginez alors que personne ne paye le travail que vous effectuez, vous le vivez comment ? Et bien cette hypothèse est une réalité pour certains artistes, qui se font littéralement voler leur travail. Tout est dit.

       
      • timmy
        timmy répond à Gavroche 2.0
        (écrivain public)
        • Posté à 08h19 le 26/01/2012
        • Internaute 24456
          (écrivain public)

        Bien sûr que la vie est est faite comme ça, mais il faut arrêter de prétendre qu’on a affaire à l’ordre naturel des choses, que c’est ainsi que le monde tourne. Vous savez que la vie n’a pas toujours été comme ça et qu’elle sera encore différente dans 50 ans, dans 200 ans ?

        Et puis zut, vous pouvez me considérer comme un rêveur ou un utopiste, mais le fait est qu’aujourd’hui pour nourrir la France entière on a plus besoin d’une population à 80% paysanne, donc la multiplication des pains n’est plus vraiment au stade de l’hypothèse.

        En fait on pourrait nourrir la France entière avec un minimum d’efforts si les systèmes de récolte, transformation et acheminement de la nourriture étaient organisés de façon rationnelle (sans parler des économies d’eau, de produits chimiques, et l’impact écologique bénéfique si on développait massivement la culture hors-sol). Le fait est qu’on préfère laisser la main invisible du marché s’en occuper avec l’efficacité qu’on lui connait (je résume, j’ai autre chose à foutre à côté, mais ça m’intéresserait d’en discuter plus longuement autour d’un kawa vu l’heure). Le résultat, en laissant les différents intérêts privés se battre pour une part du gâteau, c’est celui auquel on assiste en france : seule une fraction de la population française à accès à des produits de qualité.

      1 autres commentaires
  • elbough974
    elbough974
    brony maladroit
    • Posté à 19h25 le 22/01/2012
    • Internaute 168902
      brony maladroit

    Révoltons-nous.... ou pas ?

  • elbough974
    elbough974
    brony maladroit
    • Posté à 19h27 le 22/01/2012
    • Internaute 168902
      brony maladroit

    doublon

  • pascal_27
    pascal_27
    producteur
    • Posté à 19h37 le 22/01/2012
    • 179803
      producteur

    Et bien moi je suis ravi de la fermeture de MEGAUPLOAD
    en effet je produits des petits clips videos,,,

    et la plupart du temps ceux ci se retrouvent sur les sites de téléchargement
    dit gratuit ,
    un peu de manque a gagner sur mon site que je vais d’ailleurs fermer ,,
    a quoi bon faire de la production si tout le monde peux l’avoir gratuitement

    • ouanelache
      ouanelache répond à pascal_27
      sismologue amateur
      • Posté à 03h52 le 23/01/2012
      • Internaute 115933
        sismologue amateur

      Tenez, un exemple ou le piratage d’une œuvre a été absolument bénéfique : Lien

      le piratage, et la diffusion de vos oeuvres représentent une publicité gratuite pour vos oeuvres. De plus, ce n’est pas parce que qqun a téléchargé un de vos clips qu’il l’aurait forcément acheté.

      Le fait est que le le « marché » de la culture évolue avec la dématérialisation, et rien ne permet de dire que cela évolue en mal. Au contraire, à en croire une étude du gouvernement hollandais(lien ci dessous), le piratage aurait globalement un effet bénéfique sur la culture et les vie de ses citoyens.

      Toutes les études indépendantes montrent que les « pirates » sont parmi les plus gros acheteurs de culture payantes.
      quadrature du net

      Toujours sur le même lien, vous avez aussi plein d’études indépendantes qui affirment qu’il n’y a aucune vraie preuve que le piratage nuise à la culture. Certaines études disent même que le piratage est bon pour la culture.

      Les études indépendantes dont je parle sont menées par exemple par l’université d’Harvard, l’OCDE, le gouvernement hollandais, le gouvernement canadien, bref pas n’importe qui.... Étonnamment, ces études ne sont jamais citées par les majors, qui préfèrent leurs études biaisées. (Lien)

      Arrêtez de répéter que le piratage c’est la fin du monde et des artistes. Ça fait depuis les premières cassettes audio, puis les CDs gravés que les majors le disent, et pourtant la culture (et même les ayants droits) sont toujours la. Même avant, l’apparition de la radio était censée tuer les artistes. En meme temps que le piratage se developpe, cela fait plusieurs années d’affilé que le cinéma en France bat ses propres records.(tapez « records cinema francais 2011/2010/2009/2008)

      Le système change, on passe d’un monde “physique” (le CD, le DVD) où le bien matériel signifie qqchose, à un monde dématérialisé où la diffusion ne coûte rien. Les gens, les consommateurs, les ayants droits doivent s’adapter, le modèle économique va bouger, mais la Culture (avec un C majuscule) ne disparaitra pas.

  • Stephroy
    Stephroy
    etudiant
    • Posté à 19h50 le 22/01/2012
    • Internaute 142799
      etudiant

    Ce qui est très drôle c’est qu’il y a des abrutis qui préféraient payer tous les mois leur abonnement à megaupload pour télécharger des centaines de Go de données illégales et qui ne vont jamais acheter la moindre oeuvre originale . Ensuite ils viennent nous expliquer que c’est la liberté, le partage de la culture, etc ... c’est pathétique.

    • ouanelache
      ouanelache répond à Stephroy
      sismologue amateur
      • Posté à 03h41 le 23/01/2012
      • Internaute 115933
        sismologue amateur

      toutes les études indépendantes montrent que les « pirates » sont parmi les plus gros acheteurs de culture payantes.
      quadrature du net

      Toujours sur le même lien, vous avez aussi plein d’études indépendantes qui affirment qu’il n’y a aucune vraie preuve que le piratage nuise à la culture. Certaines études disent même que le piratage est bon pour la culture.

      Les études indépendantes dont je parle sont menées par exemple par l’université d’Harvard, l’OCDE, le gouvernement hollandais, le gouvernement canadien, bref pas n’importe qui.... Étonnamment, ces études ne sont jamais citées par les majors, qui préfèrent leurs études biaisées. (Lien)

      et tenez, un exemple ou le piratage d’une œuvre a été absolument bénéfique : Lien

      Arrêtez de répéter que le piratage c’est la fin du monde et des artistes. Ça fait depuis les premières cassettes audio, puis les CDs gravés que les majors le disent, et pourtant la culture (et même les ayants droits) sont toujours la. Même avant, l’apparition de la radio était censée tuer les artistes.

      Le système change, on passe d’un monde « physique » (le CD, le DVD) où le bien matériel signifie qqchose, à un monde dématérialisé où la diffusion ne coûte rien. Les gens, les consommateurs, les ayants droits doivent s’adapter, le modèle économique va bouger, mais la Culture (avec un C majuscule) ne disparaitra pas.

  • griff12
    griff12
    on touche le fond
    • Posté à 20h34 le 22/01/2012
    • Internaute 169269
      on touche le fond

    bon alors apparement video bb, mixture et autre ils chient tous dans leur frocs ! y a tout simplement plus RIEN ! merci au états unis pour leur sampéternel connerie de sous cultivation des classes moyennes ! digne des années 50 ! encore bravo

  • 23jfk
    23jfk
    proctologue
    • Posté à 20h53 le 22/01/2012
    • Internaute 166387
      proctologue

    Faut arrêter avec le faudrait. L’heure n’est plus au conditionnel, si vous avez un compte Megaupload avec des données dont vous êtes indiscutablement propriétaire voir économiquement dépendant, vous devez rechercher le moyen de vous fédérer et attaquer cette décision de justice. De quel droit un droit d’auteur peut-il empêcher d’autres droits d’auteurs qui plus est l’échelle mondiale alors même que le site respectait la loi (ne pas confondre un site avec ses usagers)

  • de personne le journal
    de personne le journal
    Une info scénario
    • Posté à 20h51 le 22/01/2012
    • Internaute 142875
      Une info scénario

    Inside woman

    Mon nom est ...Personne
    Prenez soin d’écouter ce que je vais vous dire
    Parce que je trie mes mots sur le volet
    Et que je ne me répète jamais !
    Je vous ai dis comment je m’appelle
    ça règle la question de QUI !
    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/09/inside-woman/

  • the ghost
    the ghost
    expatrie
    • Posté à 21h17 le 22/01/2012
    • 173412
      expatrie

    En tout cas ceux qui croyaient que l’extraterritorialite US (enlevement et emprisonnement) etait reservee aux terroristes barbus et musulmans, il est temps de se reveiller. Nos gouvenements et nos polices, bien que payees par nous sont au service de gouvernment et d’interets totalement etrangers et sur lesquels nous n’avons aucun controle, car c’est loin d’etre la seule affaire de ce genre.
    LEs motivations sont probablement aussi bien autres que celles presentees, et les grands esclavagistes feraient bien de se rappeler que les pirates sont aussi leur plus gros clients.

  • Rik
    Rik
    • Posté à 21h45 le 22/01/2012
    • Internaute 23118

    Copier n’est pas voler, le propriétaire n’est pas dépossédé.
    Et la qualité est souvent moins bonne que l’original.

    On oublie que les cd et dvd vierges en France sont extrêmement chers car ils incluent une taxe pour les droits d’auteur.

    Mais le gros avantage, plus de pub, plus de bande annonce ultra-violente sur la dernière daube dont on ne voulait pas entendre parler.
    Le piratage nuit gravement à la pub.
    Et pourtant c’est avec la pub (discrète) que Megaupload a fait fortune.
    Il faudrait se poser les bonnes questions.

    • Eskarina
      Eskarina répond à Rik
      Faut voir
      • Posté à 11h33 le 23/01/2012
      • 173050
        Faut voir

      Entièrement d’accord ! Et plus non plus de piles de boîtes de DVD dont on ne sait que faire !

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 21h46 le 22/01/2012
    • Internaute 121073
      geek

    Quand j’entend le mot culture je sors mon révolver (herman goering)
    et bien les américains n’en sont pas loin.
    C’est quoi ces mecs qui se partagent ces choses au lieu de les acheter ?
    Le problème c’est que cette sous-culture n’est que virtuelle ,alors pourquoi payer.
    Le mec qui télécharge une musique ,c’est peu comme le gamin qui voit en passant un apéro chez le marchand de ferrari,pique un paquet de chips ou de bonbons.
    Et que je t’ouvre un terminal, ping ,pong ,ping ,ping ,ping je gagne !
    trop facile de se venger.
    Une bonne chose quand même ,c’est de voir que la démocratie Américaine c’est du bidon total ,la notre aussi .
    Il auraient mettre des serveurs sur toute la planête ,chine ,russie ,républiques bananières etc des endroits ou les internofascistes n’ont pas la cote,
    la toile n’était pas celle d’une belle araignée une epeire ou tropicale ,mais le vilain tas de poils d’un faucheux ou mygale.
    Pourquoi construire une toile si elle est pleine de trous !

  • Jeanlouis75
    Jeanlouis75
    medias
    • Posté à 21h50 le 22/01/2012
    • Internaute 134687
      medias

    Quand j’étais petit les gens recopiaient les k7 audios sur des combis à double platine. Bien sur il fallait un original car la qualité était mauvaise sinon à la 2e ou 3e recopie.
    Pareil avec les k7 vhs plus tard, mais il fallait quand même disposer de 2 scopes avec le cable adhoc.
    Il y a donc toujours eu du piratage mais c’était un pourcentage d’un nombre d’achats, donc les entreprises pouvaient tourner.
    Maintenant on pourrait imaginer qu’une seule personne au monde achète un truc, le pose sur megaupload ou un autre, et que le reste du monde le télécharge gratuitement en qualité clône avec un ordi lambda.
    Evidemment personne ne peut travailler correctement et investir dans ces conditions. Donc il faudra bien que ca s’arrête. Les US sont les vrais maitres du réseau et du business, s’ils le décident vraiment ca s’arrêtera.
    Perso en tant que créateur de contenus, c’est simple pour moi. Impossible de continuer hors de faire du basic lambda si le piratage et le streaming gratuit continuent, plutôt placer sur un livret A, plus rentable. Et ce n’est pas les 0,000000001 euros touchés sur une licence globale à 5 euros par mois qui y changeront quelque chose.
    Et c’est le cas de beaucoup comme moi.

    • slave1802
      slave1802 répond à Jeanlouis75
      Technicien telecom
      • Posté à 09h34 le 23/01/2012
      • Internaute 58485
        Technicien telecom

      C’est con parce qu’on est beaucoup à être d’accord pour payer 5 euros par mois. Si la moitié des Français payait cette taxe, c’est 175 millions d’euros par mois qui seraient disponible pour les artistes.
      Reste à savoir combien il y a d’artiste en France, disons 1 Français sur 1000, ça vous laisserez, si vous partagiez équitablement le gâteau, 2500€ par mois à chacun rien qu’en droit d’auteur...

      • Jeanlouis75
        Jeanlouis75 répond à slave1802
        medias
        • Posté à 10h28 le 23/01/2012
        • Internaute 134687
          medias

        C’est impossible de partager équitablement, on ne peut pas faire une simple division. Par exemple, j’invente, un multimedia sur les céramiques précolombiennes. Très peu de gens sont intéressés, quelques spécialistes et amateurs passionnés. Pour amortir il faut vendre cher car il y aura très peu de ventes. Mais maintenant même des travaux rares peuvent être trouvés sur les sites d’upload donc je ne peux même plus le faire. Seul le créateur sait placer le curseur au montant de prix ou il s’y retrouve. Les systèmes de répartition par licence globale favorisent en fait la mauvaise qualité et le tout public style « jeux du cirque » et défavorisent la culture, car il sont toujours fondés sur un coefficient multiplicateur par l’audience. En effet le tube préformaté qui a beaucoup de fans ados va réclamer une part beaucoup plus importante liée à son audience et à son nombre de téléchargements, et il aura raison. Et à l’inverse le créateur qui fait un truc sans aucune audience n’a pas à avoir de rémunération. Ou alors qui va faire la police de la culture et de quel droit ? Le seul système qui fonctionne est l’achat direct par un spectateur qui ainsi valide son intérêt.
        Le piratage nuit à la création dans le sens ou les créateurs arrêtent à l’heure actuelle, simplement. Surtout les petits et les indépendants, les blockbusters ayant une longueur d’avance de trésorerie considérable.

         
        • unagi-
          unagi- répond à Jeanlouis75
          卑語
          • Posté à 11h55 le 23/01/2012
          • Internaute 24252
            卑語

          Un créateur qui n’a aucune audience n’aura pas plus de vente que de droits reversés par la licence globale, tout votre post est à l’unisson.
          Que se soit en P2P ou en dl direct les statistiques de téléchargement ou partage sont sans faille e il n’y a aucune pondération ou aucun multiplicateur par l’audience.
          100 fichiers téléchargés, un artiste qui a un fichier de sa création téléchargé aura 1% sur la part globale reversée.
          Vous etes l’idiot utile des majors.

        • Otsu
          Otsu répond à Jeanlouis75
          Orang-outang à la recherche de (...)
          • Posté à 15h01 le 23/01/2012
          • Internaute 89908
            Orang-outang à la recherche de (...)

          Vous partez du principe que le piratage est de par nature nocif...

          Pour le coup, toutes les études le prouvent , je vous invite à lire le post de Ouenache, les plus gros consommateurs de contenus uploadés sont les plus acheteurs..

          Alors, avec la licence globale, mettons que vous mettiez en partage votre logiciel multimédia sur les céramiques précolombiennes, bien évidemment avec la technologie actuelle, vous avez pu le signer et donc suivre son cheminement à travers le web :

          Vous serez alors rétribué suivant le nombre de personnes qui l’auront à nouveau partagé et ça sera beaucoup plus énorme que si vous ne l’aviez proposé qu’au panel qui devrait probablement être intéressé par ce logiciel.

          Pour le coup, ce n’est pas le piratage qui nuit à la création mais les majors qui vendent de la m**** parce qu’ils empêchent les gens de se cultiver de manière riche et diversifiée.

          Faut arrêter de dire que c’est le consommateur, le méchant... Qui a créer les espaces de stokage, les cédéroms, des dévédéroms réinscriptibles, les magnétoscopes, les K7, ...

          Il existe quand même la taxe sur la copie privée, la taxe sur tous ces supports qui permettent l’enregistrement... Vous croyez quand même pas que les commerciaux ne savaient pas quel serait le but premier ?

          Faut arrêter cette diabolisation à outrance... La création ne mourra jamais, les artistes d’autrefois mourraient dans le caniveau faute de moyens, ceux d’aujourd’hui se droguent à en mourir(club d27)...

          Ce n’est pas rentable, Megavidéo l’était rentable non ? et ce n’était que la partie immergée de l’iceberg.

          • Jeanlouis75
            Jeanlouis75 répond à Otsu
            medias
            • Posté à 15h29 le 23/01/2012
            • Internaute 134687
              medias

            Les études ne servent pas à grand chose. Il faut voir comment réagissent les créateurs à la situation.
            Que vous soyez agriculteur et que vous vendiez des pommes, ou vidéaste des droits de vision, vous avez tout autant besoin de payer vos factures et de gagner plus en fonction de bons travaux, de fixer vos prix. Que vous importe que les pirates au final dépensent plus ailleurs s’ils ne vous ont pas payé ? Les internautes par piratage consomment souvent de 300 à 400 euros de produits culturels par mois s’ils étaient achetés dans le commerce. Légaliser ce phénomène par un système ou chacun pourrait le faire et paierait seulement quelques euros par mois est impossible, les rémunérations s’effondreraient.
            Le problème du piratage est que beaucoup de créations désormais volontairement ne se feront plus, le problème des pirates n’est pas tout ce qu’ils ont eu gratuitement, mais tout ce qu’ils vont manquer. Le piratage ne peut être un phénomène économique tolérable que s’il est marginal.
            La licence globale est une invention des consommateurs, mais les créateurs, sauf rares exceptions, ou stars telles que johnny hallyday sures d’y tirer leur épingle du jeu, ne voudront pas travailler aux conditions de la licence globale.

        • slave1802
          slave1802 répond à Jeanlouis75
          Technicien telecom
          • Posté à 19h07 le 23/01/2012
          • Internaute 58485
            Technicien telecom

          Et pourquoi on ne peut pas faire une simple division ? C’est trop communiste comme idée ? Tout le monde paye la même somme et tous les artistes touchent la mente rente. On ne parle que de téléchargements ici. ça n’empêchera certainement pas les fans de Johnny d’aller acheter son dernier album en édition spéciale et d’aller le voir 50 fois en concert, mais vous, vous aurez rentabiliser un tant soit peu votre cd rom sur les Mayas.
          Parce qu’en gros pour le moment vous avez le choix entre toucher que dalle ou toucher trois fois rien !

        4 autres commentaires
  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 22h18 le 22/01/2012
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    je n’ai pas lu tous les commentaires, je ne sais pas si quelqu’un a signalé qu’Anonymous avait permis le téléchargement gratuit de toutes les musiques sur le site de sony

    La guerre est déclarée ?

    • unagi-
      unagi- répond à caro
      卑語
      • Posté à 11h58 le 23/01/2012
      • Internaute 24252
        卑語

      Hacker le domaine public ?
      S.I.Lex

      La semaine dernière a été une semaine de deuil pour le domaine public, à double titre.

      Michael Hart, pionnier de l’édition électronique et père du projet Gutenberg, est mort après avoir consacré sa vie à favoriser la libre diffusion des textes du domaine public. Avec Wikisource et Internet Archive, le projet Gutenberg était l’un des rares espaces du web où l’on pouvait encore trouver du domaine public « à l’état pur », sans couches de droit plus ou moins illégitimement rajoutées.

      Semaine de deuil pour le domaine public, avec la disparition de Michael Hart et l’extension de la durée des droits voisins en Europe (Dantan div. 4. Par Steven Soper. CC-BY. Source : Flickr)

      Hervé Le Crosnier, sur son blog Mediapart, explique bien en quoi une initiative comme le projet Gutenberg est essentielle pour la vitalité du domaine public :

      Le projet Gutenberg, avec ses 37000 livres en 60 langues, est aujourd’hui une des sources principales de livres numériques gratuits diffusés sous les formats actuels (epub, mobi,…) pour les liseuses, les tablettes, les ordiphones, et bien évidemment le web. Les textes rassemblés et relus sont mis à disposition librement pour tout usage. La gratuité n’est alors qu’un des aspects de l’accès aux livres du projet Gutenberg : ils peuvent aussi être transmis, ré-édités, reformatés pour de nouveaux outils, utilisés dans l’enseignement ou en activités diverses… Le « domaine public » prend alors tout son sens : il ne s’agit pas de simplement garantir « l’accès », mais plus largement la ré-utilisation. Ce qui est aussi la meilleure façon de protéger l’accès « gratuit » : parmi les ré-utilisations, même si certaines sont commerciales parce qu’elles apportent une valeur ajoutée supplémentaire, il y en aura toujours au moins une qui visera à la simple diffusion.

      Lorsqu’en 1998, le législateur américain avait voté le Sonny Bono Act (dit aussi Mickey Mouse Act, en référence aux pressions exercées par le lobby des industries culturelles pour faire passer ce texte), afin d’étendre la durée de protection par le copyright sur les oeuvres collectives d’entreprise, Michael Hart avait fait partie de l’action en justice portée jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis pour s’opposer à cette agression contre le domaine public, hélas sans succès.

      Triste ironie des coïncidences, la semaine même où il disparaît, Le Conseil des Ministres de l’Union européenne a validé le projet d’extension des droits voisins des producteurs et des artistes-interprètes de 20 ans supplémentaires, et c’est une seconde raison de porter le deuil.

      Cela fait des années que nous sommes habitués à subir des lois absurdes et liberticides en matière de droit d’auteur, mais on ne peut rien imaginer de plus grave qu’un allongement de la durée des droits, en termes d’atteinte aux libertés. L’Union européenne s’achemine vers un passage de 50 à 70 ans des droits voisins, avec effet rétroactif, ce qui signifie que non content d’empêcher des oeuvres d’entrer dans le domaine public, cette réforme va en faire sortir des enregistrements pour lesquels les droits s’étaient éteints.

      Pour expliquer les choses par le biais d’une métaphore, c’est un peu comme si un législateur fou décidait qu’il fallait vider la mer pour désormais la vendre en bouteilles…

      De multiples études et rapports avaient pourtant montré que cette extension ne profiterait quasiment pas aux artistes eux-mêmes, mais les arguments rationnels ne pèsent visiblement pas lourds face aux pressions du lobby des industries de la musique, qui trouvent là un moyen commode de continuer à profiter des « joyaux de la couronne », à savoir la musique des années 50 et 60 qui était sur le point de se libérer des droits voisins.

      Un exemple, que je trouve particulièrement emblématique, d’enregistrement qui va être arraché du domaine public du point de vue des droits voisins : la vie en rose de Piaf, interprétée pour la première fois en 1947.

      Le plus écœurant sans doute dans cette histoire, c’est que la Commission européenne a soutenu pendant des années un projet Communia, de réflexion sur le domaine public numérique, qui a produit un Manifeste du Domaine Public s’opposant radicalement à l’idée d’extension des droits :

      La durée de protection par le droit d’auteur doit être réduite. La durée excessive du droit d’auteur, combinée à l’absence de formalités réduit fortement l’accessibilité de notre savoir et notre culture partagés. De plus, cette durée excessive accroît le nombre des œuvres orphelines, œuvres qui ne sont ni sous le contrôle de leurs auteurs ni dans le domaine public, et ne peuvent être utilisées. Donc, la durée de protection par le droit d’auteur des nouvelles œuvres doit être réduite à un niveau plus raisonnable.

      Tout changement de l’étendue de la protection par le droit d’auteur (y compris toute définition de nouveaux objets protégeables ou toute expansion des droits exclusifs) doit prendre en compte ses effets sur le domaine public. Un changement de la durée de protection du droit d’auteur ne doit pas s’appliquer rétroactivement aux œuvres déjà protégées. Le droit d’auteur est une exception de durée limitée au statut de domaine public de notre culture et notre savoir partagés. Au 20ème siècle, l’étendue du droit d’auteur a été significativement étendue, pour satisfaire les intérêts d’un petit groupe de détenteurs de droits et au détriment du public dans son ensemble. De ce fait, la plus grande part de notre culture et notre savoir partagés s’est retrouvée soumise à des restrictions liées au droit d’auteur ou techniques. Nous devons faire en sorte que cette situation n’empire pas (au minimum) et s’améliore.

      Pour mettre en oeuvre ce Manifeste du domaine public, il aurait fallu une réforme en profondeur du droit d’auteur européen, mais rien n’a été entrepris en ce sens depuis sa parution et l’extension des droits voisins en trahit même complètement l’esprit.

      Que restera-t-il du domaine public si l’érosion légale se poursuit ? (Ice_drop.Par Philophoto. CC-BY-NC-SA. Source : Flickr)

      Face à une telle instrumentalisation du droit au profit d’intérêts privés, que reste-t-il à faire ?

      Bien sûr, on peut songer à essayer d’attaquer devant la justice communautaire les textes qui procéderont à cet allongement des droits voisins, comme l’avaient fait les tenants de la culture libre aux Etats-Unis (affaire Eldred c. Ashcroft) et comme ils continuent à le faire quand le domaine public est menacé. Mais ce combat risque d’être plus symbolique qu’autre chose, car à présent aucune de ces actions n’a débouché sur une condamnation de l’extension des droits, et je ne sais pas si les chances de victoire seraient plus fortes en Europe qu’aux Etats-Unis.

      Bien sûr, il reste possible d’agir au quotidien en faveur du domaine public, en contribuant à certains projets. J’ai déjà cité Wikisource, le projet Gutenberg ou Internet Archive, mais il existe également de belles initiatives dans le domaine de la musique, comme l’International Music Score Library Project ou le projet Musopen, qui vise justement à libérer la musique classique de l’emprise des droits voisins

      Une autre manière d’agir, à un niveau encore plus « personnel », consiste à verser ses propres créations par anticipation dans le domaine public, en utilisant des outils appropriés, comme la Creative Commons Zero ou des licences très ouvertes. En utilisant la licence CC-BY par exemple pour ce blog, je place mes billets sous un régime plus ouvert encore que le domaine public dans sa conception française, dans la mesure où je permets à l’avance la modification (alors que normalement en France, le droit à l’intégrité persiste lorsque l’oeuvre entre dans le domaine public).

      Mais malgré la contribution que ces moyens d’action peuvent apporter, je ne les pense plus suffisants pour renverser une situation qui ne cesse de se dégrader et des moyens d’action plus radicaux doivent peut-être à présent être envisagés.

      Un exemple nous a été donné cet été avec les actions menées contre la base de données d’articles scientifiques Jstor aux Etats-Unis. Pour s’opposer à l’accès payant aux articles du domaine public de cette base, l’activiste Aaron Schwartz a téléchargé en juillet dernier 4,8 millions d’articles à partir du réseau du MIT, ce qui lui valut d’être arrêté par le gouvernement fédéral et menacé de prison ferme. Un peu plus tard, un utilisateur du nom de Greg Maxwell a surenchéri, en mettant en partage 18 592 articles du domaine public issus de Jstor sur The Pirate Bay pour les libérer.

      Or la semaine dernière, on apprenait que JSTOR décidait de placer en libre accès 500 000 articles du domaine public, tirés de plus de 200 journaux historiques. Quand bien même JSTOR s’en défend, cette décision a été prise suite aux actions de Schwartz et Maxwell, qui ont placé le producteur de la base dans une situation intenable :

      Rendre librement accessible les contenus de la base Early Journal est une chose que nous avions prévue de faire depuis un moment. Il ne s’agit pas d’une réaction à la situation créée par Swartz et Maxwell, mais ces récents évènements ont pu avoir une incidence sur notre calendrier. Nous faisons attention à ne pas accélérer ou retarder nos projets, simplement parce que des gens interprètent mal nos motivations. Nous tenons aussi compte du fait que de nombreuses personnes sont préoccupés par ces questions. Finalement, nous avons décidé d’accélérer notre projet de rendre accessible le contenu du Early Journal, parce que nous pensons que c’est dans l’intérêt des personnes auxquelles nous essayons de rendre service, ainsi qu’aux bibliothèques et à nos partenaires.

      Il existe d’autres exemples d’actions similaires menées avec succès pour libérer le domaine public. J’avais ainsi relevé l’été dernier que des utilisateurs de Google Books s’étaient habilement organisés pour procéder à des téléchargements massifs d’eBooks du domaine public, pour les placer en sécurité sur Internet Archive, sans que Google ne puisse vraiment agir contre eux. L’été d’avant, c’était un utilisateur de Wikipedia qui avait téléchargé un grand nombre de tableaux numérisés à partir du site de la National Gallery de Londres pour les libérer sur Wikimedia Commons. Le musée anglais qui s’estimait titulaire d’un copyright sur les images avait menacé de poursuites, mais à ce jour, les tableaux sont toujours sur Commons, accompagnés d’un bandeau Domaine Public.

      En cas d’atteinte au domaine public... brisez la glace ! (Broken Glass. Par David Salafia. CC-BY-NC. Source : Flickr)

      Ce genre d’opérations de libération peut donc s’avérer efficace pour lutter contre le copyfraud (le fait de faire renaître illégitimement des droits sur le domaine public), mais que faire face à une situation telle que l’allongement des droits voisins, qui va empêcher les oeuvres d’entrer dans le domaine public ?

      Devant de tels actes d’agression contre le domaine public et les libertés, c’est hélas encore le piratage, ou plutôt la mise en partage des fichiers, qui s’avère le moyen de résistance le plus efficace.

      Entendons-nous bien : je suis juriste – jusqu’à l’os – ce qui implique que je crois profondément que le droit reste le moyen le plus juste d’organiser les rapports dans la société. Mais quand la loi bascule d’une manière aussi scandaleuse dans la défense d’intérêts privés, je pense que c’est un devoir de lutter, y compris par des moyens en marge du droit.

      Si le domaine public n’est plus protégé par le droit, mais si celui-ci au contraire le menace et le détruit morceau par morceau, alors pour qu’il subsiste, il faudra le hacker et continuer à le faire subsister clandestinement au sein des réseaux de partage, en attendant la fin de l’interminable hiver juridique de la propriété intellectuelle. Visiblement, je ne suis pas le seul à franchir ce cap en ce moment et plus nombreux encore doivent être ceux qui le pensent sans l’écrire…

      C’est avec tristesse que j’écris ces lignes, car j’ai longtemps cru en une évolution du droit d’auteur, mais des réformes comme l’allongement des droits voisins en Europe portent un coup mortel à ces espérances, car les dommage occasionnés seront quasiment irrémédiables à l’échelle d’une vie humaine.

      Comme si cela ne suffisait pas, la semaine dernière, on a pu lire des déclarations hallucinantes sur le domaine public, qui montrent que le sens de cette notion est littéralement en train de se déliter et de se perdre.

      Jean-Michel Jarre nous a en effet gratifié de ses réflexions sur la loi Hadopi, au détour desquelles on trouvait ce passage, qui m’a fait froid dans le dos :

      Au XVIIIème siècle, on a décidé de manière assez subjective de se dire que le droit d’auteur, le copyright, aura une durée de vie de 50 ans. Pourquoi ? Parce qu’à cette époque-là, l’espérance de vie d’un être humain était de 50 ans. Aujourd’hui, on est deux siècles plus tard et il est temps de se dire « pourquoi on appliquerait pas ce qui existe dans l’industrie, c’est-à-dire le brevet ?

      La philosophie du brevet c’est que c’est absolument infini et qu’on le renouvelle tous les 20 ans. Et moi, je suis absolument pour le fait d’élargir et d’allonger beaucoup la durée de vie du copyright ce qui permettrait, et c’est pas pour des problèmes de succession et des ayants droit de la famille de l’auteur, d’introduire dans la tête de chacun dans notre société aujourd’hui, le fait que le geste de création est quelque-chose qui a une valeur inestimable.

      Aujourd’hui, personne d’entre nous ne peut se payer Mona Lisa. En revanche, la 9ème de Beethoven ne vaut rien. Est-ce que ça veut dire que Beethoven est un artiste mineur par rapport à Léonard de Vinci ? C’est toute la question et c’est sur tous ces problèmes qu’il va falloir que des lois du système de type Hadopi se penchent.

      Passons sur les énormités concernant la manière dont fonctionne le système des brevets, mais au-delà, ce qui est sous-entendu ici, c’est que le droit d’auteur devrait être perpétuel et que le domaine public dévalue les oeuvres et la création, en permettant la libre réutilisation !

      Ce n’est pas la première fois que s’expriment de telles attaques et l’idée revient même assez souvent qu’il serait temps que le domaine public “serve à quelque chose”. Pourquoi ne pas instaurer par exemple un “domaine public payant” en levant une taxe sur les réutilisations destinées à financer la création ? Cette proposition est revenue récemment dans un des Labs d’Hadopi sur le livre numérique et elle avait été agitée l’année dernière, à propos des films, cette fois dans le rapport Zelnik. Tôt ou tard, il faut craindre qu’un lobby n’arrive à trouver l’oreille du législateur pour inscrire ce projet funeste dans la loi…

      Comment ne pas voir pourtant que la valeur du domaine public, c’est justement de constituer les oeuvres en biens communs, afin qu’elles puissent servir de terreau pour de nouvelles créations et innovations ?

      Pour revenir au début de ce billet et boucler la boucle, sans la liberté de créer que lui offrait le domaine public, Michael Hart n’aurait certainement jamais inventé le premier eBook en 1971, qui constitue aujourd’hui une formidable innovation technologique offrant de multiples débouchés économiques.

      Michael Hart, qui disait à propos de son Projet Gutenberg (merci @RemiMathis pour la traduction) :

      Ce à quoi on ne pense pas assez quand on parle d’eBooks, c’est que, hormis l’air, c’est le premier bien que chacun peut obtenir comme il le veut. Pensez à cela et vous vous rendrez compte que nous faisons ce qu’il faut faire.

      Il appartient désormais à chacun de faire ce qu’il faut faire…

  • seb.a
    seb.a
    hors hexagone
    • Posté à 22h27 le 22/01/2012
    • Internaute 126414
      hors hexagone

    La fin de megaupload est une bonne nouvelle : elle va permettre à beaucoup de gens de découvrir les nouvelles technologies développées autour du p2p. ^^

    Ceci dit, je n’ai jamais compris comment des gens font pour avoir 200 Go de musique sur leur disque dur, tout en prétendent « adôôôrer » la musique. Un amateur de musique est censé avoir un lien émotif fort avec les morceaux qu’il écoute (ou qu’il jette en fureur). Quelle émotion pour ces bibliothèques anonymes ?
    Même si la diffusion libre de la culture me semble un élément de progrès par le biais des licences GNU et CC, le téléchargement intensif permis par l’internet à haut débit m’apparaît comme un comportement de consommateur bovin.
    Je ne vois pas trop comment les grandes organisations de défense de la liberté du net qui ont une réflexion idéologique/philosophique extrêmement raffinée et développée peuvent s’émouvoir de la disparition de megaupload, outil de consommation de masse par excellence.
    Seule la méthode de fermeture employée par les autorités américaines est discutable et doit être combattue pour éviter de faire tâche d’huile.

    Pour ceux qui ont besoin de stockage en ligne, préférez des solutions telles dropbox.

    • comité de sécurité des commentaires
      • Posté à 23h47 le 22/01/2012
      • Internaute 148442
        consultant

      je ne vois pas le rapport l’émotion et le format de stockage.
      un amoureux de la musique peut avoir
      une collection de vinyles avec 2 bonnes platines et une bonne table de mixage
      un ou deux synthétiseurs
      une guitare sèche ou autre instrument acoustique ou électrique
      1 to de musique classées , encodés de manière fidèle et lossless.
      je vous assure tout utiliser dans un même but, éprouver et partager des émotions.

      vous pouvez inventez le système parfait, des grincheux trouveraient encore le comportement des usagers bovins. il est une chose qui ne se télécharge pas : l e goût.
      mégaupload m’était très pratique pour envoyer des travaux à distance
      je venais de purger un hdd de vieilles séssions et de les poster sur mu, confidentiel, rapide sur, universel. 60 go de sessions , 4 artistes qui perdent quasiment toutes leurs archives de l’année dernière.

      la guerre est effectivement déclarée.

      • seb.a
        • Posté à 01h05 le 23/01/2012
        • Internaute 126414
          hors hexagone

        J’ai probablement mal choisi mes mots (à vrai dire, j’ai mal choisi tout court).
        D’abord mon commentaire ne visaient pas les utilisateurs qui stockaient leurs données et qui sont légitimement dégoûtes par la perte de leurs données.
        Ce que je regrette c’est la non reconnaissance de l’investissement des passionnés qui transmettent leurs coups de cœurs. L’exemple qui me touche plus est celui du fansub : des passionnés passent des heures à traduire les séries qu’ils apprécient pour les proposer en français, et si les remerciements sont nombreux, le nombre de messages insultants (vraiment très insultants) augmente années après années, la raison la plus courante étant que la traduction arrive un peu plus tard une semaine que la précédente... La part de ces personnes indélicates reste encore marginale, Mais cela me semble assez symptomatique d’une perte de repère plus large, la consommation d’œuvres étant de plus en plus individuel, sans partage avec ses amis. Je vous rassure je considère que la majorité des utilisateurs ont bond fond, mais l’augmentation de cet individualisme me laisse très perplexe.
        Vous vous investissez sans compter visiblement, mais en proportion, combien de personne vont simplement absorber ce que vous mettez à disposition, sans aucune reconnaissance, sans aucun respect pour la personne qui leur offre ce plaisir ?
        C’est juste des impressions, mais j’aimerai bien savoir en proportion, combien de personnes mettaient des donnés à disposition sur megaupload et combien téléchargeaient encore et encore sans jamais rien offrir en retour...
        Mais peut-être que je suis trop pessimiste (grincheux ? ^^).

         
        • comité de sécurité des commentaires
          • Posté à 01h37 le 23/01/2012
          • Internaute 148442
            consultant

          le plus grand nombre ne tolère pas que des choses faites par des passionnés ne soit pas calibrée pour une consommation de masse.

          pour ma part, je l’ai surtout utilisé en gros téléchargeur, mais aussi pour des envois professionnel, la simplicité d’utilisation m’ont fait me détourner des ftp, qui étaient parfois difficile d’accès pour certains clients.
          megaupload tombé ne résoudra aucune des préoccupations que certains artistes peuvent avoir. rapidshare filesonic, hotfile et les trois cents autres se frottent les mains. il y a eu coup de balai, je ne pleurerai pas sur le sort des patrons malins et sans scrupule de la bête.
          Reste une sacré ingérence dans l’activité d’une société privée qui n’etait pas QU’un outil de pirate.
          les états tentent de reprendre le dessus sur le net, on risque de batailler pour un des seul droit acquis ces dernières années, celui d’essayer d’inventer d’autres modèles en vraie communauté.

        • Otsu
          Otsu répond à seb.a
          Orang-outang à la recherche de (...)
          • Posté à 15h08 le 23/01/2012
          • Internaute 89908
            Orang-outang à la recherche de (...)

          Vous n’avez pas totalement tort mais ne soyez pas si grincheux... les choses évoluent doucement mais elles évoluent... pour ce que j’ai pu lire, les gens remerciaient plus souvent les traducteurs, les uploadeurs...

          Oh, il y a toujours des crétins bien sûr mais il suffit de leur rappeler que s’ils grognent trop, les gentils fansubeurs iront voir ailleurs et qu’ils garderont même tout simplement leur travail pour eux ... pour qu’ils comprennent vite fait... ^^

        2 autres commentaires
    • T3
      T3 répond à seb.a
      En zazen
      • Posté à 08h06 le 23/01/2012
      • Internaute 74652
        En zazen

      « Ceci dit, je n’ai jamais compris comment des gens font pour avoir 200 Go de musique sur leur disque dur, tout en prétendent “ adôôôrer ” la musique ».

      Le rapport en Go : c’est une question de pragmatisme en fait

      I’m out ....

  • Pastekk
    • Posté à 23h57 le 22/01/2012
    • Internaute 31095

    Que celui qui n’a jamais téléchargé m’envoie la première bière... ^^

  • Rezonor
    Rezonor
    Collectif
    • Posté à 01h13 le 23/01/2012
    • Internaute 63987
      Collectif

    À nous les enfants de la veuve ! ! !

  • Pi.K
    Pi.K
    Vilain Parisien
    • Posté à 01h23 le 23/01/2012
    • Internaute 105016
      Vilain Parisien

    « Bande de voleurs...Télécharger une œuvre sans rémunérer l’auteur c’est du vol ! Et pis c’est tout... Le coup “ça fait de la pub” c’est du pipeau... Je suis auteur... J’ai beaucoup de “ pub ”, mais ça ne file pas à bouffer. Quand vous appelez le plombier, dites-lui que vous mettrez une affiche et que vous ne paierez pas... Vous faites de la pub. Vous savez quoi ? Auteur est un métier comme un autre. »

    Énorme erreur, comparaison totalement fallacieuse. La rémunération du plombier dépend strictement du nombre d’interventions qu’il réalise, nombre qui est évidemment limité. Au-delà d’un nombre limite d’interventions, mettons 10 par jour (nombre arbitraire, je ne sais pas à quel rythme peut bosser un plombier), le plombier ne pourra pas augmenter son revenu autrement qu’en jouant sur ses tarifs.

    Un auteur, ou globalement toute personne qui n’est pas rémunérée en fonction de la quantité de travail fournie, peut très bien voir son revenu augmenter sans modifier sa quantité de travail. Les musiciens ne doivent pas refaire l’enregistrement pour chaque CD vendu : la même quantité de travail (compo, répétitions, enregistrement, etc.) peut aussi bien rapporter des millions que rien du tout. La comparaison ne tient pas une minute.

    Pour le côté « vol », d’autres problèmes se posent. Premièrement, il faut distinguer ce « vol » d’un autre type de vol, bien plus clair à définir : si je vole un CD dans un magasin, le cas est bien constitué, car l’objet a été transféré (par moi) et n’est plus disponible pour son propriétaire initial, ni pour les autres clients du magasin. Dans le cas du téléchargement, il y a une différence notable : comme je télécharge une copie de l’objet, l’objet est toujours disponible pour les autres personnes. On dit merci au monde de l’immatériel.

    Deuxièmement, un petit raisonnement contre-factuel s’impose. Supposons que je ne télécharge pas un CD : qui peut dire que je l’aurais acheté ? Mon budget est, pour dire la vérité, largement absorbé par les clopes et les bouquins. Je n’ai que peu de sous à mettre en CD et DVD (et quand j’en ai, ils partent plutôt en fringues). Y a-t-il « vol » si je télécharge un film pour lequel je n’aurais pas payé ? La réponse n’est pas très claire. Mais, dès lors que je n’avais pas l’intention de dépenser 10 ou 20€ dans un produit quelconque, le fait que je me procure ce produit sans payer ne change strictement rien au gain mesurable du producteur. Dans ce cas, même si on admet qu’il y a vol, il est plausible qu’il n’y ait pas de perte pour le producteur (auteur, etc.).

    • Fred24
      Fred24 répond à Pi.K
      Rural
      • Posté à 06h52 le 23/01/2012
      • Internaute 89386
        Rural

      Y a-t-il « vol » si je télécharge un film pour lequel je n’aurais pas payé ?

      Alors celle la c’est la meilleure !

      Mais non Monsieur le juge, vous savez si je ne l’avais pas volé je ne l’aurais pas acheté, je suis innocent.

      • Pi.K
        Pi.K répond à Fred24
        Vilain Parisien
        • Posté à 10h31 le 23/01/2012
        • Internaute 105016
          Vilain Parisien

        On la refait : y a-t-il vol, ou même simplement manque à gagner, si vous ne gagnez pas 10€ que vous n’auriez de toute façon pas gagnés ? Même en admettant le « vol », il est plausible que votre perte soit nulle. Vous plaindre de ne pas gagner une somme que vous n’alliez déjà pas gagner, c’est un peu ballot. Est-ce que je me plains de ne pas pouvoir lire un livre que je n’avais pas l’intention de lire, sous prétexte que les autres clients de ma librairie préférée en ont acheté tous les exemplaires ?

         1 autres commentaires
    • Obtus
      Obtus répond à Pi.K
      Francais Moyen
      • Posté à 15h52 le 23/01/2012
      • Internaute 136434
        Francais Moyen

      Bien sur que le metier d’auteur est un metier comme un autre. La remuneration du travail n’est pas liee a la duree de ce travail mais a sa valeur. Pour faire simple, il y a des milliers d’ouvriers, il n’y a qu’un Picasso

      Peut etre n’est ce pas du vol mais c’est de la contrefacon. Imaginez que vous etes un artiste unique, un peintre aussi fin que van Gogh et Picasso reunis. Vous decidez de vous passer d’un agent ou d’un publiciste ou ce que vous voulez que vous detestez comme ces mechantes majors. Vous ouvrez un magnifique musee, le seul lieu ou on pourra regarder vos oeuvres dans la qualite originale
      Mais, une technologie nouvelle a base de camera 3D supersonique peut maintenant refaire, avec des bras electroniques, vos oeuvres avec la meme qualite, la meme transcendance. Du coup chacune de vos oeuvres est reproduite a l’infini au cout de l’encre, soit rien, et envoyee par la poste a tout le monde. Quel pourcentage de la population francaise serait alle dans votre musee de toute facon ? Le budget musee d’un francais est ridicule.
      Il n’y a ni vol, ni manque a gagner. Votre musee est toujours ouvert, tout le monde peut encore y aller

      Certains parlent d’etudes qui montrent que l’industrie de la musique n’a pas perdu avec le piratage. Dans ce meme exemple imaginaire, imaginez que tout le monde aille encore au musee voir des sculptures parce que la technologie en question ne les reproduit pas assez bien. A priori, les plus grands « voleurs » de vos oeuvres iront au musee, ce sont les memes clients, les « amateurs d’art ». Alors on dira que les pires pirates sont les plus grands consommateurs d’art, et que vraiment vous vous plaignez pour rien puisque l’art genere encore des milliards

      Comment justifiez vous qu’un artiste, c’est a dire une personne qui cree des oeuvres uniques, puisse voir son travail reproduit par n’importe qui pour aucune remuneration. Sous pretexte qu’il n’y a pas de manque a gagner....

      « Vous plaindre de ne pas gagner une somme que vous n’alliez déjà pas gagner, c’est un peu ballot. »

      Demande-t-on a un chomeur d’aller travailler gratuitement dans les usines Peugeot ? C’est un chomeur apres tout, il n’aurait touche aucun salaire en lieu et place de ce temps passe a l’usine

      • Pi.K
        Pi.K répond à Obtus
        Vilain Parisien
        • Posté à 16h51 le 23/01/2012
        • Internaute 105016
          Vilain Parisien

        Quand je dis qu’il faut arrêter avec les comparaisons fallacieuses, cela signifie, ô surprise, qu’il faut arrêter avec les comparaisons fallacieuses. Cela implique aussi que la réponse à votre argumentaire est déjà dans mes commentaires ; je dois vous signaler que je n’aime pas me répéter.

        Un point toutefois mérite une réfutation particulière : « La remuneration du travail n’est pas liee a la duree de ce travail mais a sa valeur ». C’est une proposition très discutable ; en fait, sa validité dépend de la définition des termes employés. Le problème central, ici, est que l’on ne connaît pas la « valeur » d’un objet indépendamment du comportement des agents. La « valeur » n’est pas attachée à l’objet, ni au travail nécessaire pour le produire, mais au regard des agents. Un Picasso n’a pas de valeur propre : il a la valeur que les agents sont prêts à lui attribuer. C’est aussi un des éléments d’explication du caractère non-gaussien des prix sur le marché de l’art : plus un objet est valorisé, plus les agents croient qu’il a de la valeur, et plus il sera effectivement valorisé. À l’inverse, si personne ne croyait qu’un Picasso a de la valeur, personne ne consentirait à payer plusieurs millions d’euros pour l’avoir, et le Picasso en question n’aurait effectivement aucune valeur*.

        Mais là, il est encore question d’autre chose. Par définition, un tableau original de Picasso est unique. En revanche, la musique enregistrée est une copie, reproductible (virtuellement) à l’infini. Quand j’écoute Tom Waits, j’écoute une copie, et je n’ai pas besoin d’avoir Tom Waits en personne dans mon bureau. Le fait est que j’ai acheté les albums de Tom Waits, parce que j’ai des sous pour cela. Si je n’avais pas eu ces sous, je n’aurais de toute façon pas acheté ces albums. J’aurais aussi pu allouer mon budget différemment, par exemple en achetant de la porcelaine fine (mon péché mignon). Tom Waits n’y aurait rien perdu, puisque dans cette hypothèse je n’aurais pas eu l’intention de lui verser le moindre sou.

        Alors, évidemment, il y a des gens un peu bêtes qui voient une perte quand un gain qui n’aurait pas été réalisé n’est effectivement pas réalisé, mais là, je ne peux rien pour vous.

        *Il y a du André Orléan là-dedans.

         
        • Obtus
          Obtus répond à Pi.K
          Francais Moyen
          • Posté à 17h14 le 23/01/2012
          • Internaute 136434
            Francais Moyen

          Puisque vous preferez vous attacher aux details plutot qu’au fond du debat, allons-y

          Definissons la valeur comme (demande - offre)/offre
          Par exemple, il y de moins en moins de poste d’ouvriers, et un nombre grandissant d’ouvriers disponibles donc la valeur de leur travail baisse. Il y a une tonne de gens qui paieraient un Picasso, mais un seul Picasso

          Votre souci, c’est que vous liez aussi le legal, la morale et le manque a gagner. Or, il n’en est rien. Comment pouvez vous justifier une seule secone que vous ayiez le droit de telecharger Tom Waits sous pretexte que de toute facon, vous ne l’auriez jamais achete ? Le fait que vous ecoutiez seulement une copie et que l’artiste a l’unique version originale chez lui ne change rien.
          Votre exemple avec Tom Waits est exactement ce que je decris plus haut sous l’hypothese qu’une technologie puisse faire des copies parfaites de tableaux

          J’imagine sans doute que vous trouvez cela normal que les Chinois copient nos produits et inondent le marche. Sans aucun egard pour le travail et l’investissement derriere. Et les ouvriers chinois qui piquent nos boulots, vous etes un des premiers sur ce site a pleurer sur les fermetures d’usines en France, mais ces ouvriers, ne sont-ils pas des copies reproductibles des notre pour une fonction si basique que le travail a la chaine ?

          Il y a des gens un peu betes qui voient une perte quand un gain n’a pas ete realise. Mais il y a d’autres gens assez betes qui croient que l’ont peut voler ou contrefaire le travail de quiconque sous pretexte qu’il n’y a pas perte financiere, sans aucun egard pour le travail qu’il y a derriere. Et en general, ce sont les memes personnes qui pretendent qu’on ne paie pas assez les travailleurs, qu’on les denigre, qu’on les exploite....

          • Pi.K
            Pi.K répond à Obtus
            Vilain Parisien
            • Posté à 17h31 le 23/01/2012
            • Internaute 105016
              Vilain Parisien

            Bon, écoutez, si vous n’êtes pas foutu de voir la différence fondamentale entre le travail de l’ouvrier, ou du plombier, ou du boulanger, et le travail de l’auteur, alors que je l’ai expliquée en long, en large et en travers, c’est que vous êtes un idéologue incompétent de la première mauvaise foi. Si vous refusez de comprendre, ne comprenez pas ce que je dis, mais bordel, arrêtez de venir m’emmerder avec vos comparaisons fallacieuses et votre malhonnêteté naïve.

            Pour commencer, comparez ce qui est comparable. L’ouvrier et le musicien agissent de façon radicalement différente, c’est une comparaison qui ne tient pas une minute.

            Ah, et puis arrêtez de lire de travers, c’est typiquement le genre de choses qui vous font passer pour un idéologue crétin.

            • Obtus
              Obtus répond à Pi.K
              Francais Moyen
              • Posté à 17h44 le 23/01/2012
              • Internaute 136434
                Francais Moyen

              Faisons simple alors, repondez a ceci :

              - Puisqu’on ne peut pas comparer un auteur a un ouvrier, comment remunerer un auteur ?
              - Pourquoi aurait-on le droit de profiter d’un bien artistique sous pretexte qu’il se copie a l’infini ?
              - La valeur (marchande) d’un bien artistique (un livre, une chanson) se limtie-t-elle au cout de reproduction ?
              - Tout le monde a-t-il le droit de profiter d’un bien qui appartient a autrui si l’utilisation ne gene pas le proprietaire original ?
              - Est-il normal d’enfreindre des lois qui sont assez universels pour etre identiques ou presque dans tous les pays (democratiques) ?

              • Pi.K
                Pi.K répond à Obtus
                Vilain Parisien
                • Posté à 18h13 le 23/01/2012
                • Internaute 105016
                  Vilain Parisien

                Dans l’ordre :

                (1) Comment rémunérer un auteur ?
                Il faut trouver un modèle adéquat. Ne me demandez pas précisément lequel : tout ce que je peux constater, c’est, d’une part, que l’auteur n’est pas rémunéré en fonction du travail fourni, et d’autre part que le modèle actuel n’est pas satisfaisant. Quand un modèle n’est pas satisfaisant, le meilleur comportement à adopter est d’en chercher un autre qui soit viable.

                (2) Pourquoi aurait-on le droit de profiter d’un bien artistique sous pretexte qu’il se copie a l’infini ?
                Lecture erronée de votre part. Sans objet.

                (3) La valeur (marchande) d’un bien artistique (un livre, une chanson) se limtie-t-elle au cout de reproduction ?
                La valeur ne dépend que très partiellement du coût, et très fortement du processus de valorisation. C’est très valable dans la production artistique : si un (par exemple) musicien est fortement valorisé, c’est-à-dire que beaucoup de gens sont prêts à payer pour l’écouter, il aura une « valeur » élevée, indépendamment du coût de production de sa musique. Cela doit évidemment être relié au fait qu’on ne rémunère habituellement pas le travail de l’auteur, mais plutôt son succès.

                (4) Tout le monde a-t-il le droit de profiter d’un bien qui appartient a autrui si l’utilisation ne gene pas le proprietaire original ?
                Cela dépend du type de bien. Si le bien en question fonctionne comme un bien public (non-rival non-exclusif), la réponse est clairement oui. Si c’est un bien de club (non-rival exclusif), un bien commun (rival non-exclusif) ou un bien privé (rival exclusif), la réponse différera. Mais il faut d’abord préciser la question, car il n’existe pas de réponse générale.

                (5) Est-il normal d’enfreindre des lois qui sont assez universels pour etre identiques ou presque dans tous les pays (démocratiques) ?
                Si la loi est massivement violée, il est vain de prétendre l’appliquer de force. Cela coûte cher pour un résultat médiocre. Il vaut mieux rechercher des solutions nouvelles qui permettent de rendre viable le modèle émergent (que ce soit le p2p, le DDL ou autre chose). Je n’aime pas remplir le tonneau des Danaïdes, et je m’afflige de voir des gens remplir le tonneau des Danaïdes. Cela constitue une raison suffisante pour leur signaler que leurs efforts sont vains.

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