revue de web 09/04/2008 à 17h00

Le prix des céréales provoque la révolte du tiers-monde

Pascal Riché | Redchef Rue89

La flambée mondiale des prix des céréales fait basculer de nombreux pays pauvres dans la faim et la révolte.


Rizière de Lahagor, en Inde (Rupak De Chowdhuri/Reuters).

Haïti vient de vivre une nouvelle journée de révoltes, qui a déjà fait quatre morts. En Egypte, la population est écrasée par l’inflation galopante, qui touche les produits alimentaires. Au Cameroun, on compte des dizaines de morts depuis le début du mois. Une grève générale a paralysé mardi Ouagadougou, capitale de Burkina Faso. Argentine, Yemen, Zimbabwe, Mexique, Sénégal, Bangladesh, Philippines, Guinée, Mauritanie, Maroc, Sénégal, Ouzbékistan… une trentaine d’autres pays ont aussi connu, ces derniers jours, des troubles liés à la hausse des prix.

La flambée des prix est une catastrophe pour les familles du tiers-monde, dont le revenu est consacré à hauteur de 70% à l’alimentation, contre 15% dans les pays développés. Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, met en garde contre le risque d’un « vrai tsunami économique et humanitaire » en Afrique. Selon Bob Zoellick, président de la Banque Mondiale, la situation risque, dans certains pays comme l’Indonésie, d’annuler tous les progrès faits au cours des dix dernières années sur le front de la lutte contre la pauvreté... Revue de presse internationale.


Le quotidien la Stampa, en Italie, titre « splode la grande fame, Paesi poveri in rivolta »  : la grande faim explose, révoltes dans les pays pauvres.

« La FAO estime que la hausse a été en 2007 de 40% en moyenne pour le blé, qui est à son prix le plus haut depuis vingt ans, de même que le maïs, le riz mais aussi le soja, le colza et l’huile de palme qui maintienne en vie, plus ou moins, les populations immenses des pays pauvres. Hypnotisés par l’augmentation du prix du pétrole, les pays riches ne se sont pas rendus compte qu’un phénomène encore plus insidieux s’est développé : une famine mondiale. Pour les 2/3 de la planète une variation du prix du riz et de la farine signe le passage brutal à la faim. »


Le Temps en Suisse évoque des émeutes de la faim sans précédent, rappelant comment tout a commencé :

« Les premières émeutes de la faim ont eu lieu au début de l’année dernière au Mexique, où le maïs et le blé, ingrédients nécessaires pour les tortillas avaient augmenté de plus de 40% par rapport à l’année précédente. (…) La goutte d’eau qui a fait déborder le vase en ce début d’avril est la flambée du riz. Son prix s’est envolé de 50% en l’espace de deux semaines suite à diverses actions visant à limiter les exportations, au Vietnam, en Thaïlande et en Inde. La semaine dernière, le cours a touché le sommet historique de 1000 dollars la tonne. Pour la moitié de l’humanité pour qui le riz est l’aliment de base, le calvaire est loin d’être fini » .

Le Vietnam, la Thaïlande et l’Inde ne sont pas les seuls à avoir restreint les exportations. Le Cambodge, l’Egypte ont fait de même. Aux Philippines, l’armée a même été chargée de distribuer du riz dans les quartiers pauvres de Manille.

Cette situation a des causes multiples : disparition de terres agricoles (sous le double impact de l’urbanisation et de la désertification), hausse de la demande (liée au développement de certains pays), connexion des marchés de l’énergie et des marchés alimentaire (par le truchement des biocarburants)… A ce propos, Radio Canada rappelle qu’en 2008, « près de 18 % de la production céréalière américaine servira à la production d’éthanol. »


Un article du New York Times, ici traduit sur Sudonline, évoquait récemment le rôle joué par un virus :

« Au Vietnam, un obscur virus a arrêté, depuis trois ans, la croissance jusque là continue des niveaux de production de riz. Selon Sushil Pandey, économiste agronome à l’Institut International de Recherche sur le Riz de Manille, jusqu’à ces dernières années, les probabilités d’évolutions rapides des prix étaient neutralisées par la tendance de nombreux gouvernements à constituer de larges réserves de riz afin de garantir leur sécurité alimentaire.

Mais le maintien de ces stocks engendrait un coût. Les gouvernements les ont donc réduits au cours de la dernière décennie, alors que la consommation mondiale de riz tendait à dépasser la production.

Les quantités relativement faibles qui échangées par-delà les frontières, combinées à des réserves réduites, permettent aujourd’hui d’importantes variations des prix lors d’interruptions dans les approvisionnements. Dans le même temps, les prix fixés sur le marché international du riz ont un impact de plus en plus sensible sur les prix pratiqués au sein des pays. Ceci s’est particulièrement vérifié à l’ère d’Internet et des téléphones mobiles, qui permet aux fermiers des régions les plus reculées de connaître les prix et d’apprécier la justesse de celui proposé par leurs propres acheteurs.


Le site Univers Nature publie la courbe impressionnante du prix du riz depuis 2000 : “ Pour la deuxième année consécutive, la hausse de la production
mondiale de riz est inférieure à la croissance démographique, ce qui
entraîne une diminution de la quantité disponible par habitant.”


Le prix mondial du riz (DR).

“ Actuellement la population mondiale consomme plus de riz qu’elle n’en produit ; les stocks mondiaux ne cessent de diminuer et atteignent des niveaux critiques. En sept ans, les stocks de riz blanc ont été divisés par deux, passant de 147 millions de tonnes en 2000 à 71 millions en 2007. La situation est d’autant plus dramatique que comme le rappelle la FAO : ‘ Le riz est l’aliment de base pour plus de la moitié de la population mondiale. Pour ne citer qu’un exemple, en Asie, plus de 2 milliards de personnes tirent 60 à 70 % de leur apport énergétique du riz et de ses dérivés’ .


Cette crise alimentaire menace la sécurité internationale, titre le quotidien britannique The Guardian, qui cite Sir John Holmes, secrétaire général adjoint de l’ONU, chargé des affaires humanitaires. Sir John s’exprimait depuis Dubai, après deux jours d’émeutes en Egypte :

‘ Les implications sur la sécurité ne devraient pas être sous-estimées, alors que des émeutes sont constatées à travers la planète. La tendance prise par les prix de l’alimentation devrait accroître l’insécurité alimentaire à la fois dans ces conséquences et dans sa gravité.’

La crise actuelle a renforcé le procès contre les biocarburants. Naguère, ceux-ci étaient considérés par une partie des écologistes comme l’une des alternatives possibles au pétrole. Mais leurs partisans sont de moins en moins nombreux. L’exploitation de biocarburants se fait en effet au détriment des autres cultures. Et lorsque les prix du pétrole flambent, cela se répercute sur les prix de ces produits, et du même coup sur les prix de tous les autres produits agricoles. D’où le titre du magazine américain ‘ reason’ (proche des libertariens) : ‘ La grosse erreur verte’ . Le problème tient en trois mots, selon le magazine :

‘ Stupides politiques de l’énergie. Bien qu’ils ne se substituent pas parfaitement l’un à l’autre, le pétrole et le gaz naturelle ont tendance à évoluer de conserve. Quand les prix du brut sont passé au dessus de la barre de 100 dollars le baril, les prix du gaz ont suivi. Or le gaz naturel est l’élément principal à la fabrication d’engrais azotés. De même que les prix du gaz ont bondi, celui des engrais ont grimpé de 200% (…) L’augmentation des prix du brut contribuent également à celle des prix alimentaires, parce que les agriculteurs dont besoin d’essence pour leurs tracteurs et pour acheminer leurs denrées vers les marchés. Mais il y a pire : la folie du bioethanol. Les hommes politiques, à la fois aux Etats-Unis et dans l’Union européenne exigent que de larges quantités de nourriture soient transformées en carburant, obsédés qu’ils sont par la chimérique poursuite de l’indépendance énergétique.’

Selon Reason, 100 million tonnes de céréales seront transformées cette année en carburants, ce qui mettra les stocks planétaires à leur plus bas niveau depuis des décennies. Or, 100 millions de tonnes peuvent nourrir 450 millions de personnes pendant un an…

Lire aussi : Sécurite alimentaire : les raisons de la crise mondiale

Le rapport de la Banque mondiale sur la flambée des prix alimentaires dans le monde

  • 36619 visites
  • 141 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Bon Scott
    • Posté à 17h13 le 09/04/2008
    • Internaute 24531

    En France, pour les céréaliers l’année 2007 est comment dire .... plutôt joyeuse ! ! !

    Année record pour les revenus des céréaliers.

    Thiébault Dromard, le Figaro

    Alors que les revenus des éleveurs s’effondrent, ceux des céréaliers bondissent de 98 %.

    Les céréaliers se frottent les mains. Les grandes exploitations françaises de la Beauce ont connu une année 2007 exceptionnelle. La flambée des prix des céréales (+60 % pour le blé tendre) a permis à ces producteurs spécialisés de doubler le montant de leurs revenus. Entre 2006 et 2007, ces agriculteurs ont vu leurs revenus nets avant impôt (aides comprises) bondir de 98 % alors qu’ils avaient déjà augmenté de 39 % entre 2005 et 2006.

    Une performance spectaculaire néanmoins atténuée par une mauvaise récolte estivale. En 2007, la production céréalière s’est située à 8 % en dessous du niveau moyen des cinq dernières années. Les pluies de l’été ont nettement réduit les rendements de toutes les céréales à l’exception du maïs.

    Les grandes cultures ont tiré les revenus de toute l’agriculture française à la hausse. La « ferme France » a en effet vu ses recettes augmenter de 12 % en 2007, après avoir déjà bondi de 16 % l’année précédente. Mais évidemment, ces chiffres masquent d’importants contrastes. Aucun producteur ne peut se targuer d’avoir autant gagné cette année que les céréaliers.

    Après deux années difficiles, le revenu des viticulteurs sous appellation se redresse de 21 %, mais il reste néanmoins inférieur à ce qu’il était au début des années 1990. En 2007, le prix de tous les vins augmente sur l’ensemble de la campagne alors que les volumes de production ont continué à reculer.

    L’élevage est sans aucun doute la production qui a le plus souffert cette année. Les éleveurs payent précisément la flambée des céréales qui fait le bonheur de leur voisin céréalier. La hausse progressive du prix du lait n’a pas encore profité à l’élevage bovin laitier qui voit son chiffre d’affaires diminuer de 4 % cette année. La hausse attendue d’environ 20 % du prix du lait au 1er janvier devrait leur permettre de retrouver une trésorerie positive.
    Des aides aux plus fragiles
    La situation est nettement plus tendue pour l’élevage porcin dont les revenus se sont écroulés de 60 % en 2007. Ces éleveurs souffrent à la fois d’un effet de surproduction et dans le même temps de la flambée des coûts de la nourriture animale à base céréalière. Le ministère de l’Agriculture vient de débloquer un fonds d’allégement des charges d’un montant de 3 millions d’euros tandis que 30 millions d’euros sont alloués à des prêts de crise.

    Ce contexte de fort contraste des revenus agricoles conduit Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture, à « défendre une réorientation des aides vers les productions les plus fragiles ­comme l’élevage ». C’est l’une des réformes que la France entend conduire alors qu’elle doit prendre la présidence de la Commission au 1er juillet. Les céréaliers sont prévenus.

    • Les Chats
      Les Chats répond à Bon Scott
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 19h04 le 09/04/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Et pourquoi donc le pain et la farine augmentent chez nous ? Et donc les pâtes ! ! !

    • kassis01
      kassis01 répond à Bon Scott
      • Posté à 20h10 le 09/04/2008
      • Internaute 24687

      La Terre s’épuise. La spéculation se frotte les mains. Les grandes famines sont de retour. Bientôt, les jacqueries. Des jacqueries de plusieurs millions de personnes, cela risque de changer le paysage n’est-ce-pas ?

    • bondurant
      bondurant répond à Bon Scott
      • Posté à 02h04 le 11/04/2008
      • Internaute 25934

      Merci pour votre article très précis mais pourriez vous citer vos sources afin de pouvoir réutiliser vos informations.

    • solstice
      solstice répond à Bon Scott
      pigiste
      • Posté à 10h51 le 15/04/2008
      • Internaute 38451
        pigiste

      Je ne suis pas sûre d’avoir envie de confier ma petite biodiversité potagère au sieur Barnier. Les céréaliers peuvent dormir sur leur deux oreilles en attendant la troisième (mutation génétique, je rigole).

  • helios33
    • Posté à 17h16 le 09/04/2008
    • Internaute 33580

    Rien sur les causes financières des hausses de prix.
    Pourtant il suffit de parcourir un peu la presse économique pour voir que les dollars baladeurs, produits en quantité astronomique par la Fed, cherchent à tout prix à s’investir dans des choses tangibles, l’alimentation en fait partie, ce qui provoque la hausse des prix.

    • pablico
      pablico répond à helios33
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 17h51 le 09/04/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      on ne se demande plus pourquoi le FMI vend 400 tonnes d’or. Ils ont peur d’une flambée de famine et de désordre à travers le monde.

      « De nombreuses victimes par balles sont à nouveau recensées »
      drôle de façon de lutter contre la famine, on élimine l’effet et non la cause......

      • sylvaindurand
        sylvaindurand répond à pablico
        • Posté à 18h45 le 09/04/2008
        • Internaute 38248

        On ne lutte pas contre la famine, mais contre les émeutes qu’engendre la famine.

        Si les gouvernements des pays du tiers monde n’ont pas forcément de quoi acheter assez de riz, ils s’inquiètent tout de même de leur sécurité, quand bien même il faille pour cela des victimes...

        Je dois avouer que la hausse soudaine de la faim dans le monde, ajoutée aux soucis d’eau et de réchauffement climatique, ne promettent rien de particulièrement réjouissant pour les prochaines années.

      • re-belle
        re-belle répond à pablico
        mère au foyer
        • Posté à 21h31 le 09/04/2008
        • Internaute 24966
          mère au foyer

        la politique du FMI, c’est de fabriquer de la misère, il suffisait de voir le documentaire de canal + dans le lundi de l’investigation ! ! ! ...
        et à l’heure actuelle, on est capable de nourrir 12 milliards de personne ! ! ! ...à voir « le marché de la faim » ! ! ! ...
        on se demande si les hausses des céréales sont voulues ? ? ? ! ! ! ...
        à qui profite le crime ? ? ? ! ! ! ...
        nous pouvons nourir 12 millards d’etres humains, celui qui meurt de faim sur notre planete, c’est du non assistance à personne en danger et un crime contre l’humanité ! ! ! ...

         
        • dalun
          dalun répond à re-belle
          • Posté à 11h27 le 10/04/2008
          • Internaute 29964

          VIENT se sur-ajouter les problèmes cruciaux de L EAU..Et ça ! ! ! ! ! ! ! ! ! déplacements de populations , émeutes , guerres ! .

        1 autres commentaires
    • Adam Smith
      Adam Smith répond à helios33
      Laisse-moi Faire
      • Posté à 18h58 le 09/04/2008
      • Internaute 37986
        Laisse-moi Faire

      Dans les causes financieres, on peut aussi parler de la speculation d’institutions sans scrupules sur les variations des produits alimentaires et matieres premieres. Les variations des prix des matieres premieres sont tres importantes, ce qui rend la tache des industries plus difficiles.

  • castorpolitique
    • Posté à 17h24 le 09/04/2008
    • Internaute 37879
      Rien

    J’espère que nous ne condamnerons pas des millions de personnes à la famine sur l’autel du capitalisme sauvage et de notre « niveau de vie » comme nous l’avons fait lors de la colonisation (cf le livre de Mike Davis, Génocides tropicaux).

    Une politique écologique devra forcément tenir compte du volet social. Une terre finie est encore moins compatible avec la politique libérale et égoiste actuelle. Car, comme on le voit dans cet article, la moindre de nos décisions politique peut avoir des conséquences dramatiques à l’autre bout du monde.

    castorpolitique.wordpress.com

    • citoyensly
      • Posté à 17h43 le 09/04/2008
      • Internaute 24690

      il est évident que le systeme capitaliste mondiale montre ses limites et ses exces.Que ce soit au niveau financier , avec la crise des surprimes , ou au niveau économique avec cette crise qui touche déja les pays pauvres ! Mais notre tour arrivera ... nous devons réflechir a ces exces et aux solutions qui existent mais qui sont volontairement ignorés par ceux qui nous gouvernent !

      sur le site Lien retrouvez toutes les infos que l on nous tait !

      • raoul le magnifique
        • Posté à 20h34 le 09/04/2008
        • Internaute 38441

        « il est évident que le systeme capitaliste mondiale montre ses limites et ses exces.Que ce soit au niveau financier , avec la crise des surprimes , ou au niveau économique avec cette crise qui touche déja les pays pauvres ! »

        Le constat est juste, mais vous proposez quoi ? , un système marxiste, vous croyez sans doute que c’est mieux ?

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à raoul le magnifique
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 21h10 le 09/04/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          Un contrôle des prix.

        • lorraine
          • Posté à 10h48 le 10/04/2008
          • Internaute 38547

          Proposition : un système capitaliste limité par des lois internationales, et pour ce faire un « protocole de Kyoto » de l’économie. Bref, une Re-régulation.
          Utopique : oui, pour l’instant. Tant que les prédateurs n’ont pas compris que le système se mord la queue : en effet il faut des consommateurs pour consommer et produire, si on est réduit à la misère, ça va être difficile de consommer et produire.
          Remember la parole de Ford, capitaine d’industrie : « Je paie mes ouvriers pour qu’ils achètent mes voitures ». C’était pourtant pas un gauchiste...

        2 autres commentaires
  • Zorbanet
    • Posté à 17h25 le 09/04/2008
    • Internaute 24816

    Et pendant ce temps, quelques petits pour cents de la planète ramassent des milliards, et le plus dur pour eux, c’est que bientôt il n’y aura même plus de caviar. C’est vraiment trop triste.

    Et pendant ce temps, là on va nous expliquer que c’est pour ça qu’il faut faire pousser de OGM !

    Merci encore à rue 89 pour cet article.

    Merci de parler de ce dont les autres medias ne parlent jamais pour ne pas fâcher leur conseil d’administration.

  • helios33
    • Posté à 17h31 le 09/04/2008
    • Internaute 33580

    Ce n’est qu’une des conséquences de l’explosion du système financier mondial, et ce n’est pas fini.

  • snipoza
    snipoza
    décroissant sang d'Angers (...)
    • Posté à 17h36 le 09/04/2008
    • Internaute 33474
      décroissant sang d'Angers (...)

    on ne dit pas bio mais agrocarburant, parce qu’ils sont tout sauf bio. Quand les émeutes de la faim prendront pour cibles les propriétés privées des nababs de l’Ordre marchand, céréales-killers, l’Histoire sortira l’Humanité de son erreur.

    • Zorbanet
      Zorbanet répond à snipoza
      • Posté à 17h38 le 09/04/2008
      • Internaute 24816

      Très bon les céréales-killers : -)

      • Prolo du livre
        • Posté à 13h37 le 11/04/2008
        • Internaute 12784

        Svinkles & Patrice Dard l’avait déjà sortie...

        « Céréales Killer buveur de bières en série
        On se gorge de houblon et de malt à whisky » Svink

    • kk
      kk répond à snipoza
      au vert
      • Posté à 18h00 le 09/04/2008
      • Internaute 13480
        au vert

      Ils sont tout sauf bio puisque produits à grands coups d’engrais et d’insecticides.
      par contre nécro carburants me parait adapté comme nom

  • Zorbanet
    • Posté à 17h36 le 09/04/2008
    • Internaute 24816

    Pendant qu’on y est, ce petit complément d’information me semble tomber à propos :

    Un nouveau champignon virulent s’attaquant au blé s’est propagé d’Afrique de l’Est et du Yémen vers les principales régions céréalières d’Iran.

    On estime que jusqu’à 80 pour cent de toutes les variétés de blé semées en Asie et en Afrique sont susceptibles d’être victimes de la rouille des tiges du blé.

    Apparu pour la première fois en Ouganda en 1999, le champignon du blé a été baptisé Ug99. Le parasite transfrontière s’est ensuite propagé jusqu’au Kenya et en Éthiopie, porté par le vent.

    En 2007, une mission de la FAO a confirmé qu’il avait contaminé les emblavures du Yémen. La souche d’Ug99 découverte au Yémen est plus virulente que celle qui sévissait en Afrique de l’Est.

    En 2007, l’Éthiopie et le Kenya ont été victimes de redoutables épidémies de rouille du blé qui ont occasionné de lourdes pertes de rendements.

    Mais, rassurons nous, il y a une solution : fabriquer un nouveau blé génétiquement modifié et acheter les semences à Monsanto. Bien sûr !

    • Désinscrit le 15-7
      • Posté à 17h47 le 09/04/2008
      • Internaute 992
        nc

      Et je te pari une solde que le blé Monsanto lui ne risque rien en comparaison...

      • jack-no
        • Posté à 21h06 le 09/04/2008
        • Internaute 3371

        bonjour,

        les soupconneriez-vous ? ils seront les sauveurs de l’humanité.

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à jack-no
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 21h12 le 09/04/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          Sauveur de l’humanité ? ? ? Regardez l’envers du miroir avant de l’imaginer ou de le croire.

        • compte supprimé 24
          • Posté à 21h51 le 10/04/2008
          • Internaute 8330

          Par quel miracle, Jack-no ?

          Une terre arable n’est qu’un support ; sans nutriments et sans humus, elle n’est rien.

          Comment pousser les rendements au delà du raisonnable sans l’épuiser, sinon par la chimie... d’origine fossile, et non-renouvelable ? Serpent qui se mord la queue.

        2 autres commentaires
  • Désinscrit le 15-7
    • Posté à 17h45 le 09/04/2008
    • Internaute 992
      nc

    Les pauvres de la planete se donnent la main (et mangent encore la poussiere)...et les vampires( ?) speculateurs (cf : Bon Scott post : La flambée des prix des céréales (+60 % pour le blé tendre) a permis à ces producteurs spécialisés de doubler le montant de leurs revenus.) resserent un peu plus la corde...

    70% de la planete a le dos au mur...reste plus qu’une solution et elle sera tres douloureuse pour tous...

  • psyche
    psyche
    Agitateur d'inconscience
    • Posté à 17h46 le 09/04/2008
    • Internaute 33336
      Agitateur d'inconscience

    Bonjour à tous,

    Un très bon article, permettant de comprendre les causes de la flambée des prix céréalières.

    On nous explique que la démografie dépasse la production, que la culture des céréales vouées aux bio-carburants pénalise les stocks mondiaux de céréales « alimentaires » ! très bien MAIS !

    Que fait t’on des terres en jachères ? qui le sont pour ne pas « pénaliser » le prix de vente de ces mêmes céréales...

    Que pourrions nous faire dans nombres de pays africains pour exploiter toutes les terres qui ne demandent qu’a l’être ? il ne manque que la volonté politique ou économique de financer les installations d’irrigation....

    Il existe nombres de solutions ! il ne manque que des BONNES VOLONTES politiques et/ou économiques !

    Certains lobbys, a force de trop vouloir finirons par tout perdre.

    • kk
      kk répond à psyche
      au vert
      • Posté à 18h03 le 09/04/2008
      • Internaute 13480
        au vert

      N’oublions pas que localement, on produit uniquement pour l’exportation ; on peut ainsi « chez nous » acheter des tomates et des haricots verts à Noël.
      Personnellement, je n’achète que des légumes et fruits « de saison »

    • G.
      G. répond à psyche
      • Posté à 08h37 le 10/04/2008
      • Internaute 33410

      Non... pas « très bon article »...

      J’en ai un peu assez de tous ces articles qui décryptent savamment les mécanismes des crises à l’oeuvre actuellement (finance, pétrole, alimentation) sans jamais désigner nommément des responsables, ni proposer d’alternatives.

      Les noms sont plus importants quand le frère de François Fillon pianote dans l’ombre ou que Chantal Sébire meurt sous les projecteurs. Story telling, quand tu m’étreins !

      Pourquoi toutes ces grandes crises ne sont-elles jamais incarnées ? Pourquoi ne nous ressasse-t-on pas les biographies des responsables ? Pourquoi se contente-t-on des facéties de leurs bouffons (les Bruni-Sarkozy et consors) ? Il y a pourtant bien des hommes et des femmes qui profitent vraiment de tout ça.

      Si certains médias assumaient leur rôle de contre-pouvoir, les théories du grand complot et la propagande du contre-sens portées par les bouffons susnommés auraient un peu moins de poids.

      Quant aux alternatives et à ceux qui les portent, elles existent toujours, mêmes embryonnaires. C’est le rôle d’un journaliste d’en faire clairement état, s’il ne veut pas être l’agent dépressif du monde, le bras armé des fascismes délocalisés qui persécutent les consciences.

      Et puis c’est quoi cette page de pub pour Leclerc quand j’ouvre Rue89 ? ? ? Les affaires vont bien apparemment sur le web 2.0... Au fait... la grande distribution ? Ils n’ont rien à voir avec l’augmentation des prix de l’alimentation ? ...

      Mais je sais : « ça n’a rien à voir ! »

      • psyche
        psyche répond à G.
        Agitateur d'inconscience
        • Posté à 13h52 le 10/04/2008
        • Internaute 33336
          Agitateur d'inconscience

        @ « G »

        Mon « très bon article » était ironique ! !

         
        • G.
          G. répond à psyche
          • Posté à 15h02 le 10/04/2008
          • Internaute 33410

          @ psyche,

          Vous avez tellement bien agité mon inconscient que j’ai répondu à peine réveillé...

        1 autres commentaires
  • JEAN.GISQUAND
    • Posté à 17h47 le 09/04/2008
    • Internaute 1331

    Une seule raison à la faim dans le monde c’est la politique menée depuis 30 ans par le FMI, la Banque Mondiale la FAO, le FIDA et consorts. Pour soit disant aider les états des pays pauvres à se donner les moyens de rembourser leur dettes on les a obligés à abandonner les cultures vivrières pour faire du coton, des arachides... Le reste n’est qu’un phénomène secondaire.

  • cosby
    • Posté à 17h57 le 09/04/2008
    • Internaute 31801

    Oui en effet kawaayi, on a en face de nous un très très grand nombre de personnes qui ont le dos au mur.

    Et nous on veut lancer les agrocarburants, alors que l’équivalent d’un plein suffirait à nourrir une personne du tiers monde pendant un an !

    Vive le gaspillage, vive la mondialisation : ce sont des entreprises européennes qui vendaient les excédents de culture dans des pays africains par exemple, bien au dessous du prix du marché local ; ça a fait couler tous les agriculteurs locaux et maintenant que les prix remontent ils ne peuvent plus se nourrir. Bravo !

    Bilan, on va mettre des OGM en faisant croire que c’est la solution pour stopper la faim dans le monde, alors que certaines cultures (déjà exploitées) commencent quand même à être victime de maladies, comme le coton BT en Inde par exemple.

    La nature finira toujours par reprendre le dessus, d’autant plus si on joue avec elle. Je ne sais pas où l’on va mais c’est pas dans un monde de la paix universelle.

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 17h54 le 09/04/2008
    • Internaute 33755

    exclusivement à titre de comparaison : Lien

  • nelmezzodelcamin
    nelmezzodelcamin
    di nostra vita
    • Posté à 18h03 le 09/04/2008
    • Internaute 3956
      di nostra vita

    très bon article, plutôt glaçant...

    les agro carburants (oui, surtout pas bio, merci snipoza) qui concurrencent directement les productions alimentaires

    les subventions des pays du Nord qui ruinent les paysans du Sud

    les multinationales qui poussent les paysans à la dépendance, à la ruine, au suicide parfois

    l’uniformisation des semences mondiales (OGM ou Hybrides F1, dans les deux cas les agriculteurs doivent racheter les semences chaque année), avec la destruction des cultures vivrières, l’appauvrissement des terres due à une exploitation à coup d’engrais chimiques. La crise de la pomme de terre, ça ne leur rappelle rien ?

    La disparition des insectes pollinisateurs, pour de multiples raisons

    les changements climatiques qui multiplient les sécheresses (cf l’Australie), sans parler de l’irrigation à tout va.

    quelqu’un voit une bonne raison d’espérer ? ? ?

    • argiope
      argiope répond à nelmezzodelcamin
      chatouille ou pique, c'est selon
      • Posté à 18h45 le 09/04/2008
      • Internaute 34103
        chatouille ou pique, c'est selon

      Peut-être les progrès de la médecine ? (qui permettent aux hommes d’être de plus en plus nombreux, surtout les pauvres...)

    • argiope
      argiope répond à nelmezzodelcamin
      chatouille ou pique, c'est selon
      • Posté à 18h46 le 09/04/2008
      • Internaute 34103
        chatouille ou pique, c'est selon

      Un type tombe d’un gratte-ciel. A chaque étage, il se dit : « Jusque-là, tout va bien. »

    • compte supprimé 24
      • Posté à 22h12 le 10/04/2008
      • Internaute 8330

      « quelqu’un voit une bonne raison d’espérer ? ? ? »

      nelmezzo, etc. :

      Oui, moi.

      Nous parvenons *enfin* à ce tournant de notre histoire humaine que nous attendions tant : vivre ou mourir ensemble ; réaliser que nous ne sommes que d’une seule espèce, dont la spécificité est une extraordinaire capacité de se dépatouiller des pires situations, dès lors qu’elle est acculée à la survie.

      Nos ancêtres nous ont légué cette qualité, en même temps que la paresse mentale et quelques millions de vilains défauts. Mais c’est elle qui nous a faits humains et elle est toujours là ; plus que jamais.

      Comme d’hab’, on se démerdera. Ce n’est même pas de l’optimisme, mais un constat.

  • roy45
    • Posté à 18h09 le 09/04/2008
    • Internaute 38580

    La situation s’aggrave d’heure en heure ...

    Le baril de pétrole côté à New York vient de prendre
    + 2.41% à 111,12$

    Il est annoncé à 120$ par les analystes dans les prochaines semaines, et oui c la période estivale qui commence dans les pays occidentaux, moment de l’année où l’on consomme le plus d’essence...

  • kawouede
    • Posté à 18h09 le 09/04/2008
    • Internaute 27995

    C’est ce que je me suis dit hier en entendant les infos sur France culture... (y a pas, les infos c’est à la radio qu’on les a) : bientôt l’émeute généralisée, voire une guerre véritable, et on s’occupe de quoi à l’Elysée ? de rentrer sagement dans l’OTAN, comme par hasard...
    ça s’appelle assurer ses arrières de pays riche... ou fuir ses responsabilités, selon les interprétations (M. Vaïsse ?)

    • roy45
      roy45 répond à kawouede
      • Posté à 18h40 le 09/04/2008
      • Internaute 38580

      et à légaliser les OGM la loi vient d’être adopté à l’assemblée

  • Polo67
    • Posté à 18h10 le 09/04/2008
    • Internaute 33363

    Encore les mêmes (Les conspirateurs Illuminazi 666) qui se cachent et manipulent tous les leviers pour provoquer le chaos mondial et rendre ce monde incontrôlable pour pouvoir plus facilement le diriger à leur guise avec les 2/3 de la planète en moins par extermination programmée par des guerres en préparation(Iran....) et des famines sournoisement planifiées et des épidémies et maladies (vache folle, sida, grippe aviaire et tous ces virus et bactéries fabriquées en labo pour exterminer la population que même le mot génocide sera trop faible pour le qualifier. attaquez vous aux maillons faibles, la vérité c’est pas ce qu’on nous montre ,ils nous la cache, ouvrez les yeux , ne votez plus ,car vous votez pour leurs marionnettes, fini guignol et les ficelles devant le 20h BOUGEZ VOUS ,CHERCHEZ le temps du combat a sonné.

  • StefanoBelbo
    • Posté à 18h13 le 09/04/2008
    • Internaute 25091

    Ajouter aussi un article dans « The Guardian “ .

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3