Entretien 15/01/2012 à 12h33

Nucléaire au Japon : « L'Etat est un traître pour les travailleurs »

Thierry Ribault | Economiste au CNRS


Une femme manifeste contre le nucléaire. Sur la banderole : « Maman que se passe-t-il ? » (Thierry Ribault)

Nasubi est engagé depuis 1986 dans la défense des droits des travailleurs journaliers, notamment dans les « yoseba », grands marchés de main-d’œuvre temporaire largement sous contrôle des yakuzas, que l’on trouve à Tokyo (San’ya), à Osaka (Kamagasaki) ou encore à Yokohama (Kotobuki).

En juillet 2011, Nasubi a publié sous ce nom d’emprunt, un « Manuel de sécurité à l’usage des travailleurs du nucléaire ». Nous l’avons rencontré le 11 décembre 2011 à Tokyo, peu avant le départ d’une manifestation antinucléaire, devant les bâtiments du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie.

Thierry Ribault : Comment est né votre engagement et en quoi consiste-t-il ?

Nasubi : Mon engagement actuel dans la lutte antinucléaire consiste à faire connaître les conditions de vie et de travail des travailleurs du nucléaire et le système de sous-traitance dont ils font l’objet. A l’origine, je luttais dans les mouvements de travailleurs journaliers. Beaucoup d’entre eux ont été, et sont toujours, recrutés pour être envoyés dans les centrales nucléaires.

Les militants antinucléaires connaissent le problème, mais ne s’engagent pas suffisamment par rapport aux problèmes spécifiques de ces travailleurs. Les syndicats japonais ne se préoccupent pas plus de la défense de leurs droits. Beaucoup de travailleurs du nucléaire sont morts de cancer. Les autres ont actuellement de graves problèmes de santé, mais les mouvements syndicaux sont restés et demeurent silencieux.

Le seul mouvement de travailleurs du nucléaire qui ait eu lieu est celui de la centrale de Tsuruga, dans le département de Fukui, entre 1981 et 1987 [un dysfonctionnement du système d’écoulement des eaux du réacteur n°1 a causé le rejet de 16 tonnes d’eau fortement radioactive issue du système de refroidissement. L’accident a été révélé en avril 1981, quarante jours après les faits, ndla].

Discriminés par les syndicats

Pourquoi ce silence des syndicats ?

La réalité du travail dans les centrales nucléaires n’a jamais été transparente. On ignore ce qui se passe exactement à l’intérieur. Les travailleurs du nucléaire font, en outre, l’objet d’une discrimination, y compris de la part des syndicats. Non seulement parce que le fonds de commerce de ces derniers est la main-d’œuvre « régulière », mais aussi parce que le nucléaire concerne les castes inférieures de la société, contraintes d’aller travailler dans les centrales.

C’est un sujet politique et délicat. Les grandes centrales syndicales nationales étant, de fait, pronucléaires, les petits syndicats n’ont jamais voulu s’opposer à cette position et n’ont pas osé remettre en cause les conditions d’existence et de travail des travailleurs embauchés par les sous-traitants.

Quelle est la situation pour les travailleurs réguliers du nucléaire ?

C’est totalement différent. Employés de Tepco [opérateur de la centrale nucléaire accidentée, Fukushima Daiichi, ndlr], ils forment l’élite de l’entreprise et ne sont donc pas exposés à la radiation, mais travaillent dans les salles de contrôle, sur des ordinateurs. Ce sont en priorité les travailleurs journaliers, grande majorité des travailleurs d’une centrale, qui font le nettoyage et travaillent directement dans les réacteurs.

Recrutés comme des prostituées

D’où viennent ces travailleurs journaliers ?

D’horizons différents. Certains d’entre eux sont des travailleurs licenciés d’autres secteurs. La majorité vient des régions rurales, là où il n’y a plus suffisamment de travail. Le nucléaire n’a pas besoin de beaucoup de gens qualifiés ou ayant des aptitudes certifiées, ce qui explique aussi pourquoi les travailleurs de ce secteur sont discriminés.

Le système de recrutement de cette main-d’œuvre est comparable à celui des prostituées. De la même manière que les yakuzas orientent vers la prostitution les femmes sans travail et organisent leur activité, ils disent aux hommes : « Allez travailler dans les centrales nucléaires. » Pour les femmes c’est la prostitution, pour les hommes c’est la centrale.

De même, pas plus que les féministes ne se sont mobilisées pour les femmes de l’industrie du sexe, les syndicats ne se sont mobilisés pour les travailleurs journaliers du nucléaire.

Par les yakusas ? Tepco : « Ça n’existe pas »

Quel est le rôle des yakuzas ?

Depuis la fin du XIXe siècle, dans le monde du travail, il y a une face positive et une face négative. La face négative, ce sont les yakuzas. Dans l’objectif de moderniser le Japon à la fin du XIXe siècle, l’Etat s’est allié à l’industrie et à la mafia avec pour but de développer et aménager le territoire. Pour ce faire, l’Etat a besoin des services de la mafia qui mobilise les travailleurs issus des couches basses de la société.

Le nucléaire est un exemple typique de ces pratiques. Officiellement, l’Etat et Tepco affirment qu’il n’y a que deux ou trois niveaux de sous-traitance, mais de fait, ils savent très bien qu’il y en a huit ou neuf. Ils acceptent donc totalement et implicitement que le recrutement s’opère de façon mafieuse, même si c’est, bien sûr, proscrit par la loi.

Au cours des négociations avec les ministères, de nombreuses informations circulent sur les procédures de recrutement. Les journalistes ont écrit sur le sujet. L’Etat ne peut pas dire que ces pratiques n’existent pas.

Pourtant, lorsque nous demandons à l’Etat de mener des enquêtes sur cette réalité, on nous rétorque qu’on a donné l’ordre à Tepco d’enquêter et que sa réponse est : « Ça n’existe pas. » Cette réponse est acceptée et aucune enquête officielle n’est menée sur le sujet.

En avril, l’Etat et Tepco ont créé un comité visant à empêcher la participation des groupes illégaux dans la reconstruction après la catastrophe de Fukushima. Le raisonnement était le suivant : jusqu’à présent, il n’y avait pas de yakuzas dans les travaux publics, mais dans le contexte actuel ils manifestent leur volonté de prendre part à la reconstruction. Il faut donc les en empêcher.

Ainsi, selon cette logique, l’Etat se sauve la face en montrant qu’il lutte contre les yakuzas, alors qu’en réalité ils sont déjà présents ! L’Etat est un traître pour les travailleurs.

Des accidents du travail non reconnus

Qu’en est-il des victimes parmi les travailleurs du nucléaire ?

Les centrales ont démarré en 1966. Depuis, 500 000 travailleurs ont été mobilisés dans ce secteur. Parmi eux, vingt seulement ont fait une demande de reconnaissance d’accident du travail, et dix demandes ont été reconnues.

Jusqu’en juin dernier, le ministère de la Santé n’avait jamais communiqué ces chiffres. C’est au moment de la négociation que nous les avons obtenus. Plus précisément, nous avons pris connaissance de l’existence de sept cas de reconnaissance. Puis nous avons appris que trois autres personnes n’avaient jamais été signalées par le ministère.

Pour faire établir une demande de reconnaissance d’accident du travail, l’employé doit être en principe muni d’un certificat attestant ses durées et périodes d’intervention. Le patron peut toutefois refuser de lui fournir ce certificat.

Si le travailleur insiste pour l’obtenir, très souvent il se verra proposer une indemnisation pécuniaire qui peut aller de 6 millions à 30 millions de yens (environ 60 000 à 300 000 euros), en lieu et place d’une déclaration d’un accident du travail. Il s’agit d’un arrangement.

Y a-t-il beaucoup d’arrangements de cette sorte ?

Beaucoup. Et lorsqu’ils acceptent un tel arrangement, les travailleurs s’engagent à ne pas en parler. C’est à ce point caché que certains politiciens clament qu’aucun travailleur n’est jamais mort à cause du nucléaire.

Peu de contrats de travail

Les temporaires ont-ils des contrats de travail ?

Très peu de travailleurs du nucléaire ont un contrat, et il peut arriver qu’on envoie les personnes sur des lieux de travail imprévus, ce qui est évidemment contraire au code du travail. L’absence de contrat est une caractéristique des pratiques de la sous-traitance. Aux premier et deuxième niveaux, il peut y avoir des contrats, mais pas au-delà.

Actuellement, cette absence de contrat fait l’objet de critiques, ce qui amène certains patrons à modifier leur attitude mais en contrepartie, les travailleurs doivent s’engager à ne pas porter plainte en cas d’accident. Beaucoup de travailleurs ont témoigné de cette pratique illégale. Tepco est responsable, bien sûr, mais aussi les mouvements qui ne se sont pas suffisamment mobilisés.

Après le 11 mars 2011 [date de l’accident nucléaire, ndlr], les mouvements de travailleurs journaliers se sont toutefois engagés. J’ai publié une brochure intitulée « Manuel de sécurité à l’usage des travailleurs du nucléaire ». Mais la grève demeure l’action la plus efficace.

Une brochure pour pallier le manque d’infos

En quoi consiste cette brochure ?

L’entreprise, qui est pourtant responsable, ne communique pas les informations de base. Notre brochure explique que le travailleur peut demander un contrat et obtenir un carnet de contrôle indiquant sa dose reçue notée par l’entreprise. Cette dernière a l’obligation de le faire mais la plupart du temps elle ne la communique pas, et le travailleur l’ignore.

Nous expliquons aussi comment porter correctement la combinaison et mettre en place les filtres dans les masques, qui sont la plupart du temps inexistants. En principe, les anciens peuvent fournir ces explications, mais actuellement à Fukushima, nombre de travailleurs sont de nouvelles recrues n’ayant jamais travaillé dans les centrales nucléaires.

Qui sont ces travailleurs ?

Ils viennent de tout le Japon. Ce sont des étrangers. Il y a de nombreux Philippins actuellement. Les travailleurs japonais nous disent qu’ils effectuent les travaux les plus dangereux, ceux que les Japonais ne font pas. Il y a aussi des « burakumin », descendants de la caste des parias. Ce sont, de manière plus large, des travailleurs issus de familles pauvres.

« Une permanence à Fukushima »

Quelles actions envisagez-vous ?

Nous voulons ouvrir un point de consultation permanent à Fukushima pour les travailleurs du nucléaire. Il n’y a pas que ceux des centrales qui sont irradiés : les autres catégories de travailleurs sont également concernées, dans les travaux publics par exemple. Il faut aussi négocier avec les ministères et avec les entreprises de recrutement qui envoient des travailleurs à Fukushima en leur faisant croire qu’ils vont travailler ailleurs.

Ainsi, des journaliers recrutés à San’ya à Tokyo, ont été envoyés dans les égouts de la ville de Fukushima. Une fois sur place, on leur a fourni des combinaisons antinucléaires, des masques et des instruments identiques à ceux utilisés dans une centrale. Mais ils n’étaient pas informés du taux de radiation sur les lieux. Si nous ouvrons une permanence, nous aurons du monde.

D’après la loi relative aux dédommagements des accidents du nucléaire, l’entreprise a la responsabilité ultime. Nous allons donc négocier avec les sociétés de recrutement, puis avec Tepco. Jusqu’à présent, aucun dédommagement n’a jamais été accordé par Tepco, ni par aucun autre opérateur du nucléaire au Japon. Et les syndicats n’ont jamais fait de procès aux entreprises. Nous changerons cette situation.

Thierry Ribault est co-auteur avec Nadine Ribault de « Les Sanctuaires de l’abîme - Chronique du désastre de Fukushima », éd. de L’Encyclopédie des nuisances, Paris, mars 2012.

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  • beaulande
    beaulande
    Des nuées de sens
    • Posté à 12h49 le 15/01/2012
    • Internaute 115981
      Des nuées de sens

    Merci pour cet article qui confirme mes dires, même si tout cela se passe au Japon. Ne nous leurrons pas la situation est quasi identique en France. Certes, pas de Yakuzas, pas de mafia pour le recrutement des travailleurs du nucléaire, mais les même niveaux de sous-traitance avec les conséquences multiples qui en découlent. Ah, je vois on n’en parle pas ou peu... Ce n’est pas une raison qui pourrait expliquer que ce phénomène n’existe pas dans nos « vertes » centrales.

    • père castor-
      père castor- répond à beaulande
      enseignant, fondateur de la (...)
      • Posté à 16h59 le 15/01/2012
      • 179365
        enseignant, fondateur de la (...)

      Ils font exprès, ils attendent un « cataclysme » et pensent que le nucléair va soit empêcher ce cataclysme, soit permettre une plus grande éradication de la race humaine et permettant dans le même temps, une évolution à la superman pour les quelques-uns « accéptant » la haute radioactivité ..

      Lien

      • deserteur
        deserteur répond à père castor-
        Service Athée
        • Posté à 17h06 le 15/01/2012
        • Internaute 62084
          Service Athée

        t as fumé quoi ce jour ?

         
        • beaulande
          beaulande répond à deserteur
          Des nuées de sens
          • Posté à 22h59 le 15/01/2012
          • Internaute 115981
            Des nuées de sens

          Bonne question.

        1 autres commentaires
      • rafioso
        rafioso répond à père castor-
        paysan
        • Posté à 13h55 le 17/01/2012
        • Internaute 145922
          paysan

        Pas sûr même qu’ils se posent toutes ces questions. Ils espèrent passer à côté, au moins jusqu’à la fin de leur mandat, et prolongent la vie des centrales pour ne pas avoir à se poser la question du démentelement.
        Au Japon les politiques avaient sensiblement la même opinion, mais Fukushima est passé, là ils ont vraiment très très peur (c’est actuel), y compris pour eux même. Pour ça qu’ils sacrifient les basses couches de la société en premier. Question taboue : Où est passé le corium de Fukushima ?
        Au moins cette fois ils ont pris la décision d’arrêter le nucléaire, même si ce n’est pas dit officiellement : Les centrales sont stoppées pour maintenance et ne réouvrent plus. Il n’en reste plus que 5 depuis vendredi, sur 54 avant le 11 mars 2011, et zéro d’ici juin.
        En France très malheureusement il nous faut craindre que seul un accident fera changer les choses, mais il sera trop tard. A moins que nous nous réveillions. C’est pas gagné.

  • Laurent Pellegrin
    Laurent Pellegrin
    géologue flâneur
    • Posté à 13h06 le 15/01/2012
    • Internaute 56444
      géologue flâneur

    Bien, grand merci et plein de courage à cet homme qui manifestement en a déjà énormément.

    Bon après j’imagine que quand un gouvernement veut faire du nucléaire il n’existe pas trente six solutions. La situation est sûrement à la fois différente et transposable à beaucoup de pays qui se sont lancé là-dedans.
    En tout cas pour ce qui est de l’organisation du travail en strates de sous-traitances et de ses conséquences (travail mal fait jusqu’à parfois un niveau purement criminel, non-information, cache-misère et compagnie, etc...) , on en tiens une belle couche en France aussi.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 13h21 le 15/01/2012
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    C’est comme en France, quoi...

    • Sakae Osugi
      Sakae Osugi répond à Autist Reading -
      pas flambifié du tout...
      • Posté à 18h41 le 15/01/2012
      • Internaute 101522
        pas flambifié du tout...

      ’bsolument ! la gonzesse de la boite d’intérim te dira même en rigolant que tu ne pissera pas fluo (vécu personellement),sauf que quand tu seras malade,ils iront même jusu’à nier t’avoir fait bosser voire que t’étais malade avant d’y aller...c’est pour ça que la gonzesse de la boite d’intérim,tu peux lui conseiller d’aller faire des turlutes aux liquidateurs de Tchernobyl histoire de voir si elle ne crépitera pas au Geiger après...

  • poissonpiloté
    poissonpiloté
    c'est par où l'amer ?
    • Posté à 13h47 le 15/01/2012
    • Internaute 75343
      c'est par où l'amer ?

    Article trés intéressant, la main mise de la mafia japonaise sur le recrutement de ces journaliers rappelle celle qu avait la mafia américaine sur l embauche des dockers sur les ports jusqu’au milieu du siècle dernier (cf : sur les quais ou Nous ne sommes rien soyons tout). Il est plus simple pour les employeurs de sous traiter ces recrutements pour des emplois à risque. En cas de problème le journalier y réfléchira à deux fois avant d’aller se frotter à la mafia...

    • thegunner92
      thegunner92 répond à poissonpiloté
      Etudiant
      • Posté à 01h34 le 16/01/2012
      • Internaute 109374
        Etudiant

      Le plus inquiétant dans l’histoire n’est pas la mafia japonais mais ce sujet est un véritable tabou dans la société japonaise. A moins de fouiller soi-même, jamais on ne vous apprendra à l’école ou dans les journaux qu’il existe encore des « castes » au Japon, ou que des « catégories » de personnes ont des jobs « réservés ». Tous les pays ont ce « dark side ». Le Japon n’est pas une exception malheureusement...

      Bien du courage aux personnes qui dénoncent ce système.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 14h12 le 15/01/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « L’Etat est un traître pour les travailleurs- au Japon ? »

    Même s’il est impossible chez nous de mettre un nom sur une quelconque mafia, il faut reconnaître que coté « traîtrise »... l’Etat français ruine autant les laborieux.
    ...faut bien renvoyer quelques chèques au nom du bouclier fiscal ? ... non ?

  • romjpn
    romjpn
    Etudiant
    • Posté à 14h15 le 15/01/2012
    • Internaute 143017
      Etudiant

    Moralite : va travailler au conbini plutot qu’a la centrale...

    Treve d’humour (un peu noir), c’est scandaleux , tout simplement.

  • petit lapin
    petit lapin
    condé sans dents
    • Posté à 18h23 le 15/01/2012
    • Internaute 82080
      condé sans dents

    L’État ne peut pas trahir, puisqu’il ne dit rien.

  • walou3D
    walou3D
    Couillon de base
    • Posté à 15h08 le 15/01/2012
    • Internaute 105850
      Couillon de base

    Pour parler de la France, c’est quand même hallucinant qu’après près de 50 ans, et en faisant un des fers de lance de notre industrie nationale on en soit toujour là :
    Lien

    Donc en résumé : c’est p’tete ben dangereux, ou p’tete pas, y nous faut encore du temps pour en être sûrs...

  • Le mouton noble
    Le mouton noble
    qui repartira un jour
    • Posté à 15h52 le 15/01/2012
    • 179328
      qui repartira un jour

    Sur les Yakusas, leur fonctionnement, leur infiltration dans la société, ce livre est vraiment excellent

  • Claude
    Claude
    rameur
    • Posté à 16h56 le 15/01/2012
    • 179364
      rameur

    C’est à lire et à partager. Une image peu reluisante mais oh combien réelle de l’envers du Japon. Un envers que ceux qui vivent dans ce pays frôlent et ignorent comme la plupart de leurs collègues, voisins et amis. Alors, complices ? ou simplement ignorants ? Ou plus simplement encore, « occupés » par nos vies et par le petit cercle que nous avons tracé autour de nos vies ... dans une société qui exige tant de chacun qu’elle pousse (chacun) à se réfugier dans l’espace intime. Merci à Thierry Ribault.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 18h32 le 15/01/2012
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    Nucléaire au Japon : « L’Etat est un traître pour les travailleurs »

    ah bon vous aussi ! ! bienvenue au club

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 19h29 le 15/01/2012
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    « L’Etat est un traître pour les travailleurs »

    Un point commun avec la France......

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 19h32 le 15/01/2012
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    Des accidents du travail non reconnus

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 14h50 le 16/01/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Quelques réflexions sur le métier d’intervenant en milieu radioactif.
    J’ai été DATR au Cea, puis Cogéma pendant quelques années et nous avions tous le même statut. Maintenant les interventions sont confiées à des entreprises extérieures Salvarem, Onet, Spie, ...... Les agents de ces sociétés bénéficient du même suivi médical et du même encadrement de radioprotection que les agents AREVA (nouvelle dénomination de Cogéma).
    Quant au suivi sur EDF , des collègues m’ont dit qu’effectivement le suivi des intervenants était beaucoup moins strict et plus apparenté à l’auto contrôle.
    2) Ce qui apparait maintenant en France, c’est l’inquiétante évolution du droit du travail en matière d’accident, quelque soit le secteur industriel concerné. A grands renforts de formations et d’habilitations, la responsabilité de l’accident est de plus en plus transférée de l’entreprise vers l’individu
    3) Pour en revenir à Fukushima, les divers articles montrent les uns après les autres la dilution des responsabilités de la sous traitance et de l’intervention vers des sociétés aux multiples facettes voir vers un système carrément mafieux. L’ASN dans son dernier rapport datant du 03/01/12 pointe l’importance de la maitrise de la sous traitance dans les installations nucléaires.
    L’ASN impose un renforcement de la robustesse des installations nucléaires face à des situations extrêmes
    Pour conclure, le nucléaire ne peut être maitriser que si l’Etat détient la majorité du capital des sociétés qui en font l’exploitation car la sureté des installations ainsi que la sécurité des personnels et des populations environnantes ne doivent pas être pris en otage par les dividendes versés aux actionnaires.

  • lebondoscié
    lebondoscié
    Clair-obscurantiste
    • Posté à 20h24 le 16/01/2012
    • Internaute 150550
      Clair-obscurantiste

    Si une telle catastrophe devait se produire chez nous serions nous capable de faire pire ? Seul l’avenir peut nous le dire, et peut être quelques enarques près du pouvoir qui préfèrent garder leurs commentaires pour leurs soirées entre amis.

    Le XXI eme siècle débute en nous apprenant l’inconséquence des pouvoirs que nous avons délégués par les urnes.

    Que va bientôt pouvoir signifier citoyen ?

  • de personne le journal
    de personne le journal
    Une info scénario
    • Posté à 13h03 le 17/01/2012
    • Internaute 142875
      Une info scénario

    VERTIGO
    Ces nuages… ces merveilleux nuages
    Qui passent… au dessus de moi
    Savez-vous d’où ils proviennent ?
    De Fukushima…ou de Fessenheim ?
    Je viens de casser mon compteur Geiger
    Et je ne sais pas comment je vais faire pour mesurer la radioactivité dans l’air.
    Au point où j’en suis, je ne sais même plus si c’est vraiment nécessaire. Rien de grave, m’a dit un commissaire.
    Il faut tout juste se familiariser avec la logique des particules.
    Le Becquerel à ce qu’il paraît, c’est la quantité émise par une matière radioactive.
    Le Gray, c’est en revanche la quantité d’énergie absorbée par l’organisme.
    Le Sievert enfin, mesure les effets biologiques des rayonnements sur tout être vivant…
    A y regarder de près, il y a un problème de matière grise.
    Et la bêtise me dis-je, est-elle vraiment inoffensive ? Dans quelle mesure ? Il n’y a pas de mesure.
    Grâce à la bêtise nous avons enfin accès à la vraie démesure.
    Et ces nuages, ces merveilleux nuages. Je ne les verrais bientôt plus passer…
    Et tant mieux, parce qu’il vaut mieux être mort que payer plus cher son électricité.

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/07/vertigo/