09/04/2008 à 13h00

Pour Mélenchon, il n'y a jamais eu d'invasion chinoise du Tibet

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Si Jean-Luc Melenchon n’existait pas, il faudrait l’inventer. Il manquait effectivement, dans le paysage politique français, un défenseur de la vision chinoise sur le Tibet, vu que les communistes français ont, depuis longtemps, renoncé à jouer ce rôle vis-à-vis de leurs ex-camarades chinois. Les journalistes chinois à Paris ne s’y sont pas trompés, qui cherchaient mercredi matin à l’interviewer de toute urgence...

Le sénateur socialiste a lancé sur son blog, puis sur Europe1 mercredi, une diatribe contre les manifestations anti-JO, contre Robert Ménard, le patron de Reporters sans frontières, et contre le dalaï lama, dont il attribue le capital de sympathie en France à une trop grande lecture de « Tintin au Tibet » ... Et de se lancer dans une envolée hasardeuse sur l’histoire du Tibet et de la Chine, qui reprend fidèlement l’historiographie officielle de Pékin, contestable et discutable. Avec une conclusion stupéfiante, mercredi matin sur Europe1 :

« Parler d’invasion en 1959 pour qualifier un événement à l’intérieur de la révolution chinoise est aberrant. »

Outre le fait que, pour quelqu’un qui veut donner des leçons d’histoire du Tibet, il se trompe de neuf ans vu que c’est le 7 octobre 1950, et pas en 1959 (il confond avec la fuite du dalaï lama en Inde) que les troupes chinoises ont envahi le Tibet, c’est une drôle de vision qu’avance le sénateur de l’Essone, où la force de la révolution avance avec des chars. Morale de cette histoire, version Melenchon :

« Ce qui se fait est une insulte gratuite et injustifiée contre les millions de Chinois qui ont voulu et préparent activement les Jeux. Pour moi il flotte un relent nauséabond de racisme sur cette marmite ! “

Jean-Luc Melenchon n’a pas tort dans tout ce qu’il avance, et en particulier dans le fait que c’est en 2001, lorsque les Jeux ont été attribués à la Chine, qu’il aurait fallu protester. Ou encore lorsqu’il revient sur les récents événements du Tibet en citant Arrêts Sur Images (qui lui même citait ... Rue89 !) sur les incohérences de la couverture médiatique en France.

Mais il serait plus crédible s’il avait un mot, un seul, pour commenter la condamnation le mois dernier à cinq ans de prison de Yang Chunlin pour avoir fait circuler une pétition sur le thème ‘ Nous voulons des droits, pas des Jeux’ ... Ou sur la situation des Tibétains aujourd’hui, qui, loin du féodalisme d’avant 1950 que les jeunes émeutiers du 14 mars n’ont pas connu, ont le sentiment de vivre une situation de dépossession coloniale. En 1954, Jean-Luc Melenchon aurait-il reproché aux Algériens leur soulèvement violent contre la présence française, pourtant vieille de 150 ans et porteuse de plein de ‘ bienfaits civilisateurs’ ? ... Evidemment non !

Le sénateur de l’Essonne n’aime pas hurler avec les loups et il a raison. Mais de là à fermer les yeux sur tout ce qui pourrait gêner sa démonstration, il y a un pas qu’il aurait dû franchir avec un peu plus de prudence...

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  • marc23
    marc23 répond à Pierre Haski
    • Posté à 16h49 le 09/04/2008
    • Internaute 12037

    Merci à vous, Pierre Haski davoir pris le soin de répondre à mon post mais permettez moi de remarquer que votre érudition sur le sujet ne vous dispense de rien concernant vos articles sur Rue89 : vous ne nous dites rien sur la réalité des faits anciens ou récents au Tibet( les assassinats de chinois par les émeutiers tibétains par exemple, l’horrible système théocratique, esclavagiste et misogyne du Dalai Lama pendant la brève période d’indépendance sous « protectorat anglais » entre les deux guerres, etc...ou encore le personnage pour le moins inquiétant de Ménard et RSF , son financement et ses soutiens)

    Bref, sans éprouver beaucoup de sympathie pour le régime chinois qui depuis plusieurs décennies ( voir son attitude envers le Viet Nam épuisé par les guerres de libération ou son soutien, de conceert avec les USA au régime Khmer rouge, sans compter les conditions d’exploitation de ses travailleurs....), la position de Mélenchon mérite mieux, à mon avis, que de l’ironie à bon marché.
    Cordialement néanmoins car j’apprécie en général le travail de ce site

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à marc23
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 17h04 le 09/04/2008
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      @Marc23, vous m’avez mal lu... Relisez nos articles depuis le 14 mars, j’ai publié un article dès le 15 qui rappelle l’histoire du tibet, y compris la période féodale. Et, dixit Arrêt sur Images, nous sommes les premiers à avoir mentionné les lynchages de Han à Lhassa à travers le témoignage d’un blogueur français sur place. Ces faits ne me posent aucun problème, mais j’ai l’impression que nous n’en tirons pas nécessairement les mêmes conséquences...

      • marc23
        marc23 répond à Pierre Haski
        • Posté à 21h52 le 09/04/2008
        • Internaute 12037

        Pierre Haski
        Il est vrai que je ne suis pas scotché à rue89 et que je ne suis pas tous les articles au fur et à mesure ; mais ce doit être le cas de nombre de vos lecteurs. Merci d’avance d’en tenir compte quand vous traitez d’un problème.

      • daniel
        daniel répond à Pierre Haski
        daniel
        • Posté à 22h21 le 09/04/2008
        • Internaute 5273
          daniel

        J’ai appris le lynchage des Chinois par rue89 lors de la publication du blog d’aurelien, sinon j’aurais cru comme tout le monde que des moines pacifiques ont été massacrés à coup de blindés.

        Quoi, tout le monde le croit encore ?
        On nous aurait menti alors ?

  • l écrevisse
    • Posté à 16h56 le 09/04/2008
    • Internaute 26024

    Oui mais regardez des personnes comme Madame Martens qui a vécu 3 ans en Chine et qui elle aussi a été au Tibet, Haina qui vit en Chine, ou même moi qui y vis depuis un certains nombre d’années, ont des avis qui se rapproche plus de celui de Mr Melenchon que du votre, donc votre avantage n’en est en fait pas un.
    Je serais content que vous lisiez l’interview de Madame Martens plus haut et que vous mettez ses expériences et ses analyses de la situation au Tibet en regard avec les votre et que vous affirmiez ou infirmiez ses dires, cela aurais le mérite d’ouvrir un vrais débat.
    Merci d’avance Mr Hasky.

    • compte supprimé 24
      • Posté à 17h13 le 09/04/2008
      • Internaute 8330

      Vous vivez en Chine, écrevisse, pas au Tibet.

      • cywd
        • Posté à 17h27 le 09/04/2008
        • Internaute 35534

        vous vivez en France, même pas en Chine

        • compte supprimé 24
          • Posté à 22h08 le 09/04/2008
          • Internaute 8330

          cywd : pas en Chine, certes, mais j’ai longtemps vécu juste à côté depuis 1976 : Népal, Inde, Pakistan : tout l’Himalaya et le Karakoram... Hong Kong aussi (et pas juste trois jours) ; et comme j’étais accompagnateur de voyages, j’ai un joli troupeau d’amis accros de l’Empire du Milieu, dont quelques sinologues assez pointus, un tibétologue assez redoutable. Etc... (douze pages).

          Je connais *un tout petit peu* la région. Faut me laisser ça : -)

    • désinscrit-
      • Posté à 21h09 le 09/04/2008
      • Internaute 736

      Doublon, voir ci après, dsl

    • désinscrit-
      • Posté à 21h08 le 09/04/2008
      • Internaute 736

      Mouais ! ! Bizarre cet interview.

      Cette dame décrit avec une grande précisions les violences tibétaines et dénonce un complot du Dalaï Lama (alors qu’elle n’y était pas non plus visiblement), puis quand vient le tour de la répression :

      « La suite est le drame que l’on sait, avec les répressions chinoises que l’on devine. Faut-il rappeler que le Droit international stipule que “ chaque pays a le droit d’utiliser la force contre des mouvements d’indépendance qui vise à la division du dit pays ” ? “

      Chapeau mais je ne lui donne pas plus de crédibilité qu’à Pierre Haski, qui a décrit la même chose de manière beaucoup plus objective à mon avis.

      De Mme Martens :
      ‘Imaginez le foin que cela ferait en France si le mouvement séparatiste corse se mettait à incendier des passants français en plein Ajjacio !’
      Les indépendantistes corses ils décanillent les préfets, ça lui suffit pas (et ça fait du foin ! !), ils brûlent aussi les maisons de certains continentaux, etc...

  • cywd
    cywd répond à Pierre Haski
    • Posté à 17h19 le 09/04/2008
    • Internaute 35534

    Cinq an en Chine ? ça ne veut rien dire.
    Vous êtes allé au Tibet ? ça ne veut rien dire non plus.
    Etes vous historien, sociologue ou simple journaliste ?

    Melvyn GOLDSTEIN a passé toute sa vie sur l’étude de la culture tibétaine.Lien

    N’a-t-il pas un plus gros avantage sur vous ? Arrêtez de faire croire que vous êtes détenteur de toutes les vérités sur la Chine. Votre paresse intellectuel me fait vraiment pitié.

    • compte supprimé 24
      • Posté à 22h10 le 09/04/2008
      • Internaute 8330

      Nous serions nés chinois que vous nous dénieriez le fait de connaître notre pays, cywd.

      • l écrevisse
        • Posté à 11h47 le 10/04/2008
        • Internaute 26024

        Entend ont l’avis de natifs Tibétains d’ethnie Tibétaine dans nos médias ? Non. Et n’allez pas me dire que c’est parce que Pékin bloque le Tibét, ce qui est vrais aujourd’hui ne l’étais pas il y a deux mois.
        Mais pourquoi demander l’avis de ces gents ? On a déjà celui de Dharamsala, non ? Et puisque c’est les ex-dirigeants du Tibét et qu’il n’y ont plus foutu les pied depuis 50 ans ils doivent avoir un avis ultra objectif sur la question n’est-ce pas ?
        Les seuls avis de Tibétain que j’ai jamais entendu sont par CCTV, donc ils sont discrédité d’avance, et par Le Monde qui il y a quelques jours à publié une interview d’un moine Tibétain, son avis rejoins l’avis des interviewés de CCTV mis à part qu’il déclare au journalistes du Monde posséder des photos du DL.

        • compte supprimé 24
          • Posté à 12h25 le 10/04/2008
          • Internaute 8330

          Parce que, I écrevisse, quand tu es Tibétain du Tibet envahi, si tu causes dans le poste, ça craint méchamment pour ta couenne. Comme pour tous les dissidents chinois.

          Quand les autorités chinoises autorisent un Tibétain à se rendre en pèlerinage au Népal ou en Inde (Bodhnath et Bodhgaya), c’est à la condition ’sine qua non’ qu’ils laissent au pays une partie de leur famille. Une façon de s’assurer du silence de l’intéressé, et de son retour au plus grand camp de concentration de la planète.

          Après, n’ayant pas que ça à fiche d’ergoter avec des gens bornés, tu peux saquer mon commentaire autant qu’il te plaira, je passe mon chemin...

  • spoonman
    spoonman répond à l écrevisse
    • Posté à 16h55 le 09/04/2008
    • Internaute 31030

    merci de lire aussi les autres sources :
    Katia Buffetrille, tibétologue et ethnologue à l’Ecole pratique des hautes études (section sciences religieuses)
    Chine et Tibet, une si longue histoire
    LE MONDE | 22.03.08 | 12h44 • Mis à jour le 22.03.08 | 14h16

    Le Tibet est agité de troubles depuis une semaine. Quel est le fondement historique de cette prétention chinoise sur le Tibet ?

    Les sources chinoises ne s’accordent pas sur la date à laquelle, selon elles, le Tibet serait devenu une partie intégrante de la Chine. Disons brièvement qu’elles remontent soit à la dynastie mongole des Yuan (1277-1367), soit à celle mandchoue des Qing (1644-1911). Sous les Yuan, une relation très particulière avait été scellée entre des religieux tibétains et Kubilaï Khan, qui allait régner sur l’Empire mongol dans lequel la Chine et le Tibet étaient intégrés au même titre.
    Il s’agissait d’une relation politico-religieuse entre un maître spirituel et un protecteur laïc dans laquelle le maître donnait enseignements et initiations, et le laïc assurait sa protection et faisait des dons. Les différents protagonistes jouèrent sur l’ambiguïté de cette relation qui se poursuivit, mais de manière beaucoup moins forte, avec certains empereurs de la dynastie chinoise des Ming (1368-1644). Ceux-ci ne considéraient d’ailleurs nullement le Tibet comme une partie intégrante de leur territoire puisque celui qui fonda cette dynastie envoya lors de son avènement une lettre au Tibet, comme il l’avait fait pour les autres pays.
    Sous la dynastie mandchoue des Qing les relations entre le Tibet et la Chine connurent un changement. Cette relation de maître spirituel à protecteur laïc perdura, mais n’était pas comprise de la même manière par chaque partie. Pour les Tibétains, elle était purement religieuse, alors que les empereurs mandchous, bien que bouddhistes, l’utilisaient afin de se concilier les Tibétains et les Mongols. Cette relation est présentée actuellement comme une relation de subordination par les Chinois et est utilisée pour revendiquer le Tibet. Suite à de nombreux troubles, le pouvoir impérial intervint dans les affaires tibétaines et à partir de 1720, des administrateurs chinois et une garnison furent installés au Tibet.
    Comment cet héritage a-t-il pesé au XXe siècle ?
    Au début du XXe siècle, le Tibet devint le centre d’un enjeu géopolitique, notamment dans le cadre du « grand jeu » qui opposait en Asie centrale l’Angleterre à la Russie. Les Britanniques voulaient ouvrir des voies commerciales au Tibet. Ne recevant aucune réponse du gouvernement tibétain, en 1904, ils pénétrèrent au Tibet et parvinrent à Lhassa. Le treizième dalaï-lama s’enfuit en Mongolie puis en Chine. En 1910, peu après son retour au Tibet, la dynastie Qing chercha à prendre véritablement le contrôle du Tibet et envoya une armée. Le dalaï-lama trouva refuge en Inde.
    L’effondrement de la dynastie Qing en 1911 lui permit de revenir au Tibet et de proclamer l’indépendance de son pays. En 1949, Mao proclama la République populaire de Chine. Il affirma la souveraineté de la Chine sur le Tibet et eut les moyens militaires de l’imposer. En, 1965, la « Région autonome du Tibet » fut fondée et les régions traditionnelles du Tibet - Kham et Amdo - furent définitivement intégrées dans les provinces chinoises du Qinghaï, Gansu, Yunnan et Sichuan.
    Pour justifier l’ancienneté de leurs liens avec le Tibet, les Chinois évoquent aussi souvent l’alliance entre un monarque tibétain et une princesse chinoise.
    Il est vrai que Songtsen Gampo, le premier grand roi tibétain, qui régna dans la première moitié du VIIe siècle, épousa une princessse chinoise qu’il avait obtenue sous la menace militaire. Cette princesse, une fervente bouddhiste, fit construire un temple à Lhassa et apporta de Chine une statue de Bouddha que les fidèles continuent d’honorer de nos jours dans le grand temple de Lhassa.
    Les Chinois exploitent cet épisode pour faire remonter leur influence à une date ancienne alors que le Tibet était à cette époque une puissance considérable très crainte par la Chine. En moins d’un siècle, l’empire tibétain s’était alors taillé un territoire gigantesque allant du nord de l’Asie centrale à la Chine, dont la capitale Xian est même conquise. C’est à ce moment que le bouddhisme est introduit et deviendra religion d’Etat au VIIIe siècle. C’est une période de grand essor culturel et intellectuel que les Tibétains appellent la « première diffusion du bouddhisme ».
    Le Tibet était-il une théocratie ?
    Le dalaï-lama est considéré comme l’émanation de la divinité protectrice du Tibet, le bodhisattva de la compassion Avalokiteshvara. Le nom de dalaï-lama apparaît au XVIe siècle à la suite de la rencontre en 1578 entre un chef mongol et le troisième maître d’une lignée de religieux éminents. Mais ce n’est qu’en 1642 que le cinquième dalaï-lama reçoit, des mains de Gushri Khan, chef des Mongols Qoshot, dont il est le maître religieux, la souveraineté sur le pays.
    Le Parti communiste chinois prétend avoir « libéré » le Tibet de la noblesse esclavagiste. Existait-il un « esclavage » au Tibet avant 1949 ?
    Le mot « esclave » est parfaitement impropre. Très schématiquement, on peut dire que le Tibet était une société à strates, très hiérarchisée, dans laquelle existait une séparation nette entre religieux et laïcs. Les laïcs étaient divisés en trois strates : la noblesse, le peuple, la strate inférieure (bouchers, pêcheurs…). Trois groupes seulement pouvaient être propriétaires : l’Etat, le clergé et les nobles. Le terme de « serfs », appliqué aux paysans, est contesté par certains tibétologues, qui préfèrent celui de « gens du commun » ou « sujets ».
    En fait, les paysans, la grande majorité du peuple, étaient héréditairement liés à la terre et devaient des taxes qui étaient versées en argent, en nature, mais la plupart étaient sous forme de travail, essentiellement le travail de la terre. En dépit de cette structure qui peut paraître rigide, il y avait en fait une grande flexibilité. Ces paysans avaient des devoirs mais jouissaient aussi de droits. Les seigneurs n’avaient aucunement pouvoir de vie et de mort sur eux. Il ne s’agissait pas du tout d’un système idéal, mais il n’avait rien à voir avec de l’esclavage.
    Pékin invoque souvent les bienfaits économiques de sa présence. Qu’en est-il ?
    S’il est vrai que de nombreux changements ont commencé avec l’arrivée des communistes, il est tout aussi vrai que même sans eux, le Tibet se serait modernisé. Un économiste anglais, A.M. Fischer, a montré combien la croissance, au Tibet, est génératrice d’exclusion, une grande part de la population, principalement les Tibétains, n’ayant pas les moyens de participer à cette croissance. Depuis une cinquantaine d’années, la politique de financement du Tibet par les autorités centrales est motivée par des stratégies militaires et place le Tibet sous la totale dépendance de ces subventions.
    Les compagnies de construction viennent généralement d’autres régions de Chine. De plus, les ouvriers sont essentiellement des travailleurs chinois, souvent meilleurs du fait de leur formation. La construction du train reliant les grandes villes de Chine à Lhassa a facilité la venue de nombreux migrants chinois. Par ailleurs, la nécessité de devoir parler couramment le mandarin pour trouver un travail ne permet pas aux Tibétains d’entrer en compétition avec les Chinois sur le marché du travail. Les bénéficiaires de ce boom économique sont les migrants Hans et quelques privilégiés tibétains, ce qui explique l’énorme frustration que ressentent les Tibétains.
    Peut-on vraiment parler de « génocide culturel » au Tibet, selon la formule du dalaï-lama ?
    Je n’aime pas trop ce terme. Mais il est vrai que si la situation ne change pas, on s’achemine vers la disparition de la civilisation tibétaine. La langue est en danger : dans la Région autonome, l’enseignement est en chinois à partir du collège et le tibétain n’est pas utilisé dans l’administration. Il est vrai que la situation est meilleure en dehors de la Région autonome, car il existe des collèges et des lycées où le tibétain est la langue d’enseignement.
    Une autre frustration vient des restrictions sur les questions religieuses. Certes, de nombreux monastères ont été reconstruits. Des activités religieuses s’y déroulent. Mais, depuis 1995, la situation s’est durcie. Les photos du dalaï-lama sont interdites aussi bien en public qu’en privé ; les fonctionnaires d’Etat n’ont pas le droit de pratiquer ; il y a des cours d’éducation patriotique dans les monastères ; il faut remplir certaines conditions pour entrer au monastère.
    Pourquoi la Chine est-elle aussi intraitable sur le Tibet. Au fond, quel est l’enjeu pour elle ?
    Outre une revendication idéologique qui s’inscrit dans l’histoire du nationalisme chinois, c’est certainement la position géostratégique du Tibet qui explique l’attitude de la Chine. On ne peut oublier l’immense superficie de ce pays. Le Grand Tibet, c’est-à-dire le Tibet historique, représente un quart de la Chine.
    Si l’on ajoute à cela que dix des plus grands fleuves de l’Asie y prennent leur source et que les richesses minières y sont abondantes, on peut comprendre la position si intraitable des gouvernants chinois. A leurs yeux, perdre le Tibet porterait en germe la désagrégation de leur empire multiethnique. Après le Tibet, le Turkestan oriental (Xinjiang), qui connaît lui aussi des troubles endémiques, pourrait se manifester plus violemment. Si vous enlevez à la Chine le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie intérieure, il ne lui reste plus qu’un espace considérablement réduit.

    Propos recueillis par Frédéric Bobin
    Article paru dans l’édition du 23.03.08

     
    • f_m_erre
      f_m_erre répond à spoonman
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      • Posté à 23h31 le 09/04/2008
      • Internaute 24476
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      @ Spoonman, 16H55

      Le texte cité est un extrait de l’article de MARTENS Elizabeth publié dans « Le Grand Soir » du 31.03.2008, dont le lien a déjà été mentionné plus haut.

    1 autres commentaires
  • spoonman
    spoonman répond à Stalingrad
    • Posté à 16h57 le 09/04/2008
    • Internaute 31030

    D’autres sources toutes aussi crédibles remettent en cause les dires de M. Melenchon... qui est bien loin d’être un sinologue...

    Katia Buffetrille, tibétologue et ethnologue à l’Ecole pratique des hautes études (section sciences religieuses)
    Chine et Tibet, une si longue histoire
    LE MONDE | 22.03.08 | 12h44 • Mis à jour le 22.03.08 | 14h16

    Le Tibet est agité de troubles depuis une semaine. Quel est le fondement historique de cette prétention chinoise sur le Tibet ?

    Les sources chinoises ne s’accordent pas sur la date à laquelle, selon elles, le Tibet serait devenu une partie intégrante de la Chine. Disons brièvement qu’elles remontent soit à la dynastie mongole des Yuan (1277-1367), soit à celle mandchoue des Qing (1644-1911). Sous les Yuan, une relation très particulière avait été scellée entre des religieux tibétains et Kubilaï Khan, qui allait régner sur l’Empire mongol dans lequel la Chine et le Tibet étaient intégrés au même titre.
    Il s’agissait d’une relation politico-religieuse entre un maître spirituel et un protecteur laïc dans laquelle le maître donnait enseignements et initiations, et le laïc assurait sa protection et faisait des dons. Les différents protagonistes jouèrent sur l’ambiguïté de cette relation qui se poursuivit, mais de manière beaucoup moins forte, avec certains empereurs de la dynastie chinoise des Ming (1368-1644). Ceux-ci ne considéraient d’ailleurs nullement le Tibet comme une partie intégrante de leur territoire puisque celui qui fonda cette dynastie envoya lors de son avènement une lettre au Tibet, comme il l’avait fait pour les autres pays.
    Sous la dynastie mandchoue des Qing les relations entre le Tibet et la Chine connurent un changement. Cette relation de maître spirituel à protecteur laïc perdura, mais n’était pas comprise de la même manière par chaque partie. Pour les Tibétains, elle était purement religieuse, alors que les empereurs mandchous, bien que bouddhistes, l’utilisaient afin de se concilier les Tibétains et les Mongols. Cette relation est présentée actuellement comme une relation de subordination par les Chinois et est utilisée pour revendiquer le Tibet. Suite à de nombreux troubles, le pouvoir impérial intervint dans les affaires tibétaines et à partir de 1720, des administrateurs chinois et une garnison furent installés au Tibet.
    Comment cet héritage a-t-il pesé au XXe siècle ?
    Au début du XXe siècle, le Tibet devint le centre d’un enjeu géopolitique, notamment dans le cadre du « grand jeu » qui opposait en Asie centrale l’Angleterre à la Russie. Les Britanniques voulaient ouvrir des voies commerciales au Tibet. Ne recevant aucune réponse du gouvernement tibétain, en 1904, ils pénétrèrent au Tibet et parvinrent à Lhassa. Le treizième dalaï-lama s’enfuit en Mongolie puis en Chine. En 1910, peu après son retour au Tibet, la dynastie Qing chercha à prendre véritablement le contrôle du Tibet et envoya une armée. Le dalaï-lama trouva refuge en Inde.
    L’effondrement de la dynastie Qing en 1911 lui permit de revenir au Tibet et de proclamer l’indépendance de son pays. En 1949, Mao proclama la République populaire de Chine. Il affirma la souveraineté de la Chine sur le Tibet et eut les moyens militaires de l’imposer. En, 1965, la « Région autonome du Tibet » fut fondée et les régions traditionnelles du Tibet - Kham et Amdo - furent définitivement intégrées dans les provinces chinoises du Qinghaï, Gansu, Yunnan et Sichuan.
    Pour justifier l’ancienneté de leurs liens avec le Tibet, les Chinois évoquent aussi souvent l’alliance entre un monarque tibétain et une princesse chinoise.
    Il est vrai que Songtsen Gampo, le premier grand roi tibétain, qui régna dans la première moitié du VIIe siècle, épousa une princessse chinoise qu’il avait obtenue sous la menace militaire. Cette princesse, une fervente bouddhiste, fit construire un temple à Lhassa et apporta de Chine une statue de Bouddha que les fidèles continuent d’honorer de nos jours dans le grand temple de Lhassa.
    Les Chinois exploitent cet épisode pour faire remonter leur influence à une date ancienne alors que le Tibet était à cette époque une puissance considérable très crainte par la Chine. En moins d’un siècle, l’empire tibétain s’était alors taillé un territoire gigantesque allant du nord de l’Asie centrale à la Chine, dont la capitale Xian est même conquise. C’est à ce moment que le bouddhisme est introduit et deviendra religion d’Etat au VIIIe siècle. C’est une période de grand essor culturel et intellectuel que les Tibétains appellent la « première diffusion du bouddhisme ».
    Le Tibet était-il une théocratie ?
    Le dalaï-lama est considéré comme l’émanation de la divinité protectrice du Tibet, le bodhisattva de la compassion Avalokiteshvara. Le nom de dalaï-lama apparaît au XVIe siècle à la suite de la rencontre en 1578 entre un chef mongol et le troisième maître d’une lignée de religieux éminents. Mais ce n’est qu’en 1642 que le cinquième dalaï-lama reçoit, des mains de Gushri Khan, chef des Mongols Qoshot, dont il est le maître religieux, la souveraineté sur le pays.
    Le Parti communiste chinois prétend avoir « libéré » le Tibet de la noblesse esclavagiste. Existait-il un « esclavage » au Tibet avant 1949 ?
    Le mot « esclave » est parfaitement impropre. Très schématiquement, on peut dire que le Tibet était une société à strates, très hiérarchisée, dans laquelle existait une séparation nette entre religieux et laïcs. Les laïcs étaient divisés en trois strates : la noblesse, le peuple, la strate inférieure (bouchers, pêcheurs…). Trois groupes seulement pouvaient être propriétaires : l’Etat, le clergé et les nobles. Le terme de « serfs », appliqué aux paysans, est contesté par certains tibétologues, qui préfèrent celui de « gens du commun » ou « sujets ».
    En fait, les paysans, la grande majorité du peuple, étaient héréditairement liés à la terre et devaient des taxes qui étaient versées en argent, en nature, mais la plupart étaient sous forme de travail, essentiellement le travail de la terre. En dépit de cette structure qui peut paraître rigide, il y avait en fait une grande flexibilité. Ces paysans avaient des devoirs mais jouissaient aussi de droits. Les seigneurs n’avaient aucunement pouvoir de vie et de mort sur eux. Il ne s’agissait pas du tout d’un système idéal, mais il n’avait rien à voir avec de l’esclavage.
    Pékin invoque souvent les bienfaits économiques de sa présence. Qu’en est-il ?
    S’il est vrai que de nombreux changements ont commencé avec l’arrivée des communistes, il est tout aussi vrai que même sans eux, le Tibet se serait modernisé. Un économiste anglais, A.M. Fischer, a montré combien la croissance, au Tibet, est génératrice d’exclusion, une grande part de la population, principalement les Tibétains, n’ayant pas les moyens de participer à cette croissance. Depuis une cinquantaine d’années, la politique de financement du Tibet par les autorités centrales est motivée par des stratégies militaires et place le Tibet sous la totale dépendance de ces subventions.
    Les compagnies de construction viennent généralement d’autres régions de Chine. De plus, les ouvriers sont essentiellement des travailleurs chinois, souvent meilleurs du fait de leur formation. La construction du train reliant les grandes villes de Chine à Lhassa a facilité la venue de nombreux migrants chinois. Par ailleurs, la nécessité de devoir parler couramment le mandarin pour trouver un travail ne permet pas aux Tibétains d’entrer en compétition avec les Chinois sur le marché du travail. Les bénéficiaires de ce boom économique sont les migrants Hans et quelques privilégiés tibétains, ce qui explique l’énorme frustration que ressentent les Tibétains.
    Peut-on vraiment parler de « génocide culturel » au Tibet, selon la formule du dalaï-lama ?
    Je n’aime pas trop ce terme. Mais il est vrai que si la situation ne change pas, on s’achemine vers la disparition de la civilisation tibétaine. La langue est en danger : dans la Région autonome, l’enseignement est en chinois à partir du collège et le tibétain n’est pas utilisé dans l’administration. Il est vrai que la situation est meilleure en dehors de la Région autonome, car il existe des collèges et des lycées où le tibétain est la langue d’enseignement.
    Une autre frustration vient des restrictions sur les questions religieuses. Certes, de nombreux monastères ont été reconstruits. Des activités religieuses s’y déroulent. Mais, depuis 1995, la situation s’est durcie. Les photos du dalaï-lama sont interdites aussi bien en public qu’en privé ; les fonctionnaires d’Etat n’ont pas le droit de pratiquer ; il y a des cours d’éducation patriotique dans les monastères ; il faut remplir certaines conditions pour entrer au monastère.
    Pourquoi la Chine est-elle aussi intraitable sur le Tibet. Au fond, quel est l’enjeu pour elle ?
    Outre une revendication idéologique qui s’inscrit dans l’histoire du nationalisme chinois, c’est certainement la position géostratégique du Tibet qui explique l’attitude de la Chine. On ne peut oublier l’immense superficie de ce pays. Le Grand Tibet, c’est-à-dire le Tibet historique, représente un quart de la Chine.
    Si l’on ajoute à cela que dix des plus grands fleuves de l’Asie y prennent leur source et que les richesses minières y sont abondantes, on peut comprendre la position si intraitable des gouvernants chinois. A leurs yeux, perdre le Tibet porterait en germe la désagrégation de leur empire multiethnique. Après le Tibet, le Turkestan oriental (Xinjiang), qui connaît lui aussi des troubles endémiques, pourrait se manifester plus violemment. Si vous enlevez à la Chine le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie intérieure, il ne lui reste plus qu’un espace considérablement réduit.

    Propos recueillis par Frédéric Bobin
    Article paru dans l’édition du 23.03.08

    • baldouir
      baldouir répond à spoonman
      • Posté à 00h19 le 10/04/2008
      • Internaute 38613

      Qu’elle beau travail de spam... j’avais déjà lu votre article et je m’étais posé quelques questions, mais votre réponse ne s’insère ABSOULEMENT pas dans la conversation..

      On dirait trop la publicité « Juvamine », ca tombe bien, y’en a une avec les moines (oops pas drole ;)

       
      • compte supprimé 24
        • Posté à 00h32 le 10/04/2008
        • Internaute 8330

        Baldouir, je ne sais pas à qui tu t’adresses dans ton post, mais s’il s’agit de l’article de Katia Buffetrille... tu pourrais pas aller faire joujou ailleurs ?

        • baldouir
          • Posté à 00h53 le 10/04/2008
          • Internaute 38613

          Je ne vois pas pourquoi la réponse « mais s’il s’agit de l’article de Katia Buffetrille » vient justifier un post copier-coller trois fois....

          • compte supprimé 24
            • Posté à 00h58 le 10/04/2008
            • Internaute 8330

            Minçalors ! J’en avais vu qu’un ! Mille excuses, Baldouir. Et bonne fin de soirée.

            • baldouir
              • Posté à 01h15 le 10/04/2008
              • Internaute 38613

              Po de pb. En passant, je trouve le forum francophone vraiment bien.. ca change des discussion de contoir que l’on voit sur les forums de 20minutes et metrofrance.. qui a dit que c’était des journaux... ooopss ;)

              J’aime bien le forum car il est remplit de personne ayant de vrai opinion et désirant les partager.

              Forum très intéressant (je ne dormirais pas si tard sinon).. bravo au site et aux personnes participantes.

              Bonne nuit

              • compte supprimé 24
                • Posté à 01h33 le 10/04/2008
                • Internaute 8330

                C’est vrai qu’il y a un bon gang de base...

                Pour le coup de Katia Buffetrille, j’ai bondi en pigeant ton post de traviole, mais comme je connais la qualité et la rigueur de ses travaux et qu’elle a une incroyable expérience du terrain, je n’aurais pas compris... C’est vraiment quelqu’un de bien. Allez, bonne nuit Baldouir : je file... écrire. Chez moi.

      5 autres commentaires
  • Anonyme

    Jean-Luc, tu me fends le coeur !

  • yapadebug
    • Posté à 13h36 le 09/04/2008
    • Internaute 840

    On ne parle que du Tibet, des 6 millions de Tibétains. Quid des un milliard et quelques autres chinois, pour qui les droits de l’homme ne sont pas mieux respectés qu’au Tibet ?
    En manifestant pour le seul Tibet, on donne raison au pouvoir chinois qui parle d’une révolte ethnique et indépendantiste. C’est contre-productif. Parlons de liberté, de droits de l’homme, et pas seulement du Tibet.
    Même le Dalaï-Lama de réclame pas l’indépendance, mais juste un peu plus d’autonomie et de liberté.
    N’oublions pas non plus que nous, occidentaux, sommes mal placés pour donner des leçons aux chinois, on les a quand même plus ou moins colonisés il y a un siècle à peine. Alors un peu d’humilité serait bienvenu, je trouve. Parce que pour les chinois, se faire reprocher d’avoir envahi le Tibet, qui était tantôt une province, tantôt un état vassal depuis 300 ans, ça doit bien les faire se marrer, surtout quand le reproche émane d’un pays qui a envahi l’Irak il y a 5 ans...

    • kane85
      kane85 répond à yapadebug
      Dort avec toutes ses dents
      • Posté à 13h51 le 09/04/2008
      • Internaute 35160
        Dort avec toutes ses dents

      On a colonisé les chinois ? quand ?

      Je savais pas ça... pourriez vous me donner plus de détails sur cette affaire ? Merci.

      • Chou marin
        Chou marin répond à kane85
        sal'bête plein'd'poils
        • Posté à 13h58 le 09/04/2008
        • Internaute 12261
          sal'bête plein'd'poils

        XIXeme opium Royaume-Uni France Japon boxers...

        allez faire un tour sur wikipedia a « Histoire de la Chine »

         
        • kane85
          kane85 répond à Chou marin
          Dort avec toutes ses dents
          • Posté à 14h14 le 09/04/2008
          • Internaute 35160
            Dort avec toutes ses dents

          Vu. je comprends mieux pourquoi j’avais zappé cette partie de l’histoire.

          Ca n’a rien à voir avec la colonisation de l’Afrique.
          En Chine, il y a eu des « spères d’influence » (particulièrement le Royaume uni) et « les nouvelles armées (chinoises) furent défaites par la France (guerre franco-chinoise pour le contrôle de l’Indochine, 1883-1885).

          Aucune installation à long terme, aucune plantation ou industrie sur place dirigée par des colons occidentaux... enfin, tout ce qui a fait le colonisation en Afrique.

          • l écrevisse
            l écrevisse répond à kane85
            • Posté à 17h35 le 09/04/2008
            • Internaute 26024

            « Aucune installation à long terme »
            Ca dépend ce qu’on appel à long terme, la concession Française de Shanghai et ses platanes ne s’est pas construite en un jour, et nous avions des industrie sur place, bien sure !

        2 autres commentaires
      • Mancks
        Mancks répond à kane85
        intermittent et précaire
        • Posté à 15h13 le 09/04/2008
        • Internaute 31386
          intermittent et précaire

        lors de la guerre de l’opium. Shanghai a été une ville occupé par les européens ( frenches et glishes essentiellement)au début du XXe siècle.
        Voir « la condition humaine » de Malraux.
        Le centralisme démocratique est une invention de la révolution française que les chinois appliquent à la lettre. Nous aussi nous avons en Europe des peuples ayant des velléités autonomistes, en Espagne des partis sont interdits, parce qu’ils réclament l’indépendance, et des conseillers municipaux, des maires et des députés basques sont en prisons, en Irlande, les républicains ne sont plus traqués que depuis une huitaine d’années ; par contre on obligea la Yougoslavie à se démembrer. Où est la logique ; on démembre ici, on regroupe là, sans aucune continuité et logique politique. Indépendance du Kosovo oui du Tibet oui mais pas de l’Euskadi ; faisons l’Europe mais démembrons la Yougoslavie. Mettre fin au pacte de Varsovie et à l’influence russe, pour intégrer tous ces pays dans l’Union Européenne et l’OTAN sous influence américaine.
        Les droits de l’homme les démocraties s’en foutent, et les médias s’en méfient, entendu dans les médias : « les partisans des droits de l’homme perturbent le parcours de la flamme », ou « les pros-tibet- manifestent... »
        Pros -Tibet, partisans des droits de l’homme, quelles drôles d’expressions pour parler de justice et droits, droits de l’homme comme si c’était une doctrine qui en valait d’autre, mais les droits des hommes sont constitutifs de la République, elle ne peut se concevoir sans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

      • suffren
        suffren répond à kane85
        • Posté à 18h20 le 09/04/2008
        • Internaute 30483

        Kane 85===>Voir 2 films : « La canonniere de Yang Tse » et « Les 55 jours de Pekin ».Ce n est pas tres intello mais le sujet repond a votre question.

    • désinscrit-
      désinscrit- répond à yapadebug
      • Posté à 14h24 le 09/04/2008
      • Internaute 736

      On ne parle que du Tibet, des 6 millions de Tibétains. Quid des un milliard et quelques autres chinois, pour qui les droits de l’homme ne sont pas mieux respectés qu’au Tibet ?

      Ben c’est parceque certains prennent le raccourci, il me semble. Je ne crois pas que RSF (quoi qu’on pense de Ménard), milite uniquement pour les journalistes tibétains... D’ailleurs ils ne déploient pas le drapeau tibétain (enfin je l’ai pas vu en tous cas).

      Actuellement le Tibet semble bien représenter au minimum la censure chinoise sur l’information. Et quand on parle de la censure chinoise c’est de la censure du régime chinois dont on parle (en tous cas moi). Pas plus que les manifestations ne sont anti-peuple-chinois, réclamer une avancée du régime chinois en matière de droit de l’homme, ce n’est pas uniquement soutenir le Tibet.

      Perso il me paraît évident que si des « dissidents » Chinois en Chine peuvent s’exprimer sans contraintes, un grand pas en avant sera fait. Si j’ai bien compris pour le moment ils partent toujours en prison.

      • baldouir
        baldouir répond à désinscrit-
        • Posté à 00h30 le 10/04/2008
        • Internaute 38613

        Le pb avec RSF c’est pas le fait d’être contre la Chine, c’est plus le fait de s’acharner sur les mêmes et de laisser passer certains autres..

        On est en démocratie, tout le monde peut dire ce que l’on veut... Ainsi le lavage de cerveau se reproche facilement pour un état totalitaire, mais en démocratie le lavage de cerveau passe par taper toujours sur les mêmes..

        La censure.. Je pense que la Chine ne l’a jamais caché, j’ai moi même été une victime d’un de mes articles. Cependant, ca m’a pas empêcher de vivre...

    • marc23
      marc23 répond à yapadebug
      • Posté à 16h01 le 09/04/2008
      • Internaute 12037

      yapadebug

      pas depuis 300 ans mis depuis le 13e siècle si j’en crois Wikipedia.

      • Aargh
        Aargh répond à marc23
        du Vaucluse
        • Posté à 17h28 le 10/04/2008
        • Internaute 37412
          du Vaucluse

        tu as mal compris, ce n’est pas si simple, sinon il y aurait eu depuis belle lurette une administration chinoise au tibet, parlant le tibétain ou alors avec le développement du chinois avant l’invasion

    • zipaboris
      zipaboris répond à yapadebug
      • Posté à 19h33 le 09/04/2008
      • Internaute 36564

      yapadebug :

      Même en Algérie, même en Afrique dite ’noire’, la pourtant détestable colonisation française n’a pas fait des ravages aussi étendus ni aussi méthodiques que le régime MaoZédong et ses gardes rouges au Tibet (1 million de morts, destruction d’une culture millénaire, temples et couvents détruits par centaines, livres brûlés par milliers, Tibétains déportés, Chinois importés, langue chinoise imposée, avortements forcés des femmes tibétaines par l’armée chinoise. Bref, « génocide par substitution » selon la juste expression d’Aimé Césaire concernant les Antilles).
      Je suis d’accord pour penser que la manière sans nuances avec laquelle on attaque aujourd’hui « les Chinois » est insultante pour leur pays et peut avoir des conséquences désastreuses à grande échelle Il est facile pour le régime en place de parler de haine envers la Chine et de sinophobie, car il y a de ça dans l’air. Ne lui donnons donc pas de gages et soutenons en ne les oubliant pas les opposants qui font pour le moment les frais de l’opération « Free Tibet » - avec les Tibétains qui restent, bien sûr

      • baldouir
        baldouir répond à zipaboris
        • Posté à 22h27 le 10/04/2008
        • Internaute 38613

        Je crois que le coup d’un million de tibétain mort est contesté, mais ce n’est pas le problème.

        L’argumentation est un peu bancale car même si le terme communisme est employé, le régime est différent... c’est comme si on comparait le régime de vichy et celle de la France actuelle ? Je crois que ca date de la même époque, mais que l’on sait que l’on a changé.... pourquoi ne serait pas pareil depuis le grand bond en avant de Deng xiao ping ?

         1 autres commentaires
    • Desactivé
      Desactivé répond à yapadebug
      Pourvu d « antennes , c “est (...)
      • Posté à 09h23 le 10/04/2008
      • Internaute 37358
        Pourvu d « antennes , c “est (...)

      Moi, je n’ ai pas envahi l’ Irak, ni colonisé la Chine : je suis un citoyen altermondialiste qui saisit toutes les occasions ( elles sont peu nombreuses ) de défendre les droits et de rappeler à tous les gouvernants que la démocratie , les respect de l’ humain, de l’ animal , de notre planète existe. Que la base doit être entendue . L’ Histoire, je m’en fous : c ’est le présent qui m’ intéresse, pour que l’ avenir diffère de ce passé fou.

  • Lacidon
    Lacidon
    Avec vue sur le vieux port...
    • Posté à 13h36 le 09/04/2008
    • Internaute 38530
      Avec vue sur le vieux port...

    Mélanchon... Ne sachant plus où se situer sur l’échiquier politique, il ne trouve que la provocation et prises de positions « contraire » juste pour le plaisir d’exister... Qu’il est des convictions, personne n’en doute et ses prises de position par rapport au PS ou d’autres sujets en France sont tout à son honneur car cohérente et argumenté par rapport à ses convistions.

    Mais là, sur la Tibet, vraiment Mélanchon déconne à plein tube. Il parle « d’indépendance » quand les Tibétains réclament l’autonomie (qui existait avant, car le tibet était sous suzeraineté chinoise de 1249 à 1720, puis la chine prenant un rôle de « protecteur » du tibet tout en laissant les structures politiques tibitaines en place..). Les Anglais envahissent le tibet en 1904 de façon brutale et font fuire le 13iéme Dalaï Lama....

    La chine retrouve la suzeraineté du Tibet en 1906... en 1913, le 13 iémé Dalaï Lama proclame l’indépendance du Tibet tout en restant sous suzeraineté Chinoise...

    Il faut attendre 1950 pour que la chine communiste envahisse le Tibet et en prenne le contrôle politique et économique....

    Mélanchon devrait dans un premier temps lire l’histoire avant de sortir des conneries plus grosses que lui.

    Secondo, comment nier les répressions et les humiliations subient par le peuple tibétain, la destruction systématique de leur culture, les temples détruits, les moines emprisonnés et pour certains portés disparus après avoir été arrêtés par la police chinoise.

    Les apports chinois au Tibet sont réalisés au mépris de leur culture et de leur histoire. Pourquoi une vision unique du mode d’organisation d’une société...
    Certes, pour les chinois, le Tibet fait partie intégrante de la chine, mais la suzeraineté n’est pas la souveraineté...

    Alors Monsieur Mélanchon, porter le verbe haut quand il le faut pour défendre vos convictions, nous aimons (même si je suis souvent en désaccord avec vous) mais ne sombrer pas dans ce genre de discours « négationiste » dans lequel vous ne faite pas référence au droit de l’homme et au respect des peuples et au droit à leur auto détermination.... Je vous croyais républicain, je vous trouve aveugle et démagogique... Dommage.

  • thoughtthrow
    • Posté à 13h36 le 09/04/2008
    • Internaute 17515

    Je ne comprends pas pourquoi en 2001 il fallait être contre donner les JO aux chinois. J’étais plutôt pour au vue des promesses du gouvernement chinois, et on montrait au monde que oui, la Chine comptait, mais que pour être partenaires des efforts étaient à faire (de part et d’autre). Le CIO est a blâmé uniquement sur le fait qu’il n’ai pas vérifier la réalisation des ces promesses... Il est facile de lui cracher dessus aujourd’hui !

    • Seccotine
      Seccotine répond à thoughtthrow
      • Posté à 13h45 le 09/04/2008
      • Internaute 31263

      Et la chine est à blâmer (le mot est faible) pour ne pas avoir respecté sa part du contrat en allant vers un respect des Droits de l’Homme.

      • sushi_destroy
        • Posté à 15h58 le 09/04/2008
        • Internaute 31055

        en même temps elle n’a jamais dit qu’elle respecterait quel contrat que ce soit.

        Le CIO est tout autant à blamer pour nous avoir fait des promesses illusoires et inconsidéré.

    • Desactivé
      Desactivé répond à thoughtthrow
      Pourvu d « antennes , c “est (...)
      • Posté à 09h30 le 10/04/2008
      • Internaute 37358
        Pourvu d « antennes , c “est (...)

      D’accord avec toi. Le CIO ne contrôle rien : ni les pays candidats ni les athlètes dopés . Normal : il est là pour faire du fric. Combien gagne un athlète ? combien gagne un chercheur , un prof ? cherchez l’ erreur.

      • baldouir
        baldouir répond à Desactivé
        • Posté à 22h35 le 10/04/2008
        • Internaute 38613

        Quand on dit que les JO représente l’idéal sportif, je crois qu’il y a un mot complètement farfelu... « idéal ».

        Le fait que le CIO recherche à faire de l’argent, difficile de les blamer.. car ce ne sont pas les seuls ! ! Ce n’est pas un certain Delanoé qui voulait présenter Paris pour 2012 ? ?

        il m’avait pas semblé que les francais avaient autant déstesté les jeux à ce moment là ? Amertume ? Frustration ?

  • Alexad
    • Posté à 13h36 le 09/04/2008
    • Internaute 8145

    Il faut bien dire qu’il y a de quoi vouloir provoquer un peu ces bonnes consciences qui dégoulinent actuellement !

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 13h36 le 09/04/2008
    • Internaute 16256

    Mélenchon a perdu sur cette affaire non seulement une occasion de se taire, de tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de l’ouvrir, et en bout de course ma considération.

  • r_v
    r_v
    • Posté à 13h49 le 09/04/2008
    • Internaute 9634

    Je n’ai pas compris qu’il defendait la version chinoise sur le tibet « Je ne veux pas participer aux manifestations de soutien pour l’indépendance du Tibet et le boycott, ça ne fait pas de moi l’ami du contraire » ; mais plutot qu’il disait qu’il n’y avait pas que des « tres tres gentils » et des « tres tres mechands » : Il prennait il me semble comme exemple le fait que les moines tibetains refusaient d’abolir le cervage pour mieux servir la theocratie en place a l’epoque !

  • all
    all
    • Posté à 13h48 le 09/04/2008
    • Internaute 9005

    Jean-Luc Melenchon n’a pas tort dans tout ce qu’il avance, et en particulier dans le fait que c’est en 2001, lorsque les Jeux ont été attribués à la Chine, qu’il aurait fallu protester.

    - Protester contre quoi ? La France a reconnu la Chine en 1964, dans ses frontières actuelles. L’affaire tibétaine est une affaire close, du point de vue diplomatique et dans les relations internationales ce n’est pas un problème à évoquer, pas plus que celui des Basques ou des Corses.
    - Protester pour la liberté de la presse en Chine ? On n’a pas entendu Ménard à ce moment-là, ou alors il criait moins ; sans doute que ses commanditaires ont mesuré le rapport coût/bénéfice du commerce avec l’empire du Milieu, rapport qui a changé aujourd’hui.
    Même si je ne partage pas totalement l’opinion de Mélenchon et son analogie douteuse Dalaï-Lama vs Ayatollah, je pense qu’on fait vibrer une corde romantique en occident de façon à gêner le gouvernement chinois, sans même avoir à nommer ses dirigeants, ni se mouiller au niveau des états.

    • Chou marin
      Chou marin répond à all
      sal'bête plein'd'poils
      • Posté à 14h10 le 09/04/2008
      • Internaute 12261
        sal'bête plein'd'poils

      si defendre les droits de l’Homme c’est faire vibrer une corde romantique, va pour cette corde !
      si defendre la liberte de la presse se resume a obeir a des commanditaires, va pour ces commanditaires et leurs nobles intentions

      j’ai du louper un episode, mais je n’ai pas de souvenir recent de pequin corse ou basque recemment torture, frappe, interdit de communiquer, sterilise de force, emprisonne parcequ’homosexuel, je n’ai pas non plus le souvenir de minorite ouigoure opprimee a cote de chez moi

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