A debattre 07/04/2008 à 11h58

A Mayotte, dérapages face aux « sans-papiers » comoriens



Manifestation le 6 avril 2008 à Mayotte (Nicolas Goinard).

Loin des regards métropolitains, une partie dramatique se joue pour la France dans un coin reculé de l’océan Indien, partie dans laquelle des principes contradictoires sont en jeu, qui mettent à mal les règles républicaines, et qui ont mené à la manifestation, dimanche à Mayotte, pour l’expulsion des sans-papiers Comoriens.

Résumé de la situation pour ceux qui auraient oublié que l’empire français ne s’est pas complètement éteint. L’île de Mayotte, dans l’océan Indien, est une « collectivité territoriale » française, c’est-à-dire pas tout à fait un DOM-TOM mais une composante de la République. Un héritage du référendum organisé en 1975 pour l’archipel des Comores, alors composé de quatre îles (Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte). Cette dernière vota massivement pour rester française et fut détachée de l’archipel, décision condamnée par les Nations unies.

Mayotte bénéficiant de facilités sociales françaises alors que les Comores sont un archipel resté pauvre, son pouvoir d’attraction a agi comme un aimant, attirant de nombreux Comoriens, principalement des Anjouanais, l’île la plus proche, venus en « kwassa-kwassa » , ces bâteaux de pêche dont les accidents réguliers font de nombreuses victimes. Parmi ces migrants, des femmes enceintes tentant d’obtenir le droit du sol pour leurs enfants à naître, afin qu’ils soient français. Cette situation provoque des tensions régulières, au point que Paris a envisagé un moment suspendre le droit du sol pour Mayotte -ce qui aurait été une brèche sans précédent dans l’égalité républicaine.

M’Zungus et Mahorais unis contre les Anjouanais qui feraient couler l’île…

Cette situation a connu un brusque regain de tension récemment avec les événements d’Anjouan, où un chef rebelle, le colonel Mohamed Bacar, qui avait pris le contrôle de l’île, a été débarqué du pouvoir par une intervention armée conjointe des Comores et de l’Union africaine. Lorsque Bacar a trouvé refuge à Mayotte (puis a été exfiltré à la Réunion où il se trouve toujours), les Anjouanais de Mayotte ont provoqué de violentes émeutes le 27 mars, s’en prenant aux « métropolitains » , les « M’Zungus » , les Blancs… Des événements qui ont précipité l’expulsion de centaines de clandestins anjouanais vers les Comores. Ces événements ont choqué les habitants de Mayotte, et ont conduit à la grande manifestation de dimanche contre les « sans-papiers » . Sur place, à Mayotte, Nicolas Goinard témoigne :

« Ce qui est aujourd’hui impensable en métropole est devenu courant à Mayotte : des marches sont organisées, certes pacifistes, mais contre des sans-papiers… Les Anjouanais sont directement visés dans des slogans décomplexés. Dimanche 6 avril au matin, Mamoudzou, principale ville de Mayotte, a connu une des ces manifestations : une foule nombreuse composée de Mahorais et de métropolitains a brandi des pancartes aux textes virulents contre les voisins de l’île comorienne les appelant à partir : ’Vols, insécurité… Prison pleine. Partez, partez’… Egalement sur les banderoles, des prises de position contre le droit du sol : ’Mayotte est trop petite, elle risque de couler.’

Cette marche, organisée en réponse aux émeutes du 27 mars qui ont suivi l’arrivée à Mayotte de Mohammed Bacar, despote chassé du pouvoir par l’Union africaine et cause de l’immigration continue d’Anjouanais vers l’île aux parfums, faisait suite à une série de défilés organisées cette semaine dans l’île, notamment à Labattoir sur Petite Terre, et à M’tsapéré, en périphérie de Mamoudzou. Il n’y a pas eu de débordement en marge de ces cortèges. Les émeutes sont désormais loin, même si elles ont choqué une grande partie de la population mahoraise. »


Manifestation le 6 avril 2008 à Mayotte (Nicolas Goinard).

Cette crise met en conflit l’histoire des relations régionales, une réalité coloniale qui ne dit pas son nom, et les règles de la République. Elle conduit à des comportements inadmissibles sur un « bout de France » , même éloigné, comme en témoigne ce texte que nous avons reçu de Jean-Philippe Decroux, proviseur du lycée de Kahami à Mayotte, responsable local du syndicat des proviseurs SNPDEN. Dans ce long texte, daté du 1er février, soit avant les derniers incidents, M. Decroux dénonce la manière dont est gérée la question des sans-papiers par l’administration française, conduisant à des « drames humains, des atteintes aux droits et à la dignité humaine » . Après avoir souligné l’ambiguïté du statut de « sans-papiers » dans un archipel autrefois intégré où les traditions familiales et économiques incluaient la liberté de circuler, et la politique du « chiffre » du ministre Brice Hortefeux qui utilise Mayotte pour compenser son incapacité à remplir ses quotas ailleurs, le proviseur relève :

« Le souci de ’faire du chiffre’ ne permet évidemment pas de porter une réelle attention aux situations. C’est ainsi que des enfants de parents expulsés se retrouvent, de plus en plus nombreux, totalement livrés à eux-mêmes… parfois à n’importe qui. Il n’est pas rare de voir des enfants mendier ou se nourrir sur les décharges publiques. Des bandes se forment et on a affaire là à de vraies bombes à retardement.

A l’inverse, lors de la visite de la CIMADE (seule association agréée par l’Etat pour visiter les centres de rétention), sa responsable s’est déclarée choquée “ du nombre de mineurs expulsés seuls chaque année” -ce qui est strictement interdit par la loi- et “confiés à des personnes plus ou moins proches” . Pour 2006, le chiffre de 3093 est avancé ! Elle ajoute que “ le centre de rétention de Mayotte est le pire de France” . La surpopulation peut y atteindre 200 personnes pour 60 places. Les gens sont massés dans deux petites pièces de 50m2, sans les matelas ni les draps réglementaires, avec seulement cinq gamelles pour la nourriture. »

Former des élèves « en situation irrégulière“ est la meilleure forme de coopération régionale

S’agissant des élèves, le proviseur relève ainsi :

‘ Les vacances scolaires, période de moindre réactivité, sont particulièrement propices aux expulsions massives.’

Et il ajoute :

‘ la question de l’immigration à Mayotte, ce confetti’ , îlot de prospérité au cœur du canal du Mozambique, ne peut être à l’évidence réglé uniquement par de bons sentiments. (…) il faut admettre que la tâche des responsables est complexe si l’on veut éviter que ‘ Mayotte ne coule sous le poids de l’immigration clandestine’ , comme le disait le président de la Collectivité. En revanche, la situation des ‘ élèves clandestins’ ne devrait souffrir -quant à elle- d’aucune ambiguïté” .

Quelle solution à cette situation qui résulte du choix très contestable, et illégal au plan international, fait en 1975 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, de séparer Mayotte du reste des Comores ? Le proviseur esquisse une piste :

“ Chacun s’accorde à dire que la solution à l’immigration clandestine est dans l’amélioration des conditions de vie dans le pays d’origine, afin bien entendu que les gens ne soient pas contraints à fuir la misère et à chercher à Mayotte un sort meilleur. Le consensus se fait alors sur la nécessité de développer la ‘ coopération régionale’ .

Les actions dans ce domaine sont encore modestes et se heurtent de plus à quelques obstacles. On peut citer évidemment le ‘ mode de gestion’ de certains responsables sur place, mais -pour ce qui concerne la formation-, quelle efficacité peut-on attendre, par exemple, d’une action de formation pédagogique menée par nos professeurs français en direction d’enseignants anjouanais alors que ces derniers n’ont pas touché leur traitement depuis plusieurs mois ? En tout cas, les élèves en situation irrégulière accèdent, à Mayotte, à des formations de qualité et à de vrais diplômes. Tout ceci n’a rien à voir avec le délabrement du système éducatif des Comores. Au-delà de la mission incontournable de l’école qui se doit d’accueillir tous les élèves sans distinction et d’offrir à tous l’opportunité d’un destin individuel réussi, la formation des élèves ‘en situation irrégulière est la meilleure forme de coopération régionale. Si l’on se place en effet dans l’optique d’un retour ultérieur dans le pays d’origine, on donne ainsi à ce pays la chance de bénéficier de personnes qualifiées, ce qui est l’un des incontournables du développement économique. On fournit également des citoyens qui ont pratiqué, à travers l’école de la République, des valeurs de tolérance et de démocratie. Tout ceci ne peut être que porteur de progrès.’

Une approche humaniste et républicaine dont, c’est le moins qu’on puisse dire, la gestion actuelle de la crise des Comores/Mayotte semble bien dépourvue.

Pierre Haski, avec Nicolas Goinard à Mayotte

Retrouvez tous les articles de Rue89 sur les Comores et Mayotte

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  • 91 réactions
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  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 12h11 le 07/04/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    Cas de figure extrêmement intéressant.

    Effectivement, les « bons sentiments » ne pourront en matière d’immigration que nous précipiter dans la tragédie.

    « L’angélisme exterminateur », selon la belle formule du livre éponyme de M. Slama.

  • ex-riverain
    • Posté à 12h45 le 07/04/2008
    • Internaute 35098
      x

    allons messieurs, soyez francs avec vous-mêmes, dites que vous appelez aux pogroms...
    étant donné la petitesse des territoires, la grande différence de richesses et la proportion de sans-papiers par rapport a la population totale, cette immigration pose un probleme bien plus complexe qu´en France. la comparaison entre ces deux situations ne présente pas d´intérêt.
    et d´ailleurs, je ne vois pas de solution concernant Mayotte. comment empêcher les gens de fuir la misere ? bâtir un mur d´enceinte sur les plages ? ce ne serait pas plus long que de tenter d´effacer les différences de revenus d´un île a l´autre...

  • Francois Toulouse
    • Posté à 13h02 le 07/04/2008
    • Internaute 8648

    Je ne vois qu’une solution à ce problème : investir dans les iles voisines afin d’y créer entreprises, ecoles, hôpitaux, et, dans les dix ans, décoloniser mayotte afin de la restituer aux Comores.
    Ce programme pourrait ensuite s’appliquer aux autres colonies françaises : Guyane, Antilles, etc...

    • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
      • Posté à 13h12 le 07/04/2008
      • Internaute 16256

      Vous voudriez restituer la Guyane et les Antilles aux Comores ? Quel étrange procédé pour des français qui le sont plus que moi et peut-être même plus que vous, qui sait ?

      • khadina2
        • Posté à 01h53 le 08/04/2008
        • Internaute 38368
          enragée

        malgré une tentative d’humour à 2 balle, Comptecourant aime bien aller en vacances aux Antilles, il y retrouve son bureau de poste comme chez lui, et des gendarmes tout blanc qui le rassure !

    • helios33
      • Posté à 13h14 le 07/04/2008
      • Internaute 33580

      P’tain si on doit investir au Brésil pour le ramener à notre niveau avant de lacher la Guyane, notre déficit n’a pas fini d’exploser...

    • pedro66
      pedro66 répond à Francois Toulouse
      informaticien bon à rien
      • Posté à 14h53 le 07/04/2008
      • Internaute 25616
        informaticien bon à rien

      Vous n’avez qu’à y aller pour construire tout ce que vous préconisez, avec votre argent .
      Les comores étaient équipées par les français au moment de l’indépendance .
      Qu’en ont-ils fait ? ? ? ? ?

  • françoise.V
    françoise.V
    p'tite lyonnaise
    • Posté à 13h08 le 07/04/2008
    • Internaute 4967
      p'tite lyonnaise

    Un petit texte sur le soit-disant droit du sol, peut-etre ?
    On ne devient pas français par la seule naissance sur le territoire...

    Lien

    • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
      • Posté à 13h14 le 07/04/2008
      • Internaute 16256

      Absolument, mais l’article n’entre pas dans le détail des objectifs des mères qui cherchent à assurer un avenir à leurs enfants. A long terme, la mère comme l’enfant peuvent être régularisés du fait du droit du sol.

      Situation difficile à résoudre quoiqu’il en soit. Mais je crois sincèrement que se protéger derrière le droit du sol est une aberration née du colonialisme.

      • françoise.V
        • Posté à 13h35 le 07/04/2008
        • Internaute 4967
          p'tite lyonnaise

        le droit du sol français n’est pas une aberration, c’est une légende...

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 13h39 le 07/04/2008
          • Internaute 29846
            menuisier

          Mais une belle légende.
          ’Jour Françoise.

          • françoise.V
            françoise.V répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
            p'tite lyonnaise
            • Posté à 13h53 le 07/04/2008
            • Internaute 4967
              p'tite lyonnaise

            Bonjour, déluge !
            La légende sert d’argument à des individus douteux qui balancent des horreurs sur les femmes qui...
            Et plus grave, elle fait pas mal de dégats...
            Alors belle...tenace en tout cas, et nocive !

        • Incorrect
          Incorrect répond à françoise.V
          • Posté à 18h14 le 07/04/2008
          • Internaute 27464

          S’il ne s’agit que d’une légende, supprimons le et rétablissons le droit du sang. Deuxièmement, ces poussières d’océan constituent un héritage colonial indécent dont il convient de se débarrasser en leur accordant l’indépendance. L’île Maurice est indépendante et s’en tire plutôt bien. Bel exemple à imiter.

        • Pouffpouff
          Pouffpouff répond à françoise.V
          En activité
          • Posté à 17h07 le 08/04/2008
          • Internaute 27937
            En activité

          Le droit du sol est lié au service militaire (pour mobiliser plus à Valmy puis guerre de 1870). Plus de service militaire plus de droit du sol.

        4 autres commentaires
  • pedro66
    pedro66
    informaticien bon à rien
    • Posté à 14h52 le 07/04/2008
    • Internaute 25616
      informaticien bon à rien

    « les Anjouanais de Mayotte “

    Pourquoi ne pas dire franchement, les clandestins ! ! ! !
    Car ce sont eux qui sont à l’origine des émeutes et de la chasse aux blancs .
    Prélude à ce qui va arriver d’ici quelques années en France .
    De plus, ce que vous omettez sciemment, c’est qu’il y a eu un 2 ème référendum sur l’indépendance de Mayotte qui a, aussi, été rejeté par les Mahorais .
    Et puis c’est quoi cette histoire de dire qu’il faut rendre Mayotte aux Comores, ça dérange qui que les Mahorais vivent mieux que ceux qui ont choisi l’indépendance, qu’ils l’assument ...

    • banville
      banville répond à pedro66
      • Posté à 15h43 le 07/04/2008
      • Internaute 28523

      Qaund aux africains ou aux asiatiques, ils n’ont pas, eux, de probleme de conscience droitdelhommiste pour expulser leurs sans papier, surtout quand ils foutent la m. et s’en prennent directement à leurs ressortisssants...Snif, quand est ce que les militants d’ultra gauche de RESF vont aller en Algerie ou en Lybie, en chine ou japon, crier leur amour du « sans frontieres » et leur « liberté de circulation obligatoire des individus dans le monde » ? ? ? ?

      • helios33
        helios33 répond à banville
        • Posté à 15h47 le 07/04/2008
        • Internaute 33580

        En tous cas je ne leur conseille pas d’aller à Singapour

         1 autres commentaires
      • Pouffpouff
        Pouffpouff répond à banville
        En activité
        • Posté à 17h10 le 08/04/2008
        • Internaute 27937
          En activité

        Et le Nigéria qui il y a quelques années a expulsé 2 millions d’immigrés (du Togo, Bénin etc.) en 48 h.

         
        • pedro66
          pedro66 répond à Pouffpouff
          informaticien bon à rien
          • Posté à 17h24 le 08/04/2008
          • Internaute 25616
            informaticien bon à rien

          Quelle efficacité .
          On devrait leur demander des conseils, ça nous servirait pour virer nos clandestins, tous les clandestins .

        1 autres commentaires
  • banville
    • Posté à 16h17 le 07/04/2008
    • Internaute 28523

    Vous avez enlevé un message ou je dis qu’il y bien eu une chasse aux blancs faite par les anjouanais à mayotte ? ? ?
    La verité vous derange ?
    Apres etonnez vous du ras le bol voir du racisme des blancs et des noirs de mayotte (qui les ont defendu)à l’egard de leurs voisins anjouanais, qui tirent les salaires vers le bas et creent de l’insecurité.

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à banville
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 16h22 le 07/04/2008
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Rectification, je n’ai pas enlevé précisément votre post qui m’aurait dérangé, j’ai enlevé tout ce fil de conversation qui partait très mal.
      Or, lorsque je supprime un premier commentaire, afin de garder tout cela compréhensible par tous, je supprime toutes les réponses. Ce qui était le cas de votre réponse. J’en suis désolé mais vous comprendrez que c’est nécessaire pour que tout cela reste lisible.
      Sachez donc, lorsque vous répondez à une insulte ou à une diffamation, comme c’était le cas ici, que votre réponse risque de disparaître avec l’insulte en question.

      • Les Chats
        Les Chats répond à Arnaud Aubron
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 17h10 le 07/04/2008
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        Mais dans ce cas il ne faut plus répondre alors ?
        Dans mon message à moi il n’y avait rien que je sache, il commençait juste par « toujours dans l’excès helios33 » et le reste était mon message. ; -((

         
        • Arnaud Aubron
          Arnaud Aubron répond à Les Chats
          Les Inrocks (et ex-Rue89)
          • Posté à 19h06 le 07/04/2008
          • Internaute 77
            Les Inrocks (et ex-Rue89)

          Je comprends votre désarroi. Mais comprenez aussi que laisser un message qui commence par « Toujours dans l’excès helios33 » alors que le message d’Helios33 a été supprimé... Ca rend la lecture difficile pour les suivants. Vous êtes en quelque sorte une victime collatérale.

          • Les Chats
            Les Chats répond à Arnaud Aubron
            En grève du zèle contre le (...)
            • Posté à 19h39 le 07/04/2008
            • Internaute 24526
              En grève du zèle contre le (...)

            Désarroi faut pas pousser quand même je suis consciente de ne pas être « une plume » et ce n’est pas bien grave, par chance j’avais 2 fenêtres ouvertes quand j’ai actualisé l’une d’elle.
            J’aime bien savoir pourquoi, merci pour la réponse Arnaud.

      • JeanBavedeRage
        JeanBavedeRage répond à Arnaud Aubron
        Acharniste Défroqué
        • Posté à 18h05 le 07/04/2008
        • Internaute 37536
          Acharniste Défroqué

        Ahh, la liberté d’expression cesse là où débute la ligne éditoriale...la cordiale ligne éditoriale.

         
        • Arnaud Aubron
          Arnaud Aubron répond à JeanBavedeRage
          Les Inrocks (et ex-Rue89)
          • Posté à 19h07 le 07/04/2008
          • Internaute 77
            Les Inrocks (et ex-Rue89)

          Non non, je vous assure, elle cesse là où débutent l’insulte et la diffamation, c’est tout. Aucun lien avec une quelconque ligne éditoriale.

        1 autres commentaires
    • helios33
      helios33 répond à banville
      • Posté à 16h31 le 07/04/2008
      • Internaute 33580

      il y a des vérités qui dérangent....

  • Dan51
    • Posté à 16h51 le 07/04/2008
    • Internaute 12803

    Pour connaître assez bien cette région de l’Océan Indien, j’ai l’impression que la personne qui a écrit cet article n’y a jamais mis les pieds.

    Il écrit :

    « Parmi ces migrants, des femmes enceintes tentant d’obtenir le droit du sol pour leurs enfants à naître, afin qu’ils soient français.

    C’est absolument exact, c’est exactement là que se crée le problème. Elles débarquent enceintes de plusieurs mois pour accoucher sur l’île. Cet afflux de personnes déstabilise totalement la population de cette petite île.

    Un île n’est pas extensible. C’est aussi un écosystème qui a un point d’équilibre. Lorsque celui-ci est dépassé, le système bascule. Il en est de même dans toute la nature.

    Cette situation provoque des tensions régulières, au point que Paris a envisagé un moment suspendre le droit du sol pour Mayotte -ce qui aurait été une brèche sans précédent dans l’égalité républicaine. »

    C’est LÀ que se situe l’erreur intellectuelle, selon moi. On ne peut pas appliquer les règles d’un pays avec une tradition démocratique et économique centenaire, un territoire vaste et peu peuplé, à une petite île dans l’Océan indien.

    Si vous reportez les mêmes dimensions à la France, c’est comme si l’immigration clandestine dépassait bientôt le nombre d’habitants du pays...

    Inutile de décrire ce qui se passerait dans notre pays « civilisé » !

    Le terme « d’égalité républicaine » est ici totalement dévoyé.

    Il faut comparer ce qui est comparable !

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à Dan51
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 17h15 le 07/04/2008
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Peut-être l’erreur intellectuelle se situe-t-elle dans la séparation artificielle et arbitraire établie en 1975 entre Mayotte et les autres îles des Comores ? C’est le seul cas, à ma connaissance, où on a traité les résultats d’un référendum d’autodétermination région par région, et découpé ensuite en fonction des résultats. Vous parlez d’immigration clandestine, mais ce sont des mots étranges s’agissant d’un ensemble qui, dans l’histoire, formait un ensemble cohérent, et c’est seulement en 1995 qu’un visa a été imposé aux Comoriens pour entrer à Mayotte. Votre parallèle avec la France est de ce point de vue invraisemblable.

      • Les Chats
        Les Chats répond à Pierre Haski
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 17h21 le 07/04/2008
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        Je le pense aussi voilà pourquoi je dis qu’il fallait tout indépendant ou tout français.
        Il y a d’autres régions même hors France où cela se reproduira.

         1 autres commentaires
      • pedro66
        pedro66 répond à Pierre Haski
        informaticien bon à rien
        • Posté à 17h23 le 07/04/2008
        • Internaute 25616
          informaticien bon à rien

        La seule justification de ce qu’il se passe, c’est que ce sont les Mahorais qui ont voulu rester Français, et non pas la France qui a annexé ce territoire .
        Il faut donc respecter la volonté de ces gens après un processus démocratique .
        Les autres, Anjouan, Mohéli et la Grande Commore ont voulu leur indépendance, et ils en crèvent, comme Madagascar d’ailleurs, et bien qu’ils assument et ne viennent pas semer le désordre chez ceux qui, assurément ont fait le bon choix ...

         
        • Les Chats
          Les Chats répond à pedro66
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 17h31 le 07/04/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          Mais Pierre dit simplement qu’il aurait peut-être fallu traiter ce référendum pour l’ensemble des Comores et non île par île. En tout cas on en serait pas là.

        • khadina2
          khadina2 répond à pedro66
          enragée
          • Posté à 02h00 le 08/04/2008
          • Internaute 38368
            enragée

          Le bon choix c’est quoi ?
          ...
          Les colonies pardi !

          Je n’en peu plus de me marrer de voir l’apologie du colonialisme dans les commentaires de rue89 !

        2 autres commentaires
      • helios33
        helios33 répond à Pierre Haski
        • Posté à 17h25 le 07/04/2008
        • Internaute 33580

        ce n’est pas aussi extravagant que cela.
        Après tout c’est la même chose aux Antilles, deux départements français et des iles indépendantes aux alentours

    • pedro66
      pedro66 répond à Dan51
      informaticien bon à rien
      • Posté à 17h18 le 07/04/2008
      • Internaute 25616
        informaticien bon à rien

      Bravo pour ce post !
      Je connais Mayotte pour y avoir séjourné et c’est enchanteur, malheureusemnt on ne peut pas pousser les murs et les ressources locales ne sont pas extensibles non plus .
      Donc il faut, à un moment donné, regarder la réalité en face, et renvoyer les clandestins émeutiers, fauteurs de troubles .

  • pedro66
    pedro66
    informaticien bon à rien
    • Posté à 17h15 le 07/04/2008
    • Internaute 25616
      informaticien bon à rien

    « A Mayotte, dérapages face aux “sans-papiers” comoriens »

    Voilà le titre de cet article, pourquoi la semaine dernière, lors des émeutes, n’y-a-t-il pas eu d’article titré « A Mayotte dérapage des clandestins Anjouanais » .
    Politiquement trop incorrect, ou bien votre impartialité journalistique est strictement limitée ! ! !

    • helios33
      helios33 répond à pedro66
      • Posté à 17h30 le 07/04/2008
      • Internaute 33580

      excellente observation
      Apparemment le lynchage de blancs n’est pas un « dérapage »

      • pedro66
        pedro66 répond à helios33
        informaticien bon à rien
        • Posté à 17h50 le 07/04/2008
        • Internaute 25616
          informaticien bon à rien

        C’est juste un passe temps pour clandestins désoeuvrés .

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 17h18 le 07/04/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    Ces évènements ne sont que la résultante des politiques incapables de voir plus loin que le bout de leur nez. C’était évident qu’il y allait avoir un jour des problèmes, ces îles sont si proches et si petites, comment reprocher aux gens qui sont si pauvres d’aller à Mayotte ?
    Ne fallait-il pas tout laisser français ou tout laisser indépendant ?
    Dans ce choix qui a été fait, ne fallait-il pas préparer l’indépendance ?

    * - « Mayotte ....un héritage du référendum organisé en 1975 pour l’archipel des Comores, alors composé de quatre îles (Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte). Cette dernière vota massivement pour rester française et fut détachée de l’archipel, décision condamnée par les Nations unies. »
    * - « Cette situation a connu un brusque regain de tension récemment avec les événements d’Anjouan, où un chef rebelle, le colonel Mohamed Bacar, qui avait pris le contrôle de l’île, a été débarqué du pouvoir par une intervention armée conjointe des Comores et de l’Union africaine. Lorsque Bacar a trouvé refuge à Mayotte (puis a été exfiltré à la Réunion où il se trouve toujours), les Anjouanais de Mayotte ont provoqué de violentes émeutes le 27 mars, s’en prenant aux “métropolitains”, les “M’Zungus”, les Blancs »

    Toutes ces questions on peut se les poser mais maintenant comment régler ce problème humainement ?

    Dommage l’article ne précise pas qui a pris le contrôle des parties non françaises après le référendum en 1975 pour l’indépendance.

  • pedro66
    pedro66
    informaticien bon à rien
    • Posté à 17h26 le 07/04/2008
    • Internaute 25616
      informaticien bon à rien

    Histoire des Comores et de Mayotte .

    Avant l’indépendance du Territoire des Comores, Mayotte faisait partie de cet archipel de quatre îles, connu depuis l’antiquité.
    Ces îles, placées au carrefour maritime de l’Océan Indien, connurent à une époque plus récente une succession d’invasions arabes dont une au XVème siècle arrivant du golfe persique, laissa des traces profondes.
    Au XVIème siècle, les Portugais et les Français y séjournent quelque temps sans s’opposer cependant à l’influence arabe et à l’implantation de l’islam.
    A la fin du XVIIIème siècle, les Malgaches envahissent Mayotte et s’y installent durablement, si bien qu’aujourd’hui encore on parle dans de nombreux villages de Mayotte le sakalave, langue d’origine malgache.
    Le 24 avril 1841, le sultan de Mayotte cède à la France l’île, qui devient dès lors une colonie. Une ordonnance royale de 1846 y abolit l’esclavage.
    La France n’établit son protectorat sur les autres îles qu’environ un demi-siècle plus tard (de 1886 à 1892), constituant un peu plus tard la colonie de « Mayotte et dépendances “ rattachée par la loi du 25 juillet 1912 à Madagascar, alors colonie française.
    Mayotte fut Territoire d’Outre-mer de 1946 à 1975.
    En 1974, par référendum, trois des îles de l’archipel optent pour l’indépendance, alors que Mayotte préfère rester française.
    A la proclamation de l’indépendance des Comores en 1976, la population de Mayotte se prononça pour le maintien de l’île au sein de la République Française.
    A partir de décembre 1976, Mayotte devient une Collectivité Territoriale Française, administrée par un Représentant du Gouvernement ayant rang de Préfet. Une nouvelle loi votée le 22 décembre 1979 porte que ‘l’île de Mayotte fait partie de la République Française et ne peut cesser d’y appartenir sans le consentement de sa population’.
    Depuis juin 2000, à la suite d’un référendum, Mayotte est devenue Collectivité Départementale Française.

  • Hops85
    • Posté à 17h27 le 07/04/2008
    • Internaute 38299

    Bonjour, ma mére est française blanche « M’zungu » et mon pére est lui mahorais.
    Je ne suis pas né sur Mayotte, mais j’y ai vécu 6 ans avec mes parent.
    Donc j’ai pu m’en apercevoir comment on vit laba.
    Le probleme de l’immigration sur l’ile ce n’est pas pareil qu’ici en métropole.
    Au faite pour y rentrer deja c’est plus facile car par la mer, on peut accoster n’importe ou sur l’ile donc il ya chaque jour plus d’une centaine de clandestin qui déparque sur les cotes mahoraises malgrés les radars qui ont été installé pour surveiller les cotes.
    Quand ils sont sur place les clandestins vivent dans des conditions précaires, c’est a dire deja ils dorment dans des « Todis » des petites cabanes construite avec des Morceaux de Toles.
    Pour se avoir un peu d’argent, ils font de la vente à la sauvette, en vendant des produits agricole ou manufacturée de mahorais francais ou de comoriens qui dispose la double nationnalité.
    Au dernier recencement on estime qu’un tiers de la population de mayotte est clandestine.

    • bakoko
      bakoko répond à Hops85
      séparé
      • Posté à 16h41 le 08/04/2008
      • Internaute 38432
        séparé

      Tout à fait d’accord, Il ne faudrait pas confondre une entité géographique « les Comores “ et une entité politique qui n’a jamais existé, il n’y a jamais eu un pays qui se serait appelé ‘COMORE’ même s’il y a eu des essais d’Unité ou Union tout à fait théoriques. Ces îles ont toujours été plus ou moins rivales,et autrefois les habitants circulaient d’une île à l’autre, l’Etat Civil n’existait pas , les noms de famille inconnus : deux enfants nés de même père et même mère ne portaient pas les mêmes noms ( ce qui a posé un problème à Mayotte pour établir un vrai Etat Civil)car pas de filiation fiable et même les dates de naissance n’étaient pas sûres aussi on trouve les ‘ né vers... ou né en .. Il n’est pas certain que les Etats Civils des trois autres îles soient à jour.Maintenant un enfant qui nait sur l’île hippocampe est enregistré à la maternité.
      Malgré tout, les problèmes de Mayotte sont nombreux. Peu à peu le niveau de vie s’améliore mais avec la départementalisation souhaitée ça avancera peut-être plus vite. Les Mahorais sont des gens charmants et les Anjouanais (leurs cousins)sont aussi agréables, mais la misère les pousse à venir à Mayotte en espérant une vie meilleure. Beaucoup ont réussi à régulariser leur situation, sur place ou en Métropole d’autres Comoriens viennent en bénéficiant de la double nationalité. Il faut noter que ce sont les jeunes (16 /30 ans) qui souffrent de ce mauvais choix’ qu’auraient fait leurs ancêtres. Comment les Mahorais, qui connaissent la situation de misère des autres îles pourraient-ils accepter de partager une pauvreté récurente et grandissante ? Malgré tout, je redis que cette population Mahoraise, est attachante, intelligente, et moderne ; les Anjouanais quand ils ne sont pas exités et gouvernés par des gourous malfaisants sont bien attachants également.
      Donnons à Mayotte le droit de choisir son destin ‘le droit des peuples à vivre en sécurité et en liberté’
      Faisons confiance aux Mahorais et à leurs élus.

  • Hops85
    • Posté à 17h33 le 07/04/2008
    • Internaute 38299

    Oui, Pedro, et la depuis peu on parle de départementalisation de l’ile, un référendum est prevu dans les prochains mois pour consulter les Mahorais s’ils veulent du département d’outremer ou bien s’ils veulent rester comme telle.

    • Les Chats
      Les Chats répond à Hops85
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 17h37 le 07/04/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Et concrètement qu’elle est la différence entre les deux ?

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      Adéménagé le 3 janvier 2011 répond à Hops85
      menuisier
      • Posté à 22h21 le 07/04/2008
      • Internaute 29846
        menuisier

      Très bien Hobs85, j’espère juste vous voir sur d’autres sujets..Ou alors n’êtes vous qu’un inscrit de circonstance de plus qui disparait après que le fil soit terminé.
      Pour après, sous un autre nom...

  • sophiedumont68@gmail.com
    • Posté à 17h37 le 07/04/2008
    • Internaute 29510
      étudiant

    Il n’y a plus de TOM depuis la révision constitutionnelle de 2003 mais des COM (collectivités d’outre-mer) dont fait partie Mayotte.
    La présentation de la décision « contestable et illégale » de Giscard est largement déformée et partiale. Les Comoriens ont toujours méprisé les Mahorais qui ne voulaient surtout pas se retrouver dans l’indépendance avec eux sachant qu’ils auraient été discriminés et maltraités. Giscard était fort embarrassé par le plébiscite des Mahorais en faveur du maintien dans la République et son représentant à l’ONU, Guy de Guiringaud, avait rédigé une note indiquant que la France ne pouvait s’encombrer de cette île « dont il faudrait se débarrasser » ... la note fît scandale à Mayotte qui veut depuis toujours non seulement rester française mais revendique un statut départemental d’assimilation comme la Réunion, les Antilles et la Guyane (pour cause d’ancrage dans la République mais aussi d’égalité des droits sociaux).Mais le fait de ne pas avoir voulu décoloniser Mayotte de force ni osé mépriser la volonté claire et massive des Mahorais a conduit à en faire, malgré les réticences de Paris, un eldorado pour les Comoriens et les Anjouannais qui ont, eux, plongé dans la misère à l’indépendance. Les Anjouannais rêvent d’ailleurs de redevenir Français, comme les Surinamiens et les Brésiliens qui se précipitent en Guyane. Mais quel dirigeant de « gôche » aurait osé refuser l’extension des droits sociaux à ces territoires alors même que cela bousille leur économie et attire une immigration ingérable. C’est la quadrature du cercle.

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