Enquête 07/04/2008 à 10h23

Quand la « France officielle » parle du génocide rwandais

David Servenay | Ex-Rue89

Quatorze ans après le génocide au Rwanda, Bernard Kouchner et le général à la retraite Lafourcade livrent leur vision des faits.


Crânes humains au Mémorial du génocide de Murambi (A.Asiimwe/Reuters).

Il est rare que les militaires prennent position sur des sujets politiques. En mars 2008, la revue Défense nationale et sécurité collective consacre un dossier au Rwanda. L’occasion, pour un ministre en exercice et un général à la retraite, de livrer leur vision, quatorze ans après les faits : petites omissions et gros messages en direction du gouvernement. L’enjeu ? Ecrire l’histoire et éviter la case tribunal.

Kouchner : « Il y a eu ces bouillies de crânes sur lesquelles nous avons marché »

Bernard Kouchner ne pouvait pas choisir meilleur titre à son article : la normalisation et la vérité. Dans l’ordre, d’abord l’impératif politique, puis celui de l’histoire. Quitte à faire passer la « vérité » au second plan. Reconnaissons à son auteur, ministre des Affaires étrangères, la volonté de vouloir sortir de l’ornière. Depuis la rupture des relations diplomatiques, à l’automne 2006, le Rwanda et la France mènent une lutte sourde, sur fond de polémiques historiques. Sujet de la discorde : comment et jusqu’où qualifier le soutien apporté par Paris à l’ex-régime génocidaire de 1994 ? Bernard Kouchner, donc, ne manque pas de volonté. Sans doute parce que lui a vu, contrairement à l’ensemble de la classe politique française (hormis Edouard Balladur et François Léotard intervenant lors de Turquoise) pour qui les 800 000 morts du génocide restent une abstraction. Il l’explique ainsi :

« Seulement, il y a eu les centaines de milliers de morts Tutsis et Hutus modérés, il y a eu ces bouillies de crânes sur lesquelles nous avons marché, il y a eu un génocide tellement semblable aux nôtres et tellement différent aussi, et il y a maintenant des soupçons aussi graves qu’insupportables pesant sur nous, sur notre armée, sur nos soldats. »

La vision ethnique des événements a-t-elle disparu ? Pas sûr.

On se prend alors à espérer… une nouvelle approche des faits, un tri entre les clichés, les évidences et les informations vérifiées dans les nombreux ouvrages déjà écrits sur le Rwanda. Dès la deuxième page, l’auteur revient longuement sur la vision « ethnicisée » de la problématique rwandaise, entretenue pendant des décennies par les occidentaux.

« De ce soutien, la politique française doit être comptable, au moins par omission. Depuis 1970, une série d’approximations, d’inadvertances et d’erreurs d’analyse fondèrent une politique inégalitaire et négligèrent la réalité humaine des problèmes, à l’aune de cette phrase prononcée par un très haut responsable : ’Au Rwanda, c’est la lutte des serfs contre les seigneurs’. »

Une phrase où François Mitterrand comme l’ancien ministre de la Coopération, Bernard Debré, auraient pu se reconnaître. L’ancien French Doctor, qui a beaucoup travaillé en Afrique, n’ignore rien des prismes officiels français.
Au chapitre de la « vérité », Bernard Kouchner récuse les tentatives de réduire le génocide à des interprétations douteuses. Parmi ces tentatives, la lecture dont Pierre Péan s’est fait le héraut, où l’écrivain donne à l’attentat du 6 avril 1994 un sens tautologique (ceux qui sont derrière l’attentat sont aussi les responsables des massacres). Kouchner répond posément, sans citer l’écrivain :

« Je ne peux pas cautionner cette vision simpliste et infamante qui fait des Tutsis les responsables de leur propre malheur, pas plus que je ne peux supporter d’entendre certains défendre la thèse d’un double génocide Tutsi et Hutu. »

Pourtant, dans la même revue, le général Jean-Claude Lafourcade, ancien commandant de l’opération Turquoise, livre une vision tout à fait conforme aux clichés ethnistes du XXe siècle. En six pages, il emploie d’ailleurs les qualificatifs « hutu » (dix fois) et « tutsi » (neuf fois) comme autant de clés d’analyse du conflit, dont le « contexte complexe » tient dans cette première et unique assertion :

« Dès l’indépendance du Rwanda, en 1962, éclatent des conflits entre Hutus et Tutsis (représentant respectivement environ 85% et 15% de la population). »

Comme si la politique et la violence sociale pouvaient se réduire au règne de la démocratie ethniquement majoritaire… Pourquoi ? Comment ? L’officier des Troupes de marine ne soulève pas ces questions. En 2008, le Rwanda reste donc une source inépuisable d’approximations. Bernard Kouchner en fait la démonstration en revenant sur le tournant initié par le président Giscard d’Estaing :

« La France, par le jeu d’accord de défense datant de 1975, s’est portée au secours de son allié menacé par le Front patriotique rwandais (FPR) des Tutsis chassés de leur pays depuis 1959, 1963, voire 1967 et réfugiés en Ouganda et au Burundi. »

Faux. L’accord particulier d’assistance militaire du 18 juillet 1975 a pour objectif de former une gendarmerie rwandaise. Pas de venir au secours d’un régime contestable. Laquelle gendarmerie deviendra, grâce à la coopération française, le support d’un excellent maillage du territoire, qui permet en cas de crise d’avoir sous la main un réseau à l’efficacité redoutable. Tous les militaires le savent : pas de meilleur service de renseignements que la gendarmerie.

Peut-on être « impartial » face à un génocide ? Oui, répond le général Lafourcade

S’il n’apporte aucune explication concrète aux « approximations, inadvertances et erreurs d’analyse » de la période 1990-1994, marquée par des « pogroms », le chef de la diplomatie française s’attache à ne pas fâcher ses nouveaux amis de la majorité présidentielle :

« Je ne tiens ni Edouard Balladur ni Alain Juppé ni Hubert Védrine pour responsables de ce qui s’ensuivit. Leur bonne volonté était entière. Les erreurs d’analyse venaient de plus loin. »

Mieux : il prépare le terrain de la justification alambiquée du général Lafourcade qui, oubliant de rappeler l’ordre de mission de ses troupes (le texte ne mentionne pas le mot « génocide » pas plus qu’il n’indique qui tue qui), présente ainsi la « délicate mission » :

« Il fallait mettre fin aux massacres avec l’impératif d’impartialité qui imposait de n’entrer en contact frontal ni avec les forces en retraite de l’armée gouvernementale (FAR) ni avec celles qui progressaient (Tutsis de l’extérieur-FPR). Il s’agissait aussi de montrer que la France n’avait pas l’intention de revenir durablement au Rwanda. »

En d’autres termes, les soldats français de Turquoise devaient être « impartiaux » et « neutres » face à un génocide. On comprend le caractère « délicat » de la mission. Mais là encore, cette contradiction est sagement ignorée.

Les soldats de l’opération Turquoise ont laissé fuir certains génocidaires rwandais

Sans revenir sur l’ensemble de l’opération militaro-humanitaire -on sait qu’elle fut à multiples tiroirs, dont certains n’ont pas encore été ouverts-, les deux auteurs insistent sur un point qui semble leur poser problème. D’abord Bernard Kouchner :

« Elle a d’abord permis de sauver des milliers de vies, même si elle a sans doute facilité la fuite de certains génocidaires qui quittèrent le territoire rwandais, brouillant hélas la lecture des événements. »

Hélas pour le ministre, le général Lafourcade reprend ce thème de la « fuite de certains génocidaires », pour raconter une version à trous de l’histoire :

« La plupart des principaux responsables du génocide avaient fui au Zaïre avant notre intervention, mais la présence d’un certain nombre de Hutus ayant participé aux massacres s’est posée. Ceux-ci, ayant cessé leur activité avant notre arrivée, n’étaient pas immédiatement identifiables. Nous n’avions ni le mandat ni les moyens de les arrêter. »

Outre le mensonge de la fuite des génocidaires (beaucoup se sont fait connaître, croyant que la France venait à leur rescousse) fallait-il un mandat aux soldats français pour arrêter ces criminels de guerre, ministres, préfets, officiers d’actives ou réservistes… ? Juridiquement, dès lors que la convention de l’Onu sur le génocide (1948) était invoquée, il revenait aux forces en présence de faire appliquer la loi internationale. Le général français l’admet d’ailleurs quelques phrases plus loin :

« Nous avons néanmoins, avec des moyens limités, procédé à des arrestations de suspects et lancé de nombreuses procédures judiciaires.(…) Les dossiers des personnes suspectées d’avoir participé au génocide ont été alors remis aux Nations unies. »

Alors, quels intérêts défendaient les 2 500 soldats français de Turquoise ? Arrêtons-nous sur une date charnière : le dimanche 17 juillet 1994.

Face aux légionnaires, deux membres du gouvernement intérimaire, celui du génocide

Ce jour-là, dans le sud de la ZHS (Zone humanitaire de sécurité) contrôlée par la France, un convoi de Mercedes noires et de pick-up des Forces armées rwandaises (FAR) s’arrête dans une villa de Cyangugu. Au bord du lac. Deux des membres les plus importants du gouvernement intérimaire sont là. Deux génocidaires : le président de la République, Théodore Sindikubwabo, et le ministre des Affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka.

Le commandant du secteur, le lieutenant-colonel Jacques Hogard, va s’assurer de leur identité avec un groupe de commandos du 2e REP (Régiment étranger parachutiste). Les arrêtent-ils ? Non, ils leur donnent 24 heures pour « foutre le camp ». En clair : allez vous perdre dans la forêt zaïroise du Kivu. Voici comment s’expliquait le colonel Hogard, lorsque je l’ai rencontré en 2006 :

« Je n’avais pas le mandat de les arrêter, si on avait eu le mandat de les arrêter, on l’aurait fait, ça ne me posait aucun problème. Personne ne nous jamais demandé de les arrêter. Et ce n’est pas les autorités françaises que j’incrimine, parce que les autorités françaises n’ont jamais eu ce mandat de la part de la communauté internationale. Alors, défaut de volonté, défaut de rapidité de transmission, hésitations des chancelleries, que sais-je encore ? “

En réalité, la hiérarchie militaire va demander des ordres à Paris. Un ordre ‘politique’ qui viendra le lendemain. Trop tard : les génocidaires et leur escorte d’une centaine de tueurs de la Garde présidentielle sont déjà passés au Zaïre. Ce jour-là, le lundi 18 juillet 1994, marque la fin de la guerre : le camp du génocide l’a perdue. Autre reculade : les militaires français ont aussi proposé de descendre l’émetteur mobile de la RTLM (radio des mille collines), la radio-la-mort appelant aux massacres, qu’ils avaient réussi à localiser. Là encore, Paris a répondu : ne faites rien.

‘La France a certainement commis sur de longues années des erreurs politiques…’

Bref, cette exfiltration et d’autres petits secrets continuent de peser sur les consciences. Est-ce ce qui motive les prises de position très fermes du ministre et du général ? Dans un joli couplet, Bernard Kouchner et Jean-Claude Lafourcade se renvoient la balle. Commençons par le ministre qui s’adresse directement à ses homologues rwandais, notamment le président Kagamé qu’il connaît bien :

‘La France a certainement commis sur de longues années des erreurs politiques, fondées sur des interprétations fausses, mais il serait odieux et inacceptable de penser qu’elle ait pu être coupable de crimes ou de complicité de crimes de génocide. C’est un point sur lequel je ne transigerai pas. Notre rapprochement avec le Rwanda ne se fera pas au détriment de l’honneur de l’armée française, au détriment de la vérité historique. La question aujourd’hui n’est plus là.’

Au passage, rappelons qu’en parallèle du dialogue avec Kigali, une plainte pour complicité de génocide est actuellement instruite devant le Tribunal aux armées de Paris. Elle vise l’ensemble des acteurs de Turquoise. Le général Lafourcade ne l’a pas oublié, c’est pourquoi il prend la précaution de langage suivante :

‘Il appartient au pouvoir politique et aux plus hautes autorités de l’Etat d’assurer la défense des militaires qui ont rempli les missions souvent difficiles qu’ils leur ont assignées, d’autant que ces derniers sont astreints au devoir de réserve. L’abandon ou l’absence de soutien de leur hiérarchie, en cas de mises en causes liées aux activités opérationnelles auraient de graves conséquences. Comment ne pas craindre alors que certains hésitent à s’engager réellement dans l’exécution de missions difficiles, voire qu’ils les refusent : ou encore que d’autres soient tentés d’interpréter les ordres et d’adapter l’exécution de la mission à leur appréciation personnelle, s’ils ont le sentiment que le projet politique présente des risques judiciaires ou médiatiques.’

Ces paroles ont le mérite de la clarté : si vous, les politiques, vous vous lâchez sur le Rwanda… le retour de bâton sera terrible. Ultime détail (mentionné dans l’ours de la revue mais que le néophyte n’aura pas forcément remarqué) : le comité d’études de Défense nationale est présidé par le général Christian Quesnot, ancien chef d’Etat-major particulier de François Mitterrand, officier qui connaît parfaitement le dossier rwandais pour l’avoir piloté des années à l’Elysée. Le message de mars 2008 vaut donc avertissement pour l’avenir.

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  • castorpolitique
    • Posté à 11h15 le 07/04/2008
    • Internaute 37879
      Rien

    Revenant du Canada, je peux dire que, là-bas, personne ne se pose de questions : par son inactivité et par sa complaisance envers les Hutus, la France s’est fait complice du génocide.

    Il faut aussi savoir que les ethnis hutu et Tutsi n’existent pas. Elles ont été créés ex-nihilo par les colonisateurs belges pour faciliter la conquête du pays et son administration. Ils ont tout simplement selectionné les plus riches et les noirs les plus clairs, ceux qui ressemblaient plus aux occidentaux, les ont appelés Tutsis, et les ont placés aux commandes du pays. D’où la haine qui s’est développé à leur égard dans le reste de la population.

    D’où, peut-être, notre vision sociale de lutte des classes, et notre complaisance envers la classe « opprimée », les hutus.

    Vu qu’il n’y a aucune richesse au Rwanda, que nos intérets y sont inexistants, on pourrait espérer un peu plus de courage et de vérité de la part de nos dirigeant. Mais l’état français est exceptionnellement peu à même de se remettre en question. C’est une particularité française qui s’applique aussi à nous tous, en tant qu’individus. Cet effet de miroir entre la psychologie des individus et le gouvernement est curieux et sans doute normal. Dommage.

    • le soudanais
      le soudanais répond à castorpolitique
      ici et là
      • Posté à 13h52 le 07/04/2008
      • Internaute 16438
        ici et là

      Il est vrai qu’un hutu riche pouvait ainsi devenir tutsi, ainsi (et surtout) que ses enfants.

    • nitroglycerin
      nitroglycerin répond à castorpolitique
      nécromancien
      • Posté à 14h35 le 07/04/2008
      • Internaute 38267
        nécromancien

      Non, les ethnies n’ont pas été crées ex nihilo par les colonisateurs. Ces derniers ont choisi d’organiser la société sur des bases ethniques mais il y avait des hutus, des twas et des tutsis bien avant leur arrivée.

      • castorpolitique
        castorpolitique répond à nitroglycerin
        Rien
        • Posté à 19h39 le 08/04/2008
        • Internaute 37879
          Rien

        Je me suis peut-être mal exprimé : les mots hutu et tutsis existaient bel et bien, et désignaient d’un côté les pasteurs, de l’autre côté les cultivateurs (en gros). Mais les belges ont fortement accentués l’ethnicisation en faisant une selection par la richesse (les pasteurs pauvres devenaient hutus) et par des critères physique (couleur de la peau, forme du nez, etc.).

        Lien

    • Victor NGIRABATWARE
      • Posté à 19h47 le 07/04/2008
      • Internaute 30037

      Je trouve plaisant que les Canada se permette des commentaires sur l’attitude d’autres pays que lui-même !

      Quel est le pays qui a couvert d’honneurs le général qui commandait la MINUAR en 1994 et qui a signé le fiasco le plus sanglant et le plus retentissant de toute l’histoire des opérations de maintien de la paix de l’ONU ?

      Quel est le pays qui a permis qu’une de ses ressortisssantes soit promue à un très haut poste de responsabilité à l’ONU après avoir organisé au TPIR l’impunité des crimnels de guerre ?

      Pour que ces deux hauts responsables - DALLAIRE et Louise ARBOUIR - soient à ce point récompensés pour avoir facilité l’accession au pouvoir puis l’impunité du FPR, ne fallait-il pas qu’ils aient en mains, outre les instructions de façade de l’ONU, une instruction secréte qui leur donnait les véritables buts à atteindre...très éloignés des buts officiellement affichés ?

      Alors vous comprendrez que l’opinion des canadiens sur le sujet...autant demander à CLINTON, qui a interdit que le mot génocide soit prononcé à l’ONU avant d’être totalement consommé !

      • Azza
        Azza répond à Victor NGIRABATWARE
        Ingénieur en informatique (...)
        • Posté à 10h23 le 08/04/2008
        • Internaute 25467
          Ingénieur en informatique (...)

        De nouveau un mélange tordu d’informations tirant dans un sens en se donnant l’air de tirer dans l’autre :

        Vous accusez DALLAIRE et ARBOUIR d’avoir organisé l’impunité des criminels de guerre (de qui parlez vous ? des génocideurs ? Dans ce cas, criminels contre l’humanité me semble plus approprié) tout en facilitant l’arrivée au pouvoir du FPR (qui était l’énemi déclaré des auteurs du génocide, a savoir le Hutu Power dirigé par le clan Habyarimana). A moins que dans votre esprit, FPR=« criminels de guerre“=‘responsables du génocide’ ? C’est sur le dernier ‘=’ que je coince. Qu’on accuse le FPR de crimes de guerre, ça peut se défendre. Les accuser d’être les responsables du génocide (donc de crime contre l’humanité), c’est reprendre la propagande révisoniste tordue qu’on entend depuis 14 ans et c’est grave. Alors encore une fois je le rappelle, le génocide a été planifié longtemps à l’avance par le parti ‘Hutu Power’ au pouvoir au Rwanda avec la présidence d’Habyarimana. Le rwanda d’Habyarimana a été soutenu, armé et entrainé par la France avant, pendant, et après le génocide (dernières livraisons d’armes autorisées par Paris plusieurs semaines après la fin des turies).

        Soyez plus précis dans vos affirmations : où voulez vous en venir ?

         
        • Victor NGIRABATWARE
          • Posté à 12h45 le 09/04/2008
          • Internaute 30037

          Votre affirmation : « Alors encore une fois je le rappelle, le génocide a été planifié longtemps à l’avance par le parti “Hutu Power” au pouvoir au Rwanda avec la présidence d’Habyarimana » est très contestable !

          Cette planification n’a jamais été prouvée par personne et bien au contraire, les meilleurs experts devant le TPIR tels que GUICHAOUA estiment qu’elle n’apparait pas avant le début de 94, fin 93 au plus tôt.

          Tout comme d’ailleurs l’expression « Hutu power » qui n’apparait qu’au cours du dernier trimestre 93.

          Auparavant le régime d’Habyarimana comme vous dîtes était un gouvernement multipartite aux mains des hutus modérés tels que le premier ministre Dismas NSENGYAREMYE. C’étaient eux que la France appuyait.

          Rappelons que l’armée française a quitté le Rwanda en décembre 93 et n’y est revenue que fin juin 94, alors que le génocide était largement consommé et que les génocidaires étaient déjà assez largement passés au Zaïre.

          Il s’ensuit qu’elle n’était pas là au plus fort du génocide et qu’elle n’était plus là au moment où s’est formé le hutu power et l’éventuelle planification du génocide.

          Les dates et les faits sont incontournables !

        1 autres commentaires
  • CA Not Dead
    CA Not Dead
    Glandouilleur Pro
    • Posté à 11h08 le 07/04/2008
    • Internaute 24390
      Glandouilleur Pro

    J’adore les versions officielles ! Bientôt dans nos beaux manuels d’histoire...

    Ce qui m’impressionne le plus c’est la désinvolture à reconnaitre une succession « d’erreurs politiques ». Responsable mais pas coupable, on préfère plaider l’incompétence que la malhonnêteté...

    • Azza
      Azza répond à CA Not Dead
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 10h30 le 08/04/2008
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Je fais un peu l’opportuniste en répondant à votre commentaire pour (je l’avoue) placer un peu de pub en partie visible de la discussion, mais cela vaut le coup. Je comprendrais sans problème que certains riverains puissent trouver le procédé un peu cavalier et je m’en excuse par avance. En espérant que le bénéfice de l’information pourra me faire pardonner le procédé :

      MOI(S) CONTRE LA FRANCAFRIQUE

      Organisé par Survie Paris Île-de-France

      DU 7 AVRIL AU 13 MAI

      Jeudi 10 avril, 18h,
      à l’Univ. Tolbiac, Centre PMF, 90, rue Tolbiac
      Réunion publique Non au néo-colonialisme français ! Non à la « Françafrique » !
      Avec Raphael Granvaud, Survie, auteur d’un dossier noir à sortir sur les questions militaires françaises en Afrique, et des représentants des organisations initiatrices de la réunion : Comité de Paris-I pour un Nouveau Parti Anticapitaliste, FSE Paris-I/IV, Groupe CRI, Mouvement Pour l’Égalité. Après l’analyse de la situation et la discussion, seront présentées plusieurs initiatives concrètes, notamment le lancement du « Mois contre la Françafrique » et la proposition d’une manifestation unitaire contre le néo-colonialisme français en Afrique, début mai.

      Samedi 12 avril, 16-23h,
      à l’Olympic Café, 20 rue Léon, M° Château-Rouge, Prix libre
      Les Pilleurs de l’Afrique - Multinationales, dictateurs et mafiafrique exploitent le continent
      Concerts : 16h Apkass (Slam), 19h Kaar Kaas Sonn (chanson Tchad-Laval), 22h Komandant Simi Ol
      in the Arrr Force (Afro Roots Rock Reggae, Côte d’Ivoire-Paris)
      Débats :
      16h30 : Lutte contre le pillage des ressources naturelles et pour la restitution des Biens Mal Acquis avec
      Grégoire Niaudet (Secours-Catholique), Benjamin Moutsila (Fédération des Congolais de la Diaspora), Olivier Thimonnier
      (Survie).
      20h De la Françafrique à la Mafiafrique : exploitation d’un continent avec André Fine de Survie

      Lundi 14 avril, 20h,
      FIAP, salle Athènes, 50 rue Cabanis, 14e, M° St-Jacques
      Djibouti entre tourmente et Françafrique.
      Avec l’Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti.
      Soirée sur Djibouti et la région, ses liens avec la France sous les différents gouvernements, les accords militaires
      et leurs évolutions, la présence et l’influence des entreprises françaises, les « affaires’, le point sur l’affaire Borrel,
      analyse de la communication dans les media, les conflits dans la région et le rôle des américains.

      Mercredi 16 avril, 20h,
      A la librairie Jonas, 14 rue de la maison blanche 13ème, M° Tolbiac, 2€
      Odile Biyidi Tobner, présidente de Survie, parle du racisme français
      Soirée débat conviviale avec Sangria

      Jeudi 17 avril, 18-21h,
      Univ Censier 13 rue Santeuil, 3ème, Salle 336 M° Censier-Daubenton
      La situation au Niger avec Moussa Tchangari du groupe alternative Niger.
      Le Niger a connu une mobilisation exemplaire contre la vie chère en 2005. En février 2007, un mouvement de
      rébellion au nord Niger porte les revendications de la population en dénonçant les pollutions générées par
      l’exploitation d’uranium. La répression et la censure des journalistes pose la question de l’avenir des résistances
      dans ce pays. Voir aussi Lien

      Jeudi 24 avril, 20h,
      FIAP, salle Bruxelles, 50 rue Cabanis, 14e, M° St-Jacques
      Le Canada dans la mafiafrique, avec William Sacher, du collectif “ ressources d’Afrique”, auteur de “Noir
      Canada”, et le collectif “Areva hors-la-loi au Niger ”.
      Le Canada, malgré son image “ bon gars ” au niveau international, se taille la part belle dans le pillage des
      ressources du continent noir. Les sociétés minières canadiennes profitent aussi largement des mines de diamants,
      d’or, de cobalt, de cuivre ou encore de l’’uranium au Niger. Voir aussi Lien.

      ************

      Survie sera aussi présent à :

      ·Lundi 7 avril : Commémoration du génocide des tutsis au Rwanda par Ibuka. 16h-17h30, rassemblement au parvis des droits
      de l’homme. 18h30-22h : cérémonie du souvenir, 57 rue traversière, 12°, M° Gare de Lyon.

      ·Samedi 12, dim 13 avril, Espace. Blancs Manteaux, 48 rue du Temple, 4e, Festival du livre des droits de l’homme.

      ·Les 10-11-12 avril, weekend africain à Bezons (95) salle Aragon, rue Francis de Préssensé, Le 12 débat : “ relations
      France Afrique, rupture ou pas ” avec Odile Biyidi Tobner.

      . Les lundi 5, 12, 19, 26 mai, 19h, pour les projections-débats précédées de lectures organisées par Origines (Apkass) au Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, 6e, M° Vavin. Le 5, film “Fratricide au Burkina, Thomas Sankara et la françafrique” avec la réalisatrice Thuy Tien Ho et Bruno Jaffré. Le 12, “Une mort de style colonial, Patrice Lumumba, une tragédie africaine ‘ avec le réalisateur Thomas Giefer. Le 19 L’assassinat de Félix Moumié - L’Afrique sous contrôle’ avec le réalisateur Frank Garbely et Odile Tobner. Le 26, ‘Vol de nuit vers la mort - La fin violente de Dag Hammarskjöld’ avec le réalisateur Hans-Rüdiger Minow.

      . Le Vendredi 9 mai, à la dernière représentation de la pièce ’Elf La Pompe Afrique’, de Nicolas Lambert, au Grand Parquet 20 bis, rue du département Réservations 01 40 05 01 50.

      . Les 30 et 31 mai et 1er juin : 3e salon international des Initiatives de Paix, organisé par la Coordination française pour la Décennie à la Cité des Sciences et de l’Industrie, Porte de la Villette.

      ·Vendredi 13 juin, Espace 1789, 2/4, rue Alexandre Bachelet, Saint-Ouen, Projection de ‘ Sometimes in April ’ de Raoul
      Peck sur le génocide des Tutsis au Rwanda, débat sur l’implication française et la justice.

  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 11h22 le 07/04/2008
    • Internaute 16438
      ici et là

    Je constate avec un vif contentement que Rue89 compte le Rwanda comme un sujet important et rares sont les mois sans interventions dans ce sens. Qu’ajouter de plus aux nombreux posts qui ont été fait ces derniers mois, pas grand chose, les faits sont là et la complicité de la France ne fait aucun doute, reste à voir les modalités de la coopération. Quand Krouchner dit que Turquoise a sauvé des milliers de vies, il a sans doute raison, mais qu’est ce que 5, 6 ou même 10,000 vies face à plus de 800,000 victimes de la folie génocidaire et face à la volonté évidente et criminelle de la France de minimiser et d’effacer toute participation aux massacres ?

    Je tiens également à rappeler au bon souvenir des lecteurs de Rue89 l’existence du Burundi, petit pays voisin du Rwanda qui a connu des massacres à grande échelle et une guerre civile suite à l’assassinat de son président un certain 6 avril 1994 : 300,000 victimes tout de même...

    Petit pays qui connait drames sur drames, un des derniers en date étant l’horrible assassinat d’Agnès, volontaire française dans la paisible petite ville de Ruyigi le 31 décembre 2007. Les assassins courent toujours, une pétition est disponible pour réclamer la tenue d’une enquête : Lien N’oublions pas...

  • Pascal Riché
    Pascal Riché
    Redchef Rue89
    • Posté à 11h45 le 07/04/2008
      éditeur
    • Journaliste 7
      Redchef

    Dans le film « Kigali, des images contre un massacre », le journaliste Jean-Chistophe Klotz raconte en image sa traversée du Rwanda avec Kouchner, en 1994. Il interviewe également, des années plus tard, ce dernier sur son impuissance pendant ces journées terribles, malgré son lien avec l’Elysée.
    Kouchner, pour la première fois, paraît très fragile sur un écran. Il patine sur les mots. Il est très ému, il semble en colère (contre l’opération turquoise, organisée pour « protéger des salauds »), mais rien de très précis n’est exprimé. Il semble désorienté.
    C’est un documentaire très personnel et très fort de Klotz, (qui avait alors pris une balle dans la hanche), que je conseille à tous de voir.

    • Matthieu33
      • Posté à 21h39 le 07/04/2008
      • Internaute 12460

      Il y a un très long extrait ici : Lien

      • Iris2
        Iris2 répond à Matthieu33
        • Posté à 14h33 le 08/04/2008
        • Internaute 16898

        Merci infiniment pour ce lien.

         
        • zorbeck
          zorbeck répond à Iris2
          • Posté à 14h56 le 12/04/2008
          • Internaute 9110

          Merci aussi.
          C’est hallucinant de vérité. Rarement un témoignage ne m’aura autant bouleversé. Qui inclut la réponse exacte à « comment Auschwitz fut possible ? »...

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Je sais qu’après cette matinée silencieuse le présent petit signe sera apprécié. Je plante mon regard dans le votre et vous dit à demain je serai de nouveau l’homme libre ... Tendresse

    • Anonyme

      Viens de lire votre message, dur d’écrire sous surveillance ! et loin de toute déception. Re tendresse

  • Caius
    Caius
    Expert en management
    • Posté à 12h17 le 07/04/2008
    • Internaute 35080
      Expert en management

    Voici deux mises au point (insatisfaisantes sur bien des points) qui montrent l’ampleur du cafouillage politique dans l’affaire du génocide.

    Cafouillage avant le génocide, quant les politiques, décidant depuis Paris, n’ont pas su ou pas voulu voir lla tempête qui s’annonçait, et ont par leur attitude donné un feu vert implicite au gouvernement de l’époque.

    Cafouillage pendant l’intervention turquoise, au cours de laquelle les militaires sur le terrain n’ont pas eu de directives d’engagement claires et n’ont fait que le dixième, sans doute, de ce qu’ils auraient pu faire, aussi bien pour mettre un terme aux massacres que pour mettre hors d’état de nuire les génocidaires.

    Une leçon pour les politiques : c’est sur le terrain qu’il faut des décideurs politiques de haut rang, si l’on veut comprendre en temps réel la situation et réagir rapidement ; pas dans un confortable cabinet parisien, d’où l’on voit les choses sous un angle fallacieux.

  • ibouse28
    • Posté à 12h25 le 07/04/2008
    • Internaute 32014

    La France n’est pas une complice, mais une coupable et une responsable. Seul François Mitterrand, qui a apporté tous les soutiens nécessaires à Habyarimana, pouvait arrêter les massacres.

    • le soudanais
      le soudanais répond à ibouse28
      ici et là
      • Posté à 13h51 le 07/04/2008
      • Internaute 16438
        ici et là

      Les véritables coupables sont les sbires et la clique de Habyarimana qui des années durant ont préparés les paysans des collines à commettre l’irréparable entre 2 Primus autour d’une brochette. La France s’est faite complice de cette abomination, mais il ne faut pas minimiser les responsabilités des adeptes du Hutu Power. Le conditionnement d’une population est du ressort du régime en place. Toutefois, la France de fait est responsable du génocide, serait-elle intervenue et on parlerait « uniquement » du massacre de quelques dizaines de milliers de hutus modérés et de tutsis et non pas de l’extermination d’une population. France qui il faut le rappeler a été la seule à recevoir et à discuter avec les membres du régime intérimaire composé intégralement de génocidaires et de tenants de la ligne dure...

  • Sinnerman
    • Posté à 12h44 le 07/04/2008
    • Internaute 34392

    En réalité, ce sont les LOGES NOIRES OCCIDENTALES qui sont responsables de ce génocide. Elles ont besoin de SANG (surtout de l’Africain) pour NOURRIR leurs EGREGORES.
    Attention, l’histoire pourrait malheureusement se répéter au Togo où un pion de la Françafrique comme Charles DEBBASCH (pourtant recherché par la police française) fait la pluie et le beau temps. En 2005, Les autorités de ce pays se sont fait livrer des MACHETTES EN GRANDE QUANTITE juste avant des élections présidentielles assez controversées. A suivre...

  • Anthropia
    • Posté à 12h45 le 07/04/2008
    • Internaute 17441

    Qui pourra prouver quelque chose dans ce domaine ?

    N’est-ce pas la commission Quilès qui a donné son satisfecit à la France ?

    On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

    Lien

  • naturalisée328
    naturalisée328
    gestionnaire paye à Antibes
    • Posté à 13h17 le 07/04/2008
    • Internaute 28843
      gestionnaire paye à Antibes

    Au Tchad on sait le rôle de l’armée française, au côté d’Idrisse déby qui a accédé au pouvoir par les armes.

    Au Gabon on sait grâce à qui Bongo arrive à ce maintenir au pouvoir depuis plus de 30 ans. L’armée française est installée là-bas depuis de décennies par ailleurs, prête à intervenir dans toute l’Afrique centrale et pas seulement pour évacuer nos resortissants quand ça barde.

    Monsieur Sakozy a dit à propos de la colonisation qu’elle avait eu des effets positifs et qu’il n’était pas question de repentance pour la France.
    Toujours la même attitude...rien à nous reprocher, on n’a pas à s’excuser !
    Un peu d’honnêteté, de respect de soi et des autres.

    Les contextes sont difficiles, les missions périeuses. On ne peut pas en vouloir aux politiques et aux états-majors de commettre de erreurs, de prendre de mauvaises décisions, de ne pas en faire assez. Mais qu’ils aient le courage de le reconnaître pour ne plus faire les mêmes fautes. C’est honteux pour notre pays de voir nos élites se défiler ainsi. C’est honteux de voir des militaires si peu aptent à assumer leurs actes.
    « c’est pas ma faute, je ne savais pas, je n’ai fait qu’exécuter les ordres... » Le procès de Nuremberg est si loin déjà ? !

  • laurentdub
    • Posté à 13h23 le 07/04/2008
    • Internaute 31614

    C’est quand même hallucinant de voir comment Kouchner semble ignorer/minimiser la dimension ethnique des massacres perpétrés en 1994. Il en serait presque coupable de négationnisme.

    Autre point, la passivité et le manque de réactivité des autorités françaises au moment d’arrêter les responsables du génocide est proprement suspecte.

    Jean Hatzfeld, auteur d’une remarquable trilogie sur le génocide rwandais, évoquait dans une série d’entretiens les suspicions qui planaient sur la France, coupable d’un silence lourd de conséquences :
    Lien

  • zut
    zut
    • Posté à 13h30 le 07/04/2008
    • Internaute 21878

    Que disait Kouchner à l’époque ?
    Ces deux noms = la France officielle ?
    Que disait la classe politique et la population à l’époque ?
    Remarquons qu’il y a du progrès : il fut un temps où on attendait 40 ans, voire plus pour reconnaitre les situations inadmissibles, là on en est à moins de 20ans.

  • caramel2012
    • Posté à 16h21 le 07/04/2008
    • Internaute 29413

    Que justice et vérité soit respectée un jour

  • richelieu94
    • Posté à 16h40 le 07/04/2008
    • Internaute 32156

    cela me rappelle un débat qui s’est tenu il ya quelques semaines sur ce même thème de la complaisance française »... je n’étais pas super chaud pour l’admettre au nom du manque de preuve. un internaute m’avait alors encouragé à consulter quelques sources. ce que je fis...bon, je reste sceptique (en scientifique) toujours en quete de preuves irréfutables (localisation d’éléments français armés, insignes, témoignages directs hors victimes...)mais c’est vrai que j’ai cherché, cherché, lu, relu, croisé, coupé. et ça pue grave du coté de nos forces armées... non seulement nous n’avons rien fait contre, mais certaines enquête bien dirigées montre que pour beuacoup de victimes (des femmes notamment) on s’est même bien « amusé »... je ne pense pas que nous saurons un jour de la bouche de nos politiques... enfin, à suivre. mais la grandeur de la france s’accompagne décidémment bien souvent d’une odeur de charnier et de sang !

  • FdT
    FdT
    En pleine décroissance
    • Posté à 16h49 le 07/04/2008
    • Internaute 24641
      En pleine décroissance

    La version des faits nous la connaissons depuis longtemps. La France a apporter son aide à la planification de ce génocide. Point.

    On a voulu nous faire croire que 800 000 à 1 000 000 d’être humains pouvaient se faire exterminer en l’espace de 3 mois sur un simple « coup de sang » résultant de vieilles rancoeurs ancestrales mal digérées et sans aucune préparation préalable...la bonne blague !
    Il a fallu armer et entraîner minutieusement quelques milliers de fanatiques pour cela. Certes il ne faut pas grand monde pour pouvoir massacrer à grande échelle des civiles désarmés mais il est néanmoins nécessaire de planifier, de systématiser les choses afin d’obtenir de bons résultats si je peux m’exprimer ainsi. Or cette planification porte la signature de la France pays dont les compétences dans ce domaine ne sont plus à prouver.

    Consulter entre autres le livre de Michel Sitbon « Un génocide sur la conscience ». Quelques révélations intéressantes sur l’implication directe de l’Etat français dans ce génocide.

  • ghostdog
    ghostdog
    Educateur à melun
    • Posté à 18h53 le 07/04/2008
    • Internaute 31541
      Educateur à melun

    force est de constater que toutes les références historiques sur les Rwanda sont souvent erronées ! elles decoulent de l’approche archaique,fausse et
    contestable héritée des pères blancs et du colon Belge.Ajoutez à cela les manipulations et autres retouches historiques à des fins politiciennes,l’histoire du Rwanda devient floue.Ainsi à l’époque précoloniale d’u Rwanda rwa Gasabo,les hutus et les tustis n’étaient que des castes ou catégorie sociale,avec la possibilité de passer d’un cote à l’autre.L’histoire de Bisangwa bya rugombituri reflète bien ce passage.Né dans une famille pauvre donc cosideré comme hutu,à sa mort il était un grand seigneur tutsi,commandant l’armée d’Umwami(roi).Et si c’est vrai que les éthnies éxistaient à cet époque,elles n’étaient pas seulement trois mais plusieurs j’en citerai par exemple les abahima,abatsobe,ababanda,abega,...et j’en passe.La donnée éthnique a été faussée volontairement par l’église catholique et le colon Belge pour mieux exploiter le Rwanda.Formés par l’église,les présidents Kayibanda et Habyarimana s’en inspireront pour consolider leur pouvoir

  • Victor NGIRABATWARE
    • Posté à 19h36 le 07/04/2008
    • Internaute 30037

    Quand vous écrivez que « Laquelle gendarmerie deviendra, grâce à la coopération française, le support d’un excellent maillage du territoire, qui permet en cas de crise d’avoir sous la main un réseau à l’efficacité redoutable. » vous faites la preuve que vous ne savez pas de quoi vous parlez, monsieur SERVENAY.

    Avez-vous la moindre idée de ce qu’était la gendarmerie rwandaise en 1990 ?

    La population était encadrée non pas par cette gendarmerie mais par le parti unique, le MRND, dans une organisation mise en place par le premier ministre de l’intérieur de la seconde république : un certain Alexis KANYARENGWE, devenu en 1990, président du FPR....et qui savait fort bien alors comment manipuler les foules rwandaises

    Arrêtez d’induire vos lecteurs en erreur monsieur SERB+VENAY

  • Victor NGIRABATWARE
    • Posté à 19h38 le 07/04/2008
    • Internaute 30037

    Il ne suffit pas de dire que :

    « La France a certainement commis sur de longues années des erreurs politiques, fondées sur des interprétations fausses... »

    Il faut dire lesquelles !

    Et punir les coupables !

  • TCHAIKA
    TCHAIKA
    REVENUE MANAGER
    • Posté à 20h14 le 07/04/2008
    • Internaute 35150
      REVENUE MANAGER

    merci castorpolitique pour cette mise au point. On parle peu de la belgique pour certaines actions peu honnorables, pourtant ce petit pays fut a l’origine de génocides plus importants que ceux plus connus ou dissertés.
    Au delà de mises au point « périmées », tout ceci file la nausée ! Si au moins de ces hontes, nous pouvions tous croire que c’est la dernière. Hélas l’humain reste le plus dangereux prédateur de l’humain.
    Je ne sais pas comment en tant que femme on peut accepter de donner la vie en imaginant qu’un de ces crânes alignés peut etre ce qui reste de tant d’amour.
    J’ai vraiment la nausée.

  • momo1
    • Posté à 21h31 le 07/04/2008
    • Internaute 37821

    bonsoirs
    je me souvient d un documentaire passer en 2006 un peux avant les elections sur arte.(avant populissimation des documentaire)
    ce jours la j ai decouvret tout le sense sur le droit d injerance cher a m koucher.
    dans une chapelle des enfants avec un pere europen, fesant tous ce qui est possible pour empecher le masacre de personne.notre ami kouchner entre en jeux. 2 jours sur place et on lui fait comprendre que ca devient trop dengereux ? ,quitte la chapelle.
    sequence avec les soldats de l onu expliquant qu il non pas de mandat pour intervenire et un manque d effectif(utiliser a proteger certain personne contre les beligerents)
    retour a la chapelle pour delivre le mesage de l onu et apprent sur place ? le masacre .petit tours dans la chapelle, s inquiete du sorts du pretre ,puis il y a un survivent ,un enfants cache dans un sous plafont et sans amuse.petit tours autours de la chapelle ,des cadavre d enfants dans les bosques.
    entretin avec le pretre retrouver et fait comprendre a son interlocuteur qui si kouchener etait rester les enfants et les accompagnants seraient en vie.le droit d ingerence de kouchener n est simplement le droit d indinignation apres cout.
    les francais sur place et le gouvernement de l epoque sont partie prenante et responsablede de se masacre .
    que somme nous devenuent pour encore encourager se genre de personnage.

    • Network 23
      Network 23 répond à momo1
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 23h29 le 07/04/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      De ce message, je retiens surtout le sarcastique « le droit d’ingérence de Kouchner n’est que le droit d’indignation après coup ». Très fort comme définition, je retiens !

  • cabral amilcar
    cabral amilcar
    peureux célèbre
    • Posté à 23h54 le 07/04/2008
    • Internaute 29973
      peureux célèbre

    je trouve l’article juste et les commentaires aussi dans l’ensemble, ce qui prouve qu’il ne faut pas désespérer la vérité remonte toujours à la surface. Quelques précisions manquent néanmoins quand vous dites « les politiques », non, l’affaire était entièrement pilotée de l’élysée et, avec le Rwanda, c’est bien à la mémoire de Mitterand qu’on s’attaque et c’est ce qui a rendu la vérité si difficile à faire éclater. je signale que François de Grossouvres s’est suicidé à l’élysée le 6 avril 1994 avec son arme, il aurait dit peu avant, « ils n’ont pas fait ça les cons », il a été écrit également que le fils Mitterand avait des affaires louches au Rwanda, plantation de cannabis, ceci a été publié dans des livres sans que des plaintes aient été déposées, c’est bien Mitterand qui a rendu cette horreur possible, en pensant qu’« un génocide chez ces gens-là, ça ne se voit pas », et ça s’est vu. Pour ceux qui ont étudié le dossier de façon objective la complicité de la france ne fait aucun doute.

  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 00h21 le 08/04/2008
    • Internaute 16438
      ici et là

    La France n’est pas la seule responsable... La Belgique a aussi son mot à dire...

    Lien

    Il semble également que les négationnistes courent les forums traitant de la question.

    Lien

  • Victor NGIRABATWARE
    • Posté à 08h26 le 08/04/2008
    • Internaute 30037

    La France, la France...... !

    Expliquez nous un peu pourquoi le secrétaire général de l’ONU en place à l’époque, monsieur Boutros Ghali, a déclaré que ce génocide était à 100 % américain !

    Relisez les écrits de BOOH BOOH, représentant de l’ONU sur place en 94 !

    Tous des agents de la DGSE ou de la Françafrique, peut être ?

    Réflèchissez un peu !

  • CHEVALDERETOUR
    • Posté à 23h38 le 08/04/2008
    • Internaute 26662

    Et si quelqu’un nous parlait du rôle de paul BARRIL ? ?

  • vaugoubert
    • Posté à 11h56 le 09/04/2008
    • Internaute 31921

    Je me rappelle avoir bossé sur ce conflit pour un mémoire en IEP (c’était il y a plus de 10 ans, ma mémoire flanche, ça me fait peur). J’avais décidé de passer les événements aux différents filtres proposés par Graham T Allison dans son travail sur la crise des missiles à Cuba. Pour mémoire, ce qui est intéressant, c’est qu’il propose une analyse de la politique étrangère non en termes d’acteur rationnel mais selon deux modèles organisationnel et bureaucratique.
    J’avais utilisé les documents disponibles (rapports, mémoires de Védrine, bouquins sur la Françafrique et sur le génocide).
    Mon sentiment à l’issue de tout ça, c’est que la responsabilité de la France à la suite d’UNE décision erronée (ou même une succession de décisions) ne me paraissait pas vraiment engagée.
    Ca m’avait donné l’impression d’un cargo lancé qui était incapable de changer de cap rapidement et dont les officiers analysaient les données avec des modèles par forcément idoines mais en vigueur dans leurs administrations respectives. Là, le témoignage du colonel me semble assez emblématique, il n’allait pas prendre de décision politique, il est militaire ; le Quai d’Orsay n’avait pas envisagé de réponse toute faite et devait peut-être consulter d’autres capitales avant de donner une réponse.
    Et puis les troupes françaises n’étaient pas les seuls étrangers sur place, il y avait aussi la Minuar avec un fort contingent belge, l’ancien colonisateur. Enfin il y avait des mercenaires français, belges...

    Ca m’énerve toujours qu’on mette la France en cause et qu’on dise « qu’elle est coupable » ! Mais de quoi ? Complicité de génocide ? Encore eut-il fallu que ses décideurs aient une connaissance des projets détaillés de génocide. Aurait-il alors fallu mettre un terme à Noroît et laisser les Rwandais se démerder ? On nous aurait accusé de les abandonner à leur triste sort. La Minuar n’a pas géré convenablement la situation (la France avait il est vrai voté une baisse de ses effectifs) et Turquoise a peut-être été un peu plus efficace (chapitre 7 de la charte et non chapitre 6, ça aide).

    La France n’a pas été à la hauteur si on considère qu’elle aurait dû, par sa politique étrangère, empêcher le génocide. La nature de sa politique africaine a probablement favorisé l’émergence de dirigeants prêts à se livrer aux pires exactions (ce dont nous n’avions probablement pas conscience). Mais de là à dire que la France est responsable de leurs exactions, il y a un gouffre. Ce sont les dirigeants des différentes factions rwandaises qui ont fomenté ce génocide, ils en avaient la capacité et ils ont consciemment et délibérément décidé de passer à l’acte. Faire de la France le responsable, c’est considérer ces dirigeants africains comme de gentils grands enfants non responsables de leurs actes. C’est pas un peu raciste, ça ?

    • JCBD
      JCBD répond à vaugoubert
      • Posté à 15h01 le 09/04/2008
      • Internaute 33246

      Ouf ! Enfin un commentaire de bon sens et modéré. L’article m’a paru interessant, mais il est assez pénible de le voir suivi d’une avalanche de commentaires sur le même thème (la responsabilité absolue et exclusive de la France dans le génocide rwandais.) A ce niveau, ce n’est plus du commentaire mais du spam organisé.

      • vaugoubert
        vaugoubert répond à JCBD
        • Posté à 16h14 le 09/04/2008
        • Internaute 31921

        Ben oui, je trouve aussi que les commentaires sont parfois un peu excessifs.
        Certes le système de la françafrique a considérablement contribué à permettre l’accession au pouvoir de dirigeants corrompus et les frontières artificielles héritées de la période coloniale n’aident pas.
        Mais bon, la France pratique la Realpolitik dans la région, si elle se retirait, un autre Etat viendrait combler ce vide de puissance au nom de cette même Realpolitik. Le système international est caractérisé par l’anarchie, c’est malheureux mais c’est ainsi. La politique de la Chine vis-à-vis des dictateurs est encore plus complaisante que celle que nous menions et le léger contrôle de la communauté internationale est mis en échec.
        Par ailleurs, c’est pas les Allemands qui ont créé ces catégories Hutu/Tutsi ? C’est eux qui ont colonisé les premiers le Rwanda, il me semble. Les Belges ont ensuite renforcé l’importance de ces catégories (diviser pour mieux régner).
        Quelqu’un mentionne le rôle de Paul Barril, qui avait contracté, via sa société, avec le gouvernement provisoire rawandais pour mener à bien l’opération « insecticide » (formation pour inflitration derrière les lignes ennemies+fourniture d’armes ?) durant le génocide. Barril n’appartenait plus à l’armée française, il peut avoir travaillé avec nos services ou pas. Nous n’en savons rien. De même que nous ne savons pas s’il avait l’accord du gouvernement ou de ces mêmes services. Pas plus que l’emploi qui a été fait des troupes formées par Barril.
        Cette histoire est très dérangeante,nauséabonde, même, mais là encore, elle n’engage pas la responsabilité de la France.

         
        • JCBD
          JCBD répond à vaugoubert
          • Posté à 21h01 le 09/04/2008
          • Internaute 33246

          Pour préciser ma pensée, j’ajoute que dans cette affaire il y a plus de gris que de noir et blanc (sans jeu de mot.)
          Par ailleurs, quand je lis l’avalanche de commentaires qui suivent les articles sur le Rwanda et qui sont presque tous de la même tonalité (France = coupable, responsable ou au mieux complice...) je ne peux m’empêcher de penser à ce que dénonce Péan, à savoir la réaction concertée des admirateurs inconditionnels du régime de Kagame.
          Il est vrai que l’accueil en France de représentants du grouvernement intérimaire a été peu glorieux et il y eu d’autres erreurs politiques, mais de là a évoquer une complicité dans le génocide !
          J’ai aussi du mal à admettre les critiques de l’opération Noroît. Il s’agissait tout de même d’aider un pays - doté d’un gouvernement unanimement reconnu - à se défendre d’une agression armée venant de l’extérieur, et, accessoirement, de protéger les ressortissants français. Je ne vois pas ce qu’il y a de critiquable.

        1 autres commentaires
    • zorbeck
      zorbeck répond à vaugoubert
      • Posté à 18h35 le 12/04/2008
      • Internaute 9110

      En réponse à la question que vous posez sur la responsabilité de la France, en voici une autre qui permettra d’illustrer mon propos : d’après vous, Sharon est-il responsable de Shabra et Shatila ? Pour rappel, il s’agit du massacre délibéré de civils palestiniens par les chrétiens libanais dans une zone controlée par les Israéliens lors de l’invasion du Liban en 81. Ca s’est passé en une nuit, Sharon aurait été mis au courant assez tot pour intervenir et beaucoup ne se privent pas d’accuser les Israéliens de la responsabilité du massacre. Ou bien considérez vous que la responsabilité du gouvernment israélien n’était pas engagée ?

      Je reconnais cependant que la comparaison est un peu boiteuse. En effet, dans le cas du Rwanda, il ne s’agit pas d’une nuit mais de plusieurs semaines intensives. Il ne s’agit pas non plus ici de centaines de civils, mais d’un génocide élaboré à grande échelle portant sur des centaines de milliers de victimes...par des troupes formées par l’armée francaise.

      Un massacre aurait eu lieu en 2 ou 3 jours, votre argument serait recevable, mais ce n’est malheureusement pas le cas ici. Pour prendre un exemple concret, considérez-vous que la France n’avait pas les moyens logistiques de faire taire « Radio mille collines » qui exhortait à l’extermination des « cafards » et qui a continué a fonctionner pratiquement jusqu’au bout ?

      Quant à la Belgique, elle a reconnu sa responsabilité.
      Pourquoi pas la France ?

  • pomponette
    pomponette
    =^..^=
    • Posté à 22h12 le 10/04/2008
    • Internaute 605
      =^..^=

    La photo fait mal...