Temoignage 05/04/2008 à 15h00

Cinéma : « Le métier du doublage a un problème avec la couleur »

Yasmine Modestine | Comédienne


Forest Whitaker, Bill Cosby, Halle Berry, Denzel Washington (DR).

Je suis comédienne, issue du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Je travaille au théâtre, à la télévision, au cinéma, dans le doublage. J’écris des pièces, des chansons, je chante.

Je suis métisse. Mon père est noir et ma mère est blanche. Biologiquement, nous sommes tous métis. Je suis française. J’ai grandi en Normandie. L’île que je connais la mieux et dont je parle couramment la langue s’appelle Angleterre.

Le 16 février 2007, je double une série américaine. Nous sommes une douzaine de comédiens, dont deux métissés, A. et moi. Lors d’un changement de bobine, la chef de plateau demande si nous sommes libres le 20 mars. La majorité l’est. En fin de journée, ceux qui ont fini partent. Restent trois ou quatre comédiens blancs, A., l’ingénieur du son et moi. La chef de plateau se tourne alors vers A.
et moi :

« Je ne sais pas s’il y a des gens comme vous dans le prochain épisode, et comme vous avez des voix spéciales, je ne peux pas vous prendre sur tout, vous ne pouvez pas doubler les Blancs. »

Les Blancs sont censés avoir une tessiture de voix plus étendue

Il faut savoir que dans le doublage, « les comédiens noirs ont des voix graves de
Noirs » et les comédiens asiatiques ont une voix « aigue d’asiatique ». Les comédiens blancs, eux, ont la chance d’avoir une tessiture suffisamment étendue qui permet de doubler et les Noirs et les asiatiques et les Blancs. Cette croyance est telle qu’il n’est pas rare d’entendre une comédienne blanche affirmer qu’elle a « une voix de Noire » sans penser être raciste ; au contraire, elle double des Noires.

Ce métier a un problème avec la couleur. Seuls les comédiens noirs américains seraient « valables » et comme, je cite, « il n’y a pas de bons comédiens noirs français » ni « assez de diversité », force est d’employer des comédiens blancs, lesquels sont meilleurs.

On sourit. Mais cette violence détruit. Votre histoire vous est dérobée. Exit les plages du débarquement, exit la peau laiteuse de cette femme que vous appeliez maman, exit votre cousine blanche qui vous dit : « J’ai toujours voulu des enfants métis, ça doit être à cause de ton frère et toi. »

Exit le Conservatoire, exit l’Angleterre… vous êtes « noire », cela signifie : « Vous êtes un être humain différent de nous, vous venez du Noirland. »

« Nous ne travaillerons plus ensemble jusqu’à nouvel ordre. »

Sonnés, nous sommes sortis dans l’absolu silence des comédiens blancs présents. Plus tard, j’appelle cette chef de plateau, lui explique la blessure et ce qu’est une voix. Réponse : « Nous ne travaillerons plus ensemble jusqu’à nouvel ordre. »

J’écrirai à la boîte de doublage qui pariera sur mon silence. J’écrirai à la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). A. m’accompagnera puis prendra peur. Je prends le risque d’être sur une « liste noire ».

J’appellerai les journalistes que je connais. Je leur avais déjà parlé du racisme dans ce métier où l’on vous présente « en version colorée, mais pas trop », vous demande de « ne pas oublier que vous êtes noire »… Cette fois, nous avons « une voix spéciale ».

J’écris à Libé et PPDA qui évoquait le racisme devant Halle Berry, j’appelle France Culture, France 2, mon amie Anne -blanche- tente de convaincre sa tante, journaliste : rien.

En décembre, la Halde répondra qu’elle ne peut pas traiter le dossier, alors j’irai au Haut comité pour l’intégration (HCI) où je serai enfin entendue. En janvier, je contacte le Comité représentatif des associations noires (Cran) qui m’écoute.

Les comédiens noirs américains doublés par des Blancs

J’entends à la télé un journaliste du Nouvel Obs. Je le contacte. Il lit le dossier qu’Anne et moi avons établi, dossier qui démontre que si les Blancs peuvent doubler les Noirs, la réciproque n’est pas vraie. Pratiquement tous les rôles majeurs joués par des comédiens noirs américains sont doublés par des comédiens blancs.

Bien sûr, quelques exceptions, « l’exception qui confirme la règle ». L’absurdité est qu’on peut trouver la voix d’une comédienne noire pas assez noire, et lui préférer celle d’une comédienne blanche qui serait plus conforme aux préjugés.

Enfin le papier du Nouvel Observateur sort le 14 février. La Halde, contactée par le HCI et le journaliste, rouvre le dossier. L’article signé Olivier Toscer, conjugué à l’action du Cran entraînent des appels de plusieurs médias, dont le Times. S’ensuit une succession d’interviews, pour France Ô, RFO, RFI.

Aucun média français supposé « généraliste » n’a réagi. Ont réagi un journal anglais et des chaînes dites « communautaires ». Roland Barthes écrit : « Le théâtre se doit d’être le grand commentaire de la société. »

Le commentaire est ici édifiant. Je connais les pommiers bien avant les palmiers, les plages du débarquement avant celles des Salines, j’attrape des coups de soleil. Oui, un noir bronze. J’habite Paris, la métisse.

Pourquoi la discrimination raciale à l’embauche dans le doublage n’intéresse-t-elle pas France 3, France 2, France Inter, France Culture, France Info ? Pourquoi aucun média dit « généraliste » ne semble être concerné par les dessous des images qu’il véhicule ? ► Lire l’enquête publiée par le Nouvel Observateur.

Photo : Forest Whitaker dans « Le Dernier Roi d’Ecosse », Bill Cosby dans « Le Cosby Show », Halle Berry dans « Opération Espadon », Denzel Washington dans « American Gangster » : quatre acteurs doublés en français par des Blancs (20th Century Fox, Viacom, DR, Paramount Pictures France).

Mis à jour dimanche, 19h35 : Précision de Yasmine Modestine, l’auteur de ce témoignage :

« Forest Whitaker est doublé par un comédien blanc dans la plupart de ses films... à l’exception de “Le dernier roi d’Ecosse”, où Forest Whitaker joue un Africain, et où il est doublé par un comédien noir, et de “Phone game”, parce que le distributeur a exigé un comédien noir. »
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  • Hortus
    • Posté à 15h31 le 05/04/2008
    • Internaute 2201

    Merci pour votre coup de gueule et pour votre courage.

    • Yasmine Modestine
      Yasmine Modestine répond à Hortus
      Auteur(e) de l'article Comédienne
      • Posté à 22h46 le 06/04/2008
      • Internaute 38020
        Comédienne

      merci de votre réaction et de votre soutien. Cela fait du bien, surtout après un an de combat.

  • lili.buzette
    • Posté à 15h41 le 05/04/2008
    • Internaute 17584

    Je suis moi aussi métisse et avec le temps j ai compris quelque chose
    On aura beau prouver par A+B que le racisme est présent a tous les étages de notre belle république cette même société mettra deux fois plus de rage a prouver que non ce n’est pas vrai qu on exagère que c est ...dans notre tête.
    Le 4 em pouvoir (les médias) est trop mal utilisé pa ceux qui en sont les dirigeants.
    Parfois il m’arrive même de me dire que finalement si les lobbys communautaires étaient aussi puissant en France qu’aux USA peut être je dis bien peut être que ce genre de chose serait plus rare ou mieux caché...
    Bref comme le dit un rappeur que j adore « le combat continue » Kery James.

    • Les Chats
      Les Chats répond à lili.buzette
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 11h07 le 06/04/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Le combat continue certes, mais la France devient pesante, très pesante, trop pesante.

      • pablico
        pablico répond à Les Chats
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 11h40 le 06/04/2008
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        il faut encore malheureusement une ou deux générations de plus, pour pouvoir arriver à une pseudo égalité.
        Il faut laisser faire la loi mathématique de la progression géométrique. On y est presque. Quand tout le monde aura un cousin germain métis coloré ou sera métis , tout ira pour le mieux.

         
        • Yasmine Modestine
          Yasmine Modestine répond à pablico
          Auteur(e) de l'article Comédienne
          • Posté à 22h52 le 06/04/2008
          • Internaute 38020
            Comédienne

          Pourquoi faut-il « encore deux générations “d’attente alors que le métissage existe depuis le début de l’humanité ?

          • pablico
            pablico répond à Yasmine Modestine
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
            • Posté à 15h49 le 07/04/2008
            • Internaute 14278
              À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

            parce que les cousins germains ne sont pas encore tous métis (visible). Les gens réfléchissent encore avec de vieux paradigmes.
            comment en vouloir à des gens qui disent encore que le soleil se lève et se couche comme si la terre était plate, alors qu’ils savent pertinemment que c’est la terre qui tourne ? ?

        2 autres commentaires
    • Yasmine Modestine
      Yasmine Modestine répond à lili.buzette
      Auteur(e) de l'article Comédienne
      • Posté à 22h48 le 06/04/2008
      • Internaute 38020
        Comédienne

      plus rare, sans doute. encore plus caché ce serait terrible. Merci.

    • GUGUMAN
      GUGUMAN répond à lili.buzette
      • Posté à 23h52 le 06/04/2008
      • Internaute 2048

      hors sujet , mais...
      Pourquoi le médiatique serait il le 4ème pouvoir ?
      Moi comme pouvoir , je vois , le financier le scientifique lexecutif le legislatif le judiciaire , en plus du médiatique ?

  • gerlart
    • Posté à 15h41 le 05/04/2008
    • Internaute 19332

    Je suis de plus en plus déçu de cette société où j’habite : elle est teeeeeellement superficielle ! ! ! ! ! ! Que la couleur de la peau serve à se forger une identité -étant donné que tous les autres repères se sont effacés (religion, culture locale, etc)- est d’un niveau si basique ! Je croyais que l’époque coloniale et la bêtise humaine évidente aujourd’hui sur les « races » (qui n’existent pas d’après les études génétiques) avaient disparu. Les gens se trouvent classés à partir de la surface de leur corps, comme si cela avait une vraie signification. J’en ai vraiment marre. Excellent article, sincère et clair ! L’auteur essaye d’échapper au classement mais j’imagine combien difficile il est d’aller contre toute cette bêtise humaine. Si on était à la période du cinéma muet, je suis sûr que les dialogues seraient écrits par des « blancs » (sous un prétexte bidon comme celui de la voix censée être différente) (notez que j’utilise des guillemets, car jamais je ne pourrais définir une personne à partir d’une caractéristique si superficielle comme la couleur de peau).

    • Azza
      Azza répond à gerlart
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 13h44 le 07/04/2008
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Le problème de la façon dont la société blanche occidentale voit les noirs est qu’elle est convaincue que n’importe quelle différence qu’on peut observer entre les noirs et les blancs est forcement « génétique ».

      Ainsi, si il y a plus de noirs en athlétisme ou en 10000 m, ce serait évidement du à quelque gène favorisant ce genre de perfs et ne pourrait être corrélé à quelque facteur culturel ou social... Cette idée a beau avoir été ruinée par de nombreuses études scientifiques, elle a encore de beaux jours devant elle. Il y aurait donc une prédisposition des noirs pour les sports ou le « physique » domine (c’est normal, « moins évolué », le noir aurait un physique vigoureux plus proche de celui de nos ancètre préhistoriques) alors que les blancs seraient moyens dans tout et que les asiatiques seraient dotés d’une forte résistance et plus malins. Cette vision du noir résistant et vigoureux rejoint l’image de bête de somme ayant justifié l’esclavage.

      Même chose pour la voix. Dans l’imaginaire européano-centriste, il y aurait des voix de noirs graves (ouba ouba, ca colle bien avec l’animalité du noir fort et vigoureux), des voix de blancs « équilibrées » (comme par hasard, le blanc est encore dans une position centrale) et des voix asiatiques aigues. Le facteur culturel est là aussi totalement nié. En afrique sont parlées plus de 4000 langues. Est il résonable de croire qu’aucune parmis ces langues ne favorise des phonèmes aigus ?

      Un excellent livre sur le racisme français a été publié aux arènes par Odile Tobner. Il montre un aspect de la france que beaucoup ne veulent pas voir.

      Enfin, une petite illustration marrante : Les premières fois que j’ai entendu à la radio Joss Stone, Lily Allen ou Amy Winehouse, j’étais convaincu d’entendre des chanteuses noires... Mais la culture n’a évidement rien à voir là dedans.

      Ah oui, un dernier détail, je connais quelques noirs adoptés par des parents blancs quand ils étaient petits... Et bien c’est incroyable, mais ils ont... (évidement, cela passe par le filtre subjectif d’une oreille de blanc nourri malgré lui des préjugés culturels que nous partageons tous (et oui, j’ai mangé du Banania étant petit)) une voix de blanc ! ! ! Bizarre non ?

  • cocobelloeil
    • Posté à 15h46 le 05/04/2008
    • Internaute 35837

    j’ai une certaine expérience dans le domaine du son, et je dois dire que j’estime aussi qu’il y a une différence. Mais je pense,comme Yasmine que c’est lié à la culture familiale, et que ce n’est donc pas systématique, en d’autres mots : Ce dont témoigne Yasmine confirme qu’il y a des chefs de plateau qui ne mettent pas la barre artistique très haut pour eux mêmes. Et de ça il ne faut pas généraliser. Mais c’est quoi au fait l’artistique dans notre société commerçante et libérale ?

    • Venezuela
      Venezuela répond à cocobelloeil
      vit aux Pays-Bas
      • Posté à 21h08 le 05/04/2008
      • Internaute 114
        vit aux Pays-Bas

      La « difference » que vous entendez vient du fait que certaines personnes sont bilingues ie parlent une autre langue dans leur famille.

  • myriam.s
    • Posté à 15h50 le 05/04/2008
    • Internaute 7083

    Yasmine, votre texte est formidablement bien écrit. Bravo, et pour le texte et pour la bataille menée.
    Merci.

    • Paprika
      Paprika répond à myriam.s
      les pieds sur terre
      • Posté à 21h10 le 08/04/2008
      • Internaute 38341
        les pieds sur terre

      La bataille ? pas la bonne hélàs ! La comédienne doublant l’actrice blonde et blanche américaine dans cette fameuse série dont parle Yasmine est « métisse » ! A part ça, la chef de plateau penserait que les noirs auraient une voix spéciale ?

  • marabbeh
    marabbeh
    au comptoir du café du commerce
    • Posté à 16h19 le 05/04/2008
    • Internaute 20412
      au comptoir du café du commerce

    Non il faut pas pousser... Autrefois les rôles d’indiens dans les westerns aux Etats-Unis étaient joués par des blancs, parfois maquillés en indiens. Ca faisait bizarre. Maintenant on utilise des amérindiens ou peut-être des asiatiques. C’est vrai qu’il y a une différence entre les voix de noirs et les voix de blancs. C’est pas du racisme, c’est de l’authenticité, comme les visages d’amérindiens. Et il faudrait que les voix de noirs soient doublées par des acteurs français noirs. Bon mais je reconnais que dans cette histoire ces gens semblent se servir de ces différences par racisme.

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor répond à marabbeh
      - Gone fishing !
      • Posté à 18h02 le 05/04/2008
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      C’est vrai que maintenant, un noir est joué par un noir, un indien par un indien. Par contre, les traits sont tous stéréotypés, et si ont y regarde de plus près, que ce soit les types asiatiques ou africains, ou n’importe quel autre, les gueules des gens sont toujours les mêmes, alors qu’elles sont excessivement diverses. Le type Japonais (par exemple) que l’on retrouve dans les grandes productions, c’est toujours la même tronche. Dans un film de Kurosowa, il n’y a presque pas de candidats qui seraient acceptés à Hollywood, et pourtant ! Quant aux visages d’amérindiens, j’en ai connu au Canada qui avait la peau blanche et les cheveux roux et frisés...( non, il n’y en a pas beaucoup, je concède )
      Pour avoir trainé toute ma vie sur des plateaux de films, je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que tout ce que Yasmine écrit dans son papier est vrai. Aussi bien en France, qu’en Espagne au Canada ou aux Etats Unis.

      Par contre, un acteur, entre autre, ça se doit de savoir changer de voix, ou d’accent, enfin, d’être versatile. Pour moi tout ce debat afin de savoir si un noir peut faire la voix d’un blanc, mais pas le contraire, c’est de la frime. Ce que je vois avant tout ce sont des gens qui protègent leur boulot et leur gagne pain. Il se servent de la couleur pour y parvenir, c’est pas très brilliant de leur part.

    • babacar
      babacar répond à marabbeh
      • Posté à 18h18 le 05/04/2008
      • Internaute 24431

      je suis métis et j’aimerais que tu me donnes ton numéro pour que tu puisses deviner le ton exact de ma peau rien qu’en m’entendant au téléphone... On pourrait faire un numéro tous les deux, à la mi-temps des matches du PSG, entre deux jets de bananes... Mais j’oubliais, tu n’es bien sûr pas raciste, juste un peu mal informé...

    • A.V.
      A.V. répond à marabbeh
      • Posté à 19h35 le 05/04/2008
      • Internaute 24685

      Vous voulez sûrement parler de l’africain avec des grosses lèvres qui parle le swahili d’une voix très grave. Là-dessus, je suis entièrement d’accord avec vous. Mais il existe autant de variété chez les noirs que chez les blancs. C’est comme de limiter le phrasé blanc au berrichon. Vous imaginez Guillaume Canet doublé par un berrichon ? ...
      Je vous assure, il y a des noirs qui parlent le français comme des blancs. Si, si.

      • jack-no
        jack-no répond à A.V.
        • Posté à 20h13 le 05/04/2008
        • Internaute 3371

        bonjour,

        quesque je t’ai fait ? qu’as-tu contre moi ? je suis d’Argenton sur Creuse. mon pays est très beau, pas polué, la France profonde et fier d’y être bé !

         
        • A.V.
          A.V. répond à jack-no
          • Posté à 20h51 le 05/04/2008
          • Internaute 24685

          Bah, en fait, j’ai pris un accent qui me semblait bien loin de l’accent parisien, si tu vois ce que je veux dire. Et ben, tu sais quoi ? Moi, je suis super fier de toi que tu sois d’Argenton sur Creuse. Tu perpétues la tradition des grands explorateurs, ces mecs qui n’hésitent pas à aller là où personne ne va, qui plantent leur drapeau sur des terres inhospitalières.
          J’espère qu’un jour, tu doubleras Guillaume Canet pour que les gens de ta région puissent comprendre ses films. C’est tout le mal que je te souhaite.

          • Azza
            Azza répond à A.V.
            Ingénieur en informatique (...)
            • Posté à 15h09 le 07/04/2008
            • Internaute 25467
              Ingénieur en informatique (...)

            Malheureusement, je ne retrouve pas les parole de « l’accent » des Fabulous Trobadors.

        2 autres commentaires
  • GUGUMAN
    • Posté à 16h30 le 05/04/2008
    • Internaute 2048

    Le métier de comédien est difficile. De plus en plus du moins... C’était sans compter ce genre de discrimination qui sont inacceptables.
    Côtoyant des acteurs de toutes origines, je trouve personnellement que les tessitures de voix sont à un tel point diverses que l’on ne peut classer de noire ou blanche, une voix.
    Pourvu que cet article fasse du bruit...
    Tout mes encouragements.

  • VM
    VM
    • Posté à 16h31 le 05/04/2008
    • Internaute 37793

    Yasmine, bravo pour votre courage !
    Ce qui vous est arrivé est à la fois triste et révoltant.
    Peut-être Rue89 pourrait proposer une pétition contre la discrimination raciale à l’embauche dans le doublage, à envoyer aux directeurs de chaîne ?

  • adu
    adu
    libre
    • Posté à 16h37 le 05/04/2008
    • Internaute 36052
      libre

    C’est vrai qu’il y a une différence entre les voix de noirs et les voix de blanc
    mort de rire
    cela s’appelle la banalisation du racisme
    excusez moi hein

  • NuklearCocroach
    NuklearCocroach
    ex GeneralSubverciòn
    • Posté à 16h42 le 05/04/2008
    • Internaute 36938
      ex GeneralSubverciòn

    Chronique sur la xénophobie ordinaire.je suis blanc mais souvent j’ai honte des préjugés ridicules de certains de mes semblables qui se cachent derrière des histoires de couleur et d’origine pour masquer leur étroitesse d’esprit.Vous vous battez contre une forme bêtise humaine,et cela fait de vous quelqu’un de grande valeur.Bon courage car le chemin est long et parsemé d’embuches.

    • Ndjocka
      Ndjocka répond à NuklearCocroach
      irrégulier
      • Posté à 11h39 le 06/04/2008
      • Internaute 24567
        irrégulier

      Ne vous y trompez pas, NuklearCocroach, les préjugés ridicules dont vous parlez ne sont pas l’apanage des blancs, et un taux de mélanine élevé n’indique en rien une quelconque ouverture d’esprit...

  • Claude PELLETIER
    Claude PELLETIER
    Retraité dans son jardin
    • Posté à 17h13 le 05/04/2008
    • Internaute 10710
      Retraité dans son jardin

    — Que produit la télé généraliste ?
    — Des téléfilms, et quelques films du cinéma qu’il faut reconditionner pour un public national. Au passage, je ne peux pas m’empêcher de cliquer sur le pb des sous-titres aberrants [énorme décalage entre oral et écrit] que je rencontre sur ma chaîne cryptée mais ce n’est pas le sujet …

    Ces spectacles sont conçus pour une cible captive et passive.
    Ceux qui sont dans le conditionnement/reconditionnement de ce genre de produit, prennent des décisions, font des choix pour satisfaire la plus grande masse de ceux qui appartiennent à cette cible.

    On est loin d’une approche artistique personnelle. L’originalité des sujets, des réalisations, le mieux-disant artistique ne peut y apparaître que de façon homéopathique.

    C’est le prisme des producteurs qui compte et l’on peut compter sur leur conformisme et leur identitarisme pour ne pas déranger les schémas mentaux.
    Nous aussi, simples spectateurs, nous participons quand nous nous tirons satisfaction d’entendre un gars du midi « parler Marseillais », un habitant de Genève avec « l’accent suisse ». Des timbres de voix qui racontent des choses sur notre origine familiale, sur le quartier où nous avons grandi. Tout comme il existe des comportements typiques, ou des codes vestimentaires, qui expriment ce qu’est (ou serait) une secrétaire, un chômeur, un policier, un frère, un vieux……

    Quel plaisir y a-t-il pour le spectateur ?
    Est-ce celui de retrouver un point de repère connu de lui ? Faciliter l’identification ; la digestion n’est-elle pas meilleure quand la nourriture est prémâchée.
    Cela raconte-t-il des choses sur le fonctionnement de son (notre) cerveau ? Probablement.

    Pour ma part, même quand j’ai décidé de mettre un navet à mon menu [mais oui, cela arrive, et même souvent… d’ailleurs le nombre de chaînes a cru mais le choix reste faible], je n’apprécie pas que l’on me balance tout ce qui est connoté. Dans les films doublés en français, les parlers de Noirs manquent de diversité et certains tics langagiers sont désagréables mais comme je n’ai pas eu l’occasion de comparer souvent entre la version anglaise et la version française, je ne sais pas si cette connotation à caractère racialiste ou raciste est déjà dans la version d’origine ……

  • Caius
    Caius
    Expert en management
    • Posté à 17h17 le 05/04/2008
    • Internaute 35080
      Expert en management

    Je trouve que vous avez été bien gentille de ne pas lui coller une paire de baffes, à cette conne de chef de plateau.

    • jac le rat
      jac le rat répond à Caius
      aventurier
      • Posté à 17h43 le 05/04/2008
      • Internaute 29819
        aventurier

      Et redoublée, comme il faut ! ! !
      Bravo !

    • Paprika
      Paprika répond à Caius
      les pieds sur terre
      • Posté à 21h17 le 08/04/2008
      • Internaute 38341
        les pieds sur terre

      N’insultez pas les gens sur des accusations ! Cette « conne » de chef de plateau, comme vous dites a engagé une actrice noire pour doubler le rôle féminin principal de cette série, une blanche et blonde américaine.

  • Bregovich
    • Posté à 17h20 le 05/04/2008
    • Internaute 38037

    Un article qui fait du bien ! Merci.

    La grande question du racisme dit ordinaire. Il suffit d’être de bonne foi, de ne pas se remettre en cause et de dire le plus simplement du monde : « Je ne suis pas raciste, la preuve, c’est que j’ai un copain noir ! »
    Sur l’article du nouvel obs dont vous parlez, je vous conseille également de lire un commentaire d’une association sur cet article. « Les Indivisibles ». (si je retrouve le lien !).
    Voilà j’ai retrouvé le lien :

    Lien

  • Beeks
    • Posté à 17h59 le 05/04/2008
    • Internaute 24435

    « qu’est ce que tu me raconte là » la France un pays raciste ce n’est pas comme ci des sans papiers seraient poussés à se suicider pour échapper à la reconduite au pays. voyons les Français n’accepteraient jamais ça ,c’est un pays de Résistant

  • Ndjocka
    Ndjocka
    irrégulier
    • Posté à 18h17 le 05/04/2008
    • Internaute 24567
      irrégulier

    Bonjour et merci pour cet article, qui montre ô combien que la lutte doit continuer.
    Cependant, un bémol : vous semblez arguer de votre sang blanc et de « la peau laiteuse » de votre maman, pour tenter de convaincre que vous pourriez être la voix des comédiens dont les professionnels vous refusent le doublage. On pourrait penser que si vous étiez Noire et non métisse, vous comprendriez la fin de non-recevoir de la chef de plateau en question. Ceci ne va-t-il pas un peu à l’encontre de ce que vous défendez ?

    Bon courage, en tout cas, en attendant que « la couleur de la peau d’un homme ne soit pas plus importante que celle de ses yeux »..

    • Yasmine Modestine
      Yasmine Modestine répond à Ndjocka
      Auteur(e) de l'article Comédienne
      • Posté à 23h56 le 06/04/2008
      • Internaute 38020
        Comédienne

      Est ce vraiment ce que vous avez lu ? Aie !
      Il me semble avoir écrit « nous sommes tous métis » !
      Mais si je précise que je suis métisse, c’est parce que je le suis, qu’il y a un déni très révélateur et que cette chef de plateau n’y a même pas pensé ! !
      Et moi, je maintiens que si l’on pense au métissage -métissage biologique, métissage culturel- et si on accepte de le reconnaître alors il n’y a plus de monde en blanc et noir.
      Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit !

      Quand il s’agit de cuisine ou de musique, le métissage est à la mode mais quand il s’agit des personnes alors là... c’est panique à bord !

      • Ndjocka
        Ndjocka répond à Yasmine Modestine
        irrégulier
        • Posté à 12h04 le 07/04/2008
        • Internaute 24567
          irrégulier

        Yasmine, loin de moi l’idée de vous jeter la pierre. Et encore moins de paraître encore en rajouter ici : mais non, nous ne sommes pas tous métis. Ou alors vous extrapolez et les mots n’ont plus de sens. Le monde ne se résumant pas à Paris, il y a peu de métis à Tayab, petit village à l’est de Douala, dans la banlieue de Gdansk, ou dans les compagnes chinoises. Oui, j’ai bien lu que vous teniez le metissage comme une corde en plus à votre arc, pour exercer votre métier, et doubler donc des gens de toutes origines. Et vous déplorez à nouveau, dans la réponse que vous me faites, que la chef de plateau n’ait pas pris en compte cette donnée. Or, je suis convaincu (comme vous, je suppose) qu’un homme ou une femme noir(e), issu(e) de deux parents noirs peut doubler un homme ou une femme blanc(he), issu(e) de parents blancs. Et vice versa.

        Etre métis est un statut très particulier à mille lieues des images d’Epinal qu’on veut bien nous en donner. Vous parlez de musique. La notion même de musique métisse est un pléonasme, selon moi, la musique étant, par définition, l’art de combiner des sons différents ! Peu d’artistes font de la « musique métisse ». Les seuls qui me viennent à l’esprit à cette minute sont Marley, ou Hendrix. Normal, ils sont métis eux-mêmes ! Et prêtez-y l’oreille, personne, absolument personne d’autre ne fait une musique ressemblant à ce qu’ont produit l’un ou l’autre.

        Bref, c’est un sujet intéressant. Je vous engage à continuer votre lutte, et vos reflexions. Peut-être voudrez-vous nous les faire partager. Et peut-être écrirez-vous un scenario, une pièce, un livre sur le sujet ? Je nous le souhaite.

        Bon vent, donc.

         
        • Azza
          Azza répond à Ndjocka
          Ingénieur en informatique (...)
          • Posté à 15h01 le 07/04/2008
          • Internaute 25467
            Ingénieur en informatique (...)

          La, je suis pas d’accord : Les gens dont vous parlez à Douala ou à Gdansk ne sont selon vous pas métis ? Que sont ils alors ? Des « Pure Race » ? Pour cela, il faudrait que la notion de race ait un sens, ce qui n’est pas le cas et a été scientifiquement démontré depuis longtemps. Il y a une évolution continue de l’aspect physique des humains quand on se déplace à la surface du globe. Les égyptiens de haute égypte sont souvent plus foncés de peau que les européens, et plus clairs que les ougandais. Sont ils pour autant des métis ? Tout ceci est bidon.

          Ces histoires de « métis », « mûlatre » et autre « quarterons » ne sont que les résidus de la culture d’apartheid qui a survécu dans les terres d’esclavage.

          • Ndjocka
            Ndjocka répond à Azza
            irrégulier
            • Posté à 23h59 le 07/04/2008
            • Internaute 24567
              irrégulier

            Non, Azza, ces gens dont je parle ne sont pas des métis. Mais ce n’est que mon modeste avis. Ou alors, si vous voulez, disons que tout être humain issu d’un homme et d’une femme est un métis, et n’y revenons plus.

            Je parlais juste du statut d’enfant d’un homme noir, par exemple, et d’une femme blanche. D’un Africain, si vous préférez, ou d’un bantou, ou d’un Peul, et d’une Européenne. Je parlais juste de ce metissage là. Et de ce que ce métissage là peut induire de questionnements à qui en est le produit.

            Quant à votre description de l’aspect physique des êtres humains, vous prêchez un convaincu.

            • Azza
              Azza répond à Ndjocka
              Ingénieur en informatique (...)
              • Posté à 11h30 le 08/04/2008
              • Internaute 25467
                Ingénieur en informatique (...)

              Ceux qui correspondent à votre définition de « métis » ont selon moi en commun d’avoir connu le rejet de la part de membres des deux communautés dont ils sont issus à la fois.

              Ma femme est « métisse ». Fille d’une Française blanche ayant grandit dans le poitou et d’un Guadeloupéen noir, il lui est arrivé d’être rejetée aussi bien par des blancs que par des noirs. Elle parle a peine le créole, ne sais pas danser le zouk... Certains noirs appellent ces gens des « bountys » (noir dehors, blanc en dedans. Des erzats quoi ! Une petite vieille dans une boulangerie lui a un jour demandé pourquoi elle ne retournait pas dans son pays (petit detail : les noirs antillais ont au moins 150 ans de nationalité Française derrière eux, et pour cause)...

              Cette position d« entre deux » peut parfois être difficile à vivre mais elle peut aussi déboucher sur une conscience plus élevée de ce qui fait un être humain.

              Mais j’insiste : je n’aime pas le mot « métis » qui valide implicitement la notion de race. Je l’ai trop entendu entouré d’idées douteuses. Quand vous êtes « metis », vous n’êtes finalement ni noir, ni blanc. Vous devenez un fantasme, une bête curieuse, la preuve que « c’est possible », tout comme le mot « mulatre » (qui vient de mulet : le croisement de l’ane et du cheval). Vous êtes un hybride, une espece de chose contre nature. Votre amie blanche envie votre bronzage et vos beaux cheveux, votre amie noir jalouse votre teint pâle. En clair, tout le monde est obnubilé par votre ADN. On vous prête une voix de « noire ». Tout ce qui vous constitue est forcément génétique. Tout le monde projete sur vous son fantasme de l’autre, celui de l’autre « race ». Vous devenez un objet de fascination ou de dégout ou des deux. Mais vous n’êtes plus vraiment une personne.

              Sans parler du cliché de la « metisse », véritable fantasme sur patte, forcément bombe sexuelle (vous vous souvenez de la pub pour michoco de la pie qui chante ?).

              • Ndjocka
                Ndjocka répond à Azza
                irrégulier
                • Posté à 01h24 le 09/04/2008
                • Internaute 24567
                  irrégulier

                Je n’enlèverais pas une virgule à ce que vous écrivez là. Sauf le mot « rejet » qui est peut-être un peu fort. Disons « dubitation ». Pour le reste, vous décrivez l’exacte réalité. Je surligne ce que vous dites de la conscience peut-être plus aigüe chez un métis, ou en tout cas presque innée, de ce qui fait la nature humaine. Comme Pong l’a décelé, j’entends bien, et j’affirme même avec vous que tout bipède doué de la parole est « biologiquement » métissé. Mais je vous remercie de m’avoir accordé qu’être métis (mot trop imprécis comme vous le suggérez plus bas), au sens que je donnais à ce terme est pour le moins une particularité. Quand vous vous éveillez au monde, vers l’âge de sept, huit ou dix ans, et que vous regardez vos deux parents, l’un de type mélano-africain, ou négroïde (comment dit-on, au juste ?), l’autre de type nordique, ou caucasien (je ne suis pas du tout sûr de l’opportunité de ce mot), et que vous réalisez que vous ne ressemblez ni à l’un ni à l’autre, vous pouvez alors vous demandez ce qui vous arrive, et d’où vous venez. Passée la déception de n’être pas tombé d’une autre planète, il ne vous reste que des questions. Ajoutez à cela qu’ayant passé des réveillons de Noël chez vos grands parents maternels, parmi vos tantes, cousins et cousines, tous blancs, et qui vous aimaient beaucoup, mais vous regardaient comme une petite chose tout de même bizarre, et des réveillons de la St-Sylvestre chez vos grands-parents paternels, parmi vos tantes, cousins et cousines, tous noirs, et qui vous aimaient beaucoup, mais qui etc., vous pouvez avoir grandi avec ces mêmes questions lancinantes. et avoir nagé dans le flou. Ni les enfants réunionnais ou brésiliens ne connaissent ce sentiment, étant eux issus de familles ou tout le monde est métis depuis des générations. Il s’agit bien d’un autre métissage.

          • PonG
            PonG répond à Azza
            rationaliste fondamentaliste à (...)
            • Posté à 11h22 le 08/04/2008
            • Internaute 14407
              rationaliste fondamentaliste à (...)

            Si je peux me permettre, je crois que Ndjocka ne doute pas une seconde que « génétiquement » parlant nous soyons tous « métis ». Il le résume bien en disant que le simple fait d’avoir un père et une mère est DEJA un métissage. Pour enfoncer le bouchon, je me souviens d’avoir lu qu’en remontant seulement de 3 siècles en France, nous étions tous parents. Donc en remontant un peu plus loin encore, c’est sans doute vrai pour tous les habitants de la planète. OK.
            Mais bon, à part pour quelques (et bien trop nombreux) fous furieux qui ne voudront jamais l’entendre, quand on a dit ça on n’est pas très avancé et à l’évidence, l’acception commune du terme « métis » est bien plus restrictive.

            Ndjocka dit : « Être métis est un statut très particulier à mille lieues des images d’Epinal qu’on veut bien nous en donner. »

            Vous dites pour votre part « Ces histoires de “métis”, “mûlatre” et autre “quarterons” ne sont que les résidus de la culture d’apartheid qui a survécu dans les terres d’esclavage. »

            Ce n’est pas du tout contradictoire. Que le terme métis ait une histoire et même une histoire chargée, c’est certain. Et, excusez-moi, mais rien que cela me semble donner raison à Ndjocka. Et au-delà de cette histoire, on pourrait dire qu’être métis dans le sens courant correspond à une situation objectivement identifiable où deux groupes d’individus en reconnaissent d’autres comme seulement partiellement membre et de l’un et de l’autre (voire membre d’aucun des deux dans le pire des cas), les désignant ainsi comme un groupe à part.

            Il ne s’agit même pas de savoir si c’est bien ou si c’est fondé, mais juste de reconnaître la réalité du processus. Et ça, croyez-moi, il existe. Un métis afro-européen est considéré plutôt comme un noir en France et plutôt comme un blanc en Afrique. C’est une réalité, vous n’y pouvez rien. Et c’est cette réalité qui donne au métis son statut particulier, même (comme cela semble être le cas de Yasmine, à son corps défendant). Qu’on le veuille ou non, on a aussi les étiquettes que les autres nous collent.

            Quant à la notion de « race », elle est beaucoup moins tranchée que vous semblez le croire. Vérité (pseudo-)scientifique d’abord, la biologie a effectivement nié ensuite la pertinence même de la notion (le remord n’y était sans doute pas pour rien). Mais les avancées toutes récentes de la génétique nuancent cette affirmation. Le livre récent de Bertrand Jordan, « L’humanité au pluriel, La génétique et la question des races » cité par l’AFIS (Association Française pour l’information Scientifique) est à ce titre intéressant (voir ici
            Lien). Et si vous pensez que ça rend l’AFIS suspecte, lisez aussi sur le même site « Les débuts du racisme pseudo-scientifique “, ça vous rassurera :) : Lien.

            Bref, encore une fois, il serait vraiment salutaire de parvenir à un débat posé et dépassionné sur ce sujet. C’est pas gagné. :)

            • Azza
              Azza répond à PonG
              Ingénieur en informatique (...)
              • Posté à 12h09 le 08/04/2008
              • Internaute 25467
                Ingénieur en informatique (...)

              Je ne suis pas en opposition avec Ndjocka sur le fond. Mon post est plus un appel militant à une nouvelle conception des choses. Si on continue à utiliser un vocabulaire donné (qui peut avoir une pertinence dans le monde d’aujourd’hui. En effet, tout le monde croit savoir ce que signifie « métis » et tout le monde emploi se terme sans faire attention), on fini par intégrer les idées fausses sous jascentes.

              Un exemple : aux antilles, il y a un nombre hallucinant de termes pour désigner les différents « croisements » « interraciaux » : mulatre, coolie, quarteron, malabar, etc... Cela recouvre une réalité dans l’esprit de ces gens, marqués par la société esclavagiste qui fixait la position sociale des individus en fonction de leur ascendance.

              C’est un peu comme les inuits qui ont des dizaines de mots pour définir les nuances de blanc. Ce que cela démontre, c’est que la société antillaise est obsédée (conséquence de l’histoire) par la « pureté » ou la composition du « sang ». C’est un fait et on peut l’accepter comme tel. Doit on pour autant en rester là ? Ces obsessions racistes, conséquences histoiriques de la colonisation et de l’escalvage s’installent aujourd’hui en france à travers les termes « gaulois », « rebeu », « black », « métis » et tutti quanti... Curieusement, on ne parle plus trop de ritals ou de polacks. Et encore moins de franco-boches. Les obsessions ont évolué.

              Alors oui, je voudrais que l’on change d’obsession.
              Cela ne veut pas dire ignorer l’histoire particulière des « métis » (qu’on ne peut pas qualifier de « race » dans la mesure ou les metis ne sont pas toujours fils et fille de metis).

              Mais pourrait on sortir de l’obsession du physique ?

              Cela ne veut pas dire ignorer l’histoire, bien au contraire. C’est en faisant face à l’histoire et en l’assumant (eventuellement via la justice) qu’on pourra enfin passer à autre chose. C’est souhaitable et urgent.

              Enfin, en ce qui concerne la notion de « race », c’est ce que je dis dans mon post précédent : on peut parvenir à une segmentation de l’espece humaine si on en a vraiment envie. En clair, l’étude du génome humain commencé ces dernières années a montré qu’en regardant l’ADN d’un individu, on peut a peu près deviner de quelle zone géographique il vient (avec cependant, est c’est important de le souligner, un assez grosse possibilité d’erreur ! ! ! Il est tout a fait possible avec un tel test de déclarer « noir » un blanc enfant de parents blancs.). Mais la vrai question est : a quoi cela pourrait il bien servir ?

              Pour illustrer ce propos, une petite histoire personnelle : je vis en Angleterre et quand ma femme s’est inscrite à la sécu locale (NHS) elle a eu à remlpir un formulaire. Quelques jours plus tard, la secrétaire du centre de santé m’a rappelé : ma femme avait omis (elle pensait, en bonne française que c’était facultatif) de cocher une case dans la liste à choix multiple « ethnicity ». Il y avait le choix entre black, mixed carribean, white, indian, arab, et j’en passe (notez que les arabs ne sont pas blancs pour la sécu britanique). La fille me demande « que dois-je cocher ? ». Je lui répond « je sais pas, appelez la, elle vous répondra mieux que moi ». Surprise de la fille complêtement étonnée que je ne puisse pas définir la « race » de ma femme.

              En fait, ce questionnaire est auto déclaratif. On peut mettre ce qu’on veut. Si moi, je m’amuse à mettre « noir », je ne suis pas sur qu’ils puissent me dire quoi que ce soit.

              Ici, c’est pas trop grave (stats). Mais quand ça touche à des avantages particuliers (discrimination positive) on fait comment ? On en revient au test Sud-Africain du crayon qui tient ou pas dans les cheveux ? Ou bien on fait appel aux tests génétique dont parle l’AFIS pour savoir si on est noir ou blanc ? Et comment font les blancs de parents blancs qui ont des têtes d’arabe ou de métis (j’en connais !) et qui subissent parfois des discriminations au faciès et qui passeraient probablement au travers des tests en question ?

              Donc, peut être que la notion d’une « race » définie scientifiquement peut avoir un intêret purement scientifique, mais un intérêt social et humain, c’est une autre histoire. C’est selon moi une « curiosité », point barre. Et une curiosité parfois motivée par des idées malsaines.

              Et d’ailleurs, même d’un point de vue médical, l’ascendance directe est bien plus utile pour un diagnostic qu’une quelconque statistique « raciale ». Il est plus utile à un toubib de demander s’il y a des cardiaques ou des cancéreux dans votre famille que de savoir de quelle « race » vous êtes. Encore plus si vous ne rentrez pas dans les cases du questionnaire.

              • PonG
                PonG répond à Azza
                rationaliste fondamentaliste à (...)
                • Posté à 00h28 le 09/04/2008
                • Internaute 14407
                  rationaliste fondamentaliste à (...)

                Je comprends mieux votre position.
                Ok pour le militantisme.
                OK aussi pour dire que la notion de « race » quand il s’agit des humains (c’est vrai que le mot dérange quand même, ça me gène à chaque fois que je l’écris) est au mieux extrèmement floue.

                Ensuite, pour conclure sur le métissage (au sens courant), il s’agit quand même bel et bien d’une réalité sociologique et anthropologique, d’ailleurs très intéressante.

              • Ndjocka
                Ndjocka répond à Azza
                irrégulier
                • Posté à 01h42 le 09/04/2008
                • Internaute 24567
                  irrégulier

                Je ne peux qu’encore une fois aller dans votre sens. Mais pardon d’insister, il me semble qu’un « métis » (entre guillemets, donc), du moins celui dont je parlais plus haut, ne peut être issu d’un parent « métis » lui-même. Ou alors, je redis que nous parlons d’autre chose, et il faudrait demander aux Inuits un coup de pouce pour nous permettre de décrire toutes les nuances de complexions et de caractères physiques qui composent notre race (humaine, bien sûr). En attendant, les enfants de mes amis « métis » sont de délicieux petits Blancs ou petits Noirs.

                Quant à sortir de « l’obsession du physique », passez devant, je vous suis les yeux fermés.

                Pour le reste, j’entends bien votre réticence à employer ledit mot, et la comprend. Elle m’enchante, même. Je m’en remets à vous pour suggérer un vocable plus approprié.

            • Ndjocka
              Ndjocka répond à PonG
              irrégulier
              • Posté à 01h36 le 09/04/2008
              • Internaute 24567
                irrégulier

              Merci pour cette réponse, roborative s’il en est.

              Permettez ? :

              « Et au-delà de cette histoire, on pourrait dire qu’être métis dans le sens courant correspond à une situation objectivement identifiable où deux groupes d’individus en reconnaissent d’autres comme seulement partiellement membre et de l’un et de l’autre (voire membre d’aucun des deux dans le pire des cas), les désignant ainsi comme un groupe à part. »

              Je n’aurais jamais pu exprimer ceci aussi bien que vous l’avez fait.

              Quant à ce que vous vous souvenez d’avoir lu, voilà bien le hic. Un enfant euro-africain (mais français), remontant trois siècles ne serait pas reconnu par ses aïeux. Cet enfant n’appartient pas à cette culture française, jalonnée au long des ans par des référents tels Jeanne la bonne Lorraine, ou Chateaubriand, ni à cette autre, mandingue, par exemple, jalonnée de grands noms tels Soundjata Keita ou Samory Touré. Cet enfant ne ressemble ni aux uns, ni aux autres. Remontant le temps, il se heurterait à leur incrédulité, s’il se présentait à eux comme leur arrière-petit-fils… Il ne serait qu’un négrillon pour Victor Hugo, et peut-être un épouvantable spectre pour Soundjata.

              Merci pour les liens. Je vais me plonger dans la lecture des auteurs que vous citez.

              • PonG
                PonG répond à Ndjocka
                rationaliste fondamentaliste à (...)
                • Posté à 02h29 le 09/04/2008
                • Internaute 14407
                  rationaliste fondamentaliste à (...)

                >« Merci pour cette réponse, roborative s’il en est. “

                De nada.

                >‘Permettez ? :’

                Je vous en prie, j’aime bien l’urbain. :)

                >‘Je vais me plonger dans la lecture des auteurs que vous citez.’

                Dans ce cas, lisez aussi l’article cité par Azza (Lien) qui apporte un contre-point indispensable me semble-t-il à celui de Jeune Afrique que je citais.

                Cordialement.

        • Yasmine Modestine
          Yasmine Modestine répond à Ndjocka
          Auteur(e) de l'article Comédienne
          • Posté à 18h51 le 07/04/2008
          • Internaute 38020
            Comédienne

          lire Histoire du métissage de nelly schmidt, edtions Larmartinière

          N°62 d’africulture, édition L’Harmattan

          Lire Le code Noir de Louis Sala Molins

          parmi d’autres....

        • Yasmine Modestine
          Yasmine Modestine répond à Ndjocka
          Auteur(e) de l'article Comédienne
          • Posté à 23h10 le 07/04/2008
          • Internaute 38020
            Comédienne

          « Je ne vous jette pas la pierre, Pierre »
          Loin de vous de me jeter la pierre, mais pourtant vous me la jetez tout de même... j’ai du mal à vous suivre dans vos réflexions sur ce procès d’intention que vous me faites... désolée si c’est ce que vous lisez mais ce n’est encore pas ce que j’ai écrit et heureusement d’autres semblent me lire clairement. Je ne crois pas moi que métis soit « un statut très particulier » mais il semblerait que vous vous le croyez, et là, c’est un autre débat.
          Quant à musique métisse, ce n’est pas à moi qu’il faut dire cela mais aux journalistes de la musique ! Il me semble que vous ne saisissez pas l’ironie...

          « bon vent » me rappelle un justement un métis qui passe pour blanc et qui est heureux que son metissage ne se voit pas. Ce n’est pas mon cas.

          De toute façon... on s’égare. Je parle de mon métissage pour questionner l’absence de réaction des médias « généralistes » et non pas pour me « défendre d’avoir une voix de “noire”, laquelle n’existe pas , pas plus que “le noir court vite ‘
          Noir et Blanc sont des divisions historiques, et métis aussi. Mais les livre que j’ai cités vous en diront plus. Je peux ajouter Gaston Kellman Je suis noir et je n’aime pas le manioc’, Toni Morrison ‘Playing in the dark’ Albert Cohen ‘ö vous frères humains’ mes choix n’étant pas exhaustifs.

          • Ndjocka
            Ndjocka répond à Yasmine Modestine
            irrégulier
            • Posté à 00h23 le 08/04/2008
            • Internaute 24567
              irrégulier

            Excusez-moi, j’ai pensé que le débat vous intéressait, et pas seulement les témoignages de soutien et d’encouragement. Et débattre étant confronter des points de vue différents, j’ai commis l’outrecuidance d’exprimer une critique (légère), qui n’était d’ailleurs qu’une question. Vous m’en voyez navré, morfondu et pétris de remords...

            Vous jeter la pierre, non. Et je ne vous fais aucun procès. Mais le metissage ne prémunit pas contre la susceptibilité, on dirait. Calmez-vous, mon topo sur la musique n’était qu’une digression. Je ne vous accusais de rien. Dans deux minutes, vous allez m’agonir, pas vrai ?

            Quant à moi, je ne me permets pas de préjuger de ce que vous pouvez saisir ou non.

            Je vous souhaitais sincérement « bon vent » mais même ces mots sont mal passé ! (et je ne sais pas à quoi ni à qui vous faites référence, au sujet de cette eexpression on ne peut plus banale)

            Je recule donc d’un pas et vous adresse tout de même un salut. Mais là encore, je vous en prie, n’y voyez aucun mal.

            • Yasmine Modestine
              Yasmine Modestine répond à Ndjocka
              Auteur(e) de l'article Comédienne
              • Posté à 02h12 le 09/04/2008
              • Internaute 38020
                Comédienne

              J’ai écrit un témoignage. Après les choses s’envolent. Chacun se les approprie et parfois les détourne.
              Je n’ai pas envie de rentrer une polémique.
              Il y a d’autres témoignages que le mien.

              Les livres que j’ai cités sont intéressant à lire.
              Biologiquement tout le monde est métis la notion « race pure » n’existe pas. Ensuite il y a l’histoire et il y a le racisme, l’invention des races supérieures et inférieures.

              Je me bats contre la blessure du racisme que l’on inflige par inconscience, par habitude, par paresse, par bêtise, par jalousie, par ignorance...

              Cela suscite le débat, c’est normal et plutôt rassurant. Oui cela me rassure de lire que les gens « normaux » soient choqués. Quand on est non blanche, et femme, dans ce métier, on finit par oublier qu’il fût un temps où les camarades de classe se sont levés parce qu’ils refusaient que sur le questionnaire de l’échange Franco/Américain soit inscrit « acceptez-vous quelqu’un d’une autre race chez vous ? »

              Dans le doublage, on dit que « les Noirs ont une voix de Noirs » c’est une croyance c’est réel, c’est consternant, c’est archaïque, et comme toutes les croyances ce n’est pas questionné.

              C’est pour cela que j’ai écrit.

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