Beaux Arts magazine 22/11/2011 à 12h32

Quelle musique écoutait-on sous Alexandre le Grand ?

Beaux-Arts Magazine"
Thomas Schlesser | Journaliste, historien de l'art

Une partition du IVe siècle avant J.-C. a été retrouvée dans une boîte à biscuits au Louvre. Après décryptage et reconstitution des instruments d’époque, la partition y est jouée. Récit d’une incroyable découverte archéologique.


Portrait d’Alexandre III, Fin du IVe siècle av. J.-C., Marbre, Pella, Musée archéologique (© Hellenic Ministry of Culture and Tourism / Archaeological Receipts Fund)

Nous sommes en 324 avant notre ère, dans la cité de Suse en Chaldée, l’actuel Iran. C’est le mois de février.

Afin d’asseoir politiquement dix ans de conquêtes, l’annexion par le fer d’amples territoires courant de l’Egypte à l’Inde, Alexandre épouse la fille de Darius, son ennemi perse.

Pour célébrer cet événement capital, étalé sur cinq jours, le roi macédonien, qui n’a plus qu’un an à vivre, convoque les meilleurs musiciens de tout le Bassin méditerranéen. Par bateau, à dos de cheval et de chameau, ils viennent de Grande-Grèce, d’Athènes, d’Eubée, de Béotie, des Cyclades et d’Asie Mineure, moyennant une somme totale vertigineuse – 15 000 talents dit-on. De quoi financer plusieurs bataillons de mercenaires pendant des années…

C’est qu’Alexandre ne jure pas seulement par les armes ; il jure aussi par les arts. Excellent interprète lui-même, il est fou de musique et joue de la cithare et du luth depuis l’adolescence. Avant de s’emparer du monde, il s’offre déjà les virtuoses de son temps, à sa cour de Pella : les aulètes (qui jouent de l’aulos, une flûte à deux tuyaux) nommés Isménias, Timothée, Chrysogonos, Dorion, Antigénidas ou de citharistes en vue comme Stratonicos d’Athènes. Il organise surtout pendant ses secondes noces un des plus fabuleux concerts de toute l’histoire antique, et rivalise avec les fêtes religieuses de Delphes.

Cette « politique culturelle » est aussi un message envoyé aux cités grecques du Sud. Celles-ci méprisent les « barbares » du Nord et considèrent ses voisins, férus de banquets orgiaques comme des êtres grossiers, violents et inconstants.

La Macédoine, leur rétorque Alexandre, n’a rien à envier à personne en matière de raffinement. Le roi a été éduqué par Aristote en personne. Il compte l’immense Apelle comme peintre officiel et peut se vanter d’entretenir des musiciens de grand renom.

Un trésor dans une boîte à biscuits

Quelle musique écoute cette société de mélomanes ? Le sait-on seulement ? Oui. Un peu. D’Euripide (Ve siècle av. J.C.) on a… 35 notes. C’est comme si il ne restait qu’une minute de Mozart dans 3 000 ans.

Audio file

« Oreste » d’Euripide interprété par l’ensemble Kérylos

Et de l’époque précise d’Alexandre le Grand aussi. Dans le cadre de l’exceptionnelle exposition orchestrée par Sophie Descamps sur le royaume de Macédoine, une petite partition déchiquetée est présentée. Laurent Capron, papyrologue de la Sorbonne, raconte :

« Au cours d’un inventaire en 2002, je l’avait trouvée roulée en boule dans une boîte à biscuits en ferraille avec un morceau de cigare et des journaux. Elle végétait dans les tréfonds du Louvre depuis plus de cent ans. Mais j’ai vite compris que c’était une merveille oubliée. »


Fragment de partition musicale sur papyrus, Médée de Carcinos le Jeune, musée du Louvre, Paris (Laurent Capron)

Spécialiste de la musique antique et archéologue de notre patrimoine sonore, Annie Bélis (CNRS, ENS) s’empare de la chose. Elle est une des rares érudites capable d’accéder aux partitions de l’époque, grâce à l’utilisation du traité d’Alypius. Ce texte du IVe siècle a beau être ardu, il vaut le détour. On le maîtrise seulement depuis la Renaissance. Il constitue désormais la pierre de Rosette donnant accès aux 1687 signes des tabulations musicales de l’antiquité.

Il a permis le décryptage du morceau. Or, ce « Sopalin usagé », comme dit Annie Bélis en souriant, est un trésor. C’est une Médée signée Carcinos le Jeune (d’environ 360 av. J.-C.), mentionnée par Aristote dans sa « Rhétorique », où l’héroïne, contrairement à la version du mythe véhiculée par Euripide, est innocente. On peut aujourd’hui, comme les Grecs du IVe siècle avant Jésus-Christ, écouter son aria envoûtant dévolu à une voix grave, les rôles de femme étant alors tenus par des hommes.

Audio file

« Médée » par Carcinos le Jeune interprété par l’ensemble Kérylos

Une reconstitution miraculeuse d’instruments d’époque


Cithare romaine (Patrick Gaillardin)

Mieux : ces mélodies venues du fond des âges bénéficient également du concours des peintres et des sculpteurs de leur époque. Leurs témoignages renseignent sur l’aspect des instruments. Sans apport de subventions (ce qui est franchement décourageant quand on sait qu’il en coûte deux ans de travail et environ 20 000 euros), Annie Bélis a fait appel à un luthier pour reconstituer des cithares romaines, d’après la synthèse de nombreuses sources d’informations visuelles.

L’étude de sculptures d’Apollon jouant de la musique a permis d’en créer trois exemplaires d’excellente qualité sur lesquels jouent l’ensemble Kérylos. Ce succès est une première historique.

En 1652, un musicien proche de la reine Christine avait déjà relevé le défi mais ses répliques d’instruments antiques sortaient un son si mauvais qu’un esclandre s’en suivit. L’homme dut quitter la Suède pour le Danemark.

La danse, grandeur humaine


Figurine en terre cuite : Attis dansant, Macédoine, IIIe s. av. J.-C ; (vers 250 av. J.-C.), terre cuite (RMN/Hervé Lewandowski)

Il faut enfin se rappeler que la musique est aussi l’occasion de danses, évoquées dans l’exposition du Louvre par de magnifiques terres cuites macédoniennes.

La danse est évidemment l’occasion de spectacle et de divertissement, de récit mimé, d’éducation sportive et même d’éducation au combat (c’était le cas chez les Spartiates).

Mais la danse répond surtout à l’idéal antique de l’eurythmie, c’est-à-dire à la quête de l’harmonie de l’âme grâce à la perfection du rythme du corps.

La musique n’était pas seulement un enjeu artistique ou un élément politique. Elle était un élément constitutif de la grandeur humaine.

Et ça, Alexandre le savait mieux que quiconque.

Un article à retrouver dans Beaux Arts magazine, numéro 330, en kiosque.

MERCI RIVERAINS ! Gazanius
Publié initialement sur
Beaux-Arts Magazine
Infos pratiques
« Les musiques qu'aimait Alexandre le Grand »
Concert

Auditorium du Louvre - Ensemble Kérylos, sous la dir. d'Annie Bélis - 8 déc. 2011 - 20h30 - dans le cadre de l'expo « Au Royaume d'Alexandre Le Grand ». 

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  • 71 réactions
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  • Léo L.
    Léo L.
    Dealer d'opinions
    • Posté à 12h56 le 22/11/2011
    • Internaute 96381
      Dealer d'opinions

    Splendide. J’aimerais plus d’articles dans ce genre sur la Rue.

    • Rose.Arno
      Rose.Arno répond à Léo L.
      Enseignante
      • Posté à 00h34 le 23/11/2011
      • Expert 136988
        Enseignante

      Ouais, c’est pas mal comme zik mais ça manque un peu de beat box.

  • Lagrange
    Lagrange
    intelligencepaienne.blogspot.com
    • Posté à 13h50 le 22/11/2011
    • Internaute 147163
      intelligencepaienne.blogspot.com

    Je préfère largement cette version de l’ Anakrousis, Orestes stasimo :

    Je suis étonné du peu de réactions de l’auditoire de ces merveilles nous parvenant depuis l’antiquité, enfin, on est sur Rue 89, dès que ça parle culture classique, patrimoine culturel, héritage gréco-romain, y a plus grand monde.

    IP

    • lonesome
      lonesome répond à Lagrange
      un parmi tant d'autres
      • Posté à 16h56 le 22/11/2011
      • Internaute 165032
        un parmi tant d'autres

      Je suis allé sur votre blog et je suis choqué qu’on y parle très peu d’actualité... mais bon chez les pédants dès que ça parle douleur et malheur du monde y a plus grand monde.

    • Alexad
      Alexad répond à Lagrange
      • Posté à 17h42 le 22/11/2011
      • Internaute 8145

      Il aurait suffi de présenter votre version préférée (intéressante au demeurant) aux pauvres ignares que nous sommes, en vous dispensant de tout mépris, qui ne s’accorde d’ailleurs pas vraiment avec la culture ... Plus on est cultivé et plus on est conscient de son inculture en de nombreux domaines....

      • Lagrange
        Lagrange répond à Alexad
        intelligencepaienne.blogspot.com
        • Posté à 18h56 le 22/11/2011
        • Internaute 147163
          intelligencepaienne.blogspot.com

        .

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à Lagrange
      chien de talus
      • Posté à 09h20 le 23/11/2011
      • Internaute 50571
        chien de talus

      tiens c’est hors charte de souligné la boursouflure et la suffisance de ce monsieur qui se sert de la culture comme le poisson lune utilise l’eau ?

    • MarxForEver
      MarxForEver répond à Lagrange
      L'argent n'existe pas
      • Posté à 11h08 le 23/11/2011
      • Internaute 124072
        L'argent n'existe pas

      Rue89 y a consacré un article. Ils ne sont pas reponsables du comportement des lecteurs. Ce domaine-ci relève de l’éducation. Comme me disait un ami, depuis que les programmes sont rédigés par un barbare du Danube, qui se nourrit dans les fast-foods de Washington (Cogitasne ipsum de musicae scire ?), on peut dire ce qu’on veut, mais il faut que cela se termine par une somme en $.

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 13h52 le 22/11/2011
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    Alors, là, de lire ça dans Rue89, j’en suis tombé à la renverse ! Prévenez, la prochaine fois, il y a des cardiaques derrière l’écran. ! Putain , quel choc ! magnifique, génial.

  • luisram
    luisram
    chômeur
    • Posté à 13h59 le 22/11/2011
    • Internaute 172326
      chômeur

    Ça suffit de traiter les riverains d’incultes ! Pour preuve, j’ajouterais que l’exposition au Louvre est fabuleuse et montre énormément de très beaux objets de la vie quotidienne ou d’apparat . A voir. Et allons au concert le 8 décembre, alors ! ! !

  • Lagrange
    Lagrange
    intelligencepaienne.blogspot.com
    • Posté à 14h00 le 22/11/2011
    • Internaute 147163
      intelligencepaienne.blogspot.com

    Tant que j’y suis voici le premier hymne delphique à Apollon

    Puissent les anciens dieux renaître à nos consciences.

    Nosce te ipsum.

    IP

    • tOrDrE L¤RdRe
      tOrDrE L¤RdRe répond à Lagrange
      chien de talus
      • Posté à 15h24 le 22/11/2011
      • Internaute 50571
        chien de talus

      puisse la conscience enfin naître

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h03 le 22/11/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    on aura droit d’entendre les 35 notes quand ?

  • PaulTron
    PaulTron
    Ce champ sera visible par tous (...)
    • Posté à 14h06 le 22/11/2011
    • Internaute 168564
      Ce champ sera visible par tous (...)

    C’est une bonne idée ce partenariAt avec Beaux-Arts. L’article est fort intéressant ;

    • Jazzmaster²
      Jazzmaster² répond à PaulTron
      être humain
      • Posté à 14h17 le 22/11/2011
      • Internaute 153265
        être humain

      Émouvant de pouvoir entendre, même quelques secondes, l’expression artistique de l’époque.
      Dans ces temps troublés où l’art est est mis à la marge, il est important de rappeler qu’après plusieurs millénaires c’est souvent le seul témoignage qui nous reste et nous lie à nos aïeux.

      • Karveelt
        Karveelt répond à Jazzmaster²
        Prof de FLE
        • Posté à 11h12 le 23/11/2011
        • Internaute 55167
          Prof de FLE

        Art mis à la marge ? ? ? Y’a pas de ciné, de libraire, de salle de théâtre, de musée, de galerie d’art, de salle d’expo, de bibliothèque, de salle de concert et tout autre lieu d’art et de culture par chez vous ? ça craint...

        Et les temps troublés ? C’est à dire ?

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 14h22 le 22/11/2011
    • Internaute 64790
      dilettante

    J’ai toujours cru qu’à cette époque, les partitions s’écrivaient sur une ligne, et, en fait, que seules les percussions étaient codifiées.
    Quelqu’un peut m’éclairer ?

    • Yugow
      Yugow répond à Philippe Leclercq
      Pas loin
      • Posté à 14h35 le 22/11/2011
      • Internaute 143334
        Pas loin

      Je ne savais pas qu’on avait réussi à déchiffrer les « partitions » antiques. La découverte doit être relativement récente (quelqu’un pourrait peut-être me renseigner, moi aussi ?). Incroyable le travail de cette dame ! Sans parler de celui du luthier ! *

      • Jacques Bolo
        Jacques Bolo répond à Yugow
        Auteur-Editeur-Libraire
        • Posté à 16h50 le 22/11/2011
        • Internaute 37329
          Auteur-Editeur-Libraire

        Musique de la Grèce antique [Enregistrement sonore] : d’après Euripide, Mésomède de Crète, Aristophane, Seikilos... [etc.]

        Atrium Musicae de Madrid, ens. voc. et instr. ; Gregorio Paniagua, dir.

        Publication : Arles : Harmonia mundi France ; Arles : distrib. Harmonia mundi France

        Ca date de 1979
        (je l’avais trouvé à cette époque)

  • Yugow
    Yugow
    Pas loin
    • Posté à 14h33 le 22/11/2011
    • Internaute 143334
      Pas loin

    Je ne savais pas qu’on avait réussi à déchiffrer les « partitions » antiques. La découverte doit être relativement récente (quelqu’un pourrait peut-être me renseigner ?). Incroyable le travail de cette dame ! Sans parler de celui du luthier ! *

    Génial cet article ! Pourquoi ne pas en faire plus souvent des comme ça ?
    ...Plutôt que d’inonder la rue d’article sur le foot : 3 aujourd’hui, ça devient vraiment lourd. La rue a été racheté par l’Equipe ?

    • Gazanius
      Gazanius répond à Yugow
      Citoyen
      • Posté à 15h01 le 22/11/2011
      • 174791
        Citoyen

      Si, on a réussi, au quart de ton près, grâce à des manuscrits médiévaux qui ont livré les tables de notation d’un théoricien grec, Alypius. Il a fallu attendre 200 ans pour qu’on puisse déchiffrer les partions, papyrus et inscriptions. On en possède aujourd’hui une petite centaine, ce n’est rien pour 1000 ans de civilisation grecque et romaine, mais c’est du premier choix.
      L’anakrouse de l’Oreste de l’Euripide n’est pas d’Euripide : c’est une rêverie des frères Paniagua, comme ils le font sur tout le reste.
      Et zut, plus une place au concert du 8 décembre, c’est plein à craquer. Il faut en réclamer un autre au Louvre.

      • Vert_de_Terre
        Vert_de_Terre répond à Gazanius
        pirate > robot > ninja
        • Posté à 00h53 le 23/11/2011
        • Internaute 105517
          pirate > robot > ninja

        Alypius était un moine il me semble. Ma mère a étudié ses manuscrits, et c’est vrai qu’elle me disait être parmi la petite vingtaine de personnes pouvant déchiffrer des partoches anciennes en France : c’est un savoir qui se perd.
        Après, je crois que le plus grand problème est de trouver des partoches, car rien n’a été écrit avant la renaissance (tout en transmission orale) : il y a déja eu 1000 ans de déformation par rapport aux mélodies originelles.

  • gnagna007
    gnagna007
    voyageuse
    • Posté à 14h58 le 22/11/2011
    • Internaute 156214
      voyageuse

    Excellent ! On en veut encore

  • chapolin
    chapolin
    scoresdownload.com
    • Posté à 14h59 le 22/11/2011
    • Internaute 41320
      scoresdownload.com

    Purée quand j’entends les extraits sur cet article, c’est franchement sordide ... de quoi se flinguer avec une telle musique dans une fête en pays méditerranéen ... êtes vous sur que çà s’interprétait comme çà ? a la mode opéra tragique, ambiance conservatoire dégoulinant ? et non pas de façon plus légère avec une voix limpide et cristalline, dans le style de Rachell Ferrell par exemple quand elle chante « I forgive you » ?

    • Gazanius
      Gazanius répond à chapolin
      Citoyen
      • Posté à 15h03 le 22/11/2011
      • 174791
        Citoyen

      Ce sont des tragédies, et c’était écrit pour des athlètes de la voix, qui s’astreignaient à des exercices à faire frémir qui valent bien ceux d’aujourd’hui, en pire. Le petit filet de voix blanche des baroqueux, c’est moderne.

      • Gazanius
        Gazanius répond à Gazanius
        Citoyen
        • Posté à 16h30 le 22/11/2011
        • 174791
          Citoyen

        Le lien de : « Aller plus loin
        Sur persee.fr
        Annie Bélis parle du manuscrit de Médée par Carcinos »
        ne fonctionne pas ! ! Ouin ouin.

         
        • Yann Guégan
          Yann Guégan répond à Gazanius
          Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
          • Posté à 10h20 le 23/11/2011
            éditeur
          • Journaliste 1836
            Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

          C’est corrigé, merci !

        1 autres commentaires
    • vieilanarfatigué
      vieilanarfatigué répond à chapolin
      Changer le monde, c'est se (...)
      • Posté à 15h31 le 22/11/2011
      • Internaute 125168
        Changer le monde, c'est se (...)

      Etant méditerranéen, je suis interpellé par votre commentaire. Ce n’est pas parce qu’il y a le soleil que c’est forcément la fête, et je dirai même que les gens de ces pays sont assez tristes . Dans un autre contexte , en France revoyez les histoires de Pagnol, ou alors l’Arlésienne...c’est tout un esprit et pas forcément très joyeux.
      Y a aussi le pastaga et les histoires Marseillaises, mais à la marge.

      • MarxForEver
        MarxForEver répond à vieilanarfatigué
        L'argent n'existe pas
        • Posté à 11h23 le 23/11/2011
        • Internaute 124072
          L'argent n'existe pas

        Vous avez raison, les méditerranéens ont toujours plutôt fait dans le tragique : le fado portugais n’est pas extrêmement gai. A mon avis, c’est lié à l’environnement.
        Les parisiens s’imaginent tout le temps que « y a du soleil donc c’est la fête », mais pour avoir vécu un peu en région méditerranéenne, je trouve que la végétation estivale noire cramée par le soleil (sans parler des incendies) et la rocaille, c’est macabre et çà colle franchement le bourdon. Au mois d’Août je préfère le vert vosgien plus vivant et ai noté nombre de marseillais et montpelliérains se retrouvaient dans ce coin aussi.

  • Duluoz
    Duluoz
    Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R' (...)
    • Posté à 15h38 le 22/11/2011
    • Internaute 161602
      Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R' (...)

    Passionnant article, merci.

  • RedSon
    RedSon
    Assis
    • Posté à 16h00 le 22/11/2011
    • 175222
      Assis

    Même Maxisciences n’en parle pas. Ce type de découverte me fascine manque plus qu’ à connaitre leurs habitudes alimentaire et on pourra reconstituer une journée type durant l’Antiquité (mon rêve).

  • Thomas Schlesser
    Thomas Schlesser
    Auteur(e) de l'article Journaliste, historien de l'art
    • Posté à 16h02 le 22/11/2011
    • Journaliste 171612
      Journaliste, historien de l'art

    Merci Léo et merci de façon générale à tous les riverains pour leur enthousiasme, c’est très touchant, surtout après mes derniers articles qui avaient suscité beaucoup d’agressivité et de polémiques. Ca fait chaud au coeur. En bonus, je peux vous dire par ailleurs :
    1- Annie Bélis est une savante incroyable, à la fois très accessible, très sympa et une pointure parmi les pointures, comme il y en a peu au monde ! Son travail est aujourd’hui reconnu après des années (des décennies) de bagarre avec le monde académique.
    2- Le système musical de l’Antiquité est très très complexe mais infiniment subtil. Les travaux à ce sujet sont d’autant plus durs qu’il faut déchiffrer mais aussi reconsiituer, par déduction logique, les partitions lacunaires. Dix chercheurs dans le monde entier sont, selon Annie Bélis, capables de la chose à l’heure actuelle.
    3- La recherche dans les sciences humaines ne se limite donc pas à des congrès où on parle de méthodologie de la méthodologie ou à des accumulations exsangues de théories ; il y a aussi des professeurs qui parviennent encore à travailler avec de maigres moyens pour affiner la connaissance de nos origines. Rendons-leur hommage, ils sont des prophètes tournés vers le passé et se trompent moins que les pronostiqueurs d’avenir qui nous expliquent le monde de demain...
    Amitiés à tous,
    Thomas

    • Lagrange
      Lagrange répond à Thomas Schlesser
      intelligencepaienne.blogspot.com
      • Posté à 16h26 le 22/11/2011
      • Internaute 147163
        intelligencepaienne.blogspot.com

      Bonjour,

      À propos de musique des origines ont trouve aussi le travail de John KENNY le seul au monde capable de jouer du carnyx, un instrument très ancien utilisé par les celtes pour mettre en déroute les armées romaines. Cet instrument a été reconstitué d’après des gravures. Il s’agit d’un long tube qui se termine par une tête de sanglier.

      –-

      Le Carnyx est un instrument de musique des Celtes de l’Âge du Fer (VIIIe-Ier siècle av. J.-C.). Il s’agit d’une trompe verticale d’environ 2 mètres de haut en tôle de bronze, dont le pavillon affecte généralement une hure de sanglier, animal emblématique de la classe sacerdotale (druides, bardes et vates). Ce pavillon accueille dans certains cas une languette de bois rivetée (Carnyx de Deskford) et des lames métalliques dans les oreilles (Carnyx de Tintignac) pour rythmer le souffle.

      Le carnyx, qui par son aspect visuel et par sa sonorité devait contribuer à effrayer l’ennemi, est sans doute la trompe la plus célèbre. Les Celtes en sonnaient au combat comme le rapportent les écrits des auteurs grecs et latins contemporains, et à travers lesquels la musique des Celtes anciens apparaît surtout marquée par son caractère guerrier. (source wikipedia)

      • Lagrange
        Lagrange répond à Lagrange
        intelligencepaienne.blogspot.com
        • Posté à 16h30 le 22/11/2011
        • Internaute 147163
          intelligencepaienne.blogspot.com

        Le carnyx, un instrument de musique ancien présenté au festival interceltique
        JT Rennes soir - 09/08/2002 - 02min23s

      • Thomas Schlesser
        Thomas Schlesser répond à Lagrange
        Auteur(e) de l'article Journaliste, historien de l'art
        • Posté à 16h31 le 22/11/2011
        • Journaliste 171612
          Journaliste, historien de l'art

        Excellent ! Merci. Pauvres armées romaines, elles devaient souffrir en effet...
        Thomas

  • Gérard_Manhut_Aussichot
    • Posté à 16h08 le 22/11/2011
    • Internaute 167544

    Il écoutait ça, Alexandre....

    • Man_attends
      Man_attends répond à Gérard_Manhut_Aussichot
      A fini de courir
      • Posté à 19h20 le 22/11/2011
      • Internaute 169676
        A fini de courir

      Hé bien, il avait du goût !
      (je n’ai pas reconnu l’interprète. Il y a le timbre de Diane Tell mais, pour le texte, je ne pense pas que ce soit son registre )

  • Laurent Gidon
    Laurent Gidon
    Ecriveur
    • Posté à 16h17 le 22/11/2011
    • Internaute 171416
      Ecriveur

    Rien de mieux qu’un peu d’admiration pour faire contrepoint à l’indignation ambiante.
    Merci.

  • street90
    street90
    impasse
    • Posté à 17h01 le 22/11/2011
    • Internaute 166386
      impasse

    Un article passionnant et qui, en plus, ne parle à aucun moment de DSK, de Sarko ou de foot. Ça fait du bien. Merci !

  • sigismund
    sigismund
    autre/ne se prononce pas
    • Posté à 17h51 le 22/11/2011
    • Internaute 910
      autre/ne se prononce pas

    Enfin de la culture, du beau, et un article ou les riverains ne se déchirent pas au bout de trois commentaires ! ! ! Ah... Oups...

    • Man_attends
      Man_attends répond à sigismund
      A fini de courir
      • Posté à 19h25 le 22/11/2011
      • Internaute 169676
        A fini de courir

      Pour la déchirure :
      il paraît que ce sont les « à court d’arguments » qui s’excitent. La sagesse conseille de ne pas répondre... les témoins doivent savoir faire la part des choses sinon ! Vogue la galère...

  • jolly le nico
    jolly le nico
    agacé et plus ...
    • Posté à 17h51 le 22/11/2011
    • Internaute 126912
      agacé et plus ...

    Ces chants sont incroyablement proches. Aucune impression de « bizarreries exotiques ».
    Rien que ça, moi ça me regonfle.

  • un2plus
    • Posté à 18h05 le 22/11/2011
    • Internaute 148180

    C’est bien moche, je comprends maintenant pourquoi il est allé faire chier ces voisins.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 18h05 le 22/11/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    faite gaffe y a la sacem et hadopi dans l’coin

  • housatonic
    housatonic
    disc jockey
    • Posté à 18h23 le 22/11/2011
    • 175485
      disc jockey

    Excellent article, merci ! ! C’est très inspirant... à mille lieues des articles habituels sur cette région !

  • SylvainGautier
    SylvainGautier
    Citoyen
    • Posté à 18h24 le 22/11/2011
    • Internaute 42302
      Citoyen

    Merci pour cet article. Un beau sujet ! :)

  • n°5
    n°5
    Amen !
    • Posté à 18h31 le 22/11/2011
    • Internaute 156966
      Amen !

    Fascinant.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h35 le 22/11/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    « deux ans de travail et environ 20 000 euros »
    C’est aussi ce qu’il faut pour lancer un groupe de musique contemporaine. Comme quoi ça bouge pas en 3 000 ans : D

    « C’est comme si il ne restait qu’une minute de Mozart dans 3 000 ans. »
    Et en quoi ça serait grave ? Parce que pour un Mozart perdu, y’aura 200 nouveaux Mozart.
    Vouloir à tout prix entasser les breloques du passé, c’est un peu inquiétant. Surtout c’est un coup à finalement oublier que ça existait puisque perdu dans la masse de données accumulés.

    Et puis c’est une interprétation sujette à caution.
    Des notes écrites sur un bout de papier interprétés de cent façons différentes, ça serait pas la première fois. D’autant plus qu’ils ont pas non plus d’instrument de l’époque, et qu’ils ne savent pas en jouer comme à l’époque.
    C’est un peu comme si on filait une partition d’un morceau de Hendrix, de Led Zep ou de Satriani, avec seulement les notes et aucune indication supplémentaire, et qu’on espérait retrouver le son original.

    Après tout, le jouer façon opéra classique pour les bonnes gens propres sur eux, c’est totalement subjectif, et certainement du au contexte d’intello coincé de ce milieu.
    Car si ça se trouve les grecs étaient des putains de punks qui pétaient leur lyre sur scène et niquaient leurs groupies en se tapant des grosses doses d’opium.

    Et bizarrement je crois plus ma version que la sienne, parce que les types en question, leur passe temps c’était de saccager, massacrer, tuer, violer et piller. Pas de faire des gentils sitting en brandissant des pancartes et pleurant sur la mort des bébés phoques.

    • MarxForEver
      MarxForEver répond à Keldan
      L'argent n'existe pas
      • Posté à 12h03 le 23/11/2011
      • Internaute 124072
        L'argent n'existe pas

      « si ça se trouve les grecs étaient des putains de punks » : en fait il s’agit ici de macédoniens, qui étaient à peu près les punks de l’antiquité. Par contre, je pense qu’avec un auditoire dans le genre Philippe de Macédoine, les interprètes devaient plutôt être guindés et serrer les miches en espérant finir la représentation vivants !

  • Canaille le Rouge
    Canaille le Rouge
    Révolté constructeur
    • Posté à 18h48 le 22/11/2011
    • Internaute 92684
      Révolté constructeur

    Cela donne le vertige ...sur l’ancienneté de cette si moderne partition, la somme de travail pour nous permettre de voir et surtout d’entendre.
    Vertige encore sur le gouffre qui sépare les besoins de financements en terme de recherche, restauration, exploration, transmission des savoirs pour une politique culturelle qui se soit pas obligée de tendre la sébile du mécénat obligé. Mais bon faut renflouer les subprimes. Les choix révèlent les degrés d’humanité

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