tribune 31/03/2008 à 16h58

Les entreprises et la pensée financière unique


Un petit test : parcourez les annonces des sites d’offres d’emploi sous la rubrique audit, et vous constaterez que les propositions relèvent toutes de la branche finance et comptabilité. Autrement dit, dans l’esprit des dirigeants d’entreprise, mais aussi des cabinets de conseil, l’audit consiste exclusivement à se pencher sur les comptes et indicateurs économiques des entreprises pour y détecter des dysfonctionnements, sources de pertes financières.

C’est là une vision bien trop restrictive de l’audit. Ma définition personnelle en serait plutôt celle-ci : identifier les forces et les faiblesses d’une entreprise, les opportunités et les menaces auxquelles elle est confrontée. Puis chercher à répondre à ces quatre questions, sans se limiter à l’aspect financier :

  • Comment mieux exploiter les forces de l’entreprise ?
  • Comment remédier à ses faiblesses ?
  • Comment l’aider à exploiter les opportunités ?
  • Comment l’aider à parer aux menaces ?

Point essentiel, une telle démarche doit se dérouler en ayant à l’esprit une vision à long terme en même temps qu’à court terme. Car il ne s’agit pas de se focaliser sur des mesures de portée limitée : un audit doit déboucher sur une conception stratégique, destinée à conforter durablement l’entreprise, et non sur des mesures de circonstance, à portée limitée.

L’audit financier obnubilé par la déperdition d’argent

Insistons sur le volet des faiblesses, celui sur lequel se concentre l’audit financier, qui traque toutes les causes possibles de déperdition d’argent due, par exemple, à une mauvaise organisation, à des erreurs de gestion, ou même à la fraude interne (objet d’un précédent article sur Rue89).

Il existe beaucoup de sources de déperdition d’énergie au sein des entreprises, qui leur coûtent de l’argent sans que cela n’apparaisse dans les critères financiers, car cette déperdition ne devient visible que quand on s’y intéresse en se focalisant sur la gestion de l’information et sur les comportements individuels.

Je ne prendrai un premier exemple, celui de la rétention d’information. Il existe beaucoup de raisons pour lesquelles un membre d’une organisation peut pratiquer la rétention d’informations utiles : timidité, peur du ridicule, peur des sanctions, indifférence… Une information importante, et qui ne remonte pas jusqu’au management, c’est souvent une cause d’erreurs de jugement des managers, qui n’ont pas une vision exacte de ce qui se passe dans leur entreprise ; ce qui ouvre la voie à des décisions erronées, qui peuvent causer des pertes financières importantes. Mais avec une méthode d’audit basée purement sur des critères comptables, la perte sera attribuée à une faute de gestion, non à sa cause réelle.

Comprendre l’humain peut éviter des pertes d’argent

Je prendrai un second et dernier exemple. Tous les salariés, surtout dans l’encadrement, ont certainement été confrontés à des individus qui « la jouent perso », qui font tout leur possible pour s’élever dans la hiérarchie en jouant des coudes. Une grande partie de ces individus sont en fait atteints de dyssocialité, syndrome psychique qui se traduit par une forte affirmation de soi (je suis le meilleur, je n’ai de comptes à rendre à personne), une absence d’empathie (ce que ressentent les autres m’est indifférent) en même temps qu’un certain don de séduction (faites-moi confiance). Or un dyssocial est un danger pour l’entreprise : il n’hésitera pas à aller contre les intérêts de l’entreprise si cela favorise son ascension, par exemple en dénigrant des collègues qui font du bon travail, en dissimulant ou déformant les informations, en s’affranchissant des règles qui, juge t-il, ne s’appliquent pas à lui.

Appliquez ces deux exemples au cas Kerviel, et vous comprendrez pourquoi un individu probablement dyssocial décide de jouer son propre jeu, au mépris des consignes, pour atteindre un objectif personnel (devenir le meilleur trader) et pourquoi ceux qui devaient le contrôler ont prétendu n’avoir rien vu venir. Donc ce type de faiblesse, directement lié à la nature humaine, qu’aucun audit financier ne mettra en lumière, peut se chiffrer en milliards de perte sèche.

Je plaide donc pour que l’on remette le facteur humain, dans toute sa dimension psychologique, au cœur de la problématique de l’audit. Je plaide pour une organisation des entreprises dans laquelle, au lieu de construire des schémas et des procédures standard, dans lesquelles on insère ensuite des individus supposés interchangeables, on prenne la peine de s’intéresser à la valeur du capital humain de l’entreprise, aux forces et aux faiblesses des individus auxquels l’on demande de remplir une mission donnée, et que l’on adapte l’organisation et les procédures à ces individus, au lieu de faire l’inverse.

La vraie richesse des entreprises, c’est la valeur des individus qui la composent et la bonne utilisation de cette valeur. Tant que l’on oubliera cette vérité première, à savoir que la richesse est créée par la qualité de leur travail, par leur engagement, et que les résultats financiers ne sont que la conséquence de cet état de fait, on continuera de traiter des symptômes au lieu d’agir sur la maladie. Et par la même occasion, d’augmenter le stress des personnels, au lieu de leur donner les moyens de s’investir efficacement dans leur travail.

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  • ClaireChar
    • Posté à 17h06 le 31/03/2008
    • Internaute 16497

    aie aie aie, l’audit et les consultants, les rois du Bullshit en entreprise.
    Franchement si tout l’argent qui passait dans les consultants, allait en prime de noel aux smicards, les entreprises françaises se porteraient mieux

    • Caius
      Caius répond à ClaireChar
      Expert en management
      • Posté à 18h50 le 31/03/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Vous n’avez pas tort, ou plutôt il y a des consultants utiles (je dirais que ce sont ceux qui ont une éthique) et les autres. Et quand vous dites bullshit, cela me fait bien rire, parce que le monde du conseil est justement dominé par des modèles ango-saxons, avec une conception purement financière de l’amélioration des entreprises.
      Pour vous dire, quand même, que tous les anglo-saxons ne sont pas bornés, je vous conseille de lire un livre de Robert Sutton, chez Vuibert, qui s’intitule « Objectif zéro sale con » (asshole en anglais) qui vous réconcieliera peut-être avec une certaine catégorie d’experts en management. En tous cas, il vous fera bien rire

  • marie 75
    • Posté à 17h52 le 31/03/2008
    • Internaute 3563

    Finance mondiale : Apocalypse now ?

    « Aucune branche de l’économie ne sera épargnée. Ce qui va survivre, ce sont les éléments les plus directement ancrés dans les besoins quotidiens de l’humain : manger, s’habiller, avoir un toit sur sa tête. »

    swissinfo
    25.03.2008 

    Lien
    swissinfo, Pierre-François Besson

    * Finance servante ou finance trompeuse ? , aux éditions Desclée de Brouwer

    • Caius
      Caius répond à marie 75
      Expert en management
      • Posté à 19h04 le 31/03/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Votre intervention est tout à fait pertinente.

      La crise globale envisagée a deux composantes, une objective - l’évolution de l’économie réelle - et une psychologique - la confiance qu’ont les acteurs de cette économie les uns envers les autres.

      Beaucoup d’experts (la majorité ?) se cantonnent à l’examen d’indices économiques, plus quelques indicateurs psychologiques (indice de confiance des ménages, par exemple) pour prédire que cette crise globale sera évitée. Mais il ne prennent pas en compte le fait que les dirigeants, qui disposent d’énormes pouvoirs, notamment ceux du secteur bancaire, sont tout aussi sujets que le consommateur lambda à des erreurs de perception, à une perte de confiance massive, à la panique.

      Et je pense, personnellement, qu’étant donné les errements actuels en matière de management dans la plupart des sociétés, l’hypothèse d’un effet « boule de neige » chez les dirigeants des plus grandes entreprises mondiales n’est pas à exclure, un effet qui précipiterait de manière irrationnelle - donc difficilement prédictible - l’apparition d’une crise majeure.

    • BZH
      BZH répond à marie 75
      • Posté à 20h23 le 31/03/2008
      • Internaute 24046

      Dans le même sens :

      Lien

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 10h03 le 01/04/2008
      • Internaute 29846
        menuisier

      Merci pour le lien. C’est vraiment comme ça que je vois l’avenir proche : Potager et chauffage au bois.
      Ne pas rester en ville.

  • marie 75
    • Posté à 18h41 le 31/03/2008
    • Internaute 3563

    notre pouvoir d’achat ? ? ? ? ?

    Zone euro : l’inflation record alimente les craintes sur le pouvoir d’achat

    Lien

  • Caius
    Caius
    Expert en management
    • Posté à 19h17 le 31/03/2008
    • Internaute 35080
      Expert en management

    Encore une information très intéressante, merci marie 75.

    Taux d’inflation, taux directeur, ce sont là des critères bien entendu incontournables, mais tellement simplificateurs !

    Ces indicateurs masquent en fait bien d’autres failles du système économique actuel, par exemple le fait que l’irruption, sur le marché global, d’acteurs économiques jouissant de très bas coûts de main d’oeuvre a créé une sorte de vase communiquant, ces pays exportant de fait, en raison de leur compétitivité, leur faible niveau de vie et de protection sociale en même temps que leurs produits manufacturés.

    L’économie de ces pays est en surchauffe, donc instable, en même temps que celle des pays occidentaux est en panne. En Europe, seuls certains secteurs exportateurs en bénéficient, les autres, surtout ceux dont l’activité est directement concurrencée ou délocalisable, sont en crise.

    Ce qui est significatif et très inquiétant, c’est la baisse de l’indice de confiance économique, qui montre que cette situation commence à créer les conditions d’une crise de confiance, qui pourrait condure à un emballement du déséquilibre économique.

  • yamato
    • Posté à 19h46 le 31/03/2008
    • Internaute 21748

    Bonjour à tous,

    J’en reviens à l’article. Pas complètement faux, j’en parle d’autant plus facilement que l’audit financier est mon métier.

    Ce qui est intéressant, c’est la « solution » proposée. Mettre la « dimension psychologique » au coeur de la « problématique de l’audit », fichtre !

    Pour m’être trouvé des deux cotés du bureau, audité et auditeur, je crois que je préfère encore subir une appréciation un peu bornée (pas toujours), contre laquelle je pourrai avoir des arguments plutôt objectifs, même si cette objectivité ne s’applique que dans un cadre libéral de rentabilité au premier degré, plutôt qu’un audit qui s’intéresse à ma « dimension psychologique ».

    Un individu qui viendra trancher du caractère intégrable au non de ses contemporains « dyssociables » me fait un peu penser aux prescripteurs de diverses drogues imposées (aux états-unis, mais ne rions pas trop fort...) aux enfants « hyperactifs ».

    La psychologisation à outrance de l’approche de toutes les situations humaines, avec la prétention, quasi eugénique, de parvenir à une perfection comportementale, me parait beaucoup plus dangereuse que l’impact des auditeurs financiers.

    D’ailleurs, toutes les fonctions sont auditables et auditées...Il s’ensuit la joyeuse et immémorielle lutte d’influence entre lesdites fonctions. L’auditeur n’est que l’écume de la vague.

    L’approche « psy » (avec toutes les prudences d’un inculte en la matière), par sa globalité, sa prétention universelle,son habillage scientifique me parait insidieusement redoutable.

    • Caius
      Caius répond à yamato
      Expert en management
      • Posté à 11h20 le 01/04/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Votre réponse est très constructive. Dans le format d’une tribune, il n’est pas possible de développer les idées comme on le souhaiterait.

      Alors disons seulement, pour préciser, que la dimension psychologique que je prône n’a pas pour objet (ce serait d’une ambition ridicule) d’atteindre à la perfection, mais plutôt de mettre le doigt sur les risques que fait courir une inadaptation d’un responsable donné à gérer certains aspects de la mission qui lui est confiée.

      Quand on détecte une telle inadaptation, on peut alors déployer différentes solutions pour garder ce rique sous contrôle : par exemple redéfinir la mission pour qu’elle colle mieux au profil du responsable, mettre en place une organisation collégiale, etc. Ou encore muter le responsable à un poste qui lui convient mieux.

      Quant à la dyssocialité, c’est un trouble qui touche environ 2% de la population. C’est une réalité sur laquelle on peut d’autant moins fermer les yeux qu’elle a tendance à être plus répandue parmi les cadres dirigeants, car certains traits de l’individu dyssocial favorisent son ascencion dans la hiérarchie, où il peut causer beaucoup de dégâts. Ce qui ne signifie pas qu’un dyssocial doive être rejeté : simplement il existe certains types de mission qu’il faut absolument éviter de lui confier.

  • Obash
    • Posté à 19h56 le 31/03/2008
    • Internaute 9228

    Pourquoi inquiétant ? Au contraire, notre société a besoin d’un éléctrochoc pour enfin comprendre que le système financier prend trop de place dans nos vies. Elle a besoin d’un éléctrochoc pour que repenser la place de l’individu au sein du travail.

    A propos, je m’étonne qu’au Quebec, faire des heures supplémentaires soit mal vu (mauvaise organisation) alors qu’en France, ce soit plutôt le contraire... Et pourtant, je n’ai jamais entendu dire que les Quebecois n’étaient pas productifs.

    • Caius
      Caius répond à Obash
      Expert en management
      • Posté à 11h27 le 01/04/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Tout dépend du prix à payer pour l’électrochoc. Une prise de conscience est indispensable, mais espérons que ce sera pour faire évoluer le système et non pour en récupérer les débris.

  • marie 75
    • Posté à 19h57 le 31/03/2008
    • Internaute 3563

    dans l’entreprise France ...
    Réfléchissons ! ! ! !
    ––––––––
    je vous cite :
    Une grande partie de ces individus sont en fait atteints de dyssocialité, syndrome psychique qui se traduit par une forte affirmation de soi (je suis le meilleur, je n’ai de comptes à rendre à personne), une absence d’empathie (ce que ressentent les autres m’est indifférent) en même temps qu’un certain don de séduction (faites-moi confiance). Or un dyssocial est un danger pour l’entreprise : il n’hésitera pas à aller contre les intérêts de l’entreprise si cela favorise son ascension, par exemple en dénigrant des collègues qui font du bon travail, en dissimulant ou déformant les informations, en s’affranchissant des règles qui, juge t-il, ne s’appliquent pas à lui.
    –––––––––
    et à la tête d’un état, c’est pire ! ! ! ! ! ! ! !

    • Caius
      Caius répond à marie 75
      Expert en management
      • Posté à 16h00 le 01/04/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Sans aucun doute !
      En politique aussi, il existe des comportements dyssociaux... et comme vous le dites, un état n’est jamais qu’une gigantesque entreprise qui travaille, non pour le profit de ses actionnaires, mais pour celui de ses citoyens.
      Mêmes causes, mêmes effets.

  • cMoi69
    cMoi69
    Informaticien à Dardilly
    • Posté à 21h35 le 31/03/2008
    • Internaute 26313
      Informaticien à Dardilly

    Hulot se réveille.. et étonne.. tant mieux..
    peu être le début d’un vrai début...

    Lien

  • sinclair
    • Posté à 23h33 le 31/03/2008
    • Internaute 2580

    J’ai du mal a accrocher a l’article intéressant au demeurant mais qui me laisse un gout de décalé par rapport a la réalité. Style conte de fée pour entreprise modèle, tournée vers le mérite social.

    Cette impression est conforté par les exemples pris.

    La rétention d’information premier exemple.

    Due à la timidité, peur du ridicule, peur des sanctions, indifférence. Des timides en responsabilité vous y croyez ? de même que pour la peur du ridicule. L’indifférence sur quelque chose qui puisse vous mettre en avant allons soyons sérieux. Seul raison la peur des sanctions. En effet quant vous possédez une preuve que vos supérieurs sont en train de se planter en beauté soit vous la jouez perso pour les supplanter (risqué, c’est un coup de de qui doit être préparé) soit vous la leur délivrez et vous êtes évincé le temps qu’ils l’utilisent ou l’évacue.

    Le dyssocial avec l’exemple du cas Kerviel mauvaise pioche. Kerviel est l’exemple même de l’employé qui cherche a devenir le meilleur, y compris par des actes non conventionnel, très encouragé par les supérieurs qui vont chercher a le cornaquer pour bénéficier de ses efforts. Pas de risque il réussit et ses résultats bénéficient au supérieur qui a su le guider et le motiver intelligemment, en ôtant le carcan de l’administratif. Soit il échoue et c’est de sa faute, car il n’a pas respecté les consignes qui lui ont été donnés par le supérieur et s’est affranchi des gardes fou administratifs.

    La richesse des entreprises reste bien entendu le bénéfice dégagé par l’entreprise, les individus restant éminemment remplaçable. Le cout salarial est celui sur qui il est le plus facile d’intervenir.

    Le reste n’est que vœu pieu et marmotte qui emballe le chocolat dans le papier alu. Le nombre de suicide dans les grande sociétés est hélas là pour en témoigner.

    Je suggère aux sociétés d’audit de s’auto auditer.

    • Caius
      Caius répond à sinclair
      Expert en management
      • Posté à 11h33 le 01/04/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Finalement, nous sommes d’accord sur l’essentiel, c’est à dire sur le fait que les entreprises sont gérées uniquement sur des critères financiers et considèrent leurs collaborateurs comme des « variables d’ajustement » facilement interchangeables ou licenciables, sans tenir compte de leur valeur humaine.

      C’est un constat, et dire qu’il est possible et nécessaire et faire autrement n’est pas un voeu pieux, mais plutôt le début d’un combat long et difficile.

      • vieux-rat
        vieux-rat répond à Caius
        • Posté à 00h51 le 02/04/2008
        • Internaute 37110

        Faire autrement dans l’entreprise ?

        mais il faudrait en changer l’objectif principal actuel : faire du fric.

        Un société (de gens dits civilisés) s’occupe (s’organise avec et pour) des gens, le fric est un moyen, un outil, pas une fin.
        Il me semble que ceci a été légèrement oublié dans les entreprises et dans les gouvernements depuis que le libéralisme tente de justifier l’injustifiable : liberté des capitaux (de foutre le camp), liberté totale de spéculer sur n’importe quoi quitte à le créer pour mieux jouer (et perdre), croyance que le marché peut etre libre et non faussé, croyance que le comportement individuel détermine un comportement global (de société) optimum, etc ...

        Ce combat a commencé il y a bien longtemps :

        - Il était une fois, il y a très très longtemps, o mieux aimée, c’était alors la première personne a dire zut à son chef, elle n’a pas vécue longtemps.

        - c’est tout ?

        - oui mieux aimée, regarde autour de toi tu verras la suite de mon histoire, elle n’a pas beaucoup changée...

         
        • Caius
          Caius répond à vieux-rat
          Expert en management
          • Posté à 14h59 le 02/04/2008
          • Internaute 35080
            Expert en management

          Le but des entreprises, en effet, c’est de faire du profit. Le but de la société, en tous cas d’une société ayant un certain nombre de critères éthiques, c’est que ce profit soit socialement utile.

          Je ne remets pas en cause, en tant que professionnel, le principe selon lequel une entreprise recherche le profit. Toujours en tant que professionnel, je cherche même des moyens de lui en faire faire plus, mais avec une éthique, c’est à dire en chassant les gaspillages qu’elle fait en utilisant mal la richesse que peuvent produire les hommes et les femmes qui la composent. Et donc en l’aidant à se sortir d’une logique purement financière qui est à court terme, et qui a un prix social énorme au sein des entreprises.

          Politiquement, je suis fondamentalement en faveur d’une meilleure mise à contribution des profits des entreprises au mieux-être social. Les deux ne sont pas incompatibles.

        1 autres commentaires
  • Christobal Colon
    Christobal Colon
    Scandalisé à 999%
    • Posté à 00h28 le 01/04/2008
    • Internaute 6494
      Scandalisé à 999%

    « Je plaide donc pour que l’on remette le facteur humain, dans toute sa dimension psychologique, au cœur de la problématique de l’audit. Je plaide pour une organisation des entreprises dans laquelle, au lieu de construire des schémas et des procédures standard, dans lesquelles on insère ensuite des individus supposés interchangeables, on prenne la peine de s’intéresser à la valeur du capital humain de l’entreprise, aux forces et aux faiblesses des individus auxquels l’on demande de remplir une mission donnée, et que l’on adapte l’organisation et les procédures à ces individus, au lieu de faire l’inverse. »

    Pour l’audit de La République et de La Constitution, je veux bien vous accompagner !

    • Caius
      Caius répond à Christobal Colon
      Expert en management
      • Posté à 11h36 le 01/04/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Vaste programme ! Plus modestement, on peut chercher à construire étape par étape un nouveau modèle de société en suivant ces principes, par exemple en travaillant intelligemment sur le sujet très actuel de la protection sociale.

  • Lairderien
    • Posté à 01h16 le 01/04/2008
    • Internaute 22751

    Qu’importe la forme de l’audit, à quelques exceptions près ils n’ont qu’un seul but final : ’’faire suer le burnous’’ aux employés de l’entreprise, afin que le ’’Capital’’ prospère.
    Tous les audits que j’ai connu dans ma longue carrière au sein d’un grand groupe, se sont traduit par des compressions de personnels, des délocalisations, des augmentations de charges de travail pour le personnel restant.... et une augmentation des dividendes servis aux actionnaires ! Sans oublier le stress intense subi pendant toute la durée de l’audit ! ! ! Ceci dit après le 2ème on finit par être rodé et cela devient une routine !

    • Caius
      Caius répond à Lairderien
      Expert en management
      • Posté à 11h38 le 01/04/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Oui, vous décrivez assez bien la situation actuelle.

  • Alcide Nikopol
    Alcide Nikopol
    Passé a l'Est
    • Posté à 09h03 le 01/04/2008
    • Internaute 5725
      Passé a l'Est

    Marrant dans ma boite ceux qui « jouent des coudes », se la « jouent perso » et marchent sur la tete des autres pour asseoir leur petit ego sur le siege de l’ambition sont également ceux qui sont promus/encouragés/montrés en exemple.

    Ca n’empeche pas nos Top Gun managers de se taper le ventre en s’auto-felicitant sur les profits records.

    • Caius
      Caius répond à Alcide Nikopol
      Expert en management
      • Posté à 11h39 le 01/04/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Et c’est bien là le problème ! ! !

  • vieux-rat
    • Posté à 01h17 le 02/04/2008
    • Internaute 37110

    Oui,
    c’est pourquoi je ne travaille plus dans les grosses structures, je préfère végéter et bricoler que d’être ou écrasé ou écrasant. On n’a pas tant de temps à vivre pour ne faire que jouer au c...

    Je n’ai pas vu de sociétés (après quasi 30 ans) où la lutte interne se faisait au détriment de tous les autres, y compris la société.

    Il existe sûrement des lieux privilégiés, dans lesquels cette attitude prédatrice n’est pas acceptée, mais ils sont certainement très rares.

    Expliquez-moi pourquoi quand ayant un bon (même très très bon) salaire, un bon emploi, on cherche encore à augmenter salaire et pouvoir coûte que coûte (et ce n’est pas un jeu de mots).

    Autrement-dit pourquoi tant de gens nous pourrissent la vie à chercher à ’tuer’ les autres ?

    du vécu triste.

    • Caius
      Caius répond à vieux-rat
      Expert en management
      • Posté à 15h07 le 02/04/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Tristesse que je partage avec vous. Nous sommes dans un système qui privilégie celui qui parle le plus fort, celui qui veut avancer sans se préoccuper du bien-être des autres, et non celui qui apporte le plus à l’entreprise, mais reste discret.

      Nous touchons là un problème de fond de la nature humaine, à savoir que les tricheurs, tant qu’ils restent peu nombreux, tirent profit de la contribution de ceux qui ont une démarche altruiste. Ceci est, et a toujours été vrai.

      La responsabilité des entreprises, c’est de comprendre qu’il est de leur intérêt de renverser cette tendance, de mettre en avant les meilleurs et de neutraliser les tricheurs. Ce qui, en simplifiant beaucoup, est le fondement de mes idées d’un management efficace.

  • Obash
    • Posté à 04h58 le 02/04/2008
    • Internaute 9228

    Malheureusement, ce n’est pas que dans les grandes sociétés...
    Et quand ce n’est pas pour l’argent, c’est pour la gloire. Il y a toujours une bonne raison pour écraser son voisin.

    • Caius
      Caius répond à Obash
      Expert en management
      • Posté à 15h09 le 02/04/2008
      • Internaute 35080
        Expert en management

      Hélas ! Voyez ma réponse à Vieux Rat, qui fait le même constat.