Parlons net 28/03/2008 à 20h37

« Un Etat endetté vaut mieux que des ménages endettés »

Pascal Riché | Redchef Rue89

Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE, économiste keynésien, homme de gauche, était ce vendredi l’invité de « Parlons net », le club de la presse des sites d’informations, animé par David Abiker (France Info). D’entrée de jeu, il s’est emporté contre ceux qui s’alarment du dérapage des déficits et appellent à « serrer les boulons » pour les contenir. Fitoussi y voit une « une hypocrisie » :

« Il est normal que lorsque l’économie ralentit le décifit augmente, ce n’est pas du tout quelque chose d’extraordinaire, au contraire. Cela signifie que quand ça va mal, l’Etat prélève moins sur le secteur privé. »

Le ralentissement économique érode les recettes fiscales. Tenter de compenser cette érosion par une augmentation des impôts relèverait de la « double punition », juge l’économiste (vous allez mal ? On vous impose plus !)



Partie des Etats-Unis, la crise financière actuelle est sérieuse, mais il faut se garder de tout alarmisme, juge Fitoussi. C’est un des « avatars » normaux du capitalisme, et il n’est pas de crises auxquelles il n’y ait de réponses intelligentes. Il juge que les « subprimes » (ces titres de créances immobilières négociables sur le marché) sont une bonne idée pour faciliter l’accession des pauvres à la propriété, mais le problème est venu du fait qu’on a « voulu les faire payer les pauvres beaucoup plus que les riches ».

Jean-Paul Fitoussi considère comme anormal qu’on ait en Europe les même taux aujourd’hui (en pleine crise) qu’en juillet (en période calme) :

« N’importe quel observateur, même venu de Sirius, qui verrait cette absence de réactivité, se demanderait : ’Qu’est-ce qui se passe ? Y a-t-il un pilote dans la cabine ? ’ »



Jean-Paul Fitoussi est l’apôtre infatigable d’une « politique de croissance européenne ». Il regrette que l’économie soit perçue comme la météo : on ne devrait pas se borner à constater « s’il fait beau ou s’il pleut ». Les politiques qu’il propose passent par l’investissement public, et donc par une augmentation, au moins à court terme, des déficits publics. Il faut en passer par là pour retrouver un rythme de croissance plus élevé, et réduire plus facilement le déficit... dans un second temps.

Un tel raisonnement est critiqué par bien d’autres économistes, qui considèrent que l’on est déjà en train de léguer une dette publique insupportable aux générations suivantes. « Il vaut mieux un Etat endetté que des ménages endettés », rétorque Fitoussi, qui ajoute :

« Nos enfants héritent aussi des titres de la dette, alors arrêtons avec ces considérations de fausse morale. »



Jean-Paul Fitoussi, comme d’autres économistes, est consulté par l’Elysée. Au moins l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, partage ses critiques contre les orthodoxes de l’équilibre budgétaire. Homme de gauche, il déplore l’absence de programme du parti socialiste : « La gauche ne sait plus ce que c’est qu’être de gauche ».

L’objectif numéro un de la gauche devrait être « le retour de l’augmentation du pouvoir d’achat et du plein emploi ». Il déplore la pression idéologique ambiante, qui assimile les économistes keynésiens à des « anti-européens » : « Je suis fédéraliste ! “



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  • Thiery
    • Posté à 22h57 le 28/03/2008
    • Internaute 17021

    Homme de gauche
    Laquelle ?
    C’est qu’il faut être méfiant maintenant !
    Il parait qu’il y en a une sarkozienne ! ! !

    • patdu49
      patdu49 répond à Thiery
      chomiste du maine et loire
      • Posté à 11h40 le 29/03/2008
      • Internaute 34595
        chomiste du maine et loire

      ou va le pognon ?
      à qui profite les intérêts de la dette ?

      les richesses en France ont été multiplié par 5 ces 30 dernières années.
      ces richesses ne se sont pas évaporées dans la nature.

      video revenus d’un foyer fiscal de député :

      Lienenvoyé par Lien

      SCANDALE POLITIQUE DU LOGEMENT :
      on ne cesse en France d’engraisser des multipropritaires sur les dos des + pauvres et modestes, via les loyers (qui representent parfois la moitié ou + de leur salaire) et les APL, qui financent non seulement INTEGRALEMENT le patrimoine immobilier des multiproprios, mais ensuite leur assure DES REVENUS A VIE, et même souvant de générations en générations, une fois les logements « amortis » (même si en fait c’est pas eux qui les ont payé du tout, d’ou mes guillemets)

      est ce que ça va cesser un jour ce scandale ?

      Lienenvoyé par Lien

      • talonette66
        talonette66 répond à patdu49
        animatrice
        • Posté à 12h48 le 29/03/2008
        • Internaute 24668
          animatrice

        merci pat pour cet intervention tambour de ville kon se le dise kon
        mais moi j’aimerais beaucoup savoir, les détails sur leur régime spécial, auxquel l’ensemble des élus, tous la main dans la main ont convenu de ne pas toucher, et encore moins d’en parler. Alors pour suivre la revue de presse du canard, il me semble que la question a été évoquée dans leurs colonnes, il nous manque vraiment ce morceau là : le système promet en plus d’une prospérité en activité, l’assurance de ne jamais revenir au commun des mortels pour envisager la retrite comme les autres.
        Allez pour que le topo soit complet, il faut aussi soulever la croûte par là, les étriller jusqu’à ce qu’on se dise, ah là oui, c’est du propre !
        En tout cas merci, si tu as les infos merci de les diffuser, car le journalisme ne se soucie plus de la réalité perçue pas ceux qui font tourner la machine en économie réelle. FAut bien qu’on s’occupe de nous, et on ne peux pas les laisser dire n’importe quoi !
        Bonne chance !

  • Eric citoyen
    Eric citoyen
    « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
    • Posté à 22h54 le 28/03/2008
    • Internaute 5352
      « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

    Bonjour à toutes et tous,

    Pour Christine Lagarde, l’économie française « se porte bien »

    C’est une bonne nouvelle ... non ?

    Ah, il parait que le père noel passe tous les jours en France sauf le 24 décembre ... info ou intox ?

    Bésitos

    Eric Bloggeur Citoyen

    Lien

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à Eric citoyen
      43
      • Posté à 00h45 le 29/03/2008
      • Internaute 4591
        43

      Christine Lagarde vient de dire que les dérapages financiers sont imputables aux collectivités locales.

      Elle a fait vite la Lagarde, les bureaux de vote sont encore tièdes, la gauche à peine installée dans ses nouvelles fonctions locales, et elle leur colle la responsabilité des dérapages.

      Je sais bien que le ridicule ne tue pas et que le bon peuple n’y comprend rien, mais là elle nous le dit vraiment en face qu’on est des cons.

      Aprés tout, elle a peut-être raison.

      Pas pour la responsabilité mais pour le qualificatif qu’elle nous suggère.

      • I.P
        I.P répond à Servais-Jean
        Flat4
        • Posté à 02h52 le 29/03/2008
        • Internaute 25391
          Flat4

        Prendre ouvertement les gens pour des cons ça permet d’être élu à 53%, pourquoi changer une méthode qui marche ?

      • A déménagé le 2 mai 2011
        A déménagé le 2 mai 2011 répond à Servais-Jean
        Délinquante au coin de la rue
        • Posté à 07h28 le 29/03/2008
        • Internaute 26137
          Délinquante au coin de la rue

        Et les dérapages de la dati, c’est aussi les collectivités locales ?
        30% de budget en plus pour Dior et les rouges à lèvres !

        Tiens, moi aussi j’ai besoin de renouveler mon maquillage ; je vais demander une augmentation de 30% à mon patron.

    • I.P
      I.P répond à Eric citoyen
      Flat4
      • Posté à 02h51 le 29/03/2008
      • Internaute 25391
        Flat4

      La crise financière c’est comme les nuages nucléaires, les douaniers ont ordre de les arreter s’ils veulent entrer en France.
      Ah on n’a plus de frontières en Europe ? Zut.

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 23h32 le 28/03/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    Ouais... C’est l’Europe qui est responsable de tout finalement. Les traités sont mal faits, il n’y a aucune politique de croissance commune...
    Il faut bien trouver un bouc émissaire.

    Des choses intéressantes mais pas vraiment innovantes.

    Lien

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 23h54 le 28/03/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    ENTOURLOUPE

    Faut-il que l’on rappelle l’entourloupe qu’est la dette publique ?

    Le problème vient de ce que c’est l’État lui même qui décide de ses dépenses (stables depuis des années à un peu moins de 23 % du PIB), et de ses recettes (passées de 22,3 % du PIB en 1980 à 18,8% en 2003. Soit une baisse plus que conséquente. Vous savez, le fameux paquet fiscal !)

    Or quand on limite soi-même ses propres recettes, faut bien trouver d’autre source de financement pour les dépenses : c’est l’emprunt. Et à qui emprunte-t-on sous forme d’obligations du Trésor ? Aux plus riches évidemment, à ceux-là même dont on vient de baisser les impôts ! Et à qui paie-t-on les intérêts juteux de l’emprunt ? Aux mêmes, aux plus riches !

    Vous avez compris la canaillerie ? La petite clique des « ménages » les plus aisés gagnent sur tous les tableaux : la baisse des recettes (diminution des impôts), et la possibilité de se faire payer des intérêts juteux (non révisables !) par l’État. On assiste ainsi à un transfert éhonté de la richesse publique vers les poches privées les plus privilégiées. Et où ils sont, les couillons de l’affaire, à votre avis ?

    Je livre à la sagacité du lecteur la solution préconisée par Michel Husson, économiste « de gauche » (je dis bien « de gauche », pas ces cornichons de socialistes qui, lorsqu’ils étaient au pouvoir ne relevaient pas les recettes, mais DIMINUAIENT LES DÉPENSES, cad le propre d’une politique de rigueur imbécile qui pèse évidemment sur toute la population, à la notable exception de ceux qui ne savent plus quoi faire de leur pognon.) Écoutons donc Michel Husson :

    « Il existe un autre moyen de stabiliser la dette publique que les coupes budgétaires, sous la forme d’un prélèvement exceptionnel sur les patrimoines les plus élevés qui reviendrait à annuler en partie une dette qui n’est autre chose que le fruit empoisonné de la contre-réforme fiscale. »

    Simple, n’est-ce pas ?

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à Le Yéti
      43
      • Posté à 00h29 le 29/03/2008
      • Internaute 4591
        43

      Entièrement d’accord avec vous et cet aprs midi j’ai entendu Hamond dire à peu de choses près ce que préconise Michel Husson
      -Taxer les stock-options et tous ces revenus déguisés qui sont exonérés de prélèvements sociaux.
      Il va même plus loin en demandant de considérer que le remplacement d’un homme par une machine donne lieu à la perception des mêmes cotisations.
      Il me semble que cette idée qui a vu le jour dans les années 50 serait tout à fait d’actualité au vu des possibilitées actuelles des technologies.
      En Suisse les caissières de super-marché commencent à être remplacées par des caisses électronique lisant directement dans le caddie les codes barre « sensibles » des marchandises qui s’y trouvent.

      • alaixih
        alaixih répond à Servais-Jean
        • Posté à 04h18 le 29/03/2008
        • Internaute 19775

        Moi ce que je trouve hallucinant dans toute cette affaire c’est que l’état qui a tout fait pour augmenter les déficits en surévaluant la croissance et en diminuant les impots pour les plus riches est aujourd’hui en train de hurler à la mort parce qu’il a des déficits.

        Que l’état à cédé au privé ou va cèder des entreprises publiques qui étaient sources de revenus importants et qu’il fait tout me semble t’il pour ne plus avoir les moyens de financer ses missions.

        Il me semble qu’il s’agit là et ce depuis un certain temps d’une stratégie établie afin de justifier de rigueur budgétaire ( de facade) d’augmentations d’impôts pour les classes moyennes pour le rendre encore plus impopulaire et de la diminution de l’impot pour les plus riches au motifs que ce sont eux qui créent la richesse ( croissance ) en France, point de vue purement théorique, démontrant aisément le narcissisme d’une classe sociale de nantis qui pense justifier de son existence de par une utilité sociale qui reste a prouver.

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à Le Yéti
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 10h13 le 29/03/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « Il existe un autre moyen de stabiliser la dette publique que les coupes budgétaires, sous la forme d’un prélèvement exceptionnel sur les patrimoines les plus élevés qui reviendrait à annuler en partie une dette qui n’est autre chose que le fruit empoisonné de la contre-réforme fiscale. »

      Simple, n’est-ce pas ?

      ==> oui, aussi simple que con....
      vous croyez que l’ISF n’a pas fait assez de dégat ?
      Vous espérez quoi ? construire un mur autour dela France pour empécher les « patrimoines élevés » de la fuire ?
      Au contraire, au contraire,
      combien la France aurait à gagner à inciter les riches à dépenser leur fortune en France !

      Il faudrait à Monsieur Jean-Paul Huchon faire preuve d’un peu plus de discrétion dans ses propositions, aprés sa condamnation à six mois de prison avec sursis, 60.000 euros d’amende et un an de privation de ses droits civiques et civil, et pour son épouse, Dominique Le Texier, 55 ans, à quatre mois de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende pour « recel de prise illégale d’intérêts ».

      ..Il est vrai qu’il a fait appel...

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Pierrrrre
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 10h16 le 29/03/2008
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        Oh pardon, je me suis trompé d’Huchon.. confondu Jean Paul avec Michel...Pfff, jamais été bien fort avec le nom des rois de France.. alors leur prénom ! même les XIII, XIV, XV et XVI qui ne se suivent pas toujours.

      • la champenoise
        • Posté à 17h39 le 29/03/2008
        • Internaute 27942

        Et le cadeau du paquet fiscal, à part permettre de dire les caisses sont vides, a fait revenir les riches ? ...

      • kusanar
        kusanar répond à Pierrrrre
        • Posté à 16h03 le 30/03/2008
        • Internaute 36311

        « vous croyez que l’ISF n’a pas fait assez de dégat ?
        Vous espérez quoi ? construire un mur autour dela France pour empécher les “patrimoines élevés” de la fuire ?
        Au contraire, au contraire,
        combien la France aurait à gagner à inciter les riches à dépenser leur fortune en France ! »

        Curieuse manière d’argumenter que de s’appuyer sur quelque chose sans meme l’exprimer...
        Quels sont ces dégats causés par l’ISF ? La fuite de patrimoines élevés ?

        Si tel était le cas, je suppose que la progression du nombre de « patrimoine » soumis à l’ISF devrait diminuer voir rester stable non ? Pourquoi celui-ci continue avec une nette progression chaque année ?
        Bref, il semble que cette fuite massive soit ou bien compensée par une formidable poussée du nombre de nouveaux soumis à l’ISF, ou bien un simple argument répété autant que faire se peut sans fondement chiffré...

        Pour autant, je considère aussi que le prélèvement exceptionnel n’est pas une solution et je lui préfèrerais grandement une incitation à l’investissement dans les jeunes entreprises

      • François Doutriaux
        François Doutriaux répond à Pierrrrre
        Juriste et enseignant chercheur
        • Posté à 00h50 le 31/03/2008
        • Expert 13463
          Juriste et enseignant chercheur

        combien la France aurait à gagner à inciter les riches à dépenser leur fortune en France !

        Combien ?

        Excellente question.

        Quant à l’exode fiscal, un rapport parlementaire UMP évoquait en 2005 le chiffre de 649 foyers fiscaux par an. A rapporter aux 400 000 foyers fiscaux assujettis à l’ISF. Bercy considérait par ailleurs le chiffre comme très exagéré et le ramenait à 150 ou 200 foyers. Les mesures adoptées dans le paquet fiscal pour lutter contre cet exode représentent un coût estimé en année pleine à 6 milliards d’euros au moins. En admettant qu’il y ait 200 foyers fiscaux concernés par un exil volontaire pour des raisons purement fiscales, chacun de ces foyers devrait rapporter/consommer/investir annuellement 30 millions d’euros pour que l’opération soit seulement équivalente, et beaucoup plus pour qu’elle soit rentable. Justifier le surcoût de ces mesures par la lutte contre l’exode fiscale relève, sur le plan économique, de la plaisanterie…

        Comme la plupart des libéraux, vous refusez de voir trois réalités comptables fort simple :

        - le fractile des 10% de revenus supérieurs capte en France plus de 30% de la production de richesse (chiffre en trés forte augmentation sur la période 1998/2008). Or, il est trés loin de constituer 30% de la consommation des ménages. La part de l’épargne et de l’investissement dans le « panier » de la ventilation des hauts revenus fait qu’ils ne sont pas des citoyens « rentables » au sens où vous l’entendez. Ils consomment comparativement beaucoup moins que les foyers fiscaux plus modestes. Plus on grimpe dans les fractiles supérieures (1%, 0,5%, 0,1%) plus le delta augmente et moins le foyer est « rentable » du point de vue de la consommation. Et ce alors même que l’augmentation de hauts revenus (en %) creuse un écart croissant avec l’essentiel de la population (+100% pour les 10% les plus riches, +250% pour les 5%, +600% pour les 1%, +900% pour les 0,1% les plus riches. En valeur monétaire, les revenus des 0,1% français les plus riches augmentent prêt de 900 fois plus vite que ceux de 90% de la population fiscale).

        - La France est un paradis fiscal (le mot est d’un expert de Bercy, aps de moi) pour tous les hauts revenus (notamment les cadres) qui disposent d’enfants (du fait du quotien familial, spécificité nationale), des (trés) nombreuses formes d’exonérations fiscales dérogatoires et, plus récemment, des cadeaux issus du paquet fiscal (un couple ayant deux enfants peut transmettre 600 000 euros en franchise d’imposition tous les six ans. Sur 30 ans, prêt de 3 millions d’euros... Pour payer l’ISF ou un quelconque droit de succession, il faut soit être richissime, soit extrêmement mal informé sur le plan de la législation fiscale).

        - Les trés hauts revenus, concernés au premier plan par l’exode fiscal, sont une micro niche : 3 500 foyers fiscaux (sur 39 millions). Ils représentent certes 2% du revenu total (du fait de l’explosion surréaliste de leurs revenus sur la dernière période) mais une part plus que négligeable de la consommation globale. De plus, contrairement à l’idée reçue, l’augmentation de ces revenus ressort au premier chef de l’explosion des revenus d’activité, qui ne permettent guère de se soustraire à l’impôt par l’exode fiscal. De fait, la part des trés hauts revenus qui ressort d’investissements hors du territoire national est de...3,5%.

        Effectivement, il y a péril en la demeure.

        L’ISF et l’exode fiscale sont de vieux épouvantails agités par les libéraux pour justifier l’inégalité sans cesse croissante de la pression fiscale, le poids considérable dans notre pays des impôts indirects (non corrélés aux revenus ou au patrimoine) et les divers cadeaux dont les gouvernements de droite ont successivement gratifiés une poignée de foyers fiscaux.

        Clientélisme, quand tu nous tiens...

        Ceci étant, pour répondre à votre question :

        Rien.

        Nous n’aurions rien à y gagner. Une augmentation collective des ressources plus que négligeable à l’échelle macroéconomique.

        Au contraire, nous aurions tout à gagner à réorganiser notre imposition pour plus d’égalité. Les classes moyennes et modestes y gagneraient considérablement en pouvoir d’achat, et notre PIB en croissance liée à la consommation de sménages (60 à 100% de la croissance française sur les 10 dernières années...). Les finances publiques cesseraient également de voir leurs recettes s’effondrer (ce qui explique pour l’essentiel le déficit public depuis quinze ans, les dépenses demeurant stables).

        Même raisonnement pour les entreprises, qui coûtent à la collectivités 65 milliards annuels de manque à gagner ou de subventions diverses...pour 55 milliards d’impôts sur les sociétés. Ce véritable libéralisme (diminuer l’IS mais couper la vache à lait des subventions et exonérations fiscales) n’est, étrangement, pas du goût des libéraux ^^

        Il parait fantaisite de penser que 4 millions de foyers fiscaux français (au lieu de 200 aujourd’hui...) émigreraient soudainement au luxembourg...

        Quant aux 0,1% de Français. Qu’ils partent ou restent ne changera rien pour nous. Strictement rien. Ceux qui par ailleurs le peuvent et le veulent le font déjà : la fiscalité française ne sera jamais compétitive avec celle du Luxembourg ou de Monaco, pour la simple raison que nous sommes un véritable état, pas une maison de retraite dorée assortie d’une centrale de blanchiment pour l’argent sale du monde entier.

        Qu’ils partent donc, et que l’on arrête de ponctionner annuellement le montant global de nos retraites (sous forme d’emprunt notamment) dans le seul but de les « inciter à dépenser leur fortune en France ! ».

        Les riches, monsieur, ne dépensent pas leur fortune. La part de consommation de leur revenu (qu’il soit patrimonial ou salarial) est négligable.

        Quant à l’épargne et au placement, elle les rend incontestablement plus riches. Pour l’essentiel cependant, la société française n’a rien à y gagner...

        Ceci étant, pour vous qui citez « capital » comme presse économique « neutre » (une sympathique plaisanterie ^^) de référence (par opposition aux méchants marxistes d’« alternatives économiques »), je doute que ces quelques observations aient le moindre intérêt ^^

        Cordialement

    • loux
      loux répond à Le Yéti
      • Posté à 10h53 le 29/03/2008
      • Internaute 31152

      Je me demande comment on peut sincèrement écrire des conneries pareilles.
      Depuis quand les « riches » (bouh les méchants) souscrivent aux emprunts de l’Etat français, dont la rémunération est très faible puisque jugés non risqués ? Mon cher yéti, ce ne sont pas les riches qui souscrivent, mais bien au contraire les pauvres. La grande partie de l’endettement de l’Etat Français, c’est le livret A qui de mémoire n’est rien d’autre que le produit d’épargne pépere du français moyen sur lequel les riches ne se ruent pas.
      Votre message ne tient pas du tout la route. Et c’est bien dommage que rue 89 sélectionne ce type de commentaires débiles et gauchistes qui ne correspondent à rien.

      • Les Chats
        Les Chats répond à loux
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 11h09 le 29/03/2008
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        @loux : « La grande partie de l’endettement de l’Etat Français, c’est le livret A »

        Ben voyons ! ! Voilà un nouvel intrus qui plombe l’économie française ? Faut le supprimer alors !
        Tant qu’on y est exécutons les pauvres comme ça il n’y en aura plus. Et puis non tiens envoyons-les en Afghanistan, autant qu’ils servent à quelque chose d’utile.

         
        • BZH
          BZH répond à Les Chats
          • Posté à 18h47 le 29/03/2008
          • Internaute 24046

          Parce que c’est utile d’aller en Afghanistan ?

        • loux
          loux répond à Les Chats
          • Posté à 18h58 le 29/03/2008
          • Internaute 31152

          dure dure la culture économique : tous les fonds récupérés par le livret A refinancent les bons du trésor français. Le livret A sert donc au financement de l’Etat ; sa dette repose pour partie sur le livret A. Il ne faut donc évidemment pas le supprimer ! Je démontre juste que ce sont les classes moyennes moins qui pyent la dette.

        2 autres commentaires
      • talonette66
        talonette66 répond à loux
        animatrice
        • Posté à 13h01 le 29/03/2008
        • Internaute 24668
          animatrice

        a part que le livret A est depuis des unes la convoitise des banques privées qui rêvaient de le partager avec caisse d’épargne et la poste,et c’est fait
        a part que le livret A permettait à tellement de petits revenus de tésoriser de maigres économie, il représentait encore une masse non négligeable de liquidité que sarkozy en son temps a décidé d’en baisser les taux pour donner un peu d’air à la consommation , ce qui n’a pas été suivi de résultas.
        A part que le livret A tout bien compté représentait. Pour finir, en quoi le livret A endette la france ? sans doute parce qu’il ne rapporte pas assez ! il endetterait plutôt les souscripteurs qui se font avoir avec une rémunération tellment faible qu’elle ne compense pas l’inflation.
        Pour les heureux souscripteurs de bons d’emprunt à l’état, ils sont connus pour les plus sûrs, meme si très prudents donc peu juteux mais, il concerne sans doute pas les riches, mais ceux qui à part acheter un bien foncier pour patrimoine, peuvent garder des liquidités en patrimoine... sans qu’il se dévalue, c’est la promesse de l’état.
        tentons d’y voir clair, sans nous traiter de débile pour mettre le starter, faut arreter l’auto allumage !

      • vieux-rat
        vieux-rat répond à loux
        • Posté à 18h59 le 30/03/2008
        • Internaute 37110

        Mais si ce sont les pauvres qui prêtent, avec quel argent ?
        Sont-ils si peu pauvres qu’ils peuvent acheter des dettes dont ils sont criblés ?

        je crains de ne pas comprendre ...

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à Le Yéti
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 11h45 le 29/03/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « Vous avez compris la canaillerie ?
      .....Simple, n’est-ce pas ? »

      ==> la canaillerie est dans vos explications d’un infantilisme désopilant...
      ...c’est simple, oui, simple et con, à l’encontre de toute logique économique,
      ce sont ces raisonnement populistes qui sont responsables des problèmes de la France :

      nos gouvernements sont obligés de les satisfaire s’ils veulent ne pas se ramasser une claque électorale.

      C’est cela, les limites dela démocratie..
      quand l’électorat est con,
      les politiques engagées ne peuvent qu’être connes et contre productive,
      fournissant des caramels mous,
      et favorisant obésité et diabete.

    • patdu49
      patdu49 répond à Le Yéti
      chomiste du maine et loire
      • Posté à 11h47 le 29/03/2008
      • Internaute 34595
        chomiste du maine et loire

      Le Yéti

      merci pour ton texte, effectivement c’est comme ça que ça se passe.
      c’est quand que tu te payes un 13h ou un 20h pour pouvoir t’exprimer au + grand nombre ?

    • Almal
      Almal répond à Le Yéti
      • Posté à 12h07 le 30/03/2008
      • Internaute 37366

      Il ne faut pas oublier non plus que cette prétendue « faillite de l’Etat »,en grande partie provoquée par le refus dudit Etat de percevoir l’impôt, présente un autre intérêt considérable pour leurs auteurs : celui de faire disparaître plus rapidement les services publics qui, faute de pouvoir être financés, vont devenir de moins en moins performants et seront donc purement et simplement remplacés par des services privés... qui feront eux aussi le bonheur des p’tis copains du pouvoir.

  • Numa Parpaillot
    • Posté à 00h05 le 29/03/2008
    • Internaute 34449

    « Un Etat endetté vaut mieux que des ménages endettés » ? ? ?

    Déclaration un peu facile et surtout irresponsable, car ne pas avoir de dettes c’est mieux !

    Faire des dettes c’est perdre sa liberté et comme chacun sait, la liberté ça n’a pas de prix !

    Moralité : Si tu veux rester libre, ne fais pas dettes !

    Cette maxime vaut aussi bien pour les ménages que pour l’Etat ...

    Comme les ménages, l’Etat doit équilibrer ses comptes. Or s’il ne s’y emploie pas lorsque la croissance économique est au rendez-vous comme en 2007 par exemple, quand le fera-t-il ? Cette politique d’endettement est totalement irresponsable : 1218 milliards d’euros à ce jour !

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Numa Parpaillot
      yetiblog.org
      • Posté à 00h50 le 29/03/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      COMPARAISON DU COMPARABLE

      Allons, allons, Parpaillot, ne vous laissez pas embobiner par ces bobards tout juste bons à cumpabiliser l’honnête pélerin que vous êtes.

      1218 milliards, aussi ahurissant que cela paraisse, c’est cacahouettes à côté de ce que lâchent les banques centrales jour après jour pour essayer désespérément de maintenir sous perfusion les banques privées en déroute.

      Rien de rassurant là dedans, remarquez. Parce que quand les banques centrales vont devoir arrêter ces dons gracieux, sans doute pas dans si longtemps, ça risque d’être sacrément croquignolesque !

      –––––

      Post-scriptum : je lis dans votre commentaire complémentaire d’en-dessous : « Si tu veux rester libre, ne fais pas de dettes ! » C’est la vieille antienne catho, ça ! Dans une société entièrement basée sur le crédit comme la nôtre, qui ne fonctionne plus QUE grâce au sytème de crédit, elle ne tient pas la route.

      J’ai une version dérivée si vous voulez : « Si tu veux rester libre, débrouille-toi pour ne pas rembourser ceux qui n’ont manifestement aucun besoin de ton pognon. »

      • superfd
        superfd répond à Le Yéti
        • Posté à 14h37 le 29/03/2008
        • Internaute 37311

        « Rien de rassurant là dedans, remarquez. Parce que quand les banques centrales vont devoir arrêter ces dons gracieux, sans doute pas dans si longtemps, ça risque d’être sacrément croquignolesque ! »

        Le rôle des banques centrales est indispensable. Si elles échouent, ce sera aux Etats d’intervenir.
        L’intervention de l’Etat est une idée qui fait son chemin aux Etats-Unis si la crise s’aggrave.

        Voici un éclairage sur ce que fait une banque centrale :
        Lien
        Lien

      • NicoParis
        NicoParis répond à Le Yéti
        Gérant Obligataire
        • Posté à 18h51 le 29/03/2008
        • Internaute 37333
          Gérant Obligataire

        Malheureusement, je vois un manifeste manque de culture économique à travers toutes ces remarques. Certes, les générations futures hériteront des nos dettes ... et des titres de créances associées, mais dans ce monde globalisé (qu’on y soit opposé ou non, c’est déjà un fait), les propriétaires de ces titres ne sont pas les grands mères du 16ème arrondissement, ni monsieur bolloré, mais les institutionnels des pays ayant un taux d’épargne positif. Aujourd’hui l’immense majorité de notre dette appartient à des investisseurs étrangers. Nous ne pouvons les en déposséder sans conduire à un effondrement total de l’économie. Regardez ou conduisent des idées simplistes de « nationalisation » populistes. Le Venezuela vient de voir ses perspectives de croissances s’effondrer après le retrait des firmes multinationales qui ont fait suite aux saisies de leurs biens ou aux menaces de ne plus rembourser les créances extérieures. Regardez le Zimbabwe qui n’est plus que l’ombre de lui même.

        Et puis au fait, qui sont ces rentiers qui possèdent la dette de nos pays et les titres de propriétés de nos entreprises ?
        Ce sont nos assureurs, nos mutuelles, nos caisse de retraites. Et nos entreprises qui préfèrent prêter leurs excédents de trésorerie en attendant le versement , par exemple des salaires, plutôt que de les laisser sur un compte bancaire des semaines entières.

        Je veux également revenir sur le rôle des banques centrales. Certes ces dernières investissent des centaines de milliards de dollars pour sauver le système financier mondial de l’effondrement, mais il ne s’agit pas de dons. La banque centrale joue son rôle de préteur en dernier ressort. Aujourd’hui, les banques refusent de se prêter entre elles de peur qu’elles ne fassent faillite avant d’avoir eu le temps de rembourser leurs emprunts. c’est une crainte légitime, je vous rappelle que Bearn Stearns a coulé en trois jours. Une banque qui n’avait jamais essuyé une perte de son histoire s’est retrouvée asphyxiée par des appels de marge et en incapacité à emprunter sur le marché. Dans ce cas, la banque centrale a le devoir d’injecter des liquidités (200 milliards de dollars pour la Fed), mais ces liquidités sont remboursées à très court terme. En général 1 à 3 mois avec intérêt ! Aucun argent public n’est investi en pure perte ... pour le moment. Mais entre sauver quelques spéculateurs et éviter une crise qui détruirait des dizaines de millions d’emplois dans le monde, je pense que la haine des actionnaires ne doit pas entrer en considération. Il en va de l’intérêt général. Et ruiner les actionnaires en question, c’est voir nos retraites futures amputées, nos primes d’assurance augmenter tous comme les biens et services dont les prix dépendent de la bonne gestion de la trésorerie de l’entreprise.

         
        • perlin et pinpin
          • Posté à 07h12 le 30/03/2008
          • Internaute 31591

          @NicoParis
          Haaaa ! Ca fait du bien d’avoir un peu de bon sens dans ce foutoir d’idées toutes faites.
          Je reste toujours aussi étonné de voir le nombre de gens capable de prendre des positions aussi fermes que définitives sur des sujets qu’ils ne connaissent pas.
          Heureusement que ce n’est pas la rue qui gouverne !

        • vieux-rat
          vieux-rat répond à NicoParis
          • Posté à 18h46 le 30/03/2008
          • Internaute 37110

          Oui des ignares.
          Je suis un ignare qui pense que laisser la richesse produite par le travail collectif au privé est un scandale. Que croire qu’un système peut être, même légèrement, démocratique dans ces conditions est une illusion.

          Accepter que la mondialisation que personne n’aurait décrétée, justifie un « c’est comme ça » au meme titre que les marées ou le volcanisme est proprement ahurissant. Soit on est en République et les sociétés responsables se gèrent, soit on est dans la jungle, la nature, et le plus gros bouffe le petit.

          Qui accepte que ma richesse soit achetée par des fonds d’investissement étranger ?
          Qui me vole mes biens accumulés sur des siècles ?

          Cela entraine logiquement que si je veux vivre mieux, je dois prendre mon arme et détruire ceux qui me dérangent, n’étant pas nanti par héritage.

          Le système économique actuel m’y engage ..

        • Le Yéti
          Le Yéti répond à NicoParis
          yetiblog.org
          • Posté à 23h23 le 30/03/2008
          • Internaute 6095
            yetiblog.org

          LES « SPÉCIALISTES »

          Purée, je rentre d’un petit week-end peinard, et je vois que les « spécialistes » mouchent à qui mieux mieux l’ignorance des ignares que nous sommes ! Nous nous inclinons bien bas devant le déluge de leurs indispensables lumières.

          Dans la grande entreprise CAC 40 qui m’emploie, la gestion de la participation annuelle des salariés a été confiée à quelques-uns d’entre eux, lumineux « gérants obligataires » ou autres.

          Au jour d’aujourd’hui, depuis le début de l’année, les salariés de mon entreprise ont perdu jusqu’à 36% du petit pécule dont ils disposaient. Les salariés remercient humblement les gérants suprêmes de ne pas leur avoir fait perdre plus..

        3 autres commentaires
  • Numa Parpaillot
    • Posté à 00h10 le 29/03/2008
    • Internaute 34449

    Il faut lire :

    « Moralité : Si tu veux rester libre, ne fais pas de dettes ! »

    Cordialement !

    • François Doutriaux
      François Doutriaux répond à Numa Parpaillot
      Juriste et enseignant chercheur
      • Posté à 01h00 le 29/03/2008
      • Expert 13463
        Juriste et enseignant chercheur

      Seul probléme : sans emprunt, pas d’innovation au-delà des structures existantes.

      L’emprunt ne sert pas uniquement à enrichir le systéme financier.

      L’emprunt des entreprises, lorsqu’il vise à financer leur croissance et à alimenter l’investissement, la recherche ou le développement tout en restant maître de son destin (ce que ne permet pas l’augmentation de capital), est vertueux.

      L’emprunt des étâts, lorsqu’il demeure dans des proportions raisonnables au regard de ses rentrées (fiscales ou non) et des revenus de son patrimoine, et qu’il sert le financement des infrastructures, leur modernisation ou la mise en place de nouveaux services publics, est nécessaire.

      L’emprunt individuel, lorsqu’il vise à générer un patrimoine plutôt qu’à dissiper ses revenus (par exemple à rembourser un emprunt immobilier plutôt qu’à verser un loyer à fonds perdus), est également vertueux.

      L’emprunt à la consommation même, d’un point de vue macroéconomique, et bien qu’il soit néfaste lorsqu’il conduit au surendettement, est une mécanique qu’il est difficile d’écarter à priori pour de simples questions morales.

      Il est toujours amusant de voir les mêmes économistes se plaindrent que notre croissance (alimentée pour l’essentiel par le dynamisme de la consommation des ménages, et donc leur capacité à dépenser) est plus faible que celle de pays qui pratiquent un endettement individuel nettement supérieur...tout en refusant le principe même de l’endettement des ménages.

      On ne peut pas vouloir qu’un Français consomme autant qu’un Anglais lorsque le taux moyen d’endettement du second est supérieur de 70% (en 2004 : 129,2% du revenu brut disponible pour le royaume uni, 60,2% pour la France, à comparer avec la moyenne européenne : 90,8% ! ! !).

      C’est là une simple question d’arithmétique : soit on accepte que notre consommation intérieure (6° marché mondial pour 1% de la population ! ! !) soit plus faible, et nous nous réjouissons de notre « gestion saine ». Mais il faut alors accepter que notre croissance ne puisse se comparer à celle de pays (royaume-uni, pays-bas, danemark, irlande, allemagne, autriche, espagne, portugal, états-unis, etc...) qui pratique une « mauvaise gestion » mais générent par ce biais de fortes plus-values économiques.

      Si l’on veut maintenir un endettement limité pour les ménages, l’état doit s’endetter pour compenser. Si l’on refuse également l’endettement de l’état, alors on doit accepter une croissance faible.

      On ne peut avoir le beurre, l’argent du beurre et la crémiére en prime.

      Le probléme n’est pas tant l’endettement des ménages (en augmentation depuis 2004), celui de l’état (qui est en réalité beaucoup plus important si l’on réintégre les transferts de charges sur les CTIE, la Sécurité sociale, etc..) que ce qui en est fait : s’endetter pour résorber les inégalités sociales et favoriser le développement économique tant des services publics que du privé n’est pas condamnable en soi. En revanche, s’endetter pour financer l’intensification du fossé des revenus, tout en pratiquant une politique de casse sociale, est suicidaire à terme.

      Quant à l’intervention de Monsieur Fitoussi, et bien que je ne sois pas en accord avec lui sur l’ensemble de ses positions, elle a ses mérites habituelles : celui notamment d’écorner les lieux communs et les prénotions au profit d’une analyse factuelle et rigoureuse.

      Quant à partager les préconisations qu’il déduit de cette analyse, chacun verra midi à sa porte ^^

      L’article qu’il avait publié dans le Monde sur l’inanité des commentaires relatifs au « déficit » commercial français était un modéle d’éclairage.

      Il fait partie des rares experts français à porter un jugement économique et non idéologique sur les politiques menées dans ce secteur.

      Je lui en suis, personnellement, reconnaissant.

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à François Doutriaux
        yetiblog.org
        • Posté à 07h30 le 29/03/2008
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        PARADIS PERDU

        Votre raisonnement ne tient que dans le cadre du système actuel qui justifie l’emprunt et mle crédit que par une promesse de croissance.

        Or c’est précisément cette promesse de croissance (et donc le système tout entier) qui est en train de durablement mordre la poussière.

         
        • François Doutriaux
          François Doutriaux répond à Le Yéti
          Juriste et enseignant chercheur
          • Posté à 17h58 le 29/03/2008
          • Expert 13463
            Juriste et enseignant chercheur

          je ne vois pas trés bien, personnellement, le rapport entre la crise finançiére liéé à une idéologie ultralibérale telle qu’elle touche les « acrobates » des emprutns à haut risque et le reste de l’économie.

          Les besoins en investissement ou en R. et D. des entreprises sont immuables et ne peuvent, pour l’essentiel, trouver d’autre réponse que dans l’emprunt.

          Il en va de même pour les finances publiques, qui doivent nécessairement recourrir à l’emprunt, sous peine de geler une part considérable des nouvelles structures ou offres de service public.

          Quant aux ménages, pensez vous sérieusement que l’on doive limiter, par exemple, l’acquisition d’un bien immobilier aux seuls titulaires de fortunes personnelles susceptibles d’acheter ce bien sans recourrir à l’emprunt ?

          Il me semble extrêment irréaliste de confondre l’idéologie ultralibérale de surconsommation par endettement ou de l’illusion du « rêve américain » (car la crise des subprimes n’est rien d’autre que la traduction économique de l’illusion selon laquelle n’importe quel individu peut se porter acquéreur de son logement) et le mécanisme général de l’emprunt.

          Un peu comme de jeter le bébé avec l’eau du bain, ou de considérer que l’on doit revenir au protectionnisme étatique du fait des dérives du capitalisme international de masse...

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à François Doutriaux
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 14h38 le 30/03/2008
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « ....la crise finançiére liéé à une idéologie ultralibérale... »

            == propagande éculée du niveau d’un élève de fond d’amphi, redoublant en première année de psycho

            • François Doutriaux
              François Doutriaux répond à Pierrrrre
              Juriste et enseignant chercheur
              • Posté à 19h13 le 30/03/2008
              • Expert 13463
                Juriste et enseignant chercheur

              Toute personne qui parcourt ces forums connait, monsieur, votre position sur la question.

              Faire preuve d’une si infantile grossiéreté ne me paraît pas indispensable.

        • perlin et pinpin
          • Posté à 08h11 le 30/03/2008
          • Internaute 31591

          Au Yeti qui dit : « Or c’est précisément cette promesse de croissance (et donc le système tout entier) qui est en train de durablement mordre la poussière. »

          Mais qu’en savez-vous ?

          Ce n’est pas en maquillant une connerie par un verbiage tendance qu’elle devient une vérité.

          Quelle prétention et quelle ignorance de croire détenir la vérité quand on songe à tous les prédicateurs qui se sont gourés dans le passé !

          Ce qui malheureusement est durable à en juger par la persistance et l’abondance de telles déclarations, c’est sûrement le crétinisme.

          Avez-vous bien compris que la croissance avait aussi un grand point commun avec la mondialisation, c’est un fait que nous ne pouvons pas surmonter car il est lié à notre démographie. Dès lors, elle s’arrêterait quand la démographie mondiale décroitrait et ce serait le début de la fin. Faut-il le souhaiter ? Et même si ce postulat est vraisemblable, qui peut dire quand il se produira ?

          Vous a-t-il effleuré l’esprit que la crise des subprimes va avoir un effet secondaire aussi certain que la récession : elle va constituer une formidable pompe à l’acquisition de logements dont les prix s’effondrent aux USA, par des foyers qui n’ont pas plongé dans le piège ou qui commencent leur carrière et bénéficient de nouvelles possibilités financières. A terme, un certain nombres de cartes vont changer de mains. C’est amoral mais selon l’ampleur du phénomène, il se pourrait que cela contribue signifcativement à faire repartir l’économie.

          Mais il est vrai que le monde marche aussi avec des idées toutes faites qui ne conduisent pourtant qu’à des postures ridicules. Quand Malraux a dit que le XXIè siècle serait religieux, il a sous-estimé l’ampleur du désastre, le XXIè est celui du retour de croyances aussi obscures que sanglantes.

          A quand l’âge de raison que les Lumières nous ont promis ?

          • BZH
            BZH répond à perlin et pinpin
            • Posté à 09h37 le 30/03/2008
            • Internaute 24046

            A lire aussi :

            Lien ! -Crise-systemique-globale-Fin-2008-Deroute-des-fonds-de-pension_a1425.html ? PHPSESSID=7924bf2ed578afc93c74b79f51f3b297

        5 autres commentaires
  • Christobal Colon
    Christobal Colon
    Scandalisé à 999%
    • Posté à 00h54 le 29/03/2008
    • Internaute 6494
      Scandalisé à 999%

    A côté du « contre le fondamentalisme environnemental », on peut glisser un simple « contre le fondamentalisme économique ».

    Il y a des choses très interessantes mais le « fond réel des choses » n’est jamais frôlé.

    Le problème inter-générationnel est survolé.

    Entre les périodes de non crises et des périodes de crises, des personnes, des groupes, se gavent, Mr Fitoussi.

    C’est un pro-européen qui parle, mais nous ne devons pas parler de la même europe. Nous ne devons pas avoir la même façon d’imaginer un futur, c’est certain.

    Le futur, en économie, c’est un présent à peine lifté.

    Inintéressant.
    Et par-dessus tout, porteur de fruits belliqueux.

    Quels sont les plans de l’économie mondiale ?
    L’économie, la croissance, la sainte sauveuse...

    Autre temps, autre croyance hein...

    A croyance en croissance, il y a croisade.
    Ceux qui ne veulent pas croiser ( ... ) subiront quand même.

    Scénario sans ambition nouvelle. Sans créativité.

    Cette même créativité que le système demande, exige même, à tous les acteurs du système, mais jamais à lui-même en quelque sorte.

    En fait, l’économie, c’est l’adolescence de l’Homme Moderne.

  • FdT
    FdT
    En pleine décroissance
    • Posté à 11h36 le 29/03/2008
    • Internaute 24641
      En pleine décroissance

    Tout dépend ce pour quoi l’Etat s’endette. S’il s’agit d’un endettement servant à rénover les écoles publiques, les hôpitaux...s’il s’agit d’un endettement finançant la recherche et la réorganisation de notre modèle économique vers un système écologique, durable...dans ce cas là il n’y aurait aucun problème. Ces dettes ne seraient alors que des investissements. Or le problème de la dette actuelle des pays industrialisés est que cette dernière n’est rien de plus que le résultat d’une gabégie et d’une spoliation des richesses nationales par la ploutocratie. Je ne vois rien de bénéfiques dans cette dette ! Que finance-t-elle au juste ? Où sont ces grands travaux ? Nullepart ! Nous nous endettons pour enrichir les banques ! Ce sont elles qui ruinent les Etats depuis le jours où ces derniers se sont interdit le droit d’émettre leur propre monnaie. Les Etats doivent payer des taux d’intérêts ruineux à des banques privées depuis ce jour...

    • NicoParis
      NicoParis répond à FdT
      Gérant Obligataire
      • Posté à 19h01 le 29/03/2008
      • Internaute 37333
        Gérant Obligataire

      Seul le Zimbabwe utilise la planche a billet pour ne pas avoir a emprunter sur les marchés. Or augmenter la masse monétaire sans création de richesse c’est créer de l’inflation automatiquement. et donc spolier la population en confisquant sa richesse par dilution de la valeur de leurs biens.

      D’ailleurs les Etats n’empruntent pas aux banques. Il se trouve que je suis gérant obligataire. J’investi donc l’argent d’institutionnels dans de la dette souveraine. Les banques ne servent que d’intermédiaires entre les investisseurs et le Trésors. Elles n’auraient pas les reins assez solides pour péter a des Etats. Les capitaux propres de la SocGen ne sont que de 30 milliards d’Euros. Largement insuffisants pour soutenir les besoins de financement de ces derniers.

  • www.laguerredesmots.com-yannick
    • Posté à 08h12 le 29/03/2008
    • Internaute 24872
      pays de gex

    pour ceux que ca intéresse :

    Lien

    et une video ( en anglais )

    Lien

    En même temps, je trouve marrant que l’état réinjecte de l’argent dans les banques à qui il doit de l’argent ( dette nationale )pour les renflouer sans que cette même dette ne diminue. Ou alors ça va pas toout à fait dans les mêmes comptes.
    Ou alors j’ai mal compris, mais faites gaffe je commence à m’intéresser à l’économie.

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 08h25 le 29/03/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    Rue89 il y un problème sur cette page, elle s’étire, elle s’étire...... comme moi tout juste réveillée ? : -))

    • Numerosix
      Numerosix répond à Les Chats
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 08h59 le 29/03/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Oui . il y a des commentateurs de Rue89 qui écrivent toute la nuit pour refaire le monde, c’est dingue !

      • Les Chats
        Les Chats répond à Numerosix
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 09h19 le 29/03/2008
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        Je ne parlais pas de ça Numerosix, mais de la mise en page, la page s’étire en largeur pas en longueur : -)

        J’en profite pour mettre un lien, ce matin le 7/9 de France-Inter et l’émission qui suit « rue des entrepreneurs » sur le travail pénible, la santé ....

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        samedi 29 mars 2008
        Emission spéciale autour de Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix à l’occasion de la sortie de son livre « Vers un nouveau capitalisme ? » publié chez Jean-Cluade Lattès

        Muhammad Yunus
        Vers un nouveau capitalisme ?
        La puissance du capitalisme peut-elle contribuer à l’éradication de la pauvreté et à la réduction des inégalités ? Pour beaucoup, cela paraît impossible. Pas pour Muhammad Yunus. Le prix Nobel de la Paix 2006 propose dans ce livre une nouvelle forme d’activité économique, complémentaire au modèle classique, permettant de produire des avantages sociaux en ayant recours au libre marché. Tout comme le microcrédit, qui concerne aujourd’hui plus de cent millions de familles dans le monde, ce que le professeur Yunus appelle le social-business pourrait profondément renouveler le capitalisme.

        Qu’est-ce qu’un social-business ?
        - Une entreprise qui gagne de l’argent mais qui n’est pas tendue exclusivement vers la maximisation du profit.
        - Une entreprise qui consacre ses bénéfices à la diminution des coûts, à la production d’avantages sociaux.
        - Une entreprise qui ne rémunère pas ses actionnaires. Utopie ?

        Les premiers social-business créés par le groupe Grameen témoignent du contraire. La nouvelle révolution à laquelle nous invite le professeur Yunus ouvre la voie à un capitalisme plus juste et plus humain.

        éditeur : éd. J-C Lattès parution : mars 2008

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Les Chats
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 09h34 le 29/03/2008
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Ha ben vous êtes bien réveillée, maintenant ..
          Bonne journée !

        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 09h37 le 29/03/2008
          • Internaute 29846
            menuisier

          Bonjour Les Chats. Je puis vous assurer que je n’y suis pour rien. : -))

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