« Alcyone » : Vienne ressuscite l'opéra baroque français
(De Vienne) A Vienne, c’est le dernier spectacle à la mode, celui qu’il faut avoir vu et dont on parle avec les collègues de bureau. Il ne s’agit pas de la tournée du Cirque du Soleil, ni du dernier show international de Céline Dion... mais d’ “ Alcyone ‘ , un opéra baroque français oublié depuis 237 ans !
Dans la belle salle néo-Renaissance du XIXe siècle de l’Odeon Theater, un metteur en scène fou, l’Autrichien Philipp Harnoncourt, a décidé de monter cet opéra quasiment inconnu de Marin Marais, plutôt réputé pour ses compositions instrumentales. Achevé en 1706, Alcyone’ avait été joué à la cour de Louis XIV, avant de tomber aux oubliettes et d’être emporté par la vague baroque italienne.
Lors de sa présentation, le projet de Philipp Harnoncourt avait bien sûr suscité quelques ironies, du genre : ‘ Si cet opéra n’a plus jamais été monté, c’est qu’il doit être vraiment mauvais ! Or, dès les premières représentations, le bouche à oreille a fonctionné. A la surprise générale, le théâtre subventionné qui accueille Alcyone’ affiche complet jusqu’à la dernière du 30 mars.
La mise en scène, moderne et en perpétuel mouvement, la qualité de la direction, les costumes et les jeux de lumière enthousiasment les amateurs de musique classique comme les néophytes. Ils permettent aussi de redécouvrir une partition qui, en fait, a beaucoup à offrir. La réussite de cet ‘ Alcyone’ , joué en français et salué par l’ensemble de la presse autrichienne, prouve donc qu’il n’y a pas de mauvais opéras, mais que, comme tous les spectacles, ces derniers sont vivants et sans cesse à ressusciter.
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Oui, cet opéra n’est jamais donné. Il était cependant connu des amateurs par son célèbre enregistrement discographique dirigé par Marc Minkowski, et aisément disponible dans le commerce.
Il existe, si, de mauvais opéras, mais il vrai qu’on crée trop souvent des confusions au détriment des opéras oubliés. Ceux qui durent à l’affiche ont évidemment de grandes qualités pour survivre au fil du temps, avec cependant des exemples de disparitions spectaculaires.
En revanche, il existe une multitude de raisons pour qu’un opéra soit méconnu, ne serait-ce que l’absence de création (fréquent dans le cas d’un double métier du compositeur) ou le changement de goût de l’époque. Et donc aucune bonne raison artistique pour ne pas redonner leur chance à des titres peu fêtés sur les scènes internationales.
Dernière chose, car en chaque amateur il subsiste quelque chose de de Beckmesser : Alcyone étant un personnage féminin, on préfère généralement accorder le déterminant avec le titre.
Un plaisir de constater que Rue89 diversifie toujours plus ses contenus, et avec un angle de vue très souvent original sur l’ensemble des sujets.
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