Droit de suite 27/03/2008 à 16h17

Affaire Borrel : deux Djiboutiens lourdement condamnés


Coup de tonnerre à Versailles. Le tribunal correctionnel a fermement condamné, ce jeudi, deux haut fonctionnaires djiboutiens dans un dossier annexe de l’affaire Borrel. Djama Souleïman, procureur de la République, écope de dix-huit mois de prison ferme et Hassan Saïd, le chef des services secrets, de douze mois ferme. Tout deux étaient poursuivis pour « subornation de témoins », après avoir tenté de circonvenir deux témoins clés.

L’examen du dossier avait pris deux jours aux magistrats de Versailles. Deux jours, en l’absence des prévenus (qui ne se sont jamais présentés une seule fois devant la justice française) mais aussi en l’absence des deux principaux témoins, au moment où le tribunal examinait les faits.

Ces débats à trous n’ont pas fait faillir les trois juges. En sanctionnant les deux Djiboutiens au-delà des réquisitions du procureur de la République -qui avait réclamé souze mois de prison avec sursis- les magistrats ont voulu donner un signal très clair. La justice française ne veut plus avoir à rougir dans la gestion d’un dossier aussi symbolique que délicat. Pour Elisabeth Borrel :

« C’est important qu’on ne tolère pas ce genre de procédé dans notre démocratie. Pour une première décision au fond, c’est très bien. Cela montre que les preuves existent et qu’elles sont dans le dossier. Nous verrons la suite. »

A l’énoncé du jugement, Francis Szpiner a pâli. Sans doute l’avocat de Djibouti n’avait-il pas imaginé une telle issue. Sans doute aussi va-t-il faire appel de cette décision. Sollicité par Rue89, il ne nous a jamais rappelé.

David Servenay

Ajout, le 30/06/09 : La Cour d’appel de Versailles a relaxé les deux prévenus, le 28 mai 2009. Elle a aussi ordonné la levée des mandats d’arrêt internationaux visant le procureur de la République et le chef des services secrets de Djibouti. Leur avocat, Francis Szpiner, n’a pas souhaité répondre aux questions de Rue89.


Article suivi : Affaire Borrel, les pressions des Djiboutiens en procès

  • 5156 visites
  • 16 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 17h47 le 27/03/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    Il y a donc des juges qui croient en leur indépendance, et qui l’utilisent.

    Si seulement tous les juges avaient le même sens de leur devoir...

    Lien

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à DidierB63
      43
      • Posté à 18h26 le 27/03/2008
      • Internaute 4591
        43

      Didier
      Nous avons au moins deux juges comme riverains, je vous en conseille la fréquentation.
      Par exemple tapez donc dans la zone « recherche » : « Jean de Maillard » et peut-être changerez-vous d’avis sur le pouvoir judiciaire
      Amicalement

      • cooper59
        cooper59 répond à Servais-Jean
        nazer c pueril et con
        • Posté à 01h38 le 28/03/2008
        • Internaute 18535
          nazer c pueril et con

        y’a quand meme quelques juges vraiment bizarres Servais , quelques magistrats pas piqués des hannetons ! Dont on se sert generalement dans l’interet superieur de la nation , suivez ma souris .

         
        • Servais-Jean
          Servais-Jean répond à cooper59
          43
          • Posté à 01h45 le 28/03/2008
          • Internaute 4591
            43

          cooper
          J’aurai préféré la tounure suivante
          Dont on essaie de se servir generalement dans l’interet superieur de la nation , suivez ma souris.
          Et ne pas confondre dans la magistrature le siège et le parquet.

          • cooper59
            cooper59 répond à Servais-Jean
            nazer c pueril et con
            • Posté à 11h40 le 28/03/2008
            • Internaute 18535
              nazer c pueril et con

            hello Servais , ceux qui s’occupent des dossiers ultra sensibles , ceux là font ou on leurs dit de faire . Mais une chose est sure ,bon , c’est particulier (DNAT) ; en general on leurs mets plutot des batons dans les roues ! je parle des juges d’instructions ! pas facile ce boulot .

        2 autres commentaires
  • paul aymé
    paul aymé
    écrivain à Paris
    • Posté à 18h05 le 27/03/2008
    • Internaute 24464
      écrivain à Paris

    Le camouflet est cinglant.
    L’étau se resserre autour du Président djiboutien et ses hommes de main dans l’assassinat de B.Borrel. Car au delà d’une condamnation pour subornation de ces deux dignitaires, il s’agit de savoir pourquoi Djibouti a tenté de faire pression sur deux témoins essentiels de l’affaire, afin qu’ils modifient leurs dires.
    Pour cacher l’implication du plus haut niveau de l’Etat djiboutien et de ses complices français dans l’assassinat d’un magistrat ?
    Voilà une question que devrait se poser (si elle ne l’avait déjà fait) la juge qui instruit le dossier principal à Paris !

  • Servais-Jean
    • Posté à 18h35 le 27/03/2008
    • Internaute 4591
      43

    « Sollicité par Rue89, il ne nous a jamais rappelé. »
    David Servenay

    Suite à la visite de Madame Borrel ici même et à la position prise par Rue89 et tous les riverains, le silence de Szpiner semble montrer l’efficacité de notre démarche.

    Je me permet d’écrire « notre » vu que Rue89 c’est l’info à 3 voix.

    Il y a quelques temps Djibouti a saisi le tribunal de La Haye en reconnaissant que cette procédure avait été conseillée par Chirac pour avoir accés au dossier d’instruction français ce qui a conduit à l’abandon de la thèse du suicide.
    Ce conseil de Chirac, s’il semblait judicieux se trouve être en fait une énorme ânerie dont lui seul est capable. Anerie à double détente : - La première conduisant Djibouti à reconnaître le meurtre : - La seconde en posant un Président de la République comme conseillé d’un état considéré dans cette affaire comme ennemi.

    Szpiner est tombé dans le piège et n’a certainement pas envie de s’en vanter.

    Quant à la Justice elle continue sereinement son travail et vient de frapper un grand coup en touchant deux représentants de l’état Djiboutien.

    L’étau se reserre autour du Président de Djibouti, mais peut-être aussi risque-t-il de se refermer sur un ancien président ?

    On peut toujours réver, parfois les rèves se réalisent.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 21h14 le 27/03/2008
    • Internaute 29846
      menuisier

    Une pensée pour Mmme Borrel qui se bat depuis si longtemps. Contre tout le monde.

  • thierry reboud
    • Posté à 23h06 le 27/03/2008
    • Internaute 20923

    « Sans doute l’avocat de Djibouti n’avait-il pas imaginé une telle issue. »

    Dieu me tripote, n’y avait pas que Szpiner qui n’avait pas imaginé ça. Je m’en réjouis autant qu’il s’en désole. Ni plus, ni moins.

    A propos des magistrats de Versailles : il doit bien y avoir des méthodes plus directes pour obtenir une mutation, non ?

    • cooper59
      cooper59 répond à thierry reboud
      nazer c pueril et con
      • Posté à 01h44 le 28/03/2008
      • Internaute 18535
        nazer c pueril et con

      ah Szpiner , le champion du monde du « plus c’est gros plus ça passe » , surtout dans cette affaire ! divine surprise ! les français de Djibouti vous pouvez preparer les valises , les militaires une nouvelle base toute neuve vous attends pas loin .

    • Servais-Jean
      • Posté à 02h08 le 28/03/2008
      • Internaute 4591
        43

      Concernant les magistrats de Versailles, ils n’ont certainement pas été menacés (le mot est mal choisi) d’autant plus qu’un coup de patte à Chirac ne devrait pas déplaire à notre président.

      Remarque complémentaire.

      En regardant Carla à l’ouvrage en tant que « première dame », à la place de son mari je me ferai du souci.
      Elle a tout pour devenir une éminence grise et plus.

      Sarko cramponne toi, tu vas te faire doubler.

  • Eowyn
    • Posté à 23h25 le 27/03/2008
    • Internaute 31766

    Enfin une décision ferme et qui fasse honneur à la justice, dans cette affaire. Espérons que le reste suivra....

  • V comme vendetta
    V comme vendetta
    Ecrivain
    • Posté à 09h18 le 28/03/2008
    • Internaute 24299
      Ecrivain

    Enfin, une décision de justice qui semble aller à l’encontre des intérêts géostratégiques.
    Il faudrait gratter un peu plus. Djibouti n’est peut être plus aussi importante qu’elle l’était.
    12 et 18 mois ferme pour l’assassinat d’un juge me parait dérisoire, même si cela change de l’impunité détestable qui prévalait.

    • thierry reboud
      • Posté à 17h37 le 28/03/2008
      • Internaute 20923

      Salut V.
      Ils ne sont pas condamnés pour le meurtre d’un juge, mais pour subornation de témoin. (Ce qui, au passage, explique que ce soit un tribunal correctionnel qui ait rendu ce jugement : pour l’assassinat, ce sont les assises.)

  • AbdulAziz
    AbdulAziz
    PEINARDE
    • Posté à 09h36 le 28/03/2008
    • Internaute 24536
      PEINARDE

    DJIBOUTI : frontalier de la plus grande « Poudrière » du monde en ce moment : Somalie,Ethiopie,Soudan et face à l’Arabie qui arme et nourrit tout le monde dans ce secteur.La France était fort bien perçue avant de cèder une partie de sa base aux Etats-Unis qui ne l’utilise qu’a des fins logistiques.Même si c’est correct, il semble impossible de faire Justice dans ce coin de notre planète.Mais que la victime repose en paix .Condoléances à sa famille.

  • Faucon
    Faucon
    Ancien
    • Posté à 17h05 le 28/03/2008
    • Internaute 9232
      Ancien

    Les autorités de Djibouti ont beaucoup de difficultés à accepter que des juges puissent être libre de juger sans pression.
    Il est vrai que dans cette affaire de « subornation de témoin » ils font fort, et leur mécontement actuel est à la hauteur de l’ignorance qu’ils ont de la « démocratie ». Ceci est valable pour la liberté de la presse qui échappe complétement à leur mécanisme de pensée.
    Sans pour autant préjuger du fond et de la suite de l’affaire dite « Borrel », la position du pouvoir djiboutien face à cette décision de justice (dont l’appel a été immédiatement demandé)est tellement stupide, qu’ils sont bien capable de rallumer des feux...qui là risquent d’être difficile à éteindre.