Start 30/09/2011 à 18h09

« Keys of a Gamespace », le jeu vidéo qui explore la pédophilie

Aurélie Champagne | Journaliste Rue89

« Keys of a Gamespace » est un jeu vidéo indépendant et gratuit, téléchargeable gratuitement depuis quelques jours pour PC. C’est le premier à placer la pédophilie au cœur de l’intrigue. Huit cents « gamers » s’y sont déjà aventurés et commentent depuis leurs dilemmes éthiques sur un forum.

L’histoire commence dans le bureau de Sébastien. On ne l’aperçoit pas au premier coup d’œil. Il se terre derrière son écran d’ordinateur : sa petite amie le sermonne et lui réclame un enfant. Le décor est sobre et faussement enfantin. Puis une mélodie vient vriller l’ambiance et nimbe le décor d’une féerie anxiogène à la « Twin Peaks ».


« Keys of a Gamespace » (Sébastien Genvo).

Sébastien doit admettre qu’il a des problèmes liés à la paternité. Il découvre que son père, qui l’a abandonné, est pédophile et que celui-ci reproduit des abus dont il a lui-même été victime dans son enfance.

« Explorer ses problèmes psychologiques, sociaux, culturels »

« Le jeu propose de se mettre à la place d’autrui pour explorer ses problèmes psychologiques, sociaux, culturels », résume son concepteur, Sébastien Genvo.

A l’issue de la partie, le joueur doit faire un ensemble de choix. Chacun d’eux sous-tend une réflexion sur le libre-arbitre, le déterminisme et le pardon.


« Keys of a Gamespace » (Sébastien Genvo).

Son concepteur, un chercheur ancien d’Ubisoft

Sébastien Genvo est maître de conférences à l’université Paul-Verlaine à Metz. Il est chercheur spécialiste des jeux vidéo, ancien d’Ubisoft où il était « game designer ».

Il est allé puiser dans son histoire personnelle le point de départ de ce jeu, auquel il a donné une forme « volontairement courte ». Une quarantaine de minutes suffisent à plonger au cœur des dilemmes moraux du héros.


« Keys of a Gamespace » (Sébastien Genvo).

« Le jeu vidéo peut aussi aborder des thématiques graves »

Fait inhabituel, le principal ressort dramatique n’est pas la colère, la conquête du pouvoir ou le suspense mais une forme d’empathie pour le héros. C’est un « jeu expressif », précise le concepteur :

« Il repose sur l’expression d’émotions et d’idées, et considère le jeu vidéo comme un moyen d’expression à part entière.

Le jeu vidéo n’est pas un moyen d’expression mineur. Il peut aussi, à sa façon, aborder des thématiques graves ou difficiles. »

Autobiographique et sous influences

Sébastien Genvo investit ainsi le champ de l’autobiographie dans le jeu vidéo, comme « American Splendor » d’Harvey Pekar ou « Maus » d’Art Spiegelman l’ont fait en bande-dessinée. Ces deux livres font d’ailleurs partie des références que Sébastien Genvo cite volontiers, avec « Black Hole », de Charles Burns.

Côté cinéma, c’était « Mystic River », « EraserHead », et « Twin Peaks » qui lui trottaient dans la tête. Le site Diygame s’emploie d’ailleurs à analyser les liens que le jeu entretient avec ces films.


« Keys of a Gamespace » (Sébastien Genvo).

Sur le forum, philosophie et témoignages

En bavardant avec Sébastien Genvo, on lui découvre l’ambition d’« aider des victimes en détresse psychologique » et de faire « réfléchir certaines personnes qui s’apprêteraient à commettre des actes graves en leur faisant vivre par le jeu les conséquences de leurs agissements ».

On restait dubitatif sur ce point mais le forum ouvert aux joueurs offre des témoignages étonnants.

Ciseau, joueur et victime d’acte pédophile, raconte :

« J’ai fini ce petit jeu, qui m’a évoqué ma propre histoire, à la différence que j’ai été la victime (et que la personne abusive n’avait pas de lien de famille).

J’ai opté pour le choix de lui laisser la vie, même si je pense que nous sommes effectivement libres de nos choix. Cette liberté n’empêche pas de se méprendre, et le père dans le jeu présente un réel problème. Il mérite d’être compris et aidé, et c’est en tant que victime que je peux le dire.

Il n’y a qu’un moyen d’avancer, c’est de pardonner. L’acte en lui-même ne tue pas, c’est la réaction (et souvent le blocage qui en découle) qui détruit.

Vous-mêmes, pardonnez. C’est la seule issue [...] En tout cas, en ce qui me concerne, je n’ai aucune crainte de devenir père, car je sais que je ferai de mon mieux pour protéger mes enfants. »

Aller plus loin
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  • 50 réactions
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  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h24 le 30/09/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Après les bouquins qui prennent la tête et les films qui prennent la tête, fallait bien les jeux qui prennent la tête : D

    Mais il manque une précision importante pour savoir si le jeu est vraiment cool :
    1) peut on buter son père après l’avoir torturé histoire de bien se venger et ensuite l’enterrer dans le jardin ?
    2) peut on torturer son fils, l’enterrer dans le jardin, le buter puis le violer (dans cet ordre, sinon c’est pas drôle) ?

    Je sais pas pourquoi mais si la réponse 2 est « oui », ce jeu va avoir du succès et va faire parler de lui : D

    • Avocat du diable
      Avocat du diable répond à Keldan
      Il en faut bien un
      • Posté à 18h56 le 30/09/2011
      • Internaute 165235
        Il en faut bien un

      D’après la description, je n’ai pas l’impression qu’il s’agisse d’un clone de « Rapelay ».

      • algiedi
        algiedi répond à Avocat du diable
        Cuistre
        • Posté à 02h33 le 01/10/2011
        • Internaute 89961
          Cuistre

        Je suis contente de voir que je suis pas la seule à avoir pensé à Rapelay en voyant le titre.

  • mioumiou
    • Posté à 19h01 le 30/09/2011
    • Internaute 34943

    Oula, bonjour le jeu pourri !

  • Avocat du diable
    Avocat du diable
    Il en faut bien un
    • Posté à 19h03 le 30/09/2011
    • Internaute 165235
      Il en faut bien un

    « Keys of a Gamespace » est un jeu vidéo indépendant et gratuit, téléchargeable gratuitement depuis quelques jours pour PC.

    Pour Windows, en fait. « Un jeu pour PC » ça ne veut pas dire grand chose.

    • Aurélie Champagne
      Aurélie Champagne répond à Avocat du diable
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 19h07 le 30/09/2011
        rédacteur
      • Journaliste 131894
        Journaliste

      Vous ne connaissez donc pas wine... ; -)

      • F CB
        F CB répond à Aurélie Champagne
        Au fond à droite.
        • Posté à 19h31 le 30/09/2011
        • Internaute 101445
          Au fond à droite.

        Mouais, alternative peu stable et gourmande en ressources.
        Vous voulez énerver le hardcore gamer, vous, vous allez avoir des problèmes : P

         
        • Aurélie Champagne
          Aurélie Champagne répond à F CB
          Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
          • Posté à 19h59 le 30/09/2011
            rédacteur
          • Journaliste 131894
            Journaliste

          bubble syslog de VPN, chmod +x user.root en 755... désolée

          • Avocat du diable
            Avocat du diable répond à Aurélie Champagne
            Il en faut bien un
            • Posté à 20h04 le 30/09/2011
            • Internaute 165235
              Il en faut bien un

            Wêêêê une geek parmi les auteurs de Rue89 (ou alors c’est super bien imité).

            • Spool
              Spool répond à Avocat du diable
              ici
              • Posté à 21h12 le 30/09/2011
              • Internaute 52054
                ici

              Si elle continue comme ça elle va avoir des demandes en mariage.

              • Avocat du diable
                Avocat du diable répond à Spool
                Il en faut bien un
                • Posté à 00h29 le 01/10/2011
                • Internaute 165235
                  Il en faut bien un

                On est plus raffinés que ça, quand même.

          • F CB
            F CB répond à Aurélie Champagne
            Au fond à droite.
            • Posté à 21h27 le 30/09/2011
            • Internaute 101445
              Au fond à droite.

            Fake !

          • Cyprien Luraghi
            Cyprien Luraghi répond à Aurélie Champagne
            En Gordini
            • Posté à 22h15 le 30/09/2011
            • Internaute 101150
              En Gordini

            En 777 vous pensez que j’aurais plus d’ouvertures ?

          • shamanphenix
            shamanphenix répond à Aurélie Champagne
            Ça ne te regarde pas
            • Posté à 05h41 le 01/10/2011
            • Internaute 80834
              Ça ne te regarde pas

            Respect.

          • geff
            geff répond à Aurélie Champagne
            www.ecapote.com
            • Posté à 11h10 le 01/10/2011
            • Internaute 17855
              www.ecapote.com

            Aurelie 2 - Troll 0
            ce mouchage m a trop fait rire :)

        8 autres commentaires
      • Elissa
        Elissa répond à Aurélie Champagne
        Etudiante
        • Posté à 23h19 le 30/09/2011
        • Internaute 102367
          Etudiante

        Encore faudrait-il pouvoir avoir quelque chose de stable, même si wine permet de fonctionner le jeu celui-ci a été conçu pour Windows. Raison pour laquelle on ne peux pas parler de « jeu pour pc » en théorie.
        Sauf si on va voir wikipédia qui nous indique qu’en fait c’est un gros bordel : soit ça désigne un ordinateur qui n’est pas un mac, soit ça désigne n’importe quel ordinateur personnel, soit ça désigne un ordinateur équipé de windows.
        Donc bon, voilà, vu que le terme PC a autant d’interprétation (la mienne étant ordinateur personnel, incluant les macs) que d’utilisateurs, je crois que toute phrase contenant le mot PC sera de toute façon juste du point de vue de quelqu’un.

        (bon sinon sous linux, personnellement ça a crashé à la fin du jeu et impossible de le relancer depuis...enfin j’ai pu jouer.)

    • Chlore
      Chlore répond à Avocat du diable
      Plurium interrogationum
      • Posté à 19h15 le 30/09/2011
      • Internaute 21035
        Plurium interrogationum

      Windows tout court ne veut pas dire grand chose non plus ...
      Manque la/les version(s) et/ou les processeurs (X86, MIPS, ARM, ALPHA, PowerPc, ...) supportés
      Tant qu’à pinailler autant aller au maximum

      • Avocat du diable
        Avocat du diable répond à Chlore
        Il en faut bien un
        • Posté à 19h32 le 30/09/2011
        • Internaute 165235
          Il en faut bien un

        Oui, très juste.
        Dans « X86 » vous avez oublié la distinction entre i386 et amd64.

        Blague à part, si je rappelle la différence entre « Windows » et « PC » c’est parce qu’il y a des jeux dispos sur plusieurs OS tournant sur PC. Jeux existant sous Windows, Linux et BSD, par exemple.

        Quand un jeu n’est dispo que sur Windows, dire PC apporte une imprécision inutile.

         
        • F CB
          F CB répond à Avocat du diable
          Au fond à droite.
          • Posté à 20h38 le 30/09/2011
          • Internaute 101445
            Au fond à droite.

          Jusqu’à Windows 8, tout du moins.

        • Chlore
          Chlore répond à Avocat du diable
          Plurium interrogationum
          • Posté à 20h42 le 30/09/2011
          • Internaute 21035
            Plurium interrogationum

          C’est une question de probabilités ...
          Si votre voisin vous dis qu’il laisse tomber les monospaces et qu’il vient d’acheter une berline vous vous demandez ou il va « garer » les chevaux ?

          • Avocat du diable
            Avocat du diable répond à Chlore
            Il en faut bien un
            • Posté à 00h05 le 01/10/2011
            • Internaute 165235
              Il en faut bien un

            Mais oui, mais oui. Ça ne fait que du bien de se rassurer en se rappelant qu’on fait le même choix que tout le monde, et en faisant des comparaisons tordues pour ridiculiser toute alternative.

            Si j’insiste sur la distinction PC ! = Windows c’est, vous l’aurez compris, pour rappeler que malgré la complicité passive des victimes de la vente liée, un PC est à l’origine un matériel ouvert capable de faire tourner n’importe quel OS. Et qu’il est bon de rappeler aux utilisateurs qu’il existe autre chose.

            Mais je vais vous laisser tranquille. Les gens sont bien contents de continuer à choisir Microsoft. Sauf quand ils pleurnichent (comme des petits enfants.. hem pardon) parce qu’ils se sont fait mettre :
            Lien

             :)

            • Chlore
              Chlore répond à Avocat du diable
              Plurium interrogationum
              • Posté à 09h41 le 01/10/2011
              • Internaute 21035
                Plurium interrogationum

              Ce n’était pas une comparaison (ou assimilation d’un OS un mode de transport faut arrêter la parano) mais une illustration de ce que l’on peut comprendre en fonction des probabilités.
              A la limite d’ailleurs c’est bien ce que vous faite puisque PC n’étant pas (plus) une marque vous l’assimilez automatiquement à un Ordinateur Personnel à jeu d’instruction X86 alors que cela pourrait tout aussi bien être un Z80 ou un itanium (toujours pas de comparaison mais c’est tordu je vous l’accorde)

              Qu’on l’on le déplore ou non un PC c’est historiquement un ordinateur avec du microsoft dedans et actuellement c’est encore 90% du marché planétaire donc supposer qu’un PC est un ordinateur personnel à jeu d’instruction X86 équipé de windows fait que l’on a peu de chance de se tromper.(tout comme de parler de berline actuellement fait généralement penser à une automobile (et à moteur à explosions sinon on parlerait d’une automobile électrique) et pas à une hippomobile ; -) )

              Marrant c’est depuis qu’Apple c’est converti au X86 (avant : X86=suxx ! PowerPc=roxx !) que l’on a cette bataille. Avant un « PC » était équipé « microsoft » sinon on parlait d’un « PC linux ».

              Quant au choix des gens et la vente liée... l’épisode netbooks initialement sous linux à vite tourné court les gens se sont vite dépêchées de mettre Xp dessus avant que cela soit les fabricants qui le fasse directement (alors que linux était bien plus performant) pour mieux vendre (au fait les netbooks sont des PC ou pas ? : D )

              Sur ce je vous laisse à votre croisade et vous souhaite un bon WE

        4 autres commentaires
  • Brenig bar
    Brenig bar
    irreligieux
    • Posté à 19h08 le 30/09/2011
    • Internaute 125570
      irreligieux

    A quand « Auschwitz, Sonderkommando », avec le déporté qui remplira le plus vite possible son four crématoire. Je suis de plus en plus écoeuré par tout ce déballage qui, sous un vague prétexte sociologique, explore sans retenue les arcanes les plus sombres de l’âme humaine.

    • F CB
      F CB répond à Brenig bar
      Au fond à droite.
      • Posté à 19h33 le 30/09/2011
      • Internaute 101445
        Au fond à droite.

      Essayez le avant de nazer.
      Un film qui en parle, c’est bien, mais pas un jeu ?
      Le jeu, un sous genre ?
      Ou on doit se taire, au contraire, enfouir ce débat gênant que vous ne sauriez voir ?

      • sanglier intrépide
        sanglier intrépide répond à F CB
        (enseignant)
        • Posté à 19h37 le 30/09/2011
        • Expert 161050
          (enseignant)

        C’est encore plus pervers qu’un film parce que ça met en situation. Le film laisse encore une petite place à la distanciation.

         
        • F CB
          F CB répond à sanglier intrépide
          Au fond à droite.
          • Posté à 19h43 le 30/09/2011
          • Internaute 101445
            Au fond à droite.

          Ça, c’est vous qui le dites.
          Si je joue à un FPS, c’est que je suis un tueur sanguinaire ?

          • Spool
            Spool répond à F CB
            ici
            • Posté à 21h52 le 30/09/2011
            • Internaute 52054
              ici

            le temps du jeu, pourquoi pas ?

            • NonooStar
              NonooStar répond à Spool
              Informaticien
              • Posté à 22h41 le 30/09/2011
              • Internaute 34879
                Informaticien

              Parce que j’ai une manette entre les mains et pas un fusil !

              Et dire qu’après, c’est aux joueurs qu’on reproche de confondre la réalité et la fiction...

              • Spool
                Spool répond à NonooStar
                ici
                • Posté à 20h09 le 01/10/2011
                • Internaute 52054
                  ici

                Et dire qu’après, c’est aux joueurs qu’on reproche de confondre la réalité et la fiction...

                ben c’est pour ça que j’ai écrit « le temps du jeu » :)
                sur le principe ça vous choque qu’un jeu puisse être si engageant qu’il permette de s’identifier à un esprit, par jeu, pendant le jeu, parce que on ne passera justement pas à l’acte ? (sur la différence manette fusil on est d’accord :)

                • NonooStar
                  NonooStar répond à Spool
                  Informaticien
                  • Posté à 13h40 le 02/10/2011
                  • Internaute 34879
                    Informaticien

                  Ce qui me choque, c’est qu’on pense qu’il suffit de penser quelque chose pour le devenir.

                  Quelque soit la qualité du jeu, quelque soit le degré d’immersion du joueur, c’est toujours quelqu’un devant un écran qui presse des boutons. Un tueur sanguinaire, c’est quelqu’un qui prend une arme bien réelle et va tuer des personnes bien réelles.

                  C’est cette différence qui fait qu’un joueur n’est pas « un tueur le temps du jeu ». Il n’est pas un tueur du tout ! Prétendre le contraire à l’aide de « le temps du jeu », de « virtuellement » ou de « par identification », c’est confondre une pure fiction et la réalité.

                  • Spool
                    Spool répond à NonooStar
                    ici
                    • Posté à 22h03 le 02/10/2011
                    • Internaute 52054
                      ici

                    Ce qui me choque, c’est qu’on pense qu’il suffit de penser quelque chose pour le devenir.

                    c’est pas dans cet esprit que j’écrivais ; au contraire : le jeu est justement ce qui montrerait qu’il est possible de penser quelque chose sans le devenir ; après, que les joueurs n’exploitent pas ce potentiel ne m’intéresse pas trop ; c’est sur l’existence de ce potentiel que je m’interrogeais
                    pour être dans le sujet de l’article, de se penser pédophile, sans le devenir
                    ou dans un jeu pédagogique, se préparer à agir, ou à comprendre
                    l’exemple du tueur est certes assez extrême
                    je regrette de ne pas avoir d’argument plus construit, mais merci pour l’échange vigoureux :)

        • CX2
          CX2 répond à sanglier intrépide
          Au fond du volcan, près du (...)
          • Posté à 19h56 le 30/09/2011
          • Internaute 60901
            Au fond du volcan, près du (...)

          En fait c’est à moitié vrais. Le fait d’agir directement dans un jeu impose moins violemment les images que dans un film ou on est passif. Dans un jeu, je peux décider de ne pas agir (même si cela signifie arrêter le jeu), alors que dans une salle de cinéma, l’image m’est imposée et potentiellement bien plus choquante.

          • sanglier intrépide
            sanglier intrépide répond à CX2
            (enseignant)
            • Posté à 08h49 le 01/10/2011
            • Expert 161050
              (enseignant)

            Oui exact. Merci pour cette précision.

        8 autres commentaires
      • Brenig bar
        Brenig bar répond à F CB
        irreligieux
        • Posté à 01h34 le 01/10/2011
        • Internaute 125570
          irreligieux

        Essayez le avant de nazer ? ? ? Vos ailes de géant ne vous empêchent pas de marcher sur Terre ? Un film en parle : wouah, l’affaire d’Outreau a été telle bien menée que personne ne croit plus à la parole de l’enfant et ce n’est pas un jeu vulgaire et débile qui élèvera le débat dans ce domaine. Au lieu de troller, ouvrez des trucs en papier, çà s’appelle des livres et çà vous évitera de débiter des conneries pour vous faire mousser devant quelques bobos en mal de défense d’agresseurs de mômes.

         
        • Elissa
          Elissa répond à Brenig bar
          Etudiante
          • Posté à 13h35 le 01/10/2011
          • Internaute 102367
            Etudiante

          Et au lieu de parler de quelque chose que vous n’avez même pas essayé...euh...bah vaut mieux tout simplement se taire dans ce cas là !

          Non, franchement vous dites n’importe quoi, j’avais pas vu ce message avant ma réponse précédente, du coup là vous me confirmer que c’est tout simplement le support qui vous gène.

          Alors afin d’éviter les attaques sur ma culture personnelle (laissez-moi deviner, les jeunes sont tous des feignasses qui passent leur temps collés devant des écrans ?), je lis, souvent, tous les jours même, tout types de livres, des magazines, des journaux.
          Ce qui ne m’empêche pas de regarder des films, des reportages, des informations sur d’autres supports (radio, télé, internet).
          Ni de jouer aux jeux vidéo.

          QUI VOUS PARLE DE DEFENDRE DES AGRESSEURS ?

          Il s’agit d’une personne, qui a eu une enfance parfaitement normale, mais dont le père a commis des actes pédophiles. Cela il ne l’apprend que des années plus tard, alors qu’il a fait sa vie, une copine un boulot, tout va bien. Simplement un jour il est convoqué chez les flics, qui lui apprennent la situation.
          Et qui nous raconte comment il a vécu cela, comment il a du faire face à une certaine culpabilité vis à vis des victimes (sans les connaître pourtant), culpabilité d’avoir eu droit à une enfance normale. Comment son père a tenté de lui dire que quoi qu’il fasse c’est dans son sang, qu’un jour il aura le même comportement comme son père et son grand-père avant lui. Comment la question s’est posée pour lui de savoir si oui ou non il était en droit d’avoir des enfants, même s’il n’était en aucun cas responsable des actes de son père. C’est toute une réflexion sur le libre-arbitre qui est posée là.
          Et le dilemme auquel il est confronté entre les deux visions de son père, celui d’un père normal et celui d’un criminel. La question du pardon. Il n’est en aucun cas question de le défendre !

          C’est simplement un témoignage, qui aurait très bien pu sortir sous la forme d’un livre vu que ça a l’air de vous tenir à coeur, mais que la personne a choisi de présenter sur un autre support.

          Et ce n’est pas une mauvaise chose : j’ai beau être une grosse lectrice ce n’est pas le genre de témoignage qu’il me vient à l’idée de lire, là j’ai joué jusqu’au bout. Ce genre de support permet d’ajouter une dimension supplémentaire : en fait de « jeu », on se contente de suivre le personnage dans son cheminement sans réellement intervenir, jusqu’à la fin ou l’on nous demande : et vous, qu’auriez vous fait ?
          Auriez-vous pardonné ou non, pensez-vous que le libre-arbitre existe.
          Il ne s’agit pas de défendre l’agresseur car à aucun moment il n’est fait de critique sur le choix fait. On peut très bien décider que le père mérite de mourir, personne ne viendra nous dire que « bah c’est mal faut pas tuer les gens fallait lui pardonner ».

          Non sérieusement, soit vous jouez au jeu et vous vous faites une VRAI opinion dessus, soit vous arrêtez de critiquer bêtement.

          Parce que là ce que vous faites, pour en revenir au livres, c’est que vous lisez la quatrième de couverture et en déduisez que le livre est mal écrit, complètement nul et sans intérêt.

          Ne vous arrêtez pas au terme « jeu video », par pitié...

          • Brenig bar
            Brenig bar répond à Elissa
            irreligieux
            • Posté à 12h31 le 02/10/2011
            • Internaute 125570
              irreligieux

            J’aime beaucoup la philosophie dominante des échanges sur Rue89 ; si tu n’es pas du même avis que moi, ferme ta gueule ou je te traite de facho. Simple et efficace.

        2 autres commentaires
    • Elissa
      Elissa répond à Brenig bar
      Etudiante
      • Posté à 23h31 le 30/09/2011
      • Internaute 102367
        Etudiante

      Le jeu cherche à montrer a quel point ce genre d’actes peut avoir une influence parfois destructrice sur les proches aussi bien des acteurs que des victimes.
      Il s’agit d’explorer la manière dont le personnage principal a été, au plus profond de soi, affecté par les actes de son père lorsqu’il en a pris connaissance (lui-même n’a rien subi de ce genre) des années plus tard.
      On ne vous demande pas de violer des petites filles !

      J’ai personnellement trouvé que le jeu était très bien construit.
      Et étant moi-même la fille d’une victime, connaissant l’agresseur (membre de la famille), et ayant passé des nuits blanches à me demander quoi faire par rapport à cette personne à présent que je connaissait la vérité, j’appréhendais un peu le côté « voyeuriste » que je risquais de trouver.
      Et bien rien de tout ça, on garde un côté très pudique.

      Non, franchement, ce que vous dites me laisse tout simplement entendre que vous n’avez absolument pas joué !

      • Brenig bar
        Brenig bar répond à Elissa
        irreligieux
        • Posté à 01h36 le 01/10/2011
        • Internaute 125570
          irreligieux

        Et je n’y jouerai jamais. Question de génération peut-être et de pudeur certainement. Ce qui ne m’a jamais empêché de regarder les problèmes en face.

         
        • Elissa
          Elissa répond à Brenig bar
          Etudiante
          • Posté à 13h07 le 01/10/2011
          • Internaute 102367
            Etudiante

          Dans ce cas évitez au moins de donner un avis sur quelque chose que vous n’avez pas réellement essayé.
          Franchement pour ce qui est de la pudeur mieux vaut jouer à ce jeu plutôt que de regarder n’importe quel épisode de NY Unité Spéciale, pour rester dans le thème. Bon je sais que certaines personnes trouvent déjà un côté assez malsain à cette série, c’est peut être votre cas ce que je comprendrais (faut avouer que parfois c’est franchement dérangeant), et là ma comparaison serait peu inadaptée.

          Mais croyez-moi ce genre de problèmes j’ai e à les regarder en face, je me les suis même prit en plein dans la tronche, et je pense que ce genre de jeu pourrait presque avoir un effet thérapeutique...dans le sens où ça peut aider à comprendre.

          Je connais l’agresseur de ma mère, et je connais surtout sa fille. Mais si ça n’avait pas été le cas, si tout ce que j’avais su sur cette personne avait été que son père a fait du mal à ma mère, comment aurait-je réagi ? Probablement comme la fille que l’on aperçoit dans le jeu et qui dit cela : « ton père t’as donné une belle enfance mais il m’a volé la mienne ». Je lui en aurais probablement voulu de simplement aimer son père.
          Là on suit justement le cheminement d’un de ces enfants dont le seul tort est d’être le fils de son père, on comprend mieux ce qu’il peut ressentir, cette culpabilité qui n’est pas la sienne et qu’il est pourtant forcé d’assumer.
          Et ça aide à pardonner.

          Bon, je me contente de vous dire à quel point ce jeu m’a fait réfléchir, mais vous semblez déjà vous être fait votre propre idée, ça m’étonnerai donc que vous changiez d’avis.

          Je trouve juste ça un peu dommage. Je joue pas mal aux jeux vidéo, et j’apprécie justement ce genre de jeu qui sortent un peu des sentiers battus, et amènent le joueur à réfléchir.

          La manière dont vous dites les choses me laisserait presque penser que vous faites partie de ces personnes persuadées que les jeux video sont responsables de tous les malheurs d monde, rendent les enfants violents, les déconnectent de la réalité, etc... (je suis peut-être à côté de la plaque hein, mais c’est juste mon impression). Ce qui est dommage.
          Ce jeu ne risque pas de déconnecter les gens de la réalité, il les met en plein dedans car il sont forcé de faire le lien et de se dire que ce genre d’histoire est probablement celle de personnes réelles. Et c’est ça qui est intéressant : ça fait réfléchir.

          • Brenig bar
            Brenig bar répond à Elissa
            irreligieux
            • Posté à 19h34 le 01/10/2011
            • Internaute 125570
              irreligieux

            Erreur, je jouais déjà aux consoles vidéo alors que la plupart d’entre vous étaient encore de vagues lueurs de désir dans les yeux de leurs parents. Simplement, j’estime qu’il y a des sujets qui ne s’y prêtent pas.

        2 autres commentaires
  • Srgvlt
    Srgvlt
    Twitter @srgvlt
    • Posté à 21h26 le 30/09/2011
    • Internaute 23660
      Twitter @srgvlt

    Ce jeu est très joli, il a même réussi à m’émouvoir à la fin.

    Sur le dispositif, c’est linéaire, il faut toujours refaire les mêmes actions (mêmes types de clics, ouvrir les portes, sortir, etc.), la temporalité est moyennement contrôlable (j’aime peu les jeux qui se prennent pour des films), et la liberté dont il est tant question autour de Winnicott on ne la trouve guère. A ces niveaux, on est à la préhistoire du jeu vidéo.

    Sur les choix que le jeu propose de faire, je n’ai testé qu’une alternative, la paradoxe pardonner/dire qu’on est libre de ses actions. Je ne sais donc si, dans le cas où l’on tue le père, la deuxième question est identique (liberté ou déterminisme), mais je suppose que oui.

    Il me semble que la typologie de Winnicott est plus fine. A moins que ce soit déjà celle d’Emmanuel Belin, qui se base sur Winnicott pour faire de la socio. Je vous conseille vivement la lecture de sa thèse, Lien (google livres). Je l’ai lue il y a quelques années, et c’est l’un des rares de socio que j’ai adoré pendant mes études de ladite discipline.

    Concernant Keys of a Gamespace, le jeu se limite beaucoup au jeu vidéo lui-même, puisqu’il nous met en face de choix prédéterminés, qui ne doivent rien au jeu que joue le joueur. Je n’ai peut-être pas très bien compris, mais ça me paraît assez grossier : supporteras-tu la contradiction ? (ne pas tuer le père en disant que sa pédophilie n’est pas de sa faute, mais prétendre que ce qu’on fait dépend de ses propres choix) Alors j’entends la voix des concepteurs disant que c’est une contradiction, et que moralement c’est pas bien, qu’il vaut mieux être cohérent dans ses pensées.

    Or d’une part on peut très bien dire que ce que font les autres ne relève pas de leur choix (sans même parler du meurtre du père plutôt que la justice - Freud après Winnicott, bon...), et estimer que ce qu’on fait soi-même relève de ses propres choix ; le concepteur du jeu suppose peut-être que le démon familial (Zola es-tu là ?) reprendra alors nécessairement, mais l’histoire s’arrête là.

    Et d’autre part c’est moins une contradiction qu’un paradoxe, dont il s’agit de vivre et d’assumer la tension. Le concepteur suppose peut-être qu’on vit plus légèrement sans paradoxes. Pourquoi pas. Le paradoxe est néanmoins au coeur de la vie sociale, comme l’a montré Maffesoli.

    En résumé, un joli jeu mais bien vieillot dans sa conception, et passablement moralisateur. C’est bien que le jeu vidéo propose autre chose qu’un massacre de zombies ou que la construction de maisons californiennes pour Sims décérébrés (remarquez, sur le plan de la conception les Sims c’est quand même autre chose), mais la route est longue.

    En matière de théorie des jeux vidéo, j’avais bien aimé la Lien (malheureusement on dirait que le pdf ne marche pas), où le fun m’avait paru non loin du flow que Belin, après d’autres, plaçait au coeur du jeu (là aussi ça fait longtemps, je me trompe peut-être un peu). Un livre a ensuite été écrit par Koster, Lien

    • Spool
      Spool répond à Srgvlt
      ici
      • Posté à 21h41 le 30/09/2011
      • Internaute 52054
        ici

      j’avais bien aimé la « Theory of fun » de Raph Koster (malheureusement on dirait que le pdf ne marche pas)

      chez moi non plus, je l’ai pris ici
      Lien

      merci pour votre commentaire et votre lien, très intéressants

      • Srgvlt
        Srgvlt répond à Spool
        Twitter @srgvlt
        • Posté à 21h46 le 30/09/2011
        • Internaute 23660
          Twitter @srgvlt

        Merci pour le lien - super ! Et pour le compliment.

  • Spool
    Spool
    ici
    • Posté à 21h29 le 30/09/2011
    • Internaute 52054
      ici

    téléchargeable gratuitement depuis quelques jours pour PC

    ouch, 75Mo, je sais que c’est petit au regard des standards, mais c’est encore trop pour moi
    si je comprends bien, l’histoire propose que le problème soit résolu entre l’adulte et l’enfant (et futur adulte)
    y a t il une place pour un troisième acteur ? police, service social... qui fasse office de médiateur ?

    • Elissa
      Elissa répond à Spool
      Etudiante
      • Posté à 23h37 le 30/09/2011
      • Internaute 102367
        Etudiante

      La question est plus, pour l’adulte, de savoir comment faire pour vivre en sachant ce qu’a fait son père. On apprend l’histoire par petit morceaux, des petits « souvenirs ».

      Au final la question est de savoir s’il est possible ou non de pardonner ce genre d’acte, et aussi si toute notre vie sera ou non déterminée par ce qu’il s’est déroulé dans notre passé ou bien si nous sommes réellement libres de nos choix.

      (le père dit n’avoir pas été libre de choisir car son père avant lui l’avait fait, et selon lui son propre fils sera pareil)

  • Theolegyptien
    Theolegyptien
    jeune et déjà fatigué
    • Posté à 00h38 le 01/10/2011
    • Internaute 143982
      jeune et déjà fatigué

    Eh ben.
    Je tire mon chapeau au concepteur, fallait oser.

  • algiedi
    algiedi
    Cuistre
    • Posté à 02h34 le 01/10/2011
    • Internaute 89961
      Cuistre

    Sauf que dans « jeu vidéo » y’a quand même le mot « jeu » hein.

    • Lyzz
      Lyzz répond à algiedi
      Etudiante geekette
      • Posté à 11h05 le 01/10/2011
      • Internaute 88178
        Etudiante geekette

      Et dans « Serious Gaming » il y a le mot sérieux.
      Lien

      • algiedi
        algiedi répond à Lyzz
        Cuistre
        • Posté à 15h40 le 01/10/2011
        • Internaute 89961
          Cuistre

        C’est triste de voir que la majorité des gens pense que « jeu » veut forcément dire « bête » ou « amusant ».

        Ce que je veux dire c’est que le propre du jeu vidéo c’est d’être construit d’abord et avant tout autour de ce qu’on appelle un « core gameplay mechanic. » Si y’a une histoire autour, c’est encore mieux, mais ce n’est pas une condition nécessaire.

        Ce n’est pas parce qu’il y a un input extérieur qu’il s’agit forcément d’un jeu vidéo. Il s’agirait là plutôt d’une histoire intéractive, centrée sur la narration (qu’elle aie plusieurs issues ou pas) et pas sur l’exploration d’une mécanique de jeu.

        Encore une fois, je suis désolée pour tous les nazeurs qui croient encore au 21e siècle que quand on dit « jeu » on pense à un truc crétin par définition.

    • Jesus Christ
      Jesus Christ répond à algiedi
      la caravane passe
      • Posté à 14h40 le 01/10/2011
      • Internaute 150094
        la caravane passe

      Dans jeux d’échec et il n’y a rien de plus sérieux que les échecs.