Le PS se recentre sur sa gauche
Huit mois avant le changement de Premier secrétaire, les ténors du PS, excepté Royal, prennent leur distance avec le MoDem.
Il faut faire des alliances « partout » avec le MoDem. En faisant cette déclaration durant l’entre-deux-tours des municipales, Ségolène Royal ne savait pas encore qu’elle allait pouvoir mesurer toute sa singularité au sein du PS, particulièrement lors du Conseil national du parti qui s’est tenu ce mardi soir.
Une nouvelle fois, cette singularité lui permet de se démarquer du reste du parti. De se placer, diront certains. En tout cas, elle a constaté que son désormais concurrent direct, Bertrand Delanoë, a opté pour une toute autre stratégie, en refusant ostensiblement la main tendue par le MoDem à Paris.
Mardi, l’ex-candidate socialiste à la présidentielle a toutefois refusé de confirmer sa position. Comme de l’infirmer. A l’inverse des strauss-kahniens, qui ne passent pourtant pas franchement pour des gauchistes au PS, qui eux ne se sont pas faits prier pour tourner la page du MoDem.
Partisane de Dominique Strauss-Kahn au niveau national et de Bertrand Delanoë à l’échelon local, la députée de Paris Sandrine Mazetier ne peut être plus directe :
« La vie politique a tendance à s’accélérer beaucoup et les cycles politiques à être de plus en plus courts. Peut-être que le cycle du MoDem aura duré un an. »
Elle emboîte ainsi le pas à Pierre Moscovici, qui devrait être son candidat favori au poste de Premier secrétaire, que François Hollande laissera vacant au prochain congrès. Pour lui, « le MoDem n’est pas à gauche » et il faut plutôt regarder du côté des alliances « historiquement fortes » à gauche :
Revoilà donc la gauche plurielle ! A la tribune, Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections, n’a pas dit autre chose mardi :
« Il n’y a jamais eu autant de conseillers municipaux Verts et communistes, élus la plupart du temps sur des listes d’union de la gauche menées par le Parti socialiste. »
L’aile gauche du parti jubile. Et au premier rang le député européen Benoît Hamon, qui estime que « la modernité aujourd’hui est d’accepter de dire que cette offre politique de centre gauche [les] a fait échouer » aux deux dernières présidentielles :
Député des Landes, Henri Emmanuelli n’a pas plus de compassion pour son presque voisin François Bayrou, député des Pyrénées-Atlantiques. Il se réjouit que « le petit soufflet qui nous poussait vers le centre » soit retombé, car « le centre n’est ni de gauche ni de gauche » ! Avant de glisser dans un sourire :
« J’étais dans l’avion avec monsieur Bayrou, il avait l’air déprimé. Moi, du coup, je le suis un peu moins, déprimé... »
La gauche plurielle ressurgit, Martine Aubry aussi. Comme Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Pierre Moscovici et Benoît Hamon, elle est une candidate sérieuse à la succession de François Hollande. Et devinez quoi ? Elle fait également le pari de la gauche.
Celle qui a longtemps porté la lourde étiquette de « Madame 35 heures », avant de revenir récemment sur le devant de la scène à la faveur de sa large réélection à Lille, juge que « les Français ont d’abord choisi la gauche » et ont montré que « la France n’était pas devenue de droite » :
En plus d’être à l’autocongratulation après la double victoire aux municipales et aux cantonales, l’heure était mardi soir à la fixation du calendrier des échéances à venir. Là encore, Ségolène Royal a dû battre en retraite. Elle souhaitait un calendrier accéléré et un congrès avant l’été. Il se déroulera finalement du 7 au 9 novembre 2008, comme prévu initialement. Comme prévu, surtout, par ceux qui crient aujourd’hui « à gauche toute ».
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Le conseil national du PS est issu du congrès du Mans de novembre...2005
A cette date,pas de « courant » Royal.Il est donc évident qu’elle n’y a pas la majorité.
Il est tout aussi évident que ce conseil national ne reflète plus du tout l’état d’esprit des militants actuels.
L’hypocrisie de nos dirigeants est totale puisque dans de nombreuses villes ,l’accord avec le modem s’est fait localement.
Et que dans d’autres,le PS a tout fait pour ravir des villes aux PC.Pas une seule ville socialiste n’est gérée à gauche toute,pas une seule.
Adopter cette posture alors qu’ils savent qu’ils ne pourront pas la tenir dans les faits n’est qu’une imposture.
C’est de cela qu’est mort Lionel Jospin,de ce double langage,de ce déni de réalité ,de cette malhonneteté intellectuelle.
Royal a mieux analysé notre société qui n’est pas « à gauche toute“parcequ’elle sait que c’est intenable.Elle est la seule à dire la vérité : gouverner le plus à gauche possible ,le plus justement possible,le plus efficacement possible.C’est à cela qu’elle travaille.
Celles et ceux qui préfèrent des idées plus radicales ,et ils en ont le droit,c’est avec Besancenot qu’ils doivent être pour pouvoir peser sur les choix gouvernementaux.
Tant de duplicité chez les dirigeants socialistes me sidère littéralement.
Que Mélanchon ou Emmanuelli tiennent ce discours,c’est normal mais que Fabius,Aubry ou Delanoë se disputent la palme du plus à gauche que moi tu meurs,c’est à pleurer.Ils n’ont RIEN compris depuis le 21 avril 2001,ils vont recommencer à tromper le peuple.




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