L'edito 25/03/2008 à 08h52

Le Tibet et les JO de Pékin : Sarkozy aux abonnés absents


Les autorités chinoises ont eu lundi un avant-goût de ce qui les attend d’ici au 8 août, et pendant la durée des Jeux olympiques de Pékin, si elles s’enferment dans leur attitude inflexible. Malgré une sécurité draconienne, quelques manifestants de Reporters sans frontières ont réussi à déployer une banderole pendant le discours du représentant chinois à Olympie. Les Chinois devaient s’y attendre puisque la cérémonie était retransmise sur leur télévision en léger différé, ce qui a permis de censurer les perturbateurs.

Mais l’avertissement est clair. Ces jeux promettaient d’être controversés, le Tibet les a transformés en patate chaude. D’abord pour le gouvernement de Pékin : il a certes réussi à convaincre sa population que les Chinois sont les victimes des émeutes de Lhassa, il y a dix jours, mais le reste du monde a surtout compris que les Tibétains en avaient assez d’être opprimés.

Le paradoxe est que la répression chinoise a sans doute été plus mesurée qu’elle ne l’aurait été sans les JO. Mais le monde n’en sait rien en l’absence de témoins au Tibet, et, surtout en raison des excès verbaux en provenance de Pékin : pour des raisons internes, le pouvoir chinois a retrouvé des accents de la révolution culturelle pour dénoncer la « clique du dalaï lama ».

Et comble de provocation, on apprenait hier la condamnation à 5 ans de prison d’un homme dont le seul crime a été de faire circuler sur Internet une pétition demandant « des droits, pas des Jeux »...

Il n’y a pas que Pékin qui soit embarrassé par cette crise. Nicolas Sarkozy est sorti lundi d’un trop long silence sur les événements du Tibet, dans une lettre au président chinois Hu Jintao. Visiblement, l’Elysée a choisi de faire profil bas, le président se contente d’appeler à la retenue et au dialogue, difficile de faire moins ! Au contraire du premier ministre britannique Gordon Brown qui a annoncé qu’il rencontrerait le dalaï lama, ou de la Chancelière allemande Angela Merkel, qui l’a déjà reçu. Le président français, lui, n’a même pas prononcé son nom et laisse cette tache à Rama Yade. Pourquoi cette prudence ou cet embarras ? On n’ose penser à une réponse purement mercantile...

Pourtant, l’enjeu risque d’être très politique pour Nicolas Sarkozy. Un sondage publié hier indique que 53% des Français sont pour que le président de la République boycotte la cérémonie d’ouverture à laquelle il a annoncé qu’il participerait. Si un boycottage des Jeux serait assurément contre productif, ne rien faire serait une faute morale qui se retournerait contre le chef de l’Etat.

Au cours des prochaines semaines, il lui faudra soit convaincre Pékin de faire des gestes significatifs, et en particulier nouer un improbable dialogue avec le dalaï lama actuellement voué aux gémonies ; soit, plus probablement, trouver le moyen de prendre ses distances avec des Jeux qui viennent récompenser un pays qui, s’il s’est profondément transformé, reste autoritaire et brutal - loin d’un esprit olympique, il est vrai, oublié depuis longtemps.

Pierre Haski

► Edito diffusé mardi 25 mars sur Europe1. Retrouvez l’édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.

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  • marie 75
    • Posté à 08h55 le 25/03/2008
    • Internaute 3563

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    La Chine accuse le dalaï-lama de vouloir prendre les JO en otage
    TIBET | 19h31 Plus d’une semaine après les émeutes à Lhassa, la Chine a de nouveau accusé dimanche le dalaï-lama de vouloir « prendre en otage les Jeux olympiques » du mois d’août, tout en promettant à sa « clique » la défaite.

    Des soldats chinois patrouillent dans les rues de Kangding, dans la province du Sichuan, le 23 mars 2008.

    | 23 Mars 2008 | 19h31

    « En 2008, le monde entier attend avec impatience les Jeux olympiques, mais la clique du dalaï-lama veut prendre en otage les Jeux et forcer le gouvernement chinois à céder sur la question de “l’indépendance du Tibet”, a dénoncé Pékin dans un article publié à la fois par le Quotidien du peuple, l’organe du Parti communiste chinois, mais aussi dans le journal de l’Armée populaire de libération et d’autres journaux.

    Mardi, le Premier ministre Wen Jiabao avait déjà accusé le chef spirituel du bouddhisme tibétain et sa “clique” d’avoir voulu “saboter” les Jeux olympiques, qui doivent s’ouvrir à Pékin le 8 août.

    Cette nouvelle mise en cause du dignitaire tibétain intervient alors que la flamme olympique doit être allumée lundi à Olympie (Grèce). Elle doit ensuite passer par Lhassa, capitale du Tibet, avant de rejoindre Pékin, ont assuré cette semaine les autorités chinoises.

    “Peu importe que le dalaï-lama et ses partisans se camouflent derrière le prétexte de la ‘paix’ et de la ‘non-violence’, leurs activités de sabotage visant à la séparation sont vouées à l’échec”, a encore prévenu dimanche la presse chinoise.

    L’article fait référence à des épisodes de violences qui se seraient produits au cours des 50 dernières années afin de convaincre les lecteurs que le discours de non violence prôné par le dalaï-lama constituerait “un mensonge du début à la fin”.

    L’agence Chine Nouvelle a indiqué que 94 personnes avaient été blessées entre le 14 et le 19 mars, dans de violentes manifestations dans la province du Gansu (nord-ouest). Parmi les blessés figurent 64 policiers, deux responsables locaux et un civil, a précisé l’agence. Le gouvernement tibétain en exil a affirmé que 19 manifestants tibétains avaient été tués par balles dans cette province du Gansu.

    Selon le dernier bilan donné vendredi de sources officielles chinoises, les émeutes ont fait 19 morts, dont 18 civils “innocents” et un policier. Ce bilan faisait également état de 241 policiers et 382 civils blessés, soit un total de 623 blessés, auxquels s’ajoutent désormais les 94 blessés du Gansu.

    Le gouvernement tibétain en exil a fourni de son côté un bilan “confirmé” de 99 morts au Tibet et dans les provinces chinoises voisines.

    Chine Nouvelle a assuré dimanche que le calme revenait dans les zones secouées par des manifestations violentes, notamment les provinces de l’ouest proches du Tibet (Qinghai, Gansu et Sichuan) où vivent des minorités tibétaines.

    A Ngawa, dans le Sichuan (sud-ouest), plus de la moitié des commerces étaient de nouveau ouverts samedi, a assuré Xinhua. Le chef local du parti communiste, Kang Qingwei, a annoncé que les écoles rouvriraient lundi, admettant implicitement qu’elles avaient été fermées pendant une semaine.

    Dans cette province, la Chine avait annoncé jeudi, pour la première fois depuis le début de la crise tibétaine, que la police avait tiré “en légitime défense” et blessé quatre émeutiers au cours de troubles le 16 mars. Des groupes pro-tibétains avaient de leur côté fait état de huit morts dans la manifestation de Ngawa.

    Les manifestations ont commencé le 10 mars à Lhassa à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement de 1959 contre le pouvoir chinois (la Chine communiste avait pris le contrôle du Tibet en 1951).

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 09h05 le 25/03/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    « On n’ose penser à une réponse purement mercantile. »

    Si, si, on ose ! Je ne vois même que cette explication.

    Quoi qu’il puisse y en avoir une autre : Nicolas Sarkozy serait le frère caché de George W. Bush et il ne comprendrait rien à ce qui se passe.

    Remarquez, c’est peut être les deux en même temps !

    Lien

    • ThomasLefebvre
      ThomasLefebvre répond à DidierB63
      Rapatrié
      • Posté à 14h05 le 25/03/2008
      • Internaute 247
        Rapatrié

      Comment expliquez-vous que les Etats-Unis ont condamné bien avant et bien plus fermement Pekin ?

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 09h11 le 25/03/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Comment pourrait-il faire autrement,
    Souvenez-vous :

    Lien

  • Servais-Jean
    • Posté à 09h20 le 25/03/2008
    • Internaute 4591
      43

    « On n’ose penser à une réponse purement mercantile... »

    Si si vous pouvez oser.
    Sarkozy se fout de tout ce qui ne peut pas servir son « ego ».
    Agh, agh,j’arrive trop tard, je viens de lire ddB63.
    Les grands esprits bla bla bla.

  • Marc
    • Posté à 09h34 le 25/03/2008
    • Internaute 5828

    Mais si Rama Yade en maquisarde se dit ^prête à recevoir le Daila Lama...

    Dalaï Lama… une Sainteté bien arrangeante… –> Lien

    • el loco
      el loco répond à Marc
      éducateur spécialisé
      • Posté à 12h33 le 25/03/2008
      • Internaute 11961
        éducateur spécialisé

      bah Rama Yade peut le rencontrer après avoir serrée la main d’un certain colonel connu comme un grand défenseur des droits de l’homme ...

  • article.onze
    article.onze
    spectateur attentif
    • Posté à 09h41 le 25/03/2008
    • Internaute 33942
      spectateur attentif

    Ben voyons... Après les retours de boomerang que notre zébulon a reçu depuis plusieurs mois et le fait qu’il se soit vu reprocher d’avoir des idées à la cadence d’une mitrailleuse, peut-être a t-il pris le temps de réfléchir avant que de pondre sa lettre (si on peut appeler cela une lettre...)
    Il ne faut pas oublier que sa formation d’avocat d’affaires lui colle à la peau comme le maillot de notre super nageur et donc qu’il pense en priorité « aux bonnes affaires juteuses » surtout pour ses amis et qu’ensuite il arrive à réfléchir sur sa nouvelle fonction de chef d’état.
    Mais bon, on ne peut pas lui demander l’impossible, d’abord rédiger dans un français correct un message demande à ses conseillers un effort d’imagination peut être trop important.
    Etre un « vrai » chef d’état, un « vrai » homme politique demande une vision claire à longue portée ce qui est loin d’être le cas si l’on en juge par cette lettre et le fait d’envisager un nouvel envoi de troupes en afghanistan.
    Pour ce qui est de cette lettre, on voit bien que sur les plateaux de la balance il y a d’un côté le même souci de notre zébulon pour les tibétains que pour les plus démunis de notre pays et sur l’autre plateau, il y a hélas le poids des centrales nucléaires, des airbus et autres babioles.
    Alors, rendons-lui justice et constatons simplement que le costume de président lui va aussi bien qu’une combinaison de plongeur à un danser classique.
    Mais bon, il est élu à défaut d’être l’élu et dommage pour le peuple du tibet et celui de France.

  • désinscrit-
    • Posté à 09h50 le 25/03/2008
    • Internaute 736

    « Pourtant, l’enjeu risque d’être très politique pour Nicolas Sarkozy. Un sondage publié hier indique que 53% des Français sont pour que le président de la République boycotte la cérémonie d’ouverture à laquelle il a annoncé qu’il participerait. Si un boycottage des Jeux serait assurément contre productif, ne rien faire serait une faute morale qui se retournerait contre le chef de l’Etat. »
    D’abord ces sondages qui sortent opportunément pour soutenir les pistes lancées par le gouvernement pour trouver une position, me gavent. Donc 53% (décidemment c’est son chiffre porte bonheur) sont d’accord pour un boycott de la cérémonie d’ouverture. Qu’est ce que cela change ? Pour le reste on pourra tranquilement faire flotter le drapeau français (en cas de podium) en Chine et être associer à cette répression, la belle affaire Et la cérémonie de clôture on la boycotte ou pas ? parcequ’une fois repartient les délégations, les tibétains vont morfler ! !

    « Le boycott serait contre productif », comme je l’ai exprimer par ailleurs (la vigie), je pense qu’une menace de boycott aurait été un excellent moyen de pression (même sans intentions d’aller au bout) mais non, ici le Gvt ne sait qu’elle position adopter. Magnifique anticipation, personne ne se doutait qu’il y aurait des revendications et des actions des « minorités » en Chine à l’occasion des jeux. Comme sur beaucoup de sujet le gouvernement se cherche, tatonne, suppute, recule... Le problème c’est que là des gars se font massacré.
    Il me semble aussi que le Népal mattraque allègrement femmes et enfants tibétains, ils pourraient en parler, je ne crois pas qu’on ait beaucoup d’intérêts économiques là bas.

  • Bon Scott
    • Posté à 10h00 le 25/03/2008
    • Internaute 24531

    Sarko et sa clique sont aux abonnées absents depuis longtemps en ce qui concerne les droits de l’homme !
    La Chine, Russie, Libye, Tchad, Gabon ...

  • Bon Scott
    • Posté à 10h07 le 25/03/2008
    • Internaute 24531

    Peut-être que R.Yade va conseiller le dalaï lama d’utiliser des répulsifs contre les dirigeants Chinois qui se comportent comme des « charognards ». La diplomatie avec R.Yade ? ? ? ? ?

    • jacob kinski
      jacob kinski répond à Bon Scott
      citoyen du monde
      • Posté à 19h16 le 25/03/2008
      • Internaute 27621
        citoyen du monde

      bravo , je ne pense pas que R Yade puisse agir sans autorisation venue de ces dirigeants commanditaires , de centrales nucléaires ! ! ! ! la france est soumis à une Economie bien dirigée des puissances étrangères .
      Pour autant le Président lors de sa campagne ! ! ! il proclamait être le président des droits de l’Homme ! ! il est possible que les tibetains ne soient pas des Hommes ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 10h22 le 25/03/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Nicolas Sarkozy est un minable, tout simplement ..

    • Gringo
      Gringo répond à Numerosix
      • Posté à 16h21 le 25/03/2008
      • Internaute 24805

      Votre dossier sur le bureau de M. Princen a.k.a. big brother commence à sérieusement s’épaissir numérosix

    • sefero49
      sefero49 répond à Numerosix
      Soldat mugissant
      • Posté à 16h50 le 25/03/2008
      • Internaute 12260
        Soldat mugissant

      Nicolas Sarkozy...qui est ce déja ?
      Ah, oui, celui qui se prétend président. C’est bien vieux tout ça.

  • thierry reboud
    • Posté à 10h34 le 25/03/2008
    • Internaute 20923

    Quoiqu’il n’y ait a priori aucun rapport, cet éditorial me fait penser au titre de la tribune de Larutourrou : « Sarkozy n’a rien compris ».
    Les précédentes déclarations de Sarkozy en matière de politique internationale (appel au pathos, positions tranchées, etc.) montraient surtout qu’il réagissait souvent un peu vite, autrement dit pas exactement comme on l’attend d’un homme d’Etat.
    Peut-être pouvons-nous envisager, au moins comme hypothèse de travail, que Sarkozy prend tout à coup conscience que ces affaires-là requièrent un peu de doigté, moins d’emporte-pièce et plus de complexité. Que les grandes envolées lyriques, ça passe encore quand on est candidat et qu’on eut s’autoriser à dire n’importe quoi. Quand on est président, ça coince.
    On ne va tout de même pas se plaindre s’il commence à réfléchir avant de l’ouvrir, non ?

    • andycap
      andycap répond à thierry reboud
      photographe
      • Posté à 10h46 le 26/03/2008
      • Internaute 35577
        photographe

      Ce serait effectivement très bien qu’il en soit ainsi, pourtant je crains que la réalité c’est juste qu’il faisait trop beau(f) à Marrakech.

  • jma14
    • Posté à 10h56 le 25/03/2008
    • Internaute 31729

    Une lettre leur demandant « de la retenue », la réponse est tellement timorée, que l’on peut se demander si elle a même été vraiement postée de peur de froissr le gouvernement Chinois.

    NS nous prouve encore qu’il n’a aucune moralité. Ceci est valable pour M.KOUCHNER.

    Ce matin j’ai entendu que Rama Yade recevrai le Dalai-Lama s’il venait. Il faudrai peut-être lui dire qu’il est prévu de longue date sa venue au mois d’Août prochain.

  • x.delcourt
    x.delcourt
    observateur rapproché
    • Posté à 11h43 le 25/03/2008
    • Internaute 33430
      observateur rapproché

    Pierre Haski
    Les Tibétains en ont assez d’être opprimés. Soit, ce message est passé, mais que signifie-t-il précisément ? Autrement dit, que ne veulent-il plus, et que veulent-ils, pour autant que cette façon d’attribuer une conscience collective aux « Tibétains » ait un sens ? Il me semble que cela aiderait à comprendre si les réponses prenaient la forme d’une liste.
    Par ailleurs, il y a déjà eu dans le passé (mais lequel ?), si mes souvenirs sont bons, des discussions entre Pékin et les « émissaires » du Dalai Lama. Savez vous exactement sur quoi elles ont butées ?

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à x.delcourt
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 11h49 le 25/03/2008
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Ce que je voulais dire par cette phrase c’est qu’il y a une différence absolue de perception selon qu’on se trouve en Chine, où l’on retient de ces événements la violence anti-Han, ou si on est étranger on retient d’abord l’oppression des Tibétains. Pour y avoir été, je mettrais en tête des revendications l’arrêt de l’immigration Han au Tibet qui rend les Tibétains minoritaires chez eux, au moins dans les villes, et la liberté religieuse qui est largement encadrée par le Parti, jusque dans le fonctionnement des monastères.
      Oui, il y a eu des discussions entre le frère du dalaï lama et les autorités chinoises, mais elles ne sont jamais allées très loin car la définition de l’autonomie vue par Pékin est très restrictive, vu que le Secrétaire du Parti reste le patron de la province, quel que soit le degré d’autonomie.

      • Anonyme répond à Pierre Haski

        Pierrot Hushy continue de renifler quand il affirme que la Chine tend de rendre les Tibétains minoritaires chez eux. Il y a des recensements chaque année au Tibet et il est ressorti que la population chinoise tibétaine représente plus de 90% de la population au Tibet. Les Chinois tibétains représentent donc une écrasante majorité.

        Il est à noter que si les Chinois han immigrent au Tibet, les Chinois tibétains immigrent également dans d’autres régions de Chine. Il n’y a que les journalistes comme Pierrot Husky pour nous servir le discours ethnique. Mettre en avant un « conflit ethnique » en vue de diviser un pays est un procédé bien connu des gouvernements occidentaux. Rien que durant ces deux dernières décennies, on peut citer comme exemples : les Balkans, l’URSS et le Moyen Orient, sans oublier plusieurs conflits en Afrique.

    • Ryze-
      Ryze- répond à x.delcourt
      Révolté ! !
      • Posté à 16h33 le 25/03/2008
      • Internaute 30038
        Révolté ! !

      En fait dans les revendications tibetaine il y a 2 courants principaux :
      -le dalai lama qui a une action pacifique et non violente (comme gandhi en son temps en indes) et qui demande l’autonomiee en tant que province chinoise pour le tibet (les tibetains continueraient a etre des citoyens chinois)
      - les jeunes tibetains qui ne supportent plus la deconsideration qu’a la chine a laeur egard ainsi que la misere dans laquelle ils vivent au profit des « colons chinois » et du gouvernement de la province du tibet (lui aussi mit en place par la chine). ces jeunes reclament eux l’independance du tibet et sont partisans d’une action plus violente car ils sont desabusés par les discours du dalai lama.
      Quant aux discussions entre la chine et le dalai lama elles ont ete abandonnées depuis longtemps : la branche dure (et dominante ) du PCC refusant categoriquement tout statut au tibet et toute discussion avec le dalai lama, le contraigant a l’exil en indes.
      Apres dans les details ca doit etre plus complexe que ca (forcement) mais pour faire synthetik c’est comme ca que je resumerais la situation.
      cf egalement le courrier international de cette semaine pour un article plus en profondeur.

  • semellesdevent
    • Posté à 12h03 le 25/03/2008
    • Internaute 35727

    Sarkozy aux abonnés absents ? Parfait.
    Rama Yade nous dit que la présence de dizaines de milliers de journalistes en Chine est une bonne chose : c’est vrai !
    Vous nous dites que « ne rien faire serait une faute morale qui se retournerait contre le chef de l’état » : c’est plus que vrai !
    53% des français sont pour le boycott de la cérémonie d’ouverture : magnifique !
    Il va falloir soit : « convaincre Pékin de faire des gestes significatifs » : impossible puisque la chine se considère victime d’un sabotage.
    soit : « prendre ses distances avec des jeux qui viennent récompenser un pays qui reste autoritaire et brutal » : impossible car la Chine se considérerait comme victime d’un sabotage international.
    Alors n’attendons rien de lui, quoi qu’il fasse, il se fera du tort ; tout seul.
    Profitons de la possibilité qu’auront (nous l’espérons) les journalistes, d’aller en Chine pendant cette période pour nous informer largement.
    Profitons de cette période pour agir ; il sera évidemment trop tard après.
    Cela sera bénéfique pour les Tibétains, mais aussi pour les français.

  • x.delcourt
    x.delcourt
    observateur rapproché
    • Posté à 12h17 le 25/03/2008
    • Internaute 33430
      observateur rapproché

    Sur la différence de perception, vous dites tout à fait juste. Et les deux versions ont des points d’appui aussi solides l’une que l’autre, même si leurs façons de se propager diffèrent.
    Donc, ce serait bien de sortir de l’optique version contre version.
    Là, j’ai l’impression qu’on avance un peu, sur plusieurs terrains.
    La forme ethnique -assez terrifante, selon les rares témoignages- des manifestations au Tibet (qui s’en sont aussi prises au Hui, pourquoi ?) paraît nouvelle. L’arrivée du train, et la politique de peuplement qui l’ a accompagné, semble bien avoir cristallisé chez les jeunes( ?) un violent ressentiment. Concrètement, on en sait davantage là dessus ? Sur les modalités pratiques de cette politique de peuplement ?
    On dirait aussi que le nouveau patron de la Province, un spécialiste du « traitement des minorités » en a rajouté pas mal dans l’invasion de la vie privée, ciblée sur les Tibétains et dans le contrôle des monastères. Des détails ?
    Bref, il y a peut-être davantage de chances de parvenir à quelque chose de concret en passant par les détails plutôt que par les généralités, non ?

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à x.delcourt
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 12h49 le 25/03/2008
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Les frictions Tibétains-Hui sont fréquentes, sur le plateau du Qinghai, au Gansu comme dans la région autonome, il y a régulièrement eu des bagarres rangées. Les deux groupes sont en « concurrence » pour la survie dans l’ombre des Han, et le pouvoir utilise réguièrement les uns contre les autres, dans les zones où ils cohabitent.

      • x.delcourt
        x.delcourt répond à Pierre Haski
        observateur rapproché
        • Posté à 13h02 le 25/03/2008
        • Internaute 33430
          observateur rapproché

        Ok merci. Mais là, en concurrence sur quoi, précisément ? Qu’est ce qui offre matière à cette rivalité ?
        James Miles, dans son article pour The Economist, mentionne que les Hui ont le contrôle du marché de la viande. Est-ce important ?
        Et où en est-on, aujourd’hui, de la répartition, au Tibet, des population Han, Hui et Tibétaines ? Est-ce que cela a évolué dramatiquement ces dernières années ?

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 14h21 le 25/03/2008
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    « Si un boycottage des Jeux serait assurément contre productif. »
    Pour qui ?
    Lien

  • Gringo
    • Posté à 14h38 le 25/03/2008
    • Internaute 24805

    La réponse de Sarkozy ?
    « Le CIO a voté et Pekin a toute légitimité pour organiser les JO »

    Pourquoi chercher plus loin ?

  • Suzanna
    • Posté à 14h50 le 25/03/2008
    • Internaute 17779

    Il y a pire : lire sur Bakchich du 25/03 Les chinoiseries de l’ambassade de France à Pékin ! France, patrie des Droits de l’homme ? ? ? Belle foutaise

    • Griotte
      Griotte répond à Suzanna
      • Posté à 03h40 le 26/03/2008
      • Internaute 36899

      Foutaise, oui, et puis aucun intérêt-sauf le sous-sol( à -4000mètres !), et surtout le Tibet est petit et loin.
      Veux-tu parier que, si des chars d’assaut défilaient place Saint-Pierre a Rome, qu’on alignait les cadavres à l’intérieur de la Chapelle Sixtine, ça bougerait un peu plus par chez nous ?

  • Thorgal46
    Thorgal46
    Informaticien dans le Lot
    • Posté à 15h33 le 25/03/2008
    • Internaute 4302
      Informaticien dans le Lot

    Notre Lumineuse Altesse félicite son ami Poutine pour ses succès politiques.
    Notre Grandeur Eclairée reçoit (avec sa tente) le démocrate et fervent défenseur des droits de l’homme Kadhafi.
    Notre Prestigieux Monarque ne peut pas recevoir le Dalaï Lama... ?

    Vous suggériez une raison mercantile... ?

  • compte supprimé 22 janvier
    • Posté à 15h56 le 25/03/2008
    • Internaute 24826

    La France est-elle encore le Pays des Droits de l’Homme ?

  • Servais-Jean
    • Posté à 17h04 le 25/03/2008
    • Internaute 4591
      43

    Sur France-Inter à 15 h Sarkozy a annoncé qu’il n’excluait pas un boycott de la Chine par la France.
    Et bien ça y est, nous y sommes arrivés, tout seul, comme un grand, il va faitre son petit boycott de la Chine par la France.
    La France c’est Sarkozy ou l’inverse.
    Sûr qu’il doit terroriser les chinois en disant de telles bétises.
    Plus gonflé que Sarko tu meurs. Et en plus il a des conseillers.

    Lien

  • Quatermain
    • Posté à 17h06 le 25/03/2008
    • Internaute 36378

    Bjr à tous,
    C’est étonnant que les états occidentaux demandent à la Chine un peu de « retenue ». J’aimerais savoir s’il y a parmi les érudits internautes de Rue 89 quelqu’un qui pourrait nous éclairer sur le language diplomatique. Cela peut paraître hors-sujet mais je me demande à quoi peut renvoyer le terme « retenue » ? Emprisonnez-les sans leur tirer dessus ? Envahissez-les sans bain de sang ? C’est peut-être la meilleure façon de condamner sans heurter nos amis chinois ( et les contrats d’Areva), mais c’est essentiellement parler de la manière dont les chinois réprouvent ces soulèvements mais quid des revendications tibétaines pour une autonomie réelle et spirituelle ? Vous trouveriez normal que si l’Etat espagnol tirait sur les basques ou les catalans, la France les incitait à plus de retenue ? Que diriez vous d’une telle attitude de l’Espagne si c’était la France qui mittraillaient des corses ? d’autant plus que je pense que les chinois font PRECISEMENT preuve de retenue compte-tenu des caméras déja sur place pour les JO. C’est en fait cela le plus effrayant.

    Je tiens toutefois aussi à saluer les intellectuels chinois qui suggèrent à Pékin de dialoguer avec les tibétains. De même que les quelsques étudiants qui ont osez organiser un sitting dans une université quand on sait ce qui s’est passé à Tien an Men. Parce qu’en définitive comme l’appartheid en Afrique du Sud, ce ne sera que grâce au réveil des mentalités des citoyens chinois que certaines choses évolueront plus vite.

  • Justin Navis
    • Posté à 17h34 le 25/03/2008
    • Internaute 36844

    Entre Paris & Pékin : La retenue diplomatique

    Permis de tuer…mais en silence !

    Nicolas Sarkozy, qui avait prôné lors de la campagne présidentielle une diplomatie des « droits de l’Homme », s’est publiquement exprimé lundi sur le Tibet pour la première fois depuis le début, il y a dix jours, des incidents dans cette région, appelant son homologue chinois Hu Jintao à « la retenue et à la fin des violences par le dialogue ».
    Sans doute, depuis sa quinzaine silencieuse des municipales, a-t’il fait preuve de retenue (non sans manipuler les alliances et l’opinion par ses lieutenants), afin de ’’descendre ’’ les opposants aux listes UMP, jugés dangereux dans les villes clés.
    Oui chez Nicolas Sarkozy, la retenue peut silencieusement tuer.
    C’est ce que Sarkozy demande (voire supplie) à Hu Jintao, de tuer avec un peu plus de retenue, de mettre fin (à la visibilité) des violences, par le dialogue.
    Mais quel dialogue, quand un chinois s’est vu infliger 5 ans de prison parce que se réclamant sur le Net … préférer le droit Aux Droits de l’Homme, plutôt que des J.O. ?
    Alors Sarkozy a écrit une lettre.
    Oh, une lettre !
    Décryptage :
    Ce n’est pas bien M. Hu Jintao, non vraiment.
    Vous êtes libre d’emprisonner et d’user de répression, mais vraiment, vous me mettez ici dans une situation bien embarrassante, mon image n’est déjà pas très bonne ici en France.
    Vous savez, j’ai des convictions et je sais mettre mon drapeau dans ma poche quand les enjeux économiques sont d’importance.
    Voyez comment j’ai su prendre des risques pour réhabilité la Lybie sur la scène Internationale en France cet été.
    Ne tenez compte de cet appel, que de sa forme et sachez que je ne remettrais en cause pour rien au monde, les accords commerciaux sur lesquels nous nous sommes engagés.
    Vous savez dans quel état se trouve notre croissance.
    Mes concitoyens s’impatientent de mon silence, je ne peux plus me taire, je me devais de leur faire parvenir un signe désapprobateur allant dans le sens de l’opinion publique.
    Cependant, je puis dès à présent vous assurer de mon soutien et de ma présence lors de l’ouverture des J.O., par délégation officielle, dans la mesure où vous saurez jusqu’à ce terme, mettre entre parenthèse votre politique, du moins la rendre silencieuse.
    Alors de grâce M. Hu Jintao, ayez un peu plus de retenue dans vos interventions, nous avons trop besoin de l’émergence économique de votre si grand et riche pays.
    Je graduerais mes réponses dans les jours et les semaines à venir, en fonction d’une notoriété retrouvée, nous avons grand besoin l’un comme l’autre, d’une aide mutuelle.

    Mais pour Nicolas Sarkozy la retenue pourrait-être synonyme de grand danger.
    Fermer le couvercle de son penchant naturel comme il le fait, telle une « cocotte minute », tout en maintenant l’arrivée mentale des gaz désordonnés grand ouvert, risque d’être explosif.
    Car malgré les apparences, ça bouillonne dur sous sa caboche.
    Si d’aventure son impulsivité venait à être stimulée par un évènement contrariant trop fortement son ego mit en veille depuis déjà (trop) longtemps, des dégâts cinglants sont à craindre pour la liberté d’expression et des droits citoyen.

    Lâchez vous un peu Monsieur le Président, la retenue contenue tue

  • ayoli69
    • Posté à 17h46 le 25/03/2008
    • Internaute 36250

    Même Juppé s’est permis d’ironiser sur les fracassantes prises de positions du Phénix de Neuilly, du Phare de l’Elysée.
    Il a dit : « Vous demandez donc aux Chinois de “tuer avec retenue !”
    “Retenez-moi ou je fais un malheur” qu’il leur dit Sarko. En fait on sera cocu plusieurs fois :
    1 - sur l’honneur du pays qui, pour de viles questions mercantiles, renie son aura la plus précieuse, celle de pays des droits de l’homme ( ! ! ? ?) ;
    2 - sur les “mirifiques” marchés. Car ceux-ci sont assortis de telles conditions qu’ils ne sont que des marchés de dupes (chaine de fabrication d’Airbus en Chine, livraison de toutes les tchnologies d’Areva, etc.)

  • 3-bastet
    3-bastet
    électron libre
    • Posté à 18h09 le 25/03/2008
    • Internaute 35961
      électron libre

    Une chose me gêne, cela fait 50 ans que nous savons pour le Tibet, et peu de réactions ; cela fait 7 ans que nous savons pour les JO, nous avons laissé faire...
    Et maintenant à quelques mois des JO, tout cette agitation, boycotage, problème économique...
    Qui sommes nous, les soi-disant démocraties occidentales pour donner des leçons, vouloir sanctionner les Chinois ?
    Avons nous mieux agi lors des colonisations dans le passé ?
    Et si les JO étaient le moyen pour que la Chine et nous puissions nous connaître et nous respecter...

    • jma14
      jma14 répond à 3-bastet
      • Posté à 09h53 le 26/03/2008
      • Internaute 31729

      Nous avons quelques casseroles effectivement. Mais avec ce type de propos (« Qui sommes nous, les soi-disant... ») vous jusitifiez quelque part ce comportement.
      Peu importe qui le dit, la dictature de la chine, sa stratégie colonialiste et ses assassinats sont des FAITS. Il n’y a pas besoin d’être vertueux ou un saint pour le voir et le dire.
      Il y a actuellement des gens qui meurt au Tibet.

      • 3-bastet
        3-bastet répond à jma14
        électron libre
        • Posté à 18h20 le 26/03/2008
        • Internaute 35961
          électron libre

        Plus complexe que cela. Je ne soutient pas le régime politique chinois.

        Le Daili Lama, chef spirituel du Tibet, est contre le boycotage des JO, ne veut pas de l’indépendance du Tibet mais son autonomie.
        Le problème, c’est la répression : des gens meurent, oui et cela ne date pas de ces quelques mois, combien ont « disparu » dans les camps, 5 ans d’emprisonnement pour posséder la photo du Dali Lama c’est énorme...

        Le fait que les Tibétains expriment leur désarroi, leur desespoir me fait craindre une évolution sans issue, une guerre sans espoir... Il y a trop de conflits de ce type dans le monde sans solutions, trop de morts.

        Les JO avec les athlètes, les visiteurs, les touristes les médias semblent une occasion pour favoriser l’ouverture de la Chine. Saboter les JO serait, à mon avis, punir le peuple chinois, conforter ses dirigeants dans leur bon droit..

  • Humain
    • Posté à 18h44 le 25/03/2008
    • Internaute 21387

    Le Tibet ?
    Cela fait 50 ans que l’on sait....

    Le Tibet ?
    C’est LA réserve d’uranium de plomb et divers minerais de la Chine...

    Il y a peu nous envoyons le CAC40 avec Sarkozy en Chine.... Qui n’applaudissait pas ?

    Auparavant on y envoyait Chirac, puis Royal... Soit !

    Nous avons tiré les marrons du feu en Afrique, puis maintenant nous pleurons sur l’Ethiopie, sur le Darfour !
    Et demain sur le Tibet.

    Nous ne savions pas ! « On » ne nous l’avait pas dit.

    Avec tous les BHL nous avons exploité les forets en Afrique pour maintenant discourir devant les caméras... !

    Pourquoi n’avions nous pas boycotté les jeux de Munich ? Etait-ce déjà trop tard ou bien trop tôt ?

    Maintenant nous pleurons sur les droits de la femme ! !
    Nous pleurons sur les droits de l’homme ! !

    Tout cela occulte le fond économique de toute cette agitation.
    Les liens entre l’argent du Tsunami (Où est-t-il ?) les Kalachnikovs (toutes neuves)... Le Coltan, le pétrole ou l’Iran, le Soudan ? La chine ? ...

    Le Coltan est un minerai, (très cher) venant du Congo, et transitant, par le Soudan et le Tchad pour rejoindre le chemin de l’Uranium…. et envoyé en Chine où, par seul soucis de rentabilité, nous rachetons nos ordinateurs,et équipements.
    Le coltan, comme l’uranuim, le pétrole, le bois d’ébène ne sont pâs seuls en cause, certes... !

    La Chine échange des forêts entières en Afrique, contre des hopitaux dont le fonctionnement sera bradé !

    Nous ne savions pas ! « On » ne nous l’avait pas dit.

    Et pendant ce temps … ? La Turquie génocide, le Pakistan « hégémonise », et la Birmanie s’organise…. Et les femmes, partout continuent à être voilées et les enfants violés…

    Nous ne savions pas ! « On » ne nous l’avait pas dit.

    L’uranium du Tibet fera tourner les centrales nucléaires fournies à la Chine par notre CAC40.

    Et pendant ce temps là les devoirs de chacun sont oubliés et les droits de beaucoup, vilipendés.

    Dans bien des pays les habitants sont souvent pauvres ou très pauvres... Et trop souvent, dans ces mêmes pays, seuls quelques uns des habitants sont très riches ! Nous savons pourquoi : Au moins, disons-le !

    Concernant le Tibet, je note que pour une première fois notre Nicolas semble hésiter avant de parler, il y a peut-être, enfin, du neuf ! !

    Nous ne disions rien concernant le Tibet, occupés que nous étions à feuilletter les photos de milliardaires dans des magazines de papier glacé, et applaudir les milliards vendus en airbus àà la Chine !

    Non, nous ne disons rien, sinon maintenant comme le fait Kouchner. Juste un bref « j’y pense » devant les caméras.

    Nous ne savions pas ! « On » ne nous l’avait pas dit.

    C’est vrai que l’on ne nous l’avait pas dit...

    Mais nous, nous avons -encore- la possibilité de le savoir, et de le faire savoir.

  • daniel
    daniel
    daniel
    • Posté à 18h48 le 25/03/2008
    • Internaute 5273
      daniel

    Bonjour,

    vous dites : « la répression a sans doute été plus mésurée qu’elle ne l’aurait été sans les JO »

    Qu’en savons nous ? rien mais aux premiers heurts, nous avons tout de suite parlé de répression sanglante des manifestation pacifiques.

    Maintenant qu’on a vu ce qui c’est passé à Lhasa, on se dit que la repression n’a pas été celle qu’on a dénoncé avec tant de vigueur et de force chacun rivalisant d’indignation.

    On justifie maintenant ces violences en disant qu’elle sont l’expression de l’exaspération des Tibétains et on est passé de la répression sanglante à l’oppression, comme on justifierait les kamikaze palestinien qui se font exploser en israel ou comme on justifie les émeutes dans nos banlieues. A la vérité on en parle pas beaucoup, on les mentionne seulement.

    Vous avez raison d’insister sur le fait que le quidam Chinois voit et revoit les scènes d’émeutes et qu’on ne voit jamais dans nos médias. Il y a là une « censure » intéressante à analyser...

    Ainsi peu importe la réalité de la répression, la cause est juste et le mouvement d’opinion est lancé.
    On va pouvoir assister à une compétition d’idées pour faire perdre la face aux Chinois pendant les JO. On prétendra ne viser que le gouvernement Chinois.
    On pourra se satisfaire qu’on a marqué notre soutien à la cause Tibétaine, et puis les JO vont passer et on passera alors à autre chose...

    On passera forcément à autre chose, comment voulez vous que les Chinois infléchissent leur position au Tibet ?
    Qui peut croire que cela est possible ?

    • Anonyme répond à daniel

      Excellent commentaire ! Je vous mets la note maximale !

    • daniel
      daniel répond à daniel
      daniel
      • Posté à 19h47 le 25/03/2008
      • Internaute 5273
        daniel

      Je me réponds à moi-même car, je viens de changer d’avis. Ou plutôt, je me suis mal exprimé : Les Chinois doivent infléchir leur politique au Tibet : toute cette présence policière, tous ces embarras pour les moines, toute cette volonté de vouloir controler l’information cette volonté de sédentariser les peuples nomades. Tout cela doit cesser.

      Ce qui, je pense, ne changera pas c’est la colonisation du Tibet. On sait qu’elle se fait à marche forcé et que c’est un enjeu majeur pour la Chine. Je ne suis pas sur qu’une Chine même démocratique (et on en est très loin) infléchisse sur ce point.

      • Anonyme répond à daniel

        LE TIBET C’EST LA CHINE OU PAS ?

        Vaste question, bourrée d’idéologies… D’autant plus que depuis 1959 (c’est-à-dire depuis que le Dalaï-lama n’est plus au Tibet), les médias ont systématiquement noirci la Chine et mystifié le Tibet et le Dalaï-lama, de sorte que, actuellement, après 50 ans de matraquage médiatique, la très grande majorité des intellectuels occidentaux disent que le Tibet n’est pas chinois. Plus objectivement, l’ensemble des pays du monde à l’ONU reconnaît que le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois.

        Pour comprendre cette anomalie, il faut s’intéresser au mythe du Dalaï-Lama. Quand on parle du Dalaï-Lama, peu d’observateurs s’interrogent sur qui il est réellement.

        1°) INTRODUCTION

        Célébré et transfiguré par la cinématographie hollywoodienne, le Dalaï Lama continue sans aucun doute à jouir d’une vaste popularité : son dernier voyage en Italie s’est terminé solennellement par une photo de groupe avec les dirigeants des partis de centre-gauche, qui ont ainsi voulu témoigner estime et révérence à l’égard du champion de la lutte de « libération du peuple tibétain ».

        Mais qui est réellement le Dalaï Lama ? Disons déjà, pour commencer, qu’il n’est pas né dans le Tibet historique, mais dans un territoire incontestablement chinois, très exactement dans la province de Amdo qui, en 1935, année de sa naissance, était administrée par le Kuomintang. En famille, on parlait un dialecte régional chinois, si bien que notre héros apprend le tibétain comme une langue étrangère, et est obligé de l’apprendre à partir de l’âge de trois ans, c’est-à-dire à partir du moment où, reconnu comme l’incarnation du 13ème Dalaï Lama, il est enlevé à sa famille et enfermé dans un couvent, pour être soumis à l’influence exclusive des moines qui lui enseignent à se sentir, à penser, à écrire, à parler et à se comporter comme le Dieu-roi des Tibétains, c’est-à-dire comme Sa Sainteté.

        2°) UN PARADIS TERRIFIANT

        Je tire ces informations d’un livre (Heinrich Harrer, Sept ans au Tibet, diverses éditions en français autour du film de J-J. Annaud, je reprends ici la notation des pages de l’auteur de l’article dans la version italienne du livre, chez Mondadori, NdT) qui a même un caractère semi-officiel (il se conclut sur un « Message » dans lequel le Dalaï Lama exprime sa gratitude à l’auteur) et qui a énormément contribué à la construction du mythe hollywoodien. Il s’agit d’un texte, à sa façon, extraordinaire, qui réussit à transformer même les détails les plus inquiétants en chapitres d’histoire sacrée. En 1946, Harrer rencontre à Lhassa les parents du Dalaï Lama, qui s’y sont transférés désormais depuis de nombreuses années, abandonnant leur Amdo natal. Cependant, ceux-ci ne sont toujours pas devenus tibétains : ils boivent du thé à la chinoise, continuent à parler un dialecte chinois et, pour se comprendre avec Harrer qui s’exprime en tibétain, ils ont recours à un « interprète ». Certes leur vie a changé radicalement : « C’était un grand pas qu’ils avaient réalisé en passant de leur petite maison de paysans d’une province chinoise reculée au palais qu’ils habitaient à présent et aux vastes domaines qui étaient maintenant leur propriétés ». Ils avaient cédé aux moines un enfant d’âge tendre, qui reconnaît ensuite dans on autobiographie avoir beaucoup souffert de cette séparation. En échange, les parents avaient pu jouir d’une prodigieuse ascension sociale. Sommes-nous en présence d’un comportement discutable ? Que non. Harrer se dépêche immédiatement de souligner la « noblesse innée » de ce couple (p. 133) : Comment pourrait-il en être autrement puisqu’il s’agit du père et de la mère du Dieu-roi ?

        Mais quelle société est donc celle sur laquelle le Dalaï Lama est appelé à gouverner ? Un peu à contrecœur, l’auteur du livre finit par le reconnaître : « La suprématie de l’ordre monastique au Tibet est absolue, et ne peut se comparer qu’avec une dictature. Les moines se méfient de tout courant qui pourrait mettre en péril leur domination ». Ce n’est pas seulement ceux qui agissent contre le « pouvoir » qui sont punis mais aussi « quiconque le met en question » (p. 76). Voyons les rapports sociaux. On dira que la marchandise la plus bon marché est celle que constituent les serfs (il s’agit, en dernière analyse d’esclaves). Harrer décrit gaiement sa rencontre avec un haut- fonctionnaire : bien que n’étant pas un personnage particulièrement important, celui-ci peut cependant avoir à sa disposition « une suite de trente serfs et servantes » (p.56). Ils sont soumis à des labeurs non seulement bestiaux mais même inutiles : « Environ vingt hommes étaient attachés à la ceinture par une corde et traînaient un immense tronc, en chantant en cœur leurs lentes mélopées, et avançant du même pas. En nage, et haletants, ils ne pouvaient pas s’arrêter pour reprendre leur souffle, car le chef de file ne l’autorisait pas. Ce travail terrible fait partie de leur impôt, un tribut de type féodal ». Ç’aurait été facile d’avoir recours à la roue, mais « le gouvernement ne voulait pas la roue » ; et, comme nous le savons, s’opposer ou même seulement discuter le pouvoir de la classe dominante pouvait être assez dangereux. Mais, selon Harrer, il serait insensé de vouloir verser des larmes sur le peuple tibétain de ces années-là : « peut-être était-il plus heureux ainsi » (p.159-160).

        Un abîme incommensurable séparait les serfs des patrons. Pour les gens ordinaires, on ne devait adresser ni une parole ni un regard au Dieu-roi. Voici par exemple ce qu’il advient au cours d’une procession :
        « Les portes de la cathédrale s’ouvrirent et le Dalaï Lama sortit lentement (…) La foule dévote s’inclina immédiatement. Le cérémonial religieux aurait exigé que l’on se jetât par terre, mais il était impossible de le faire à cause du manque de place. Des milliers de gens se courbèrent donc, comme un champ de blé sous le vent. Personne n’osait lever les yeux. Lent et compassé, le Dalaï Lama commença sa ronde autour du Barkhor (…) Les femmes n’osaient pas respirer ».
        La procession finie, l’atmosphère change radicalement :
        « Comme réveillée soudain d’un sommeil hypnotique, la foule passa à ce moment-là de l’ordre au chaos (…) Les moines soldats entrèrent immédiatement en action (…) A l’aveuglette, ils faisaient tourner leurs bâtons sur la foule (…) mais malgré la pluie de coups, les gens y revenaient comme s’ils étaient possédés par des démons (…) Ils acceptaient maintenant les coups et les fouets comme une bénédiction. Des récipients de poix bouillante tombaient sur eux, ils hurlaient de douleur, ici le visage brûlé, là les gémissements d’un homme roué de coups ! » (p.157-8).

        Il faut noter que ce spectacle est suivi par notre auteur avec admiration et dévotion. Le tout, ce n’est pas un hasard, est compris dans un paragraphe au titre éloquent : « Un dieu lève la mai, en bénissant ». Le seul moment où Harrer a une attitude critique se trouve quand il décrit les conditions d’hygiène et de santé dans le Tibet de l’époque. La mortalité infantile fait rage, l’espérance de vie est incroyablement basse, les médicaments sont inconnus, par contre des médications assez particulières ont cours : « souvent les lamas font des onctions à leurs patients avec leur salive sainte ; ou bien tsampa ( ? NdT) et beurre sont mélangés avec l’urine des saints hommes pour obtenir une sorte d’émulsion qui est administrée aux malades ». (p.194). Ici, même notre auteur dévot et tartuffe a un mouvement de perplexité : même s’il a été « convaincu de la réincarnation du Dieu Enfant » (p. 248), il n’arrive cependant pas à « justifier le fait qu’on boive l’urine du Buddha vivant », c’est-à-dire du Dalaï Lama. Il soulève la question avec celui-ci, mais sans trop de résultats : le Dieu-roi « ne pouvait pas combattre seul de tels us et coutumes, et dans le fond, il ne s’en préoccupait pas trop ». Malgré cela, notre auteur, qui se contente de peu, met de côté ses réserves, et conclut imperturbable : « En Inde, du reste, c’était un spectacle quotidien de voir les gens boire l’urine des vaches sacrées ». (p.294).

        A ce point, Harrer peut continuer sans plus d’embarras son œuvre de transfiguration du Tibet prérévolutionnaire. En réalité, celui-ci est lourd de violence, et ne connaît même pas le principe de responsabilité individuelle : les punitions peuvent aussi être transversales, et frapper les parents du responsable d’un délit même assez léger voire imaginaire (p. 79). Qu’en est-il des crimes considérés comme plus graves ? « On me rapporta l’exemple d’un homme qui avait volé une lampe dorée dans un ces temples de Kyirong. Il fut déclaré coupable, et ce que nous aurions nous considéré comme une sentence inhumaine fut exécutée. On lui coupa les mains en public, et son corps mutilé mais encore vivant fut entouré d’une peau de yak mouillée. Quand il arrêta de saigner, il fut jeté dans un précipice » (p. 75). Pour des délits mineurs aussi, par exemple, « jeu de hasard » on peut être puni de façon impitoyable s’ils sont commis les jours de festivité solennelle : « les moines sont à ce sujet inexorables et inspirent une grande crainte, parce que plus d’une fois il est arrivé que quelqu’un soit mort sous la flagellation de rigueur, la peine habituelle » (p. 153). La violence la plus sauvage caractérise les rapports non seulement entre « demi-dieux » et « êtres inférieurs » mais aussi entre les différentes fractions de la caste dominante : on « crève les yeux avec une épée » aux responsables des fréquentes « révolutions militaires » et « guerres civiles » qui caractérisent l’histoire du Tibet prérévolutionnaire (la dernière a lieu en 1947) (p.224-5). Et pourtant, notre zélé converti au lamaïsme ne se contente pas de déclarer que « les punitions sont plutôt drastiques, mais semblent être à la mesure de la mentalité de la population » (p.75). Non, le Tibet prérévolutionnaire est à ses yeux une oasis enchantée de non-violence : « Quand on est depuis quelques temps dans le pays, personne n’ose plus écraser une mouche sans y réfléchir. Moi-même, en présence d’un tibétain, je n’aurais jamais osé écraser un insecte seulement parce qu’il m’importunait » (p.183). Pour conclure, nous sommes face à un « paradis » (p.77). Outre Harrer, cette opinion est aussi celle du Dalaï Lama qui dans son « Message » final se laisse aller à une poignante nostalgie des années qu’il a vécues comme Dieu-roi : « nous nous souvenons de ces jours heureux que nous passâmes ensemble dans un pays heureux » (happy) soit, selon la traduction italienne, dans « un pays libre ».

        3°) INVASION DU TIBET ET TENTATIVE DE DEMEMBREMENT DE LA CHINE

        Ce pays « heureux » et « libre », ce « paradis » est transformé en enfer par l’ « invasion » chinoise. Les mystifications n’ont pas de fin. Peut-on réellement parler d’ « invasion » ? Quel pays avait donc reconnu l’indépendance du Tibet et entretenait avec lui des relations diplomatiques ? En réalité, en 1949, dans un livre qu’il publie sur les relations USA-Chine, le Département d’Etat américain publiait une carte éloquente en elle-même : en toute clarté, aussi bien le Tibet que Taiwan y figuraient comme parties intégrantes du grand pays asiatique, qui s’employait une fois pour toutes à mettre fin aux amputations territoriales imposées par un siècle d’agression colonialistes et impérialistes. Bien sûr, avec l’évènement des communistes au pouvoir, tout change, y compris les cartes géographiques : toute falsification historique et géographique est licite quand elle permet de relancer la politique commencée à l’époque avec la guerre de l’opium et, donc, d’aller vers le démantèlement de la Chine communiste.
        C’est un objectif qui semble sur le point de se réaliser en 1959. Par un changement radical en regard de la politique suivie jusque là, de collaboration avec le nouveau pouvoir installé à Pékin, le Dalaï Lama choisit la voie de l’exil et commence à brandir le drapeau de l’indépendance du Tibet. S’agit-il réellement d’une revendication nationale ? Nous avons vu que le Dalaï Lama lui-même n’est pas d’origine tibétaine et qu’il a été obligé d’apprendre une langue qui n’est pas sa langue paternelle. Mais portons plutôt notre attention sur la caste dominante autochtone.

        D’une part, celle-ci, malgré la misère générale et extrême du peuple, peut cultiver ses goûts de raffinement cosmopolite : à ses banquets on déguste « des choses exquises provenant de tous les coins du monde » (p.174-5). Ce sont de raffinés parasites qui les apprécient, et qui, en faisant montre de leur magnificence, ne font assurément pas preuve d’étroitesse provinciale : « les renards bleu viennent de Hambourg, les perles de culture du Japon, les turquoises de Perse via Bombay, les coraux d’Italie et l’ambre de Berlin et du Königsberg » (p.166). Mais tandis qu’on se sent en syntonie avec l’aristocratie parasite de tous les coins du monde, la caste dominante tibétaine considère ses serviteurs comme une race différente et inférieure ; oui, « la noblesse a ses lois sévères : il n’est permis d’épouser que quelqu’un de son rang » (p. 191). Quel sens cela a-t-il alors de parler de lutte d’indépendance nationale ? Comment peut-il y avoir une nation et une communauté nationale si, d’après le chantre même du Tibet prérévolutionnaire, les « demi-dieux » nobles, loin de considérer leurs serviteurs comme leurs concitoyens, les taxent et les traitent d’ « êtres inférieurs » (p. 170 et 168) ?

        D’autre part, à quel Tibet pense le Dalaï Lama quand il commence à brandir le drapeau de l’indépendance ? C’est le Grand Tibet, qui aurait du rassembler de vastes zones hors du Tibet proprement dit, en annexant aussi les populations d’origine tibétaine résidant dans des régions comme le Yunnan et le Sichuan, qui faisaient partie depuis des siècles du territoire de la Chine et qui furent parfois le berceau historique de cette civilisation multiséculaire et multinationale. C’est clair, le Grand Tibet représentait et représente un élément essentiel du projet de démantèlement d’un pays qui, depuis sa renaissance en 1949, ne cesse de déranger les rêves de domination mondiale caressés par Washington.

        Mais que serait-il arrivé au Tibet proprement dit si les ambitions du Dalaï Lama s’étaient réalisées ? Laissons pour le moment de côté les serfs et les « êtres inférieurs » à qui, bien entendu, les disciples et les dévots de Sa Sainteté ne prêtent pas beaucoup d’attention. Dans tous les cas, le Tibet révolutionnaire est une « théocratie » (p.169) : « un européen est difficilement en mesure de comprendre quelle importance on attribue au plus petit caprice du Dieu-roi ». Oui, « le pouvoir de la hiérarchie était illimité » (p.148), et il s’exerçait sur n’importe quel aspect de l’existence : « la vie des gens est réglée par la volonté divine, dont les interprètes sont les lamas » (p.182). Evidemment, il n’y a pas de distinction entre sphère politique et sphère religieuse : les moines permettaient « aux tibétaines les noces avec un musulman à la seule condition de ne pas abjurer » (p.169) ; il n’était pas permis de se convertir du lamaïsme à l’Islam. Comme la vie matrimoniale, la vie sexuelle aussi connaît sa réglementation circonspecte : « pour les adultères, des peines très drastiques sont en vigueur, on leur coupait le nez » (p. 191). C’est clair : pour démanteler la Chine, Washington n’hésitait pas à enfourcher le cheval fondamentaliste du lamaïsme intégriste et du Dalaï Lama.

        A présent, même Sa Sainteté est obligé d’en prendre acte : le projet sécessionniste a largement échoué. Et voilà apparaître des déclarations par lesquelles on se contenterait de l’ « autonomie ». En réalité, le Tibet est depuis pas mal de temps une région autonome. Et il ne s’agit pas que de mots. En 1988 déjà, tout en formulant des critiques, Foreign Office, la revue étasunienne proche du Département d’Etat, dans un article de Melvyn C. Goldstein, avait laissé passer quelques reconnaissances importantes : dans la Région Autonome Tibétaine, 60 à 70 % des fonctionnaires sont d’ethnie tibétaine et la pratique du bilinguisme est courante. Bien sur, on peut toujours faire mieux ; il n’en demeure pas moins que du fait de la diffusion de l’instruction, la langue tibétaine est aujourd’hui parlée et écrite par un nombre de personnes bien plus élevé que dans le Tibet prérévolutionnaire. Il faut ajouter que seule la destruction de l’ordre des castes et des barrières qui séparaient les « demi-dieux » des « êtres inférieurs » a rendu possible l’émergence à grande échelle d’une identité culturelle et nationale tibétaine. La propagande courante est l’envers de la vérité.

        Tandis qu’il jouit d’une ample autonomie, le Tibet, grâce aussi aux efforts massifs du gouvernement central, connaît une période d’extraordinaire développement économique et social. Parallèlement au niveau d’instruction, au niveau de vie et à l’espérance moyenne de vie, s’accroît aussi la cohésion entre les différents groupes ethniques, comme confirmé entre autres par l’augmentation des mariages mixtes entre hans (chinois) et tibétains. Mais c’est justement ce qui va devenir le nouveau cheval de bataille de la campagne anti-chinoise. L’article de B. Valli sur La Repubblica du 29 novembre 2003 en est un exemple éclatant. Je me bornerai ici à citer le sommaire : « L’intégration entre ces deux peuples est la dernière arme pour annuler la culture millénaire du pays du toit du monde ». C’est clair, le journaliste s’est laissé aveugler par l’image d’un Tibet à l’enseigne de la pureté ethnique et religieuse, qui est le rêve des groupes fondamentalistes et sécessionnistes. Pour en comprendre le caractère régressif, il suffit de redonner la parole au chroniqueur qui a inspiré Hollywood. Dans le Tibet prérévolutionnaire, en plus des tibétains, et des chinois, « on peut rencontrer aussi des ladaks, des boutans (orthographe non garantie, NdT), des mongols, des sikkimais, des kazakhs, etc ». Les népalais sont aussi largement présents : « Leurs familles demeurent presque toujours au Népal, où eux-mêmes rentrent de temps en temps. En cela ils se différencient des chinois qui épousent volontiers des femmes tibétaines, et mènent une vie conjugale exemplaire ». (p. 168-9). La plus grande « autonomie » qu’on revendique, on ne sait d’ailleurs pas très bien si pour le Tibet à proprement parler ou pour le Grand Tibet, devrait-elle comporter aussi la possibilité pour le gouvernement régional d’interdire les mariages mixtes et de réaliser une pureté ethnique et culturelle qui n’existait même pas avant 1949 ?

        4°) LA COOPTATION DU DALAÏ LAMA EN OCCIDENT ET DANS LA RACE BLANCHE ET LA DENOCIATION DU PERIL JAUNE

        Comme il est notoire, dans sa recherche des origines de la race « aryenne » ou « nordique » ou « blanche », la mythologie raciste et le Troisième Reich ont souvent regardé avec intérêt l’Inde et le Tibet : c’est de là qu’allait partir la marche triomphale de la race supérieure. En 1939, à la suite d’une expédition de SS, l’autrichien Harrer arrive en Inde du Nord (aujourd’hui Pakistan) et, de là, pénètre au Tibet. Lorsqu’il rencontre le Dalaï Lama, il le reconnaît immédiatement, et le célèbre, comme membre de la race supérieure blanche : « Sa carnation était beaucoup plus claire que celle du tibétain moyen, et par certaines nuances plus blanche même que celle de l’aristocratie tibétaine » (p. 280). Par contre, les chinois sont tout à fait étrangers à la race blanche. Voilà pourquoi la première conversation que Sa Sainteté a avec Harrer est un événement extraordinaire : celui-ci se trouve « pour la première fois seul avec un homme blanc » (p. 277). En tant que substantiellement blanc le Dalaï Lama n’était certes pas inférieur aux « européens » et était de toutes façons « ouvert aux idées occidentales » (p. 292 et 294). Les Chinois, ennemis mortels de l’Occident, se comportent bien autrement. C’est ce que confirme à Harrer un « ministre–moine » du Tibet sacré : « dans les écritures anciennes, nous dit-il, on lisait une prophétie : une grande puissance du Nord fera la guerre au Tibet, détruira la religion et imposera son hégémonie au monde » (p.114). Pas de doute : la dénonciation du péril jaune est le fil conducteur du livre qui a inspiré la légende hollywoodienne du Dalaï Lama.

        Revenons à la photo de groupe qui a mis un terme à son voyage en Italie. On peut considérer comme physiquement absents mais bien présents du point de vue des idées Richard Gere et les autres divas de Hollywood, inondés de dollars pour la célébration de la légende du Dieu-roi, venu du mystérieux Orient. Il est désagréable de l’admettre mais il faut en prendre acte : tournant le dos depuis quelques temps à l’histoire et à la géographie, une certaine gauche se révèle désormais capable de ne plus s’alimenter que de mythes théosophiques et cinématographiques, sans plus prendre de distances même avec les mythes cinématographiques les plus troubles.

  • jipepak
    jipepak
    plasticien
    • Posté à 18h56 le 25/03/2008
    • Internaute 27425
      plasticien

    Staline n’a pas su y faire !
    Si Staline avait été un tant soit peu plus malin il aurait pu devenir le meilleur ami de tous nos grands patrons, (Parisot, Seillière, Bouygues, Lagardère, Arnaud, Bolloré et compagnie), en leur proposant simplement de fabriquer pour trois fois rien, c’est à dire 10 fois moins cher, nos chaussettes, nos slips, nos voitures, nos portables et tout y quanti, dans les kolkhozes, les sovkhozes voire par les « travailleurs volontaires » du goulag . Comme par enchantement, les méchants, les affreux, bref, ces salauds de communistes seraient alors devenus « nos amis Soviétiques » comme sont devenus aujourd’hui les vilains communistes chinois appelés dorénavant« nos amis Chinois » dont nous parlent avec amour nos énarques de droite qui rêvent tous de décrocher un marché hyper-juteux avec cet eldorado.
    Aujourd’hui même pourtant « nos amis Chinois » viennent de condamner à 5 ans de prison ferme un humaniste qui a osé revendiquer pour la Chine « le respect des droits de l’homme » plutôt que des jeux olympiques. Mais là, ça compte pas, circulez, il n’y a rien à voir, car les affaires sont les affaires et l’argent n’a jamais eu et n’aura jamais ni odeur ni morale. D’ailleurs je constate que grâce à Poutine, les Soviétiques sont aussi devenus actuellement « nos amis Russes » et peuvent depuis s« en donner à cœur joie en Tchétchénie comme les Chinois au Tibet. Non mais, quand même, les amis c’est sacré, et on va pas se mettre à les critiquer pour de pareilles broutilles !

  • Classico37
    Classico37
    étudiant
    • Posté à 21h17 le 25/03/2008
    • Internaute 33583
      étudiant

    Le boycottage quand ça nous arrange...

    Je trouve un peu facile de vouloir boycotter les JO sous prétexte de non respect des droits de l’homme (ce que je ne nie absolument pas !) alors qu’une partie non négligeable de produits de nombreux pays occidentaux sont fabriqués en Chine, qui plus est dans des entreprises où les droits de l’homme ne sont pas respectés non plus. Dans un cas (JO) on crie au et fort au scandale, mais dans l’autre (entreprises très rentables en Chine) on essaie de cacher les conditions dans lesquelles les travailleurs chinois travaillent pour la production de nos biens....

    Quand les intérêts économiques sont au-dessus des droits de l’homme (et ce n’est pas nouveau !)

    Bravo la mentalité du boycotte !

    • jma14
      jma14 répond à Classico37
      • Posté à 10h07 le 26/03/2008
      • Internaute 31729

      Vous avez raison, ne faisons rien !

      Avec ce type de propos (certainement vrai en ce qui concerne la réalité économique) vous justifiez la politique Chinoise.

      Et vous, achetez-vous des produits Chinois ?

  • lili-oto
    lili-oto
    artiste art contemporain dés (...)
    • Posté à 01h21 le 26/03/2008
    • Internaute 31245
      artiste art contemporain dés (...)

    Bonjour,

    Communiqué de presse :

    Aidez-nous Monsieur Robert Ménard le patron de Reporters sans Frontières

    Si Robert Ménard le patron de Reporters sans Frontières pouvait nous aider et être aussi efficace pour dénoncer internationalement ce qui se passe en France avec les artistes dans les arts plastiques, exclus par dizaines de milliers, réduits à la mendicité, écartés des expositions depuis 20 ans car l’appareil culturel d’état français sectaire est omniprésent. Une interdiction renforcée pour les artistes qui sont considérés comme politiquement incorrects de toutes formes d’expositions, de subventions, d’aides et sans parler bien sûr des 7 millions de pauvres dont la démocratie s’arrête à ce qu’ils ne peuvent pas acheter ou tout simplement se loger. Aider nous Monsieur Robert Ménard à dénoncer publiquement à la communauté internationale aussi ce qui se passe chez nous avec ce qui se passe au Tibet... Si monsieur Sarkozy n’a pas à être à la cérémonie d’ouverture des J O c’est en premier lieu qu’il y a de quoi avoir honte avec ce qui se passe ici dans notre pays avec l’état français avec un PIB qui ne cesse d’augmenter. Sans compter les 50000 (cinquante mille) jeunes de moins de 25 ans SDF sans Rmi et qui vivent en France à la rue, dans un pays la France qui les torture ouvertement, ils sont exposés au froid, aux réseaux de prostitution, à la drogue dure, à la mendicité de la rue alors que les hommes et femmes politiques cumulent les salaires en cumulant les mandats électoraux. 400 euros pour ces jeunes c’est une goutte d’eau dans le budget de l’état français. Aidez-nous Monsieur Robert Ménard le patron de Reporters sans Frontières. Lili-oto artiste. Lien ou Lien lili-oto est président des Apea Association des Artistes Plasticiens En Aquitaine

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