A la Une 22/03/2008 à 17h39

Mai 1968 : la révolte en chantant



Montage (Flickr).

On peut se souvenir avec des idées, des pensées, des images, des émotions. On peut se souvenir en chantant. On peut dire un moment, une époque, par ses airs. Que fredonnaient-ils, les Français, dans cette année 1968 ? Que chantaient les étudiant(e)s de Nanterre ce 22 mars 1968 dont on dit qu’il marque le commencement de Mai 68 ?

Il y a ceux qui savent, ils savent ce qu’était, Mai 68, ils ont les mots pour le dire, ils disent « une fête », « un grand monôme », « une crise adolescente », « une farce de fils à papa », ils disent « la porte ouverte de l’individualisme », ou « du libéralisme », ou « du développement de la société de consommation », ou « de l’américanisation de la France », mai incarnant la ruse de l’histoire pour moderniser la France contre une bourgeoisie archaïque. D’autres disent « la plus grande grève ouvrière », « la révolution trahie par les bureaucrates », « la jonction impossible étudiants-ouvriers », l’espérance violente d’un autre monde. D’autres ont encore en tête et au cœur -et sans doute en ont-ils la nostalgie- un bonheur collectif inouï, une parenthèse enchantée, quelque chose somme toute assez mystérieux.


Côté étudiants, l’affaire, en effet, est d’abord nanterroise : mouvements divers à l’université de Nanterre, une fac récente construite dans un quartier non traditionnellement universitaire, à la différence du Quartier latin, pour faire face à l’afflux d’étudiants (mais on est très loin de la massification de l’enseignement supérieur des années 1990). Mouvements alimentés par les « gauchistes » (appellation à venir, qualificatif lancé quelques semaines plus tard par le parti communiste français en démarquage de l’ouvrage de Lénine « La Maladie infantile du communisme : le gauchisme ») et qui se focalisent sur différentes revendications, déjà depuis l’automne 1967 contre la réforme de l’enseignement supérieur, contre la vie sur le campus, contre l’interdiction faite aux garçons d’aller dans le dortoir des filles…

Jacques Tarnerao, chercheur, était de ceux qui ont lancé ce 22 mars et qui ont chanté, sans en connaitre toutes les strophes, « l’Internationale » :


A partir de janvier 1968, la contestation est permanente, mise en œuvre par une « minorité active » de « gauchistes » : avec interruption des cours, interpellations des professeurs, meetings… Un certain Daniel Cohn-Bendit en est le leader.

Le 22 mars, des militants des comités Vietnam sont appréhendés chez eux, au petit matin, tandis qu’un militant de la JCR (Jeunesse communiste révolutionnaire), connu à Nanterre, l’a été la veille au soir dans le cadre d’une enquête « concernant la sécurité publique ». Dans l’après-midi du 22, à Nanterre, se tient une assemblée générale pour organiser la riposte « contre la répression ». La Tour, soit le bâtiment administratif, est occupée, y compris la salle du conseil, au dernier étage, celle où siègent d’ordinaire les professeurs. Le Mouvement du 22 mars est né, regroupant situationnistes, guevaristes, trotskistes, anarchistes, ex-communistes, inorganisés… C’est une mouvance, un mouvement, ni une organisation ni un parti.

A partir de ce jour, l’agitation sera quotidienne ou presque sur le campus de Nanterre, ponctuée d’incidents divers qui aboutiront à la décision de fermer la faculté, le 3 mai.

Les chansons seront, elles, continuellement entonnées durant tout le mois de mai. L’architecte Roland Castro était militant mao et avait participé à la fondation du mouvement « Vive la Révolution ». Il chante toujours :


Texte : Martine Storti
Vidéo : Zineb Dryef

Rue89 et le Hall de la Chanson célèbrent les chansons de mai 68
Lire aussi : 32 jours de mai, de Martine Storti - éd. Le Bord de l’eau - 197p., 16,15€.

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  • tomtombenz
    tomtombenz
    Etudiant Master en alternance
    • Posté à 17h50 le 22/03/2008
    • Internaute 30560
      Etudiant Master en alternance

    En espérant que la chanson continu et que Mai 2008 soit universensualien.

    Pour ceux qui s’intéressent au mouvement philosophico-artistique :

    Lien

    Dites moi ce que vous en pensez. Un Mai 68 au gout du jour avec des problématique d’aujourd’hui.

    • Les Chats
      Les Chats répond à tomtombenz
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 12h42 le 23/03/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Je me glisse pour un APPEL du journal l’humanité :
      Recherche d’anciens élèves de l’IUT de Troyes.
      Lien
      En 2008 l’IUT de Troyes fête ses 40 ans !
      A l’ouverture du site, en 1968, les étudiants n’avaient accès qu’à un seul département, TC (techniques de commercialisation), néanmoins, c’est grâce à ce premier pas qu’est apparu, à Troyes, l’enseignement universitaire.
      Et parce qu’un anniversaire est l’occasion rêvée de revoir ses amis, nous souhaitons retrouver les anciens de l’IUT de Troyes – depuis ces quarante dernières années

    • citoyensly
      citoyensly répond à tomtombenz
      • Posté à 12h44 le 23/03/2008
      • Internaute 24690

      Mai 68 .. et les Réformes de Sarkozy 2008 !
      Sarkozy faisait parti du précédent gouvernement , la politique menée vient d’ etre très durement sanctionnée ! Mais comme le dit Copé « les réformes c est maintenant ou jamais » ! Mais que se cache t il derrière le terme REFORMES ?

      La fin de la sécurité sociale, de la retraite par répartition , la suppression de L’ ISF , du RMI , des ASSEDICS...
      voir l article sur Lien

    • PIFOU2
      PIFOU2 répond à tomtombenz
      Glopeur/Pas Glopeur
      • Posté à 17h30 le 23/03/2008
      • Internaute 36553
        Glopeur/Pas Glopeur

      Une chanson Glop ! Glop pour célèbrer Mai 68 :

      Lien

    • psyche
      psyche répond à tomtombenz
      Agitateur d'inconscience
      • Posté à 11h39 le 24/03/2008
      • Internaute 33336
        Agitateur d'inconscience

      Bonjour à tous,

      Je suis d’accord et de tout coeur avec les nostalgiques de Mai 68, malheureusement, je ne partage pas forcément votre enthousiasme (chers riverains), en effet sans minimiser les avancées sociales que cet évènement a pû avoir sur notre société (tout comme les luttes de 36), la « chape » moralisatrice, restrictive (à tous niveaux), l’anti-libéralisme individuel (il faut rester dans le moule)imposée par nos dirigeants fini toujours par nous rattraper !

      Prenez les révolutionnaires de 1789, croyez vous qu’ils avaient imaginé que la société sur le fond ne changerai pas ?
      Ne parlons nous pas depuis Mittérand de « monarchie élective » ?
      Je suis certain que s’il restait des survivants preneurs de « La Bastille », ils vous tiendraient le même discours nostalgique empreint d’émotions que nos chers soixante-huitards !

      Je pense que tant que notre inconscient « reptilien » d’homo-erectus persistera en nous, tout restera en l’état !
      Il y aura toujours des individus voulants êtres les chefs de la tribu et prêts à toutes les bassesses pour y arriver car au delà de la richesse et de la notoriété, c’est le POUVOIR qu’ils veulent à tout prix !
      Il y aura toujours des hordes sauvages incontrôlables qui évoluent en groupe pour se sentir forts et ainsi exercer un « pouvoir » par la terreur !

      Se révolter à nouveau ? Oui nous pouvons le faire pour avoir l’impression durant une décénie ou deux que nous nous sommes libérés des jougs de nos dirigeants (ce qu’ils vont nous laisser croire, jusqu’a ce qu’ils arrivent « insidieusement » à nous remettre les chaines)

      La seule révolution qui puisse être salutaire pour l’humanité sera « spirituelle » ou ne sera pas !

      N’avez vous pas HONTE (de notre société) lorsque vous passez à côté d’un S.D.F dans la rue ? Moi SI ! (c’est un être humain comme vous et moi !)
      N’avez vous pas HONTE des « injustices » de la justice ? Moi SI !
      N’avez vous pas HONTE de l’injustice sociale ? Moi SI !
      N’avez vous pas HONTE de la façon dont on traite (toujours la société) les malades, victimes de lourdes pathologies, en fin de vie ? Moi SI !
      N’avez vous pas HONTE de toutes ces guerres justifiées par de FAUSSES bonnes raisons ? Moi SI !
      LISTE NON EXHAUSTIVE.......

      Ce qu’il faut changer ? Tout ! Les règles, la pensée, il faut réinventer une nouvelle société (soyons imaginatifs) de A à Z......
      Sommes nous prêts pour celà ? Rien n’est moins sûr car le plus grand obstacle à notre évolution spirituelle est en nous, il s’agit de notre PEUR, peur de l’inconnu, peur de perdre plus que ce que nous avons réellement à gagner......

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 18h38 le 22/03/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    MAI 68 ENCHANTANT

    Ça y est, la grande commémoration du quarantenaire est lancée ! Voici maintenant qu’on nous le chante. C’est mieux, mais franchement, au jour d’aujourd’hui, je n’y trouve pas vraiment encore mon content. Rien qui ne me rappelle le formidable déluge d’émotions que je ressentis alors. Rien qui ne rende l’intensité de ces jours brûlants. Bon allez, je me lance, j’essaie…

    –––––

    Avril 1968. L’immense majorité de la population ignore encore la déflagration qui va secouer son existence. J’ai (presque) dix-huit ans. Le conservatisme étriqué des générations précédentes nous tient sous muselière. Dans le lycée parisien mixte (chose encore très rare à l’époque) où je prépare mon bac, les garçons sont fréquemment renvoyés chez eux mettre la cravate qui leur fait défaut. Les filles qui ont eu l’insolence de se maquiller sont invitées à se nettoyer à l’eau froide dans les toilettes de l’établissement. Les pantalons leur sont permis... à condition qu’une jupe ou une robe les recouvrent ! Les cartables sont fouillés, à la recherche de quelques ouvrages aussi subversifs ou licencieux que ceux de Boris Vian. La pilule contraceptive, « autorisée » depuis un an, n’est encore qu’un vœu pieux pour les teenagers que nous sommes. Baiser n’est pas une sinécure...

    Quelques jours plus tard, tout ceci a implosé. Le proviseur qui nous tenait sous sa coulpe autoritaire, a disparu du jour au lendemain avec ses sbires. Nous ne le reverrons plus. Nous dansons à plus soif nos carmagnoles libératoires. Mai 68, c’est l’histoire d’une chrysalide qui se déchire, d’un barrage qui se rompt et libère ses flots. Torrents de mots, débordements de rires et d’enthousiasmes. Cela ne va sans doute pas sans dégâts ou excès. Mais c’est le prix de la liberté, le risque à courir.

    L’évènement surprit son monde, à commencer par ses propres acteurs, sidérés de se retrouver pris dans ce vertige. Pourtant, tous les prémisses étaient là en germe, bien présents. L’hystérie Beatles, la fureur Rolling Stones, les prophéties de Bob Dylan, et jusqu’à notre gentille vague yéyé qui, pour puérile qu’elle puisse paraître, était déjà une tentative d’émancipation par la fête.

    –––––

    Durant tout ce mois de mai, j’élus résidence à la cafétéria enfumée du CHU St Antoine Paris 12e, avec les étudiants, et surtout les étudiantes en médecine, juste en face la boulangerie de mes parents. Des artistes sortis de nul part illuminaient notre quotidien en repeignant à leur façon les piliers du bâtiment. Les jours, les nuits ne laissaient guère place au sommeil. La nuit, nous montions tout en haut sur la terrasse, sous les étoiles, enivrés par notre propre audace. Nous parlions à n’en plus finir. Les corps sentaient enfin la peau et les petits matins autorisés.

    Le jour, nous rejoignions les trottoirs. Ceux-ci étaient de véritables volcans de discussions, avec des assemblées on ne peut plus hétéroclites. Des puits de fusion ahurissants rassemblant toutes les classes sociales. Un vaste forum fiévreux où le maître-mot était le « vivre ensemble ». Les détracteurs de Mai 68 clament que ces déferlements « utopiques » étaient l’expression de l’individualisme petit-bourgeois induit pas la société de consommation. C’était l’inverse et rien de cela ne relevait de la chimère romanesque. « Qui a vécu Mai 68 et n’est pas de mauvaise foi sait depuis qu’un autre monde est possible, » écrit Christine Delphy, sociologue, féministe et participante active à ces journées folles.

    Mon père, homme simple et bon mais certainement pas suspect de progressisme échevelé, n’avait pas de mots assez durs pour qualifier ce qu’il appelait nos « déballages ». Pourtant, c’était bien lui qui, chaque jour, alimentait gratuitement en baguettes croustillantes les « émeutier(e)s » de la cafétéria du CHU.

    Nous ne manquions pas non plus de nous rendre dans les manifestations. Celle-ci tenaient plus de l’insurrection festive que du mouvement organisé. J’ai encore souvenir de ce grand échalas maigre en improbable toge antique, casque à plume et lance d’opérette (accessoires « empruntés » sans doute au théâtre de l’Odéon alors occupé) surgissant derrière un escadron de forces de l’ordre en hurlant : « Rendez-vous, vous êtes cernés ! » Les pavés que nous lancions contre les CRS-SS, étaient surtout dirigés contre l’ordre moral étouffant que ceux-ci représentaient. Les fesses des filles (ou des garçons, c’est selon) qui nous accompagnaient, avaient au moins autant d’importance que les slogans que nous hurlions.

    –––––

    La grande erreur est de considérer Mai 68 sous le seul angle politique ou syndical. La logorrhée marxisto-libertaire un peu pesante dont nous abusions, tenait plus du langage spontané de reconnaissance entre nous que d’un discours révolutionnaire structuré.

    Débordées, dépassées, les partis traditionnels de gauche, communiste, socialiste, furent incapables d’assurer un relais politique à ce déchaînement existentiel. Tout aussi incapables, heureusement, de le récupérer à leur profit. Quant aux fameux « gauchistes » et autres prédicateurs « maos » (parmi lesquels Bernard-Henri Lévy, Pascal Bruckner, André Gluksmann, Philippe Sollers ...), ils venaient nous délivrer leur doctrine sur un ton si glaçant de commissaires politiques que nous préférions nous tenir à distance.

    Fidèle à ses habitudes, la société du spectacle médiatique essaya d’imposer les meneurs qui lui seyaient : je me souviens, Jacques Sauvageot, Alain Geismar, Serge July et les « maoïstes » sus-cités. Ceux-là étaient déjà de tous les plateaux officiels, mais absents de nos discussions et de nos préoccupations à nous. Passé l’orage et le coup d’arrêt des législatives de juin 68, les médias eurent beau jeu de dénoncer l’échec politique du mouvement. Ils crurent même bon de pousser plus loin l’imposture en pointant les dérives bourgeoises de ceux qu’ils avaient eux-mêmes proclamés leaders. Lesquels s’auto-torpillèrent allègrement pour rester sous les projecteurs des plateaux. Ils y sont encore à pontifier.

    Non, Mai 68 ne fut ni un mouvement politique, ni un mouvement de revendications syndicales, mais un état d’esprit, une émancipation aux conséquences durables (les conquêtes féministes d’alors en sont un exemple). Le fait qu’un Président de la République, quarante années plus tard, se sente encore obligé d’annoncer dans ses priorités qu’il veut « rompre réellement avec l’esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68 », montre à quel point ceux-ci sont encore prégnants dans le corps social.

    –––––

    La question qui revient, récurrente, et aussi très agaçante, est de savoir si de tels évènements peuvent se reproduire. Je pense pour ma part que nous ne reverrons pas plus de nouveau Mai 68 qu’il n’y aura de nouvelle Révolution française 89 ou de nouveau Front populaire 36.

    Daniel Cohn-Bendit, qui ne fut pas un leader, mais une figure emblématique du mouvement (les médias d’alors se gardaient bien de l’inviter, lui), a tort de déclarer que le fond de la révolte n’existe plus. » Tous les ingrédients d’une glaciation conservatrice sont à nouveau en place pour déboucher un jour sur une explosion brutale de libération. Celle-ci aura simplement son caractère à elle, ses spécificités propres, son langage codé, son appellation contrôlée avec laquelle ses acteurs ne manqueront pas, à leur tour, d’exaspérer leurs progénitures.

    Je n’évoque ici ces souvenirs que pour illustrer une ambiance, une atmosphère ; pour corriger aussi, à ma façon, ce que je pense être des erreurs d’interprétation obligeamment amplifiées par les médias et les analystes assis. Ce qui m’intéresse dans les évènements de Mai 68, ce ne sont pas les anecdotes ou les faits héroïques du passé, mais les traces persistantes qui en restent aujourd’hui.

    Je ne pleure pas une nostalgie. Je ne rêve pas non plus d’un nouveau Mai 68. Je voudrais juste en réanimer l’esprit de liberté, m’en imprégner dans mon comportement de chaque instant, en communiquer la petite flamme à chaque moment, tout de suite, sans jamais rien lâcher.

    –––––

    Mais tout de même, dans le bourbier où nous sommes aujourd’hui, avouez qu’on se laisserait bien tenter par un petit Mai 08, non ?
    [À suivre :
    CHANTONS MAI 08 hé hé ! ]

    • pablico
      pablico répond à Le Yéti
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h52 le 22/03/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      « le formidable déluge d’émotions que je ressentis alors. »
      C’est ce qui me reste aussi. C’était le printemps, on avait 20 ans avec toute sa vigueur, ses rêves fous, son espérance, et une sorte de liberté inespérée qui s’ouvrait. (la majorité était à 21 ans , le service militaire durait 16 mois, l’avenir semblait rigide et joué, et....toujours le même président)

    • Pseudo
      Pseudo répond à Le Yéti
      Enfin libre : -)
      • Posté à 19h28 le 22/03/2008
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      C’est bizarre. Six ans seulement nous séparent et cela semble tout un monde !

      J’étais également dans un lycée mixte. Pas d’uniforme, si ce n’est le jean brodé, le tee-shirt, la chemise indienne, la mini-jupe ou le short même...

      Plus de cartables non plus, juste une sangle pour tenir les bouquins.

      L’écume des jours était étudié en classe.

      En seconde, nous avions des cours d’éducation sexuelle avec incitation à l’utilisation de la pilule.

      Notre prof d’allemand nous emmenait au théâtre voir Brecht.

      Et pour la première fois, un écologiste se présentait aux élections présidentielles. Hélas, nous n’avions pas encore le droit de vote.

      Moi non plus, je ne regrette pas mai 68.

      Ma jeunesse a été si belle et si simple à vivre.

    • manu2005
      manu2005 répond à Le Yéti
      Afghanistan,Lybie, la france (...)
      • Posté à 06h52 le 23/03/2008
      • Internaute 1805
        Afghanistan,Lybie, la france (...)

      Bonjour Yéti.
      Bravo et merci pour ce fin témoignage.
      J’ajouterai facilement Jack Kerouac et bob Dylan à la liste « Beatles et Stones ».
      Pour dire aussi que ce mouvement ne fut pas que Français…

      La libération de la jeunesse d’un carcan de noirceur
      J’avais moins de huit ans en mai 68.
      En banlieue de province j’en entendais à peine parler (mais on en parlait !).
      Mais je pu constater de mes yeux qu’il y eu un avant et un après.
      Et de mes yeux simples d’enfants, aucun doute que c’était dans ce sens qu’il fallait aller.

      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à manu2005
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 23h40 le 28/03/2008
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        Tiens bonjour manu, comment tu te portes ?

    • Gotch
      Gotch répond à Le Yéti
      • Posté à 07h47 le 23/03/2008
      • Internaute 15306

      Bravo, le Yéti ! Que de réminiscences me remontent à l’esprit et dans tout le corps, à l’évocation de ce moment-là ! Moi aussi, j’avais vingt ans et ma fac de lettres et sciences humaines n’a plus jamais été pareille ! Paradoxalement, mon fils, qui la fréquente aujourd’hui depuis plusieurs années m’a montré qu’a contrario elle n’a plus rechangé depuis cette période !

      On était jeunes, on voulait tout changer, mais surtout la manière dont les cours se passaient. Malheureusement, avec l’explosion du nombre d’étudiants, le pesant cours magistral reste de règle....

      J’ai retrouvé il y a 10 ans une coupure du journal « Le Courrier de l’Ouest », qui relatait des souvenirs d’anciens profs d’un lycée religieux. Ils avaient loué pendant les grandes vacances 1966 et 1967 un grand local à l’un de leurs anciens élèves, devenu étudiant à Nanterre. Des réunions assidues y ont eu lieu, et en 1967 le ton s’était durci : des couplets de l’Internationale s’échappaient des fenêtres par moments, et deux des participants s’appelaient Alain Krivine et Jacques Sauvageot. Mai 68 ne fut peut-être pas aussi spontané que cela, au moins en partie !

      Malgré ces « professionnels de la gauche dure », le maître mot pour décrire mai 68 est « spontanéité ». Le mouvement s’est étendu en tache d’huile, sans vraie coordination. Les syndicats, étudiants ou classiques, eurent bien du mal à tenter de canaliser ce flot impétueux : leurs mots d’ordre ne « prenaient » pas, et la visite à notre fac de la copine de Dany le Rouge n’a pas enflammé les coeurs ! Les étudiants avaient leurs préoccupations d’étudiants, les ouvriers avaient les leurs, ce qui n’empêchait pas de fraterniser avec circonspection. Au bout du compte, ce qui a résulté de ces ahurissantes journées est difficilement palpable, mais c’est surtout un grand ménage dans la tête qui s’est opéré durablement.

      Mai 68, il faut l’avoir fait, l’avoir vécu, ce fut une période de liberté et de fraternité étonnante qui a éclairé toute la vie : pas étonnant que les gardiens de l’ordre moral veuillent encore aujourd’hui en effacer les moindres traces !

      • francodiac
        francodiac répond à Gotch
        retraité en AFN
        • Posté à 14h39 le 24/03/2008
        • Internaute 31841
          retraité en AFN

        J’avais beaucoup plus que vingt ans. Trente-quatre exactement et à l’époque, reporter à une agence de presse j’étais avec quelques confrères chargé de « couvrir » les « évènements de 68 ». Certains des thèmes de cette révolte ont fleuri en moi bien plus tard pour rester définitvement ancrés dans mes entrailles... qui se dirigent actuellement vers les 80 balais. Et je puis vous assurer qu’ils sont, n’en déplaise à tant de contemporains de l’époque, plus que jamais d’une brûlante actualité. Hélas, ils ne sont plus soutenus par une jeunesse définitivement « gangrénée » par le mal dénoncé avec un certain désordre quelquefois, par leurs anciens, voilà quarante ans.
        De cette époque j’ai retenu quelques images fortes. Le défilé monstre dans un silence assourdissant du 13 mai devant la Sorbonne, la manipulation des manifestations estudiantines et ouvrières par des nervis du SAC (authentiques et prouvées), la frousse panique des bons bourgeois jusqu’à leur soulagement (y compris l’orgasme d’une grande actrice couverte de bijoux dont j’ai été le témoin sur une terrasse des Champs) lors du défilé « gaulliste » de fin juin qui sonna le glas du mouvement, amorcé un peu plus tôt par la désaffection ouvrière.

    • jac le rat
      jac le rat répond à Le Yéti
      aventurier
      • Posté à 10h23 le 23/03/2008
      • Internaute 29819
        aventurier

      Superbe ton texte, le yeti ! ! ! Très juste.
      Merci.

    • Jean-Jacques Louis
      • Posté à 19h24 le 23/03/2008
      • Internaute 2277

      Superbe article, le Yéti ! Merci beaucoup. C’est mieux et c’est plus vrai que tout ce qu’on a pu lire dans la presse traditionnelle de ces derniers jours.

      C’est vrai que ce n’était pas politique. Ce n’était même pas contre le capitalisme. Il y a d’ailleurs eu aussi des manifs dans les pays de l’Est. À la rigueur, je dirais qu’on manifestait contre l’ordre établi mais ce n’est même pas certain. On ne savait pas encore ce qu’on voulait ; on savait seulement ce qu’on ne voulait plus. Je crois que c’est encore pareil maintenant. Et je suis encore prêt à recommencer.

      Le bilan ? Difficile à dire. Plus rien n’a été comme avant en tout cas et je crois quand même que c’est mieux qu’avant. C’est pourquoi nous devons être vigilants et mettre tout en œuvre pour empêcher qu’un gugusse parvenu n’anéantisse ce qui a été acquis.

    • Desiderio
      Desiderio répond à Le Yéti
      • Posté à 20h42 le 23/03/2008
      • Internaute 24791

      C’est formidable... BHL n’était pas dans les maos (il en a toujours été très loin) et Sollers n’avait pas encore viré sa cuti à la sauce mao (il ne le sera qu’après 68 et avec difficulté parce qu’il était plutôt de droite avant et il le redeviendra à la sauce Mao-Raffarin-Giscard), mais on peut réinventer l’histoire pour la faire correspondre à ses fantasmes. Ce sont juste des noms célèbres d’aujourd’hui que l’on balance pour faire croire que l’on est d’époque et puis on sombre dans des anachronismes hénaurmes. Finalement, seuls Guy Debord et les situationnistes ont su penser ce mouvement qui est l’objet de toutes les manipulations référentielles.

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à Desiderio
        yetiblog.org
        • Posté à 18h45 le 24/03/2008
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        Ah oui, effectivement, gros lapsus linguae ! Il ne s’agissait pas de Bernard-Henri Lévy, mais bien de Benny Lévy responsable alors de la Gauche prolétarienne. Mea culpa.

        Pour le reste, je maintiens, y compris que je suis bien « d’époque », hé hé !

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 18h45 le 22/03/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    CHANTONS MAI 08 !

    Une idée dingue me passe par la tête (en anglais : « I have a dream »). Dehors, un mot d’ordre répété en boucle, lancinant :

    LE 1er MAI 2008
    GRANDE MANIF AU QUARTIER LATIN !

    Imaginez : le « peuple » laisse les élites officielles à leurs commémorations larmoyantes sur les décombres soixante-huitardes et défile sur le Boul’Mich’ ! Il faut dire que notre pays a vraiment touché le fond de la honte et de l’indignité. Le merdier dans lequel une bande de voyous et de voleurs nous a englués est insupportable.

    –––––-

    ÇA SUFFIT ! (hurle le « peuple ».)

    Assez de se laisser manger la laine sur le dos ! Assez de ce retour à la sauvagerie grossièrement maquillée sous les traits putassiers de la « modernité ». Précarisation, exclusions, expulsions, fichage, désinformation, OGM, non-respect de la volonté populaire, paupérisation, chômage, karcher...

    ASSEZ !

    N’attendons pas le secours des partis politiques statufiés ou des syndicats anesthésiés, ne nous laissons pas chloroformer par les discutailleurs de l’inutile, tenons à distance les mandarins arrogants des hautes sphères, claquons le clapet de la valetaille médiatique aux ordres.

    LEUR MONDE DÉTESTABLE VACILLE, PROFITONS-EN ! (C’est toujours le « peuple » qui gueule.)

    Que dirons-nous à nos enfants quand ils devront affronter les ruines que nous leur léguons ? Comment oserons-nous les regarder en face si nous sommes lâchement restés assis sur nos culs tandis qu’on nous bafouait ?

    PRENONS NOTRE VIE EN MAIN !

    Nous (le « peuple »)

    - étudiants, lycéens révoltés par la loi LRU ;
    - enseignants, infirmières, aides-soignants, serviteurs pressurés de nos services publics laminés ;
    - caissières de grandes surfaces et tous les salariés précaires du travail exploités et amputés de leurs droits ;
    - chômeurs, rmistes et autres manants tenus sous viles perfusions ;
    - avocats, juges et personnels de Justice dépossédés de leurs tribunaux ;
    - sans-logis contraints aux camping ;
    - « petits entrepreneurs » smicards et au-dessous ;
    - retraités ascétiques ;
    - sans-papiers spoliés ;
    - banlieusards humiliés des ghettos ;
    - parents soucieux de ménager un avenir décent à leurs enfants ;
    - tous ceux enfin pour qui la vie demeure indissociable de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

    en appelons aux organisations actives de terrain (RESF, Les Enfants de Don Quichotte, le DAL...), aux associations réellement engagées, à toutes les bonnes volontés — à l’exclusion des branleurs institués, tueurs d’enthousiasme et pros de la récupération tordue cités ci-dessus, de la droite à l’extrême gauche — pour qu’ils activent leurs réseaux et nous mitonnent la réaction que NOUS N’EN POUVONS PLUS D’ATTENDRE !

    Nous avons quelques semaines pour réussir ce pari. Le fruit est mûr, secouons l’arbre ! Que risquons-nous ? Tentons l’impossible, puisque le possible qu’on nous impose est intolérable. Qu’avons-nous à perdre, fors l’honneur ? Ce qui importe, ce n’est pas ce que l’on réussit, mais la qualité de ce que l’on entreprend. Devenons les entrepreneurs de notre destin.

    OUI, LE 1er MAI 2008
    TOUS AU QUARTIER LATIN !
    MAI 68 EST MORTE, VIVE MAI 08 !

    –––––-

    Oh la la, purée, le méchant rêve que je viens de faire ! Le « peuple » qui se réveille ? Le « peuple » soudain frappé de réalisme qui exige enfin l’impossible ! Le « peuple » dans la rue pour brûler les fausses idoles et réclamer son dû. Un rêve, seulement ?

    • ras-la-patience
      • Posté à 18h49 le 22/03/2008
      • Internaute 10027

      là, vous avez frappé fort yéti ! quel bonheur que de lire vos deux interventions ! une bouffée d’air pur !
      ça fait du bien ! merci. et pour le rêve, j’en suis !

    • jissé
      jissé répond à Le Yéti
      Ingé retraité
      • Posté à 21h15 le 22/03/2008
      • Internaute 23393
        Ingé retraité

      Bonsoir, Yéti.

      Mai 68.

      J’avais réussi à me procurer (en Belgique) un « 33 tours » dans lequel Jean-Marc Tenneberg - un ’top’ de la télé qui réussissait à intéresser les téléspectateurs en récitant des poemes à une heure de grande écoute -.

      Ce disque étant, juste après, interdit en France.

      J-M. T., sur la pochette, y interpelait le « grand-Charles ».

      Une « perle rare » à retrouver.

      Le mien, l’ai déjà donné. Dommage.

      C’était avant la « réussite » de mai 68, avant la fuite de De G. chez Massu, en Germanie.
      Pompidou était à l’étranger.
      Chirac se promenait armé d’un pistolet.

      Puis toute la France se mit en grève. Y compris les coureurs cyclistes professionels !

      Il faudrait aussi rendre hommage au préfet de police de police de Paris - me souviens plus de son nom - grâce à qui ce ne fut pas un massacre.

      Amitiés et bonne soirée.

      Jissé

      PS : Le 18 mai, tout le quartier latin fêtait .. La naissance de ma fille aînée.
      Pendant l’accouchement, j’étais du côté de la Sorbonne, à 15 Km de la clinique.
      Père indigne.

      • tomtombenz
        tomtombenz répond à jissé
        Etudiant Master en alternance
        • Posté à 22h42 le 22/03/2008
        • Internaute 30560
          Etudiant Master en alternance

        Et moi je n’ai que 24 ans,

        A l’époque je n’était même pas le début d’un spermatozoïde.

        Ça réchauffe le cœur de revivre cette période mythique avec vos yeux à tous.

        Triste de ne pas l’avoir véçu ? Certainement ! Mais je n’en reste pas moins optimiste pour la suite. Meme si la jeunesse semble moins impliquée ...

        (c’est peut être une fausse idée que je me fait de votre époque)

        ... en politique qu’elle ne l’était à l’époque. J’ai l’impression que beaucoup se résignent alors qu’il me semble tellement possible de changer les choses, les gens, les comportement. Il me suffit à mon avis d’un déclic. Et Mai 2008, vu comme un symbole peut être ce déclic.

        Mais ne revenons pas avec les slogan de l’époque. Inventons, recréons, améliorons ce qui à été.

        Partons sur de nouvelles base et envisageons l’avenir qu’il faut pour notre générations avec les rpoblématique qui sont les notre.

        Vous aussi les « vieux » ;) aidez nous à changer notre monde !

         
        • jissé
          jissé répond à tomtombenz
          Ingé retraité
          • Posté à 23h18 le 22/03/2008
          • Internaute 23393
            Ingé retraité

          A « Tomtom ».

          Bonsoir.

          Les vieux ne peuvent plus guère aider.
          Autres temps, autres conditions.

          Au mieux ils peuvent raconter.

          Mai 68, qq voitures brulées, moins de dix ?

          Beaucoup de pavés arrachés et qq arbres en travers du « Boul’Mich ».
          Les « barricades ».

          Aux fenêtres des étages supérieurs des immeubles certains habitants auraient fait payer les ’bonnes places’ pour le spectacle.
          De fait presque toutes ces fenêtres sont très ’peuplées ».

          Pas de mort d’homme autre que politiquement.

          Un souvenir perso ?

          A côté du Panthéon, un commissariat (fermé).
          Une voiture de police brule devant.

          Les pompiers arrivent mais la rue est bloquée par un cordon de CRS.

          Debout sur le marche-pied du « command-car » le lieutenant des pompiers et le ’en-civil’ qui commande les CRS se défient du regard.
          Puis le pompier fait d’un geste du bras gauche un ’en avant’.

          La colonne des pompiers - qui voient rouge dès qu’il y a une flamme - suit l’ordre et avance ..

          Départ rapide et en pleine débandade des CRS.

          Frapper une étudiante au sol (je l’ai vu, plus d’une fois) là d’accord.

          Mais se « fritter » avec les pompiers de Paris, là, c’est une autre paire de manches.

          Allez, bonne nuit.

          Jissé

          PS : On dit « merci-papy ?

          • tomtombenz
            tomtombenz répond à jissé
            Etudiant Master en alternance
            • Posté à 23h41 le 22/03/2008
            • Internaute 30560
              Etudiant Master en alternance

            Merci papy.

            Juste pour te dire que tu fais comme les jeunes d’aujourd’hui tu te résigne.

            Y a que quand on est mort qu’on ne peut plus rien faire...

            Alors on s’y met, tu nous raconte tes histoires (et pas des histoires)

            on parle de la vie d’avant, de celle d’aujourd’hui,

            on allie expérience et créativité (pas incompatible d’ailleurs)

            et on change le monde ! !

            Fastoche non ? !

            PS : On dit « merci ptit con » ;)

          • gérard lambert
            gérard lambert répond à jissé
            travailleur de - pour gagner+
            • Posté à 10h25 le 23/03/2008
            • Internaute 26631
              travailleur de - pour gagner+

            Oui c’est un peu comme cela que ca s’est passé,j’étais pompier de paris dans le 5ème arrondissement (caserné rue de Poissy)j’ai effectivement assisté et participé a ces affrontement entre les pomplarts et les crs.(rue des écoles les crs s’étaient groupés à l’abris de notre premier secours pour se protéger et forcer la barricade, nous avons arreté notre progression pour ne pas collaborer.
            à l’époque le général qui commandait les pompiers (Gl Casso)avait donné l’ordre de ne pas intervenir (sauf a protéger les personnes et les biens) et de ne pas prendre parti.D’ailleurs nous avions 20 ans alors notre coeur battait plutot pour ces étudiants et nous étions nombreux a se joindre aux manifestations lorsque nous étions de repos.

            • jissé
              jissé répond à gérard lambert
              Ingé retraité
              • Posté à 15h25 le 23/03/2008
              • Internaute 23393
                Ingé retraité

              A Gérard Lambert.

              Copie à « tomtom »

              Bonjour.

              Vive les pompiers ...

              Et leur allié d’alors, Prix Nobel !

              Et, plus tard, les polytechniciennes.

              Une tradition multi-séculaire voulait que la police ne soit pas autorisée (et encore, uniquement « police-secours ») pas autorisée donc à pénétrer dans les locaux universitaires, sauf sur demande expresse du recteur.

              A un moment de mai 68 la Sorbonne fut organisée en infirmerie pour y recevoir les blessés.
              Dont certains emmenés là par les pompiers de Paris.
              C’était les secours et soins les plus proches, la circulation vers les autres hôpitaux étant rendue très aléatoire.

              Les « autorités », via la police, voulurent s’y opposer, au prétexte qu’il n’y avait pas de médecin ’OFFICIEL’ à la tête de cette ’infirmerie’ improvisée.
              Uniquement des médecins et infirmiers bénévoles.

              C’est alors ques Jacques MONOD, prix Nobel de médecine 1.965 accepta d’en être le ’responsable’.

              Difficile de contester ses « qualifications ».

              Les suites plus lointaines de 1.968 furent aussi d’un autre ordre.

              Les « filles » furent aussi acceptées dans les « grandes écoles », jusque là réservées aux seuls « mecs ».
              (Pas une ’nana’ dans ma promo, mais ma fille, elle, y a aussi obtenu son diplôme.)

              Idem, c’est grâce à cela que l’on a pu voir UNE polytechnicienne, sortie ’major’ de sa promo, défiler en tête de l’X, sur les Champs-Elysées un 14 juillet.

              Fort cordialement.

              Papy Jissé

        • Les Chats
          Les Chats répond à tomtombenz
          En grève du zèle contre le (...)
          • Posté à 12h32 le 23/03/2008
          • Internaute 24526
            En grève du zèle contre le (...)

          Bonjour Tomtom,
          Aucun changement de société ne s’est fait sans la jeunesse.
          Les « vieux » comme vous dites ont déjà donné et pourtant ils sont toujours là près à se remobiliser.
          Ce ne sont pas les vieux qu’il faut appeler mais les jeunes, ce sont eux qui ne bougent pas.
          Les oreillettes en musique, leur sorties de fin de semaines, leurs copains et copines, ils ne pensent pas à demain, on dirait que ça leur suffit.
          Le problème c’est qu’ils ne s’intéressent à rien d’autre qu’à leur entourage proche et à leurs petits intérêts personnels.
          Franchement ils sont combien à bouger ? Une poignée d’exceptionnels c’est tout.
          Tant qu’ils ne s’intéresseront pas à la vie politique et sociale il ne se passera rien puisqu’ils sont sourds et aveugles. Ils ne savent pas le quart de se qu’il se passe, pas le quart de se qu’il se prépare.
          Quand on leur en parle on les ennuie (pour être polie).

          Dans ma ville, comme dans beaucoup de ville, il y a des réunions « repaires » et bien il n’y a pas un jeune.
          Quand je les contacte ils ont toujours autre chose à faire pourtant ce n’est qu’une fois pas mois et quand ils viennent une fois dans le trimeste, ils arrivent avec 1heure de retard.
          Alors comment faire ?
          Sans eux ils ne se passera RIEN !

          Les réunions Repaires dans votre ville :
          Lien

          • tomtombenz
            tomtombenz répond à Les Chats
            Etudiant Master en alternance
            • Posté à 16h43 le 23/03/2008
            • Internaute 30560
              Etudiant Master en alternance

            Qu’est ce que ferai quand j’serais grand
            Maman c’est tout un tourment
            Dis moi ce que j’deviendrai
            dit moi ce que l’avenir me promet
            Est ce que j’serai connu
            Ou bien dans la rue ?

            Des illusions
            avec les « des » ou sans j’m’en fout,
            Ptet que j’serai jaloux
            de ceux qui gagnerons des millions
            Est ce que j’prendrai les armes
            Ou m’noierai dans mes larmes

            On n’se regarde pas
            de peur de s’entendre dire ca
            Est ce que t’as montre est en or
            ou en toc encore ?

            On n’peut même plus se fier
            aux gens qu’on braque on y es arrivé
            Les gens sont pauvre
            les riches sont ceux qui « donne » aux autres
            Il ne reste plus comme choix
            que l’amour et la foie

            La foie c’est moche
            ça finit souvent avec des torches
            Pour tout bruler
            sous prétexte que dieu à parler
            Depuis quand faut t’il croire
            pour avoir de l’espoir

            All we need is love !

          • Gotch
            Gotch répond à Les Chats
            • Posté à 07h38 le 24/03/2008
            • Internaute 15306

            J’en connais un qui « bouge », et craint pour l’avenir de la planète, voilà ce qu’il écrit :
            Lien
            C’est mon fils.

        7 autres commentaires
      • Tombouctou
        Tombouctou répond à jissé
        • Posté à 06h10 le 23/03/2008
        • Internaute 29713

        Salut Jissé,
        Je me rappelle, on s’est retrouvés bloqués rue Poirier Marlé par les CRS qui chargeaient des deux côtés. Au numéro 7 il y avait la Maserati d’un des bourges du coin qui était garée. Je me souviens d’avoir pissé dessus.
        Joyeuses Pâques

    • Naradamuni
      Naradamuni répond à Le Yéti
      sans
      • Posté à 23h05 le 22/03/2008
      • Internaute 30050
        sans

      Saluté Yéti,
      Toujours heureux de t’entendre résonner sur la toile
      Alors ça y est, les rayons du 5°Soleil se déploient enfin (Lien)

      Tu as fait un rève ; Visionnaire ?
      J’ai recu ceci (No via AFP) :

      Une épidémie mondiale est en train de se propager à une allure vertigineuse.
      l’OMB (Organisation Mondiale du Bien-Etre) prévoit que des milliards d’individus seront contaminés dans les dix ans à venir.

      Voici les symptômes de cette terrible maladie :
      1 - Tendance à se laisser guider par son intuition personnelle plutôt que d’agir sous la pression des peurs, idées reçues et conditionnements du passé.
      2 - Manque total d’intérêt pour juger les autres, se juger soi-même et s’intéresser à tout ce qui engendre des conflits.
      3 - Perte complète de la capacité à se faire du souci (ceci représente l’un des symptômes les plus graves)
      4 - Plaisir constant à apprécier les choses et les êtres tels qu’ils sont, ce qui entraîne la disparition de l’habitude de vouloir changer les autres.
      5 - Désir intense de se transformer soi-même pour gérer positivement ses pensées, ses émotions, son corps physique, sa vie matérielle et son environnement afin de développer sans cesse ses potentiels de santé, de créativité et d’amour.
      6 - Attaques répétées de sourire, ce sourire qui dit « merci » et donne un sentiment d’unité et d’harmonie avec tout ce qui vit.
      7 - Ouverture sans cesse croissante à l’esprit d’enfance, à la simplicité, au rire et à la gaieté.
      8 - Moments de plus en plus fréquents de communication consciente avec son Ame, Non-duelle... l’Ëtre, ce qui donne un sentiment très agréable de plénitude et de bonheur.
      9 - Plaisir de se comporter en guérisseur qui apporte joie et lumière plutôt qu’en critique ou en indifférent
      10 - Capacité à vivre seul, en couple, en famille et en société dans la fluidité et l’égalité, sans jouer ni les victimes, ni les bourreaux.
      11 - Sentiment de se sentir responsable et heureux d’offrir au monde ses rêves
      d’un futur abondant, harmonieux et pacifique.
      12 - Acceptation totale de sa présence sur terre et volonté de choisir à chaque instant, le beau, le bon, le vrai et le vivant.

      Si vous voulez continuer à vivre dans la peur, la dépendance, les conflits, la maladie et le conformisme, évitez tout contact avec des personnes présentant ces symptômes.
      Cette maladie est extrêmement contagieuse !
      Si vous présentez déjà des symptômes, sachez que votre état est probablement irréversible.
      Les traitements médicaux peuvent faire disparaître momentanément quelques symptômes mais ne peuvent s’opposer à la progression inéluctable du mal.
      Aucun vaccin anti-bonheur n’existe.
      Comme cette maladie du bonheur provoque une perte de la peur de mourir, qui est l’un des piliers centraux des croyances de la société matérialiste moderne, des troubles sociaux graves risquent de se produire, tels des grèves de l’esprit belliqueux et du besoin d’avoir raison, rassemblements de gens heureux pour chanter, danser et célébrer la vie, des cercles de partage et de guérison, des crises de fou-rire et des séances de défoulement émotionnel collectives »
      Alors, je vous en prie, faites suivre , afin que tout le monde soit prévenu et prenne ses dispositions car cette épidémie risque de gagner la planète entière en moins de 10 ans.....

      Aprés cela Yéti, et tout ceux qui liront ceci, pour ne plus oublier, une goutte de cette océan qui sera bientôt, bien plus qu’une vaguellette rose ou verte ou bleu roi etc... mais un tsunami.
      Voici le texte du Jeune Pacifiste de 17 ans écrasée par un char (qu’importe où et sa nation et les raisons !)

      Petite fleur fragile au doux parfum subtil
      La rosée fait perler tes pétales de soie
      Et de ta tige habile et souple comme un fil
      Tu fais sonner le vent d’une musique à toi.

      Et sous le pas pressant du soldat dans le champs
      Tu meurs déchiquetée sans qu’on fasse attention.
      Oh ! de toute façon à flots coule le sang.
      Le sang d’enfants qui tuent, et ce pour la nation.

      A l’âge de vingt ans sait-on ce qu’est la vie ?
      Sait-on ce qu’est la mort ? Croit-on en sa patrie ?
      Je crache sur l’Etat : il se fout de ses fils.

      L’Etat ne se soucie que de ces bénéfices.
      Il se rit de la fleur il se rit de la vie.
      Je crache sur l’Etat... je sourit à la vie.

      Bonne nuit à tous et faites de bonnes réalités
      Le marchand de sable... pauvre con ! va se faire Karchèrïser

    • renini
      renini répond à Le Yéti
      enseignante
      • Posté à 10h41 le 23/03/2008
      • Expert 25216
        enseignante

      Yéti , en ce dimanche de Pâques ,y’en a « des » qui croient au miracle ! ! !
      Alors , vous avez raison : I HAVE A DREAM , QUE VIVE MAI 2008 ! ! !

    • Ueberschlag
      Ueberschlag répond à Le Yéti
      • Posté à 11h40 le 23/03/2008
      • Internaute 4216

      JF 20 ans en 68 ! Bravo Yeti pour ton texte, c’était tout à fait ça. Défiler le 1er mai sur le Boul Mich, j’en suis, tous à la fontaine à 10hrs !

      • Waldeck
        Waldeck répond à Ueberschlag
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
        • Posté à 08h35 le 26/03/2008
        • Internaute 36864
          Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

        Bonjour,
        D’accord pour le 1er Mai 2008, mais on part de Denfert-Rochereau, et on descend en pente douce le boul’Mich, jusqu’à la place St Michel et sa fontaine magique.
        En sens inverse, la route est droite, mais la pente est forte, comme disait un philosophe connu, un sacré « situ » celui-là...
        Encore une fois, bravo Yéti !

  • A.V.
    • Posté à 18h29 le 22/03/2008
    • Internaute 24685

    Moi, à l’époque, je chantais « OUIINNNNN ! ! ! ! OUIINNNNN ! ! ! ». Et vu que les jeunes le chantent toujours, ça n’a pas trop vieilli.

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 18h34 le 22/03/2008
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    La musique en 68 tours, ça avait quand même de la gueule !
    Le bal continue !
    Lien

  • dupontlajoie
    dupontlajoie
    cadre sud
    • Posté à 18h56 le 22/03/2008
    • Internaute 26047
      cadre sud

    18 ans en 68 : magnifique ! j’ai eu 18 ans en 68 et cela a été un des trés beaux moments de ma vie.Le plus important des acquis de cette épOque c’est peut être que le(s) pouvoir(s) en place a(ont) appris que le peuple existait et que les gestions autoritaires et conservatrices étaient dépassées(comme eux) ! 68 c’est la renaissance de la modernité commencée avec la révolution française.Finis les syndicats maison (payés par l’UIMM ? déjà),finis les cours magistaux et l’endoctrinement,fini la propagande d’Etat,fini l’appareil d’Etat uniquement à la solde du gaullisme,fini le rept sur la Nation car le peuple la revendiquait et la reprenait en main.Certains disent que c’étatit un mouvement bourgeois ! faux ! C’était une lutte salutaire et gagnante contre l’ordre établi.Notre liberté de ton ,de pensée,d’agir d’aujourd hui vient de 1968 ! ! !

  • René B.
    • Posté à 18h57 le 22/03/2008
    • Internaute 8952

    J’avais 15 ans et la rencontre de ma propre adolescence et du formidable accès de jeunesse de la France entière en ce mois de mai 68, m’a constitué et fonde encore aujourd’hui mon énergie à vivre. Depuis cette époque, une musique, à l’intérieur de moi, me suit. C’est elle qui me fait courir.

  • athénaïs
    • Posté à 19h10 le 22/03/2008
    • Internaute 30637

    J’avais 6 ans et mon père, ouvrier dans la pétro chimie, était en grève, 5 mômes à nourrir quand même...ça n’a pas empêché...et il a eu raison

  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 19h26 le 22/03/2008
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    Vous vous rappelez les dessinateurs ? Reiser, GB, Wolinski, etc, l’énorme influence de Charlie, Hara-kiri, sur notre génération, ils ont été des géants et ont écrasé l’idéologie dominante. Vous vous rappelez De-Gaulle en fuite allant chercher en vain le secours de l’armée en Allemagne.. Vous vous rendez compte ? Il était prêt à nous faire écraser par les tanks Français. Et c’était nous la chienlit ! Pour ma part à cette époque j’ai senti ce qu’était une société solidaire, et j’ai aimé ça, et aujourd’hui je dis : Que crève l’idéologie libérale.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Guy Valte
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 21h39 le 22/03/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Il y avait « TOUT », le journal de l’ extreme gauche lycéenne aussi ..
      Sa devise (aujourd’hui,on dit sa « base line ») était :

      Ce que nous voulons ? TOUT !

    • DBL8
      DBL8 répond à Guy Valte
      Retraité
      • Posté à 10h06 le 23/03/2008
      • Internaute 19562
        Retraité

      « De-Gaulle en fuite allant chercher en vain le secours de l’armée en Allemagne »
      Vous vous trompez, il y a eu des mouvements de chars dans la région parisienne.
      j’ai un copain qui en faisait parti. (il était appelé)
      A l’époque les autorités ont dit que c’était des manœuvres prévues.
      N’oublions pas que l’alimentation à toujours été fourni pendant ce temps là. Manifs et grèves, mais le ventre plein !

      • jissé
        jissé répond à DBL8
        Ingé retraité
        • Posté à 12h22 le 23/03/2008
        • Internaute 23393
          Ingé retraité

        DBL8 

        Vous dites des « contre-vérités ».

        Les ventres n’étaient pas vides, soit, mais pour trouver des ’patates’ il fallait aller les chercher dans des fermes (certains agriculteurs se sont remplis les poches)

        Et c’est grâce à la complicité de mon ’quincailler-du-coin’ que nous avons pu dénicher une bouteille de butane pour stérilisez les biberons !

        Et, habitant en « RP » pas vu UN SEUL char.

        Aucun « appelé » n’a d’ailleurs jamais conduit un char, c’était un privilège réservé aux militaires « pros ».

        Jc

         
        • DBL8
          DBL8 répond à jissé
          Retraité
          • Posté à 14h21 le 23/03/2008
          • Internaute 19562
            Retraité

          Nous ne sommes pas d’accord, et je maintient ce que j’ai écris pour une raison toute simple : je connais TRÈS bien cette personne.
          D’autre part, je n’ai pas écris qu’il le conduisait ! !
          Quand aux ventres pleins, là aussi je suis bien placé pour le savoir. Je les remplissait, les ventres.

          • tizzi
            tizzi répond à DBL8
            • Posté à 19h12 le 23/03/2008
            • Internaute 29726

            Oui, c’est ça, il y avait plein de chars dans les rues. Et puis, de Gaulle avait mis la force de frappe nucléaire en alerte rouge avec les sous-marins dans la Seine et même dans les égouts de Paris. Parfaitement, c’est d’ailleurs la seule raison de l’échec de la Révolution.

            • DBL8
              DBL8 répond à tizzi
              Retraité
              • Posté à 07h45 le 24/03/2008
              • Internaute 19562
                Retraité

              ce n’est pas en dénigrant de manière stupide que vous aurez raison, faites des recherches dans la presse de l’époque, des articles avec photos ont été fait.
              Sur ses photos il y avait des chars sur des wagons ; que vous ne le croyez pas car vous ne l’avez pas vu, est une chose, mais si vous ne croyez QUE ce que vous voyez, vous ne devez pas croire à grand-chose !
              Pourquoi venez-vous sur la presse en ligne, IDEM pour celle en papier, puisque vous ne voyez pas ce qui est écrit ? Mazo ? !
              je ne continuerais pas l’échange de comm. avec vous, vous êtes trop obtus !

        3 autres commentaires
  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 19h33 le 22/03/2008
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Surtout n’oubliez pas François Béranger en tête de gondole.
    C’était 68. C’est maintenant. Ecoutez un peu pour voir. Vous qui ne l’avez pas connu.

    Tranche de vie

    « Je suis né dans un p’tit village
    qu’a un nom pas du tout commun,
    bien sûr entouré de bocages
    c’est le village de Saint Martin.
    A peine j’ai cinq ans qu’on m’emmène
    avec ma mère et mes frangins.
    Mon père pense qu’y aura du turbin
    dans la ville où coule la Seine

    J’en suis encore à m’ demander
    après tant et tant d’années,
    a quoi ça sert de vivre et tout,
    à quoi ça sert, en bref, d’être né

    La capitale c’est bien joli
    surtout quand on la voit d’Passy,
    mais de Nanterre ou d’ Charenton,
    c’est déjà beaucoup moins folichon.
    J’ai pas d’ mal à imaginer
    par ou c’ que mon père est passé
    car j’ai connu quinze ans plus tard
    le mêmes tracas, le même bazar

    J’en suis encore à m’ demander, etc...

    L’matin faut aller piétiner
    devant les guichets d’ la main d’œuvre.
    L’après-midi solliciter
    l’ bon cœur des punaises des bonnes œuvres.
    Ma mère, elle était toute paumée
    sans ses lapins et ses couvées.
    Et puis, pour voir, essayez donc
    sans fric de nourrir cinq lardons

    J’en suis encore à m’ demander, etc...

    Pour parfaire mon éducation
    y’a la communale on béton.
    La on fait d’ la pédagogie
    devant soixante mômes en furie.
    En plus d’ l’alphabet, du calcul,
    j’ai pris beaucoup d’ coup d’ pied au cul
    et sans qu’on me l’ait demandé
    j’appris l’arabe et l’ portugais

    J’en suis encore à m’ demander, etc...

    A quinze ans finie la belle vie,
    t’es plus un môme, t’es plus un p’tit.
    J’ me retrouve les deux mains dans l’ pétrole
    à frotter des pièces de bagnole.
    Huit-neuf heures dans un atelier,
    ça vous épanouit la jeunesse.
    Ca vous arrange même la santé
    pour le monde on a d’ la tendresse.

    J’en suis encore à m’ demander, etc...

    C’est pas fini...

    Quand on en a un peu là-dedans,
    on y reste pas bien longtemps
    On s’arrange tout naturellement
    pour faire des trucs moins fatigants.
    J’me faufile dans une méchante bande
    qui voyoute la nuit sur la lande.
    J’apprends des chansons de Bruant
    en faisant des croche-pattes aux agents

    J’en suis encore à m’ demander, etc...

    Bien sûr la maison poulaga
    m’agrippe a mon premier faux pas
    Ca tombe bien, mon pote, t’as d’ la veine
    faut du monde pour le FLN
    J’me farcis trois ans de casse-pipe
    Aurès, Kabylie, Mitidja.
    Y’a d’ quoi prendre toute l’Afrique en grippe.
    Mais faut servir l’ pays ou pas.

    J’en suis encore à m’ demander, etc...

    Quand on m’ relâche je suis vidé,
    j’ suis comme un p’tit sac en papier.
    Y’a plus rien dedans. Tout est cassé
    J’ai même plus envie d’une mémé.
    Quand ’ai cru qu’ j’allais m’ réveiller
    les flics m’ont vachement tabassé.
    faut dire que j’ m’étais amusé
    à leur balancer des pavés

    J’en suis encore à m’ demander, etc...

    Les flics, pour c’ qui est d’ la monnaie,
    Ils la rendent avec intérêt
    le crâne, le ventre et les roustons,
    enfin quoi vive la Nation !
    Le juge m’a file trois ans d’ caisse
    rapport à mes antécédents
    Moi, j’ peux pas dire que j’ sois en liesse.
    Mais enfin, qu’est-ce que c’est qu’ trois ans.

    J’en suis encore à m’ demander, etc...

    En taule, j’ vais pouvoir m’épanouir
    dans une société structurée.
    J’ ferai des chaussons et des balais.
    Et je pourrai me remettre à lire.
    Je suis né dans un p’tit village
    qu’a un nom pas du tout commun,
    bien sûr entouré de bocages
    c’est le village de Saint Martin.

    J’en suis encore à m’ demander, etc... »

    • nieuwendammerdijk
      nieuwendammerdijk répond à Jonas2
      bilig et crayon
      • Posté à 12h17 le 23/03/2008
      • Internaute 6585
        bilig et crayon

      Francois Beranger etait un chanteur tres copain avec Mitterand qui l’appreciait.
      Je me souviens aussi que de Gaulles etait parti en Roumanie et qu’on chantait« gardez le en Roumanie ! »
      Ca ne donnerait pas des idees ? ....

    • sûrderien
      sûrderien répond à Jonas2
      paresseux
      • Posté à 17h36 le 23/03/2008
      • Internaute 35914
        paresseux

      Merci jonas pour F. Béranger. Un vrai plaisir que ce texte. Plus , quand on l’entend la chanter on plane.

  • lyderic
    lyderic
    vitry sur seine
    • Posté à 19h40 le 22/03/2008
    • Internaute 36566
      vitry sur seine

    Respest à l’anonyme qui ont jeté les 1er pavé sur les CRS et hommage au 1er ouvrier qui s’est mis en gréve. Dehors les commémorations faites par les experts en tout genre qui nous gavent de CAC 40, mondialisation, Europe, guerres, comme si c’était notre seul horizon ! Vive ceux qui continuent encore la lutte... de classes ! Alors vivement le futur sans grade qui provoquera une révolution ! Victorieuse je l’espère...

    P.S. Et si on s’amusait à observer de qu’ils sont devenus nos « révolutionaires » expert es mai 68 ? Non ?
    Lien

    • DBL8
      DBL8 répond à lyderic
      Retraité
      • Posté à 10h09 le 23/03/2008
      • Internaute 19562
        Retraité

      écoutez 89.4, Radio libertaire.
      Pas très objective, mais intéressante.

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        Adéménagé le 3 janvier 2011 répond à DBL8
        menuisier
        • Posté à 13h10 le 23/03/2008
        • Internaute 29846
          menuisier

        Ca c’est pas très objectif, cafouilleux parfois, mais c’est la seule radio que je connaisse qui ait gardés le ton et le gout de la liberté des premières radios libres. Y a des blancs et des raccords foireux, mais ça s’écharpe bien et quand ils sont pas dans un trip musique de lutte au Guatémala, il passent de bons morceaux.

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