l'édito 21/03/2008 à 21h16

Réforme constitutionnelle : un faux débat qui cache un vrai progrès


Nicolas Sarkozy n’en démord pas : il souhaite pouvoir s’exprimer devant le Parlement. Il l’a dit pendant sa campagne présidentielle, il s’en donne maintenant la possibilité : l’avant-projet de loi sur les institutions la prévoit explicitement. Les socialistes hurlent à la violation de la séparation des pouvoirs. Au nom de celle-ci, le Président ne pouvait en effet, jusque-là, s’adresser aux élus que par le truchement de messages écrits (article 18 de la Constitution).

La demande de Sarkozy ne mérite pourtant pas une telle bronca. Il rêve d’un moment fort et solennel, à l’américaine (aux Etats-Unis, en janvier, le Président prononce un discours « sur l’état de l’Union » devant l’ensemble du Congrès et la Cour Suprême). On peut trouver un tel dessein un peu pompeux, mais de là à soupçonner des pulsions putschistes... Sur le fond, on imagine mal quel risque court le Parlement, à part subir de temps en temps un discours fleuve. Pas de quoi faire se retourner Montesquieu dans sa tombe.

Pendant que l’attention se concentre sur cet épiphénomène, on en oublie l’essentiel : le reste du texte. Il fait l’objet d’un consensus droite-gauche, et contient des améliorations modestes mais réelles de nos institutions.

Les pouvoirs du parlement renforcés

On peut certes regretter que l’avant-projet n’ait pas repris certaines propositions avancées par le comité Balladur (une interdiction claire du cumul des mandats, par exemple) et n’aille pas beaucoup plus loin dans le renforcement des pouvoirs des élus. Mais dans l’ensemble, le texte marquera un progrès. Les prérogatives du Parlement sont ainsi sensiblement renforcées. Il se voit confier une plus grande capacité d’initiative concernant son organisation et son fonctionnement. Jusque-là, le gouvernement contrôlait entièrement l’ordre du jour parlementaire, ce qui n’était pas ce qu’on faisait de mieux en terme de « séparation des pouvoirs ». Ce pouvoir sera désormais partagé.

Autre amélioration, il sera impossible d’abuser de l’article 49-3 (adoption d’un texte sans vote) : la procédure ne pourra être utilisée que pour la loi de finances, le budget de la Sécurité sociale et « un autre texte par session ». Le travail en commission est par ailleurs mieux valorisé par les dispositions du texte. Le Parlement, enfin, aura plus de pouvoir en matière de politique internationale et européenne, jusque-là considérée comme la chasse gardée de l’Elysée et du Quai d’Orsay.

L’exécutif mieux contrôlé

Parallèlement, les pouvoirs de l’exécutif ou de l’administration sont bornés par plusieurs dispositions. Le nombre des mandats présidentiels consécutifs est limité à deux ; certaines nominations doivent avoir le feu vert des parlementaires ; un « défenseur des droits des citoyens » peut être saisi par toute personne s’estimant lésée par un service public...

Autre disposition visant à protéger le citoyen : une « exception d’inconstitutionnalité » permet aux justiciables de contester, devant le Conseil constitutionnel, la conformité de lois (déjà promulguées) à la Constitution. Enfin, la présidence du Conseil supérieur de la magistrature, actuellement dévolue au Président de la République, sera désormais confiée au Premier président de la Cour de cassation et au procureur général près cette cour : au chapitre de la « séparation des pouvoirs » il s’agit là encore d’un véritable changement, et qui va lui aussi dans la bonne direction.

Pascal Riché

  • 7823 visites
  • 26 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • marie 75
    • Posté à 21h26 le 21/03/2008
    • Internaute 3563

    t’es gentil... Ce n’est pas parce que tu viens d’entendre ce topo sur ITV qu’il faut nous le ressortir.
    Ce mec en place, le sarkoL’ump, pas un pouvoir de plus !

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à marie 75
      journaleux - blogueur
      • Posté à 22h09 le 21/03/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      bien vu la Marie !
      pour une fois, j’étais rentré assez tôt de chez la kiné et ai vu Pierre…

      Fabien
      Lien

      • marie 75
        • Posté à 08h20 le 22/03/2008
        • Internaute 3563

        on a refrmé mon post...
        Mais je venais de voir le sujet sur ITV...
        Moi, la main-mise sur la constitution ... je fais gaffe !
        Sarko, en revenant des uSA, avait dit « je la même »....

        Je suis pour la séparation des pouvoirs. Il suffit de suivre les débats parlemenentaires depuis l’UMP en place pour se rendre compte de la difficulté d’expression de l’opposition et il faudrait - en plus - laisser venir causer Nicolas Sarkozy de Nagy Bosca, Talonettes imperator.
        L’Etat c’est MOI ? Non !

         
        • Gotch
          Gotch répond à marie 75
          • Posté à 16h31 le 22/03/2008
          • Internaute 15306

          Coucou ! J’ai rouvert le post ! Et je suis entièrement d’accord, dans le contexte français, qui est un équilibre comme le sont les autres, le président n’a pas le droit de venir devant les représentants du peuple, même s’il est lui aussi issu d’un vote de tous les Français. On ne mélange pas le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Ce sont de ces subtilités qui font toute la différence entre une république démocratique et un régime autoritaire, ou monarchique.

          J’avais bien apprécié ce qui s’était passé quand Jacques Chirac avait envoyé son message, lu par le président de l’Assemblée : comme des benêts, tous les parlementaires s’étaient levés, sauf trois : Montebourg, et deux députées proches de ses idées. Eux trois avaient compris ce qu’est la séparation des pouvoirs.

        1 autres commentaires
  • marie 75
    • Posté à 21h29 le 21/03/2008
    • Internaute 3563

    toujours la titraille entre gauche et droite ?
    Un peu de courage, bon sang ! ! ! !

    un vrai sujet :
    vente à la decoupe de l’inserm !
    RASSEMBLEMENT DEVANT LE CONSEIL D’ADMINISTRATION de l’INSERM, le JEUDI 27 mars 2008 à 14H

    RASSEMBLEMENT DEVANT LE CONSEIL D’ADMINISTRATION de l’INSERM, le JEUDI 27 mars 2008 à 14H au 101 rue de Tolbiac (Métro les Olympiades) L’INSERM : vers le morcellement et le pilotage de la Recherche biomédicale française ?

    Le Conseil d’Administration de l’INSERM examinera le jeudi 27 Mars un projet de réforme de l’organisation « fonctionnelle » de l’INSERM, le subdivisant en huit Instituts thématiques, dédiés chacun à un domaine biomédical. Chaque Institut disposera de son budget. Quelles en seront les conséquences sur les interactions, la transversalité, la mobilité des personnels ?

    Ce sont les Directeurs des Instituts qui décideront « avec quelques experts » des créations d’Unités de l’Inserm, de leur budget et de la répartition des postes aux concours. Comment seront impliqués les Commissions et le Conseil scientifiques dans ces décisions ? Outre la gestion des laboratoires de l’INSERM, ces Instituts organiseront, de façon coordonnée la recherche biomédicale entre les différents organismes et agences. Le CNRS, l’Université, les CHU, l’INRA, le CEA, l’Institut Pasteur … sont ainsi concernés par cette réforme, qui n’a été présentée ni aux représentants des personnels ni à aucune instance scientifique de ces organismes.

    L’INSERM deviendra un « acteur institutionnel national de coordination de la recherche biomédicale ». Mais quelle sera la place des Instances scientifiques d’évaluation dans ce nouveau schéma ? Ce sont les Directeurs des Instituts, organisés en Conseil de Direction avec les représentants des autres organismes partenaires, de l’INCA et l’ANRS, des régions… qui vont décider des programmes et actions prioritaires à mener grâce à un fléchage des postes au recrutement et à des appels d’offres donnant lieu à des demandes de contrats. C’est ce Conseil de direction qui déterminera les axes sur lesquels l’ANR lancera ses programmes dans le domaine biomédical. Nulle part il n’est indiqué que les Directeurs des Instituts devront s’appuyer sur les Instances scientifiques des Organismes pour prendre leurs décisions. Nulle part n’est indiquée la part de budget qui restera pour le financement récurrent des laboratoires par ces Instituts. A terme, la recherche en biologie en France pourrait donc être contrainte à se limiter à des recherches finalisées.

    Sous la pression du gouvernement, on pourrait voir se mettre en place un financement totalement contractualisé de la recherche biomédicale, piloté par quelques uns, sur instruction gouvernementale, et cela sans qu’aucune réforme de fond n’ait été discutée avec les différents partenaires.

    Pour nous, le financement sur projet doit seulement être un complément du financement récurrent. Les programmes concernés doivent être évalués par des Comités représentatifs de la communauté scientifique.

    Venez manifester votre attachement à un mode de fonctionnement de l’Inserm permettant une recherche de qualité, qu’elle soit fondamentale ou plus appliquée, grâce à un financement récurrent attribué après une évaluation scientifique par des Instances représentatives de la communauté scientifique.

    SNCS-FSU, SNTRS-CGT, CFTC, SGEN-CFDT

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 21h41 le 21/03/2008
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    « Autre disposition visant à protéger le citoyen : une “exception d’inconstitutionnalité” permet aux justiciables de contester, devant le Conseil constitutionnel, la conformité de lois (déjà promulguées) à la Constitution. »
    Il suffira donc de modifier la constitution pour qu’elle corresponde à la loi.
    Un réel progrès...
    Lien

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à Infovite
      Redchef Rue89
      • Posté à 22h54 le 21/03/2008
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Oui, c’est un progrès pour l’Etat de droit. L’exception d’inconstitutionnalité est largement répandue à l’étranger, et elle est considérée comme une modalité essentielle de la protection des droits fondamentaux. Actuellement, en France, si une loi contredit la constitution, le seul moyen pour le justiciable de s’en sortir est d’invoquer des traités internationaux (convention européenne des droits de l’homme).

      Pour en savoir plus : Lien

      • Saheyus
        Saheyus répond à Pascal Riché
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 08h18 le 22/03/2008
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        Théoriquement, aucune loi en vigueur ne peut contredire la constitution. Le conseil constitutionnel est là, justement, non pas pour « bricoler » après le passage d’une loi anticonstitutionnelle, mais bien pour éviter pour qu’il n’y en ai pas.
        Evidemment, avec un président qui essaye de contourner les décision dudit conseil, on se demande si l’exception d’inconstitutionnalité ne serait pas utile. Mais il faut bien voir que ce ne serait qu’une anomalie.

      • Infovite
        Infovite répond à Pascal Riché
        info-espress.over-blog.com
        • Posté à 08h42 le 22/03/2008
        • Internaute 8783
          info-espress.over-blog.com

        La capacité d’ « absorption » des lois que possède la constitution lui a permis de valider les tests ADN.
        L’anticonstitutionnalité pour être crédible devrait s’exercer par rapport à une nouvelle constitution élaborée sur des fondements humanistes et progressistes pour éviter de « légitimer » n’importe quoi !
        PS : Merci pour la réponse et le lien.

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 21h45 le 21/03/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    Allez soyons sérieux une minute...

    Le parlement contrôlerait mieux son ordre du jour parce qu’il partage ce pouvoir avec l’exécutif ?
    Mieux oui, mais pas complètement, ce qui aurait été normal dans une démocratie qui prétend à une séparation des pouvoirs. L’exécutif gardera le contrôle sur ce qu’il veut mettre à l’ordre du jour tout de même...

    Le 49-3 dont on ne pourrait plus abuser ? Non, c’est nous qu’il ne faut pas abuser. En gros, le gouvernement pourra en user pour tout ce qui touche à l’argent, au budget de l’état. Et l’argent est ce qui fait le pouvoir, les présidents étasuniens dont le budget n’est pas voté par le Congrès le savent.
    Plus moyen de payer les fonctionnaires, les militaires ou les fournisseurs. Obligé de négocier avec le parlement...
    Mais en France, rien de ça, le gouvernement contrôle encore l’essentiel.

    Sarko se payera le luxe d’aller faire une causette devant les députés... C’est copie conforme du discours de l’Etat de l’Union des Etats-Unis.
    La différence notable, c’est qu’aux Etats-Unis, c’est le président qui est à la fois chef du gouvernement et chef de l’état. C’est donc normal qu’il vienne causer devant les députés.
    En France, comment cela se passera en cas de cohabitation ? Il viendront tous les deux ?

    Pour le reste, j’attends de voir le texte complet avant de me prononcer, surtout pour l’histoire des nominations, pour savoir desquelles il s’agit.

    En gros, c’est une demie réforme... un machin pour faire joli. Ca va dans le bon sens ? Certainement !
    Mais on peut se demander pourquoi, alors qu’on se prétend si courageux, on a pas été jusqu’au bout du chemin...

    Lien

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à DidierB63
      Redchef Rue89
      • Posté à 22h29 le 21/03/2008
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      « En gros, c’est une demi-réforme » qui « va dans le bon sens ». On est d’accord, donc. Et j’espère qu’on fera bientôt l’autre moitié du chemin.

      • DidierB63
        DidierB63 répond à Pascal Riché
        Devant un écran
        • Posté à 23h04 le 21/03/2008
        • Internaute 30265
          Devant un écran

        J’adore votre sens du consensus... vous auriez du faire de la politique : -)

        Cordialement

    • Suzanna
      Suzanna répond à DidierB63
      • Posté à 12h30 le 23/03/2008
      • Internaute 17779

      Entièrement d’accord DidierB63 ; de surcroît les É-U ont un régime clairement présidentiel contrôlé par la CONSULTATION DES CITOYENS TOUS LES 2 ANS ! La constitution de la Ve depuis l’origine - mais c’est devenu caricatural depuis la réforme du quinquennat (merci Chirac, Jospin , L’UMP et le PS !)- ne prévoit que des contre pouvoirs peu efficaces, surtout quand l’opinion avale les mensonges démagogiques des politiciens peu scrupuleux (euphémisme) et envoie une majorité de députés à l’Assemblée « pour permettre au président de faire des réformes » ! Stop à la présidentialisation de la Ve qui se prétend régime parlementaire. La réformette Balladurienne n’améliorera pas le déséquilibre actuel des institutions qui profite uniquement à l’exécutif.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 21h59 le 21/03/2008
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Ca me fait doucement rigoler ; -) Comme si les pouvoirs du Parlement seraient renforcés ! il y a un moyen bien simple de leur enlever bien gentiment le pouvoir d’initier les lois. Comme pour le nouveau Code du Travail : il suffit d’enlever des parties législatives pour les faire passer en règlementaires prises par le gouvernement et non par les députés :

    [...] Le premier concerne la déclassification de 500 articles qui passent de la partie législative du code à sa partie réglementaire. Partie qui sera publiée au tout début 2008 selon le ministre du Travail Xavier Bertrand. Résultat : ils seront modifiables par simple décret. Ce qui facilitera la tâche du gouvernement, les décrets n’étant pas soumis aux débats parlementaires. Les députés n’ont donc pas eu la liste des décrets au moment de l’examen du projet de loi. « Nous avons examiné un texte à l’aveugle, c’est vous dire la situation dans laquelle nous nous trouvons », déplore Martine Billard, députée Verts de Paris. Cela concerne la désignation des autorités compétentes, donc un changement de fond du droit, les règles de procédures (obligations, informations, contrôles, transparence...) et les mentions chiffrées (montants, niveaux, pourcentage des indemnités de licenciement...) » [...]

    Lien

  • Servais-Jean
    • Posté à 22h30 le 21/03/2008
    • Internaute 4591
      43

    D’accord à première vue avec Pascal Riché, la seule chose qui me gènait un peu c’etait l’application du 49-3 aux comptes de la sécu et à un « autre » sujet.
    Mais en lisant les commentaires de Caro le problème prend de l’ampleur.
    Aussi je préfère attendre encore un peu l’évolution des propositions de réforme.
    Sorry !

  • peuapeu
    • Posté à 23h35 le 21/03/2008
    • Internaute 30375

    Le Parlement aura-t´il les moyens d´enqueter dans les Ministères ?

    Avec un pôle financier qui dépend du Parquet pour ouvrir les enquetes, on se doute bien que non.

    C´est bien de copier les US, mais encore faudrait-il aller jusqu´au bout de l´histoire, pas seulement de manière cosmétique.

    C´est quand même fort que la strategie politique de Mr Sarkozy ait été montée à partir de 1995 par un milliardaire canadien, Mr Paul Desmarais, comme il l´a lui-même reconnu (Sarko), d´après ce que j´ai lu il y a deux jours sur le net,
    Mais on espère que les idées de la rupture, si elles veulent nous rapprocher de la culture anglo-saxonne impérante, ne sont pas seulement un cache-sexe politique, inventé éventuellement sur le coin d´une table obscure.

    Le Parlement et le Senat réunis en Congrès nous ont mis un gol avec le Traité de Lisbonne (les retraites capitalisées, le libre-echange sauvage, etc..) et ont voudrait nous faire croire ensuite que l´on va vivre aux USA ?

    Et bien exigeons l´Impeachment, les class-actions, les enquêtes dans l´administration, etc... obligeons les banquiers français à risquer leur capital dans des projets neufs,etc. histoire de remettre les pendules à l´heure dans cette imposture grossière.

    Le problème, c´est qu´elle n´est qu´une étape, et un dangereux précédent.

  • selenite37
    • Posté à 00h40 le 22/03/2008
    • Internaute 35891

    Eh quoi ? Sarkozy avait bien dit en voyant la constitution des USA qu’il voulait « ça pour le Bourget ».Bien avant son élection...
    Z’avez zappé ou oublié ?
    Pas lui...

  • Alfary
    Alfary
    Ronchon
    • Posté à 01h55 le 22/03/2008
    • Internaute 9751
      Ronchon

    M. Sarkozy œuvrerait pour un rééquilibrage institutionnel (id est un affaiblissement de ses prérogatives au profit du parlement)... c’est une blague ou un conte de fée ?

    L’opportunité d’approuver ou rejeter le budget est la seule vraie mesure de contrôle de l’Exécutif dont dispose les deux Chambres. Au demeurant, c’est un outil formidable de « créativité comptable » (excellent moyen de transférer et maquiller les déficits dont ceux de la... sécu !) pour le gouvernement. Si celui-ci peut continuer à recourir au 49-3 (chantage à la dissolution de l’Assemblée) pour l’adoption du budget, il faut bien convenir que l’Exécutif ne cède rien de central.

    Je veux bien admettre (comme chaque anti-sarkozyste impénitent) le biais de confirmation dans ma lecture. Pour autant, quand un projet ne porte que sur des effets marginaux, oublieux des enjeux centraux de pouvoir, celà s’apparente d’avantage à de la fumisterie plutôt qu’à un vrai progrès.

    Non. Non à cette camelote. Vraiment. C’est bien essayé. Mais c’est non au conte de fée.

    PS : merci d’avoir attiré l’attention sur le périmètre d’exercice maintenu du 49-3 (biais d’attribution ? peu importe).

  • François Doutriaux
    François Doutriaux
    Juriste et enseignant chercheur
    • Posté à 04h07 le 22/03/2008
    • Expert 13463
      Juriste et enseignant chercheur

    Le probléme n’est pas réellement, à mon sens, de déterminer si ces points constituent ou non des avançées.

    Il est indéniable que les réformes proposées vont dans un sens positifs.

    La difficulté est de déterminer si elles constituent un simple changement cosmétique, dont l’objectif serait essentiellement écléctoraliste (regardez, nous oeuvrons pour le renforcement de vos droits, votez pour nous !), ou une réponse au moins partiellement satisfaisante aux difficultés d’adaptation d’une V° république dont la souplesse naturelle (notamment l’extraordinaire expérience constitutionnelle qu’était la cohabitation) a été largement mise à mal par les dirigeants successifs de notre pays.

    Nicolas Sarkozy nous a déjà joué la partition de la réforme institutionnelle destinée à davantage d’équilibre des pouvoirs : la plupart des français semblent avoir oublié que la stratégie dite, « d’ouverture » visait avant tout à donner un poids conséquent à l’opposition.

    Or, que constate-t-on d’évidence ?

    Les ministres d’ouverture procédent soit de la grande muette (Monsieur Kouchner, qui avale couleuvre aprés couleuvre avec une régularité impressionnante, et n’a d’un ministre des affaires étrangères que le nom), soit de la vague manoeuvre de politique politicienne (Qui peut encore penser que le retournement de veste de monsieur Besson n’était pas au moins partiellement prévu de longue date ? Que ce grand ami de Jean-Marie Messier, dont la fonction principale est de justifier par une « aile gauche de la droite » (sic) une orientation de politique économique dont l’idéologie est tout sauf de gauche, est porteur d’autre chose que de sa propre ambition ?).

    Les fonctions parlementaires dévolues à la gauche (ainsi du fabiusien Didier Migaud, président socialiste de la commission des finançes d’un parlement majoritairement UMP) ont-elles donné à l’opposition plus de poids, lorsque l’on constate que Didier Migaud, à peine nommé, critique la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat. Il la qualifie de trés injuste, ce qui lui vaut un rappel à l’ordre immédiat de Gilles Carrez, rapporteur général du budget (et UMP) et...un impact inexistant sur le texte en question.

    L’ouverture qui visait à « donner plus de droits à l’opposition » selon Nicolas SArkozy n’a produit aucun résultat concret.

    Une approche purement cosmétique, qui a demontré sa vocation purement électoraliste lors du récent remaniement (les six entrants (pour un gouvernement à 38 (on est loin des « 15 ressérés » promis par le président en campagne, sans même évoquer la parité homme/femme)) sont tous des sarkozystes, pour la plupart de la première heure, que l’on voit s’agiter depuis des mois en service commandé pour assurer la défense d’un « président victime » (les propos hallucinants répétés par Yves Jego ou Nadine Morano sont à cet égard éloquents).

    La réforme institutionnelle telle qu’elle est proposée reléve-t-elle également d’une même approche, purement cosmétique ?

    Sur les 77 propositions de la commission Balladur, pourtant globalement d’une notable timidité, une trentaine seulement ont été retenue.

    Comme monsieur Riché le souligne, le cumul des mandats - l’une des pires dérives institutionnelles actuelles, qui permet notamment à des membre de l’exécutif de se porter candidats à une fonction qu’ils ne pourront occuper en cas de victoire - n’est pas remis en question. La chose n’est guère étonnante de la part d’un gouvernement dont l’une des premières décisions fut d’annuler la jurisprudence Jospin

    1° Bien que d’une importance pratique limitée, la possibilité pour le président de s’exprimer devant le parlement n’a strictement aucun sens dans un systéme qui a écarté toute possibilité de cohabitation. Outre la violation de l’esprit même de la cinquiéme (le président est censé être au-dessus des attaches partisanes) et les difficultés suscitées par la séparation des pouvoirs (le parlement contrôle le govuernement, qui est constitutionnellement en charge de la politique menée. Nicolas Sarkozy ayant cependant court-circuité son premier ministre, il incarne désormais l’exécutif...alors même que le législatif n’exerce aucun contrôle sur sa personne) elle n’aura d’autre effet que de fournir une tribune supplémentaire au chef de l’état. Sans vote et sans effet concret, quelle est l’utilité d’une telle démarche ? Nicolas SArkozy pense-t-il que l’UMP est insuffisant pour informer sa majorité de ses souhaits ?

    2° Limitation à deux mandats présidentiels. Sur le modèle américain (tout comme la prise de parole devant le parlement, qui n’est pas sans évoquer effectivement le débat sur l’état de l’union, chef d’oeuvre de langue de bois et d’autocongratulation politique aux états-unis). QUelqu’un peut-il me rappeller quel président à exercé plus de deux mandats dans notre pays sous la V° ? Antérieurement ? Une réforme impérieuse à l’évidence.

    3° Réforme de l’article 16 (la « bonne dictature à la romaine »). Introduction d’un contrôle temporel précis ( à 30 jours. Le parlement étant formé de plein droit en cas de recours à l’article 16, on distingue mal l’intérêt concret de cette précision) et ouverture d’un saisine du Conseil constitutionnel qui rend un « avis dans les plus brefs délais » (et donc ? Eut égard au comportement de Nicolas Sarkozy à l’égard des obligations constitutionnelles qui lui incombent (notamment article 5) en général, et du conseil constitutionnel en particulier, l’avançée est savoureuse).

    4° Réforme de la présidence du CSM. Celle-ci sera assurée par le premier président de la Cour de cassation et par le procureur général auprés de la Cour de cassation. Et non plus par le chef de l’état.

    Dans le contexte politique qui a vu ignorer, pour la première fois, les avis contraires rendus par le CSM quant aux nominations des parquetiers, l’avançée prend là également tout son sens. Petit rappel pour mémoire : la proportion d’avis négatifs allégrement violés par le ministére de la justice est passée de 0 en 2005 à 90% en 2006. On notera au passage que les avis négatifs concernent en moyenne 2% des nominations (le CSM est a minima le haut lieu d’une révolution larvée). Le plus important était d’aligner la procédure de nomination des parquetiers sur celle des magistrats du siége (avis conforme, obligatoire donc, et non simplement consultatif). Eut égard aux difficultés récentes relatives à l’indépendance du parquet, il s’agissait d’un changement réellement nécessaire (et loin d’être suffisant). Pour la prochaine réforme des institutions sans nul doute...

    5° Le renforcement des pouvoirs du parlement. Il appelle des commentaires plus précis.

    - La réforme de la maîtrise de l’agenda est un gadget. Dans la mesure où, en moyenne, plus de 95% des lois examinées sont des projets (d’origine gouvernementale) et moins de 5% des propositions (d’origine parlementaire), cela permettra essentiellement de choisr entre deux lois...d’origine gouvernementale. Formidable changement. Contrairement au pocket veto à l’américaine, le gouvernement conservera la maîtrise de la moitié de l’agenda. De ce fait, le parlement ne sera pas en mesure de bloquer l’examen d’une loi en la renvoyant en bas de la pile (et donc aux calendes grecques, l’agenda du parlement n’étant jamais totalement bouclé).

    Une utilité proche de zéro donc, si ce n’est pour permettre aux parlementaires d’affirmer à leurs électeurs qu’ils ont spécifiquement insisté pour traiter tel ou tel projet de loi en priorité.

    Nos droits fondamentaux en sortent manifestement grandis...

    J’oubliais qu’un jour de séance par mois est réservé à l’ordre du jour fixé par l’opposition. Si quelqu’un peut me rappeller la dernière loi d’importance proposée par l’opposition et adoptée par le parlement français, je lui en serai reconnaissant...

    - La procédure d’avis sur les nominations les plus importantes ou dirigeants d’entreprises publiques. Avis purement consultatif de la commission permanente compétente (quoi qu’on imagine mal le chef de l’état ou le premier ministre passer outre). J’ai hâte, puisque toute cohabitation est désormais impossible, de voir la majorité déjuger l’exécutif qui en est issue sur une nomination à la tête d’une entreprise publique...ou encore d’un membre du Conseil constitutionnel. Un changement majeur là encore.

    - Une séance au moins de questions hebdomadaires au gouvernement...y compris pendant les sessions extraordinaires ! Voilà qui va ravir les téléspectateurs de la chaîne parlementaire. Eut égard à l’utilité relativement discutable de ces séances, qui jouissent d’une absence quasi totale d’audience auprés des français, j’en perçois mal l’utilité. Si là encore, quelqu’un à souvenir d’une question au gouvernement ayant modifié quoi que ce soit, et eut d’autre utilité que de confronter une tribune d’un membre de l’opposition et une réponse préformatée d’un membre du gouvernement dans un parfait dialogue de sourd, je suis preneur.

    - La limitation du recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution au budget de l’étât et de la sécu, ainsi qu’à un texte « bonus ». Rapellons que le 49-3 ne s’appliquent pas aux lois organiques ou constitutionnelles : il ne concerne que les lois ordinaires. Il ne concerne également que le parlement (il ne s’applique pas au sénat). Enfin, le 49-3 a un prix politique immédiat, que n’ont pas les lois passées en procédure normale. En dehors de son utilisation pour faire face à l’obstructionnisme parlementaire (dépôt d’innombrables amendements, technique toujours trés appréciée), il est une victoire immédiate concédée à l’opposition. Dominique de Villepin, en employant le 49-3 pour la loi sur l’égalité des chances (insérant le fameux CPE) lui valu un an de quasi mort clinique de son gouvernement...

    Le 49-3 a été utilisé 82 fois sous la V°, pour 100 à 150 lois par an. Sous raffarin : une fois en 2003, une fois en 2004. Sous Villepin, une fois en 2006.

    La principale difficulté ressort par ailleurs des lois budgétaires...

    Le limiter aux textes budgétaires + 1 loi par session revient, en pratique, à ne pas le limiter du tout...

    Une réforme d’importance là encore.

    En ce qui concerne la législation par voie d’ordonnance (article 38, qui permet l’intervention de l’exécutif dans le domaine législatif, sans consultation du parlement) en revanche, dont l’usage a explosé en 2004 et 2005 (prêt de 70% en 2005 !), pas un mot.

    - La confirmation par le congrés des interventions armées extérieures de plus de six mois. L’augmentation du nombre des commissions permanentes de 6 à 8. La portée de ces changements au regard de la situation actuelle laisse dubitatif...d’autant plus que le chef de l’état, en tant que chef des armées, dispose d’un précarré inviolable en matière de défense...

    6° L’extension des compétences consultatives obligatoires du CES aux questions environnementales. Eut égard à l’influence actuelle extrêmement discutable du CES sur la production législative (voir par exemple sa position sur la réforme de la représentativité en cours...à comparer avec l’hypothése de travail retenue par le gouvernement), cette extension me laisse extrêmement sceptique.

    7° L’exception d’inconstitutionnalité permettant aux justiciables de saisir le Conseil constitutionnel dans le cadre d’un litige en cours. Il s’agit cette fois-ci d’une véritable avançée. Elle permettrait notamment au conseil d’opérer à un contrôle des textes qui ne lui sont pas soumis (90%) et notamment de toute la législation antérieure à 1974. Rappelons cependant que suite à la fameuse décision du Conseil constitutionnel IVG, en 1975, les juridictions judiciaires (et plus tardivement administratives) contrôlent la conventionnalité des lois, et partant leur conformité à la Convention européenne des droits de l’homme.

    Par exemple, dans 20% des affaires, le conseil d’état est amené à se prononcer sur la conformité d’une norme à la CEDH. Or, le contrôle de conventionnalité est de même nature et a, en pratique, les mêmes effets que le contrôle de constitutionnalité. En effet, la CEDH recouvre l’intégralité des droits fondamentaux visés par la constitution française, sans exception.

    De plus, l’article 177 ancien (234 nouveau) du traité de Rome permet également au juge de saisir la CJCE, avec un effet relativement proche.

    Cette réforme doit donc être largement relativisée : elle aura surtout pour effet de supprimer des textes pour leur inconstitutionnalité...alors même que les juges refusaient de les appliquer. En alignant la constitution française sur celle de la plupart de ses voisins, cette réforme ne fait, au final qu’entérinner une situation de fait...

    Le contrôle de constitutionnalité a posteriori par voie d’exception, à l’initiative des citoyens...existe déjà !

    Encore la réforme suppose-t-elle deux conditions restrictives : l’exception n’interviendrait que dans le cadre d’un litige individuel en cours, et la violation par la loi d’un droit fondamental. Reste donc à déterminer la forme de la procédure aprés amendement.

    De plus, eut égard aux récents égarement du conseil constitutionnel, on peut se demander si la Cour de cassation et le conseil d’étât ne sont pas, in fine, plus protecteurs des libertés fondamentales, mais c’est là un autre débat...

    Quoi qu’il en soit, l’autosaisine du Conseil eut été une avançée plus conséquente, et une réforme en profondeur de la pratique actuelle.

    8° La création du défenseur des droits des citoyens, qui pourra être saisi par toute personne s’estimant lésée par le fonctionnement d’un service public. Il eut peut-être été plus simpe de créer des procédures judiciaires (c’est là, en effet, la fonction du juge (article 66, gardienne de la liberté individuelle)) ou de renforcer les pouvoirs du médiateur de la république qui a déjà pour vocation de régler à l’amiable les litiges entre citoyen et administration.

    Cependant, il s’agit là potentiellement d’une véritable réforme, notamment en ce qui concerne l’étât déplorable de notre institution carcérale..à supposer cependant qu’il dispose au final d’un véritable pouvoir d’investigation, d’un budget à la hauteur de sa tâche et de services étendus (tout ce que ne possède pas le médiateur). Et que la personnalité nommée (voir à ce sujet l’appel dans le Monde cette semaine) soit également à la hauteur de la tâche...

    beaucoup de si pour un législateur auquel il me parait délicat d’accorder un blanc seing à priori...

    Quant à l’encadrement du chef de l’état (notamment du temps de parole, dont Nicolas SArkozy use et abuse) ? Au cumul des mandats ? Au renforcement des pouvoirs de contrôle du parlement sur le gouvernement ? A la restauration de la fonction originelle du législateur (qui consiste à légiférer, non à enregistrer les projets gouvernementaux) ? à l’instauration d’un véritable statut de l’opposition ? A la restauration de la fonction première du gouvernement (qui conduit selon la constitution la politique la nation, et ne se contente pas d’entérinner les souhaits du chef de l’état) ? Au développement de la démocratie participative (et notamment au référendum d’initative populaire) ? A la réforme des collectivités locales, de plus en plus éloignées du citoyen ? A l’introduction d’une dose conséquente de proportionnelle dans la composition du parlement ? Au vote des résidants non communautaires aux élections locales (la France est l’un des derniers ilôts de résistance en europe sur ce terrain) ? etc..

    Un silence pesant.

    Comme le soulignait François Fillon, voici un texte « cohérent et susceptible de receuillir un large consensus ».

    Je ne suis pas certain qu’il faille s’en féliciter...

    • caro
      caro répond à François Doutriaux
      délinquante avérée
      • Posté à 09h59 le 22/03/2008
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      Monsieur Doutriaux, je n’ai qu’un mot à dire : MERCI

    • Les Chats
      Les Chats répond à François Doutriaux
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 10h22 le 22/03/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Merci Rue89 d’avoir mis cette réation en page de garde et surtout merci à François Doutriaux !

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 09h59 le 22/03/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    NS oeuvrerait dans notre intérêt ?
    C’est une première ! Je cherche l’anguille.

  • noubadekau
    • Posté à 10h12 le 22/03/2008
    • Internaute 31428

    Si il ya un truc qui me débecte c’est la censure...
    Alors, ciao Rue 89, je vous laisse à votre glose, en Mai, tandis que je serai en train de fracasser les chiens à Sarko vous pourrez toujours écrire de jolis articles....
    Mous et peureux...

    • Infovite
      Infovite répond à noubadekau
      info-espress.over-blog.com
      • Posté à 13h33 le 22/03/2008
      • Internaute 8783
        info-espress.over-blog.com

      Quelle censure ?

  • YVANBACHAUD
    YVANBACHAUD
    Porte parole www.ric-france.fr
    • Posté à 12h27 le 22/03/2008
    • Internaute 24559
      Porte parole www.ric-france.fr

    CE NE SONT QUE DES RÉFORMETTES DANS L’INTÉRÊT DE LA CASTE..

    Le comité Balladur n’a tenu aucun compte de la volonté du peuple pourtant clairement exprimée dans le sondage ( BVA du 11 07.2007 pour le Figaro/LCI )
    Lien
    « A qui accorder prioritairement de nouveaux pouvoirs ? Aux citoyens 66%, au Parlement 28% »

    Il ne faut pas s’en étonner nous avons déjà vu à l’œuvre le tandem « Balladur/Sarkozy en 1993...

    En 1993 dans un fascicule électoral largement diffusé “ La réforme maintenant !” le RPR avait comme 4ème de 20 promesses la réunion d’un congrès dans l’année 93 pour instaurer le référendum d’initiative citoyenne.
    A peine élu en 4 mois M.M Balladur/Sarkozy ont bien réunis un Congrès mais pas pour instaurer le RIC promis. : -( Ils ont instauré en hâte la Cour de justice de la République pour que les Ministres socialistes soient jugés par leurs copains parlementaires dans l’affaire du sang contaminé. Alors que dans un sondage SOFRES dans le Monde du 19.11.1992 - mois plus tôt- 80% des Français avaient répondu souhaiter “les Ministres soient jugés comme les autres citoyens.
    La Cour de Justice de la République a été adoptée par 95% du Congrès seul le CF avait voté contre.. (Qu’il en soit encore félicité ici.)

    Cela démontre une fois de plus et de façon irréfragable que les députés ne sont rien moins que des ‘ représentant du peuple’, ils sont les représentants inconditionnels de la caste qui leur donne l’investiture sans laquelle il n’y a pas d’élection, pas de carrière..

    Il n’y a qu’un seul moyen d’avoir dans ce pays et en Europe des réformes justes c’est l’instauration du RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE CITOYENNE à tous les niveaux territoriaux.

    L’article 6 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 commence ainsi :
    ” La loi est l’expression de la VOLONTE GENERALE. Tous les citoyens ont le droit de concourir PERSONNELLEMENT et par leurs représentants à sa formation.(...) »

    Où est l’expression de la VOLONTE GENERALE dans les propositions BALLADUR quand on sait que :
    - 82 % des Français souhaitent « pouvoir lancer des référendums sur les sujets de leur choix.. » ( Sofres pour « Lire la politique » du 12 mars 2003). Lien

    - 88 % des Français pensent « qu’il faudrait faire un Référendum si un nombre élevé de gens le demandent » p. 112 dans « La Démocratie à l’épreuve » Gérard Grunberg (Presse de Sc-Po)

    - 68% des Français sont pour « Le référendum d’initiative populaire, qui pourrait être

    demandé par 500 000 signatures de citoyens » ( BVA du 11 07.2007 pour le Figaro/LCI )

    Lien

    Il y a une baisse car la modalité est précisée et que le chiffre de 500.000 a pu écarter des oui qui le considère trop élevé et d’autre faible. Cette modalité est mauvaise.

    Tout les démocrates doivent se mobiliser pour rappeler à M. SARKOZY qu’il a évoqué lui même à la fin de son discours d’investiture ce « peuple français qui ne veut pas que l’on décide à sa place, et qui par-dessus tout ne veut plus que l’on pense à sa place…“
    ( Voir extrait vidéo Lien )

    Des actions sont proposées sur le site Lien .fr le site de la Démocratie avec un grand ‘D’...

    ‘ Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue ’ V.HUGO

  • DAVID DUPRE
    DAVID DUPRE
    Taxidermiste politique
    • Posté à 06h38 le 26/03/2008
    • Internaute 36901
      Taxidermiste politique

    Il faudrait prendre le temps de débattre de ce 22ème amendement à la française : limitation à deux mandats présidentiels.

    ça fait chic pour pas cher (personne n’en a fait trois jusqu’à présent) mais en faire une règle.

    Je crains un syndrome du lame duck (canard boiteux) qui arriverait dès le début du second mandat (soit plus tôt qu’aux Etats-Unis où le président tient jusqu’au mid-term).

    Je crains une assymétrie forte entre un premier mandat où le président « gouvernerait » et un second où il serait vite marginalisé. Comment rendre plus tordues, nos braves institutions dites de 58 ?