A débattre 22/06/2007 à 18h46

Hirst présente l'œuvre la plus chère jamais produite à Londres



For the Love of God (Damien Hirst/Prudence Cuming Associates Ltd/Science Ltd and Jay Jopling/White Cube).

Pour entrer dans la galerie White Cube de Londres, le visiteur doit se procurer un ticket (gratuit) pour admirer, en groupe de trois ou quatre personnes maximum et en l’espace de deux minutes chronométrées par un agent de sécurité intransigeant, l’œuvre d’art la plus onéreuse jamais produite.

Il s’agit d’un crâne du XVIIIe siècle auquel on a rajouté une dentition humaine et que l’on a agrémenté de 8600 diamants de petite taille et d’un diamant plus important, incrusté dans le front. Soit en tout 1106,18 carats. Cette œuvre, qui aurait pu surgir de l’imagination d’un scénariste pour le prochain James Bond, a coûté près de 20 millions de dollars à l’artiste anglais Damien Hirst, qui seul l’a financée.

Damien Hirst, chouchou du marché de l’art international et acteur central du renouveau de l’art contemporain anglais des années 90, gère une véritable entreprise de création artistique. Un artiste qu’on connaît autant pour ses sculptures, peintures, dessins et installations que pour le marketing qu’il orchestre lui-même pour chacune de ses expositions.

Il a ici tout conçu, depuis la façon dont les spectateurs voient le crâne (puisqu’en l’occurrence il s’agit d’un véritable spectacle) jusqu’au reste de l’exposition, qui occupe les deux espaces monumentaux de la galerie, dans le West End (Mason’s Yard) et dans l’est branché de Londres (Hoxton Square).

Cent vingt secondes riches en émotion

Le crâne, pièce centrale du dispositif, est exposé dans un espace séparé. Armé d’un ticket spécialement conçu et dessiné par l’artiste, le spectateur curieux y parvient après avoir franchi plusieurs contrôles de sécurité et laissé son sac à l’entrée.

« For The Love Of God » ( » Pour l’amour de Dieu » ) se présente un peu, et peut-être de façon ironique, comme la huitième merveille du monde : le crâne « apparaît » au centre d’un espace complètement sombre, éclairé de façon admirable et visible derrière une épaisse protection de verre.

En l’espace de cent vingt secondes, on traverse toute une série d’émotions, de l’éblouissement à l’agaçement, de l’admiration à l’incompréhension. Mille questions surgissent. S’agit-il d’un pied de nez au monde de l’art avec ses envolées quasi boursières, à une époque ou une toile de Rothko se vend quasiment à 54 millions d’euros ?

S’agit-il, contre la fatuité d’une simple toile faite de matériaux de peu de valeur, d’exhiber un objet dont la valeur est presque éternelle et infinie, dans le temps et l’espace ? Car, même si un diamant n’a de valeur que parce que nous lui en attribuons, qui oserait prétendre que ça ne vaut rien ?

Pour autant, un crâne, même couvert de diamants, vaut-il plus que la vie ? La vie est-elle éternelle jusque dans la mort ? Hirst semble poursuivre ici son étude de la vie et de la mort, de leur aspect tout aussi miraculeux que fragile.

Cette pièce, admirable autant qu’obscène, n’est que l’aboutissement d’une œuvre accompagnée, et même portée par la controverse. Malgré son prix de vente, 100 millions de dollars, cinq acheteurs potentiels –dont semble-t-il le chanteur George Michael– sont prêts à l’acquérir. Peut-on en conclure que plus aucun prix n’effraie dans un monde où il y a compétition pour acheter ce qu’il y a de plus cher ?

Si les diamants sont certifiés « conflict free » (c’est-à-dire produits hors des zones de conflits en Afrique et donc ne finançant pas la guerre), on peut légitimement se demander pourquoi dépenser autant pour une œuvre dont la seule qualité est d’apparaître chère dans un monde ou les inégalités ne cessent de croître.

Animaux découpés et baignés dans le formol

Ce crâne est qualifié par certains de farce, et certains journalistes de la presse conservatrice anglaise y voient la fin de la carrière de Hirst. Le reste de l’exposition propose une série d’œuvres dans la lignée des travaux précédents de l’artiste et de son atelier. Hirst qui, comme un peintre classique, ne fait que dessiner des croquis et apporter une touche finale, confie la réalisation de ses pièces à de nombreux assistants.



Cliquer ici pour voir le diaporama en plein écran.

Ainsi, les deux étages des deux vastes espaces de White Cube, une galerie qui représente et expose les stars internationales de l’art (d’Andreas Gursky à Tracey Emin en passant par Jeff Wall) sont couverts de toiles, collages et animaux coupés, cloués et collés dans d’immenses coffres en verre et baignés dans le formol.

Soutenu par Saatchi et vainqueur du Turner Prize en 1995, Hirst est depuis longtemps connu pour ses animaux, en général de grande taille, coupés et placés dans du formol. Cette obsession de Hirst pour la science de la vie et la mort est très présente ici, que ce soit avec un requin tranché en deux dans le sens de la longueur ( » Death Explained » , « La Mort expliquée » ), un mouton ( » Black Sheep » , « Mouton noir » ) ou encore deux vaches dont le corps est coupé au niveau des pattes avant ( » Love’s Paradox » , « Paradoxe de l’amour » ).

D’autres pièces « animalières » se penchent de façon provocatrice sur la mythologie chrétienne : moutons dépouillés et crucifiés dans « God Alone Knows » ( » Dieu seul sait » ), chèvres agenouillées en position de prière devant un squelette de nouveau-né en argent et en couveuse dans « The Adoration » (« L’Adoration »), vache debout sur ses pattes arrière percée de dizaines de flèches dans « Saint Sebastian, Exquisite Pain » ( » Saint Sébastien, douleur exquise » ).

En procédant ainsi, Hirst nous confronte avec ce que nous ne voyons pas, ou refusons de voir, dans notre vie quotidienne. Le visiteur se retrouve face à l’intérieur du corps des animaux, c’est-à-dire à l’intérieur de notre propre corps, de notre corps-machine et de notre corps-science.

Des images de cellules atteintes de maladies graves

Cette fascination du corps et de l’humain est manifeste aussi dans les toiles (à la précision quasi-photographique) représentant la naissance de son dernier enfant. Le surgissement de la vie par la mise au monde est mis en parallèle avec le phénomène de la maladie, dans des toiles de très grande taille sur fond rouge, composées à partir d’images agrandies de cellules atteintes par diverses formes de maladies graves, avec notamment des lames de rasoir, des cheveux, des bouts de verre et du vernis.

Ces images abstraites ne deviennent vraiment incommodes qu’à la lecture des titres : « Skin Cancer » ( » Cancer de la peau » ), « Salivary Gland Cancer » ( » Cancer des glandes salivaires » ), « Fungal Liver Infection » (« Infection fongique du foie ») ou encore « Prostate Blood Clot » (« Caillot de sang dans la prostate »).

Le systématisme de l’approche de Hirst dans son découpage très précis des maux humains et des corps animaux, tout comme ses étagères de pastilles pharmaceutiques ou d’espèces de poissons, constituent son originalité dans un monde de l’art souvent trop uniforme.

Ne cessant d’étonner, Hirst agace aussi par ses provocations constantes et par son marketing forcené. Qu’inventera-t-il pour faire suite au crâne incrusté de diamants de « For The Love Of God » ? Ira-t-il un jour jusqu’à exposer, pour l’amour et en l’honneur de Dieu, des êtres humains découpés et placés dans un bain de formol ?

Beyond Belief, exposition de Damien Hirst à la galerie White Cube, 25-26 Mason’s Yard, St. James’s Londres SW1Y6BU (plan) et 48 Hoxton Square, Londres N1 6PB (plan) - Rens. : 00 44 (0) 20 7930 5373 - jusqu’au 7 juillet - Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h - Entrée gratuite.

Diane Gabrysiak et Anne Maniglier.

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  • pikasso02
    • Posté à 10h48 le 30/06/2007
    • Internaute 10134

    Bonjour Roreyro
    Picasso est-il mort ? Duchamp l’a-t-il mis KO ? Je veux dire, la forme d’art utilisée par les anciens depuis la préhistoire. Le mimétisme est-il mort ? Merci.

  • Mokarider
    • Posté à 19h56 le 22/06/2007
    • Internaute 951

    La tête de mort est une référence iconographique explicite aux vanités : la représentation de matières vivantes dans leur aspect le plus périssable, ou plus directement, la mort elle-même. Les cellules malades sont exactement sur le même plan.

    Peut-être une façon de rappeler d’une façon provocante que ces enchères sur les modes de représentation du monde ne sont qu’un jeu finalement assez vain. En bon postmodernistes, rien n’empêche Hirst de profiter lui-même du jeu.

  • Anonyme

    Est-ce que vous parleriez de Hirst si Saatchi ne l’avait pas mis (depuis des lustres) sur l’orbite des artistes à prix plus qu’exorbitants ?

    A propos de Banksy, l’angle de rue89 était le même : la côte de l’artiste.

    Paris Match est déjà sur ce créneau, non ?

    Pour en revenir à Hirst, sa façon de jouer le jeu est du grand art, mais vous le dites bien timidement.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 00h18 le 23/06/2007
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Vous pouvez aussi lire régulièrement sur Rue89 des articles sur des artistes dont la cote (sans chapeau chinois : -) est nettement moins élevée que celle de Damien Hirst. Notamment :

      La Biélorussie en images :
      Lien

      La scène alternative de Buenos Aires :
      Lien

      L’art contemporain africain en mal de collectionneurs :
      Lien

      • Anonyme répond à Yann Guégan

        Excusez-moi, mais je n’avais pas pris la série complète de Minsk dans les flaques ni les gentils portraits bélarusses (on dit comment, déjà ?) pour de l’art.
        Je n’y ai vu qu’une forme de régression qui mérite débat sous cet angle.

        Pour l’art contemporain africain, celui qui émerge et se vend bien vient des townships et, là aussi, je vois le débat sous cet angle.

        La scène argentine... C’est une info à suivre, effectivement.

        Cela dit, je continuerai avec rue89, en même temps qu’avec d’autres sources d’information et lieux de débats émergents, le temps au moins de définir pourquoi votre angle me fait réagir aussi négativement (pour le moment - et je tente de faire la part des choses).

         
        • Anonyme

          Vos commentaires onr un goût de trop peu : vous esquissez quelques lignes d’approche, vous mettez en perspective des angles particuliers...mais vous ne développez pas ! Serait-ce trop vous demander que de nous faire un dessin ?

        1 autres commentaires
    • Anonyme

      Hirst s’etait deja fait connaitre avant Saatchi lorqu’il etait encore etudiant a Goldsmith. Avec d’autres il a organise en 1988 une expo independante et tres courue a l’epoque, Freeze, qui a veritablement lance le renouvellement de l’art contemporain britanique (Young British Artists).

      Donc, difficile de repondre a votre question. Le point de vue de l’artiste n’est pas particulirement mis en avant ici puisque nous ne l’avons meme pas cite.

      Il joue sans aucun doute le jeu de l’art mais on peut dire ca de tous les artistes connus non ?

      • Anonyme

        Oui, en effet, il n’a pas été découvert par Saatchi, mais récupéré, et c’est exactement ce qu’il voulait. Les YBA ne prétendaient pas rester pauvres et malmenés.

        Ce qui rend Hirst intéressant est précisément la manière qu’il a de jouer le jeu, plus que son art. Il mêle toujours très étroitement les deux avec un grand degré de réussite dans la provocation que les ultra-riches s’arrachent alors qu’il se moque d’eux en même temps que de la prétendue pureté idéaliste de l’ambition artistique.
        Son crâne en diamants est encore un exemple de cette démarche.

        Non, tous les artistes connus ne jouent pas ce jeu. Pynchon (je sais, c’est un écrivain, artiste connu) réussit à rester totalement en dehors de la célébrité en tant qu’individu.
        Banksy se positionne encore plus clairement dans la même lignée.

        Il ne resterait plus qu’à trouver les critiques d’art capables de s’adapter à cette tendance, non ?

         
        • Anonyme

          L’angle d’approche de rue89 n’est pas la cote de l’artiste, mais le coût tout court de l’« oeuvre » exécutée. Cet angle semble pertinent, puiqu’aucune oeuvre auparavant n’avait eu cette valeur effective, avant même qu’elle ait été...spéculée. On peut reconnaître à l’artiste ce talent d’avoir pondu une pièce qui, quel que soit la cote de l’artiste en question, ne peut guère valoir moins que ce le matériau utilisé vaut...et c’est déjà énorme.
          Hirst, joue le jeu des marchés de l’Art, mais il n’est pas artiste : il est au mieux, un bel escroc. Il a effectivement compris que les marchands (et les acheteurs d’Art), par peur de passer à coté d’un Van Gogh, étaient prêts à s’arracher tout ce qui leur apparaisait hors norme, et surtout insensé.
          Alors il le joue trash son Art, mais attention, c’est un business man : il utilise des diamants par paquets...mais éthiquement collectés, il utilise un crâne daté du 18ème (pourquoi pas un crâne récupéré dans un charnier Bosniaque...histoire d’être vraiment dans la provocation ?)...
          Je pense que l’angle avec lequel Rue89 appréhende cette oeuvre de Hirst, est le meilleur qui soit : elle ne vaut que celà, elle ne vaut rien d’autre que ces quelques diamants.

          • Diane Gabrysiak
            • Posté à 02h08 le 24/06/2007
            • Internaute 10853

            L’oeuvre ’vaut’ malheureusement 5 fois plus que son cout de production ! Pour eviter toute speculation, dixit Hirst.
            A Londres, ou tout n’est que prix, ou une conversation tournera forcement a un moment ou un autre autour du prix de quelque chose (le plus souvent de l’immobilier), la galerie elle-meme presente le crane comme l’oeuvre la plus chere jamais produite au monde. Oui Hirst est un excellent business man, il a du flair meme, et en meme temps il se joue de cette obsession pecuniaire londonienne tout autant qu’il joue avec elle.
            Je crois tout de meme qu’il ne faut pas reduire l’ensemble de son oeuvre a ce crane, meme s’il est symptomatique d’une certaine etape de sa carriere (ou de sa fin ?) et d’une reflexion / reaction au monde dans lequel il vit.

            • Anonyme répond à Diane Gabrysiak

              J e n’ai pas dit que cette « oeuvre » ne pouvait valoir plus que son coût de production, je disais qu’elle ne pouvait valoir moins (en tous cas tant que nous n’auront pas tous trouvé des diamants dans notre sous-sol ou dans nos ruisseaux).

              Vous avez raison de dire qu’il a du flair, et, fatalement, quand on est un business-man-avec-flair, on compose et on crée ...selon l’air du temps !

              L’obsession de Hirst pour la vie,le vivant, la mort, et Dieu dans tout ça, est moins son obsession qu’une obsession contemporaine : je le répète, c’est un business man ! Hirst n’est pas un Artiste. Et il le sait, et peut-être même qu’il est aujourd’hui assez mûr pour le faire savoir...et peut-être que ce crâne n’a été conçu que pour le faire savoir...

              Mais le problème c’est que Hirst a atteint ce point de non retour qui fait que même si il criait « CECI N’EST PAS UNE OEUVRE D’ART », personne (et surtout pas ceux qui ont investi dans ses oeuvres) n’aurait intérêt à le croire.

          • Anonyme

            et ce qui serait finalement vraiment trash ou vraiment « artistique », ça serait qu’il le brule (ça brûle les diamants ?)… but art is business, business is art et on rigole pas avec le fric par les temps qui courent.
            Bref tout ça vire à l’ennui le plus profond…

        • Diane Gabrysiak
          • Posté à 02h01 le 24/06/2007
          • Internaute 10853

          Bansky est un bon exemple et d’ailleurs il est souvent compare ou plus exactement oppose a Hirst, mais tout de meme Hirst est tres symptomatique d’une epoque et il est difficile de l’ignorer. Tout comme Bansky existe en reaction a ce type d’art, non ?

        5 autres commentaires
  • René B.
    • Posté à 07h52 le 23/06/2007
    • Internaute 8952

    L’homme éternel, l’homme sublimé, l’homme se glorifiant lui-même, l’homme toutes dents dehors, l’homme scintillant jusque dans ses os, l’homme paillettes, l’homme coté en bourse, l’homme réussite ? Mais, francement (sans « h »), c’est notre Sarko !

  • Anonyme

    Duchamp etait un marchant
    Hirst un publicitaire
    Le monde de l’art regorge de ces personnages malins, certes, mais cyniques, assoiffes de pouvoir et d’argent. Pour avoir vu naitre et cotoye les YBAs a Londres au debut des annees 90, je ne mefais aucune illusion sur l’honetete de la demarche’sensationaliste’de Hirst, Emin et toute la clique. Sex drugs and rock and roll, le tout saupoudre de tactiques business. Saachi est alle pecher une quinzaine d’etudiants aux beaux arts de Goldsmith et les a ’achete’en faisant d’eux des pop stars. il leur a verse des milions pour la production de leurs oeuvres alors que leurs camarades luttaient avec des bouts de ficelles et l’invisibilite des debutants. De grandes expos a la Royal Academy of Arts sous le patronnage d’un commissaire avide de courbettes et autre signes de soumission. Parallelement s’est monte le Turner Prize, qui recompensait les artistes du meme circuit. Pour sa premiere expo personelle, Hirst a emprunte de l’argent a sa banque et rachete la quasi-totalite de ses oeuvres a la galerie pour faire monter sa cote. Tout cela n’est pas nouveau, les galleristes et artistes Parisiens du debut du XX agissaient de la sorte. Lorsque, par exemple , Picasso arrive a Paris, il demande a ses amis, dont max jacob de revetir l’habit et le monocle du collectionneur et d’aller dans toutes les galleries pour demander « avez-vous du Picasso, ce jeune Prodige ? ». Le peintre n’a plus alors qu’a ce pointer quelques semaines plus tard. Si art il y a c’est surtout celui de l’opportunisme. Tous les discours qui cherchent a degager du sens de ces objets publicitaires me font bondir. Quelle est la pertinance de l’oeuvre de D.Hirst par rapport a (par exemple)celle de Hans Bellmer ? Pouvons nous encore pretendre que les avants gardes n’ont pas eu lieu et faire des redites insipides, decoratives et speculatives ad infinitum ?

  • Anonyme

    impressionant ! ...rien d’autre !

  • Mathieu Tremblin
    • Posté à 14h00 le 23/06/2007
    • Internaute 1257
      Artiste

    Funeste destinée que celle du Grand Art
    qui prend sa source au baromètre des cordons de la Bourse.
    Comme d’autres formes d’« art » et d’« artistes » construisent leur réputation sur l’audimat qu’ils réalisent plutôt que sur la musique qu’ils composent.
    Le temps des grands récits modernes se poursuit, mais ce sont les médias et les annonceurs qui les écrivent.
    Ils les écrivent très mal.
    La « force de leur art » manque de tact.
    Mais tous les artistes ne cherchent pas à entrer à la « Art Academy ».

    Pour les commentaires sur ce genre de pratiques mainstream symptomes d’un monde-média ivre de pouvoir et d’argent - il faut le dire on ne peut plus réberbatif - il y a déjà de très bonnes critiques des Pièces contemporaines sur ParisArt.com .

    Rue 89,

    Vous qui n’avez pas d’intéressement financier (contrairement à André Rouillé dont le site est justement en partie financé par les galeries privées, ce qui ne l’empêche pas de faire un très bon travail critique...)
    pourquoi nous renvoyer une Xième fois le miroir aux alouettes des ces artisans du marché de l’art alors que tant d’autres démarches singulières (qui ne cherchent pas forcément à se vendre sous forme d’oeuvre pérennes) existent et peuvent être relayées.

    Quelques exemples :
    Lien
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    Biaisez !
    Biaisez !
    On est pas sur Beaux Arts Mag tout de même !

  • ionina
    • Posté à 14h14 le 23/06/2007
    • Internaute 10942

    kitsch et complaisant pour ma part...

    • Diane Gabrysiak
      Diane Gabrysiak répond à ionina
      • Posté à 02h10 le 24/06/2007
      • Internaute 10853

      C’est bizarre tout de meme, tout le monde est outre qu’on puisse produire une oeuvre d’art pour 18 millions de dollars, mais qu’un footballeur touche 50 millions pour changer de club ne gene absolument personne.

  • Yurichan
    • Posté à 14h50 le 23/06/2007
    • Internaute 8990

    quoiqu’il en soit, personne ne reste indifférent...
    ceci di, si certains artistes arrivent à jouer, de manière très habile, avec les cordons de la bourse, arrêtons aussi de ne penser l’artiste comme devant être « maudit », à tout prix (désolé pour le jeu de mot).

  • MCollery
    • Posté à 15h09 le 23/06/2007
    • Internaute 10810

    A partir du moment où on commence à estimer ce précieux crâne en carats, il quitte le domaine de l’art comptant pour rien pour entrer dans la catégorie bijou de luxe. Pas de honte à devenir le joaillier officiel de la reine, après tout. Au passage, le coup (le coût ?) de la précision que le crâne est du XVIIIè me fait rire. Quant à ces dents bien brossées, détartrées, rangées comme des perles, Damien Hirst aurait pu au moins nous coller une canine à peine cassée ou gâtée, juste histoire de trasher un peu, de nous adresser un signe que tout n’est pas fini. La perfection c’est quand même la mort, non ?

    • Anonyme répond à MCollery

      oui c’est vrai que tout est calcule, precise, publie dans le travail de hirst. D’ailleurs le crane est l’oeuvre d’un joaillier.
      A mon avis, difficile d’utiliser un crane de notre epoque, d’ou le choix d’un crane plus ancien (et aussi beaucoup plus petit en taille !). La perfection c’est peut-etre la mort mais ce crane est-il la perfection incarnee ? Pas vraiment.

    • Diane Gabrysiak
      • Posté à 17h20 le 23/06/2007
      • Internaute 10853

      oui c’est vrai que tout est calcule, precise, publie dans le travail de hirst. D’ailleurs le crane est l’oeuvre d’un joaillier.
      A mon avis, difficile d’utiliser un crane de notre epoque, d’ou le choix d’un crane plus ancien (et aussi beaucoup plus petit en taille !). La perfection c’est peut-etre la mort mais ce crane est-il la perfection incarnee ? Pas vraiment.

      • Anonyme répond à Diane Gabrysiak

        Il a utilisé un crâne d’enfant alors ? Parce qu’il ne me semble pas que nos ancêtres du 18ème, soient du point de l’évolution, suffisamment éloignés de nous pour que le volume de leur boîte crânienne diffère du nôtre.

      • MCollery
        • Posté à 20h38 le 23/06/2007
        • Internaute 10810

        Je parlais de la dentition.
        Quant à la datation, je ne vous en faisais pas le reproche. C’est juste que le XVIIIè en rajoute encore une louche côté valeur historico-scientifique. Un crâne non daté ça l’aurait moins fait.
        Et les dents ?

         
        • Diane Gabrysiak
          • Posté à 01h54 le 24/06/2007
          • Internaute 10853

          Je ne sais pas si c’est un crane d’enfant. En revanche, je crois qu’utiliser un crane date va de pair pour lui avec son souci de creer une oeuvre ’eternelle’ comme il l’a dit lui-meme dans des entretiens. Je serais tentee de dire que les dents vont dans le meme sens. Il aurait pu lui mettre aussi des yeux et un nez mais l’usure du temps les aurait abimes, tandis que la aucun risque !

          Je crois quand meme qu’il voir voir ce crane dans le cadre du reste de l’exposition et de son oeuvre en general, avec son obsession de la mort, de la science etc.

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Il fait exprès de vous montrer que l’art, idéalisé par les assoifés de culture, n’est que pognon ! Que la partie la plus noble de l’anatomie humaine n’a de valeur que si elle vaut du pognon !

    Il se moque à la fois des acheteurs d’oeuvres d’art, qui investissent en fait, et de l’idéalisation de l’ambition artistique.

    C’est du grand art contemporain. Il en sort gagnant, les investisseurs gagnent aussi et les autres font les expos.

    • MCollery
      • Posté à 00h07 le 24/06/2007
      • Internaute 10810

      C’est vrai que celui qui va l’acheter aura à peine l’air con avec ce truc sur sa cheminée.

      • Anonyme répond à MCollery

        Exact.

        Mais celui qui fait la queue pour admirer de l’art et qui se retrouve devant un crâne vide n’a pas l’air fin non plus.

        signé Damien, qui se marre bien.

      • Diane Gabrysiak
        • Posté à 01h55 le 24/06/2007
        • Internaute 10853

        dans un coffre-fort plutot !

         
        • Anonyme répond à Diane Gabrysiak

          Moi qui m’apprête à sortir faire la queue pour l’expo d’Annette Messager, je fais quoi alors ? Pas assez chère ?

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    un crâne ? des diamants ? cette chose inutile exciteraient les gens ? ? ? En tout cas, palme d’art content pour rien à Hirst...

    Elvire, 12 ans

  • Anonyme

    En art et en science (« purs »), il s’agit de faire de la recherche fondamentale sur ce qu’est le réel. Mais l’économie de marché (anciennement « capitalisme ») n’en a cure.

    Hirst s’est fait une place dans un monde où l’art n’existe plus que par un marché. Tout est sur le marché, y compris l’être humain.
    S’il avait fait comme Van Gogh, ses oeuvres seraient à Las Vegas et lui, il serait très mal en point.

    Son talent d’artiste (de son époque ! ! !) est de l’avoir exprimé plus fort que quiconque.

    On dit ici que c’est un escroc. Non. Il fait un pied de nez aux escrocs qui investissent dans l’art sans rien y comprendre.

    Il redéfinit l’art parce que c’est nécessaire et c’est ce qui manque dans l’article de rue89.

  • Anonyme

    le crâne aux diamants est très très cher . Mais apparement, il se trouve que 5 acheteurs sont déjà sur le coup. Des millionaires ? ? ? des milliardaires ? ? ? on ne sait pas. Mais ce qu’on sait, c’est qu’ils dévoilent leurs richesses aux gens pauvres.
    Conclusions : cette oeuvre est pas mal pour piéger les riches...

    miss-B (12 ans)

    • Anonyme

      La vérité sort de la bouche des 12 ans

  • MCollery
    • Posté à 11h59 le 24/06/2007
    • Internaute 10810

    L’acquéreur devra en même temps faire les frais d’un bon chien de garde avec des dents bien pointues et bien longues pour lacérer la chair des braqueurs. Il va y avoir du sang avec ce crâne. Bravo Damien Hirst ! C’est toi le plus fort.

  • Anonyme

    courageux anonyme du 23/06 à 23h23, quelle précision d’horloger

    dénoncer ? dénoncer quoi ? que les riches sont prêts à claquer leur argent dans l’art ? que tout n’est que bizness en ce bas monde ? à moins qu’il ne s’agisse d’une réactualisation du To be or not to be allez savoir...avec ces artistes !

    Le problème c’est qu’on avait pas besoin de lui pour le comprendre merci c’est pas franchement un scoop !

    je trouve ça démonstratif à l’image de toutes les dénonciations anticapitalistes pseudo engagées,
    et pendant ce temps, lui, il s’éclate !
    Continuons d’enfoncer les portes ouvertes et tiens, faisons beaucoup de bruit pour rien ! (Shakespeare m’inspire)

    ionina 6 ans (qui dit mieux ?)

    • Anonyme

      courageux du 24/06/07 à 16h48

      T’inquiète pas, l’art figuratif retrouve la cote. Tu pourras enfin reconnaître ta grand-mère dans le beau cadre doré, accrochée au mur pour l’éternité.

  • Anonyme

    Un crane de tant de carats sans neurone, ne sert pas à grand-chose, hormis flatter un ego déjà surdimensionné... Ras le bol de ces artistes qui se prennent pour des artistes, se gaussent avec verres à champagne à la main dans les galeries mietuses et entièrement taggées... beurk, à vomir ! ...
    Allez, ca fait combien de repas à donner à des sans-abris, des sacs de couchage pour ceux qui ont froid, une simple douche hebdomadaire, ou un vaccin « anti-quelque chose » pour ceux qui n’ont et n’auraont jamais de couverture sociale... Aucun intéret, hormis créer des voleurs, et des envieux... encore un artiste salement égocentriste, égoïste, narcissique et toutes les qualités qui vont de pairs (crads chez lui, ....)

  • Anonyme

    Un crane de tant de carats sans neurone, ne sert pas à grand-chose, hormis flatter un ego déjà surdimensionné... Avec toutefois, un travail d’orfèvre exceptionnel, Ras le bol de ces artistes qui se prennent pour des artistes, se gaussent avec verres à champagne à la main dans les galeries mietuses et entièrement taggées... beurk, à vomir ! ...
    Allez, ca fait combien de repas à donner à des sans-abris, des sacs de couchage pour ceux qui ont froid, une simple douche hebdomadaire, ou un vaccin « anti-quelque chose » pour ceux qui n’ont et n’auraont jamais de couverture sociale... Aucun intéret, hormis créer des voleurs, et des envieux, et à rester caché dans un coffre... Est-cela qu’on appelle la gloire ? encore un artiste salement égocentriste, égoïste, narcissique et toutes les qualités qui vont de pairs (crads chez lui,...) - j’espère que dorénavant, il ne pourra plus dormir un seul instant

  • MCollery
    • Posté à 17h53 le 24/06/2007
    • Internaute 10810

    Encore une fois, le problème ne vient pas de l’artiste. Il vaut mieux fabriquer et vendre « ça » que des armes. Ce qui révolte c’est de voir que 5 acquéreurs sont prêts à claquer 100 patates pour une tête de mort incrustée de diamants, tout simplement parce qu’elle est signée Damien Hirst artiste branché, coté.

  • MCollery
    • Posté à 17h55 le 24/06/2007
    • Internaute 10810

    Encore une fois, le problème ne vient pas de l’artiste. Il vaut mieux fabriquer et vendre « ça » que des armes, quand même non ?
    Ce qui révolte c’est que 5 acquéreurs sont prêts à claquer 100 patates pour une tête de mort incrustée de diamants, tout simplement parce qu’elle est signée Damien Hirst artiste branché, coté.

    • Anonyme répond à MCollery

      ouais, t’as raison. C’est plus interessant de vendre un truc à 100 millions de patates plutôt que de s’acheter des armes pour pouvoir s’entretuer entre amis. Mon dieu, c’est horrible.

  • Anonyme

    Qui a osé mettre ionina 6 ans ? ? ? j’ai douze ans.Tu veux des preuves ? ok alors donne moi ton adresse, j’ai une webcam. Non mais de quoi jme mêle ! navré mais les filles ont tout de même le droit de se cultiver sur des sites internets interessants non mais ! ! !

    Elvire 12 ANS ! ! ! !

    • Anonyme

      Allô la terre ? Ici la crèche du 7-5. vous savez , là ou il ya ke des racailles de raspail et les rebelles de grenelle ? ? ?

      (Ps : ne vous inquiétez pas, Joey star est sur le coup. Il part en tournée avc sa new chanson qui se nomme : « rap Baby »)

      Tête de mort, 2 ans.

    • Anonyme

      Alors là je suis d’accord avec toi, les filles ont le droit de surfer sur des sites intelligents et elles ont même le droit de se cultiver à 12 ans...Mais les adultes (qui ont un jour eu 12 ans)ils sont comme toi, ils repèrent le détail qui tue, alors si tu nous mets ton âge... c’est idiot, je sais, mais tu es moins crédible !

      La prochaine fois poste en signant « Josetta (intermittente du spectacle-institutrice en Zep-chercheuse) ». C’est un conseil, et il est très amical ! ! ! ;))

      Ena (Heu...vieille)

      • Anonyme

        PS / n’empêche qu’à 12 ans, tu n’est pas sensée poster à 22h20...alors au dodo !

         
        • Anonyme

          Merci. Je suivrai ton conseil. il est 9h40 DU MATIN.

          courgette.

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Au fait 1106,18 carats, ça fait combien d’hommes exploités à creuser, jusqu’à la mort pour certains, dans les mines d’Afrique du Sud ? Combien de millions de mètres cubes de roche et de terre, parfois, à mains nues, ont été déplacés pour dénicher ces minables petits cailloux (diamants), qui ne servent qu’à flatter un seul individu ? Combien y a t-il eu de pauvres gens assassinés, piétinés, appauvris (de ce qu’ils étaient déjà) pourchassés, dressés avec des chiens, affamés ? ... Cette sublimation à s’extasier devant ce « caillou » reflète bien le dédain permanent de ces snobilards-artistes à l’égard de ceux qui ont exploités ces mines à la sueur, au sang, et à la mort... Ce chef-d’oeuvre aurait été valorisé, si toutes les personnes ayant collaboré, avaient été présentes, et avaient pu profité gratuitement , de l’exposition de ce crane... là l’artiste aurait pu craner... Pour moi, c’est un vulgaire caillou ! et si cet artite ne sat pa quoi faire de la « valeur marchande », j’ai un projet à vocation humainitaire... certainement plus utile, à concrétiser.

    • MCollery
      • Posté à 00h04 le 25/06/2007
      • Internaute 10810

      Il faut aussi se mettre à la place de ces pauvres riches. Dans quoi voulez-vous qu’ils dépensent leur fric quand ils possèdent déjà tout ? L’art contemporain est une marchandise comme les autres, jets, yachts, palais, et puis ça donne l’air plus cultivé, plus raffiné, plus proche du Créateur. Pas pour rien que notre artiste l’a baptisé « pour l’amour de Dieu ». Pas de quoi fouetter un chat que de vouloir s’offrir LA pièce unique la plus chère du monde. Le plus flippant doit être de se retrouver avec une mitraillette dans le dos quand on visite l’objet. Attention à la bavure.

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