Portrait 15/08/2011 à 15h40

Warren Buffett, l'homme qui voulait payer plus d'impôts

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Le milliardaire, qui paie relativement moins d’impôts que ses employés, appelle Obama à « arrêter de cajoler les riches ».


Warren Buffett entouré de pom pom girls de l’université du Nebraska en avril (Rick Wilking/Reuters)

Certains le traiteront d’hypocrite, d’autres de doux rêveur, certains penseront qu’il est en train d’acheter sa place au paradis... Warren Buffett, l’un des hommes les plus riches au monde, vient de prendre sa plume pour demander à... payer plus d’impôts.

Ce financier américain, qui fêtera dans quelques jours ses 81 ans et qui pèse au bas mot 50 milliards de dollars (34 milliards d’euros), a publié dans le New York Times une tribune pour se plaindre que ses impôts, et ceux de ses « amis super-riches » comme il les décrit lui-même, ne sont pas assez élevés alors que la classe moyenne et les plus pauvres souffrent des conséquences de la crise financière.

Il donne des chiffres : sa dernière feuille d’imposition fait apparaître qu’il a dû payer plus de six millions de dollars (4 millions d’euros) au Trésor américain. Une somme coquette, mais dont il fait observer qu’elle ne correspond qu’à 17,4% de son revenu imposable, grâce à des tas d’exemptions fiscales et de déductions parfaitement légales. Avec ce résultat très paradoxal :

« C’est moins que ce que payent les vingt autres personnes de mon bureau. Leur imposition va de 33 à 41% de leurs revenus, avec une moyenne à 36%. »

Il ajoute ce commentaire qui en dit long sur la place de la finance dans le capitalisme d’aujourd’hui :

« Si vous faites de l’argent avec de l’argent, comme le font certains de mes amis super-riches, votre pourcentage pourra même être encore plus bas que le mien. Mais si vous gagnez votre vie avec un travail, votre pourcentage sera supérieur au mien, et sans doute de beaucoup. »

Il faut augmenter les impôts des plus riches

Une situation qui, selon lui, n’était pas le cas dans les années 80 et 90. Entre 1992 et 2008, alors que les revenus des 400 Américains les plus riches a décuplé, leur taux d’imposition moyen est passé de 29,2% à 21,5%.

Warren Buffett fait donc une proposition au Comité conjoint qui a été récemment décidé par Barack Obama et son opposition républicaine pour trouver des solutions au problème du déficit budgétaire : augmenter les impôts des plus riches.

Il suggère de ne pas toucher à l’imposition de 99,7% des contribuables américains, mais de n’augmenter les impôts que de ceux qui déclarent plus d’1 million de dollars de revenus par an, soit 236 883 personnes en 2009, et plus encore pour ceux qui gagnent plus de 10 millions de dollars par an, et qui étaient quand même 8 274 en 2009.

Sa conclusion :

« Mes amis et moi avons été cajolés pendant trop longtemps par un Congrès ami des millionnaires. Il est temps que notre gouvernement devienne sérieux sur le partage des sacrifices. »

Warren Buffett n’est pas qu’un riche excentrique. Il est l’un des gourous de la finance américaine, avec son fonds Berkshire Hathaway, dont le succès lui a valu le titre de « meilleur investisseur du XX° siècle ». Il est un des personnages emblématiques du capitalisme américain, dont les paroles et les conseils sont suivis aveuglément par les petits porteurs.

Le choix de la philanthropie

Depuis le début des années 80 et sa formidable réussite financière, réalisée à coups d’investissements judicieux, d’une bonne lecture du marché et d’audace récompensée, Warren Buffett est aussi un grand philanthrope, dans la grande tradition américaine.

Il y a un an, Warren Buffett s’était associé à Bill Gates, un de ses grands amis « super-riches » (Gates siège au conseil d’administration de Berkshire Hathaway), pour lancer une initiative sans précédent et sans équivalent au monde : ils ont lancé le « giving pledge », un « engagement de don » par lequel qu’ils s’engagent à donner la moitié de leur fortune à des oeuvres humanitaires. Une quarantaine de milliardaires avaient signé ce « pledge », dont Marc Zuckerberg (Facebook), Larry Ellison (Oracle), ou encore le fondateur de CNN, Ted Turner.

Warren Buffett avait déjà promis 80% de sa propre fortune à la fondation de Bill et Melinda Gates, très active dans la lutte contre le sida et pour la vaccination dans le monde en développement.

La taxation des super-riches comme solution au déficit budgétaire ? Sans doute pas, comme le montrait, chiffres à l’appui, notre blogueur Jean Matouk lorsque la rumeur avait circulé que Bill Gates était « plus riche que l’Amérique »...

Mais la fin de cette injustice déjà choquante en période faste mais carrément inacceptable en temps de crise, du fait que les plus riches payent en pourcentage moins d’impôts que le reste de la population, et que le capital est moins impos que le travail, peut constituer une partie de la réponse, à côté des économies budgétaires et des mesures d’austérité qui sont en train d’être imposées un peu partout.

En France, le débat est d’abord politique

En France, le gouvernement se refuse à aller dans cette direction, se contentant de parler de l’élimination de certaines « niches fiscales », ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

A gauche, Martine Aubry a clairement annoncé la couleur, dans une tribune publiée vendredi dans Le Monde, qui va exactement dans le même sens que les remarques de Warren Buffett : « Les revenus du capital cesseront d’être moins taxés que ceux du travail. »

La candidate à la primaire socialiste s’est néanmoins attirée une attaque en règle de Valérie Pécresse, la ministre du budget, qui a accusé Martine Aubry de préparer des augmentations d’impôts, une antienne qu’on entendra sans doute beaucoup pendant la campagne.

Les super-riches, eux, se taisent. Peut-être que la différence entre les Etats-Unis et la France, c’est qu’ici, ce sont les politiques qui s’écharpent sur les impôts, tandis que de l’autre côté de l’Atlantique, les plus riches devancent l’appel et proposent de participer à l’effort collectif. Allo Liliane (Bettencourt), François (Pinault), Bernard (Arnault) ? ...

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  • Saheyus
    Saheyus répond à alankin
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 12h28 le 17/08/2011
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    Personnellement, je préfère quand même le voir céder devant des syndicats de personnes modestes, que devant les lobbies des plus riches. J’ai la faiblesse de croire que leurs revendications sont plus légitimes.

    Après, dans les groupes que vous citez, eh bien, ce sont des riches, justement. Le MEDEF, en tout cas, sans aucun doute. Pour ce que j’en sais, les médecins font parti d’une classe très aisée, c’est à dire globalement des riches. Les professeurs sont relativement aisés, même si leur pouvoir de pression vient plus de la peur jaune que l’État a de tout ce qui touche à la jeunesse.

    A côté de ça, vous avez des millions de personnes qui ont défilé contre la réforme des retraites, et le gouvernement n’en avait rien à cirer.

    • alankin
      alankin répond à Saheyus
      peu importe
      • Posté à 12h45 le 17/08/2011
      • Internaute 140809
        peu importe

      je ne sais plus trop quoi vous dire car vous maintenez une fixation sur ce que vous appelez riche, votre curseur varie aussi sur cette notion selon vos arguments.
      Je vous dis que ce débat est stérile.
      C’est la crédibilité de l’état et de la démocratie qui est en jeu actuellement, l’état peut il être vertueux ? l’état peut il avoir le sens de l’intérêt national ou pas ?
      je ne cesse depuis le début de vous dire que c’est bien l’état qui devient de plus en plus mauvais, et que les marchés financiers ou les riches ou machin bidule ne sont que des boucs émissaires pour tenter de refiler l’incurie sur le dos de certains.
      Par exemple , faire du ventilateur pour limiter le salaires des patrons du CAC n’est que symbolique, ça n’a pas d’autre but que de gratter des voix, mais sur le fond de la dette cela ne changera RIEN DU TOUT.
      Bref et c’est ma dernière réponse avec vous , la question première est celle de l’éfficacité de l’état. Tout le reste c’est du vent.

      • Saheyus
        Saheyus répond à alankin
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 16h42 le 17/08/2011
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        Puisque vous aimez vous intéresser à ce point à la dette et aux dépenses de l’État, j’aimerais savoir ce que vous pensez de l’origine de l’augmentation de la dette ?

        Plusieurs problèmes se posent sur ce point.
        D’abord, la dette n’a réellement commencé à augmenter qu’à partir de 1982, soit un an après l’élection de Mitterrand. Un esprit primesautier pourrait en déduire que ce sont les nombreuses mesures sociales de 1981 qui ont amené à une augmentation des dépenses, sans augmentation des recettes, et que cela n’aurait jamais été corrigé depuis. Or, en 1983, la dette augmente de 1% seulement.

        De plus, si l’on regarde l’évolution du budget de l’État, il y avait de très fortes hausses avant 1981, mais ces hausses n’avaient pas provoqué de forte augmentation de la dette.
        De plus, depuis 1984, les dépenses de l’État n’augmentent plus que de 2% par an en moyenne, ce qui est équivalent à l’inflation. Et malgré cela, la dette ne cesse d’enfler.

        Le problème se situe donc bien au niveau des recettes. Entre 1992 et 1995, les dépenses de l’État n’ont pas augmenté, elles ont même diminué. En 2007 (4% de diminution du solde de l’État, du jamais vu), les dépenses n’ont pas augmenté non plus.
        Bien sûr, dans les baisses de recettes, j’inclus les exonérations, comme la TVA réduite sur la restauration, les exonérations de charges sur les heures supplémentaires, le bouclier fiscal...

        Je ne vois qu’une réponse possible à mon argumentation. Si l’augmentation des dépenses de l’État, comme je l’ai montré ici, ne peut être la principale explication à l’augmentation de la dette. Et si, contrairement à ce que je pense, la diminution des recettes n’est pas la principale explication de l’augmentation de la dette.
        Alors ce sont les taux d’intérêts qui plombent les finances publiques.

        Dans ce cas, que penseriez-vous d’une annulation de la dette ?

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 18h44 le 15/08/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Il ferait mieux de proposer que seul le travail soit salarié.

    Que tous les revenus du capital soient affectés aux revenus du travail.

    Les éboueurs toucheraient 3000 € par mois.

    Parce que si c’est pour augmenter les budgets militaires, l’augmentation des impôts fera une belle jambe aux prolétaires...

  • alankin
    alankin
    peu importe
    • Posté à 18h47 le 15/08/2011
    • Internaute 140809
      peu importe

    Sur les déficits publics en France :
    - la gauche monte les impots pour financer des aides bidons sparadrap, mais comme elle ne peut pas trop les monter–> hausse de la dette
    - la droite baisse les impots pour une pseudo relance qui ne se fait pas –> hausse de la dette.

    la question n’est pas tant le montant des impots, que celui du sérieux de nos politiques et du sérieux de la dépense publique et du sérieux de l’électorat qui pour l’instant vote pour celui qui lui promet la lune, après on l’entend dire « ils nous ont trompé » : on se marre.

  • simony gabriel
    • Posté à 18h54 le 15/08/2011
    • Internaute 26599
      actif

    JOIE PURE

    Qui a proclamé la primauté de l’appât du gain ? certainement pas Pierre Haski ; certainement pas Warren Buffet (à volonté )
    la vérité est la suivante : L’ON A PLUS DE PLAISIR A DONNER QU’A RECEVOIR ; Historiquement des sociétés ont distribué à d’autres une part de leurs richesses (déclenchant ensuite la réciproque ) dès lors ces sociétés se sont rapprochées et ont cultivé un horizon d’amour (cf MARCEL MAUSS : Essai sur le don )
    Le don a fonctionné gratuitement et volontairement : le donateur tirait une vraie jouissance de la jouissance du bénéficiare

    Le don que W.B exercait est ressenti comme un bienfait qui lui a été octroyé par la nature (ou par dieu ) Cet homme riche reçoit sa manne pour ainsi dire passivement .Il n’est pas mû par la volonté de puissance mais par la joie pure gabriel simony

    • Saheyus
      Saheyus répond à simony gabriel
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 20h03 le 15/08/2011
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      La seule condition est d’avoir dépassé les 75 ans.
      Quand on sent sa mort approcher, ça aide un peu.

  • jiemo
    jiemo
    123 ignition lift off
    • Posté à 18h59 le 15/08/2011
    • Internaute 21993
      123 ignition lift off

    Une dame patronnesse ?

  • Fonction phatique du langage
    • Posté à 19h00 le 15/08/2011
    • Internaute 106156

    Warren Buffet s’est également distingué en observant que non seulement la guerre entre les classes existe bel et bien, mais encore qu’elle a été largement remportée par les classes les plus favorisées (Lien).
    Warren Buffet est aussi un capitaliste opposé à l’héritage et qui préfère léguer une partie importante de sa fortune à une fondation (Lien).
    En fait, Warren Buffet est un capitaliste et un libéral conséquent, de ceux qui pourraient faire accepter le capitalisme et le libéralisme, de ceux également que le capitalisme et le libéralisme réellement existant cherchent à marginaliser. Warren Buffet ne demande pas à l’Etat de le rembourser de ses investissements malencontreux. Warren Buffet est un représentant du capitalisme qui assume ses investissements, ses choix et les conséquences politiques de leurs choix. C’est assez rare.

  • alankin
    alankin
    peu importe
    • Posté à 19h06 le 15/08/2011
    • Internaute 140809
      peu importe

    Un maquereau qui un beau jour vient nous dire que la prostitution devrait être interdite ! !

  • Jinxy
    Jinxy
    Etudiant
    • Posté à 19h14 le 15/08/2011
    • Internaute 50803
      Etudiant

    On dirait que Warren Buffet est devenu Marie-Georges Buffet

  • Fantomax
    Fantomax
    escroc
    • Posté à 19h14 le 15/08/2011
    • Internaute 157606
      escroc

    Il est fou ce Buffett, on sait bien que ce sont les riches qui créent les richesses, voyons, il ne faut pas y toucher.

    Par contre les pauvres ne sont que des parasites, et en plus ils sont infiniment plus nombreux, c’ est donc bien sur eux qu’ il faut continuer à taper. Ne changeons rien, surtout.

  • naifourealiste
    • Posté à 19h14 le 15/08/2011
    • Internaute 165274

    Riche, vieux, intelligent !

    Dommage qu’il faille attendre d’avoir 84 ans et être célèbre pour pouvoir exprimer cette vérité.
    De nombreux économistes avaient essayé de se faire entendre sans y arriver.

    Comme quoi, il ne faut pas confondre une ploutocratie avec une démocratie !

  • n°5
    n°5
    Amen !
    • Posté à 23h57 le 15/08/2011
    • Internaute 156966
      Amen !

    Cela me fait penser qu’Aubry veut supprimer 10 milliards de niches fiscales... sur les 70 milliards créées depuis 2002.

    Pourquoi ne pas supprimer les 70 milliards ?

    Parce que PS et UMP font la même politique.

    Et en 2017, l’UMP créera 100 milliards de niches supplémentaires, et en 2022 le PS en supprimera 5 milliards et ainsi de suite.

    L’UMP fait trois pas en avant, le PS un pas en arrière.

    C’est une mécanique bien rodée.

  • bouboul974
    • Posté à 19h22 le 15/08/2011
    • Internaute 144756
      M

    SARKOZY devrait écouté cette personne lui qui aime tant le modèle Américain

  • ROBERT GIL
    ROBERT GIL
    Site « Conscience Citoyenne (...)
    • Posté à 19h27 le 15/08/2011
    • Internaute 135580
      Site « Conscience Citoyenne (...)

    Ces dernières années nous avons passé notre temps à distribuer de l’argent aux riches afin qu’ils soient plus riches. Nous avons donné tout ce qu’ils voulaient aux banques et aux grosses entreprises. Nous avons appauvri les pauvres pour qu’ils deviennent plus pauvres.
    Nous ne pouvons pas continuer à transférer la richesse de la nation à ceux qui sont au sommet de la pyramide économique - ce que nous avons fait depuis environ trente ans - tout en espérant qu’un jour, peut-être, les avantages de ce transfert se manifesteront sous la forme d’emplois stables et d’une amélioration des conditions de vie de millions de familles qui luttent pour y arriver chaque jour.

    • alankin
      alankin répond à ROBERT GIL
      peu importe
      • Posté à 19h35 le 15/08/2011
      • Internaute 140809
        peu importe

      les riches n’y sont pour rien. certains sont vertueux, d’autres non.
      ils ne peuvent porter le chapeau de :
      - la gabegie nationale
      - le galimatias de la fiscalité
      - la bêtise de l’électorat qui ne vote que pour une aide donc une dépense, c’est à dire qu’il vote sur la couleur du sparadrap.
      - l’incurie de la classe politique qui achète le bulletin de vote sur les marchés financiers (par la dette et ce depuis 30ans)

      • ROBERT GIL
        ROBERT GIL répond à alankin
        Site « Conscience Citoyenne (...)
        • Posté à 20h46 le 15/08/2011
        • Internaute 135580
          Site « Conscience Citoyenne (...)

        pauvres riches !

         
        • alankin
          alankin répond à ROBERT GIL
          peu importe
          • Posté à 20h54 le 15/08/2011
          • Internaute 140809
            peu importe

          ils ne sont tout simplement pas sujet d’importance par rapport à d’autres questions autrement plus graves...
          on parlera sur les radios à longueur de journée du salaire de Goshn ou de tartempion , mais ils sont moins de cent en France.
          C’est pas ça qui règlera le problème.
          serrez le quiqui de Goshn et on restera au point de départ !

          • ROBERT GIL
            ROBERT GIL répond à alankin
            Site « Conscience Citoyenne (...)
            • Posté à 18h16 le 18/08/2011
            • Internaute 135580
              Site « Conscience Citoyenne (...)

            il faut mettre en place un salaire maximum, et limiter la taille des entreprises, quand une entreprise devient plus puissante qu’un pays c’est elle qui fait les loi. Pour se maintenir le systeme capitaliste est obligé de mettre a feu et a sang les trois quart de la planete, et bientot la planete toute entiere : « 1984 » n’est pas loin !

        2 autres commentaires
  • TFE
    TFE
    stagiaire
    • Posté à 19h31 le 15/08/2011
    • Internaute 87746
      stagiaire

    Effectivement c’est facile à dire à 85ans.

    Et pour rappel, Warren Buffet n’avait jamais donné un seul dollar à aucune charité avant l’appel de Bill Gates, à l’age où Warren avait déjà 80ans...

    • alankin
      alankin répond à TFE
      peu importe
      • Posté à 19h37 le 15/08/2011
      • Internaute 140809
        peu importe

      un maquereau qui dirait : arrêtons la prostitution ! on se marre

    • Saheyus
      Saheyus répond à TFE
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 19h46 le 15/08/2011
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      Eh, que voulez-vous ? C’est qu’il doit être un peu croyant au fond.
      Après avoir bien joui de son pognon, il a dû finir par se demander « Et merde, s’il y a vraiment une vie après la mort ? ... »

      Alors, comme on ne sait jamais, il préfère sans doute sacrifier un peu d’argent qui ne lui servira jamais, histoire de s’acheter une petite place au paradis, comme on faisait au moyen-âge.

      Ou alors, c’est qu’il pense aux livres d’Histoire. Mais dans ce cas, il a les chevilles qui enflent un peu.

  • TFE
    TFE
    stagiaire
    • Posté à 19h34 le 15/08/2011
    • Internaute 87746
      stagiaire

    De toute façon qu’on ne fantasme pas, la France n’est pas les US.
    En France pas de Silicon Valley, pas de Wall Street, les seuls riches sont des héritiers prêt à traverser le rhône ou la manche. Il n’y a tout simplement pas assez de riches en France pour que les taxer plus ait un effet quelconque. Et en France les taxes sur le capital sont au dessus de 30%.

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 19h47 le 15/08/2011
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    Il avait qu’à faire élire un candidat vraiment à gauche, il en a eu l’occasion une douzaine de fois, considérant son âge.

    Après tout, ce sont ses amis et lui qui font les élections.

  • stamino
    • Posté à 19h45 le 15/08/2011
    • Internaute 81071

    Avec une espérance de vie de quelques mois et 50 milliards d’économies, il peut jouer les grands seigneurs.

  • désinscrit-
    • Posté à 19h46 le 15/08/2011
    • Internaute 736

    Une somme coquette, mais dont il fait observer qu’elle ne correspond qu’à 17,4% de son revenu imposable, grâce à des tas d’exemptions fiscales et de déductions parfaitement légales.

    He ben, suffit déjà de ne pas activer les processus de niche fiscale sans faire de publicité et militer par ailleurs pour soutenir un partage égalitaire des richesses.
    Au lieu de cela, Mr préfère profiter des allègements fiscaux, sous prétexte qu’il y a droit, en faisant beaucoup de bruit. Bref un riches cons sans surprise, qui refuserait tout changement si il ne lui avait pas fait de publicité.

    je crois que c’est ce triste sire qui a déclaré : ’’Bien sûr que la lutte des classes existe, et nous (ndlr : les riches) sommes en train de la gagner ».

  • Mandrake-le-magicien
    Mandrake-le-magicien
    Celui qui inspira Garcimore
    • Posté à 20h03 le 15/08/2011
    • Internaute 119400
      Celui qui inspira Garcimore

    L’UMP de Sarkozy c’est du Georges W. Bush : les plus forts s’engraissent sur le dos des sans-grades qu’ils méprisent et qui auront une espérance de vie limitée du fait des conditions précaires de vie dans lesquelles ils croupissent....(sans parler de leur progéniture qui est condamnée à rester au fond de la cale du Titanic...).

    La meilleure illustration ce ce projet UMP de société nous vient du Groland : cela vaut tout long discours : Lien

    Et que ceux qui nous tartinent avec « les riches qui payent des impôts vont partir » aillent au diable !

    La redistribution doit venir de l’impôt ! En échange soyons intransigeants sur l’emploi de l’argent public afin que nos services publics soient performants.

  • hollandais_volant
    hollandais_volant
    républicain de base !
    • Posté à 20h11 le 15/08/2011
    • Internaute 141401
      républicain de base !

    Après 30 ans de Tatchéro-Reaganisme, les plus riches ne se sont jamais aussi bien portés. Quelque soit l’origine de cette fortune, il faut qu’ils en profitent et c’est bien normal, mais honnêtement, comment peut-on « faire société » quand certains amassent en un an ce que d’autres mettraient plusieurs vies à gagner ?
    On nous dit que les riches réinvestissent dans nos économies occidentales... En fait, ils font grossir le poids des marchés et leurs richesses nourrissent le monde de la finance qui détruit l’économie réelle, la politique et la démocratie.
    N’y a-t-il pas un tel fossé en terme de revenu et de style de vie, que l’on peut se demander si ces super-riches vivent encore dans le même monde ? Peut-on décemment penser que M. Warren Buffet serait plus malheureux après une imposition de 50 ou de 75% de ses revenues de plus de 35 millions $ ? Au vu du patrimoine qu’il a déjà accumulé, ne vivrait-il pas déjà avec autant de confort dont il est humainement possible de jouir avec 10 millions par an ? Si lui même le dit...

  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 21h15 le 15/08/2011
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    Je suppose qu’il a l’intuition que si les gouvernements laissent courir les inégalités, ça pourrait bien finir par mal se terminer pour les gens trop riches. la bourgeoisie semble être tolérée par le peuple, mais le retour aux différences sociales comme dans l’antiquité, non.

  • Harry_Cover
    • Posté à 21h17 le 15/08/2011
    • Internaute 161279

    quelles que soient ses intentions, c’est déjà bien qu’il fasse ce constat et qu’il le dise.
    Le jour où un (ou une) milliardaire français demandera publiquement à payer plus d’impôt n’est pas pour tout de suite.
    Ici, on en est encore à avoir une rollex pour ne pas avoir raté sa vie...

  • Caniveau89
    • Posté à 21h21 le 15/08/2011
    • Internaute 26147

    Il faut supprimer les subventions et aides inutiles à la presse !

    600 millions d’euros pour la presse écrite, et 20 millions d’euros pour des sites internet privés... qui se gavent avec vos impôts !
    Rue 89 en fait partie, bien, évidemment ! Et pas pour 3 francs six sous, pour 300 000 euros par an ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
    Mais il n’y a rien pour votre boulanger, il n’à qu’à se démerder avec son banquier, lui, et des centaines de milliers d’entreprises aussi.

    Voila une économie indispensable qui supprimera un peu l’injustice et le favoritisme délirant pour la presse.

  • Blue_tail_fly
    Blue_tail_fly
    Dans l'Air du Taon
    • Posté à 22h14 le 15/08/2011
    • Internaute 123618
      Dans l'Air du Taon

    Prendre des millions de dollars sur un compte où il y en a tellement que leur propriétaire ne pourra pas dépenser tout ... ou faire tourner la planche à billets, c’est exactement la même chose : du vent. Les seules richesses sont les capacités, les savoir faire, les outils, les matières premières et les ressources naturelles, et une organisation performante. Tout le reste est du vent pour faire croire que l’argent est la solution in extremis, un faux espoir en quelque sorte.

  • ni soumise ni rebelle
    ni soumise ni rebelle
    sans profession
    • Posté à 22h32 le 15/08/2011
    • Internaute 60828
      sans profession

    je ne suis pas sure que le choix de la photo avec les jeunes femmes sexies soit tres representatif du bonhomme autrement que par le cote tres americain de cette photo
    a part ca et malgre tous les grincheux qui ont bien souvent de bonnes raisons de l’etre ,il me semble que c’est tout de meme une petite passerelle qui s’ouvre entre les riches et les autres avec cette action. car cette lettre,clairement, est pour essayer d’ouvrir les yeux des americains du thea party.
    speculer sur les veritables motifs de ce monsieur sans le connaitre personnellement me semble futile,meme si je veux croire a une decision d’homme mature et sage mais ce qui est sur c’est qu’il est conscient de l’absurdite ambiante et au pire c’est rassurant de savoir que tous les riches/puissants ne sont pas completement deconnectes.

  • Pierre973
    Pierre973
    désanusseur de porcs
    • Posté à 22h37 le 15/08/2011
    • Internaute 21836
      désanusseur de porcs

    Une donnée lue dans un bouquin sur la crise actuelle : dans les années 50, Eisenhower, Président Républicain, avait augmenté le taux d’imposition des + riches américains pour le porter à ...90 % ! ! !
    Autre temps, autres moeurs, où le partage des richesses produites n’était pas un v(il)ain mot.
    Depuis, les lobbys des gros riches industriels ont fait leur office, convaincant les gouvernements et chambres successives que ces forts taux d’impositions nuisaient au développement de leur activité et de leurs investissement sur le sol américain, créant mécaniquement du chômage sur le long terme. Puis cette « logique » est devenue un des piliers de la pensée capitalistique. Nos mondes sont toujours enfermés dans cette idée, et depuis 50 ans, on continue de baisser les impôts des + riches.
    Vive Cabrel : y’a pas à dire, « c’était mieux avant... ». Au moins, les + riches pouvaient se regarder en face...

    • damienl
      damienl répond à Pierre973
      Chercheur
      • Posté à 23h50 le 15/08/2011
      • Expert 101560
        Chercheur

      La question est de savoir si ce taux était un taux théorique ou un taux effectif.

      En tout cas, il semblerait qu’avec 90% comme plus haut taux marginal, l’état américain ne récoltait pas plus qu’avec des taux plus bas :

      Lien

      • Pierre973
        Pierre973 répond à damienl
        désanusseur de porcs
        • Posté à 08h54 le 16/08/2011
        • Internaute 21836
          désanusseur de porcs

        Taux théorique ou effectif ? Je n’en ai pas le souvenir...et je n’ai plus accès à ce bouquin !
        Votre graphique est intéressant néanmoins : cette « imposition maxi » à 90 % a quand même duré du début des années 50 jusqu’en 1965, soit 15 ans de travail des lobbys des grosses fortunes.

  • DaffyDoc
    DaffyDoc
    doctorant ignorant
    • Posté à 22h42 le 15/08/2011
    • Internaute 127363
      doctorant ignorant

    Je reste partagé à la lecture de cette info, quant à cette notion de « philanthrope » à l’américaine.

    D’un coté, quand M. Buffet donne, c’est effectivement des sommes colossales, avec sans doute des conséquences positives non négligeables. Et même pour lui, ces sommes sont loin d’être une goutte d’eau, puisque les 40 milliardaires du giving pledge ont chacun donné plus de la moitié de leur fortune. Pour tout ça, on ne peut que saluer ces initiatives.

    En même temps, je doute que ces personnes aient pu devenir aussi riches en ayant un comportement de bisounours. Et il me semble qu’il y a dans la philanthropie à l’Américaine une forme d’hypocrisie :
    - « laissez moi ruiner mon voisin si ça me chante, après, promis je lui laisse les miettes de mon repas ».
    A moins qu’on soit plutôt dans une forme de schizophénie :
    - « OK je t’ai viré de chez toi hier, mais aujourd’hui je t’acceuille chez moi ».

    Bref tout ça ressemble aussi à de grosses opérations de redorage le blason, dont la principale vocation est sans doute de se donner bonne conscience en rachetant un peu sa faute pour les coups bas qu’on peut faire par ailleurs...

    Evidemment, quelles qu’en soit les motivations profondes, il ne faudrait pas cracher sur cette générosité : elle reste assez noble.
    Mais ça soulève tout de même des questions :

    Est ce que la vraie philantropie, ne devrait pas se mesurer au quotidien ? Ne peut-on pas être pauvre et philanthrope ? Ou encore : L’évasion fiscale est elle compatible avec la philantropie ?

  • toltek
    toltek
    intermitent du business
    • Posté à 22h49 le 15/08/2011
    • Internaute 104194
      intermitent du business

    jme marre ( jaune ) .......

    on est le 15 aout 2011 et aucun media ne relate que ca fait 40 ans jour pour jour que les accords de bretton woods ont définitivement été démantelés ... point d ’origine de la crise actuelle .

    beau travail d’analyse les medias ..... bravo ! !

  • Alliterator
    Alliterator
    Etudiant
    • Posté à 22h55 le 15/08/2011
    • Internaute 166749
      Etudiant

    Quel hypocrite, s’il veut réduire le déficit pourquoi il n’envoie pas un chèque de quelques milliards lui-même ? Je doute qu’ils le refusent... Non, il fait juste ça pour se donner un coup de pub. Ou bien vouloir voler ses petits camarades multimilliardaires..

    « Allo Liliane (Bettencourt), François (Pinault), Bernard (Arnaud) ? … »

    C’est une blague ? Liliane Bettencourt est le premier contribuable de France, le premier employeur de France avec pas moins de 500000 employés, elle est, avec sa fondation, le premier donateur privé à la recherche médicale et la création culturelle. Elle paye par an plus de 25 millions d’euros d’impôts, c’est plus que ce que vous, misérable journaliste sursubventionné par l’argent des contribuables ( Lien ) ne payerez dans toute votre vie.

    Honte à vous.

    • Jerome_M
      Jerome_M répond à Alliterator
      mieux vaut travailler pour l' (...)
      • Posté à 06h18 le 16/08/2011
      • Internaute 85500
        mieux vaut travailler pour l' (...)

      On parle de proportion, là non ? Votre défense d’une vieille dame est touchante, mais elle s’enlise dans la fin du propos.

      Peut-on reprocher aux journalistes d’être subventionnés alors que toute l’activité industrielle l’est, avec des bénéfices sociétaux parfois peu évidents ?

      Honte avez-vous dit ? Vous êtes dans quelle université ou école à ce propos ? quel est son budget consolidé ?

  • gastonduf
    gastonduf
    cryptoquoi ?
    • Posté à 23h29 le 15/08/2011
    • Internaute 24314
      cryptoquoi ?

    A 81 ans, si près du jugement dernier, c’est ennuyeux d’être croyant...

  • siko
    siko
    capitaliste révolutionnaire
    • Posté à 23h29 le 15/08/2011
    • Internaute 38962
      capitaliste révolutionnaire

    Je ne suis pas un expert comme vous, le riche présupposé.

    Taxer démesurément les riches ne résoudra, certes, pas le problème. Couper dans les dépenses, qui sont selon moi dans une proportion bien plus importante liée à des besoins vitaux, tels que l’éducation, la santé, le transport, les retraites, les infrastructures, etc ne peut pas non plus se faire de manière démesurée. Peut-être que l’un dans l’autre... Rooh, voilà maintenant, je déprime, merci !

  • damienl
    damienl
    Chercheur
    • Posté à 23h45 le 15/08/2011
    • Expert 101560
      Chercheur

    On peut être assez d’accord avec W. Buffet sur l’idée qu’il faudrait une refonte assez fondamentale du code fiscale américain (et français d’ailleurs). Trop de niches fiscales qui mettent à mal le principe que chacun devrait être égal devant l’impôt. Certaines niches peuvent être conservées (comme les déductions pour les dons aux oeuvres caritatives) mais la plupart devrait être éliminées. Avec bien sur une adaptation des taux d’imposition (remonter la limite des tranches les plus basses par exemple).

    Par contre, cet article semble se baser sur l’idée que la fiscalité idéale devrait être basée sur des critères idéologiques (les spéculateurs doivent payer proportionnellement plus que les travailleurs, etc.). Personnellement, je pense plutôt que le but de la fiscalité est d’être efficace, de permettre de financer les dépenses de l’état en créant le moins de distorsions possibles.

    Et là, l’analyse de W. Buffet a des limites. Il devrait revoir ses classiques. Lorsqu’il dit qu’il n’a jamais rencontré un investisseur qui ne spéculait pas à cause des impôts qu’il devrait payer, c’est un mauvais argument. Les agents raisonnent à la marge, c’est une des premières leçon de l’économie. A la marge, taxer les plus-values réduit l’investissement (on peut ensuite discuter des élasticités).

    Vu les spécificités des USA (notamment l’absence de TVA et les « sales taxes » assez réduites ou inexistantes selon les états), on peut se demander si cela a beaucoup de sens de taxer les plus-values et les dividendes. Pourquoi serait-il plus avantageux d’acheter un Yacht que d’investir dans l’entreprise qui les fabrique par exemple ?

    Il me semble que taxer le capital génère beaucoup de distorsions et est généralement peu efficace (le capital est très mobile, les détenteurs du capital sont souvent ceux qui ont le plus de possibilités d’éluder l’impôt). Et lorsque l’on parvient à taxer le capital, les effets sur la croissance sont mauvais (réduction du stock de capital, et donc également de la production et des salaires). Mieux vaut taxer la consommation par exemple (avec des mesures spécifiques pour éviter que cela ne soit régressif).
    Mais je n’en fait pas non plus un article de religion, c’est plutôt une question théorique et empirique.

    Je pense que l’on gagnerait beaucoup si l’on pouvait discuter rationnellement de la structure de la fiscalité au lieu de toujours voir celle-ci par la lorgnette idéologique (« le travail c’est bien, l’investissement c’est mal » ; « il faut faire cracher les riches », etc.).

    Un billet intéressant sur la structure fiscale :
    Lien

    • M. de Wolmar
      M. de Wolmar répond à damienl
      explorateur
      • Posté à 09h58 le 16/08/2011
      • Internaute 59614
        explorateur

      >>Je pense que l’on gagnerait beaucoup si l’on pouvait discuter rationnellement de la structure de la fiscalité au lieu de toujours voir celle-ci par la lorgnette idéologique

      La bonne blague, tout votre commentaire suinte l’idéologie.
      Mais savez-vous au moins ce que c’est « l’idéologie » ? Pouvez-vous définir ce qu’est « l’idéologie » ?

      J’en doute fort.
      Une petite explication sur ce terme :
      Lien
       »« La bourgeoisie est parvenue pour la première fois à reconnaître l’économie comme un processus d’ensemble gouverné par des lois unifiées (seul le capitalisme a engendré cette unification et produit une société interdépendante, contrairement aux sociétés parcellisées de tous les ordres antérieurs). Mais ces lois apparaissent à la bourgeoisie comme des lois de la Nature qui reposent sur l’inconscience des individus qu’elles gouvernent (Engels). La connaissance de ces lois sociales et historiques signifierait en effet que la bourgeoisie se rend compte des limites historiques de sa domination, ce qui est impossible de son point de vue de classe. (...)
      Mais ce n’est pas ce conflit qui explique le caractère idéologique de la conscience du point de vue de la bourgeoisie. Beaucoup plus décisive est la contradiction existant entre la production sociale et l’appropriation privée, la contradiction qui réside dans le fait que la production est accomplie seulement socialement et pour la société alors que les moyens de production se trouvent aux mains des individus. Le capital est une puissance dont les mouvements sont gouvernés par les intérêts individuels des possesseurs de capitaux qui ne saisissent pas la fonction sociale de leur activité. C’est pourquoi la fonction sociale, les lois du Capital ne s’imposent que “pardessus leurs têtes, à travers leurs volontés, sans qu’ils en aient eux-mêmes conscience” (Lukacs). La propriété privée des moyens de production a pour résultat que, du point de vue de la bourgeoisie, la vision ne peut se faire que dans la perspective du capitaliste individuel. Et les lois, qui résultent de l’aliénation du travail, apparaissent nécessairement à ce capitaliste individuel comme indépendante de l’homme. » (F. Jakubowski.)

    • TroisPtitsSinges
      TroisPtitsSinges répond à damienl
      ingé ex-précaire
      • Posté à 14h03 le 16/08/2011
      • Internaute 114529
        ingé ex-précaire

      Vous parlez de critères idéologiques. J’emploierais plutôt le terme « courant économique » ou école, puisque la taxation de telle ou telle activité économique est souvent pensée en terme d’incitateur ou de frein. Il ne s’agit pas de conspuer ou d’interdire.
      La spéculation est une activité « moutonnière, et auto-réalisatrice » (sic les économistes atterrés), dont les conséquences néfastes sur l’économie réelle sont connues et prévisibles. Le fait que cette activité puisse se confondre en partie avec l’investissement au sens industriel n’est (à mon avis) pas un « vrai » problème, car la durée d’un investissement, par exemple, est un bon indicateur de la démarche de l’investisseur. Aussi, certains produits financiers sont manifestement dédiés à la spéculation agressive. Une grille d’imposition tenant compte de ce genre de critère pourrait favoriser « l’investissement réel ». Il est vrai que W. Buffet se borne à constater la dérive de son temps et ne propose pas une structure de fiscalité dans son billet, mais est-ce son rôle, finalement ? Et son constat n’est-il pas factuel ? Le taux d’imposition qu’il avance est après tout celui qu’il constate, pour lui et ses « semblables ». Il ne remet pas en cause chacun des artifices lui permettant de payer si peu, mais une dérive globale aboutissant à ce résultat. Les mesures correctrices, s’il en est, devront émaner du pouvoir démocratiquement élu.
      Vous avez donc tout à fait raison d’appeler de vos vœux ce débat sur la structure de la fiscalité, et je ne crois pas que W. Buffet souhaite autre chose.

    • Orageon
      Orageon répond à damienl
      Rejeton cyclonique
      • Posté à 13h49 le 17/08/2011
      • Internaute 55236
        Rejeton cyclonique

      « Pourquoi serait-il plus avantageux d’acheter un Yacht que d’investir dans l’entreprise qui les fabrique par exemple ? »

      Moi je dirais, de manière simple :

      Acheter des yatchs permet à l’entreprise de vivre et de faire vivre les hommes qui la composent. Car elle vent ses produits, et gagne ainsi de l’argent.

      Investir dans l’entreprise, c’est lui offrir un boost de son capital, par exemple pour améliorer ses ressources d’innovation, ou pour augmenter les salaires de ses employés (devinnez lesquels). C’est aussi un moyen de percevoir une rente, une partie des revenus de l’entreprise.

      Si l’entreprise ne vend plus de yatch, elle coulera et les hommes qui la composent verront potentiellement leur vie bouleversée (après ça dépend aussi du système autour, du recasement, des accords syndicaux etc, bien sûr).

      Si l’entreprise ne reçoit pas d’investissements, ça n’entraine pas forcément la clé sous la porte. Ca peut simplement vouloir dire que l’activité ne va peut être pas s’étendre aussi vite. Cela peut sauver une entreprise bien sûr.

      C’est pas du tout la même chose... vendre des yatchs(son produit) est bien plus fondamental et vital pour cette société, que les investissements exterieurs, du moins en temps normal.

      En tout cas, c’est pour moi la logique de base :
      - Vendre des produits et n’avoir aucun investisseur : ok
      - Avoir de gros investisseurs et ne rien produire : perfusion ou grosse magouille.

  • Badboys
    • Posté à 01h25 le 16/08/2011
    • Internaute 57482

    Je paie 15,56% de mon revenu annuel net en impôts sur le revenu.

    Cette proportion est inférieure par rapport à la proportion imposable du revenu net de Buffett mais je reconnais vivre au raz des pâquerettes malgré un revenu que l’on pourrait considérer d’assez confortable.

    Maintenant, j’estime que la « proportionnelle » est le mode de calcul le plus simple à mettre en place mais ne reflète en aucun cas la réalité du revenu net imposable permettant de vivre décemment après paiement des charges fixes incompressibles.

    Après paiement de ses 17,4% sur son revenu net, Buffett peut vivre comme un nabab pendant que d’autres, proportionnellement moins imposés, ont du mal à joindre les deux bouts.

    Par conséquent, contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, je pense que Buffett ne tente pas forcément de faire le buzz sur sa personne mais à 81 ans, il arrive peut-être à un âge de sagesse qui doit lui provoquer quelques remords car là-bas, du côté de la corne d’Afrique, des millions d’êtres humains défavorisés meurent de faim, une proportion importante des citoyens américains se retrouvent SDF et les marchés financiers guidés par la seule motivation du profit, sont en passe de provoquer une des pires catastrophes humanitaires que la terre n’ait jamais vécu !

    On parle systématiquement de mondialisation, sous des rapports économiques, financiers, industriels et commerciaux. On oublie trop souvent que la mondialisation ne se cantonnent pas exclusivement sur certains aspects et que la mondialisation trouve aussi son expansion dans les aspects sociaux, numériques... Et révolutionnaires !

    Le printemps arabe a trouvé une amorce en Asie : La Chine commence à redouter des aspects révolutionnaires de son peuple qui tente de plus en plus à souhaiter l’émancipation, le droit d’expression et la liberté.

    Les politiques ont trop souvent acceptés le consensus. Les aspirations des peuples sont en passe de leur exploser en pleine gueule parce qu’ils n’ont rien vu venir...

    La deuxième décennie de notre millénaire verra émerger où une remise en question en profondeur des valeurs de notre humanité et des aspirations de liberté légitime, où, elle verra exploser la première grande révolution mondiale de l’ère de l’humanité.

    Buffett est un visionnaire et a peur pour ses couilles...

  • Mohamed.K
    Mohamed.K
    Magasinier
    • Posté à 01h47 le 16/08/2011
    • Internaute 48916
      Magasinier

    « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner. »
    C’est une citation de..........buffet

  • Abdu
    Abdu
    OSNI
    • Posté à 04h04 le 16/08/2011
    • Internaute 92397
      OSNI

    Une fiscalité efficace pourrait être :
    1) définir les ressources au-dessous desquelles on considère qu’on ne peut pas vivre dans le pays. C’est le plancher.
    2) définir les besoins du pays.
    3) répartir ces besoin sur tous, selon un taux proportionnel aux ressources.
    Ceux qui est sont plancher payent 0% de leurs ressources.
    Le taux d’imposition de tous les autres ne dépend que des besoins et de leur hauteur par rapport au plancher.

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