Revue de commentaires 16/03/2008 à 12h50

Suicides dans les banques : de la douleur et du débat

David Servenay | Ex-Rue89

Le suicide ne laisse jamais indifférent, surtout lorsqu’il touche monsieur tout le monde. L’histoire de Pierre, Daniel et les autres a suscité de très nombreux avis, témoignages et débats. Revue de commentaires.

Apparemment, ces trois cas récents de suicide de salariés de banque met en lumière un (nouveau ?) malaise au travail. Une forme de pression psychologique intense, qui déstabilise tous les travailleurs, les jeunes comme les plus anciens. Zebre233 raconte sa propre expérience :

« Je suis retraité de la BNP Paribas et je confirme tous les termes de cet article. J’ai connu dans mon travail une excellente ambiance. Mais au fil des ans, tout s’est dégradé. La recherche de la performance et, par dessus tout, du profit, donne lieu à de fortes pressions. La direction générale de la banque donne ses objectifs et toute la hiérarchie, en cascade, transmet ses directives, jusqu’à l’exécutant.

“Je me souviens qu’après une dure journée de travail, il m’arrivait de rentrer chez moi avec la satisfaction d’avoir bien ‘bossé’. Mais ce sentiment du travail bien fait a disparu pour laisser place à une fatigue ‘malsaine’, un sentiment de frustration et de découragement. Et lorsque je rencontre d’anciens collègues, ils me disent que les choses se sont encore bien plus dégradées.”

Une dialogue s’est engagé avec le directeur de la communication de BNP Paribas

Quelques heures après la publication de l’article, le directeur de la communication de BNP Paribas s’est enregistré sur Rue89 pour apporter les précisions suivantes, qui ne contredisent en rien les propos rapportés d’Antoine Sire :

“La mort d’un collègue est une chose atroce et bouleversante. Sortie de son contexte, l’évocation d’objectifs commerciaux est naturellement dérisoire, je dirais même sinistrement dérisoire, dans le voisinage d’un sujet aussi tragique. Il ne reste hélas rien dans l’article sur le fait que je partage, comme tout humain normalement constitué, cette triste évidence.

‘Mais Internet me permet d’exposer clairement et directement mon point de vue. Par ailleurs lorsque je disais que nous nous efforcions d’être les plus objectifs possible, je me référais bien sur aux efforts pour tenter de comprendre ce qui s’est passé dans ce drame, et rien de plus. Merci d’avance à Athenais de bien vouloir, au moins, me faire crédit sur ce point.’

Réponse agacée de lorenzo169 (Militant écolo) :

‘Monsieur Sire, je suis moi-même salarié d’une grande banque française et dans le réseau en tant que conseiller de clientèle. Dans ce genre de situation, la hiérarchie nous fait systématiquement le coup du pathos en évoquant le drame humain’, ‘la perte d’un collègue cher à tous’, etc.

‘Vous affirmez que ’l’évocation d’objectifs commerciaux est naturellement dérisoire, je dirais même sinistrement dérisoire’. Croyez-moi, cela n’a rien de dérisoire pour un simple salarié lorsqu’il est soumis à un entretien d’évaluation ou au fameux PNB (Produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires pour une entreprise lambda).’

Pour Jonas2, l’intervention du dircom’ de la banque fait partie d’une stratégie mûrement réfléchie :

‘C’est avant qu’il faut tenter de ’comprendre objectivement’, Monsieur le Dircom. Pas après. Car après, ça relève de la rationalisation. La preuve, c’est le Dircom et non le DRH qui vient ’exposer clairement et directement son point de vue’.

S’en remettre au professionnel de la communication pour tenter de vendre une image un peu plus humaine de l’entreprise d’aujourd’hui, dont la plupart des médecins s’accordent à dire qu’elle devient mortifère, démontre justement ce que vous voulez escamoter : ces petits calculs froids de l’organisation.’

Précision : alors que la BNP-Paribas a dépêché son communicant, la HSBC a préféré nous orienter vers le DRH adjoint, tandis que la Société générale s’est bornée à nous répondre que la personne ayant suivi ce sujet n’était pas là. Depuis, aucune nouvelle de la banque.

‘Passé un certain niveau, les directions trouvent que vous coûtez trop cher’

Certains riverains ont souhaité remettre ces cas particuliers dans le contexte plus général du suicide en France. KarlM donnant l’indication suivante :

‘12 000 c’est le chiffre officiel, et depuis 2004, les 25-35 ans, sont aussi rentrés dans le rythme des 15-25 ans (autant de suicidés que d’accidentés) et des 35-45 ans.’

D’autres s’attachent à décortiquer les mécanismes en jeu, aujourd’hui, dans les grandes entreprises. Pour DidierB63, c’est d’abord un certain rapport à la performance qui impose une pression aux salariés :

‘Deux choses menacent le collaborateur’ dans l’entreprise d’aujourd’hui. Son âge et son rapport performances/salaire. Qu’on le veuille ou non, les salaires évoluent avec le temps. Passé un certain niveau, les directions trouvent que vous coûtez trop cher, même si vos performances sont acceptables et que vos objectifs sont remplis.”

Un constat général, auquel s’ajoute, pour Fleury, une idéologie typique de l’univers de la finance, qui permettrait de comprendre pourquoi certains individus en arrivent à de tels extrémités :

“En ce qui concerne la spécificité du suicide aux banques, je crois qu’il s’agit plus d’une réponse à un mode spécifique de management redoublé par la loi de la productivité en matière financière.

‘Ce type de management est basé sur le cognitivo-comportementalisme (TCC) au service de l’efficacité. L’imposture de cette idéologie est de prétendre que si le moi est performant, alors, il recevra sa propre estime.

Un bien-être en forme de récompense de la soumission du sujet, en somme. Le piège de ces sujets soumis à ce genre d’impératif est d’y croire. Conclusion : chercher à gérer le stress sera une façon d’aggraver les choses.’

‘Il faut un véritable observatoire de la souffrance au travail.’

Pour Jean-Jacques Reboux (Ecrivain et éditeur), l’absence de réaction face à cette situation est un symptôme de nos sociétés contemporaines :

‘Moi, ce qui m’étonne le plus, c’est que la violence contre les opprimés de notre société n’engendre pas plus de violence CONTRE les oppresseurs de tout poil…’

Autre façon de formuler ce sentiment désabusé de ne pouvoir peser sur le cours des événements, la citation relevée par Thiery (voyageur), chez l’écrivain portugais, prix Nobel de littérature 1998, José Saramago :

‘Tu travailles, travailles et travailles et un jour tu sors de ton rêve ou de ton cauchemar et on t’annonce que ce que tu as fait n’a servi à rien.’ (‘La Caverne’, trad. Geneviève Leibrich, p.43, Seuil, 2002)

Laissons le soin de conclure à Jean Bachèlerie, salarié d’une ‘grande’ banque, qui fait une proposition en direction des entreprises concernées, afin d’établir un dialogue constructif entre directions et syndicats :

‘Nous, les délégués du personnel, continuerons à nous battre pour défendre nos collègues maltraités pour permettre à une poignée de dirigeants de faire leur show et de se faire décerner les brevets de dirigeants exemplaires et de devenir millionaires : cette nouvelle barbarie tranquille.

Les médias doivent enfin nous aider à mettre en place un véritable observatoire de la souffrance au travail. Un observatoire entre les mains des directions des ressources humaines ajouterait le cynisme à l’impunité.’

Les banques reprendront-elles cette proposition ? A suivre.

Lire aussi : Suicides au travail, la banque peine à briser le silence

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  • 49 réactions
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  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 12h57 le 16/03/2008
    • Internaute 1001
      nc

    Ce qu’il y a de plus terrible dans ces histoires de mort, c’est que les gens se suicident au lieu de tuer leurs patrons.

    Que leur colère, leur mépris, se tourne contre eux-mêmes et non contre les responsables.

    Alors que le seul vrai moyen que ça s’arrête, il serait peut-être là.

    Non parce que, dites, en dehors de la pommade Sire*, vous avez mieux ?

    « La pommade Sire, endort mais ne guérit pas ! »

    • caro
      caro répond à A déménagé le 8-10
      délinquante avérée
      • Posté à 13h19 le 16/03/2008
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      je dirais même plus :

      C’est une révolte ?
      Non, Sire, une révolution

      ... et vivement qu’elle arrive !

      • Révolutiona
        Révolutiona répond à caro
        Hawwah
        • Posté à 02h32 le 18/03/2008
        • Internaute 31103
          Hawwah

        Dans d’autres temps, certains se seraient fait déjà embastiller, voire plus, condamner à mort pour avoir rédigé des pamphlets...

        La démocratie, y a que cela de vrai !

        Je vous trouve quand même « injustes » de ne parler que de celui qui a osé amorcer un « dialogue, une explication ». Les autres ont compris qu’il fallait se taire et cela marche.

    • PonG
      PonG répond à A déménagé le 8-10
      rationaliste fondamentaliste à (...)
      • Posté à 14h11 le 16/03/2008
      • Internaute 14407
        rationaliste fondamentaliste à (...)

      Ca évoque un peu « Le Couperet » de Costa-Gavras, non ? Quelqu’un a vu ce film ?

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 13h27 le 16/03/2008
    • Internaute 29846
      menuisier

    Les suicides de cadres bancaires ou d’ingénieurs du Technocentre sont révélateurs, je trouve, du véritable lavage de cerveau que l’on fait subir aux employés. Car qu’un salarié sans qualification se suicide devant l’impossibilité de garder son boulot, refusant la misère promise, c’est dramatique et inadmissible, mais ça se comprends. Mais en ce qui concerne ces salariés hautement qualifiés, que n’ont ils changé de boite, changer de travail et de niveau de vie ? Ils avaient surement un peu d’argent devant eux pour « voir venir ».
    Leur suicide marque le fait que l’on a réussi à imposer l’équation travail=vie, « réussite professionelle“= vie réussie.
    Un lavage de cerveau digne d’une secte.

    • kassis01
      • Posté à 14h41 le 16/03/2008
      • Internaute 24687

      Dans ce monde sans pitié (qui ne se limite pas à la banque), les employés ne réagissent que quand les emmerdements leur tombent dessus. Rappelons, qu’aujourd’hui seule compte la performance individuelle. Les employés d’élite ne peuvent imaginer un instant que l’on puisse mettre en doute leur capacité. Et, quand ça leur tombe desus c’est l’incompréhension.
      C’est toujours les employés qui sont en cause et non le SYSTEME. Regardez, quand Nicolas s’en est pris à Joffrin, les journalistes présents ont rigolé. Combien de journalistes qui ont rigolé vont-ils se trouver dans cette position bientôt ? Certains d’entre-eux vont-ils se suicider ?
      Le SYSTEME étant idéal, si nous n’avons plus notre place. Que reste-t-il ? rien ...

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 13h34 le 16/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    c’est beau le formatage Deluge , d’accord avec ton commentaire . Qu’est ce ça doit etre chiant de bosser dans une banque ! aaargh !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 14h11 le 16/03/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Je ne sais pas qui pourra un jour réduire les dégâts humains produit pas les méthodes de management absurdes et dégueulasses qu’ on subit actuellement .
    Certainement pas ceux qui les ont imaginées, copiées et appliquées , ca c’est sur ..

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à Numerosix
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 14h58 le 16/03/2008
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      Arrgg ! Si c’est ça la relève, on est pas sorti de la berge aux zespagnols !
      Incapables de courir en zig-zag dans les rizières du Cac40 !
      Race dégénérée d’après guerre !
      Pas demain la veille qu’on aura un nouveau poilu de 110 ans !

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 14h23 le 16/03/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    Les méthodes de management qui font tant de dégâts maintenant auraient beaucoup moins d’impact si les éléments « pouvoir d’achat - chômage - retraite » étaient moins problématiques.

    Changer d’employeur, avec ou sans baisse de salaire, quand on se sent « stressé » est une solution valable uniquement si le marché du travail s’y prête. Le gouvernement qui résoudra ces problèmes n’aura plus à trouver de solution pour contrer le suicide au travail, car la plus grande partie des incitateurs aura disparu.

    Mais ça, c’est encore de la science fiction.

    Lien

    • Numerosix
      Numerosix répond à DidierB63
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 14h39 le 16/03/2008
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      C’est parfaitement exact, mais il se trouve que la bêtise manageriale actuelle n’ arrange rien, bien au contraire ..

      Cordialement

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 14h36 le 16/03/2008
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    L’article se veut constructif qui reprend la proposition de Jean Bachèlerie de créer un observatoire de la souffrance au travail. Comment rejeter cette proposition de bon sens citoyen.

    Mais comment , dans le même temps, être assez naïf pour croire une seconde à son succès face à une idéologie dominante qui n’est que dans le rapport de force, le déni de justice, l’arrogance et le mépris.

    Dans un article d’Agoravox on voit comment la Cour de cassation vient de rendre, le 5 mars 2008, un arrêt lavant de toute responsabilité un principal de collège qui avait « calomnié, diffamé [...] dénigré, [...] “ un professeur de son établissement. Soutien sans nuance de l’inspecteur d’académie, du recteur, et du ministre couvrant par principe les échelons inférieurs

    ‘Divers jugements montrent, en outre, que la loi du 17 janvier 2002 sur le harcèlement moral est quasiment impossible, elle aussi, à mettre en œuvre avec succès, sauf exception. Ajoute l’auteur.

    Ajoutons l’information de Marianne reprise - hier soir 15 mars - par Rue 89, où il apparaît que le gouvernement écorne la garantie de l’emploi des fonctionnaires
    Le nouveau statut des fonctionnaires ne permet pas de les virer. Mais en les privant de traitement après deux ans de recherche de nouveau poste, il leur faut trouver eux-mêmes un nouveau job dans le privé ou le public.’

    Ces deux derniers coups bas donnent la mesure de la volonté des décideurs de prendre en compte la souffrance au travail.
    Pression, menace, chantage, la stratégie du boucher a encore de beaux jours devant elle.

  • vol19
    • Posté à 15h27 le 16/03/2008
    • Internaute 13492

    L’idée d’un observatoire de la souffrance au travail indépendant me semble une bonne idée à soutenir. Qui sait comme Vigeo, des notations de mauvaises pratiques peuvent être un contrepoids ?

    Rappellons qu’avec le plan de Xavier Bertrand, les solutions sont remisées à 2012...phase études 2008/2008. Ca peut trainer.

    Par ailleurs, il me semble utile qu’il puisse y avoir un centre d’expertise critique sur les techniques du management. Utiliser les Techniques comportementales TCC efficacité/image de soi me semble absolument criminel. Hélàs connaissant ce milieu, celà ne m’étonnerait pas du tout. Il y a aurait tant à dire...certains ont même utilisé l’hypnose...la psychanalyse dans le recrutement pour tester la profondeur des défenses, les groupes pour repérer...bref, sans fin !

    Le milieu bancaire est devenu plus dur mais la grande distribution, les cosmétiques sont notoirement les pires.

    Le problème c’est la « théorie du consentement, les gens sont près à accepter des niveaux de violence pour rester en place et ils ne s’en rendent même plus compte, en outre ces systèmes sont très forts pour créer des paradoxes pour tenir les gens sous emprise. Et puis vous avez toute une idéologie managériale de cadre efficace qui relève d“aliénation” ou en tout cas pour le management : “d’imaginaires leurrants”.

    Les films à voir :
    - “La question humaine” de Nicolas Koltz
    - “Sauf le respect que je vous dois” de fabienne Godet
    -“Il ne mourraient pas mais tous étaient frappés” de Bruneau/Roudil
    - “J’ai très mal au travail” de Jean-Michel Carré
    - » le couperet » de Costa Gavras
    Plus ancien :
    -« Ressources humaines »,1999 de laurent Cantet
    -« rien du tout“1992 de Cedric Klapish
    dans un tout autre registre :
    -> Pourquoi pas...‘V comme Vendetta’

    • re-belle
      re-belle répond à vol19
      mère au foyer
      • Posté à 16h29 le 16/03/2008
      • Internaute 24966
        mère au foyer

      le 13 mars dernier sur france 2 vers 23h10 « travailler à en mourir » ! ! ! ...

    • Révolutiona
      Révolutiona répond à vol19
      Hawwah
      • Posté à 20h23 le 16/03/2008
      • Internaute 31103
        Hawwah

      Rapport de Xavier Bertrand :

      Solutions remises en 2012 ? Mais nous serons tous morts !

      Une chanson : la « Corrida » de Francis Cabrel !

      Un livre : « La soumission à l’autorité » de Milgram.

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 16h01 le 16/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    les film de Pierre Carles , qui nous rappelle que le travail n’est pas une fin en soi , sauf en cas de conditionnement , là y’a plus rien a faire . Les gens se suicident si ils sont licenciés apres 20 ou 30 ans de taf . L’equation boulot = place dans la société a encore de beaux jours devant elle .

  • ercégé
    • Posté à 16h50 le 16/03/2008
    • Internaute 35827

    Quel super « con-table » a décidé que le personnel devait être comptabilisé en comptes de charges et non à l’actif d’un bilan d’entreprise ? ? ? Même les robots y sont comptabilisés et se portent bien, merci pour eux !

    Tant que cette « logique » ne sera pas remise en cause, nous continuerons de permettre en toute impunité à un directeur de la communication BNP (vous avez bien lu, ce n’est pas le DRH qui se sentait concerné !) d’agiter hypocritement son mouchoir.

    Au fait, le super Dir-Com de la BNP conduit aussi une statistique des TENTATIVES de suicide dans son groupe, pourrait-il mieux nous documenter sur ce point plutôt que de « faire des efforts (sic) pour comprendre les drames a posteriori » ? Merci d’avance !

  • otto didakt
    otto didakt
    citoyen en colère
    • Posté à 16h52 le 16/03/2008
    • Internaute 19852
      citoyen en colère

    l’observatoire de la souffrance au travail, quelle rigolade !
    je suis sur que les placard de nos ministères sont pleins de rapport de commission et d’observatoires créés suite à des évènements sociaux !
    y’a rien à voire, au suivant !

  • LG240
    • Posté à 16h59 le 16/03/2008
    • Internaute 23978

    Je trouve intéressant comme ça, en passant, d’apprendre que le nombre des suicides est équivalant au nombre des accidentés sur certaines tranches d’âge. Or, à nombre équivalent, on emmerde tout le monde d’un côté (répression routière, permis à point et radars à gogo) et de l’autre côté « ah, ben, on peut rien faire ma bonne dame...Ou si, à l’extrème limite (=le couteau sur la gorge et la gauche au pouvoir), un observatoire sur la souffrance ». Comme quoi, la répression, ça marche mais exclusivement sur certaines catégories sociales...

  • Changer la Republique
    • Posté à 17h13 le 16/03/2008
    • Internaute 9588

    Les salariés dans les banques vivent un malaise jusqu’au suicide parfois ....., et les clients truffés d’agios et de frais financiers, aussi importants que divers, s’angoissent, s’enfoncent et .... se suicident parfois, dans cette course folle aux résultats ou aux débits ....

    de profundis.

  • Servais-Jean
    • Posté à 17h27 le 16/03/2008
    • Internaute 4591
      43

    La dégradation des conditions de travail, prises dans le sens psychologique, n’est certainement pas appréhendable par une commission quelconque car tout se passe dans les têtes. Et ce n’est pas la caution de quelque psychiatre ou psychologue qui peut résoudre ces problèmes car ils sont issus du même moule : La Faculté.

    -Les têtes des « tortionnaires », DRH et autres petits chefs qui sont formés pour presser les « citrons » et récompensés en fonction de leurs résultats, ne se rendant pas compte qu’ils sont eux-même des « citrons ».

    -Les têtes des « victimes » formées pour accepter les exigeances des « supérieurs » hiérarchiques et qui en acceptant cette notion de supériorité ont perdu tout esprit critique.

    Les deux faces du même miroir aux alouettes.

    Moi aussi j’ai vu l’évolution de ces grosses société, j’ai connu l’époque où, en sortant du travail, nous étions contents, ou pas, de notre journée non pas parce que le chef nous l’avait dit mais parce que nous savions au fond de nous ce que nous avions fait et nous n’aurions pas accepté que quiconque dise le contraire. Et les chefs nous demandaient si nous étions contents du travail que nous avions fait. Et si nous étions contents, eux aussi.
    Le suicide dû au travail n’existait pas.

    Puis tout doucement la nouvelle race de chefs est apparue, celle qui savait tout, et qui disait : « c’est moi l’ingénieur », sous-entendu : « c’est moi qui sait ».
    Et en même temps une nouvelle race, celle des soumis, a remplacé celle des ouvriers-employés et de la maitrise.
    Le travail ne donnant plus aucune satisfaction a perdu tout son sens. Le seul sens qui lui reste c’est celui de faire de l’argent et il semble que ce ne soit pas suffisant.

    Dans les années 20-30 quelques penseurs américains ont tiré la sonnette d’alarme, Friedmann par exemple, mais la fuite vers le profit était déjà lancée.

  • vraphel
    vraphel
    infirmière
    • Posté à 18h03 le 16/03/2008
    • Internaute 21847
      infirmière

    Je dirai,entre autres,qu’une fois de plus l’echec des syndicats français dont j’ai parlé précedemment est patent.Seuls pour moi ont de la valeur les délégués du personnel,tout le temps sur place,vivant la même chose,cconnaissant chaque(peut-être pas)employé au lieu de ces carrieristes qui ont abandonné la vie réelle depuis longtemps pour causer en réunions politiques.
    Autre question ? Il y a de bons medecins du travail,mais peu nombreux et alors eux attaqués sur tous les fronts employés dir« ection et sybdicats.Que devient l’insp’ection du travail ? J’ai eu en entrprise plusieurs visites,préparées depuis 3 semaines ! ! ! j’étais hors de moi,ah c’est sur ce jour là tout allait bien A quand de vrais syndicats de branche et sur place et non tous dans la fonction publique ?
    Donnons leurs pouvoirs aux délégués du personnel.J’ai fait venir une fois à force de persuasion une inspectrice du travail en “impromptu”.D’accord j’ai été virée mais pas que moi,DRH et directeur de la clinique en question..
    IL faut s’engager,faire des luttes ponctuelles,des petites grèves oar ci par là cesser de considérer son collègue comme un adversaire mais un collègue.Car après l’adversaire changera

  • dobyone
    dobyone
    salarié de la banque
    • Posté à 18h13 le 16/03/2008
    • Internaute 35953
      salarié de la banque

    Comme tous les salariés de la banque je connais bien ces nouvelles conditions de travail ou le seul maître mot est celui de production.
    Exit l’Homme.
    A cela il y a un effet pervers que nous subissons inconsciemment ; celui qui porte à nous faire croire que si nous ne nous intégrons pas dans cette chaine de haute production cela reviendrait à nous isoler de cet élan qui nous porte tous à choisir à notre insu et de bonne fois le progrès et sa corne d’abondance plutôt qu’autre chose.
    En résumé pour parvenir à une bonne intégration et la reconnaissance sociale il faut passer par les effets négatifs de ce progrès qui nous ferait avancer. Un bien beau paradoxe
    A défaut le rétif serait presque un marginal, voir à terme un salarié qui s’exclus de la société et par voie de conséquences qu’il n’aurait aucune légitimité à se plaindre ensuite.
    Soyez rassuré je resterais plus que rétif a cette pensée unique pourtant porteuse de bien des espoirs, c’est du moins ce qu’on essaie de nous faire croire.
    Un autre point est à dénoncer ; celui de la persistance dans notre modèle d’entreprise de la pyramide d’encadrement dont un des effets pervers est lié au comportement de l’encadrement subalterne porté un jour à exercer un pouvoir qu’il ne soupçonnait pas
    Que de gâchis, que de malheur, que d’injustice, que de discrimination dans cet exercice improvisé de pouvoir. Le syndrome décadent du petit chef d’un jour.
    Le naturel revient au galop et se sachant protégé dans ces actes par sa hiérarchie le petit encadrant subalterne n’hésite pas à frapper aveuglement, peu importe l’essentiel est que le travail soit produit avec en corolaire, et pour lui seul, une bonne rémunération et des primes à l’avenant.
    A mon sentiment il n’y a pas de pire attitude dans notre vie que celle de se sentir investie du pouvoir de commander autrui.
    Mais là aussi on vous dira que le monde fonctionne ainsi depuis des lustres et qu’au risque de dérégler la machine il ne faut rien changer.
    Je continuerais à user de mon pouvoir, ou libre arbitre de dire non
    Dobyone

  • Bebert Cassandre
    • Posté à 18h18 le 16/03/2008
    • Internaute 11910

    Jusqu’ici il n’y avait guère que les clients des banques qui se suicidaient... ça n’empêchait guère le monde de dormir...Combien d’éleveurs de poulets ont été retrouvés suspendus dans leurs poulaillers ? ça n’a jamais provoqué, que je sache, de mouvements de protestation dans les établissements bancaires ! A peine une petite mauvaise conscience ! Peut-être... Désolé pour eux...

  • parousnik
    • Posté à 18h26 le 16/03/2008
    • Internaute 18991

    L’augmentation des suicides dans nos sociétés est le reflet des « biens » dont elles souffrent...mais ce ne sont pas des nantis ni des élus ou des gros actionnaires qui se suicident, alors tant que la main d’oeuvre même de tête est abondante et pas cher, tout va bien...

  • Révolutiona
    Révolutiona
    Hawwah
    • Posté à 19h20 le 16/03/2008
    • Internaute 31103
      Hawwah

    Merci à David Servenay de faire rebondir le sujet !

    Sur les forums de France2, les internautes demandent la rediffusion à une heure de « grande écoute » du reportage « Travailler à en mourir ! ».

    Cela nous rapproche du film culte « On achève bien les chevaux ! » dont l’action se tenait pendant la crise économique de 1929 aux Etats-Unis : je vous en rappelle certaines images - c’étaient des marathons de la danse, et pour avoir de l’argent, de quoi manger, des couples dansaient à n’en plus finir, à n’en plus pouvoir... au milieu d’une piste de danse sous un grand chapiteau de toile genre cirque.
    Et tout autour, assis à des tables, prenant le café, il y avait des gens fortunés qui venaient les regarder, c’était une attraction. Les couples étaient numérotés et au fur et à mesure, quand leurs performances (à cause de l’épuissement) n’étaient plus considérées à la hauteur, ils étaient éliminés...
    C’était vraiment danser jusqu’à l’épuisement. Tragique, pathétique !
    Même un homme va jusqu’à la crise cardiaque... Il veut aller au bout, il veut gagner cet argent même si le « crabe de fer » lui sert le coeur, et il en meurt... On le dégage vite dans les coulisses pour que les spectateurs ne voient pas cela (ce n’est pas un spectable « montrable », n’est-ce pas ?).

    Cela ne vous rappelle pas quelque chose !

    Pourtant, nous n’en sommes pas à une telle crise économique : il y a, certes, le problème des subprimes toujours nous venant des Etats Unis, mais les résultats des groupes ne sont pas si mauvais, et pour certains, « la vie est belle » ! (comme dirait Alberto Bénini).

    Il y a quelques années, un homme licencié d’une banque a voulu se venger en plein mois d’août, il a attaqué à l’arme à feu une agence, cela s’est terminé dans un bain de sang. Il a été pris, a voulu s’enfuir de la salle d’audition du 2e étage où il était interrogé, est passé par la fenêtre, s’est cassé les deux jambes et a donc été repris... Toujours le même problème au niveau des psychiatres : était-il responsable de ses actes ? Je pense qu’ils n’étaient pas d’accord... En tout cas, il y a eu des morts, des personnes clientes de la banque, simples passants victimes de ce drame de la société.

    Message personnel à l’attention des banques : les entretiens où l’on hurle sur les salariés pour les faire rentrer dans le rang : A PROSCRIRE ! L’exemple a été donné dès le début du documentaire « Travailler à en mourir ! »... Cela me conforte dans l’intuition que j’avais.. C’est une pratique « courante » !

    Ah oui, message personnel à Monsieur Sire, on dit « Workaddict », et non « workalcoholic »... Il peut y avoir effectivement « addiction » au travail, comme à l’alcool, à la drogue, aux jeux, aux achats...

    Alors, que faire ?

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 19h35 le 16/03/2008
    • Internaute 1001
      nc

    Cadeau à la BNP chose :

    Qui a tué Davy Moore ?
    Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?

    C’n’est pas moi, dit l’arbitre, c’est pas moi
    Ne me montrez pas du doigt !
    Bien sûr, j’aurais peut-être pu l’sauver
    Si au huitième j’avais dit « assez ! »
    Mais la foule aurait sifflé
    Ils en voulaient pour leur argent, tu sais
    C’est bien dommage, mais c’est comme ça
    Y en a d’autres au-d’ssus de moi
    C’est pas moi qui l’ai fait tomber
    Vous n’pouvez pas m’accuser !

    Qui a tué Davy Moore ?
    Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?

    C’n’est pas nous, dit la foule en colère
    Nous avons payé assez cher
    C’est bien dommage, mais entre nous
    Nous aimons un bon match, c’est tout
    Et quand ça barde, on trouve ça bien
    Mais vous savez, on n’y est pour rien
    C’est pas nous qui l’avons fait tomber
    Vous n’pouvez pas nous accuser !

    Qui a tué Davy Moore ?
    Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?

    C’n’est pas moi, dit son manager, à part
    Tirant sur un gros cigare
    C’est difficile à dire, à expliquer
    J’ai cru qu’il était en bonne santé
    Pour sa femme, ses enfants, c’est bien pire
    Mais s’il était malade, il aurait pu le dire
    C’est pas moi qui l’ai fait tomber
    Vous n’pouvez pas m’accuser !

    Qui a tué Davy Moore ?
    Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?

    C’n’est pas moi, dit le journaliste de la Tribune
    Tapant sur son papier pour la une
    La boxe n’est pas en cause, tu l’sais
    Dans un match de foot y a autant d’dangers
    La boxe, c’es une chose saine
    Ca fait partie de la vie américaine
    C’est pas moi qui l’ai fait tomber
    Vous n’pouvez pas m’accuser !

    Qui a tué Davy Moore ?
    Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?

    C’n’est pas moi, dit son adversaire, lequel
    A donné le dernier coup mortel
    De Cuba il a pris la fuite
    Où la boxe est maintenant interdite
    Je l’ai frappé, bien sûr, ça c’est vrai
    Mais pour ce boulot on me paie
    Ne dites pas qu’j’l’ai tué, et après tout
    C’est le destin, Dieu l’a voulu.

    Qui a tué Davy Moore ?
    Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?

  • Jean Bachèlerie
    Jean Bachèlerie
    marié un chat
    • Posté à 19h55 le 16/03/2008
    • Internaute 11540
      marié un chat

    Vous me donnez le mot de la fin, dans votre très bon article. Pour éviter tout malentendu, nous les militants élus pour représenter le personnel, voulons un observatoire de la souffrance au travail mis en place non par les directions des banques, mais par les syndicats qui le souhaitent, les médecins du travail, les inspecteurs du travail avec l’aide de la presse, les spécialistes : psychologues et médecins qui suivent ce problème, qui la honte de notre société actuelle, comment en est-on arrivé au point que les suicides se multiplient dans le monde du travail et sur les lieux de travail ? Le plus important en effet est de rompre le mur du silence érigée dans le monde bancaire.

    Jean Bachèlerie

  • Révolutiona
    Révolutiona
    Hawwah
    • Posté à 20h17 le 16/03/2008
    • Internaute 31103
      Hawwah

    Pourquoi vous acharnez-vous sur une seule banque qui, elle, au moins essaie de « communiquer », c’est-à-dire échanger ?

    Vous confortez les autres dans leur mur de silence...

    @ Bébert Cassandre :
    Il existe une procédure pour les clients des banques qui se retrouvent en difficulté (le recours aux « médiateurs » : il y a des médiateurs dans chaque banque, ou vous pouvez vous adresser à celui de la Fédération de la Banque).
    En cas de personne privée, vous avez les procédures de « surendettement », en cas de crise financière importante (procédure qu’il conviendrait d’alléger côté paperasses), et pour les entreprises, il existe les Tribunaux de Commerce... Un reportage TV récent montrait à quel point les juges cherchaient à aider au maximum les chefs souvent de petites et moyennes entreprises.

    Pour les salariés, il devait y avoir des « médiateurs » pour les litiges genre harcèlement, je ne sais sous quelle dalle de moquette, ils se cachent... Et quant au CHSCT, il faudrait bien pouvoir les saisir en urgence sans chantage de la direction pour délit d’entrave !

    @ Jean Bachèlerie :
    Pensez aussi aux « victimes » survivantes... Ce sont elles qui pourraient le plus vous en apprendre. L’expérience vécue dépasse de loin même toute connaissance aussi empathique, soit-elle !

  • Aspiral
    • Posté à 20h22 le 16/03/2008
    • Internaute 20571

    Comment parler de causalité et de fatalité devant une telle omerta. Pourquoi limiter le phénomène du suicide à quelques secteurs ? C’est surtout l’hyperindividualisme qui culpabilise la victime qui est en cause. On a commencé par médicaliser la dépression nerveuse ; on continue par l’attribution de « la “ cause” à des éléments que des experts naïfs ou peu scrupuleux identifient “scientifiquement”. Quand accepterons-nous que nous avons les faits divers que nous méritons, en civilisation. Tant que chacun d’entre nous croira qu’il peut indéfiniment tirer son épingle du jeu, la décadence de notre civilisation continuera.On ne construit pas un projet de civilisation sur le discours schizophrène de la croissance du pouvoir d’achat en même temps que la lutte contre l’effet de serre ! La cause du mal est d’en rechercher la cause. La seule bonne question est celle de se demander quel but enthousiasmant proposer à la population des travailleurs ! Commençons par nous solidariser dans toutes les petites oppressions, celles des petits chefs. On pourra ensuite s’attaquer aux grandes des grands !

  • topperheadon
    topperheadon
    employé marketting à Lille
    • Posté à 20h29 le 16/03/2008
    • Internaute 25945
      employé marketting à Lille

    J ai moi meme travailler 6 mois pour un grand groupe bancaire en tant que teleconseiller, en bas de l echelle donc, et rien qu’à ce poste là la pression est enorme, objectifs chiffrés à respecter scrupuleusement, diagramme à l appui (je me suis un jour fait reprocher d avoir pris 12 mn de pauses au lieu de 10...). On n a pas un instant de repis, c est organisé et voulu comme ça. On ne parle pas avec ses collegues, on quitte le boulot completement abruti.
    Et que dire de la pression exercé dans le reseau, on voyait disparaitre les agendas des collegues en agence, avec date de retour inderteminée. J ai eu à plusieurs occasions des conseillers en larme au telephone, et le nombre de demission etait impressionnant (jusqu à 10 dans la meme semaine).
    Il faut etre au top constamment, autrement on vous le fait mechamment savoir.
    J ai été 6 mois en periode d essai (pour un simple poste de teleconseiller) et on m annoncé que je ne correspondais plus à l image de l entreprise en plein milieu du plateau telephonique, devant tout les collegues medusés.
    Si vous n avez pas vu le doc « travailler à en mourrir » sur france 2, essayez de vous le procurer, c est exactement ça.

  • gilda
    • Posté à 21h02 le 16/03/2008
    • Internaute 7660

    J’ai connu personnellement deux cas datant d’une douzaine d’années (les plans sociaux et processus de compétitivité étaient déjà à l’oeuvre).
    Pour faire bref je dirais qu’il semblerait que le mécanisme fatal soit souvent le suivant, il n’est pas spécifique aux banques ou aux constructeurs automobiles mais communs aux grands groupes :
    à longueur d’années on laisse entendre aux salariés qu’ils sont de trop et constituent une charge, même des non-commerciaux se voient fixer des objectifs, les moyens consentis pour les atteindre ne sont pas (toujours) garantis ; arrive un moment où la fatigue physique et psychique devenant trop forte, le salarié ne parvient plus à fournir, comme il va mal, sa vie affective qui déjà était réduite à la portion congrue du fait du surmenage et des horaires de fous, en prend aussi un coup. A un moment donné la personne se ressent rejeté partout et de tous. Travailler trop a aussi éloigné les amis.
    Ce n’est pas nécessairement un sentiment d’échec qui est à l’oeuvre, généralement ceux qui raisonnent en ces termes de « réussite » ou pas, savent s’en tirer sans s’en sentir personnellement responsables. Mais plutôt pour les personnes sensibles et pourvues peut-être d’une moins bonne résistance à la fatigue que d’autres, la certitude soudain d’être de trop pour tous, d’encombrer les autres et d’être définitivement seuls au monde.
    Alors bien sûr les conditions de travail et de stress ne sont qu’un des facteurs qui conduisent au geste fatal. Mais ils sont, je crois, un facteur déclenchant.

  • Révolutiona
    Révolutiona
    Hawwah
    • Posté à 00h27 le 17/03/2008
    • Internaute 31103
      Hawwah

    Il paraît que le meilleur médicament contre le stress, c’est « l’amour » (et je choisis mes mots)...

    Faut-il considérer que nos patrons ne nous aiment pas assez ?

    C’était juste un pavé dans la marre, pour voir s’il rebondit..., car il paraît que plus on tombe de haut, plus on rebondit !

    • Aspiral
      Aspiral répond à Révolutiona
      • Posté à 08h10 le 17/03/2008
      • Internaute 20571

      C’est bien là qu’est le problème de notre civilisation schizophrène : le délire collectif sur l’amour a transformé la vie en camp de concentration mental. Parlons plutôt d’autre chose comme de justice sociale , de solidarité ... et débarrassons nous des [ex-pères->Lien.

      • Révolutiona
        Révolutiona répond à Aspiral
        Hawwah
        • Posté à 11h32 le 17/03/2008
        • Internaute 31103
          Hawwah

        Nous allons bientôt regretter le mode paternaliste par rapport à celui des technocrates.

        De toute façon, le système ne fonctionnerait pas s’il n’y en avait un certain nombre (à tous les échelons) qui au lieu de s’indigner « collaborent », pensant ainsi faire leur travail (pour ne pas dire leur devoir).

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 07h35 le 17/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    On met en avant les « fautes » et les derives de telle banque ou de tel « manager » , on denonce les patrons voyous , les syndicalistes ripoux , les suicides sociaux ou les suicides tout court , tout le monde est scandalisé mais peu de gens pour denoncer le systeme , et on continuent a se faire pourrir la vie par des mecs propres sur eux qui tueraient pere et mere pour un peu plus de pouvoir et de reconnaissance sociale ! Personnellement j’ai reduit mon niveau de vie mais ces mecs là s’approchent pas de moi . Croyez moi c’est plus cool comme ça , pour eux comme pour moi .

    • Aspiral
      Aspiral répond à cooper59
      • Posté à 08h18 le 17/03/2008
      • Internaute 20571

      C’est ce que je n’arrête pas de faire depuis des années et personne n’en veut, d’avoir à se rendre compte qu’on s’est [trompé de civilisation->Lien !

  • Louve Bleue
    Louve Bleue
    en survie
    • Posté à 10h13 le 17/03/2008
    • Internaute 35566
      en survie

    Y’a pas que dans les banques ! Je travaille dans un hopital public. Itou, la souffrance au travail suite à des conditions de travail qui se déteriorent de manière PROGRAMMEE !
    Les études sur la souffrance les aident (DRH) à mieux planifier encore plus de changemnt NOCIFS.
    Comme ces politiciens de droite au pouvoir qui commentent leur défaite aux élections en affirmant q’ils vont donc faire encore plus de réformes encore plus vite ! Cherchez l’erreur !

  • Cap-verdienne à Paris
    • Posté à 13h34 le 17/03/2008
    • Internaute 35487

    Malheureusement, la prise de conscience du suicide en milieu professionnel est déjà bien en retard par rapport à l’étendue de ce fléau. Et les mesures prises semblent bien hypocrites et dérisoires par rapport à la virulence des pathologies professionnelles qui détruisent les esprits et les vies. Mais contrairement aux autres pathologies existantes, celles causées par le travail sont provoquées la plupart du temps volontairement ou par négligence de l’humain.

    Pour avoir subi l’acharnement et le harcèlement psychologique durant presque 5 ans, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas seulement de dérapages sans contrôle d’individus en mal de pouvoir et de reconnaissance hiérarchique mais surtout d’une nouvelle méthode de non -gestion et de management aléatoire qui dépasse largement les portes des banques et des grandes entreprises privées. Les administrations publiques soumises elles-aussi aux indices d’activité, à la productivité, à la rentabilité et à la pression politique des gouvernements et des cabinets qui se comportent de plus en plus comme des patrons d’entreprise, sont également hautement concernées. Cette logique mise en oeuvre depuis au moins 30 ans pousse la France à rattraper le cortège funèbre de pays tels que le Japon ou les USA (des modèles souverains pour ceux qui nous gouvernent actuellement !). Rien d’étonnant si l’on considère la méchante gangrène causée par les dogmes néolibéraux à nos sociétés dites modernes, riches et civilisées ! L’atomisation des individus au sein du travail facilite, voire même justifie, les nombreux sévices qui conduisent au suicide de ceux, souvent bouc-émissaires ou têtes de turc, qui se retrouvent isolés et désemparés. Mon vécu de fonctionnaire (de catégorie A) au sein d’une prestigieuse administration d’Etat montre l’ampleur des dégâts causés tant par la lâcheté des DRH que par l’irresponsabilité des chefs (petits et grands) de ce pays. En plus des coupes sombres mal justifiées et du dénigrement planifié, le travailleur public doit de plus en plus faire face aux états d’âme, aux caprices, aux abus de pouvoir et d’autorité d’une administration téléguidée à qui on veut couper la tête et le reste... Je ne sais pas en revanche pour quel profit ! ! La santé des travailleurs en dit long ici sur la santé du travail.

  • guerzit-
    guerzit-
    Incomprenant majeur
    • Posté à 15h53 le 17/03/2008
    • Internaute 28472
      Incomprenant majeur

    Pauvres patrons... On leur promet le lynchage dans ces lignes... On en appelle à la violence. On s’indigne pour ces pauvres salariés et ces pauvres pauvres et victimes.

    Rassurez vous, un pauvre devenu riche ne sera pas meilleur que ceux qui le martyrisaient avant.

    Je n’ai pas plus d’amour pour les sans grades que pour leurs bourreaux.

    Nous sommes tous, très collectivement, abjects, égoistes, sadiques...

    Ce n’est pas un problème de personne mais de représentation collective, de système, de culture en somme...

    Ah les plaisire du libéralisme... Tiens j’ai vomi

  • ercégé
    • Posté à 17h15 le 17/03/2008
    • Internaute 35827

    Finalement je ne suis pas inquiet :
    - lorsqu’il n’y aura plus de salariés, il n’y aura plus de clients,
    - lorsqu’il n’y aura plus de clients, il n’y aura plus d’actionnaires.
    Alors -alors seulement- le système changera mais trop tard et dans la douleur.
    La crise actuelle (politique, économique, sociale, financière, boursière) aussi dure qu’elle soit n’est encore que l’antichambre de ce processus.
    Nous le savions, les managers représentants du turbo-capitalisme-voyou eux l’ignorent encore et s’en foutent d’ailleurs car ils sont mieux payés après démission-sans-passer-par-la-case-prison qu’avant ...Une vraie incitation à la débauche !

    J’exagère ?
    Question : quel a été le principal problème de la direction de la banque américaine Bear Stearns lorsqu’elle a dû avouer vendredi qu’elle était en faillite virtuelle ?
    Réponse : Celui de retrouver son No 1 pour annoncer la mauvaise nouvelle car il avait déjà quitté son bureau pour un tournoi de golf suivi d’un tournoi de bridge ... Le stress quoi !

  • TARPON
    • Posté à 17h36 le 17/03/2008
    • Internaute 27263

    j’aimerai que les banques et les agents bancaires mettent en place un observatoire de la souffrance des clients face aux memes agents.Combien de clients acculés au suicide par les memes agents ? C’est vrai qu’il faudrait un grand observatoire....
    Pourquoi KERVIEL ne s’est il pas suicidé ?

    • Révolutiona
      Révolutiona répond à TARPON
      Hawwah
      • Posté à 19h32 le 17/03/2008
      • Internaute 31103
        Hawwah

      « Pourquoi KERVIEL ne s’est-il pas suicidé ? »

      Question de sensibilité !

  • vol19
    • Posté à 17h42 le 17/03/2008
    • Internaute 13492

    @ Guerzit

    Tous les systèmes ont produit de l’abject, du mensonge, de la violence ... et les tréfonds de la nature humaines ne sont pas toujours encourageants.

    Le nôtre (système) ment un peu plus avec ses promesses de liberté et ses injonctions de plaisirs et en même temps stimule une concurrence qui se termine en « guerre civile » larvée.

    Maintenant, le cynisme et se gargariser de notre abjectitude ne sert à rien. On ne peut que dénoncer, se mobiliser, construire des contrepouvoirs, mobiliser des cadres et des régulations pour éviter les excès.

    La violence au travail (la rivalité mimétique sociale)est un réel problème tous les posts qui précedent et l’article résument bien les problèmes qui sont maintenant bien étudiés, connus mis en scène. Il n’empêche, il n’y a pour l’instant que 3000 visiteurs, là ou un article sur « une abjectitude de la Dati ou de la Morano » aurait drainé dix fois plus de connexions ou de posts... même si derrière, ce traffic traduit sans doute la même exaspération contre la figure de l’arriviste, de la violence, de la bêtise du jeu social. Sauf que c’est différent que de jouir de se moquer de la bêtise et quelquepart d’y prendre plaisir que de dénoncer, se mobiliser, se lier contre les excès du système et que la plupart taisent, ne veulent parler, parceque quelquepart ils consentent au système et ont eux très peur d’être exclus... pas évident de savoir faire autrechose...

    Sinon, oui, l’herbe n’est pas plus verte en terme de violence chez les « sans grades » que chez des hauts responsables. Si on peut dire que de secteurs comme la grande distribution, les cosmétiques sont connus pour leur agressivité, de même que l’administration territoriale... On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de perversité relationnelle non plus dans des secteurs aux images plus soft comme ceux de la santé, le secteur social, l’humanitaire, l’enseignement.

    Disons que dans certains espaces, ça peut se parler, se traiter plus que d’autres, mais ça reste un travail collectif à faire.

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 18h13 le 17/03/2008
    • Internaute 1001
      nc

    Au fait, quelqu’un a-t-il vu passer Antoine Sire ?

    Personne ?

    Ah bon...

    • Révolutiona
      • Posté à 02h30 le 18/03/2008
      • Internaute 31103
        Hawwah

      Ils attendent que le « feu » s’éteigne, mais tant qu’il y a « étincelle », il y a « espérance de brasier »...

      On n’en reparlera plus jusqu’à la prochaine épidémie de « peste » et on constatera que rien n’a avancé...

      Bien des débats, des mots, des idées remuées comme dans une machine à laver, et au final, à qui le prochain tour ?

      Qui sera-t-il ? Quel tranche d’âge ? Que lui trouvera-t-on encore comme défaut : la faiblesse, la solitude, la retraite, une faute quelconque ? Mais jamais, ô grand jamais, l’entreprise reconnaîtra publiquement une quelconque erreur, maladresse, voire plus !

      Pendant ce temps-là, une femme demande à juste titre le droit à la mort dans un minimum de souffrance et de dignité et quand j’écoute cet avocat qui sort son texte de loi et qui en discute savamment, cela me semble si dérisoire : de parler loi contre souffrance... comme si cela pouvait s’échanger ? Ce n’est pas la même longueur d’onde !

  • hyperchleuasme
    • Posté à 11h07 le 19/03/2008
    • Internaute 29950

    En bref, le problème vient de ce qu’on commence par croire que tout est normal alors on s’achète des choses à crédit avec le fruit de son travail acharné et compétitif, et puis ensuite, quand on voit que ce n’est plus normal, il n’y a plus moyen, un beau matin, de téléphoner au patron pour dire qu’on se trouve à tout juste 50 mètres de la porte et qu’on vient de réaliser qu’il suffisait de la pousser pour sortir, sans faire son petit Kafka ni rien, juste pour disparaitre définitivement de ce bureau où tout le monde prend un plaisir masochiste à l’aliénation. Quoi que pour travailler dans une banque il faille surement partir de cette prémisse que le projet de la banque à visée commerciale est foncièrement normal, que oui parfait il s’agit de faire faire du beurre sur le cours du café, lequel monte ou descend selon qu’on exploite bien ou mal des paysans analphabètes, ce qui éventuellement permet de dire que les suicidés ont ce que mérite la banque, quoi qu’ils ne le méritent pas eux même, probablement.

  • poustache999
    poustache999
    anarcho fouteur de merde (...)
    • Posté à 16h44 le 19/03/2008
    • Internaute 27850
      anarcho fouteur de merde (...)

    je suis un ancien salarié de la Société Générale, après avoir vu en tant que membre de la CGT lors de réunion les dénis d’information, on peut juste ce rendre compte d’une evidence, la mort n’a aucune valeur tant le ratio de rendement est de 20%... Tant que ce ne sont que des dommages collatéraux tout va bien.
    Apres avoir vu ma santé se dégrader ( 20 de tension, prise de poids important, stress) j’ai capituler le mot n’est pas choisi au hasard en septembre 2007 en démissionant de mon poste de conseiller de clientele.
    A voir ou en est la SG aujourd’hui j’ai veritablement bien fait et pire que la malheureuse réponse de dire qu’ils sont touchés, les patrons et DRH en ont surtout rien à foutre et se permettent meme de dire que les suicides sont du pour des raisons familiale et non professionnel.
    La pression est insidieuse, elle est sournoise, perfide, parce qu’elle marche sous le systeme de la rumeur, du dénie, du mensonge et bouffe les personnes les plus éprise d’honnêteté et de justice.
    Enfin le système de rémunération des banques est également fait pour que le salarié soit l’objet de sarcasme et de pression. Chaque année il existe une prime individuelle donné aux salariés récompensant son activité de l’année.
    prime basé tout d’abord sur la fonction et les performances un conseiller peut gagner entre 0 et 1500 euros. Les criteres sont simple tu as bossé comme un ane fermer ta gueule et pas été malade alors tu peut avoir une prime sinon c’est 0 ... Quand tu es syndiqué faut aps chercher t’aura rien ou une somme si dévalorisante qu’elle veut bien dire que tu n’est pas en odeur de sainteté. Cette facon de rémunérer est une des formes que l’on peut constater dans les banques et ainsi créer un climat d’injustices permanentes.
    Comment réagir face a ses collègues quand une prime peut varier pour le meme travail du simple au triple sur des criteres sunjectifs ?
    Alors oui aujourd’hui les DRH et les banques refusent de voir les choses en face les conditions de travails sont devenus invivable dans les banques. Et je sais de quoi je parle ...

  • Révolutiona
    Révolutiona
    Hawwah
    • Posté à 19h03 le 19/03/2008
    • Internaute 31103
      Hawwah

    En tout cas, avec des articles comme cela, les banques vont avoir du mal à embaucher des commerciaux, et c’est leur « gagne pain »...

    « Qui sème le vent, récolte la tempête ! »