Revue de blogs 13/03/2008 à 16h47

Le calvaire de Chantal Sébire relance le débat sur l'euthanasie

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Elle dit vouloir mourir. Sur les photographies diffusées par les médias, une femme fragile pose. Défigurée par une tumeur, elle regarde l’objectif. Quelques centimètres de son visage ont été épargnés. Le reste n’est plus que boursouflure monstrueuse.

Chantal Sébire a 52 ans. Elle a déposé une requête auprès du président du tribunal de grande instance de Dijon pour pouvoir « terminer sa vie dans le respect de sa dignité ». Elle souffre trop et attend de la justice qu’elle autorise un médecin à lui administrer la dose médicamenteuse qui la soulagera définitivement.

Nicolas Sarkozy, destinataire d’un courrier douloureux, a raisonnablement confié à des médecins de hauts niveau le soin de vérifier si toutes les ressources de la médecines étaient épuisées.


Sur son blog, l’ex secrétaire national UMP, Jean-Luc Roméro raconte le combat de Chantal Sébire :

« En attendant, Chantal souffre de plus en plus. Alors que je l’ai vu vendredi dernier, j’ai été frappé hier par la violence de ses douleurs. Alors que j’ai tant envie d’arrêter bien des combats inutiles, et me replier sur ma petite vie sans intérêt, son combat, son humour, sa générosité me bouleversent et m’obligent à agir à ses côtés pour qu’elle obtienne enfin le soulagement.

“Cette femme diffuse un amour incroyable et c’est pourquoi il faut lui obtenir ce geste d’amour qu’elle réclame. Pour elle. Pour les siens.”

Jean-Luc Roméro renvoit à la lecture de l’argumentaire de l’avocat Gilles Antonowicz.


Gilles Devers, également avocat, clarifie d’emblée le débat : “Mourir n’est pas un droit”. Si, pénalement, se suicider n’est pas répréhensible, aider quelqu’un à mourir est puni par la loi car considéré comme un assassinat. Reste la question des soins palliatifs :

“Le législateur a confirmé les pratiques par la loi du 22 avril 2005 dont on retrouve les termes dans le Code de la santé publique aux articles L 1111-10 et suivants.

‘Cette loi reprend les principes les plus anciens de la déontologie médicale : le médecin ne peut pas provoquer directement la mort ; en revanche et face aux situations difficiles, il doit conserver une attitude thérapeutique, c’est-à-dire agir là où il peut être efficace ; et lorsque le traitement direct de la maladie devient inefficace, il s’oriente vers le relationnel et la prise en charge de la douleur.’

Maître Devers rappelle alors un cas antérieur à celui de Chantal Sébire, celui de Diane Pretty : ‘Celle-ci demandait également l’autorisation que soit pratiqué un geste euthanasique. La Cour européenne des droits de l’homme avait rejeté cette demande.’


La loi à laquelle se réfère l’avocat-blogueur est également évoquée par Ça dérange. Dans son post, il l’estime dépassée. Il republie pour l’occasion un précédent texte rédigé pendant la campagne présidentielle :

‘Le procès aux assises de la Dordogne d’un médecin et d’une infirmière qui ont aidé à mourir une malade du cancer en phase terminale fait ressurgir ce problème dans l’actualité.

Il s’agit en l’occurence d’euthanasie active puisque le docteur Tramois et l’infirmière agissante Chantal Chanel ont provoqué la mort de la malade par une injection léthale.

La question réapparaît donc dans l’actualité de savoir si la loi Leonetti n’est pas déjà dépassée et si, sous certaines conditions très encadrées, l’euthanasie active ne devrait pas être dépénalisée.’

Le blogueur rappelle les positions des uns et des autres. Celle, prudente, de Nicolas Sarkozy, pour qui ‘la fin de vie devait peut être être considérée du point de vue de la souffrance et de ses limites, plutôt que du point de vue des principes.’ Celle du PS, qui envisageait une ‘loi sur l’assistance médicalisée pour mourir dans la dignité’ et celle de François Bayrou, qui considérait alors la loi Leonetti suffisante.

Le blogueur, plutôt défaitiste, conseille à Chantal Sébire de se rendre à l’étranger : ‘ Allez en Suisse, madame, nos politiques ne bougeront pas...’


Ne leur parlez pas d’‘eutha-nazi’. Sur le blog conservateur, Le bal des dégueulasses, estimant que les structures de soins palliatifs pratiquent suffisamment bien la bonne euthanasie”, le blogueur se fait tranchant :

“Personnellement, je suis opposé à l’euthanasie de manière encore plus brutale qu’à l’IVG. Ne vous méprenez pas sur ce que je vais dire. L’IVG c’est souvent une (jeune) mère en détresse qui ne sait pas ce qu’elle fait, d’où les regrets fréquents.

‘En revanche, l’euthanasie est quelque chose de beaucoup plus dramatique. Posons-le directement : un hôpital où l’on tue n’est pas un hôpital où l’on peut soigner. Soigner, prendre soin, ’care’ et pas ’cure’.’

Dans un paragraphe accusateur, il pointe un certain mois de mai :

‘Les soixante-huitards veulent un monde aseptisé, un monde sans entre deux, un monde sans part maudite. Sexualité sans grossesse (et son corollaire la grossesse sans sexualité) et quarante ans plus tard, mort sans agonie.

Ce n’est pas tant la souffrance qui les dérange, encore moins l’énigmatique atteinte à la dignité (se faire piquer comme un chien mourrant, c’est étonant comme dignité, non ?). Ce qui les dérange dans leur idéologie, c’est l’agonie.’


Le blogueur de Nouvelles de Ruritanie demeure perplexe face à cette demande émanant d’une personne ‘consciente’. Chantal Sébire est, écrit-il, emblématique d’une époque de déresponsabilisation :

‘L’Occident christianisé condamne et réprime le suicide à rebours des Anciens païens’ qui magnifiaient Caton et Socrate. Le suicide n’a pas bonne presse, c’est la fausse solution des dépressifs et des adolescents...

‘Les pouvoirs publics s’inquiètent de son taux important en France et loin d’être compris comme une acte de liberté, le suicide est vu comme un échec et souvent depuis Durkheim comme une pathologie sociale.

Plutôt que de réfléchir à une véritable dépénalisation du suicide et surtout de son aide, les militants de l’euthanasie veulent mettre en demeure les médecins de tuer leurs patients. Fini la démarche individuelle, il nous faut un dispositif socialisé, euphémisé... la mort coocoonée. L’injection douce plutôt que la corde, le pistolet ou la mort au rat.’


L’avis de Samuel, moins polémique, correspond à une opinion courante sur l’euthanasie :

‘Légaliser l’euthanasie, c’est faire sauter une digue, et prendre le risque de se retrouver avec des comportements abominables. Imaginez, dans les maisons de retraite, la ’toute vieille, qu’en finit plus de vibrer, et qu’on attend qu’elle crève, vu que c’est elle qui a l’oseille’, qu’on pousse à ’choisir’ de partir sereinement. Parce qu’elle gêne, parce que la maison de retraite, ça coûte cher, et qu’il ne va rien rester en héritage. C’est sordide, mais des situations comme celle-là sont bien plus fréquentes qu’on ne le pense.

Il y a aussi ces malades, qui sont parfois touchés par des passages à vide où la souffrance donne envie d’en finir définitivement, et qui finalement, surmontent la maladie et guérissent. Si l’euthanasie est légale, et même si elle est encadrée strictement, il y aura des dérives.’

Il suggère également le suicide. Plus simple et moins politique.


Entre la mort de Lazare Ponticelli, dernier poilu et cette demande d’euthanasie, pour Riton de Cannes, c’est la grande confusion, les curieux parallèles :

‘La juste mort demandée et cette vie terrible accordée. Je ne peux m’empêcher de me souvenir de mon grand-père qui me racontait sa guerre, toutes ses années passées, perdues, sa jeunesse volée, ses souffrances.

Verdun, le chemin des Dames, il ne reste que sa médaille militaire, pieusement conservée, un numéro matricule et une vie gâchée. Et cette femme qui demande, qui supplie qu’on abrège ses souffrances, qu’on lui ôte cette vie qui n’en est plus une.

Qui sommes nous pour juger ? A-t-on demandé à tous ces hommes qu’on a envoyé à l’abattoir s’ils acceptaient cette sentence, s’ils étaient d’accord avec cette même loi qui les envoyait se faire tuer ? Des millions sont partis dans une certaine indifférence et une seule veut s’en aller que les passions sont déchaînées.’

Il appelle à respecter sa dernière liberté.

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  • quetzal2012
    quetzal2012
    enseignant précaire
    • Posté à 16h56 le 13/03/2008
    • Expert 26736
      enseignant précaire

    Si c’est un choix personnel je ne vois pas de quel droit on peut le lui refuser si ce n’est au nom d’une morale chrétienne qui n’a rien à faire là...

    • pablico
      pablico répond à quetzal2012
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h11 le 13/03/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      Personne ne s’offusque , qu’on abrège les souffrances d’un animal.
      Sommes nous moins qu’un animal ?
      devons vous souffrir plus qu’un animal ?
      n’est-on pas maitre de notre vie ?
      si il n’y a pas d’issues pourquoi faire souffrir au nom d’une morale.

      • sccber
        sccber répond à pablico
        • Posté à 20h10 le 13/03/2008
        • Internaute 27851

        Le sujet est délicat, lié au refus judéo-chrétien du suicide. Personnellement, si j’étais dans la situation de Chantal Sébire, je choisirais cette solution, en toute liberté. Parce que j’aime la vie, cela fait des années que je réfléchis à la possibilité de choisir ma mort, si les circonstances la rendent préférable à la vie : j’ai d’ailleurs acheté en son temps le livre « suicide mode d’emploi », avant que la polémique ne le fasse retirer de la vente (je crois).
        Mais si je n’avais pas le courage ou la force de me tuer ? Pourrais-je compter sur une aide, oserais-je même la demander à des ami(e)s sûr(e)s, avec le risque que cela comporte ?
        Finissons-en avec cette morale, luttons pour rester maitre de nos vies, en combattant les préjugés concernant le suicide, qui n’existent pas - faut-il le rappeler - universellement. Mais attention, notre devoir devant des souffrances psychologiques (dépression, par ex.) ou physiques doit d’abord être de soulager, de guérir. N’oublions pas que les nazis ont tué (ils disaient euthanasier) les malades mentaux, bien avant la solution finale.

         
        • kestiontoi
          kestiontoi répond à sccber
          travailleur forcé
          • Posté à 20h47 le 13/03/2008
          • Internaute 30798
            travailleur forcé

          Mais si je n’avais pas le courage ou la force de me tuer ? Pourrais-je compter sur une aide, oserais-je même la demander à des ami(e)s sûr(e)s, avec le risque que cela comporte ?
          L’aide ne doit-elle pas rester au niveau matériel ?

          Si on n’a pas le courage d’abréger son agonie, pourquoi demander ce courage à une autre personne qui devra vivre avec le souvenir de cet acte ?

          Et si on n’est plus en état d’abréger son agonie ?
          Doit-on être privé de la possibilité de l’abréger ?
          Injuste non ?

          Le problème de la rédaction d’une loi pour l’euthanasie ne peut être simple.
          Pourquoi vouloir la rédiger un bonne fois pour toute ?
          Les sessions parlementaires ne sont-elles pas assez nombreuses pour la modifier chaque fois que c’est nécessaire pour éviter les dérives constatées ?

        1 autres commentaires
      • Les Chats
        Les Chats répond à pablico
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 20h16 le 13/03/2008
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        Le cri de l’animal qui souffre devient humain
        Le cri de l’humain qui souffre devient animal
        (Je ne sais plus de qui)

         
        • marie 75
          marie 75 répond à Les Chats
          • Posté à 15h02 le 14/03/2008
          • Internaute 3563

          réaction de l’Eglise catholique, écoeurante, comme dab :

          « Autre vision, celle que nous a confiée Aymeric Pourbaix, directeur de Radio Notre-Dame, principale station catholique française : “Comme nous tous, je participe à la souffrance de Mme Sébire. Mais ce cas douloureux est exploité par les médias. Introduire l’euthanasie active dans la loi, c’est ouvrir la porte à toutes les dérives. L’émotion est légitime, mais elle ne doit pas nous faire oublier les principes du droit absolu à la vie.”
          cf tribune de genève

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à marie 75
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 16h50 le 15/03/2008
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « ....réaction de l’Eglise catholique, écoeurante, comme dab... »

            ==> l’église se réfère à ses principes : « ne pas oublier les principes du droit absolu à la vie ».

            Pour l’Eglise, la vie est un concept sacré et elle ne reconnait à quiconque le droit d’y attenter.

            ... pour la peine de mort
            ... pour l’avortement (l’église rappelle que si cet enfant est de vous, il n’est pas à vous)
            ... pour l’euthanasie

            Elle s’exprime sur les principes, et ne se laisse pas emporter par le bien à penser de l’instant.
            Je trouve respectable que cette Eglise nous rappelle quelques éléments qui parfois nous échappent. Et que nous mettons trop facilement dans notre poche.

            Ecoeurante, d’aprés Marie ?
            probablement Marie avait-elle ravallé sa propre salive affectée par la délicatesse de ses déjections.

            • Pierre973
              Pierre973 répond à Pierrrrre
              désanusseur de porcs
              • Posté à 23h49 le 15/03/2008
              • Internaute 21836
                désanusseur de porcs

              Que dire de la vôtre, de délicatesse, et de votre pensée chrétienne médiévale ...
              Les adjectifs ne manqueraient pas mais mes principes de vil agnostique m’empêchent de vous les retourner à la face. Chacun ses principes, gentille grenouille ...

        3 autres commentaires
      • Claude PELLETIER
        Claude PELLETIER répond à pablico
        Retraité dans son jardin
        • Posté à 20h35 le 13/03/2008
        • Internaute 10710
          Retraité dans son jardin

        Pablico,
        il manque quelque chose à vos remarques. Une donnée.
        Elle n’a pas été mise en avant ;
        il s’agit de la différence entre le taux de suicide des médecins
        et celui des non-médecins.

        Les médecins se suicident au moins trois fois plus que les autres …

        Cela illustre la profonde inégalité des humains face à ce douloureux problème. Ceux qui savent comment faire et où trouver le moyens, le font plus souvent que ceux qui sont ignorants …

         
        • FdT
          FdT répond à Claude PELLETIER
          En pleine décroissance
          • Posté à 07h06 le 14/03/2008
          • Internaute 24641
            En pleine décroissance

          Je ne suis absolument pas convaincu par votre conclusion. Inutile d’être médecin pour se balancer du 10 ème étage ou d’un viaduc, pour se tirer une balle dans la tête ou ingurgiter deux ou trois boîtes d’anxiolytiques...si les médecins se suicident plus que les autres cela vient peut être d’une part du fait que leur métier est en crise (la marchandisation de la médecine a détruit les doux idéaux humanistes de certains, beaucoup de désillusions...)et d’autre part être confronté pratiquement quotidiennement à la maladie et à la souffrance doit être quelque peu anxiogène.

          • Saheyus
            Saheyus répond à FdT
            Nightfall, quietly it crept and (...)
            • Posté à 10h58 le 14/03/2008
            • Internaute 28231
              Nightfall, quietly it crept and (...)

            Vous faites un contre-sens, les médecins se suicident moins que les autres (et non pas plus, comme dans votre argumentation). Mais j’avoue ignorer quelles conclusions on peut au juste en tirer.

            • Claude PELLETIER
              Claude PELLETIER répond à Saheyus
              Retraité dans son jardin
              • Posté à 12h07 le 14/03/2008
              • Internaute 10710
                Retraité dans son jardin

              Aurais-je bien mal lu l’article de Nice-Matin qui en parlait ?
              Je me souviens que les taux annoncés étaient de 4 % et 14 %.

              -——> 4 % - pour la population générale ;
              -> et 14 % - pour le monde médical…
              J’en parlais hier dans un message placé bcp plus loin.

              Qui sauRait trouver les bonnes souRces et pas les suppositions ?

        3 autres commentaires
    • Abdelkrim Bourguignon
      Abdelkrim Bourguignon répond à quetzal2012
      Bras Gauche de Jeanne Calmant
      • Posté à 21h23 le 13/03/2008
      • Internaute 32642
        Bras Gauche de Jeanne Calmant

      Tu veux dire une morale « crétine ». Trop de morale tue la morale. Pour moi, laisser un être vivant souffrir, que ce soit une personne ou un animal, est immoral. La mort n’est qu’un moindre mal face à la souffrance, et qui sommes-nous pour mieux savoir que ces patients et décider à leur place ? Je ne souhaite pas ce genre de maladie à Mme Dati, mais si elle était dans cette situation, peut-être qu’elle regrêterait sa décision. Respectons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

      • XXXXXXXX
        XXXXXXXX répond à Abdelkrim Bourguignon
        courageux
        • Posté à 22h25 le 13/03/2008
        • Internaute 22807
          courageux

        « Respectons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » ! ! ! ... ? ? ?

        ...Je ne vois pas ce que l’autodétermination des peuples vient voir là dedans ?

        Tu prônes l’euthanasie pour le peuple tibétain,corse,ou moldo-angolais ?

         
        • Abdelkrim Bourguignon
          Abdelkrim Bourguignon répond à XXXXXXXX
          Bras Gauche de Jeanne Calmant
          • Posté à 22h59 le 13/03/2008
          • Internaute 32642
            Bras Gauche de Jeanne Calmant

          « ...Je ne vois pas ce que l’autodétermination des peuples vient voir là dedans ? »

          Respectons la liberté de chacun. Si un jour j’ai une maladie comme ça, je ne veux pas que quelqu’un décide à ma place.

          « Tu prônes l’euthanasie pour le peuple tibétain,corse,ou moldo-angolais ? »

          Euh, nan.

        1 autres commentaires
      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Abdelkrim Bourguignon
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 20h49 le 14/03/2008
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « ...Tu veux dire une morale “crétine”.... »

        ==> on devine que tu es trés au Coran des problèmes de morale religieuse.

    • nada
      nada répond à quetzal2012
      • Posté à 04h07 le 14/03/2008
      • Internaute 25026

      Ce qui me choque c’est qu’il faille qu’une loi autorise ou non les gens qui le demandent à se donner la mort. Comme si notre corps appartenait à la société ! Car c’est bien ça une loi ? une barrière de défence envers la société... Il me semble que sarko disait que le suicide était une maladie mentale, plus ou moins, j’abrège... alors seul les fous sont autorisés à se tuer et bon vent ! ? Ce qui me choque, c’est que partout dans le monde des gouvernements s’autorisent à massacrer à tour de bras des gens qui ne demandent qu’à vivre, ou que dans de grandes entreprises francaises les employés se suicident sans qu’en en haut lieu aucune loi ne soit écrite ou appliquée, pour lutter contre ce fléau !
      Quel hypocrisie, quelle lâcheté, qu’est-ce qu’ils sont « cons » les gens qui nous gouvernent !
      Je ne veux même pas parler d’amour, de compassion, d’humanité mais juste de liberté, la liberté de pouvoir partir dignement, quand il devient insupportable de vivre, en regardant fièrement devant soi, ne condamnant personne, n’accusant personne - la société- Aucune loi ne devrait se mettre en travers de ce choix personnel, justement parce que c’est intime et individuel et non commun à tous les hommes !

    • ART MONIKA
      ART MONIKA répond à quetzal2012
      • Posté à 08h22 le 14/03/2008
      • Internaute 10855

      Le suicide n’est pas en France un acte illégal. Et cette personne pourrait aisément agir seule pour mettre fin à sa vie.

      Cependant, elle ne veut pas se « suicider » car elle n’a pas choisi sa maladie ni sa mort. Elle veut simplement que quelqu’un l’aide à partir, elle souhaite mourir accompagnée.

      Aux Pays-Bas, cette pratique est possible car inscrite dans la culture et encadrée par une Loi. Chez nous, le sujet suscite tout de suite de grands débats. L’article rapporte une hallucinante attaque contre les « soixante-huitards qui ne voudraient pas l’agonie »... Quelle aberration ! En clair, « tu enfanteras dans la douleur » et « tu mourras dans la douleur », c’est cela la philosophie ?

      Pourquoi par ailleurs vouloir confier ce délicat sujet aux seuls médecins, obligés par le Serment d’Hippocrate à protéger la vie et à ne pas donner la mort ? C’est à la société entière de régler le problème.

    • Squarepusher
      Squarepusher répond à quetzal2012
      looking for freedom...
      • Posté à 11h36 le 14/03/2008
      • Internaute 19115
        looking for freedom...

      Ce n’est pas si simple...son choix n’est pas simplement de mourir (dans ce cas elle aurait choisi le suicide) mais plutôt de demander à quelqu’un d’abréger ses souffrances...
      Je trouve que c’est un peu plus compliqué que seulement réduire cela à une histoire de choix personnel, non ?

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à quetzal2012
      journaleux - blogueur
      • Posté à 11h40 le 14/03/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      @queztal2012,

      la morale chrétienne a été sortie sur RTL :
      Lien
      et indigne JL Romero, qui demande le départ de Christine Boutin… mais cela ne semble pas émouvoir grand monde…

      Fabien
      Lien

  • bloozmarch
    bloozmarch
    indocile heureux
    • Posté à 17h08 le 13/03/2008
    • Internaute 15731
      indocile heureux

    Un cas particulier doit-il peser sur des principes, aussi dramatique soit-il, (voir la question des pédophiles récidivistes), un calvaire doit il fausser l’ éthique d’ une société civilisée, aussi insupportable puisse-t’ il être, quand on voit les dérives totalitaires de tout un ensemble de régimes, de toutes obédiences, des plus libéraux aux plus religieux, des plus officiellement « de droite » aux plus officiellements « de gauche », la question est des plus douloureuses et des plus difficiles, surtout quand on a la double chance de pouvoir la poser, et de ne pas être partie prenante dans la douleur.
    Mais, hélas pour ceux qui souffrent, les dérives potentielles qui menacent sont telles que le principe de précaution me paraît être, sur le plan de la société, le seul raisonnable, pour que dans le futur ce ne soit pas quelques cas dramatiques qui fassent la Une de nos journaux, mais de nombreux cas aussi dramatiques qui soient devenus la banalité oubliée de notre quotidien.

    • z_ac
      z_ac répond à bloozmarch
      Escapé
      • Posté à 22h46 le 13/03/2008
      • Internaute 35703
        Escapé

      Nous sommes tous(je l’espère) d’accord sur le fait que cette dame à le droit d’abréger ses souffrances d’une manière digne, mais au fond,
      le débat porte plus sur l’adoption ou non d’une loi ayant trait à la légalisation de l’euthanasie ainsi que des conditions qui régiraient celle-ci.
      Car, personnellement, je pense que les convictions religieuses n’ont pas à être invoquées pour justifier une quelconque opposition à cet acte. Tout être humain digne d’en mériter le nom ne peut qu’être d’accord sur le fait qu’un(e) de ses semblables dispose de la liberté de décider de son propre sort, dans des conditions aussi dramatiques que celle-ci bien entendu.
      Le problème aujourd’hui se situerai plutôt sur le plan législatif que sur le plan éthique.
      Cela n’engage que moi cependant.

      • Pierre973
        Pierre973 répond à z_ac
        désanusseur de porcs
        • Posté à 01h44 le 14/03/2008
        • Internaute 21836
          désanusseur de porcs

        Bien vu ! Le problème c’est que notre Ministre de la Justice place le débat sur le plan de l’éthique, se refusant à envisager des injections létales qui sont contraires à notre droit.
        La question qu’elle ne se pose pas, cette pauvre Ministre, c’est de savoir ce que le droit actuel propose aux personnes qui sont dans la situation de cette femme : mourir à petit feu dans des souffrances terribles liées à l’arrêt de tout traitement voire de toute alimentation. Cette situation est sordide.
        Et l’éthique de notre droit ne peut-elle évoluer que pour dépénaliser les délits d’argent de nos patrons ? ? ? On vit vraiment des moments formidables ! ! !
        D’autres pays ont su encadrer intelligemment cette euthanasie, de façon à éviter toute dérive. Un peu de volonté politique suffirait à prendre en compte ces quelques cas dramatiques et à éviter tant de souffrances pour ces femmes, ces hommes et leurs familles.
        La rigidité intellectuelle ( ? ? ?) de Mme Dati et des bien-pensants en la matière est une véritable insulte à la condition humaine.

         
        • z_ac
          z_ac répond à Pierre973
          Escapé
          • Posté à 19h58 le 14/03/2008
          • Internaute 35703
            Escapé

          Peut-être que notre gouvernement préfère éviter de « rompre » avec la bonne pensée qui caractérise ses électeurs.
          La loi existe et est appliquée avec raison et humanité ailleurs, alors pourquoi la France serait-elle la seule à lui faire bloc, alors qu’elle se prévaut d’être le pays des droits de l’Homme.
          Le débat doit enfin pouvoir trouver une issue.
          En espérant qu’elle soit favorable à Chantal ainsi qu’à toutes les autres victimes de cette injustice.

        1 autres commentaires
  • andelle
    • Posté à 17h12 le 13/03/2008
    • Internaute 1104

    Dans la mesure où la personne concernée a clairement exprimé son désir de terminer sa vie à plusieurs reprises et que la médecine ne peut plus rien pour la guérir, on ne voit pas au nom de quoi cela lui serait interdit. On ne voit pas au nom de quoi on lui imposerait cette torture.
    Les pays voisins l’autorisent, pourquoi pas la France.
    Dans la pratique, il arrive qu’on abrège les souffrance des malades discrètement ; ce serait tout de même mieux qu’il y ait une loi explicite au lieu de continuer dans cette hypocrisie.

  • Eric citoyen
    Eric citoyen
    « Casse ta tv » c'est ta seule (...)
    • Posté à 17h15 le 13/03/2008
    • Internaute 5352
      « Casse ta tv » c'est ta seule (...)

    Bonjour à toutes et tous,

    Que voulez vous ?

    Fumer tue... c’est écrit sur les paquets de cigarettes...

    Boire tue... c’est sur les bouteilles d’alcool...

    L’hypocrisie règne en maitre dans notre société.

    On peut donc se tuer à petit feu, par contre le droit de mourir dignement reste encore un crime passible des assises ?

    C’est profondément abjecte... comme des tas d’autres choses !

    Et ce n’est pas prêt de changer.

    Reprenons le pouvoir.

    Eric Citoyen en campagne

    Lien

    • Les Chats
      Les Chats répond à Eric citoyen
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 20h33 le 13/03/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Merci de rappeler l’hypocrisie de notre société Eric.
      La seule chose que propose sarko c’est
      - la visite d’un spécialiste, faut croire que les toubibs qui l’ont vu jusqu’ici ne sont pas compétents.
      - la mise sous coma

      Bravo la France ! Les pauvres n’ont pas d’argent pour se soigner et on trouvera des soins, des lits, pour ceux qui veulent en finir. Et on nous dit que la sécu est dans le rouge ?

      - demande en toute conscience
      - incurable
      - grande souffrance
      - 52 ans

      Et on lui dit qu’elle ne rentre dans aucun critère de la loi ?

      A tous ceux qui, au nom de l’église ou autre, veulent abandonner cette femme à cette souffrance dégradante, on ne vous remercie pas pour votre générosité et votre compassion.

      • Lole
        Lole répond à Les Chats
        • Posté à 10h48 le 14/03/2008
        • Internaute 4874

        à Les Chats :
        je n’avais pas fais gaffe que Sarko proposait la mise sous coma : c’est pas forcément idiot : j’ai entendu que dans les cas de longs comas, on pouvait cesser les soins palliatifs ...

  • el loco
    el loco
    éducateur spécialisé
    • Posté à 18h01 le 13/03/2008
    • Internaute 11961
      éducateur spécialisé

    c’est assez hallucinant ce que doit vivre cette dame actuellement

    elle doit entendre des horreurs sur son compte ainsi Mme BOUTIN déclarais ce matin (en gros ) que ce n’était qu’un préjudice esthétique ! ! cela me laisse sans voie

    l’élysé répond aujourd’hui (alors qu’elle as reçu le courrier de cette dame il y a déjà un moment) qu’elle doit faire l’objet d’une expertise scientifique pour savoir si on peu faire autres choses du point de vue médical comme si ses médecins n’avaient pas les compétences pour évaluer cela !

    vraiment de qui se moque t’on ? quand on voie le visage de cet dame on comprend sa demande et la société doit y répondre positivement
    c’est son corps, sa vie , son désir (le seul truc c’est qu’elle ne veut pas faire le geste de se tuer elle même ) ! et on lui refuserais cela ? de quel droit ? la société peut elle disposer de la vie de quelqu’un ?

    dans mon travail il m’arrive régulièrement d’intervenir sur une tentative de suicide et si l’on empêche la personne de mettre fin à ses jours c’est qu’il est encore possible qu’elle puisse vivre convenablement mais ici c’est différent cette dame que lui reste t’il à vivre ?

    j’ai vu mon père agoniser d’un cancer pendant plusieurs mois : il a alterné les phases d’espoir et de doute jusqu’au moment ou il a demandé à mourir dignement ! le pneumologue l’as alors plongé dans le coma et l’on a attendu qu’il meurt pendant deux jours ! et pendant ces deux jours il s’est réveillé deux fois. sans comprendre pourquoi il était encore vivant. et pour nous ses enfants, sa femme quel calvaire ! pourquoi cette famille devrait vivre ce que trop de famille vivent encore ? au nom d’une morale judéo chrétienne qui entend respecter l’individu mais finis par nier celui ci ?

    j’espère sincèrement que la justice l’aidera et l’autorisera son médecin à l’aider à mourir dignement

  • Francois Toulouse
    • Posté à 17h26 le 13/03/2008
    • Internaute 8648

    Ce qui me dérange, derrière le cas tragique de cette femme, c’est qu’il y a une vraie campagne demandant l’instauration d’une aide médicalisée au suicide : finalement, on se sent presque obligé, en écoutant le cas de cette personne, d’être favorable à l’instauration de lieu d’aides au suicide, d’une nouvelle profession : suicideur, de formations ad-hoc aussi. On dira peut-être que j’exagère, en disant qu’elle ne demande qu’à ce que son médecin ne soit pas poursuivi, mais je pense qu’au vu de ce qu’est notre société, c’est l’industrialisation du suicide assisté qui est en jeu, et qu’alors un nouveau changement de société se profile.
    Et au vu du nombre de personnes très âgées qu’il y aura dans quelques années chez nous, j’ai un peu peur que ce changement se transforme en « dis-donc pépé, t’as bientôt 100 ans et tu coûte cher avec tout tes soins... Tu sais que l’hôpital à coté a ouvert un bon service d’aide au suicide ? »
    Je n’ai guère de solution à proposer. Peut-être une simple dépénalisation de la vente de solution mortelle pour les personnes condamnées par la médecine ?
    Je ne suis pas fermé à ce que l’on entrouve quelques portes à l’euthanasie, mais pas à ce qu’elles soient complètement ouvertes, sans réfléchir, à partir de cas rares et extrêmes.

    • Xa_chan
      Xa_chan répond à Francois Toulouse
      (nippon ni mauvais)
      • Posté à 17h31 le 13/03/2008
      • Internaute 23695
        (nippon ni mauvais)

      ce qui me choque, moi, c’est de voir que certains croient que le législateur n’est pas capable de mettre au point une loi qui encadre tellement ce « suicide médicalisé » que toute dérive est impossible.

      Comme si en fait, c’est la question elle-même qu’ils considéraient tabou...

      En revanche, certains autres pays d’Europe (Pays-Bas, Belgique, Suisse) ont mis au point des protocoles légaux et médicaux. Conclusion : pas d’augmentation de morts, juste des personnes totalement incurables qu’on a aidé à mourir dans la dignité plutôt que dans la déchéance totale d’un jusqu’au-boutisme médical mal placé...

      • Les Chats
        Les Chats répond à Xa_chan
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 20h58 le 13/03/2008
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        Dans beaucoup de domaines j’entends, la France est en retard. Elle se croit toujours plus maligne que tous les autres pays.
        Oui il serait possible de mettre en oeuvre une loi qui impose des limites claires et précises, à commencer par accepter le choix d’une personne saine d’esprit, incurable et qui souffre douloureusement. Elle n’a plus 20 ans et il me semble que les conditions essentielles sont là.
        Ceci dit je ne comprends pas pourquoi la loi en cours ne suffit pas.

         
        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à Les Chats
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 04h20 le 14/03/2008
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          Tout adulte sain d’esprit doit avoir le droit de mettre fin à ses jours quand et comme il l’entend. Il doit pouvoir compter pour l’y assister sur les ressources de la science et la collaboration des professionnels de la médecine. Prétendre le contraire est indigne d’un être humain.

          Pierre JC Allard

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        1 autres commentaires
    • jimmyb
      • Posté à 17h32 le 13/03/2008
      • Internaute 28000

      Pourquoi nos voisins suisses chez qui cela existe ne subissent alors pas de dérives ? Il faut simplement un cadre juridique très strict comme le leur pour éviter ce genre de choses. On ne laisse pas le malade seul décider de son suicide assisté, au contraire tout est fait pour l’en dissuader et pour essayer de trouver d’autres solutions. Mais si il n’y a rien qui puisse le soulager, pourquoi refuser cela à quelqu’un en pleine possessions de ses facultés intellectuelles ?

      • françoise.V
        françoise.V répond à jimmyb
        p'tite lyonnaise
        • Posté à 17h56 le 13/03/2008
        • Internaute 4967
          p'tite lyonnaise

        En suisse est pratiquée l’aide au suicide au sens strict : le contenu d’un verre doit etre bu par la personne qui souhaite mourir.
        Ici cette seule aide est déjà interdite et assimilée à un assassinat.
        Alors l’euthanasie sur demande, qui n’est plus un suicide, n’est pas à mon avis près d’etre réglementée chez nous...
        Revoir la reglementation de l’aide serait déjà un progrès considérable...

    • el loco
      el loco répond à Francois Toulouse
      éducateur spécialisé
      • Posté à 18h05 le 13/03/2008
      • Internaute 11961
        éducateur spécialisé

      vous savez l’euthanasie existe déjà mais n’as pas réellement d’existence légale
      la seule arme légale de la médecine pour euthanasié quelqu’un c’est le refus de soin et la mise dans le coma
      cela revient au même que d’injecter des barbituriques le résultat est le même : la mort de la personne
      mais dans la façon légale la personne peut mettre jusqu’à 8 jours pour mourir
      pour la famille qui (je peu vous l’assurez pour l’avoir vécue) est associé et d’accord avec la décision que prend la personne l’attente est pénible et destructeur !

      alors arrêtons juste de nous voiler la face et laissons aux malade leur liberté de choix

  • jimmyb
    • Posté à 17h25 le 13/03/2008
    • Internaute 28000

    Quand j’étais petit, et même avant, l’euthanasie passive existait. Qu’est-ce que j’entends par là ? Que la médecine ne s’acharnait pas à maintenir en vie des personnes pour lesquelles, il n’y avait plus aucun espoir. Bien souvent, les médecins de campagne se gardait bien d’envoyer à l’hôpital des malades victimes d’affections tel le cancer, ils préparaient doucement la famille à l’inévitable, il n’y avait alors rien à faire, et il n’y avait pas de dérives. Aujourd’hui, au nom de la science, des jusqu’auboutistes prétendent maintenir en vie des hommes et des femmes qui souffrent le martyr, sans aucun égard pour eux, en s’accrochant à la vie pour la vie. Est-ce faire preuve d’humanité que de s’acharner ainsi ? Oui la vie doit être respectée, non, on ne peut pas faire n’importe quoi, mais il y a des limites, ce que l’on fait par compassion aux animaux, on n’est même pas capables de le faire pour nos semblables. Sarkosy veut un second avis, et qu’est ce que cela changera si Chantal est vraiment incurable ? N’a-t-elle pas le droit de mourir dans la dignité ? Que tous ceux qui se disent qu’il n’est pas question de lui accorder ce qu’elle implore, se demandent, « que ferais-je à sa place ? », que ferions-nous en vérité si nos souffrances ne nous laissaient plus de repos, que ferions-nous si chaque jour de plus n’est qu’un calvaire de plus et que rien ne peut nous soulager, que ferions-nous si nous savions que la mort va venir de toute façon et qu’il n’y a plus aucun espoir ? Accepterions-nous de voir souffrir pour rien notre enfant, notre mère, notre frère, accepterions-nous de souffrir nous-même pour rien, juste pour justifier du fait que la vie est sacrée ? J’ai du mal à le croire.
    Humanité, as-tu donc perdu le sens du respect de l’être en trouvant celui du respect de la vie ?

  • Xa_chan
    Xa_chan
    (nippon ni mauvais)
    • Posté à 17h26 le 13/03/2008
    • Internaute 23695
      (nippon ni mauvais)

    Et pendant ce temps-là, en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas, le droit a mourir a été mûrement pesé, organisé, encadré par des lois drastiques qui empêchent au maximum les dérapages et les « bon on l’euthanasie parce que c’est elle qui a l’oseille, la vieille ».

    Alors quoi ? Les belges, suisses et hollandais sont des monstres ? Je ne crois pas. Je crois simplement que ce sont des gens (et les législateurs qu’ils ont désigné) qui ont eu assez de courage pour regarder cette épineuse question en face et pour agir dans le but de sauvegarder la dignité humaine.

    Je suis outré, sur le blog ultra conservateur, de lire ce parallèle entre l’euthanasie et le chien qu’on pique ! ! A ce qu’il me semble, le chien ne demande JAMAIS à ce qu’on le pique, c’est l’homme qui prend la décision « pour son bien ». Et là, bizarrement, ça ne semble plus déranger personne... Mais le droit d’un être humain de sauvegarder sa dignité quand la médecine ne peut absolument plus rien et que la douleur est insoutenable, ça non, au grand jamais, hein ! C’est pas de bol, mais il faut qu’elle souffre, cette personne...

  • snipoza
    snipoza
    décroissant sang d'Angers (...)
    • Posté à 17h29 le 13/03/2008
    • Internaute 33474
      décroissant sang d'Angers (...)

    mourir soi-même dignement par choix personnel reste interdit.
    heureusement, travailler dans une usine d’armement, produire du pyralène, tuer pour la raison d’un Etat... sont des actes parfaitement préhensibles
    on peut donc tuer autrui c’est encadré légalement par l’Etat, on ne peut se tuer soi-même, l’Etat l’interdit, mais avons-nous besoin de la caution de l’Etat pour une décision strictement personnelle ? je ne le crois pas, je crois même que l’on peut se passer de l’Etat bien au-delà du pouvoir sur sa propre vie

  • cinghiale
    • Posté à 17h35 le 13/03/2008
    • Internaute 23946

    Bon c’est compliqué... donc c’est politique. Je veux dire que moralement on ne va pas s’en sortir et l’article résume bien les débats éthiques du droit à la mort. Mais avec l’IVG on a su faire : moralement j’étais contre (la suppression d’un foetus viable m’horrifie) mais politiquement j’étais pour : les drames connus par les candidates à l’avortement nécessitaient une loi. La loi Veil fut ainsi le meilleur compromis. Qu’une loi décide qu’un comité d’éthique statue sur des cas extrêmes comme celui de cette malheureuse, ce sera aussi le meilleur compromis ; et d’avoir un président pragmatique et non idéaliste, ça devrait faciliter cette prise de décision.

    • Les Chats
      Les Chats répond à cinghiale
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 21h17 le 13/03/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      - »...et d’avoir un président pragmatique et non idéaliste, ça devrait faciliter cette prise de décision. »
      Avec l’église derrière dont il a souhaité et souhaite toujours les voix ? ça m’étonnerait beaucoup.
      En plus sarko aimerait bien privatiser la sécu, alors envoyer un expert de plus et l’hospitaliser pour un coma c’est toujours ça pour les dépenses.
      Vous trouvez cela cynique ? Eh bien oui les politiques sont plus cyniques qu’ils ne le laissent paraître, mais ça bien sur aucun d’eux ne vous le dira.

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 17h39 le 13/03/2008
    • Internaute 1001
      nc

    Sur le blogue conservateur :

    - un truc EXRAORDINAIRE : deux messages cinglants de Robert Marchenoir avec lesquels je suis TOTALEMENT d’accord.

    - Chantal Sébire est appelée « la dame défigurée ». Pas de nom, « la dame ». CQFD sur la capacité d’empathie de cette sinistre grenouille de bénitier. Et ça prétend défendre l’humain ! Sale tradi-catho d’une Eglise dont la partie tradi-catho* sut, en son temps, protéger les nazis en fuite !

    - Et c’est encore un coup de Mai 68 ! Décidément, l’alpha et l’omega de tout ce qui ne va pas sur terre, ils sont là ! Les jours allongent : Mai 68 ! Il pleut : Mai 68 ! Il ne pleut pas : Mai 68 !

    - Et on ne peut pas commenter. Qui a dit intolérance ? A moins qu’il ne se soit pris une rafale de coups de crosse sur le bénitier.

    (Qui a entendu Mme Dati sur Inter, parler de ça sur le même ton que des élections ? Glacial.)

    * Donc : pas toute l’Eglise, pas tous les chrétiens. Suis-je clair ?

    • papiper
      papiper répond à A déménagé le 8-10
      instit retraité
      • Posté à 18h15 le 13/03/2008
      • Internaute 24393
        instit retraité

      Merci PMB, je souscris des quatre fers ,oui ce sont toujours les mêmes... et je n’hésite pas à affirmer qu’ils n’hésitent jamais à faire un bout de chemin avec un « Chat botté » avec un Nazillon moderne ou plus ancien.

  • jimmyb
    • Posté à 17h57 le 13/03/2008
    • Internaute 28000

    J’avais un oncle que j’ai beaucoup aimé, à 57 ans, il a commencé à souffrir de la maladie d’Alzeimer, puis de Parkinson. Au bout de cinq longues années, il se faisait changer ses couches, il fallait lui donner à manger, tout doucement, de même pour boire car il faisait des fausses routes, il souffrait horriblement d’escarres car il ne pouvait plus se déplacer. Plusieurs fois il s’est trouvé en attaque cérébrale, et plusieurs fois un « médecin » l’a ranimé in extrémis. La nuit il hurlait parfois la seule phrase qu’il répétait inlassablement depuis des mois : « Je veux mourir, laisser moi mourir », il ne disait plus que cela, son esprit s’était focalisé sur la dernière chose importante, sans doute les derniers temps n’avait-il même plus conscience de ce qu’il disait. J’ai vu mon oncle pleurer la première fois que l’aide médicale l’ac changé et lavé. Je l’ai vu pleuré après chacune de ces attaques cérébrales lorsqu’il rouvrait les yeux sur le fait qu’il était toujours en vie. 5 ans de calvaire ininterrompu, pour un homme qui ne se reconnaissait plus dans une glace, mais que la douleur tordait dans son lit. Et il n’est pas mort seul, ma tante est morte d’épuisement en le soignant malgré l’aide que nous avons essayé de lui apporter, son cœur était trop fatigué. J’avoue que plusieurs fois, j’aurais voulu prendre son oreiller et le maintenir sur son visage afin de le soulager enfin. La, même une loi ne lui aurait pas permis de mourir, car il n’avait plus toute sa tête, et pourtant, n’aurait-il pas mérité qu’on le soulage de ce corps qui n’était plus qu’une douleur le condamnant à vivre ? Quelle faute avait-il commis pour être ainsi condamné à souffrir 5 longues années, au nom de quoi, pour quelle raison devait-il souffrir ?

  • papiper
    papiper
    instit retraité
    • Posté à 18h00 le 13/03/2008
    • Internaute 24393
      instit retraité

    J’éprouve un immense respect pour la demande formulée par cette infortunée malade abandonnée par la science médicale impuissante.
    Certaines réactions m’irritent, m’indignent et me blessent au plus profond de mon humanité...Ainsi les Etats peuvent s’arroger le droit d’ôter la vie (guerre) , peine capitale...et refusent l’acte de charité supprème pour aider un être qui veut encore maîtriser ce qui lui reste de destin et interrompre sa vie de souffrance . Quelle hypocrysie !
    ah j’allais oublier l’affirmation de nos bons pères ,pas aussi ancienne que cela : « si Dieu vous envoie de telle souffrance ma fille, c’est parce qu’il vous aime plus que tout “ Telle fut le sermon de réconfort reçu par ma grand-mère lors de son agonie privée de morphine bien sûr...
    En ce qui me concerne, j’espère pouvoir maîtriser l’option létale jusqu’à ma fin et agir en conséquence.

  • leosam56
    leosam56
    chomeur
    • Posté à 18h06 le 13/03/2008
    • Internaute 34448
      chomeur

    cette femme réclame de l’AIDE de la part des médecins .Avons nous tout essayé au niveau traitement de la douleur ? Avons nous été voir à l’étranger s’il existe une solution ? Tout cela a un cout bien sur et je ne peux m’empecher de penser aux 138 000 euros d’Estrosi pour une coupe de champagne.Je suis écoeuré par nos dirigeants qui s’interrogent sur l’euthanasie ,une fois de plus,dans l’urgence.Aucune solution collective n’existe à un probleme qui touche chaque individu dans sa personnalité propre.La société doit tout mettre en oeuvre pour apaiser la souffrance,tout,vraiment tout et son role s’arrete là.Apres ,les personnels soignants qui sont au contact de ces souffrances ont une conscience.Pour ma part(j’ai 54 ans)je leur ferai confiance.

    • steed1
      steed1 répond à leosam56
      Franco-Breton
      • Posté à 18h46 le 13/03/2008
      • Internaute 29140
        Franco-Breton

      « Avons nous tout essayé au niveau traitement de la douleur ? »...

      oui, j’ai vu le reportage qui lui était consacré il y a qques jours. son médecin traitant disait que la médecine ne pouvait plus rien pour elle.
      la maladie progresse toujours, elle a des crises de douleurs insuportables, etc.
      je suis vraiment triste pour elle et ses enfants.
      mais j’ai aussi une pensée pour mon ex-beau père, mort des suites de sa leucémie, dans la douleur.
      Je n’ai pas personnellement de solution, mais je crois quand même que notre gouvernement devrait arreter de se couvrir les yeux et ferait mieux d’aller s’inspirer de ce qui se pratique en hollande, en belgique et en suisse.

      l’état a bien employé des bourreaux pour exécuter des sentences de mort, envoyé des divisions entières à la mort en 14/18 et je suis persuadé que ça ne posait aucun problême de conscience à nos chefs de l’époque.

  • plum-o-vent
    • Posté à 18h20 le 13/03/2008
    • Internaute 28927

    laches et ignobles, c’est ce qui m’est venu à l’esprit en entendant, ce matin Rachida Dati sur France inter et des sois-disant spécialistes à la télévision.
    On propose à cette femme, pour qui les médicaments anti-douleur ne sont plus d’aucun secours, de la plonger dans le coma à l’hôpital pendant une quinzaine de jours avec la mort au bout. C’est monstrueux autant pour elle que pour ses enfants. Elle demande simplement de mourir dignement, au moment ou elle le souhaite. J’avais les larmes aux yeux en l’écoutant, je me demande quelle serait l’attitude de tous ces donneurs de leçons s’ils se trouvaient dans la même situation.

    • A déménagé le 2 mai 2011
      A déménagé le 2 mai 2011 répond à plum-o-vent
      Délinquante au coin de la rue
      • Posté à 18h32 le 13/03/2008
      • Internaute 26137
        Délinquante au coin de la rue

      D’autant plus choquant que même dans le coma, cette pauvre dame peut tenir de longues années. Son coeur n’a que 52 ans ! elle peut survivre dans le coma au moins 15 ans !

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