A debattre 11/03/2008 à 17h05

La gauche doit-elle s'inspirer de la méthode Zapatero ?


La victoire du PSOE a de quoi faire envie à un PS en plein marasme. Mais le modèle est-il exportable ? L’avis de nos experts.


Zapatero lors d’une conférence de presse lundi (Susana Vera/Reuters).

La victoire sans bavures du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) aux élections de dimanche pourrait donner à réfléchir à la gauche française, toujours à la recherche d’un leader, d’une stratégie et d’un programme.

Mais peut-être le modèle Zapatero n’est-il pas si facilement exportable en France... Nous avons posé la question à quelques uns de nos chroniqueurs, blogueurs et autres riverains connaissant bien le sujet. P.R.

ELODIE CUZIN JOURNALISTE, CORRESPONDANTE A MADRID
Bâtir une « marque de fabrique »

La gauche française, dans son positionnement actuel, pourrait difficilement calquer exactement le modèle socialiste espagnol. « Baisser les impôts, c’est de gauche », avait ainsi déclaré Jose Luis Rodiguez Zapatero avant d’être élu, une phrase que l’on imagine mal prononcée aujourd’hui par l’un des représentants du socialisme français.

Il se référait alors plutôt aux impôts directs. Depuis son accession au pouvoir il y a quatre ans, le gouvernement espagnol a bien mené une politique économique basée sur une orthodoxie libérale modérée.

Pour redistribuer de la richesse, il faut avant tout en créer : tel pourrait être le credo du gouvernement Zapatero, qui a dégagé en 2007 un excédent budgétaire de 20 milliards d’euros. Une cagnotte qu’il compte en partie utiliser pour relancer l’économie et l’emploi face au ralentissement qui affecte l’Espagne depuis fin 2007.

La gauche française pourrait en revanche imiter plus facilement la « marque de fabrique » du mandat Zapatero, en adoptant des mesures sociales progressistes, des initiatives chocs et symboliques telles que le mariage et l’adoption pour les homosexuels, le divorce-express, le renforcement de l’égalité homme-femme, la loi contre les violences machistes, etc. Le premier ministre espagnol se décrit d’ailleurs lui-même comme féministe.

Enfin, la gauche française pourrait aussi faire sienne sa conception de l’aide au développement. Après la régularisation massive de travailleurs étrangers en 2005, le gouvernement socialiste espagnol s’est concentré sur le développement de sa politique de coopération internationale en Afrique. Il a depuis commencé à financer des formations professionnelles et des ateliers d’apprentissage sur place. L’immigration illégale avait baissé de 62% dans les six premiers mois de 2007.

FREDERIC SAWICKI PROFESSEUR DE SCIENCES POLITIQUES A LILLE II
La gauche doit avant tout
définir des priorités

L’Espagne est trop différente de la France pour que Zapatero puisse constituer un modèle pour la gauche française. Le très faible niveau de développement de l’Etat-providence en Espagne, la faible régulation du marché du travail, le conservatisme moral de la société espagnole, la centralité de la question régionale dans le débat politique permettent en quelque sorte à la gauche espagnole d’apparaître de gauche à moindre coût.

Comment ? En augmentant très faiblement les dépenses sociales, en mettant au premier plan les réformes de société (droits des femmes, laïcité, droits des homosexuels…) et les question institutionnelle (accroissement de l’autonomie régionale). Sous cet angle, Zapatero est d’ailleurs très proche de Tony Blair.

En France, les électeurs de gauche, mais pas seulement (on l’a vu avec la mobilisation des chauffeurs de taxi, des pharmaciens, des avoués…), ne sont pas prêts à soutenir des politiques de réduction drastique des dépenses publiques (du moins celles qui les concernent directement) et le dilemme des partis de gauche est précisément de ne décevoir aucune de ces attentes.

Tant que des priorités claires n’auront pas été définies, aucun héros ne sera en mesure de sauver la gauche. Zapatero ? Y a pas d’héros !

JEAN-FREDERIC SCHAUB HISTORIEN, DIRECTEUR D’ETUDES A L’EHESS
Une histoire opposée à celle
de la gauche française

Il ne peut y avoir de modèle Zapatero pour la gauche française, parce que la réalité politique espagnole est antithétique de celle qui prévaut en France. Parmi les héritages historique, il en est un qui demeure systématiquement oublié : le Parti communiste espagnol n’a jamais été une force électorale de poids en Espagne, pas plus à partir de 1978 [la chute du franquisme, ndlr] qu’en 1936 [la guerre civile, ndlr].

Le PSOE est hégémonique à gauche dans la longue durée du XXe siècle. Il renaît dans les années 70 sous le parrainage du SPD allemand, dans une stratégie diamétralement opposée à celle de l’union de la gauche mitterandienne.

L’anticommunisme virulent de Felipe Gonzalez a marqué tout l’après-franquisme et favorisé le recentrement social-démocrate de l’ensemble du PSOE....il y a trente ans. Le résultat, c’est que ce parti n’obtient jamais moins de 40% des suffrages aux élections générales (législatives) depuis 1982.

L’autre différence majeure porte sur la structuration territoriale du pays. Sans revenir en détail sur la question de la Catalogne, du Pays Basque et de la Galice, on peut dire, en gros, que le PSOE présente un profil autonomiste, que nous pourrions considérer en France comme une tendance girondine ou décentralisatrice.

De fait, le jacobinisme ou le centralisme de gauche est inaudible en Espagne. Il s’agit, on peut le regretter, d’un monopole de la droite, dont Aznar a abusé et qu’il a converti en épouvantail.

Au total, l’expérience du PSOE est opposée à la trajectoire du PS sur deux points essentiels : le rapport décomplexé à la social-démocratie et une grande souplesse sur la question de l’unité nationale. Dans ces conditions, un parallèle franco-espagnol pour la gauche française me semble infondé.

ALEX VICENTE CORRESPONDANT A PARIS DU QUOTIDIEN CATALAN AVUI
Il n’y a pas au PS de leader
comparable à Zapatero

La gauche française était restée perplexe après la première victoire de Zapatero en 2004. C’était comme si les socialistes de cette Espagne catholique, et très en retard en matière de démocratie jusqu’il n’y a pas si longtemps, avaient doublé la patrie des droits de l’homme, si sûre de ses valeurs et de sa modernité éternelle...

Je pense que cela a obligé les socialistes français à se remettre en cause, et à remettre en cause leur programme. Mais l’aggiornamento, un mot tabou dans le PS, n’est pas encore officiellement engagé en France. Le sera-t-il lors du congrès de l’automne ? Le modèle Zapatero est un modèle social-démocrate très pragmatique, qui assume le libéralisme économique et même le renforce (le vice-président Pedro Solbes, ancien commissaire européen des Finances, ne s’en cache pas).

Mais il essaie de le contre-balancer par des mesures de redistribution sociale ( « chèque-bébé », aides au logement...). Zapatero insiste également beaucoup sur les droits individuels (mariage et l’adoption pour les homosexuels, égalité hommes-femmes , congé paternité...).

Il n’existe pas, au sein du PS français, de leader comparable à Zapatero : une figure consensuelle au sein de son parti, qui évite les confrontations et préserve les équilibres internes. Pour l’instant cette figure n’existe pas dans le PS français. Mais elle n’existait pas non plus dans le PS espagnol.

Quand il a été élu en mars 2004 : Zapatero était alors une figure grise et mal aimée, choisie par défaut après les attentats d’Al-Qaeda à Madrid. C’était son accès au pouvoir qui a permis de découvrir son potentiel.

PHILIPPE MARLIERE MAITRE DE CONFERENCE, UNIVERSITY COLLEGE LONDON.
Libéral jusqu’au bout des ongles

Sans faire de bruit, José Luis Rodríguez Zapatero est devenu un leader crédible de la social-démocratie européenne. Sur un plan personnel, Zapatero est l’anti-Blair ou l’anti-Royal : il est effacé, simple, modeste. Cette « authenticité » qu’il cultive à l’envi lui vaut la sympathie de la plupart des Espagnols. A l’inverse de ses deux collègues, Zapatero n’est pas un personnage autoritaire. Il a certes su placer des hommes liges aux postes-clés du PSOE, mais sans heurter les militants comme ont pu le faire Tony Blair ou Ségolène Royal. Zapatero est celui qui incarne le mieux aujourd’hui la « Nouvelle social-démocratie » : un courant pragmatique, centriste et résolument libéral. Sur le plan économique, le premier ministre espagnol ne se distingue guère des autres partis de centre-gauche au pouvoir. Son action s’inscrit dans le cours d’une politique modestement redistributrice, reposant sur un « Etat allégé » et faisant la part belle à l’initiative privée. A l’instar du blairisme, les résultats macroéconomiques apparaissent bons, mais sont assez trompeurs : 2,88 millions d’emplois ont été créés et le produit intérieur brut a progressé pendant quatre ans d’environ 3,5% chaque année. Le revers de la médaille de ce néolibéralisme de gauche a été l’aggravation de la précarité et l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres. Sur ce plan, le zapatérisme ne se démarque pas nettement du blairisme, même si l’Espagnol ne se hasarderait pas, comme l’a fait le Britannique, à vanter la supériorité tout terrain du secteur privé sur le public ou encore à tresser des lauriers aux entrepreneurs, aux stars du show biz ou aux joueurs de football…

José Luis Rodríguez Zapatero est aussi un vrai libéral sur le plan politique et culturel : légalisation du mariage homosexuel, lois accélérant la procédure de divorce, facilitant l’avortement et pénalisant davantage la violence contre les femmes. Avec le très timide Pacs, le PS est en retard sur le PSOE en ce qui concerne l’égalité entre les sexes. Ni Jospin, ni Royal, très conservateurs sur ces questions, n’auraient fait ce que Zapatero a achevé sur ce terrain. L’« Espagne catholique » est aujourd’hui un pays plus pluraliste et plus tolérant que la France laïque.

Zapatero est un des rares leaders politiques qui a tenu ses promesses : retrait des troupes en Irak et, comble du courage pour un social-démocrate nouvelle manière, il a régularisé plusieurs centaines de milliers de travailleurs étrangers clandestins ! Zapatero ne peut être un modèle pour une gauche française de gauche car sa politique sociale et économique ne rompt pas avec le consensus néolibéral de la social-démocratie européenne. Néanmoins, son action concrète pour l’égalité entre les sexes devrait faire rougir de honte les conservateurs du PS en France !

STEPHANE MICHONNEAU MAITRE DE CONFERENCE, UNIVERSITE DE POITIERS.
Sur certains dossiers, Zapatero
est moins frileux que le PS

La question que posée est délicate : elle suppose un modèle zapatériste qui n’existe probablement pas. Ce modèle n’existe que dans la mesure où l’état piteux de la gauche française oblige à se tourner vers l’étranger. Sinon, je suis bien certain que pas un regard ne serait jeté sur l’Espagne...

Enfin, la gauche est une notion relative à la droite. Or, la droite espagnole ne ressemble pas du tout à la droite française : pas de bonapartisme en Espagne et une démocratisation disons inachevée du PP qui lui fait manquer une partie clé de l’électorat de centre-droit, c’est-à-dire les « autres droites » qui se sont historiquement constituées en Catalogne et au Pays basque dans la tradition démocratique d’opposition au franquisme. CiU (Catalogne) et PNV (Euskadi) représentent à eux deux 18 députés, c’est-à-dire ce qui manque au PP pour gouverner.

Pour ce qui est du PSOE, je retiens une très grande tradition de libéralisme des moeurs (politique d’intégration de l’immigration, mariage des homosexuel avec adoption, féminisme et lutte contre les violences domestiques) qui sont très loin de la frilosité du PS, en effet.

Même si c’est l’objet de tensions, Zapatero est très attentif aux sensibilités régionalistes : en Espagne, on semble avoir compris que Etat et nation étaient dissociés, avoir assumé l’ère post-nationale en somme. Le type de gouvernance qui associe les régions et l’Europe dans le jeu du pouvoir est très habile même s’il est conflictuel (ce qui est normal puisque la forme de l’Etat est objet de débat politique, contrairement à la France).

Enfin, Zapatero encourage une relecture du passé par des lois mémorielles incomplètes mais courageuses. On aimerait voir le PS regarder en face le passé de la colonisation et ses liens avec le projet républicain...

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  • gaebus
    • Posté à 20h50 le 11/03/2008
    • Internaute 3011

    DONATE NOW à Désirs d’avenir POUR UNE AUTRE POLITIQUE

    Lien

    DONATE NOW : l’indispensable soutien financier.

    Il faut oser le dire, le demander et constituer un trésor de guerre.

    Je pense sentir qu’il y a une certaine frilosité en France de lever des fonds, mais le pragmatisme n’est pas le monopole des américains et la réalité est la même pour tous.

    Il ne s’agit pas de prendre pour soi seul ce message, mais de faire participer un maximum de personnes qui parfois n’attende que la demande pour se rendrent utiles et se sentir intégrées.

    Le soutien financier est indispensable à la victoire : DONATE NOW.

    N.B. : ce post peut être copié à volonté tel quel ou modifié.

  • Nicolas Brousse
    Nicolas Brousse
    Etudiant à Paris
    • Posté à 21h29 le 11/03/2008
    • Internaute 118
      Etudiant à Paris

    Face à la mondialisation, toutes les gauches doivent se moderniser. Augmenter le pouvoir d’achat, ce n’est plus prendre l’argent des classes aisées pour le redistribuer aux classes modestes. Un meilleur service public, ce n’est plus en augmentant les impôts. Aujourd’hui, le socialisme a évolué.

    Pour moi, le socialisme approprié aux enjeux de notre monde est un socialisme ouvert et moderne qui comprend que le socialisme pure ne peut plus exister. Le mot « moderne » inclus un minimum de libéralisme, mais modéré. Tous les économistes le savent, pour relancer une économie, il faut donner la possibilité aux travailleurs de travailler davantage. Peut-être est-ce même le seul moyen pour augmenter le pouvoir d’achat sans endetter l’état. Mais le socialisme moderne conserve avant tout ses valeurs et ses convictions. La conviction principale : que la population ne souffre pas, qu’elle ne soit pas pauvre, et qu’il y a un salaire minimum assez élevé pour vivre correctement. Le libéralisme a ses avantages. Mais un libéralisme poussé à l’extrême peut créer de la pauvreté.

    En fin de compte, en prenant du recul, le socialisme « de nos jours », moderne, n’est-il pas plutôt une idéologie centriste ? Un jongleur entre le libéralisme modéré et le socialisme modéré ?

    • A.V.
      A.V. répond à Nicolas Brousse
      • Posté à 22h01 le 11/03/2008
      • Internaute 24685

      Juste un petit détail technique : la logique de croissance a conduit à la logique de productivité, qui a conduit à employer moins pour produire plus. Donc, l’argument « travailler plus pour gagner plus » est de la pure rhétorique politique. A moins que, dans le même temps, on mette en place les conditions favorables à la création massive d’entreprises. Ce qui, étant donnée l’ampleur des réformes nécessaires, n’est pas au programme du gouvernement.
      Quant à la modernisation de la politique, elle s’impose à tous les partis. La solution n’est pas au centre. Elle est dans la manière de concevoir la politique.

      • peuapeu
        peuapeu répond à A.V.
        • Posté à 11h59 le 13/03/2008
        • Internaute 30375

        Je suis d´accord, il est bien là le problème.

        Il n´y a pas de « capital-risque » en France, seulement des lignes de credits pour PME fonctionnant déjà, ni la volonté de le développer par les banquiers d´ailleurs, trop heureux de leur confort conservateur.

        Nous nous alignons sur le modèle américain sans en avoir les avantages.

        Notre Président, qui dit aimer l´Amerique, devrait pourtant savoir que le grand atout des USA est l´esprit d´entreprendre et la possibilité de réaliser ses ambitions dans la réalité.
        Sans capital-risque et la volonté de donner leur chance aux entrepreneurs (banlieues incluses of course), le pays sera une parodie du liberalisme à l´américaine, jamais une success-story.

        PS : On attend les class-actions aussi...

    • helios33
      • Posté à 22h01 le 11/03/2008
      • Internaute 33580

      Si je comprends bien Sarkozy est l’exemple même du socialiste

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à Nicolas Brousse
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 22h07 le 11/03/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « ....le socialisme pur ne peut plus exister. Le mot “moderne” inclus un minimum de libéralisme, mais modéré... »

      ==>en plus clair, ça se traduit par le fait que le socialisme a échoué et qu’il faut accepter les principes du libéralisme.

      un « libéralisme modéré », je ne sais pas ce que ça veut dire.

      Ou une économie est socialiste, administrée,
      ou une économie est libérale, avec ses entreprises appartenant et gérées par des investisseurs privés.

      Tout le reste n’est que verbiage pour faire accepter qu’on puisse se dire socialiste en faisant du libéralisme.

      Comment voulez-vous qu’un gouvernement socialiste puissent entamer des réformes dans un cadre économique qu’ils prétendent combattre ?

      Autant essayer de conduire une voiture avec un manuel de bateau à voile.

      • Claude PELLETIER
        Claude PELLETIER répond à Pierrrrre
        Retraité dans son jardin
        • Posté à 00h14 le 12/03/2008
        • Internaute 10710
          Retraité dans son jardin

        Pierrre, … - msg de 22H07

        Vous prenez des risques ; soit une économie est « socialiste », soit elle est « libérale », dites vous.

        Méfions-nous des idées trop simples et trop générales. Elles ont conduit dans le mur pas mal de générations qui nous ont précédées, et elles ne se priveront pas de replanter encore beaucoup trop de peuples.

        À l’époque où ils croyaient avoir le vent avec eux, les communistes patentés disaient qu’ils étaient en train de construire le « socialisme ». De le construire !
        ET donc, ils n’en étaient même pas à construire le « communisme » !
        Cette économie socialiste (en cours, donc inachevée) avait pensé assécher le « marché » par la planification de la production. Bonjour les résultats ! Vous le savez au moins que l’URSS a disparu et que la Russie, etc…tous des pays capitalistes devenus ?

        Depuis le fiasco de cette « planification de la production en fonction des besoins humains » (j’ai adoré cette formule), j’ai dû mal à imaginer que l’on puisse attendre qq chose de mieux que le marché …… malgré tout ses défauts.

        Quand le marché fonctionne, dans la société capitaliste, les hommes ont le choix entre deux positions :

        A- Soit on laisse faire le marché sans l’influencer, c’est cela le libéralisme adonf (en matière d’économie).

        B- Soit on se donne des règles pour encadrer le marché.

        À ce niveau, on a encore le choix de l’encadrer beaucoup ou d’encadrer moins. Plus ou moins de contraintes. Mais de toute façon, on n’est pas dans un système libéral adonf. C’est qq chose d’intermédiaire. Je me demande si ce n’est pas cela qu’on appelle de l’économie mixte. Comme chez nous quoi !

         
        • Pierrrrre
          Pierrrrre répond à Claude PELLETIER
          → → → → → → → le marché autant (...)
          • Posté à 19h14 le 12/03/2008
          • Internaute 23078
            → → → → → → → le marché autant (...)

          « .....A- Soit on laisse faire le marché sans l’influencer,....
          B- Soit on se donne des règles pour encadrer le marché. .... »

          ==>dans les deux cas, on adopte les règles d’économie de marché, donc libérales, donc capitalistes, à l’opposé du socialisme qui intervient sur le marché, et administre les entreprises (voir les nationalisations catastrophiques de 1981)

          Encadrer le marché est normal (Keynesisme que certains opposent à capitalisme, mais qui en fait, s’inscrit dans le modèle capitaliste)

          Mais cet encadrement, cette régulation des flux, c’est comme aménager un cours d’eau : ça ne va jamais à l’encontre du principe d’équilibre des eaux, mais au contraire, ça en utilise les vertus.
          Et parfois des digues sont nécessaires pour éviter les débordements.

          Au dela des barrages et des digues, chaque goutte d’eau est laissée libre de naviguer au mieux de son confort, de son interet.

          Le libéralisme possède cette vertu de tirer un interet collectif par l’agrégation naturel de tous les interets individuels.
          Ainsi chaque goutte d’eau pourra naviguer à sa guise, aller où bon lui semble,là où la pente de la rivière l’attire le mieux.

          Point n’est besoin d’organiser une entreprise de soumission de chaque goutte d’eau à l’interet du fleuve, avec punitions pour les gouttes récalcitrantes.

          C’est ainsi que les fleuves coulent,
          c’est ainsi que les gens fonctionnent, toujours, toujours en fonction de leur mieux être de l’instant.

          Regardez les dunes de sable,
          chaque grain se positionne au mieux de son équilibre, sans consigne collective,
          et pourtant, combien sont belles ces volutes dessinées par le hasard des vents.

          Il suffit de les laisser aller, et à chaque instant, chaque grain de sable se repositionnera au mieux de son interet, et à chaque instant, la dune s’adaptera avec harmonie au nouveau contexte, avec une réactivité immédiate.

          Alors que le château de sable socialisant dessiné et moulé par comité central, disparaitra dés la première vague.

          • Claude PELLETIER
            Claude PELLETIER répond à Pierrrrre
            Retraité dans son jardin
            • Posté à 23h47 le 12/03/2008
            • Internaute 10710
              Retraité dans son jardin

            Pierrrre, merci beaucoup. C’est beau ce que vous racontez. Vraiment réussi.

            Je vous soupçonne d’avoir rapidement oublié de quoi nous parlions. Mais à quoi bon parler du monde des gouttes d’eau ou des grains de sable coincés les uns par les autres … quand la plage, et le vent de la mer nous appelle.

            Sur le fond, ces mots ne sont pas équivalents : libéralisme, capitalisme et société de marché. Je ne crois pas. Mais les grains de sable sont si beaux !

        3 autres commentaires
    • soleildusud
      soleildusud répond à Nicolas Brousse
      chômeur « senior »
      • Posté à 23h17 le 11/03/2008
      • Internaute 28658
        chômeur « senior »

      centriste ? ? ? je rigole même Rajoy s’est presenté comme centriste ; le centre c’est de la foutaise ; bayrou est un homme politique de DROITE, comme ses copains qui ont rejoint Nico 1èr, faut arrêter, socialisme de nos jours ? ? putain jaures revient leur expliquer ! !

      • Claude PELLETIER
        Claude PELLETIER répond à soleildusud
        Retraité dans son jardin
        • Posté à 23h29 le 11/03/2008
        • Internaute 10710
          Retraité dans son jardin

        Je me demande si Jaurès, revenant parmi nous, ne commencerait pas par se taire et par essayer de comprendre comment fonctionne ce monde compliqué. Je ne crois pas qu’il avait des réactions aussi religieuses que celles que vous invoquez et qu’il se mettrait à faire des sermons sur ce qui est de droite et de gauche. Il avait de grands principes, de belles passions mais son esprit savait tenir compte de la réalité. Il ne se contenait pas de coller partout des étiquettes……

        Oui c’est ça, Jaurès retournerait à l’école ……

    • Network 23
      Network 23 répond à Nicolas Brousse
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 13h45 le 12/03/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      « Augmenter le pouvoir d’achat, ce n’est plus prendre l’argent des classes aisées pour le redistribuer aux classes modestes. »

      Non, c’est vrai, la redistribution sociale, ce n’est plus à la hauteur d’une gauche du Troisième Millénaire.

      « le socialisme approprié aux enjeux de notre monde est un socialisme ouvert et moderne qui comprend que le socialisme pure ne peut plus exister. »

      Qu’est-ce que le « socialisme pur » ? La négation de la négation, c’est-à-dire la négation du « communisme brut » qui, en nationalisant la propriété privée, généralise la condition de salarié à tout le monde et nie l’individualité, comme l’affirme Marx dans le 3e Manuscrit de 1844 ?

      « Le mot “moderne” inclus un minimum de libéralisme, mais modéré. » »

      Le PS n’est donc pas suffisamment moderne à vos yeux ? Français, encore un effort pour être modernes !

      « Tous les économistes le savent, pour relancer une économie, il faut donner la possibilité aux travailleurs de travailler davantage »

      Tous les économistes le savent, pour relancer une économie, il faut redistribuer la richesse et le travail, permettre à tous et à toutes de travailler et non pas seulement à quelques-uns, et cela passe par la diminution du temps de travail. Bref, répartir le travail & les richesses ! Et peut-être, aussi, instaurer un Revenu Social Garanti, comme l’appelle par exemple André Gorz (Lien) ?

      « Le libéralisme a ses avantages. Mais un libéralisme poussé à l’extrême peut créer de la pauvreté. »

      Vous semblez confondre libéralisme économique & libéralisme politique.

      Oui, pour le premier, si l’on entend par là défense de la liberté d’expression, de pensée, droit des minorités (immigré-e-s, femmes, homosexuel-le-s, transexuel-le-s, régionales, etc.), etc.

      Non pour le second, si l’on entend par là : réduction de l’Etat à un Etat-gendarme, qui protège par la matraque les biens mal acquis des plus riches, qui investissent dans des fonds de pension afin de maximaliser leurs profits, menant ainsi à augmenter démesurément le prix de l’immobilier à Paris par la spéculation immobilière et les ventes à la découpe, à de nombreuses délocalisations, etc.

      « le socialisme “de nos jours”, moderne, n’est-il pas plutôt une idéologie centriste ? »

      Vous parlez, je présume, du PS ?

  • groscontre64
    • Posté à 21h31 le 11/03/2008
    • Internaute 35536

    Il faudrait surtout que le PS se décide : à gauche ou au centre. Soit il devient un parti de centre-gauche, ce qui laisse la place à un vrai parti de gauche (on peut rêver d’un parti uni de lutte ouvrière jusqu’au Nouveau Parti Socialite), soit il se replace à gauche. Dans les deux cas, il perdra des membres d’un bord ou de l’autre, mais ensuite il pourra définir un projet. Tant qu’il restera dans le flou pour ratisser large, il ne ratissera pas grand chose

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à groscontre64
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 22h17 le 11/03/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      « ....Il faudrait surtout que le PS se décide : à gauche ou au centre.... »

      ==> « à gauche ou au centre » ?
      plus clairement, « socialiste ou libéral »....

      • Sacha25
        Sacha25 répond à Pierrrrre
        • Posté à 08h27 le 12/03/2008
        • Internaute 24877

        ou plus exactement que son action économique et sociale soit réglé prioritairement par le respect d’un texte (socialiste, rappelons que le socialisme est fille du protestantisme et il est plus que temps de se débarrasser de cette idéologie de soumission à qelqu’un)ou par le respect des gens (libéral)

         
        • Network 23
          Network 23 répond à Sacha25
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 13h50 le 12/03/2008
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          Ah bon, je croyais que c’était le capitalisme, le fils du protestantisme ?

          Quand Sacha dichotomise...

        1 autres commentaires
  • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
    • Posté à 22h21 le 11/03/2008
    • Internaute 21776

    Le partage des richesses,du travail..
    Merci d’avoir régularisé autant de sans-papiers.. qui contribuent au développement économique de l’Espagne....
    et du monde.

    Merci pour eux et je le redis encore et encore :

    VIVA ZAPATERO

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 23h00 le 11/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    le titre de l’article se demande si « la gauche » doit s’inspirer du modele espagnol , Rue89 , eclairez ma lanterne , vous parlez bien du PS ?

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à cooper59
      Redchef Rue89
      • Posté à 00h00 le 12/03/2008
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Oui, mais le renforcement du PS concerne l’ensemble de la gauche française.

  • soleildusud
    soleildusud
    chômeur « senior »
    • Posté à 23h12 le 11/03/2008
    • Internaute 28658
      chômeur « senior »

    tout a commencé avec la chute du communisme à cause du complot americo-vaticano et le russe à la tache de vin : consequence il n’estreste qu’un seul bloc celui de l’argent et des mafias ; alors, peut-on être de gauche aujourd’hui ? oui ! ! la gauche peut-elle gouverner avec les valeurs socialistes (celle de marx, jaures, blum .....) ? NON ! ! faut être réaliste : qui detient les leviers de commande ? l’argent ! ! ! qui fait du chantage à la delocalisation ? le capitalisme ! ! etc... il y a un siècle le capitalisme était familial donc reperable et attaquable, aujourd’hui il est « multi-divers » (societe, fonds de pension, actionnariat....) donc international et il suffit d’un mini clach et zou comptez les chomeurs ! ! la solution ? ? je ne la connais pas sauf y croire encore et toujours ! ! quand à ZZ je le felicite pour sa victoire même si je partage pas toutes ses idées ( je suis un peu plus à gauche , je le dis sans complexe) quant au leader « providentiel » ? ? ? quel gachis ! !

  • Claude PELLETIER
    Claude PELLETIER
    Retraité dans son jardin
    • Posté à 23h18 le 11/03/2008
    • Internaute 10710
      Retraité dans son jardin

    Merci pour cet article que est je crois le dernier d’une série. Ils se succèdent et ils sont comme des couches successives de peinture. Ajout après après ajout, petit à petit, on apprend un peu cet autre pays ; oublions l’hexagone … enfin.

    Mais dans la rue, ici, on en ignorerait presque ce qui se passe chez nos voisins.
    C’est dommage.

  • fana de lenteur
    • Posté à 23h47 le 11/03/2008
    • Internaute 13117

    LES MOTS SONT CREATEURS
    NE MANQUE T IL PAS DANS LA DENOMINATION DU PARTI SOCIALISTE FRANCAIS UN MOT IMPORTATNT QUE L ON RETROUVE DANS LA DENOMINATION DU Partie Socialiste OUVRIER Espagnol ?

    • léo solo
      • Posté à 10h35 le 12/03/2008
      • Internaute 2483

      L’utilisation des majuscules était, à rue89, jusqu’à votre post un signe de manque de force du scripteur, à la recherche d’un haussement de ton, une pulsion quoi..

      Votre post nous ramène au plus près de l’écrit et du sens.

      Olé !
      « La musica callada »
      perfecto.

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 00h13 le 12/03/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    « Le modèle Zapatero est un modèle social-démocrate très pragmatique, qui assume le libéralisme économique et même le renforce (le vice-président Pedro Solbes, ancien commissaire européen des Finances, ne s’en cache pas). »

    La réponse est là. Pendant ce temps, en France, on écoute avec le plus grand sérieux les élucubrations d’un Besancenot, et on disserte savamment sur les sornettes altermondialistes...

    Le problème de la gauche française c’est sa trouille viscérale de l’extrême-gauche.

    • léo solo
      léo solo répond à Bardamu
      • Posté à 10h41 le 12/03/2008
      • Internaute 2483

      « Le modèle Zapatero est un modèle social-démocrate très pragmatique, qui assume le libéralisme économique et même le renforce (le vice-président Pedro Solbes, ancien commissaire européen des Finances, ne s’en cache pas). »

      La réponse est là. »

      Comme nous le constatons avec le directeur du FMI et celui de l’OMC. Bien français ces deux là.

  • peuapeu
    • Posté à 00h16 le 12/03/2008
    • Internaute 30375

    On pourrait retourner la question et se demander si l´Espagne peut être un modele pour la droite française…

    Elle le fut en tout cas pour Mrs Raffarin/Sarkozy lorsqu´ils étaient dans l´opposition et plus tard aussi.

    On ne peut pourtant pas comparer des pommes et des poires.

    Vue d´Espagne la France apparaìt comme un pays extraordinairement efficace et performant, meme si les espagnols n´aiment guère le reconnaìtre.(nous sommes en plus de leur orgueil leurs ennemis hériditaires).

    Les aides sociales distribuées en France font rêver en Espagne, qui n´en distribue aucune...
    Elles sont les garantes de la natalité françaises par exemple, la plus elevée d´Europe, à l´opposée de l´Espagne qui a la plus basse.
    Et l´Espagne n´a pas fini de ramer pour se reproduire, essayer de survivre. Elle meurt actuellement. Les chiffres sont masqués par le taux de fécondité des immigrés bien heureusement depuis 4 ans, sinon le taux de fécondité des espagnols est le plus bas…du monde ! (les femmes espagnoles ont des enfants vers 35 ans en moyenne…)

    Par ailleurs on peut raisonablement considerer, à la difference de la France, où elle est portée par l´Etat, que la dette de l´Espagne est masquée, ventilée sur les citoyens par l´intermediaire du crédit et des hypothèques, d´où les bons résultats des comptes de l´Etat espagnol, qui ne gère pas du tout en fait les memes données.

    À ce titre l´endettement des familles espagnoles est colossal, similaire à celui des familles américaines USA, - par ailleurs propriétaires des hypothèques espagnoles (Citigroup, General Electric, …). La flambe depuis 12 ans !

    L´avenir s´annonce fragile (un peu moins depuis que les banques centrales acceptent les hypthèques comme garantie pour prêter des centaines de milliards aux banques privées...).

    D´autant que l´apport de 200 milliards d´euros des fonds européens est à son terme.

    Mais à n´en pas douter, les français ont enormément à apprendre des espagnols aussi.

  • peuapeu
    • Posté à 00h44 le 12/03/2008
    • Internaute 30375

    En réponse à ALEX VICENTE CORRESPONDANT A PARIS DU QUOTIDIEN CATALAN AVUI :

    Allons, allons,

    Mr Zapatero n´etait pas un personnage terne et mal-aimé avant son election en 2004, vous divaguez au gré de vos goûts ou vous étiez mal informé...

    Il était un réel espoir de sortir de la politique de Mr Aznar, d´arrêter le calvaire...

    Et il a été élu sur un programme clair et bien compris, et non complétement par hasard, ne vous en déplaise.

    • Alex Vicente
      Alex Vicente répond à peuapeu
      Journaliste
      • Posté à 13h32 le 12/03/2008
      • Journaliste 9426
        Journaliste

      Cher Peuapeu, Merci pour votre commentaire, mais je crois que vous vous trompez dans votre analyse. Rien de plus loin que divaguer au gré de mes goûts personnels, que je n’ai pas du tout exprimé. Je vous prie de retenir ce sondage de l’Institut Demoscopia paru début février 2004 sur EL PAIS, un mois avant des législatives et des attentats de l’11 mars à Madrid : La popularité de Zapatero était de 38% d’opinions favorables, bien derrière Aznar (46%) et Rajoy (47%), même si tous les deux étaient très touchés par la décision d’aller à la guerre en Irak avec les Etats-Unis. Seulement un 14% des citoyens interrogés croyait que Zapatero avait des options pour gagner. Bien sur, les sondages ne donnent pas un reflet parfait de l’opinion, mais c’est le meilleur méthode que l’on a. Si vous croyez que 38% d’opinions positives est un bon signe, vous donnerez sans doute une très bonne nouvelle au président français (41% dans l’étude Opinionway-Le Figaro paru aujourd’hui). Cordialement, Alex

      • peuapeu
        peuapeu répond à Alex Vicente
        • Posté à 15h02 le 12/03/2008
        • Internaute 30375

        Cher Alex,

        Vous avez raison parce que les sondages étaient encore un peu courts pour Zapatero avant les elections de 2004.

        Mais tort parce que la courbe de popularité allait ascendente et le mouvement anti-PP prenait beaucooup d´ampleur. Voir les reactions de très nombreux réalisateurs de cine s´unissant pour creer un dvd contre la manipulation médiatique du PP et le desatre de sa politique par exemple.
        Mais si l´opinion publique souffrait de cette main-mise sur l´information, Mr Zapatero avait déjà reunit toute l´oposition sur son nom et ses positions, tout en gardant un sang-froid imperturbable malgré les déchainements du PP.

        Mr Zapatero n´était pas mal-aimé ni gris, il avait contre lui un puissant systême de desinformation médiatique, qui d´ailleurs perdure.

         
        • peuapeu
          peuapeu répond à peuapeu
          • Posté à 23h21 le 12/03/2008
          • Internaute 30375

          J´ai retrouvé un lien vers un sondage publié le 29/02/04 dans ABC.

          Les intentions de vote étaient de 37,2 % et 42,2% pour Mrs Zapatero et Aznar respectivement, pour ce sondage de Demoscopia publié dans un journal pas vraiment gauchisant, deux semaines à peine avant les elections.

          J´ai crû comprendre que les marges d´erreurs des sondages politiques sont de 2-3% pour un duel comme les presidentielles françaises. (2-3% de différence est une egalité technique).

          Mr Zapatero restait court, c´est vrai. Même avec les 7% de IU. etc

          Mais Mr Aznar perdait 2% d´intention de vote en comparaison avec 2000 quand Mr Zapatero gagnait 3% par rapport à 2000, selon se sondage. Une tendance connue depuis des mois.

          Les courbes devaient se croiser et les medias de la droite et de l´Eglise espagnole faisaient tout leur possible pour en retarder la date,
          Et la manipulation de l´information au benefice du pouvoir etait dénoncé par beaucoup (cf DVD cité ds post), toujours plus nombreux.

          Alors avec ces chiffres dire que Mr Zapatero etait gris et mal-aimé me parait peu sérieux, même si l´echec semblait lui être promis aux elections 2004, a-priori.

          Ce qui a changé avec les attentats de Madrid du 11-M, c´est la mobilisation generale des electeurs pour se rendre aux urnes, et surtout ceux de « gauche », décidés tous à renvoyer les politicards menteurs dans leurs foyers.

          Lien

          • Alex Vicente
            Alex Vicente répond à peuapeu
            Journaliste
            • Posté à 13h32 le 13/03/2008
            • Journaliste 9426
              Journaliste

            Je respecte votre point de vue et votre perception personnelle de cette adhesion autour de la candidature de Zapatero, mais je crois que vous dites de choses inexactes. J’habitais en Espagne en ce moment-là et je crois que vos affirmations sont un peu exagerées. D’abord, ce n’est pas vrai que José María Aznar était le candidat de droite en 2004, comme vous le dites. C’était Mariano Rajoy. Et si la liste de gauche avait autour d’un 37% d’intention de vote, c’était plutôt parce qu’elle representait l’alternative et la seule option pour l’électorat de gauche, et pas pour le leadership de Zapatero, dont on a découvert le potentiel après son éléction. Vous pouvez le demander à n’importe quel citoyen espagnol pour le confirmer. Je ne mets pas en cause vos raisons (la possible manipulation que vous mentionnez), mais je ne crois pas que le DVD des réalisateurs est très indicatif.

            • peuapeu
              peuapeu répond à Alex Vicente
              • Posté à 14h46 le 13/03/2008
              • Internaute 30375

              Mea culpa pour Mr Rajoy, vous avez raison entièrement sur ce point.
              Mr Rajoy, architecte de la victoire de Mr Aznar en 2000, dauphin désigné unilatéralement par Mr Aznar pour prendre sa succession, était le candidat de la droite.

              La gauche - le graphique d´ABC l´image - avait aussi les 7% de Izquierda Unida, les 2,1 % d´Ezquerda Republicana para Catalunya. et pouvait compter aussi avec les votes du PNV (1,5%) et du BNG (1,1%), eventuellement, pour faire opposition au bloc PP, CC, CIU.
              Soit 46,3% à gauche + eventuellement 2,6% d´opposition autre = 49,2%, en face du PP (42,2%) et alliés (4%)=46,2%.
              Mais il ne faut pas oublier la trame de la loi electorale, qui donne une correlation entre votes et sièges à Las Cortes irrégulière. Les % ne reflètent pas le parlement final.

              Mr Zapatero etait le leader du parti le plus important mais la gauche espagnole a plusieurs composantes.

              Vous avez raison également parce que les impressions sont très subjectives, dépendent énormement de l´environnement proche.
              Un environnement particulier produira plus volontiers une vision partisane, même à l´insu de leurs auteurs.
              C´est tout le jeu des medias et du pouvoir que de guider l´orchestre en ce sens.
              Et il n´y a pas de doute que l´Espagne pendant le règne Aznar a été abondamment servie en cela.
              La France a connu et connait encore une situation médiatique similaire, que les elections présidentielles ont mise à nu. (Merci Rue89 !)
              Entre les informations tronquées sur - dans le désordre - Prisa, Ertoil, le Prestige, la grêve générale, l´AVE, Gescartera, Sogecable, la television numerique, la médaille du congrès US achetée, le Yak40, et un large etc., et la non consultation du Parlement pour envoyer des troupes en Irak, prise à rebrousse-poil de l´opinion majoritaire, les espagnols avaient de quoi s´inquieter pour l´exercice libre de l´information et de la démocratie, et ils s´inquiétaient vraiment, même confinés à une minorité par les médias.

              Le fatalisme politique du pays impérant, les citoyens pensaient la cause perdue à l´avance pour l´opposition. J´y vois l´explication des 14% dont vous parlez.

              Les langues se sont déliées après l´election de Mr Zapatero et beaucoup en Europe ont été surpris d´apprendre à quel point l´oxygène démocratique commencait à manquer en Espagne. il y avait un réel climat d´oppression psychologique et économique- même si la part de subjectivité compte et vous fait penser à une exagération.

              Croyez-vous que le canular du coup d´etat qui a circulé sur internet à l´époque, repris encore plus médiatiquement par Pedro Almodovar lors d´une conférence de presse, aurait pu prendre pied si le terrain n´avait pas été rendu favorable auparavant par huit années d´aznarisme ?

              L´election de Mr Zapatero allait mal, il est juste de le dire.

              Mais de là à en faire un leader gris et mal aimé, vous exagérez !

              Surtout qu´il s´agit là précisement d´une caracteristique de Mr Rajoy sur la scène politique espagnole depuis 4 ans !

              J´habitais moi-aussi en Espagne à l´époque, depuis plus de dix ans.

        3 autres commentaires
  • Un compte supprime
    • Posté à 03h04 le 12/03/2008
    • Internaute 21837
      nc

    La gauche ferait bien de s’inspirer de la gauche... et renouer avec un projet d’internationnale socialiste, a l’heure de la mondialisation victorieuse de la finance...

    Quand je lis :
    « le gouvernement socialiste espagnol s’est concentré sur le développement de sa politique de coopération internationale en Afrique. Il a depuis commencé à financer des formations professionnelles et des ateliers d’apprentissage sur place. L’immigration illégale avait baissé de 62% dans les six premiers mois de 2007. », et bien ca m’enerve beaucoup : apres une campagne presidentielle durant laquelle les questions internationales n’ont eu aucun poids.

    Etre de gauche aujourd’hui, c’est poser la question socialiste a l’echelle de la planete, c’est a l’ONU et par une politique etrangere optimiste et generuese que le projet socilaiste vivra. Pas dans les banlieues, pas dans les salons parisiens, par sur TF1 ou A2.

  • nono le simplet
    nono le simplet
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 05h59 le 12/03/2008
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    A mon avis ce qui manque à la gauche française c’est un leader incontesté, les idées on en manque pas puisqu’on pas de pétrole.

  • bilou.
    bilou.
    Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)
    • Posté à 08h14 le 12/03/2008
    • Internaute 21503
      Prajñāpāramitā देवौ ऋषी तापसौ (...)

    focus on that one nation world

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 10h25 le 12/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    je crois que les choses vont se passer ici comme elle se sont passées en A llemagne , en ce moment meme beaucoup de militants du SPD qui ce parti pour rejoindre « Linke » le parti d’extreme gauche , les militants sont ecoeurés par la politique du SPD . Si le PS avait gagné les elections presidentielles , je ne dois pas etre loin de la verité en disant que finalement cela aurait acceleré le processus d’implosion du PS . On peux donc comparer la gauche allemande et la gauche francaise , au moins sur ce point . L’extreme gauche outre rhin reussie de beaux scores depuis la fusion , on risque de voir le meme phenomene dans d’autres etats europeens , il se passe quelque chose d’inhabituel dans la gauche europeenne , sans vouloir faire de comparaisons autant hatives que malvenues , tout cela rappelle la montée de l’extreme gauche dans certains pays d’amerique du sud . De toute façon le PS n’a toujours pas compris ce qui lui pends au nez , quand il se reveillera le train sera deja parti !

  • Véro
    • Posté à 10h26 le 12/03/2008
    • Internaute 986

    Depuis l’effondrement du PC en France, le PS fait le grand écart entre gauche et centre gauche.Il faut que le prochain congrés du PS tranche enfin sur deux projets économiques très différents sous peine de rester longtemps encore dans l’opposition avec ses contradictions. Il est temps que la gauche de la gauche se rassemble pour réunir les ex électeurs du PC qui sont toujours présents (nonistes) et que les sociaux démocrates rebâtissent un PS plus crédible comme dans les autres pays de l’UE dont l’Espagne.

    • Network 23
      Network 23 répond à Véro
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 13h58 le 12/03/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Oui, il faut que la gauche de la gauche se rassemble, que les Verts se décident entre gauche de la gauche & centrisme PS.

      Quant au PS, cela fait longtemps qu’il a effectué son « aggiornamento » et qu’il est devenu social-libéral. S’il met encore un peu plus d’orthodoxie économique libérale dans son vin, il va finir par pencher carrément à droite... et ne sera donc plus crédible.

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 10h26 le 12/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    lire : beaucoup de militants quittent ce parti . merci .

    • Network 23
      Network 23 répond à cooper59
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 14h00 le 12/03/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Salut Cooper !

      En cas de coquille, tu peux normalement ré-éditer ton post, pas la peine d’en ajouter un...

      Tous dans la rue pour le 1er Mai, contre la casse du droit du travail ! ! !

      • cooper59
        cooper59 répond à Network 23
        nazer c pueril et con
        • Posté à 20h59 le 12/03/2008
        • Internaute 18535
          nazer c pueril et con

        merci Network ! j’espere faire le 1er mai a Paris , en fin de cortege .

         
        • Network 23
          Network 23 répond à cooper59
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 16h26 le 13/03/2008
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          Tiens tiens... fais attention au service d’ordre du PS, la dernière fois ils avaient pas beaucoup d’humour ! : -)

        1 autres commentaires
  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 10h44 le 12/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    d’accord Vero mais le PS en restera a sa « lutte contre les effets pervers du capitalisme » et cherchera un veritable rapprochement avec les centristes (ex UDF) de Bayrou , Segolene fait tout pour cette alliance de la carpe et du lapin pour maintenir des scores honorables lores des elections , quitte a sacrifier son ideologie ! Et ça , le PS va le payer tres cher , il faut que les communistes se joignent donc au nouveau mouvement de gauche qui va appraitre , s’ils ne veulent pas , tant pis pour eux ils perdront encore des voix .

    • Network 23
      Network 23 répond à cooper59
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 14h03 le 12/03/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      J’suis complètement d’accord, et c’est pour ça que vraiment je ne comprends pas pourquoi le PC a fait liste commune aux municipales à Paris avec Delanoé.

  • AbdulAziz
    AbdulAziz
    PEINARDE
    • Posté à 10h48 le 12/03/2008
    • Internaute 24536
      PEINARDE

    Bravo aux espagnols. Mais parlez nous un peu des désastres immobiliers et écologiques qui les accompagnent.Il va en falloir des centrales nucléaires pour obtenir de l’eau dessalée ! Parlez nous du montant de l’équivalent du SMIC à Malaga .Combien gagne une femme de chambre dans un hotel ? Pour Combien d’heures et de jours de travail mensuel.
    Je m’interroge gentiment pour nos frères espagnols. Mais la comparaison serait encore plus pertinente avec l’Europe de l’est géographique : Polonais,Tchèques,Hongrois,Lettonie,Estonie,Lituanie,Roumanie,Slovènie,Croatie et la Grèce des armateurs milliardaires.
    Allez Bruxelles : On attend le vrai comparatif de l’Europe,largement diffusé et on s’en fout que cela contrarie tes dirigeants.

  • carlos2b
    • Posté à 10h49 le 12/03/2008
    • Internaute 35413

    J’ai retenu principalement deux points : 1-Il n’y a pas de méthode zapatero transposable au PS français, mais une personnalité qui a su s’imposer dans son parti,puis dans son pays. 2-La réussite de zapatero ne semblait pas prévisible avant sa première élection.
    Tous les espoirs sont donc permis au PS...mais faire vite apparaitre le(ou la) zapatero français avant que le PS ne se saborde aux yeux de ses électeurs potentiels.

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 11h17 le 12/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    Franchement les deux PS ne sont pas comparables du tout , les situations politiques non plus , le systeme de regions autonomes , l’ETA , le Roi etc etc Je ne vois pas en quoi la reussite de ZAP serait un espoir pour le PS ! meme en cherchant bien , quand au leader socialiste , le prochain sera certainement Delanoé , on verra bien mais je dois pas etre tres loin de la verité , bon . . .

  • francodiac
    francodiac
    retraité en AFN
    • Posté à 12h02 le 12/03/2008
    • Internaute 31841
      retraité en AFN

    Inutile de comparer ce qui n’est pas comparable, d’autant que chez les espagnols, démocratie, et donc alternance, modernes, sont très jeunes et que le pays, économiquement et socialement, a eu à se construire entièrement après la chute du franquisme.
    Ce qui manque horriblement à la gauche française d’aujourd’hui est l’émergence d’un leader ou d’un directoire, qui n’auraient pas peur des mots tels que rigueur, souffrance (passagère de préférence), cohérence (dans un programme de gouvernement), réformes (plus que nécessaires), équité, civisme et...courage.
    Hors elle continue de s’empêtrer dans des visions surranées et se contente d’être - pour l’instant - une force d’opposition et non de recours. En celà elle est en accord parfait avec l’image légendaire du français : râleur et profondément corporatiste.

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