Sur le terrain 10/03/2008 à 12h19

Bolivie : tensions autour de la nouvelle Constitution

Geoffrey Le Guilcher | Journaliste


Place Murillo, La Paz, le 29 février 2008 (Le Guilcher).

A partir de 14h30, jeudi 28 février, la dynamite ne cessait de résonner place Murillo à La Paz. Signe infaillible que les syndicats des mineurs de Potosi et d’Oruro se sont joints aux autres mouvements sociaux du pays qui occupent la place dite « des trois pouvoirs » (législatif, exécutif et religieux). Cette présence vise à établir un « cerco », sorte de siège, autour du Congrès national où se sont réunis en session extraordinaire députés et sénateurs boliviens afin d’adopter la nouvelle Constitution politique de l’Etat (CPE) et de fixer la date du référendum. Le motif officiel du « cerco » était de faire adopter plus vite la nouvelle CPE, le « dialogue » entre le gouvernement et l’opposition étant au point mort.


Evo Morales, place Murillo, le 29 février 2008 (Le Guilcher).

Vendredi à 7h, sur la même place, Evo Morales promulgue trois lois approuvées le jeudi à 20h15. Ces lois fixent les deux convocations nationales au 4 mai prochain (adoption de la nouvelle CPE et une question concernant l’interdiction du système « latifundio ») et rendent illégaux les référendums « sécessionnistes » des départements de Santa Cruz et du Béni, prévus pour le 4 mai et le 1er juin.


Evo Morales (Le Guilcher).

Face à la place bondée, sur une estrade partagée avec son vice-président (Alvaro Garcia Linera), quelques-uns de ses ministres et les principaux responsables syndicaux, le président de Bolivie prononce son discours entrecoupé par les acclamations des divers mouvements sociaux présents (« cocaleros », mineurs, organisations paysannes…).

Une tradition nationale, « l’illégalisme »

L’opposition, notamment à travers la presse quotidienne qu’elle détient, s’est empressée de déclarer illégale l’adoption de la CPE par le Congrès. Il est vrai que les députés et sénateurs de l’opposition ont souvent été bloqués à l’entrée de l’édifice législatif par les manifestants. Une députée de Cochabamba, Ninoska Lazarte, a même été molestée et prise a partie par la foule, sans que les policiers n’interviennent réellement. De plus le chiffre de parlementaires présents dans l’hémicycle durant la nuit n’a pas été divulgué.

Ainsi l’opposition affirme que la procédure de vote requérant les deux tiers de tous les élus (soit 104 législateurs), nécessaire à un tel changement constitutionnel, n’a pas été respectée. Ainsi, le député Oscar Urenda de Podemos, principal parti d’opposition représentant la droite conservatrice, a ainsi déclaré :

« La population doit commencer à ne plus reconnaitre le gouvernement pour la quantité d’illégalités qu’il réalise. »

Il convient de rappeler que ce parti, créé en 2005, est le descendant direct, ainsi qu’une partie de ses membres, du parti Action directe démocratique (ADN), fondé par l’ex-dictateur Hugo Banzer.


Place Murillo, La Paz, le 29 février 2008 (Le Guilcher).

L’opposition a beau jeu de diriger la majeure partie de ses critiques sur l’illégalité des démarches du gouvernement. Car comme le rappelle l’avocat constitutionnaliste, Carlos Alaxon, dans un article du 26 février paru dans le quotidien paceño La Razon, relatif aux statuts autonomistes des départements de la « media luna », leurs démarches sont inconstitutionnelles, donc également illégales.

Il prend l’exemple de l’Assemblée législative départementale que veux créer Santa Cruz. La création d’une telle institution établirait selon lui une concurrence législative avec le Congrès national. « Inconstitutionnalité du produit », déclare-t-il, tout comme le désir de créer un gouverneur départemental avec des prérogatives beaucoup plus grandes que celles dont dispose aujourd’hui un préfet. Seul l’Etat est en droit d’impulser de tels changements selon la Constitution actuelle toujours en vigueur.


Place Murillo, La Paz, le 29 février 2008 (Le Guilcher).

La radicalité des deux camps se durcit

« Le pays est au bord de la division », affirme Le sénateur Carlos Böhrt (Podemos). Et cette déclaration n’est pas un euphémisme, c’est peut être le seul point d’analyse sur lequel tout le monde est désormais d’accord, gauche et droite confondues.

Vendredi, après le discours de Morales, un des participants au « cerco », Justino Marca, président de Coraca Protal, une association de paysans de Cochabamba, affirme avoir fait le déplacement pour « soutenir Evo et la nouvelle CPE » : « Regarde, tous sont venus, femmes et hommes, il est important d’être ici pour montrer notre détermination. »

Les journalistes de la grande presse se sont fait sortir jeudi de la place sous les crachats et parfois les coups. « Presse vendue ! Presse menteuse ! “, pouvait-on entendre au sein de cette grande cacophonie. Symbole, s’il en était encore besoin, de la fracture existant entre la représentation des événements offerte quotidiennement par les médias et une grande partie de la population.

Et tandis que vers midi tous les mouvements sociaux fêtaient ‘leur victoire’ en s’apprêtant à libérer la place Murillo, l’opposition parlait déjà de ce jour ‘fatidique’ et irréversible qui constitue pour elle ‘un attentat contre la démocratie’.

L’Eglise s’en mêle également, la conférence épiscopale de Bolivie jugeant que ce ‘cerco’ témoigne ‘d’une dépréciation de la vie et d’un exercice irresponsable de la pression’.

Chaque acteur campe sur ses positions de manière toujours plus ferme et déterminée. En dépit de la loi déclarant illégal tout référendum organisé par les départements portant sur leur propre autonomie, Ruben Costas, préfet de Santa Cruz et principal opposant d’Evo Morales, confirmait le maintien de la date du 4 mai pour sa consultation électorale. Il ajoutait que ‘s’était installée dans le pays une dictature déclarée comme-t-elle’.

La palme de la déclaration la plus provocante revenant comme de coutume au préfet de Cochabamba, Manfred Villa Reyes :

‘Le vice-président Garcia Linera a prouvé qu’il cherchait un bain de sang avec l’appui des militaires vénézuéliens.’

Mais du côté du Mouvement vers le socialisme (MAS) on se félicite ‘de ce succès de la démocratie qui va se voir confirmé par la majorité du pays le 4 mai prochain’. Rendez-vous est donné. Mais il est probable que des affrontements comme a connu le pays au cours de l’année 2007 à Sucre ou Cochabamba commencent avant la sanction par les urnes.

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  • NouNouiLL
    • Posté à 13h31 le 10/03/2008
    • Internaute 25838

    Tiens, je suis pas au courant, les affrontements de sucre et de cochabamba étaient pour quoi ? J’ai vaguement entendu une volonté de mettre la capitale à Sucre( ce qui me parait assez énorme si il n’y a pas mouvement sociaux en parallèle) et puis plus rien. Il s’est passé quoi après ?

    Donc ca va casser ma tradition de commentaire ingrat, mais l’article est très bien, ça nous sort de nos municipales.

  • quetzal2012
    quetzal2012
    enseignant précaire
    • Posté à 17h48 le 10/03/2008
    • Expert 26736
      enseignant précaire

    Nous avons là un véritable soutie du peuple à la politique de Morales, mais pas seulement, il s’agit surtout d’en finir une fois pour toutes avec la gangrène que constitue le parti d’opposition héritier de l’ancien parti (Action Directe Démocratique), et d’accélérer un processus démocratique...
    « La population doit commencer à ne plus reconnaitre le gouvernement pour la quantité d’illégalités qu’il réalise. », cette déclaration pathétique du parti conservateur est démentie par la présence des masses travailleuses qui n’attendent qu’une chose, ceci :

    En matière d’éducation, selon l’article 77 : I) L’éducation constitue une fonction suprême et la première responsabilité financière de l’Etat.

    Art 78 : III) Le système éducatif est libérateur et révolutionnaire…

    Art 81 : I) L’éducation est obligatoire jusqu’à la fin du cycle secondaire. II) L’éducation est gratuite à tous les niveaux jusqu’au cycle supérieur.

    Droits des travailleurs : L’article 48 prévoit l’inversion de la preuve en faveur de la travailleuse et du travailleur. IV) Les salaires et les indemnités dus aux travailleurs ont la préférence sur tout autre créance, sont insaisissables et imprescriptibles. V) L’Etat promouvra l’intégration des femmes au travail et leur garantira la même rémunération qu’aux hommes pour un travail égal, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.

    Art 53 : Le droit à la grève est garanti.

    Art 54 : Les travailleurs, afin de défendre leur outil de travail et eu égard à l’intérêt social, pourront relancer et réorganiser des entreprises en liquidation, fermées ou abandonnées de manière injustifiée, et former des entreprises communautaires ou sociales. L’Etat pourra aider l’action des travailleurs.

    En matière de propriété, l’article 56 prévoit que « toute personne a droit à la propriété privée individuelle ou collective, pour autant qu’elle ait une fonction sociale. La propriété privée est garantie pour autant que l’usage qu’on en fait ne porte pas préjudice à l’intérêt collectif. Le droit à l’héritage est garanti. »

    Selon l’article 57, « l’expropriation pourra se faire pour cause de nécessité ou d’utilité publique ou quand la propriété n’accomplit pas de fonction sociale. » Cela vise évidemment notamment certaines grandes propriétés foncières.

    En matière de défense (art. 10), la Bolivie ne pourra accepter aucune base étrangère sur son territoire et ne pourra participer à aucune guerre d’agression.
    ce dernier article n’est évidemment pas fait pour rassasier les assoiffés de contrôle dans les torchons de l’opposition financés (est-il besoin de le rappeller ?) pas le gouvernement Busch ! ! !
    Lien

    • mahatma
      mahatma répond à quetzal2012
      • Posté à 21h52 le 10/03/2008
      • Internaute 11303

      C’est un excellent complément de l’article déjà trés précis de Geoffrey Le Guilcher. Merci pour votre travail d’Information sur ce qui se passe là bas, « y si solo podriamos hacer cercos en nuestro pais tambien (...) »

  • Francois Toulouse
    • Posté à 14h15 le 10/03/2008
    • Internaute 8648

    Merci, grand merci à Rue89 pour cet article qui pour une fois ne caricature pas un pays engagé dans un processus de révolution bolivarienne, ne traite pas son dirigeant de dictateur ou de populiste, dirigeant qui ne cherche qu’à défendre les droits des plus pauvres et des ethnies non blanches.
    Donc merci de ne pas faire comme la presque totalité des médias français (Libé, Le Monde, Arte, etc..) qui mentent sur ces sujets.

  • El Co
    El Co
    internacionalista
    • Posté à 17h23 le 10/03/2008
    • Internaute 35393
      internacionalista

    Je me permets de m’associer aux félicitations de François Toulouse.

    Pour éclairer NouNouill, nous avons en Bolivie une situation actuellement tendue liée aux processus de réforme profonds engagés par l’administration Morales - « la révolution démocratique », comme elle est désignée à La Paz. Cet ensemble de changements profonds (réforme agraire, contrôle des ressources naturelles, alphabétisation, santé, etc.) se cristallise dans le processus de l’Assemblée constituante (réclamée en Bolivie depuis 1989 - et donc pas soufflée par Chávez comme aime à l’écrire la presse européenne).
    Ce processus, long et pénible, a abouti à l’approbation du texte par l’assemblée à Sucre en décembre dernier, au milieu d’un chaos indescriptible teinté de régionalisme chauviniste (Sucre, belle endormie provinciale, voulant redevenir la capitale pleine et entière qu’elle était au XIXème siècle) et de racisme (anti « Indiens de merde »), agités en sous-main par l’opposition la plus réactionnaire.
    L’épisode a mal terminé : après huit convocations à la session finale, empêchée par les manifestants de droite qui frappaient les constituants du MAS s’y rendant ou prenaient par la force les dépendances de l’Assemblée, la session a finalement été convoquée dans la caserne de Sucre, sous protection de l’armée - ce qui est mauvais en terme d’image - et boycottée par le principal parti d’opposition. La caserne a été assiégée par une foule agressive, à coups de cocktail molotov et autres pneus enflammés lancés depuis les collines avoisinantes. Une fois le texte rapidement approuvé, les Constituants ont dû être évacués au milieu de la nuit par l’armée, traverser la rivière voisine à pied, etc. Ceux qui ont été attrapés par la foule ont failli être lynchés (brûlés vifs en fait). Bilan de la triste journée : deux morts (balles d’origine inconnue).

    Le gouvernement veut soumettre la constitution à référendum (on en connaît d’autres en Europe, volontiers donneurs de leçons mais qui n’ont pas ce souci démocratique). L’opposition régionale de Santa Cruz (grosso modo des latifundiaires et des chefs d’entreprise, qui se sont largement gavés sous les régimes dictatoriaux) y voit le risque d’y perdre son pouvoir. Elle promeut donc le concept d’autonomie (à l’espagnole) pour garder la main sur le ressources de ces régions orientales (principalement du gaz, mais aussi l’agroindustrie et le bois). Elle veut aussi réaliser son propre référendum, mais en dehors des cadres de la constitution (le projet de futur constitution prévoit, quant à lui, un processus d’autonomie dont le pays a effectivement grand besoin, ce que personne ne conteste). L’objectif est évidemment celui d’une mobilisation permanente, de provocation envers le gouvernement (imaginez par exemple la région PACA annonçant pour le 4 mai prochain un référendum pour appliquer chez elle le statut de la Catalogne : que doit faire le gouvernement face à cet acte ?), au risque d’une profonde rupture entre deux parties du pays.

    On a donc
    - une opposition oligarchique et réactionnaire, qui de surcroît tient toute la presse (y compris par exemple La Razón, le journal que Courrier International traduit lorsqu’ils mentionnent la Bolivie) ;
    - un gouvernement maladroit et manquant de cadres (c’est sa première expérience de pouvoir) ;
    - des bases très radicales.
    Saupoudrez le tout de magouilles étasuniennes, de présence chaviste (bien plus modérée qu’on ne le dénonce mais pas inexistante) et vous avez la situation bolivienne, dont la tension devrait croître dans les deux mois qui viennent. Ceux qui, en Europe, sont intéressés par une véritable, bien que chaotique, expérience de transformation sociale démocratique resteront vigilants, et éviteront d’y plaquer des grilles de lecture par trop germano-pratines.

    • Network 23
      Network 23 répond à El Co
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 22h53 le 10/03/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      L’opposition oligarchique et réactionnaire est carrément réactionnaire : en clair, d’extrême droite (c’est ici que Klaus Barbie avait trouvé refuge, en soutenant le narco-coup d’Etat de 1980 avec le terroriste néofasciste italien, Stefano Delle Chiaie, impliqué dans l’opération Condor et les attentats liés à Gladio en Italie...)

      La présence américaine, qui soutenait encore Gonzalo Sanchez de Losada alors que celui-ci s’accrochait à son pouvoir, au prix d’une centaine de morts, est aussi réelle dans la zone des Trois Frontières (Paraguay-Argentine-Brésil), lieu investi dans la croisade contre le « terrorisme international ».

      Les Américains ont signé un accord d’immunité pour leurs GIs avec le Paraguay, avant d’investir un aéroport, à Mariscal Estigarribia (Lien)

      Même selon le Guardian, qui reste relativement sceptique, le gouverneur du Haut Chaco, Etat du Paraguay proche de la Bolivie, a fait état de l’acquisition par la famille Bush d’un ranch dans la région. La fille Bush est aller faire un p’tit voyage discret, peut-être pour achats - elle en a profité pour rencontrer le président Duharte (Lien)

      Enfin... la crise en Bolivie couve depuis des années, la presse européenne globalement se fiche de l’Etat le plus pauvre de l’Amérique latine, bien que disposant des réserves de gaz les plus grandes après le Venezuela .

      Evo Morales a été élu suite à une dizaine d’années de crise, marquée notamment par la « guerre du gaz » sous Gonzalo Sanchez de Losada (« Goni l’Américain »), alors que le gaz bolivien devait être vendu - sans être transformé, donc sans valeur ajoutée - à la Californie (mexicaine et états-unienne).

      Sous Evo, le mouvement social continue, à la fois pour l’appuyer et le déborder (Felipe Quispe, leader des paysans Aymaras, étant son principal rival de gauche). Comme d’habitude, la droite et l’extrême-droite bolivienne crie au caractère anti-démocratique des manifestants boliviens, tandis qu’ils applaudissent quand Goni ordonne aux hélicoptères de l’armée de tirer sur El Alto.

      PS : Pour le Canard enchaîné bolivien, voir Lien, c’est bien mieux que la Razon...

  • ex-riverain
    • Posté à 16h01 le 10/03/2008
    • Internaute 35098
      x

    merci surtout quetzal2012 de dire ce qui manquait cruellement a l´article et empêchait de comprendre les enjeux. l´article commente surtout la forme, le caractere légal ou pas de réformes sociales majeures. en fait, on s´en tape. l´important, comme le dit également Francois Toulouse, c´est le bénéfice que peut en tirer la majorité.
    Tiens l´Eglise est du côté de l´ordre vu par les riches ?
    oooooooooh, comme c´est étrange...c´est pas la miséricorde qui les empêche de dormir...

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 16h36 le 10/03/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    Sur ce point : « Presse vendue ! Presse menteuse ! », pouvait-on entendre au sein de cette grande cacophonie. »....c’est comme chez nous.

    Lien

    L’une des grandes promesses du président bolivien Evo Morales était une profonde réforme agraire. Celle-ci prévoyait l’expropriation des détenteurs de terres non cultivées au bénéfice des 200.000 familles de paysans sans-terre.
    Mais sur le terrain, cette réforme qui avait provoqué l’inquiétude des propriétaires terriens de l’est du pays, région la plus riche, se heurte finalement à leurs intérêts.

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 19h09 le 10/03/2008
    • Internaute 21378
      Précaire

    En France c’est souvent les grands bourgeois, les journalistes, les religieux qui ont fait avorter les révolutions (comme celle des Canuts à Lyon en 1831).Courage Morales ! !

  • antonio Monteiro
    antonio Monteiro
    Musicien
    • Posté à 04h27 le 11/03/2008
    • Internaute 30082
      Musicien

    Ne nous y trompons pas, il s’agit d’un processus d’émancipation nationale. J’irais jusque á dire de décolonisation. Sans vouloir en remettre, la Bolivie me rappelle tellement l’Afrique du Sud, avant Mandela. Sauf que, ici tout le monde s’en fout ! Car voyez-vous, le mouvement Indigène n’est certainement pas de nature à plaire à tout les biens pensants : des revendications à la SFIO, égalitaires et frondeurs, défendants une autre vision de la Coca et de son économie, rien ne leur est épargné.

    Ce qui se passe en Bolivie est scandaleux, oui, ici sans aucun doute, la main des États Unis est présente.

    Monsieur Morales doit tenir.

  • cooper59
    cooper59
    nazer c pueril et con
    • Posté à 08h55 le 11/03/2008
    • Internaute 18535
      nazer c pueril et con

    helas , je ne suis pas sur du tout qu’il va tenir ! il a contre lui les fanatiques de Banzer , la presse ( ce sont les memes) , les financiers , les USA etc etc . Je me rapelle les reactions de vierges effarouchées auxquelles on a assisté , ici en France , quand Chavez a fermé cette espece de chaine de tv ( fox news version venezuela) qui appelait au coup d’etat tous les jours ! Je crois pouvoir dire qu’il n’y a pas un seul media d’importance qui n’appartienne pas a la droite bolivienne !

  • supprimé à la demande du riverain 28.04.09
    • Posté à 09h16 le 11/03/2008
    • Internaute 21776

    Je suis hors sujet mais je tiens juste à vous faire part de cet article et concernant le Président Hugo Chavez....

    LES $300 MILLIONS DE CHAVEZ AUX FARC : UNE INVENTION
    PALAST Greg

    Raul Reyes et son ordinateur portable magique
    Rédaction : bien que les événements aient évolué depuis la rédaction de cet article de Greg Palast, ce dernier nous donne un petit - tout petit - aperçu de l’étendue de la désinformation, volontaire ou non, à laquelle les grands médias peuvent se livrer. Bonne lecture quand même.

    C’est dingue, non ?

    Le semaine dernière, la Colombie a envahi l’Equateur, a tué un chef de la guérilla dans la jungle, puis a ouvert son ordinateur portable et… devinez ce que les Colombiens ont trouvé ? Un message à Hugo Chavez selon lequel il aurait envoyé 300 millions de dollars aux FARC pour acheter de l’uranium et fabriquer une bombe !

    C’est ce que Bush nous raconte. Et il le tient de son copain, l’étrange président d’extrême droite de la Colombie, Alvaro Uribe.

    Donc : une fois l’acte accompli, la Colombie justifie sa tentative de provoquer une guerre des frontières comme un acte destiné à éliminer la menace d’une Arme de Destruction Massive ! Hum... on a déjà entendu ça, quelque part...

    La presse étasunienne a repris l’histoire des « 300 millions de dollars de Chavez aux terroristes » en moins de temps qu’il n’aurait fallu au jeune Bush pour sniffer un rail de poudre colombienne.

    Ce que la presse étasunienne a omis de faire [pas que cette presse là, d’ailleurs – NDT] c’est de vérifier l’information fournie par un courrier électronique trouvé dans un ordinateur portable magique. (On suppose que les dernières paroles du dirigeant des FARC furent, « et mon mot de passe est … »)

    J’ai lu ce courrier. Et vous aussi vous pouvez le lire, ici : Lien...

    Vous pouvez lire tout le document en espagnol, mais voici la traduction du seul et unique passage qui fait mention des prétendus 300 millions de Chavez :

    « … en ce qui concerne les 300, que nous désignerons désormais comme le “dossier”, des efforts sont déployés sur instructions du chef au “cojo” (terme d’argot pour “handicapé”), que j’expliquerai dans un autre courrier. Appelons le patron “Angel” et le handicapé “Ernesto” ».

    Vous avez compris ? Où est Hugo ? Où sont les 300 millions ? Et de quels 300 parle-t-on ? En fait, remis dans le contexte, la note parle de l’échange d’otages avec les FARC sur lequel Chavez travaillait à l’époque (le 23 décembre 2007), à la demande du gouvernement colombien. En réalité, tout le reste du courrier ne parle que des modalités d’échange des otages. Voici la suite :

    « pour accueillir les libérés, Chavez propose trois solutions : Plan A. Recourir à une “ caravane humanitaire ” qui impliquerait le Venezuela, la France, le Vatican [ ? ], la Suisse, l’Union Européenne, des démocrates [société civile], l’Argentine, la Croix-Rouge, etc. »

    Pour ce qui concerne les 300, il me faut souligner que le précédent échange des FARC concernait 300 prisonniers. S’agit-il des mêmes 300 dont parle Reyes ? Qui sait ? A la différence d’Uribe, de Bush et de la presse US, je ne vais pas me lancer dans des conjectures ou inventer une histoire fantasmagorique sur Chavez et des courriers envoyés au milieu de la jungle.

    Pour apporter de l’eau à leur moulin, les Colombiens affirment, sans aucune preuve, que le mystérieux « Angel » est le nom de code de Chavez. Mais dans le courrier découvert, Chavez est appelé par le nom de code de… Chavez.

    Et alors ? Et alors, ceci…

    L’invasion de l’Equateur est une violation flagrante du droit international, condamnée par tous les pays latins membres de l’Organisation des Etats d’Amérique. Mais George Bush a tout simplement adoré. Il a appelé Uribe pour soutenir la Colombie contre « les assauts incessants des narco-terroristes ainsi que les manœuvres provocatrices du régime vénézuelien ».

    Notre président s’est peut-être bien un peu mélangé les pinceaux, mais Bush sait ce qu’il fait : il soutient son dernier allié vacillant en Amérique du Sud, Uribe, qui est désespéré et dans une situation politique difficile. Uribe affirme qu’il va traîner Chavez devant la Cour Pénale Internationale. Si Uribe s’y rend en personne, je lui suggère d’apporter sa brosse à dents : on vient de découvrir que des escadrons de la mort d’extrême droite on tenu des réunions préparatoires dans le ranch même d’Uribe. Les amis d’Uribe ont été convoqués devant la Cour Suprême colombienne et risquent la prison.

    En d’autres termes, c’est le moment où jamais pour Uribe de sortir ce vieux lapin politique de son chapeau, la menace d’une guerre, pour noyer les accusations de crimes portées contre lui. De plus, les attaques d’Uribe ont littéralement mis fin aux négociations en tuant le négociateur des FARC, Raul Reyes. Reyes était en pourparlers avec l’Equateur et Chavez sur un nouvel échange de prisonniers. Uribe avait autorisé les négociations. Cependant, Uribe savait que si ces négociations aboutissaient à la libération de prisonniers, tout le crédit en serait revenu à l’Equateur et à Chavez, et tout le discrédit sur lui.

    Heureusement pour un continent au bord d’une explosion, le président de l’Equateur, Raphael Correa, est un des hommes les plus réfléchis et les plus posés qu’il m’est arrivé de rencontrer.

    Correa s’est rendu à Brasilia et Caracas pour tenter d’empêcher un embrasement. Tout en plaçant des troupes à la frontière car aucun chef d’état ne peut tolérer de voir des blindés étrangers fouler le territoire national. Correa refuse que l’Equateur serve de sanctuaire aux FARC. En fait, l’Equateur a démantelé 47 bases des FARC, plus même que l’armée corrompue de la Colombie.

    Pour sa gestion calme et posée de la crise, je vais pardonner à Correa de s’être excusé d’avoir qualifié Bush de « Président crétin (dimwitted - NDT) qui a causé beaucoup de dégâts dans son pays et dans le monde. » (voir un extrait de mon interview de Correa ).

    L’heure des amateurs a sonné

    Nous pouvons faire confiance à Correa pour maintenir la paix au sud de la frontière. Mais pouvons-nous faire confiance aux futurs ex-présidents ? L’actuel occupant du bureau ovale, George Bush, ne peut tout simplement pas s’en empêcher : une invasion illégale par un promoteur des escadrons de la mort lui conviendrait parfaitement.

    Mais devinez qui n’a pas pu s’empêcher d’imiter Bush ? Hillary Clinton, qui en est encore à expliquer que son vote en faveur de l’invasion de l’Irak n’était pas un vote en faveur de l’invasion de l’Irak, a fait une déclaration en termes quasi identiques à ceux de Bush, qualifiant l’invasion de l’Equateur comme le droit de la Colombie « à se défendre ». Elle ajouta, « Hugo Chavez doit cesser ses provocations ». Ah bon ?

    Je pensais qu’Obama éviterait ce terrain miné – surtout après avoir été accusé d’être un amateur en politique étrangère pour avoir suggéré qu’il franchirait la frontière Pakistanaise pour pourchasser les terroristes. Il est embarrassant de voir Barack répéter pratiquement mot pour mot les phrases de Hillary en déclarant « le gouvernement Colombien a tout à fait le droit de se défendre ».

    (Je suis certain que la position de Hillary n’a rien à voir avec le prêt pour sa campagne électoral accordé par Frank Giustra. Giustra a versé plus de 100 millions de dollars aux projets de Bill Clinton. L’année dernière, Bill Clinton a présenté Giustra à Uribe, le président Colombien. Aussi sec, Giustra a signé un accord juteux avec Uribe sur le pétrole colombien.)

    Sans oublier M. Héros de la Guerre, John McCain, qui en tient déjà une sacrée couche, et qui a déclaré que « Hugo Chavez est en train d’instaurer une dictature » probablement parce que, contrairement à Bush, Chavez, lui, fait compter tous les bulletins de vote lors des élections vénézueliennes.

    Mais voici que les choses deviennent vraiment vicieuses.

    Le critique des medias Jeff Cohen m’avait dit qu’il fallait guetter le moment où la presse allait commencer à qualifier McCain d’expert en politique étrangère et les Démocrates d’amateurs. Et ça n’a pas loupé. Le New York Times, dans son édition de mercredi, qualifia McCain de « pro de la sécurité nationale ».

    McCain, c’est ce « pro » qui avait affirmé que la guerre en Irak ne coûterait pratiquement rien en terme de vies et d’argent.

    Mais, parlant de l’invasion de l’Equateur par la Colombie, McCain a dit « j’espère que les tensions baisseront, que le président Chavez retirera ces troupes de la frontière – de même que les Equatoriens – et que les relations continuent à s’améliorer entre les deux. »

    Ce n’est pas tout à fait de l’anglais (les approximations grammaticales de McCain ont été plus ou moins rendues dans la traduction française – NDT), mais ce n’est définitivement pas du Bush. Et bizarrement, ce n’est définitivement pas du Obama ou du Clinton en train de saluer bruyemment l’agression Colombienne contre l’Equateur.

    Démocrates, entendez-vous ? Il y a quelque chose de pire que de voir les medias accuser Obama et Clinton d’être des amateurs, et c’est de voir les candidats Démocrates se démener comme des fous pour leur donner raison.

    Greg Palast
    6 mars 2008

    Traduction par Le Grand Soir

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    Mancks
    intermittent et précaire
    • Posté à 09h57 le 11/03/2008
    • Internaute 31386
      intermittent et précaire

    ...Sans oublier que cette « opposition » a été au pouvoir longtemps avec l’aide des militaires et des U.SA. Que cela a été une dictature sanglante dans les années 70, conseillée par un certain KLaus Barbie, lieutenant-colonel de l’armée bolivienne, trafiquant de drogue et chef de groupe paramilitaire.
    Et qu’encore une fois cette droite sud-américaine, incapable d’accepter une alternance démocratique, choisit la solution de l’affrontement et de l’instabilité car grande est sa haine du rouge ( 11/09/1973 coup d’état au Chili,200 coups d’états en bolivie en 50 ans + tentative d’assassinat sur Siles Suazo, candidat à la présidence en Bolivie début 80).
    Alors il faut comprendre la détermination du peuple face à ces grands propriétaires et industriels qui ont participé à ces dictatures sanglantes,ces grands amis de criminels nazis.

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 11h40 le 11/03/2008
    • Internaute 25388
      sur le fil

    Je regrette un peu que l’article n’explique pas dès le départ quel est l’enjeu. En quoi la nouvelle constitution est elle dangereuse pour l’opposition conservative, quelles avancées cela produit etc... J’ai du attendre le milieu de l’article pour recevoir le minimum d’info pour comprendre les enjeux, et je ne sais toujours pas les grandes lignes de cette contstitution et ce qu’elle de révolutionnaire.

    Bref sujet intéressant mais traité un peu à la légère.

    • quetzal2012
      quetzal2012 répond à ecor1
      enseignant précaire
      • Posté à 12h15 le 11/03/2008
      • Expert 26736
        enseignant précaire

      voir ma note un peu plus haut...

  • kantuca
    kantuca
    globe trotter précaire
    • Posté à 21h06 le 12/03/2008
    • Internaute 35584
      globe trotter précaire

    Dans les années 75, 80au temps de la guerre froide, la Bolivie riait de manière ironique et faisait des plaisanteries quand les Russes ont annoncé « que querian la paz » (ils voulaient faire la paix avec les Etats Unis d’Amérique du nord).

    Dans les années 2004 les boliviens ont perdu l’humour et puis la patience lorsque Gonzalo Sanchez de Losada, le président a voulu vendre le gaz naturel (La Bolivie posséde d’importantes ressources en gaz naturel) aux USA, son pays d’adoption.

    Le peuple a réagi et a pris le taureau par les cornes, le président d’alors a fui aux Etats unis avec toute son équipe (une équipe étrangère venue spécialement des USA et d’Europe pour travailler à lui faire gagner le poste présidentiel et démocratique du pays andin).

    Maintenant avec Evo Morales, un dirigeant indien au pouvoir élu démocratiquement, le peuple veut la répartion des richesses de manière équitable.
    La droite conservatrice, habituée à amasser la richesse ne veut pas lâcher le morceau...
    La droite va essayer de faire échouer les réformes populaires (acccés à la santé à l’éducation, projet sur la réforme agraire des terres appartenant aux grands propriétaires...).

    Peut-être vont-ils chercher à avoir la peau d’Evo Morales sous n’importe quel prétexte (Cocainero, trafiquant...)ou comme contre Chavez, accusé d’aider les FARCS .
    On se souvient qu’en Irak les américains ont trouvé des documents faux vrais ou vrais faux compromettant ce pays quant à son armement nucléaire. On connait un peu plus la vérité maintenant...