Décryptage 17/07/2011 à 20h06

Armée et nation : pourquoi Eva Joly n'a pas dit une bêtise

Pascal Riché | Redchef Rue89



Illustration de Chris Morin

L’accusation contre Eva Joly, prononcée bruyamment à droite et mezzo voce au PS, a été extrêmement brutale. Cette Norvégienne, a-t-on entendu sans relâche depuis quatre jours, ne comprend pas l’histoire de France.

  • François Fillon : « Cette dame n’a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française. »

  • Marine Le Pen : « Madame Joly ne comprend strictement rien aux liens profonds entre le peuple français et son armée. »

  • Max Gallo : vouloir « nier ou effacer » ce genre de rite républicain, c’est aller « à l’encontre de l’histoire de la nation ».

Au delà de la polémique – indigne – sur la légitimité d’Eva Joly à parler de ce sujet du fait de sa double nationalité, la question soulevée par ses détracteurs mérite réflexion. Est-ce aller « à l’encontre de l’histoire de la nation » que de vouloir effacer le défilé militaire du 14 Juillet ?

A partir de 1792, il a fallu faire la Révolution et la guerre


Bataille de Valmy

L’argument le plus communément avancé est qu’il existe, au cœur de l’alchimie qui a fait la République, un lien sacré armée-nation. Pour comprendre, il faut se replonger dans l’histoire de la Révolution, dont la dynamique étonnante ne cesse d’être analysée par les historiens.

A partir de l’été 1792, la France est entrée en guerre contre les puissances monarchiques ou impériales liguées contre elle. Il a fallu faire la Révolution ET la guerre : conduire les deux, sachant que le front révolutionnaire est fragile.

Joly : « Je m’intéresse à l’armée »

Dans une interview à Libération, samedi, elle précise :

« J’ai passé une année entière, en 1996, à suivre la formation de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN, établissement public chargé de former des civils et des militaires aux questions de défense).

Je suis l’une des seules personnalités politiques à m’être penchée de si près et de manière aussi technique sur la question de notre armée. »

Guerre et Révolution... L’historien marxiste Claude Mazauric, dans son livre « Sur la révolution française » (1970), n’hésitait pas à fusionner les deux : « La guerre est une composante naturelle de la Révolution » écrivait-il, comme si cela allait de soi.

Ce qui est vrai, c’est que la guerre a été le vecteur qui a permis de radicaliser la Révolution et d’en cimenter le socle idéologique. « La guerre va être le nœud de l’unité et de la surenchère révolutionnaire », écrit François Furet dans « Penser la révolution française ».

Le peuple s’est emparé de cette guerre : une guerre de libération, une guerre de « valeurs ». Là est sans doute le creuset du lien armée-nation, symbolisé par l’image de Valmy.

« Nul ne peut oublier que sans l’armée française, victorieuse à Valmy, la révolution française que nous célébrons le 14 Juillet, aurait connu un autre sort », a commenté le député PS Arnaud Montebourg dans un communiqué sur « l’affaire Joly ».

C’est par la guerre que le problème de la fragilité du front révolutionnaire (bourgeois, peuple urbain, paysans...) a été résolu. La guerre a été tellement intériorisée dans la conscience révolutionnaire que la paix est devenu synonyme de « contre-révolution »...

Le 14 juillet 1789, trop sanglant

Ce que l’on sait peu, c’est que lorsque la journée nationale du 14 Juillet a été instaurée bien plus tard, en juin 1880, il n’était pas question de célébrer la moindre goutte de sang.

La date du 14 Juillet a donc été choisie non seulement en souvenir de la prise de la Bastille, mais aussi en mémoire de la très pacifique Fête de la fédération du 14 juillet 1790. Les débats au Sénat, le 29 juin 1880, en font foi. Dans son rapport, le sénateur Henri Martin déclare :

« Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France. »

La Fête de la fédération est une fête du rassemblement des Français de tous les départements (les « fédérés ») et de la paix. Ce fut une fête pacifique, la fête de la concorde nationale sur le Champ-de-mars (voir la gravure ci-dessous). Même le roi y a assisté.


Fête de la fédération

En 1880, le besoin de concorde nationale est aussi pressant. Il s’agit alors, face aux menaces internes (monarchistes) et externes pesant sur la jeune République, de souder le pays et de « transformer les paysans en Français », pour reprendre l’expression de l’historien Eugen Weber. Tous symbole était bon à prendre. La Marseillaise a été déclarée (pour la seconde fois) hymne national un an plus tôt. Et la devise Liberté, Egalité, Fraternité commence à orner les frontons...

Lorsqu’on instaure la fête nationale, il est naturellement convenu de faire défiler les militaires. Il faut amadouer l’armée, encore dominée par la droite conservatrice -et souvent antirépublicaine. Par ailleurs, il faut se souvenir du contexte : il s’agit d’effacer l’humiliante défaite de Sedan face à la Prusse et aux Etats allemands, d’afficher à la face du monde le redressement militaire et patriotique de la France.

On décide alors de commencer la fête par un défilé, suivi d’un déjeuner, de jeux et enfin par des bals et des feux d’artifices.

Après la Première Guerre mondiale, le 14 juillet 1919, la France victorieuse célèbre sa force, quelques jours après la signature du Traité de Versailles. (Voir la vidéo INA)

Après 1945, c’est la défaite de 40 qu’il faudra effacer symboliquement : dès 1946, le défilé est de retour, de la Porte de Vincennes à la Bastille.

Le péché originel de la Ve République

Mais ce qui explique peut-être encore plus la vivacité des réactions aux propos d’Eva Joly est peut-être à chercher ailleurs : dans les événements à l’origine de la Ve République.

En expliquant qu’on pouvait se passer de défilé militaire le 14 Juillet, Eva Joly a remué un sale secret. Un peu comme quand, lors d’une fête de famille, un invité évoque par maladresse un secret familial refoulé.

Le secret, le voici : l’armée, en mai 1958, contrairement à tout principe républicain, a manqué de loyauté face aux représentants civils de la nation. Le Comité de salut public présidé par Massu refuse de se soumettre au gouvernement Pfimlin, auquel les députés ont pourtant accordé leur confiance.


La une du Figaro du 14 mai 1958 

Il appelle De Gaulle à constituer un gouvernement de salut public pour « sauver l’Algérie de l’abandon ». De Gaulle pourrait le moucher et affirmer que ces militaires en situation insurrection doivent obéir au pouvoir civil ; il ne le fait pas. « Je me tiens prêt à assumer les pouvoirs de la République », déclare-t-il plutôt. Cultivant l’ambiguïté :

« Quant à l’armée, qui est normalement l’instrument de l’Etat, il convient qu’elle le demeure. Mais encore faut-il qu’il y ait un Etat... »

Un coup d’Etat gaulliste se fomente (l’opération Résurrection). On connaît la suite : tractations, démission de Pfimlin, nomination de De Gaulle, fin de la IVe République.

Le besoin d’afficher chaque année le lien peuple-armée

Bref, l’image d’une nation solidement réconciliée avec son armée est un peu simpliste : elle a connu un gros accroc. En réalité, les relations entre le pouvoir civil républicain et le pouvoir militaire ont, à de nombreuses reprises, été ambiguës.

Les cinq républiques ont toutes été, dans des circonstances bien différentes, « abrégées par un sabre », pour reprendre l’expression de l’historien Jean-Robert Ragache dans le « Dictionnaire de la laïcité », qui lui même fait référence au fameux « Je cherche un sabre » de l’abbé Siéyès.

Réafficher solennellement, chaque mois de juillet, le lien entre le peuple et son armée était donc encore plus nécessaire sous la Ve République. Il fallait montrer, symboliquement, que le pouvoir militaire était solidement intégré à la République : soumis à celle-ci.

La République a bien changé depuis 1958

Ce que ceux qui critiquent Eva Joly ne saisissent pas, c’est que la République n’est pas figée, qu’elle n’est plus la même que sous la guerre d’Algérie. Qu’elle évolue sans cesse. Et si l’insistance sur le rôle de l’armée avait du sens à certaines époques de notre histoire, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Un débat similaire a eu lieu sur l’hymne national. Y a-t-il encore du sens à crier « aux armes », gronder contre « l’étendard sanglant » de la tyrannie, glorifier le « sang impur “ qui abreuve nos sillons ? Une ‘Marseillaise de la Paix’ a été proposée en 1986 par Pierre Weil  :

‘Vivons la Liberté
Et la Fraternité
Chantons,
Dansons,
D’un seul élan
Vibrons à l’unisson !’

Même à droite, on se rend compte que l’hymne est désormais déplacé. En 2007, Christine Boutin a proposé elle aussi de changer l’ordre des couplets de La Marseillaise pour le rendre ‘ moins sanguinaire ’.

Dans une France en paix avec ses voisins, un symbole déplacé

Il en va de même pour le défilé. Son sens historique, dans une France en paix avec ses voisins, et avec une armée qui n’est plus composée d’appelés mais de professionnels, n’est plus aussi capital.

Et dans un monde où les défilés militaires sont le plus souvent les apanages de dictatures ou autres régimes totalitaires (et rares en Europe), le symbole projeté par la France à la face du monde est de plus en plus déplacé.

En remettant en cause la glorification de la puissance militaire de la République, Eva Joly est en réalité dans le sens de l’Histoire. A plusieurs reprises, d’ailleurs, des initiatives ont été prises par des Présidents, de gauche comme de droite, pour gommer l’aspect militaro-cocardier du défilé du 14 Juillet :

  • Le 14 juillet 1989, un deuxième défilé, très festif a été organisé dans la soirée : ‘La Marseillaise’, spectacle de Jean-Paul Goude.

  • Le 14 juillet 1994, des soldats allemands de l’Eurocorps ont participé au défilé.

  • Le 14 juillet 2007, enfin, des soldats des 27 pays européens étaient aux côtés des troupes françaises.

Ces différentes initiatives ne font que refléter la contradiction actuelle : quel sens y a-t-il, en Europe, à exhiber sa puissance militaire nationale ?

Dans l’ADN de la République, bien d’autres symboles à célébrer

Effacer le défilé militaire, pour le remplacer par un autre rite plus en phase avec la République actuelle, ne va pas ‘à l’encontre de l’Histoire’, contrairement à ce que dit Max Gallo. C’est prendre acte d’une évolution vers une plus grande ouverture.

L’ADN de la République est riche, il ne repose pas uniquement sur l’alliance entre le peuple et l’armée. Il reste suffisamment d’ingrédients dont on peut faire de jolis défilés : liberté, laïcité, fraternité, universalisme, solidarité intergénérationnelle...

Mais, étant donné la fébrilité qui entoure cette question, cette nécessaire réforme d’un symbole dépassé devra sans doute se faire par étape.


Dessin de Baudry

►Mise à jour. 18/07/2011 Sur la suggestion de Robert Zaretsky, ajout d’un paragraphe de contexte sur 1880.

  • 110510 visites
  • 447 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Pascal Riché
    Pascal Riché répond à Tom-
    Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
    • Posté à 21h01 le 17/07/2011
      éditeur
    • Journaliste 7
      Redchef

    1) J’ai écrit : « le plus souvent » l’apanage. Les anglosaxons. Pourquoi omettez vous ce bout de phrase ?
    Je vous conseille cette lecture :
    Lien

    2) Vous écrivez par « par exemple ». Quelles sont les autres « contre-vérités » ? Débatttons de bonne foi, je vous prie !

    • Tom-
      Tom- répond à Pascal Riché
      • Posté à 01h10 le 18/07/2011
      • Internaute 9410

      1) Très bien. Le plus souvent. C’est entendu. Vous comptez de bonne foi assimiler la France à une dictature militaire ?

      Excellente lecture que France info pour les rappels internationnaux !
      Les défilés militaires n’ont plus cours en République Fédérale Allemande depuis 1945 ?
      Plus de défilés du tout dans toute l’Allemagne depuis la réunification ?
      Lien
      Et en Norvège, pays d’origine du drakar de Mme Joly non plus, pas de défilé militaire du tout ?
      Mais que font ces braves gens ?

      « Si je vous invitais à évoquer d’autres pays qui ont des défilés militaires, vous trouvez la Russie, la Chine, la Corée du Nord est-ce que vous trouvez des pays démocratiques européens ? »
      a dit Eva Joly, d’après France Info. Suit un articulet du même genre que le votre qui va dans le sens de sens d’Eva Joly, avec photo de soldats de ce qui ressemble à une dictature (le Paraguay) à l’appui.
      Sauf qu’à la question d’Eva Joly, la réponse est oui, tous les pays de la façade méditéeranéenne de l’Europe démocratique ont des défilés militaires le jour de la fête nationale et tous les pays qui ont une armée la font défiler d’une manière ou d’une autre.

      Eva Joly s’est appuyé sur des arguments inexactes.
      Vous aussi, puisque vous en appelez à la bonne foi.

      2) La réponse du PS, si elle a été « mezzo voce », n’a pas été « extrêmement brutale ». C’est l’un ou l’autre.

      La démagogie qui consiste à mettre tout et tout le monde dans le même panier, ça craint. Et c’est ce que vous faites tout au long de votre édito.

      Ce qui a coalisé paysannerie et bourgeoisie bien plus sûrement que la guerre révolutionnaire, c’est la vente des bien nationaux et la distribution des terres de l’église. La guerre et la levée en masse puis la conscription ont non pas soudé la paysannerie des champs à la bourgeoisie des villes. La guerre a créé des révoltes paysannes d’Alsace en Vendée en passant par le sud de la France et le Massif Central. Faut-il que je vous cite côte-à-côte un bout d’historien marxiste et un bout d’historien de droite pour appuyer le rappel de ce simple fait ?

      Pas plus de militaires sur le Champ de Mars que dans les rues d’Oslo, ce 14 juillet 1790 ? Débats au Sénat de 1880 à l’appui ?
      Suivez donc vos propres conseils.

      « Rappelez-vous donc que ce jour-là, le plus beau et le plus pur de notre histoire, que d’un bout à l’autre du pays, les Pyrénées aux Alpes et au Rhin, tous les Français se donnèrent la main. Rappelez-vous que, de toutes les parties du territoire national, arrivèrent à Paris des députations des gardes nationales et de l’armée qui venaient sanctionner l’œuvre de 89. »

      Ah merde ! Est-ce que par hasard les seuls provinciaux qui se sont déplacés ce jour-là et qui méritent d’être mentionnés par le Sénateur Henri Martin, ne seraient pas en uniforme, par hasard ?
      Ca expliquerait pourquoi le 14 juillet 1880, il y a eu aussi un défilé militaire. En tous cas ça lève une incohérence dans votre récit de la commémoration « de la très pacifique Fête de la fédération » qui débouche sur un étalage de canons.

      Le « coup d’Etat » de De Gaulle n’est un « secret » pour personne. Cette fausse conspiration du silence vous sert d’illustration à un procès en sorcellerie fallacieux.
      Car de là à laisser entendre (en toute bonne foi, vous ne pouvez nier que c’est votre thèse) que c’est un sabre de l’armée Française qui aurait abrégé les quatre Républiques précédentes, c’est oublier un peu vite le rôle des coalisés de la Révolution Française et accessoirement celui du troisième Reich.

      Si vous voulez débattre de bonne foi, écrivez des articles de bonne foi.

       
      • A déménagé le 13-10-11
        A déménagé le 13-10-11 répond à Tom-
        non connu
        • Posté à 13h07 le 18/07/2011
        • Internaute 29372
          non connu

        « [...] Plus de défilés du tout dans toute l’Allemagne depuis la réunification ?
        Lien [...] “

        Je ne sais si c’est de la mauvaise foi ou plus simplement une méconnaissance de la langue allemande, mais votre vidéo n’est pas un défilé de la Bundeswehr, comme cela est clairement expliqué dans les tous premiers commentaires de ladite vidéo.

        De plus votre photo n’indique en RIEN que c’est un défilé militaire le jour d’une fête nationale.

        Enfin, pour terminer, ce n’est pas parce que la France a des ‘ voisins’ cons qu’il faut l’être aussi...

        • Tom-
          • Posté à 13h24 le 18/07/2011
          • Internaute 9410

          J’ai pas prétendu qu’il s’agit d’un défilé de la Bundeswehr. Le commentaire indique que c’est un défilé donné à l’occasion d’un championnat militaire de tirs. C’est donc un défilé militaire de tireurs d’élite. La musique est celle de la Bundeswehr. Les participants viennent de différentes unités.
          Quant aux Norvégiens, ça n’est pas un défilé militaire le jour de la fête nationale puisque il n’y a pas de défilé militaire le jour de la fête nationale en Norvège.

          Mais l’article de France Info indique qu’il n’y a plus du tout de défilés militaires dans ces pays. A l’évidence, ette affirmation est fausse. Ca existe dans tous les pays. Pas forcément le jour de la fête nationale.

          Après, libre à vous de considérer la moitié des pays d’Europe occidentale comme des cons, sur la base de l’existence de parades militaires le jour de la fête nationale. Si c’est là que vous mettez la connerie, ben tant mieux si ça vous aide à vous sentir mieux ;

      2 autres commentaires
  • Taur
    Taur
    ...
    • Posté à 20h49 le 17/07/2011
    • Internaute 83338
      ...

    Vous oubliez de parler des défilés des troupes de la libération après 1918 et après 1945. Ces mêmes troupes qui ont libérés nos villes et nos villages.
    Je suis alsacien, l’Alsace a beaucoup souffert des 3 guerres (1870, 1914 et 1939) et est reconnaissante envers les troupes françaises.
    Personnellement, j’ai 34 ans et je tiens à ce défilé.
    La France a changé, certes, les guerres ne sont plus les mêmes, mais beaucoup tiennent encore à leur armée.
    Et sans armée, le plan vigipirate, il devient quoi ?

    • zicosas
      zicosas répond à Taur
      le retour
      • Posté à 21h29 le 17/07/2011
      • Internaute 99796
        le retour

      pourquoi ce commentaire est il sélectionné (par hasard ?) parce que c’est plutôt très bête ou alors deuxième degré...

    • demat22
      demat22 répond à Taur
      teacher
      • Posté à 21h29 le 17/07/2011
      • Internaute 87664
        teacher

      Mais nom d’ une pipe ,il ne s’agit pas de supprimer
      l’ armée mais le DE-FI-LE du 14 juillet ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

      • yabon
        yabon répond à demat22
        Klingon
        • Posté à 10h29 le 18/07/2011
        • Internaute 98602
          Klingon

        « Mais nom d’ une pipe ,il ne s’agit pas de supprimer l’ armée »

        Et l’Eva Joly qui proposerait ça n’est pas prêt de naître.

      • Taur
        Taur répond à demat22
        ...
        • Posté à 21h31 le 20/07/2011
        • Internaute 83338
          ...

        Mais nom d’une pipe c’est de conserver le défilé en hommage aux hommes qui se sont battus pour la nation et qui la protègent qu’il s’agit ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    • Irfan
      Irfan répond à Taur
      • Posté à 21h42 le 17/07/2011
      • Internaute 30779

      Sans défilé militaire du 14 juillet, ou avec un plus petit défilé de militaires inclus dans un défilé civique très large, peut-être que le plan vigipirate peut être plus efficace entre le 13 et le 15 juillet, si vous y tenez tant.
      Je ne vois pas trop le rapport entre votre âge, votre origine, et le sujet, mais si vous y tenez... je suis en ce moment en Alsace, je travaille sur des archives (départementales, de la CUS, des églises) de l’Entre-deux-guerres, et je trouve que l’Alsace a beaucoup profité de ce statut de « province qui a tant souffert », s’est beaucoup plaint, a beaucoup reçu, et continue à se percevoir comme si différente... pourtant les mouvements pangermanistes, les influences très fortes de l’extrême-droite en Alsace, une certaine amitié pour certaines théories très à droite, y sont forts. L’Alsace a souffert des guerres, oui, comme toute la France, mais elle y a aussi tenu une position ambiguë.
      Si vous tenez à la France, tenez vous à l’article Ier de sa Constitution ? Acceptez-vous d’être ENFIN laïques ? Il faudrait aussi demander à la droite qui accuse les arrivés trop récents de ne pas comprendre la culture française (républicaine).

      • herve trezen
        herve trezen répond à Irfan
        bientôt les vacances
        • Posté à 23h00 le 17/07/2011
        • Internaute 79316
          bientôt les vacances

        Les stalinens avaient la facheuse manie de rendre les gens responsables des agissements réels ou supposés de leurs grands-parents. Ce qui leur permettait d’envoyer par fourgons entiers à l’abattoir les gens ne correspondant pas à leur programme de formatage mental.

        Moralement, c’est exactement ce que vous faites avec le lecteur Taur, né en 1977, qui n’est donc pour rien dans les saloperies historiques que vous lui balancez gratuitement à la figure. Il cherche simplement à exprimer sa reconnaissance vis-à-vis de l’armée française et vous lui balancez une série de glaviots. Pas joli-joli.

        Alors je le dis comme je le ressents : vous êtes soit un stalinien, soit un naze. Probablement les deux, en fait.

         
        • ljos
          ljos répond à herve trezen
          photographe / géologue
          • Posté à 23h22 le 17/07/2011
          • Internaute 32902
            photographe / géologue

          Taur, malgré ses 34 ans, fait exactement la même chose en nous balançant à la gueule une histoire qui a 70 ans, sans prendre en compte ce qui s’est passé depuis ... la construction européenne par la paix, la réconciliation avec nos voisins allemands et italiens, etc, etc, etc ...

          D’après vous qu’est-ce qui fait le socle de notre république actuelle ? pourquoi sommes nous européens ? etc, etc ...

          C’est certes grâce à la fin plutôt heureuse de la II guerre mondiale ... mais c’est avant tout grâce à des hommes prestigieux qui ont voulu œuvrer pour la paix et mettre la guerre de côté sur notre continent.

          Pour un défilé du 14 juillet, je préfèrerais qu’on honore ces gens là plutôt que des chars Leclerc, des Rafales Dassault, etc ....

          Pour rendre hommage à nos soldats, nous avons le 8 mai et le 11 novembre qui pourraient idéalement remplir cet office.

          Le 14 juillet, beaucoup souhaiterait que ce soit le peuple qui soit honorer.

          J’ai également 34 ans et je vis également dans un territoire avec une histoire complexe et un lien ambigüe avec la France : la Savoie. Je n’oublie pas l’histoire de ma région et de ma culture. Mais elle est intimement plus marquée par les 34 ans de ma vie que des évènements qui l’ont précédé. Et je préfère regarder devant moi et devant l’histoire de mon pays plutôt que de toujours ressasser les mêmes rancœurs.
          .......

          au passage, ça me fait toujours marrer les gens qui cataloguent juste après avoir lu 2-3 lignes d’une personne ... en oubliant totalement la complexité de notre personnalité. Mais peut être que vous n’êtes pas complexe ... ce serait désolant en fait.

        1 autres commentaires
      • Taur
        Taur répond à Irfan
        ...
        • Posté à 21h30 le 20/07/2011
        • Internaute 83338
          ...

        Mouvement pangermanique ? Un pur fantasme...

        > L’Alsace a beaucoup profité de ce statut de « province qui a tant souffert », s’est beaucoup plaint, a beaucoup reçu,

        Indiquez voir quoi ?

        > L’Alsace a souffert des guerres, oui, comme toute la France.

        Je suis alsacien, je ne vais pas expliquer combien les bretons ont souffert n’étant ni breton ni historien.
        Et d’ailleurs je ne me larmois pas, je constate juste que l’Alsace est reconnaissante envers les troupes de la libération.

        > Je ne vois pas trop le rapport entre votre âge, votre origine, et le sujet

        Pour l’origine et le sujet, c’est en rapport avec les 3 guerres et les défilés des 14 juillets associés. Pour mon âge c’est pour faire comprendre que je n’en ai connu aucune mais que le devoir de mémoire subsiste.

    • Vin cent
      Vin cent répond à Taur
      étudiant
      • Posté à 06h18 le 18/07/2011
      • Internaute 164054
        étudiant

      Bonjour,

      je suis étonné qu’on continue à extraire le discours de Mme Joly de son contexte. Si l’on regarde bien, Eva Joly a prononcé ces mots au sortir d’une réunion « d’associations syndicales, politiques et de Résistants ».

      « Pour elle, “ il y a une antinomie ” entre le passage de chars sur cette place et les discours qu’y ont prononcé jeudi les anciens Résistants.
      “ Ce n’est pas des valeurs que nous portons (…). Je pense que le temps est venu de supprimer les défilés militaires du 14 juillet parce que ça correspond à une autre période ”, a-t-elle estimé en fustigeant “ cette France guerrière ”. “
      (cf. Lien)
      Si on analyse correctement ces propos, on voit bien qu’Eva Joly n’est pas opposée à la valorisation de l’armée française. On peut difficilement lui reprocher d’avoir oublié le rôle de la résistance, ni le lien entre Nation et armée.

      Cela s’éclaire d’ailleurs à la lecture de son interview par libération où elle déclare :
      ‘Je ne suis pas contre les défilés militaires en tant que tels. Mais le 14 Juillet, ce n’est ni le lieu, ni le moment, pour ce genre de manifestation. Le 11 Novembre ou le 8 Mai sont beaucoup plus adaptés. [...] Je souhaite que l’on revienne à nos fondamentaux en ce qui concerne la fête nationale de notre pays. La République serait beaucoup mieux symbolisée par un défilé des personnes qui contribuent chaque année à entretenir le pacte républicain en travaillant au service de l’Etat ou dans des associations.’
      (Lien)

      On voit bien que la question de la place de l’armée dans l’identité française (qui doit exister, et qu’on devrait célébrer à d’autres dates plus pertinentes, comme celles commémorant les armistices, les libérations, la Résistance), mais de l’armée instrumentalisée par le pouvoir dans des défilés de démonstration force (et non de démonstration de considération pour les soldats) dont le seul but est d’étaler l’attirail technologique, de montrer la ‘puissance militaire’, de d’exposer son potentiel de riposte face aux autres pays. Encore une fois, elle ne remet en cause ni l’armée, ni les soldats (qu’elle respecte et pense qu’il faut des dates pour honorer leurs engagements et combats), mais leur instrumentalisation par le pouvoir.

      Et pour mémoire, elle ne veut en aucun cas supprimer le 14 juillet
      ‘ J’ai rêvé que nous puissions remplacer ce défilé (militaire) par un défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les seniors défiler dans le bonheur d’être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent ’, a déclaré Mme Joly à l’AFP, en marge d’un rassemblement pour les valeurs de la République.
      (cf. Lien)

      • Taur
        Taur répond à Vin cent
        ...
        • Posté à 21h22 le 20/07/2011
        • Internaute 83338
          ...

        J’ai bien compris qu’elle ne cherchait qu’à supprimer le défilé militaire du 14 juillet, pour éventuellement le replacer à une autre date. Et bien, moi j’y suis opposé et je trouve très à propos de laisser ce défilé le 14 juillet, comme il le fut depuis 1880, et surtout en 1919 et après la 2nde GM.
        Pour le défilé citoyen, personnellement je ne vois aucun intérêt à faire défiler des écoliers, des étudiants et des séniors en lieu et place de ceux qui risquent leur vie tous les jours (pompiers, gendarmes, militaires).

    • dzerjinski
      dzerjinski répond à Taur
      « ne vous indignez pas, (...)
      • Posté à 10h01 le 18/07/2011
      • Internaute 162727
        « ne vous indignez pas, (...)

      Hesh nix verstande du !

      Il ne s’agit pas de supprimer l’armée, ni même de supprimer le 14 juillet, mais de poser la question de la meilleure manière de le fêter.
      Donc plan vigie pirate : hors sujet !

      Maintenant quand au rapport des Elssässer à l’armée française elle est dans la reconnaissance certes, mais de manière plus nuancée et ambigüe qu’on ne pense. Cela serait de l’angélisme, ou plutôt du folklorisme que de donner l’image du Alsace inconditionnellement reconnaissante à la France...

      L’article montre bien que le rapport armée-nation n’est pas aussi net que l’on veut le faire croire.

      Ceci dit, là où je serais d’accord avec vous , c’est que l’argument du « trop sanglant » me paraît tout aussi suspect.
      C’est une des caractéristiques du politiquement correct actuel de vouloir tout pacifier. Or nous vivons dans un monde qui est tout autre que pacifique. La chute du mur en mettant fin à l’« équilibre » de la terreur a rendu à nouveau possible les guerres conventionnelles. Sans parler la violence économique que le système totalitaire libéral désormais dominant fait subir de manière plus ou moins féroce à tout un chacun. La volonté de pacifier à tout prix est une volonté de neutraliser. c’est oublier que parfois la colère est légitime et l’usage de la force nécessaire.

      Mais revenir au rapport complexe de la nation à son armée, et plus spécifiquement en Alsace.

      Cela se lit dans la rue.

      A Strasbourg par exemple, il existe une Rue des Zouaves. Mais si l’on lit le panneau en alsacien on lit « schwaawegas » (rue des souabes) Comment les Souabes sont-ils devenus des Zouaves. Sans doute parce qu’historiquement les deux ont défilé dans Strasbourg.

      Mais plus intéressante encore la recherche de Didier Daeninckx
      Lien sur la « rue du 22 novembre ».

      Le 22 novembre 1918 fut le jour de la libération de Strasbourg par les troupes françaises, certes. Mais ce qui est drôle, c’est que les français n’ont pas libéré Strasbourg des allemands mais des soviets. En fait les soldats alsaciens enrôlés dans l’armée allemande participèrent aux mutineries de Kiel et à la constitution des soviets. De retour en Alsace, il furent le fer de lance de l’élan révolutionnaire qui secouait à cet époque toute l’Europe.

      Le 11 novembre 1918 le drapeau rouge flottait sur la cathédrale de Strasbourg.

      Hesh’s gewest des ?

      • Taur
        Taur répond à dzerjinski
        ...
        • Posté à 21h16 le 20/07/2011
        • Internaute 83338
          ...

        1) L’Alsace ne se résume pas à Strasbourg.
        2) Concernant les noms de rue en alsacien, de nombreuses rues ont deux noms, un français et un en alsacien qui diffère du 1er parce qu’on est allé cherché l’ancien nom de la rue. Ainsi une Gsetzgassle pourra être renommée rue du commando de Cluny parce que c’est le commando qui a libéré le village.
        3) > Il ne s’agit pas de supprimer l’armée
        Ce n’est malheureusement pas le propos de tous ceux qui écrivent contre le défilé militaire.
        4) Les troupes françaises ont libéré nombre de villes et villages en Alsace où ils ont été accueilli en héros et libérateurs.
        5) > En fait les soldats alsaciens enrôlés dans l’armée allemande
        En Alsace les soldats étaient incorporés de force. Un de mes grand pères a servi l’armée française avant d’être réquisitionné par les allemands, devant son refus ils lui ont fait faire un tour dans un camp de concentration.
        6) > De retour en Alsace, il furent le fer de lance de l’élan révolutionnaire qui secouait à cet époque toute l’Europe.
        Il y a eu quelques révolutionnaires séparatistes en Alsace après la libération, le peuple a massivement refusé la séparation d’avec la France.
        Parmi les soldats incorporés dans l’armée allemande, beaucoup voulaient le retour de la France.

         
        • dzerjinski
          dzerjinski répond à Taur
          « ne vous indignez pas, (...)
          • Posté à 07h41 le 21/07/2011
          • Internaute 162727
            « ne vous indignez pas, (...)

          Donc point par point :

          1) Personne n’a prétendu cela.Il aussi Thann et Rammersttat, etc...
          2) « Gsetzgassle » : rue de la loi. Là encore personne ne l’a nié. Mais vous ne pourrez pas nier non plus qu’il y a des flous artistiques dans certaines traductions assez symptomatiques de certains jeux de mémoire : La rue de Veaux (Kalb) qui était anciennement une rue Kolb, nom d’une famille de la bourgeoisie de Strasbourg.
          3) Vous caricaturez ainsi que le font beaucoup en cette histoire.
          C’est une caractéristique de la France de transformer tout débat en polémique. Ni Eva Joly, ni tout individu doué un tant soit peu de bon sens ne pourrait vouloir supprimer l’armée. Passez d’une réflexion sur la manière de fêter le 14 juillet à l’accusation que l’on veut supprimer l’armée, c’est là une très audacieuse hyperbole, une grande simplification et un argument fallacieux qui ne peut être soutenu sans une grande naïveté ou une mauvaise foi certaine.
          4/ Là encore vous vous battez contre vos moulins à vent. Personne n’a prétendu le contraire.
          5/ Attention ! On est dans la première ou dans la seconde guerre, là ? Si votre camp est le Struthof c’est la seconde. Ach ! Le très sensible sujet des « malgré nous » en Alsace ! Dans presque toutes les familles alsaciennes il y a des fils morts sur le front russe ou internés au Struthof.
          Mais je connais aussi une dame que les parents ont fait taire lorsqu’enfant à la libération de sa ville elle avait demandé à sa mère : « Pourquoi le monsieur il est plus en gris (vert de gris) mais en vert (kaki) ? ... Cela aussi, c’est une réalité. Cela n’invalide en rien les nombreux actes de résistance au quotidien des alsaciens.
          J’ai même lu le livre d’un prêtre qui avait déserté du front russe, était revenu en Alsace, et là face à la crainte de voir son petit-frère arrêté ou incorporé de force, était retourné vers l’Est pour retrouver son unité !
          6/ Mais qui vous parle de séparatisme ! Des soviets !
          L’esprit qui anime les soviets à cette époque là est la Révolution Prolétarienne et non le séparatisme.La Révolution est internationaliste.
          Bien sûr qu’une majorité des alsaciens ont toujours été historiquement pour la France, mais vous ne me direz pas que vous n’avez jamais entendu : “Ah wen de Hitler weder kaeme !” ou “De Hitler hats schnael regaelte !”
          Il y a le cliché et il y a la réalité. Le cliché de l’Alsacien a été soigneusement construit dès la fin du XIX ème siècle par la propagande française et repris avec esprit par Germain Müller au lendemain de la seconde.Jules Verne dans les 500 millions de la Begum décrit une guerre entre Franceville et Stahlstad et se donne comme héros pour sauver la première un alsacien.
          Mais enfin “redde m’r nime devon”
          Sowiso m’r sen d’leztte »
          Ou pas ...

          PS : j’ai remis le texte intégral de l’article de Daeninckx A lire aussi sa nouvelle « Le fantôme de l’arc ciel » (dans le recueil « Main courante » ) ou plane celui d’Oradour...

          22 novembre 1918 : écrasement du Soviet de Strasbourg
          Le texte suivant est un article de Didier Daeninckx de novembre 2000.

          « 11 novembre 1918 : le drapeau rouge flotte sur Strasbourg et l’Alsace proclame la République des soviets...

          Un jour, venant de Strasbourg où j’étais allé repérer les décors d’une nouvelle, je me suis arrêté devant la plaque d’une importante voie de la capitale alsacienne, la “ rue du 22 novembre ”. Je ne saurais dire pourquoi cette dénomination avait attiré mon attention, mais j’avais demandé à un passant à quel événement elle faisait référence. “ A la Libération, en 1944 ”, m’avait-il répondu. Un simple coup d’oeil sur un livre d’histoire régionale m’apprit que les troupes du général Leclerc avaient fait leur entrée fulgurante dans Strasbourg le 23. La plaque émaillée bleu comportait une grossière coquille historique, ou alors elle commémorait un autre fait marquant. Un ami alsacien émit l’hypothèse que ce 22 novembre avait à voir avec l’armistice de 1918. Je lui rétorquai que dans ce cas, l’erreur ne portait plus sur une journée mais sur onze, la fin des hostilités ayant eu lieu le 11 novembre à midi.

          Une visite dans les archives de la bibliothèque nationale et universitaire, place de la République, l’ancienne Kaiserplatz, me donna la surprenante solution : Strasbourg avait bien été libérée le 22 novembre 1918, mais pas de l’armée allemande ! Les troupes françaises avaient mis fin à un soviet de soldats, d’ouvriers, de paysans... Une telle affirmation demande à être étayée, et il faut revenir à la fin du mois d’octobre de cette année-là pour y voir plus clair. L’Allemagne impériale a perdu la guerre, mais quelques généraux ultras, dont Ludendorff veulent tenter un baroud d’honneur en prenant appui sur la puissante flotte de guerre. La troupe refuse de marcher. A Kiel, sur la Baltique, les marins se mutinent et se constituent en Soviet. Les syndicats ouvriers les rejoignent, et des détachements d’insurgés, drapeaux rouges en tête, se rendent dans les villes voisines pour gagner les habitants à leur cause. Une quinzaine de milliers d’Alsaciens et de Lorrains sont alors incorporés dans la Kriegsmarine, et nombre d’entre eux participent à ces événements. Certains décident de soulever leurs deux provinces natales soumises à une véritable disette, et qui sont agitées de forts mouvements de mécontentement.

          Le 8 novembre, la population de Strasbourg apprend la proclamation de la République des conseils de Bavière. Le lendemain, des milliers de manifestants envahissent la place Kléber pour acclamer les premiers détachements de marins arrivés du nord de l’Allemagne. Des dizaines d’officiers sont dégradés en public. Un train d’insurgés est bloqué au pont de Kiehl, et un commandant loyaliste fait ouvrir le feu. Le soldat Fir est abattu. Ses camarades prennent le contrôle de la ville jumelle de Strasbourg, de l’autre côté du Rhin, puis traversent le fleuve. La bourgeoisie allemande de Strasbourg ne cesse de faire appel aux troupes françaises, afin de mettre un terme aux troubles. Un slogan court les quartiers bourgeois :
          “ Plutôt Français que rouges !”.

          Les marins révolutionnaires alsaciens se forment en Conseil de soldats de Strasbourg, et exigent du gouverneur Von Rohden la libération des détenus, la liberté de presse et d’expression, la levée de la censure sur le courrier, le droit de manifester. Les prisons ouvrent leurs portes, les Conseils se rendent maîtres des bâtiments publics et toutes les marques d’autorité comme les insignes, les grades sont supprimées. La ville se hérisse de drapeaux rouges dont l’un va même flotter sur la flèche de la cathédrale !

          Toutes les forces sociales tentent de s’assurer le contrôle du mouvement en se fondant dans le Conseil des ouvriers et soldats, présidé par le secrétaire du syndicat des ouvriers brasseurs, Rebholz, qui annonce l’abdication de Guillaume II, à Berlin, et proclame l’avénement d’un pouvoir populaire. Les murs de la ville se couvrent d’affiches “ Nous n’avons rien de commun avec les États capitalistes, notre mot d’ordre es : ni Allemands ni Français ni neutres. Le drapeau rouge a triomphé ”. Une trentaine de commissions organisent la vie quotidienne : transports, finances, ravitaillement, démobilisation, justice... Des grèves radicales éclatent, comme celle des cheminots.

          Le dirigeant social-démocrate strasbourgeois Jacques Peirotes fait appel au Grand Quartier Général français et demande aux généraux de “ hâter leur entrée à Strasbourg, la domination des rouges menaçant de prendre une fin tragique ”. L’entrée dans la ville était prévue pour le 25, mais son appel est entendu. Les troupes marchent sans relâche et pénètrent dans les faubourgs le 22 novembre 1918. Le Conseil des ouvriers et soldats déclare qu’il “ a rempli sa mission, même si, compte tenu des circonstances, il n’a pu réaliser son idéal politique ”. Il décide de remettre l’autorité militaire entre les mains du commandement français. Le général Gouraud fera savoir qu’il ne reconnaît ni le Soviet des ouvriers et soldats, ni aucune des mesures qu’il a édictées. Le 22 novembre, le premier acte symbolique de l’armée française sera d’occuper le Palais de justice où siégeait le “ Soviet de Strasbourg ”. La troupe s’empare des usines, les décrets sociaux sont annulés, les salaires ramenés à leur niveau de septembre 1918, les “ agitateurs ” sont expulsés. On choisit les sous-préfets parmi les officiers, des commissions de contrôle de la population, présidées par un officier du 2ème Bureau sont mises en place.

          Il en sera de même dans toutes les villes des deux provinces perdues en 1870. Car le Soviet de Strasbourg n’a pas été une création unique : le premier Conseil a vu le jour à Haguenau, le 9 novembre suivi dans la soirée par Mulhouse. A Saverne les soldats se mutinent, comme à Sélestat. A Colmar le Conseil siège à la mairie, et le futur Feldmaréchal Rommel viendra s’y plaindre des vexations dont sont victimes ses officiers ! Partout sur le front des Vosges on fraternise, on manifeste, drapeaux rouges en tête. En Lorraine, les nombreux immigrés italiens se joignent au mouvement. A Metz, le Conseil siège à l’hôtel de ville sur lequel flotte un drapeau turc dont on a passé le croissant au minium... Des Conseils prennent les usines en charge, on occupe les mines, comme à Knutange. A Algrange, Hagondange, Rombas, les grèves éclatent. A Thionville c’est un acteur, Seelow, qui dirige le conseil, un aumônier militaire à Sarrebourg, un pasteur à Neuf-Brisach...

          Un jour que j’évoquais cette épopée et le nom de cette ville de garnison, Neuf- Brisach, mon ami Rémy Fisch, délégué mineur des potasses d’Alsace, m’a interrompu.

          – Neuf-Brisach ! Maintenant, je comprends mieux ce que me racontait mon père... Il nous disait des choses bizarres, lors des banquets familiaux, mais tout le monde se moquait de lui... Il parlait des soviets et chantait une chanson, “ Hop là ”, en faisant valser les chapeaux, les casquettes...

          Je l’ai suivi à Soultz, sur laquelle veille la masse imposante des collines du Vieil Armand et il m’a traduit les paroles de Joseph Fisch qui, toute sa vie, ne s’est exprimé qu’en alsacien et en allemand :

          – Quand j’ai été mobilisé, en 1917, je travaillais aux fortifications du Vieil Armand. Le 9 novembre 1918, on nous a rassemblés pour nous envoyer sur le front de l’Est. On a fait étape à Neuf-Brisach. Là, il y avait un rassemblement de six mille soldats. La première chose que j’ai vue, c’est un officier supérieur allemand dégradé devant tout le monde, obligé de rendre son épée et ses distinctions. L’atmosphère était surchauffée. La foule entonnait des chansons populaires pleines de joie. Certains chantaient des airs révolutionnaires. La manifestation parcourait la ville et dès qu’on rencontrait un gradé, on l’arrêtait et on disait : “ Hop là, donne tes galons, sinon tu prends une claque ”. Après, ce qu’on a eu en tête les copains et moi, c’était de ficher le camp le plus vite possible, et rentrer chez nous, à Soultz. Quand on est arrivé, le 10, on est tombé sur un défilé qui venait de la gare, musique en tête. La population de Soultz portait en triomphe Richard Heisch. C’était un responsable socialiste internationaliste, libéré de prison sous la pression du Conseil de Colmar. Heisch était tenancier de bistrot. Il a pénétré dans son troquet et, hop là, il a sauté sur une table et harangué les soldats allemands pour les appeler à partir, pour la paix entre les peuples. J’avais dix-huit ans, je n’oublierai jamais ces journées-là.

          Je crois aujourd’hui que si la plaque de rue strasbourgeoise signale le jour mais reste silencieuse sur l’année, c’est pour faire oublier la force de ce qui se disait là, au coeur d’une l’Europe meurtrie. »

          • Taur
            Taur répond à dzerjinski
            ...
            • Posté à 21h50 le 21/07/2011
            • Internaute 83338
              ...

            Bonjour,
            en tout cas merci d’avoir pris le temps de répondre et de documenter autant.
            Pour ce qui est de se battre contre des moulins à vent, je ne livre pas ici de batailles, c’est juste des posts à des articles avec en toile de fond quelques discussions sur d’autres pages. Beaucoup de vent, certes je l’admet. :)
            Pour info, l’exemple sur Gsetzgassle (nom véritable d’une rue de Mulhouse) est purement fictif (le nom à Mulhouse a juste été traduit) quoi que très représentatif de la façon dont les rues sont renommées (je n’ai pas le souvenir des corrélations exactes des noms de rue en français et en alsacien - vous me direz qu’il suffirait juste que je sorte dans la rue pour les noter :) ). Mais votre référence à Thann et Rammersmatt est très sympathique, soit que vous connaissiez, soit que vous vous êtes donné la peine de chercher.
            Concernant les flous artistiques, c’est souvent ce que l’on rencontre le plus dans l’histoire des hommes et dans les noms de lieux qu’ils nomment.
            Cordialement

            • dzerjinski
              dzerjinski répond à Taur
              « ne vous indignez pas, (...)
              • Posté à 23h45 le 21/07/2011
              • Internaute 162727
                « ne vous indignez pas, (...)

              Ttrès cordialement d’abord « E gueter Aawe ! » Ensuite je comprends votre flou artistique : vous êtes un haut-rhinois ! ; -)
              Pour la documentation : c’est un principe. Ne parler qu’après s’être informé. Même si de nouvelles données sont toujours susceptibles de modifier le jugement... En l’occurrence, il y a ce que je savais, et que j’ai vérifié sur certains points pour ne pas parler en vain. Et ce que j’ai découvert lors de ces vérifications.
              Il y a un livre sur le nom des rues de Strasbourg qui est paru il y a quelques années et sur lequel j’ai eu à travailler. En faisant des recherche par extension sur les noms des rues d’autres villes alsaciennes et d’autres régions de la France. J’avais d’ailleurs vaguement à l’époque aussi fait quelques tours en Belgique, mais là c’était déjà le « carrousel des frites ».

              Maintenant ce que je ne comprends pas c’est pourquoi vos « inventez » un exemple. Un faux n’est « représentatif » de rien. Par contre, je comprends maintenant pourquoi je ne comprenais pas le si radical changement de « Gsetzgassle’ » en « commando de Cluny » (devenu 4ème Choc chargé de l’épuration.) Encore que théorique c’est possible.

              Vous avez 34 ans. Je suis un peu plus âgé que vous.

              Pour Thann je connaissais. Pour Rammersmatt vous m’inviterez au resto ; -).

              Maintenant dire que j’entends tout à fait le fond de ce que vous dites. ET d’abord qu’un alsacien se trouve « choqué » lorsqu’on attaque (ou plutôt que l’on « pense » sans réfléchir, qu’on a l’impression donc...) ce qui a fait que tant des nôtres sont morts pour cela ! Mais...

              Avez-vous ce fabuleux film : « Un taxi pour Tobrouk “ ? Vous souvenez-vous de la scène du défilé ? Lino se fait engueuler par un ‘français moyen’ (pour moi peut-être collabo) parce qu’il n’enlève pas son chapeau alors qu’il a TOUT vécu ! Vous ne connaissez pas le film ? Aznavour et Hardy Krüger ?

              Maintenant si vous réfléchissez : est-ce que justement cela ne serait pas le plus profond désir des peuples qui ont connu la guerre de ne pas l’oublier c’est évident. Mais aussi de s’en souvenir, non pas sur le mode de la commémoration de la puissance militaire, mais sur le celui du passage à autre chose ?
              D’un autre rapport des peuples ?

              Tenez : un exemple simple !
              Le plus ardent de désir de De Gaule a toujours été celui de la réconciliation. Dès 1947, selon un programme national, si je me souviens bien des enfants de l’Allemagne vaincue venaient passer leurs vacances en Alsace entre autres...

              Vous parlez de 70, 14, 45 !
              Mais dites moi ce que pensent nos voisins allemands aujourd’hui en voyant ces commémorations là sous cette forme là !

              Vous établissez un lien arbitraire entre le 14 juillet de 89 (et / ou 90 ) et les guerres de 70.14.18 Mais à quoi correspond ce lien.

              En tant qu’Alsacien, vous n’ignorez pas qu ’historiquement l’Allemagne fédérale est plus démocratique que la France monarchiste et centraliste.

              Mais plus simplement, est vous savez que de même que dans toutes les familles alsaciennes il y a toujours eu des résistants, il y a aussi toujours eu des cousins allemands dans la famille, non ?

              Vous avez 34 ans dites-vous. Alors, interrogez vos ‘aldi’ (pas la marque ! gott verd...)

              Que ressent un habitant de Kehl et de Fribourg lorsqu’il nous voit ainsi défiler ?

              Regardez les grecs !
              Qu’ont-ils fait de leurs guerres ?
              Des défilés ? Mouais ... J’ai pas les références exactes là (il faudrait que je me lève et trouve dans ma bibliothèque. Je vous le donne demain si vous voulez.) mais il y a de cela comme défilé, mais plutôt chez les romains qui serait à la source de la représentation théâtrale. Un défilé festif et non militaire...
              Je ne parle pas du défilé de la victoire mais de la commémoration.

              Autre idée qui rejoint : la Tragédie grecque comme commémoration de ce qui a le plus marqué les hommes : la guerre ! Or de la guerre on ne retient que le tragique.
              L’histoire des hommes et né de là.

              Mais retenez simplement ceci : faites visiter aujourd’hui, dans le cadre de la commémoration de ces guerres, à nos amis allemands, les fêtes militaires que nous en faisons et dites-moio leurs réactions.

              A guewter aawe (désolé pour la transcrpition ‘exacte’ demandez au professeur Matzen)

              • dzerjinski
                dzerjinski répond à dzerjinski
                « ne vous indignez pas, (...)
                • Posté à 23h52 le 21/07/2011
                • Internaute 162727
                  « ne vous indignez pas, (...)

                Petites fautes non corrigées et fin de texte flou ; forcément car il faudrait le résumé de plusieurs thèses pour expliquer le rapport guerre/tragédie et/ou défilé militaire/représentation théâtrale...

        4 autres commentaires
    • A déménagé le 11-01-2012
      A déménagé le 11-01-2012 répond à Taur
      non connue
      • Posté à 10h54 le 18/07/2011
      • Internaute 134733
        non connue

      Je suis mort de rire, la naiveté est vraiment bien distribuée...vous croyez réellement que le plan vigipirate est une réussite grace à l’armée ? Vous n’envisagez pas la possibilité que c’est du tape à l’oeil pour des naifs comme vous ?

      • Taur
        • Posté à 20h59 le 20/07/2011
        • Internaute 83338
          ...

        Les attentats de Madrid et Londres devaient sans doute aussi être du tape à l’oeil et les victimes des gens naïfs ?

    • yabon
      yabon répond à Taur
      Klingon
      • Posté à 10h54 le 18/07/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      « Et sans armée, le plan vigipirate, il devient quoi ? »

      Le plan vigipirate ? C’est dans la loi Adopi qui est aussi tellement géniale que le bouclier fiscal et la réforme des retraites qu’il va falloir nous la refaire au ralenti ?

      Sinon, le plan vigipirate est fait pour que le niveau d’alerte ne soit jamais en dessous de 2.

    • Tristian
      Tristian répond à Taur
      moi-même
      • Posté à 11h46 le 18/07/2011
      • Internaute 121503
        moi-même

      Joli, on dirait vraiment que vous êtes maso.

      Alors, vivement une 4ème, juste pour vous faire plaisir, histoire que les Alsaciens comme vous puissiez souffrir, encore un peu plus (et, de nouveau, juste chez vous).

      Chez nous, en Suisse, il y a encore des gens qui sont content de la totale inutilité de notre armée. Mais, ca peut changer n’importe quand.

      Bon, ca doit être très frustrant, pour vous, qui n’avez pas encore mon age, de ne pas avoir eu la chance de souffrir comme vos vieux.

      • Taur
        Taur répond à Tristian
        ...
        • Posté à 20h57 le 20/07/2011
        • Internaute 83338
          ...

        @Tristian

        Maso ? Pour avoir une armée pour ce défendre. Au contraire, c’est du masochisme de ne pas en avoir.

        > Chez nous, en Suisse [...]

        En Suisse vous avez 3 semaines de service militaire par an.

        > Bon, ca doit être très frustrant, pour vous, qui n’avez pas encore mon age, de ne pas avoir eu la chance de souffrir comme vos vieux.

        Effectivement, je suis bien content de ne pas être passé par le Stroutthof (camp de la mort) comme un de mes grand-pères qui fut bien content du retour de l’armée française.

         
        • Tristian
          Tristian répond à Taur
          moi-même
          • Posté à 00h59 le 21/07/2011
          • Internaute 121503
            moi-même

          Vous n’avez pas l’air de connaître la différence entre un camps de la mort, et un camp de concentration (ceux qui utilisent le travail pour rendre libre, comme ceux du roi du caoutchouc).

          Mais, vous avez raison, il y a, aussi, beaucoup de hongrois et de roumains qui ont été très content d’avoir été libéré par l’armée rouge.

          Oui, en Suisse, on a la chance de pouvoir nous rendre compte, par nous-même, de la totale inutilité de notre armée.

          J’ai bien quelques amis qui ne le supportaient pas, et qui sont parti dans la légion. Pour les catholiques, il y a aussi l’option Vatican.

          Par contre, les défilés, en Suisse, l’armée essaye d’éviter un maximum.

          Moi, mon grand-père, il était mobilisé à Genève, et il devait interdire à la population de s’approcher des trains allemands venant d’Italie, rempli de gens qui criaient comme du bétail qu’on amène à l’abattoir.

          Ceux-là, ils ont dû finir dans des vrais camps de la mort.

          Je trouve assez dommage du manque de débats, au sujet de l’armée, de la défense, et des guerres, comme si ca avait toujours été comme ca, que c’est normal, et que rien ne devrait changer.

          Bon, grâce à la démocratie directe, en Suisse, c’est un débat qui a le droit d’être ouvert, mais, ca débouche rarement sur quelque chose.

          Là, je trouverais vraiment très bien que vous débattiez un peu, sur le sujet, en France. Et comme c’est seulement pendant vos présidentielles que vous pouvez le faire, c’est un peu dommage de ne pas profiter.

          • Taur
            Taur répond à Tristian
            ...
            • Posté à 22h07 le 21/07/2011
            • Internaute 83338
              ...

            J’ai sans doute fait un abus de langage en parlant de camp de la mort pour un camp où les gens n’étaient censé que travailler et non mourir gazés, même s’ils en étaient réduis à mourir quand même et avec juste la peau sur les os, entassés les uns sur les autres.
            Habituellement on fait plutôt la distinction entre camp de concentration (entassement) et camp d’extermination (meurtre de masse) et il m’avait semblé que camp de la mort pouvait être utilisé pour le second mais aussi le premier dans le cas du Struthof, mais sans doute ai-je tort.
            Donc mille excuses pour cet abus et merci de m’avoir rappelé que dans tout débat on (je) risque de faire des raccourcis un peu facile.

        2 autres commentaires
  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 20h49 le 17/07/2011
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Il y a un autre motif, je trouve, à remplacer le défilé militaire par une grande fête populaire, c’est que maintenant, l’armée est une armée de métier. Pourquoi faire défiler une armée qui ne représente plus le peuple, puisqu’il n’y a plus de conscription ? Une armée dont le métier est de faire la guerre ? Au moins, lors de la guerre d’Indochine, d’Algérie surtout, nombre de jeunes ont refusé de servir, se portant objecteurs malgré les représailles. Actuellement, les jeunes ont choisi de faire l’armée, de porter les armes ... ils ne me représentent pas.
    Alors oui, le 14 juillet doit être une fête populaire, pas une fête guerrière.

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à caro
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 21h16 le 17/07/2011
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Je l’ai mentionné dans l’article, Caro.

      • caro
        caro répond à Pascal Riché
        délinquante avérée
        • Posté à 21h26 le 17/07/2011
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        désolée, j’ai lu un peu d’un oeil en regardant « on ne vit que deux fois » de l’autre : -))
        mais c’est des menteries, nous autres, on ne vit qu’une fois, autant en profiter et faire la fête : -))

    • lolcat
      lolcat répond à caro
      nette
      • Posté à 22h26 le 17/07/2011
      • Internaute 159928
        nette

      J’irai même plus loin, Tonton a libéré le peuple de ce piège utilisé par les nantis contre les petits. Faire de nous de la bouillie, avec les honneurs (la bonne blague), pour la moindre divergence d’opinion avec nos maîtres.

      Depuis que cette condamnation à mort par l’oligarchie est caduque ; je n’ai, comme vous, rien à fêter avec des bouchers volontaires, utilisés pour la déstabilisation de peuples souverains pour leur voler leurs ressources.

  • confortablynumb-
    confortablynumb-
    le monde tel que nous le (...)
    • Posté à 20h55 le 17/07/2011
    • Internaute 67096
      le monde tel que nous le (...)

    Aller défiler, il n’y a rien à voir...

    • zut.zut.flute-
      zut.zut.flute- répond à confortablynumb-
      sempre endavant
      • Posté à 22h35 le 17/07/2011
      • Internaute 152197
        sempre endavant

      On n’est pas là pour se faire engueuler
      On est là pour voir le défilé
      On n’est pas là pour se faire piétiner
      On est là pour voir le défilé
      Si tout le monde était resté chez soi
      Ça f’rait du tort à la République
      Laissez-nous donc qu’on le regarde
      Sinon plus tard quand la reine reviendra
      Ma parole, nous on r’viendra pas

      • zombili
        zombili répond à zut.zut.flute-
        plouc éduqué
        • Posté à 22h52 le 18/07/2011
        • Internaute 24500
          plouc éduqué

        Ce texte retranscrit bien l’atmosphere froide de ce defilé qui contraste avec la joie de vivre des français et leur gout pour le fete. J’aime bien la version de la chanson de Vian chantée par Coluche et ses pottes : Lien

  • guyome
    • Posté à 20h55 le 17/07/2011
    • Internaute 11884

    La politique c’est aussi des symboles et rendre la fête nationale au peuple, c’en est un.

    Et un beau.

  • frapadingue
    frapadingue
    assis sur ma chaise
    • Posté à 20h58 le 17/07/2011
    • Internaute 56548
      assis sur ma chaise
  • Cristal noir
    Cristal noir
    neutrino libre
    • Posté à 21h02 le 17/07/2011
    • Internaute 148860
      neutrino libre

    Tous ces petits roquets qui aboient dès qu’une idée nouvelle sort ; les premières réactions ne viennent pas des politiciens les plus connus pour leur ouverture d’esprit ni leur cosmopolitisme.

    Eva continue à secouer toute cette politique de vieux pour monter le vrai visage des donneurs de leçons.

    A rajouter :

    Un beau matin de juillet, le réveil
    A sonné dès le lever du soleil
    Et j’ai dit à ma poupée : « Faut te s’couer
    C’est aujourd’hui qu’il passe »
    On arrive sur le boulevard sans retard
    Pour voir défiler le roi d’Zanzibar
    Mais sur-le-champ on est r’foulé par les agents

    Alors j’ai dit :

    On n’est pas là pour se faire engueuler
    On est là pour voir le défilé
    On n’est pas là pour se faire piétiner
    On est là pour voir le défilé
    Si tout le monde était resté chez soi
    Ça f’rait du tort à la République
    Laissez-nous donc qu’on le regarde
    Sinon plus tard quand la reine reviendra
    Ma parole, nous on r’viendra pas

    L’jour de la fête à Julot, mon poteau
    Je l’ai invité dans un p’tit bistro
    Où l’on sert un beaujolais vrai de vrai
    Un nectar de première
    On est sorti très à l’aise et voilà
    Que j’ai eu l’idée de l’ram’ner chez moi
    Mais j’ai compris devant l’rouleau à pâtisserie

    Alors j’ai dit :

    On n’est pas là pour se faire engueuler
    On est venu pour faire une p’tite belote
    On n’est pas là pour se faire assommer
    On est là pour la fête à mon pote
    Si tout le monde restait toujours tout seul
    Ça serait d’une tristesse pas croyable
    Ouvre ta porte et sors des verres
    Ne t’obstine pas ou sans ça l’prochain coup
    Ma parole, j’rentre plus du tout

    Ma femme a cogné si dur cette fois-là
    Qu’on a trépassé l’soir même et voilà
    Qu’on se r’trouve au paradis vers minuit
    Devant Monsieur Saint Pierre
    Il y avait quelques élus qui rentraient
    Mais sitôt que l’on s’approche du guichet
    On est r’foulé et Saint Pierre se met à râler

    Alors j’ai dit :

    On n’est pas là pour se faire engueuler
    On est v’nus essayer l’auréole
    On n’est pas là pour se faire renvoyer
    On est mort, il est temps qu’on rigole
    Si vous jetez les ivrognes à la porte
    Il doit pas vous rester beaucoup d’monde
    Portez-vous bien, mais nous on s’barre
    Et puis on est descendu chez Satan
    Et là-bas c’était épatant !

    C’qui prouve qu’en protestant quand il est encore temps
    On peut finir par obtenir des ménagements !

    • PeterToshiba-
      PeterToshiba- répond à Cristal noir
      radieux actif
      • Posté à 21h44 le 17/07/2011
      • Internaute 152840
        radieux actif

      Par contre, la Eva Joly pour envoyer du bidasse en Libye sur l’analyse géostratosphérique du marabout BHL, c’est la première (à rester derrière la chair à canon) :
      Lien par Lien

      Yves Bonnet (ancien patron de la DST) constate les mêmes choses que Dieudonné et tous ceux qui ne partent pas en Libye faire des photos pour Paris-Match et se reluire la chemise blanche en posant sur un tank :
      « Nous avons un certain nombre d’éléments précis, donc des contre-vérités, pour ne pas dire des mensonges, qui ont été énoncées en particulier par Al-Jazira. Par exemple l’assertion selon laquelle Kadhafi bombardait sa propre population. Nous avons constaté nous-mêmes à Tripoli que c’était totalement faux. Alors, accuser un dirigeant politique de bombarder sa propre population c’est une accusation extrêmement grave, surtout quand la justification de l’intervention internationale c’est la protection des populations civiles. »
      Lien

      • Cristal noir
        Cristal noir répond à PeterToshiba-
        neutrino libre
        • Posté à 22h36 le 17/07/2011
        • Internaute 148860
          neutrino libre

        KHADAFFI le grand libérateur qui a fait tué combien d’innocents dans le monde en finançant des actions ?

        L’intervention se fait dans le cadre de l’ONU ; pour une fois qu’une décision est suivie d’effet.

         
        • PeterToshiba-
          PeterToshiba- répond à Cristal noir
          radieux actif
          • Posté à 00h52 le 18/07/2011
          • Internaute 152840
            radieux actif

          Normal il y a du pétrole dans cette histoire « humanitaire » et va dans le sens des intérêts d’Israël.

        1 autres commentaires
  • Sam_des_bois
    Sam_des_bois
    Etudiant
    • Posté à 21h02 le 17/07/2011
    • Internaute 51616
      Etudiant

    Un petit titre de renaud pour détendre : Hexagone

    Lien

    • herr pr.zoot
      herr pr.zoot répond à Sam_des_bois
      étudiant
      • Posté à 03h25 le 18/07/2011
      • Internaute 163473
        étudiant

      Clair que çà fait du bien.
      Presque tout les couplets sont encore pertinents aujourd’hui, plus de 30 ans après !

  • TitoSensy
    TitoSensy
    oisif contrarié
    • Posté à 21h03 le 17/07/2011
    • Internaute 95859
      oisif contrarié

    Mais sans défilé MILITAIRE quel dictateur pourront-nous inviter ? ? ? ?

    • TitoSensy
      TitoSensy répond à TitoSensy
      oisif contrarié
      • Posté à 21h04 le 17/07/2011
      • Internaute 95859
        oisif contrarié

      pardon pour la faute, je n’aime pas les fautes.

      • caro
        caro répond à TitoSensy
        délinquante avérée
        • Posté à 21h09 le 17/07/2011
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        tant que personne ne vous a répondu, vous pouvez éditer votre com’ et corriger ;)

  • veggie
    veggie
    Etudiant
    • Posté à 21h04 le 17/07/2011
    • Internaute 152331
      Etudiant

    « Dans une France en paix, le défilé est un symbole déplacé »

    Vu notre présence en Libye et en Afghanistan par exemple, on est de facto en guerre. Pas sur notre territoire, mais j’imagine que ça fait partie de la stratégie de l’autruche des médias français, qui nous montrent chaque jour toutes tendances confondues le peu de cas qu’ils font de nos militaires engagés. Qu’on soit d’accord ou pas avec ces opérations est une chose, mais c’est sûrement pas en omettant d’informer les Français que ça arrangera les choses.

    Lisez un peu la presse Anglaise par exemple, le traitement du conflit Afghan et des pertes subies par nos militaires est dérisoire comparé à ce qui se fait chez les voisins d’outre-manche.

    Ceci-dit j’ai beau ne pas être d’accord avec Mme Joly, la réaction de la droite est vraiment merdique : comme la communauté Franco-Norvégienne n’a pas un poids électoral immense (doux euphémisme), autant se défouler et montrer les biscottos face à ces hordes de binationaux norvégiens qui viennent voler notre pain. Ca coute pas cher, ça montre qu’on est ferme face à ce fléau que représente l’immigration Norvégienne, bref du bel enfumage comme on en a l’habitude depuis ces dernières années.

  • alex
    alex
    ...
    • Posté à 21h07 le 17/07/2011
    • Internaute 125524
      ...

    François FILLON : « Cette dame n’a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française. »

    Cette phrase peut également parfaitement s’adapter à Mesdames SARKOZY et FILLON mais étant donné que leurs époux sont des élus de notre belle et grande république , peut être sont t’elles aux yeux de Monsieur FILLON plus françaises que Madame JOLY .

    Petite question Monsieur FILLON pensez vous qu’un fils de Hongrois ai le droit d’être président de la république ? , car être à moitié français cela ne doit pas être suffisant à vos yeux ?

  • ami du peuple
    ami du peuple
    momento mori
    • Posté à 21h09 le 17/07/2011
    • Internaute 146477
      momento mori

    100% d’accord avec vous Pascal, pour une fois (c’est rare).
    ce défilé n’a aucun sens.
    depuis 1914, les massacres de 17, l’algérie, 58, le putsch, l’armée française n’a plus aucune légitimité à représenter le peuple français.

    • herve trezen
      herve trezen répond à ami du peuple
      bientôt les vacances
      • Posté à 23h31 le 17/07/2011
      • Internaute 79316
        bientôt les vacances

      Vous oubliez le général Pétain, le vainqueur de Verdun !

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 9