Enquete 08/03/2008 à 17h52

Suicides au travail : la banque peine à briser le silence

David Servenay | Ex-Rue89

Après trois morts en quelques mois, les banques acceptent enfin de se saisir du problème. Et d’en parler.


Le siège de la Société Générale à la Défense (Benoit Tessier/Reuters)

Le 21 janvier 2008, jour où les bourses mondiales s’effondraient, un employé de la BNP Paribas s’est pendu dans son bureau. Trois semaines avant, de retour de vacances, les employés du siège de la HSBC découvraient le corps de Pierre, un cadre de la banque, dans les toilettes. A la Société Générale, un trader s’est jeté d’une passerelle l’an dernier. Une information confirmée... six mois plus tard. Un phénomène que directions et syndicats commencent à prendre au sérieux, après des années de silence.

Premier cas : un père de famille, conseiller dans une petite agence de l’Aveyron

Daniel avait 45 ans. Marié, deux enfants, il travaillait à la BNP Paribas depuis plus de vingt ans et presque autant dans la petite agence de Villefranche-de-Rouergue, dans l’Aveyron. Il était conseiller en patrimoine financier. Jeudi 17 janvier, il a rendez-vous à Albi avec deux responsables commerciaux pour son entretien annuel d’évaluation. La méthode est rôdée : chaque début d’année, les cadres se voient passer au crible des objectifs fixés l’année précédente.

La discussion se passe mal. Daniel n’a pas atteint ses objectifs commerciaux. Voici le récit qu’en fait Michel Genevrier, délégué CFTC de la banque :

La direction confirme, mais Antoine Sire, directeur de la communication, euphémise. Il nous rappelera trois fois. Première version :

« Ses performances n’étaient pas suffisantes, en particulier sur le fait de savoir si il avait respecté le nombre de clients fixés. »

Deuxième version :

« -Je ne peux pas vous laisser dire ça (la phrase précédente), l’entretien portait sur ses performances.
-Quelle fut la raison invoquée pour justifier une mutation ? -C’était lié à ses performances. Nous essayons d’avoir la vision la plus objective possible, ça peut être lié. On essaie de savoir et de comprendre ce qui s’est passé. Sans a priori. »

Troisième version, sur la foi des émissaires envoyés par la direction du réseau national :

« -La mutation a été évoquée dans l’entretien, elle n’a pas été présentée comme une sanction, mais comme une façon de renouveler son travail.
-Quelles relations avait-il avec ses supérieurs hiérarchiques ? -Je ne sais pas, on essaie de comprendre. »

Finalement, il semblerait que la direction et la CFTC aient les mêmes « éléments de langage ».

Avant de se pendre dans son bureau, le jour même où les Bourses mondiales s’effondrent et où la Société Générale liquide les positions de Jérôme Kerviel, Daniel laisse deux lettres. La première, que nous avons pu lire, est adressée à sa femme. Il y évoque un malaise personnel, mais surtout un contexte professionnel oppressant. S’il ne met pas en cause sa direction ad hominem, le ton est aussi sévère que désespéré :


Extrait de la lettre d’adieu de Daniel

Dans la seconde lettre, adressée au responsable régional du groupe d’Albi, Daniel aurait exprimé son souhait de voir la banque prendre soin de l’avenir de ses enfants. Sa veuve a décidé de déposer une plainte contre X pour « harcèlement moral ». L’enquête est en cours.

Deuxième cas : un célibataire de 59 ans se tue à quatre mois de la retraite

« Je ne sais rien faire d’autre. » Est-ce la réflexion qui a traversé l’esprit de Pierre le 20 décembre dernier ? Ce cadre de la HSBC comptait trente ans de maison. Militant CGT, un temps gestionnaire du restaurant d’entreprise, il dirigeait une équipe de cinq personnes du back office. Bien considéré par sa direction, il déjeunait régulièrement avec ses supérieurs hiérarchiques directs. Sa demande de départ anticipé à la retraite avait été acceptée : il devait quitter l’entreprise en avril 2008.

Ce jeudi 20 décembre 2007, il disparaît. Le 2 janvier, au retour des vacances, les services de sécurité découvrent son corps dans les toilettes du restaurant inter-entreprises. La tête recouverte d’un sac plastique fixé par un ruban adhésif autour du cou. Les femmes de ménage ont bien signalé une porte fermée dans les toilettes, mais le régisseur a pensé qu’il pouvait y avoir du matériel pour des travaux. Et puis, ce sont les vacances...

Commence alors une étrange polémique entre la CFDT et la direction. Dans un tract incendiaire, les délégués CFDT accusent HSBC de « dissimuler » les faits :

« Dans la lettre laissée à sa hiérarchie, Pierre met en cause le climat devenu trop pesant dans son travail. »

Or, cette lettre, personne ne la détient hormis le procureur de la République de Nanterre qui, après enquête, a conclu au suicide. Et le syndicat de s’attirer -procédure rare- un droit de réponse de la DRH dénonçant un « tract scandaleux » et faux, puisque le CHSCT a voté le principe d’une enquête. Seule certitude dans cette affaire, le suicide intervient à un moment de rupture de la vie professionnelle (la retraite), d’un salarié à la fois très impliqué dans la vie de son entreprise et plutôt isolé sur le plan personnel.

Troisième cas : un trader ayant caché des pertes se jette d’une passerelle à la Défense

Pression, stress, implication forcenée dans le travail : des facteurs toujours présents dans ce troisième cas, le suicide d’un trader de la Société Générale. La banque avait organisé un black-out autour de ce cas, avec l’accord des syndicats, et « à la demande de la famille », précise son service de communication. Pourtant, quelques jours après la révélation du scandale Kerviel, fin janvier 2008, le groupe se voit contraint de reconnaître les faits.

En juin 2007, ce trader âgé d’une quarantaine d’années dissimule plusieurs positions de pertes, pour 19 millions d’euros. Convoqué par sa hiérarchie, l’explication est houleuse. Il ramasse alors ses affaires, sort du siège de la Défense et se jette d’une passerelle dans le vide. Le lien de causalité est évident, mais les syndicats acceptent de taire l’information, parce que « la direction a décidé de confier une enquête au CHSCT », précise Michel Marchet, délégué CGT à la Société Générale :

Pas facile de comprendre un suicide sur le lieu de travail. De démêler les facteurs personnels des contraintes professionnelles. L’argument revient chez tous les interlocuteurs. Et pourtant, selon le psychiatre Michel Debout, membre du Conseil économique et social, 400 suicides par an serait liés au travail, 400 sur 12000.

Jusqu’à l’an dernier, les banques étouffaient les affaires de suicide

Des précédents existent dans ce secteur, que la Société Générale ne reconnaît toujours pas. Selon Michel Marchet, depuis 2003, deux autres cas de suicide se sont produits. Le premier concerne un cadre supérieur d’un département de trading. Submergé par un poste à responsabilité où il se sentait dépassé, il est rapidement rétrogradé. Dépression, arrêt de travail d’un mois, suivi d’un mois de vacances, il se retrouve dans un placard à son retour. Au sens figuré comme au sens propre, puisque son bureau est situé dans un autre immeuble que celui de la tour SG. A bout, il saute par la fenêtre de son bureau.

Pour le délégué CGT, « la direction a réussi à étouffer l’affaire en niant le lien entre l’activité du salarié et son acte ». La direction prend-t-elle la chose au sérieux ? Réponse de Michel Marchet...

Même constat de la secrétaire générale de la Fédération Banques de la CFDT, qui note une tendance « médicalisante » des directions. Au lieu de s’interroger sur le collectif, souligne Véronique Descaq, les banques proposent des « solutions individuelles » :

Preuve du mutisme de la banque, son attitude au moment de la disparition d’un technicien du back office, qui met fin à ses jours en se jetant sous un métro. Dans un premier temps, la direction parle d’un accident. Mais les syndicats parviennent à se procurer l’audition du conducteur de la rame de la RATP qui ne laisse aucun doute. Là aussi, le lien avec les conditions de travail apparaît, l’employé s’estimant victime de harcèlement. Sur toutes ces histoires, le service de communication de la Société Générale se contente aujourd’hui encore d’un « pas de commentaire », « par respect pour les familles ».

Problèmes de managers et/ou d’organisation

Le professeur Michel Debout, spécialiste du suicide, rappelait l’an dernier dans un tchat sur LeMonde.fr que, dans la tranche des 40-45 ans, la première cause de mortalité des hommes est aujourd’hui le suicide :

« Nous devons nous mobiliser pour d’abord mieux connaître ces situations de souffrance au travail ; non pas tellement pour les dénoncer, mais surtout pour les prévenir. Cela suppose une prise de conscience à la fois sociale, mais aussi, dans chaque entreprise, il faut que les directions acceptent l’idée que certaines réalités de travail peuvent entraîner des troubles anxio-dépressifs et qu’on ne peut pas laisser des salariés se dégrader personnellement et psychiquement sans réagir. »

Au-delà du message compassionnel, les DRH hésitent à s’interroger sur les conséquences désastreuses de certaines méthodes de management. Alors que leurs effets sont disséqués depuis au moins dix ans par les médecins du travail. Le docteur Philippe Davezie, de l’Institut universitaire de médecine et santé au travail de Lyon, les analysait déjà très bien en 1998, lors d’un colloque consacré aux conditions de travail :

« Les salariés sont fréquemment écartelés entre un contrôle de la performance fondé sur des critères quantitatifs et ce qui constitue à leurs yeux les critères d’un bon travail. (...) La souffrance psychique apparaît liée à l’impossibilité de tenir à la fois les critères quantitatifs mis en place par la direction et les critères qualitatifs portés par le personnel. »

En cause : l’organisation du travail et le mode de gestion humaine. Deux approches se dévoilent chez les syndicats. D’abord, celle un peu paternaliste de la CFTC, qui estime que le problème se situe au niveau des hommes. Pour Michel Genevrier, il y a « les bons managers » et les « moins bons » :

L’autre approche est beaucoup plus critique. Hervé Hannoteaux, militant CGT, anime le groupe de travail « stress » de la confédération. Son analyse met en avant ce qu’il appelle « l’industrialisation des métiers de la banque » :

« Le virage remonte au début des années 2000, avec la montée en charge de la financiarisation du secteur. Il faut vendre, vendre, vendre. N’importe quoi, à n’importe qui. »

Même constat à la CFDT, où l’on préconise de revenir à une approche qualitative du travail, au détriment du mode quantitatif des fameux « objectifs ». Pour Véronique Descaq, cela va d’ailleurs dans le sens de ce que souhaite les clients des banques :

Un « observatoire du stress »

Seules réponses des établissements concernés : la création d’un « observatoire du stress ». La plus avancée est la HSBC qui, depuis cinq ans, propose un questionnaire anonyme dans le cadre de la visite du médecin du travail. Trois « domaines » sont mesurés : le stress, l’anxiété et la dépression. L’analyse des 2000 réponses annuelles est réalisée par un cabinet extérieur. « A Paris, dit Thierry Hauguel, adjoint au DRH, les résultats globaux sont un peu au-dessus de la moyenne. » A quoi cela sert-il ? Principalement à identifier les métiers les plus exposés. Les postes « d’interface » sont jugés les plus sensibles au stress, comme l’accueil et... la DRH ! A la Société Générale, trois postes spécifiques ont été identifiés par les syndicats comme générant du stress : les conseillers commerciaux, les postes de back office (avec une grosse quantité de travail, effectué dans l’urgence) et le trading. Quant à la BNP Paribas, elle étudie depuis six mois la possibilité de mettre en place, elle aussi, un « observatoire du stress » avec intervention d’un cabinet extérieur. La première réunion a eu lieu le 18 février dernier, un mois après la mort de Daniel.

  • 42822 visites
  • 166 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • nada
    • Posté à 18h04 le 08/03/2008
    • Internaute 25026

    Un employé se donne la mort ? Atroce et symptomatique. Chiffre,rendement, fric etc... Le fric c’est chic quand on est au pouvoir sinon c’est l’asile, la rue, le dé-espoir ! Putain qu’on les pende par les couilles jusqu’à ce que mort s’en suive ! ! ! ! ! !

    • nada
      nada répond à nada
      • Posté à 18h50 le 08/03/2008
      • Internaute 25026

      pendant que les autres crèvent, d’autres mangent au ratelier de sarko, hontes à elles ! ! ! !

    • kassis01
      kassis01 répond à nada
      • Posté à 19h29 le 08/03/2008
      • Internaute 24687

      Faut-il considérer les suicides comme faisant partie de la variable d’ajustement des ressources humaines ? Ou alors, ne sont-ils pas plutôt des dommages collatéraux dans ces guerres que toute société capitalistique mène pour améliorer sa profitabilité ?
      Quand un employé est victime de harcèlement que peut-il faire ? Doit-il s’adresser aux syndicats ? aux garants de la déontologie que toutes ces banques ont mis en place ? aux médecins du travail ? Que nenni. Il doit en parler son DRH.
      MME Parisot qui veut moraliser les pratiques devrait se pencher sur la question.
      On devrait inventer une journée pour les suicidés du travail. M Sarko devrait promettre que dans 2 ans tout cela se produira plus.

      • pablico
        pablico répond à kassis01
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 20h27 le 08/03/2008
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        entre la paranoïa des petits chefs, et le rendement à tout va des plus grands chefs. Que faire ?
        Tout le monde rentre les épaules, et attendant que cela passe.
        Certains craquent. Ils ne sont plus que des pions, des robots même plus intelligent car ils ne peuvent plus prendre d’initiative.
        Ils espèrent que le chômage va cesser pour pouvoir changer de place, d’emploi.
        Pauvre nouveau capitalisme, qui va perdre son âme et sa force créative.

        ps : conseil aux patrons qui me lisent : changez de petit chef au moins tous les 2 ans.
        Vous verrez l’équipe repartira de plus belle. (je l’ai vécu)
        comme dans une équipe de foot : -)

         
        • DBL8
          DBL8 répond à pablico
          Retraité
          • Posté à 07h52 le 09/03/2008
          • Internaute 19562
            Retraité

          Ce n’est pas sûr que l’équipe reparte de + belle, il peut ce produire le contraire pour que « ce petit chef » fasse voir de quoi il est capable ! !
          N’oubliez pas les assistances téléphonique, les employés sont tenus de faire un certains nombres d’appels par heure, en encaissant les propos TRÈS désobligeants des certains clients.
          Signé : UN VIRES POUR STRESS ! !

          • DBL8
            DBL8 répond à DBL8
            Retraité
            • Posté à 07h54 le 09/03/2008
            • Internaute 19562
              Retraité

            j’ai oublié de d’écrire que c’était l’AT informatique de la FNAC.

          • pablico
            pablico répond à DBL8
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
            • Posté à 12h29 le 09/03/2008
            • Internaute 14278
              À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

            les personnes, dévalorisées ou brimées auront une nouvelle chance avec un nouveau p’tit chef, et n’essaieront plus de faire les mêmes erreurs(nouvelle chance).
            c’est comme au foot, ce sont les joueurs qui jouent la partie, pas l’entraineur.
            Il est juste là pour leur donner des conseils, les pousser, les valoriser ou les sanctionner.

            Il faut changer de manager c’est souvent moins cher que d’avoir une mauvaise ambiance, donc mauvais travail ou travail sans talent et dépassement.

            Le meilleur buteur du monde, sera nul avec une équipe traumatisée. Il sera merveilleux dans le dépassement collectif.

        3 autres commentaires
    • river
      river répond à nada
      cycliste à Paris
      • Posté à 20h24 le 08/03/2008
      • Internaute 35238
        cycliste à Paris

      Un excelllent film documentaire à voir au sujet de la souffrance au travail :
      « Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés »

      Tout est dans le titre !

      « Tour à tour, quatre personnes racontent leur souffrance au travail dans le cadre d’un entretien unique. Les trois professionnels spécialisés écoutent et établissent peu à peu la relation entre la souffrance individuelle du patient et les nouvelles formes d’organisation du travail. »

      • marie 75
        marie 75 répond à river
        • Posté à 12h23 le 09/03/2008
        • Internaute 3563

        un film à petite diffusion, mais si exact. Du vrai remportage ! A voir !

         
        • Art-35_Constitution-1793
          Art-35_Constitution-1793 répond à marie 75
          Pour une Republique Bonsensiste (...)
          • Posté à 14h04 le 09/03/2008
          • Internaute 4675
            Pour une Republique Bonsensiste (...)

          J’ai personnellement vécu ce genre de stress et j’ai résisté grâce a mon fils qui n’avait plus que moi pour l’aider a devenir un homme. Le Patronat actuel, dans toute le branche agit de la même manière . Il fixe un objectif de manière arbitraire aux petits chefs avec stock options a la clef, ensuite ce n’est plus son problème. J’en étais arrivé a « fabriquer » a voir comme objectif la fabrication de « bonnes statistiques “ , on me demandait de réaliser x appels téléphoniques par jour, a ne pas passer plus de x minutes par appel, quel que soit la complexité du problème.. Pour finir j’ai reçu une lettre de licenciement pour faute grave alors que je sortais d’opération chirurgicale. J’ai du me battre pendant 4 ans au prudhommes pour obtenir réparation , la société a du rembourser les assedics et ça leur a couté plus de 200 000 euros ! Mais en fait peu de gens ont la force de lutter contre la mauvaise foi !

          • caro
            caro répond à Art-35_Constitution-1793
            délinquante avérée
            • Posté à 15h06 le 09/03/2008
            • Internaute 6484
              délinquante avérée

            bravo, sincèrement, pour votre courage et votre ténacité qui ont porté leurs fruits.

            Ma petite affaire de licenciement abusif (j’avais osé soutenir et assister aux entretiens de licenciement de 2 salariées) a été réglée en 1 an et demi (gagné en 1ère instance, négociation en appel de l’employeur grâce à un changement de directeur). Le harcèlement moral a été reconnu. C’est un réel soulagement quand on gagne : -)

            Les Prud’hommes sont une des rares instances où les salariés peuvent obtenir justice et, bien sûr, c’est encore trop pour certains qui rêvent de les supprimer.

            ATTENTION à ce qui peut se passer ! les élections prud’hommales auront lieu en décembre 2008 !

        2 autres commentaires
  • otto didakt
    otto didakt
    citoyen en colère
    • Posté à 18h14 le 08/03/2008
    • Internaute 19852
      citoyen en colère

    c’est pas grave, il y a d’autres pions qui attendent devant l’A.N.P.E. pour prendre sa place...
    pourquoi voudriez-vous qu’ils s’en occupent vraiment ?
    les bons sentiments ne font pas les bonnes affaires...

    • pablico
      pablico répond à otto didakt
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 12h27 le 09/03/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      Tout est dans la qualité, et l’intelligence de groupe du manager de 2ème ligne(le chef du petit chef).
      c’est lui qui nomme l’entraineur (comme au foot)
      Mais souvent ils ne pensent pas à ce problème et ne veulent que des résultats.
      Les résultats ne se trouvent pas que dans une tache, mais dans la qualité et le dépassement dans cette tâche.

      Le meilleur buteur du monde, sera nul avec une équipe qui est traumatisée. Il sera merveilleux dans le dépassement collectif.

  • otto didakt
    otto didakt
    citoyen en colère
    • Posté à 18h19 le 08/03/2008
    • Internaute 19852
      citoyen en colère

    entendu derrière une porte :
    mon dieu, c’est bien regrettable, cela va faire une mauvaise image de marque pour notre entreprise !
    nous devrions créer une commission ...

    • Les Chats
      Les Chats répond à otto didakt
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 17h06 le 09/03/2008
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      Je crois que si j’avais entendu ça, je leur serais rentré dans le lard !

  • William la révolte
    • Posté à 18h20 le 08/03/2008
    • Internaute 18458

    Sur ce sujet, un très bon article dans le Monde diplo de janvier ou février.
    Le capitalisme est un système barbare qui tue et détruit les êtres humains, lesquels ne sont plus que des pions, des objets ou des outils. Le management, c’est ça. La compétitivité et la performance, c’est ça. Les ressources humaines, c’est ça. C’est notre modèle de société. Un modèle fascisant qui pourrait avoir comme devise : « Viva a muerte ! »

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h26 le 08/03/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Et s’ il n’ y avait que dans le secteur bancaire !
    N’ importe quel salarié conscient qui bosse depuis vingt ans a pu constater que l’ ambiance au travail se dégrade d’ années en années ..
    Et ce ne sont pas les « cercles de qualité » , les « Psy dans les boites » ,Les « Numeros verts d’ecoute », « le coaching » voire les stages de« Clowns d’Entreprise » qui ameliorent quoi que ce soit, bien au contraire ..
    Cette bande de parasites ,ça agit un peu comme les antidepresseurs qui provoquent des suicides .

    Dans les entreprises : on ne rigole plus, on ne peut plus fumer, on ne peut plus boire un coup au bistrot en bas , on ne peut plus boire de vin le midi, on peut plus se détendre le vendredi après-midi quand on a bossé comme des dingues toute la semaine, on ne voit plus jamais le patron etc etc

    Il reste comme échappatoire de déconner discrètement avec ses anciens potes par E-mail ou discuter sur Rue89 .
    Les entreprises le savent tres bien , mais laissent faire tant que ça ne fait pas de bruit .

    Et les anciens chefs du personnel sont devenus Directeurs des ressources humanoïdes ..

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 18h32 le 08/03/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    C’est le management « moderne » qui est en cause.
    On nous parlons évaluation, de quelque chose de gentil, mais ce sont parfois à des mises à mort auxquelles on assiste dans les bureaux.

    Deux choses menacent le « collaborateur » dans l’entreprise d’aujourd’hui. Son age et son rapport performances/salaire.
    Qu’on le veuille ou non, les salaires évoluent avec le temps. Passé un certain niveau, les directions trouvent que vous coutez trop cher, même si vos performances sont acceptables et que vos objectifs sont remplis.

    Alors, la pression monte. Les objectifs changent en cours d’année, on vous reproche votre manque d’implication, le moral en baisse de votre équipe, le manque de clients dans le magasin/l’agence. Dans le même temps, on commence à noter toutes les petites erreurs que vous faites (et qui n’en fait pas). On vous les reproche au cours d’un entretien formel, et on vous demande de redresser la barre ou on vous propose de changer de poste/magasin/agence.
    Et la pression monte encore d’un cran. C’est la direction qui vous talonne, physiquement et moralement.

    Si vous ne craquez pas le premier, on se décide à vous virer. Avant le delai qu’on vous a fixé, pour que vous soyez désemparé. De toute façon, c’est l’idée : Que vous partiez, pour mettre quelqu’un de plus jeune et de moins cher à votre place. Ou ne mettre personne d’ailleurs.

    On se fout que vous alliez aux prud’hommes, on veut que vous partiez. C’est tout !

    Les bénéfices sont plus important que le reste. Et peu importe toutes les grandes idées sur les ressources humaines, sur l’esprit d’entreprise et les équipes solidaires, sur l’entreprise proche de ses collaborateurs (on ne dit plus salariés ou employés, c’est grossier).

    Euh, désole, je m’emporte... Expérience encore douloureuse pour moi, viré après 14 ans parce que je n’étais plus assez « bon ». Au moins, je ne me suis pas buté comme ces pauvres gars.

    Lien

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 18h51 le 08/03/2008
    • Internaute 21378
      Précaire

    Le suicide est la première cause de mortalité des 15-45 ans. On dénombre 15 000 morts et plus de 200 000 TS par an. Dans un monde qui privilégie la compétition à la coopération, faut pas s’étonner.

    • lamichael
      lamichael répond à karlM
      • Posté à 09h59 le 09/03/2008
      • Internaute 20431

      15000 multiplié par leurs cotisations retraites = le train de vie de bling-bling.
      Et ce dernier ne pense pas au suicide.

  • Jean-Jacques Reboux
    Jean-Jacques Reboux
    Ecrivain et éditeur
    • Posté à 19h09 le 08/03/2008
    • Internaute 20796
      Ecrivain et éditeur

    Il y a également eu beaucoup de suicides ces dernières années à France Telecom. Récemment, aussi, à la Poste (un cadre au moins s’est suicidé, en janvier)… Ne parlons pas du nombre de dépressifs dans les ANPE, en augmentation quasi-exponentielle… Dans les boîtes comme Bouygues Telecom aussi, Lexomil, Tranxène et Témestat sont les rois !
    Mais les suicides dans le monde du travail ne doivent pas non plus faire oublier ceux dans le monde du « non-travail », tous ces gens (difficile à quantifier) qui se foutent en l’air parce qu’ils n’ont pas de travail, plus de moyen de subsitance, plus de quoi s’acheter à bouffer, de logis, etc…
    Moi, ce qui m’étonne le plus, c’est que la violence contre les opprimés de notre société n’engendre pas plus de violence CONTRE les oppresseurs de tout poil…
    C’est un débat qui n’est pas souvent évoqué, je trouve… On peut raisonnablement craindre (ou espérer…) que tout cela va finir par péter, non ?

    • JeanCardinal
      • Posté à 00h18 le 12/03/2008
      • Internaute 25139

      Ben justement non. Les relations sociales n’existent plus ou sont très dématérialisées. La télé marche sans cesse ou ... internet.

      La violence dans ces conditions au lieu de s’extérioriser se retourne contre soi-même : suicide, drogues, comportements dangeureux. Tant qu’elle se retourne contre l’individu rendu violent, ça ne risque pas de « péter ». Ou alors de façon anarchique et sporadique. Genre émeute de banlieues.

      Pour faire une révolution, il faudrait être moins petit joueur et jouer plus collectif. Or l’individualisme est devenu une vertu gratifiée (on comprend pourquoi) et on s’acharne à discréditer les mouvements collectifs (partis et institutions politiques, syndicats, églises, idéologies, etc.). Donc l’aide au suicide est un secteur de marché à prendre (préparons nous les progrés des partisants de l’euthanasie, à coup de faits divers montés en épingle, nous assurent qu’il pourra devenir légal d’ici une dizaine d’année).

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 19h16 le 08/03/2008
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    Le poids de la hiérarchie fait que les salariés français sont les plus maltraités et pas que les salariés d’ailleurs, les citoyens en général, il n’y a qu’à voir comment se conduisent les entreprises envers les consommateurs dans tous les secteurs.
    La consommation de l’électricité diminue pour faire des économies et bien les tarifs augmentent, idem pour l’eau.
    Vous avez un contrat d’assurance ou autre, le piège est écrit en tout petit, pour vous faire rembourser c’est galère, toujours une raison pour que votre assureur ne le fasse pas.
    C’est en France encore, que les pollueurs comme Monsento et autres chimiquiés sont les plus puissants, au nom de l’argent on les laisse faire.
    Tout le monde avance masqué et les citoyens sont obligés de se battre dans tous les domaines, comme s’ils n’avaient pas assez de problème.
    Seuls les gens friqués ou ayant des relations s’en sortent.
    On ajoute à tout cela les tensions au travail et tout bascule.
    Tant qu’on imposera pas des garde-fous, ça continuera.

    Lien

    Triste record pour la France, qui vient en tête des pays dans lesquels le suicide – notamment chez les hommes actifs – est en croissance continue depuis 1975. Leur nombre a atteint onze mille par an en 2000, « soit plus de un par heure », indiquent les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet. « Il s’agit, partout et toujours, de contradictions graves entre les exigences de la vie sociale et le destin individuel (1). » Selon les données récentes fournies par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le nombre de décès par suicide se stabiliserait autour de douze mille cas par an.

    • karlM
      karlM répond à Les Chats
      Précaire
      • Posté à 10h44 le 09/03/2008
      • Internaute 21378
        Précaire

      12000 c’est le chiffre officiel et depuis 2004, les 25-35, sont aussi rentrés dans le rythme des 15-25 ans (autant de suicidés que d’accidentés)et des 35-45. D’ailleurs Raffarin avait lancé une commission d’étude sur ce sujet dramatique, je n’en n’ai jamais entendu reparlé.

  • athénaïs
    • Posté à 19h20 le 08/03/2008
    • Internaute 30637

    Il n’y a pas que le secteur bancaire, les salariés connaissent très souvent une souffrance au travail qui s’accroie au fil des ans.
    Les politiques de management consistent à faire reposer sur la base, donc les employés et les cadres de proximité toutes les contradictions des systèmes.
    Il s’agit de devoir par exemple faire vite et bien avec des moyens très insuffisants pour un employé ou pour un cadre de motiver son équipe avec une enveloppe d’augmentation individuelle de salaire aussi épaisse qu’un sandwich SNCF tout en préservant un climat social serein !
    Les collectifs de travail sont détruits de sorte que les salariés sont extrêmement isolés. Les objectifs individuels font que c’est « chacun pour soi » et la stratégie individuelle qui se développe est qu’il ne faut rien dire de ses propres faiblesses ni ses propres angoisses. Je vous raconte pas dans quel état on les récupère ds fois.....
    Il peut arriver qu’un salarié qui se suicide ou tente de se suicider laisse une lettre mais bien souvent, elle est aux mains du conjoint dont la situation est souvent dramatique. Facile d’acheter le silence dans ce cas.
    Et regardez donc d’un peu plus près les conditions de travail des salariés qui sont sur les plate formes téléphoniques. Il ne faut surtout jamais s’adresser aux RH qui sont formés au mensonge et à la docilité, adressez vous quand vous en aurez l’occasion aux salariés eux même...
    C’est du Zola version XXIème siècle.
    Il faudra combien de morts et de luttes pour que cela change ? Ni plus ni moins que celles qu’il a fallu mener pour obtenir des congés payés, le droit de grève, le droit de s’organiser en syndciat, le droit de vivre décemment.
    C

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 19h24 le 08/03/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Comme disait l’autre

    Lien

    • Network 23
      Network 23 répond à skalpa
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 11h49 le 09/03/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Téléperformance - le management moderne filmé par Pierre Carles :

      Lien

  • Nicolas Brousse
    Nicolas Brousse
    Etudiant à Paris
    • Posté à 19h27 le 08/03/2008
    • Internaute 118
      Etudiant à Paris

    C’est bien triste. Ce n’est pas surprenant qu’il y ait des suicides dans le monde de la banque. Cet univers est stressant et turbulent. Les traders, par exemple, sont ceux qui ont un pression énorme. Et, parfois, quand tout semble s’écrouler, certains employés se poussent au suicide.

    Afin de réduire ces suicides, il faut que les banques - ainsi que d’autres domaines d’entreprises concernés - créer des services pour leurs employés qui les aident à se raisonner, à perdre le stress de la vie quotidienne.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 19h32 le 08/03/2008
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Tout le système est pourri ! il n’y a pas que dans les banques que les employés se suicident ! c’est dans tous les secteurs professionnels, mais les dirigeants, eux, ne sont pas touchés par cette vague, ils ne tiennent pas les objectifs, ils mènent les entreprises à la ruine et partent avec des parachutes en or.

    Le travail par objectifs est une aberration si on n’exige que du quantitatif, sans tenir compte du qualitatif. Et ce système d’entreprise est même étendu à des secteurs du genre social, hospitalier où les subventions seront octroyées aux résultats (nombre de contrats, d’actes réalisés ...)

    Il faudra combien de suicides pour que les salariés de tous les secteurs expriment leur ras-le-bol ? Le Travail ne peut être le centre de la vie... La preuve !

  • talonette66
    talonette66
    animatrice
    • Posté à 19h33 le 08/03/2008
    • Internaute 24668
      animatrice

    suite à l’(article et à votre intervention monsieur reboux, je me dis quoi 400 suicides dûs au travail ? sachant que personne ne veut ou peut démêler ou tester l’éprouvette du travail et de l’intime (traduisez aussi santé mentale), je pense que ce chiffre est une insulte aux personnes qui souffrent au travail...les suicides chez les policiers, les enseignants, et bien sûr, les personnes qui ne sont plus dans l’éprouvette travail, qui sont dit on « hors de la valeur travail » , vous me suivez ? quand je pense que le dogme « rétablir la valeur travail » est asséné aux personnes comme si elles en étaient responsables, quand je pense à tous ces bons petits soldats qui s’y plient jusqu’à se détruire
    et si on demandait à la sncf combien de train sont empêchés de circuler pour « accident corporel » (je ne sais plus le terme mais il y en a un si si), à savoir le nombre de suicide sur les voies, c’est semble t il très très courant

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 19h34 le 08/03/2008
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Je trouve vraiment dramatiques les cas exposés dans cet article.
    Ils en cachent malheureusement beaucoup d’autres ; la souffrance au travail est insoutenable. Non pas que les « autres » souffrances le soient moins, mais le travail, le métier, le taf, sont devenu un tel objet (précieux), qu’on le recherche, qu’on l’aie, qu’on le perde, qu’il est devenu le centre de la vie, la seule valeur qu’on reconnaît parfois à une personne.

    Et la dérive, dans le secteur bancaire par exemple, est le fait de coupler ce travail à une obligatoire et obsédante rentabilité.
    C’est effectivement le quantitatif, qui se cache sous le terme d’« objectifs », en clair, le fric, l’artiche, l’oseille, au mépris de toute autre qualité d’un employé, qui prime.

    Cette pression doit être énorme.

    Par ailleurs, le stress au travail, souvent banalisé alors qu’il peut exister dans n’importe quelle profession et à n’importe quel niveau, devrait devenir un vrai objet de recherche en France, il est beaucoup trop négligé.

    Et par pitié, qu’on ne diligente pas une énième commission ! Il faut prendre le problème à bras le corps.

    Même si travail vient de tripallium, rien ne vaut qu’on en crève, ni brutalement, ni de mort lente...

    • jcb29arz
      jcb29arz répond à m a i a
      Retraité
      • Posté à 02h50 le 09/03/2008
      • Internaute 24331
        Retraité

      SARKONABAB ET LES 40 VOLEURS...
      L’ILLUSIONNISTE DOIT DEMISSIONNER

      ASSEZ... BASTA... STOP !

      TOUS AUX URNES !

      AUJOURD’HUI DIMANCHE 9 MARS ! VOTONS MASSIVEMENT !

      DEHORS LES LISTES UMP ET NOUVEAU CENTRE

      LA BANDE DE PIEDS NICKELES... CA SUFFIT...

      DEHORS, ON EN CREVE TOUS A CAUSE DE CES MENTEURS !

  • talonette66
    talonette66
    animatrice
    • Posté à 19h55 le 08/03/2008
    • Internaute 24668
      animatrice

    oui ce qui est stressant, c’est d’avoir un nombre de clients qu’il faut objectivement faire. Sans rire, il fait de démerder pour que les clients qui entrent dans la banque plcent leur pognon, et sans rire, lorsqu’il y a de moins en moins d’épargne, que les biens sont devenus presque inaccessibles, etc à savoir une conjoncture de moins en moins faste, je pense que la demande initiale est d’abord stupide, ensuite elle bloque toute l’énergie d’un élément pour un résultat devenu plus qu’hypothétique, c’est du gaspillage....pourquoi ces personnes ressemblent elles finalement à des esclaves, plus de libre arbitre, plus de créativité, réactivité, pression, pression...voila le système super productif au début, , mais il (le management) doit accélerer la pression et l’autoritarisme, enchainer les ordres sans explications....ensuite la machine se grippe, ils font du sur place je suppose, la peur les paralyse, la dépression s’installe et l’autonomie au travail se réduit.
    Vouloir des cadres comme çà, ce n’est pas inocent, meme si c’est destructeur...mais comme vous le dites si bien (internautes rue89), ils s’en foutent de la casse.
    Moi je dis ce sont des super cons ceux qui croient encore à ce management
    parce que si on ne laisse pas une part de créativité pour produire, au bout d’un moment, çà se ruine en esquitant au passage des légions de moutons. Les cadres doivent sentir aujourd’hui qu’ils osnt les prolos de demain, des moutons, ils veulent des moutons des moutons vous dis je ! !

  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 20h30 le 08/03/2008
    • Internaute 4901
      Médiatrice scientifique

    Nous pouvons partager l’évidence que le suicide est multifactoriel. De même l’immense douleur, le constat d’impuissance, des formes quelquefois de culpabilité etc. qu’il suscite chez l’entourage qu’il y ait eu ou pas des signes avant-coureurs que nous ne savons pas voir, déceler, désamorcer… Nous pouvons même admettre que le « taux » (certains, au nom de l’objectivité et du pragmatisme, quantifient et par la même désincarnent et déshumanisent les études sociologiques etc.) de suicide en milieu professionnel n’ait rien d’alarmant ou d’exceptionnel si l’on prend en compte l’historiographie dans toutes les branches d’activités humaine (salariat, indépendant, agriculteur,…). Il reste que nous constatons (les salariés) qu’il y a de plus en plus de souffrance au travail et de moins en moins de solidarité et de convivialité.

    Les services de la DRH sont de plus en plus confiés à des broyeurs d’hommes. Le R n’est ni relation, ni ressources humaines. On pourrait presque parler de la D RÉPRESSION ou RÉGRESSION humaine. Dans la majorité des entreprises les salariés sont pour eux des numéros, des statistiques, des personnes dont ils ignorent les compétences, les qualifications, les potentialités et même les activités. Mais les DRH et le Dir Com sont devenus des services extrêmement influents et si les premiers verrouillent et aliènent les syndicats (en attisant les antagonismes, les querelles etc.) en perte de vitesse dans un tissu sociale complètement atomisé, et par suite de leurs propres erreurs, tiennent les services sociaux (médecin de travail, psychologue, assistante sociale etc.) les seconds manipulent les discours informationnels et ne rendent compte que de ce qui arrange les décideurs, les princes qui les nomment et les chouchoutent pour assurer la brillance de leur costumes.

    Ce dont cet article rend compte affecte aussi les établissements publics. Et quand vous êtes, par exemple, dans un établissement culturel à tout ce qui a été dit dans l’article et ce que je viens d’évoquer de manière sibylline et qui se rajoute aux commentaires des autres riverains, il y a également un « tabou » intériorisé : comment soutenir, ou dire que nous sommes malheureux alors que nous avons la chance de travailler dans tel ou tel établissement culturel ? Peut-on mourir d’ennui ou de harcèlement au Louvre, à la Bnf, à l’Opéra de Paris, ou à la Cité des sciences ? Ça semble difficile à admettre, un suicide est forcément du à des causes familiales ou personnelles, nous nous sommes pas dans la mine ou l’usine… Pourtant, on se suicide là aussi. Et si ces décès ne ce sont pas forcément produits sur les lieux de travail, on pourra difficilement nier le fait que le monde du travail dans lequel nous passons beaucoup de temps ne soit pas suffisamment violent (pas forcément physiquement mais moralement), dérisoire, inutile, inintéressant, insupportable, insoutenable, invivable pour qui décide ne pas s’attarder dans le monde des vivants…

  • athénaïs
    • Posté à 20h30 le 08/03/2008
    • Internaute 30637

    Je voulais ajouter que l’un des facteurs aggravants est exprimé très clairement par Antoine Sire le directeur dela communication de BNP paribas. Il parle de la vision objective recherchée. « Nous essayons d’avoir la vision la plus objective... »
    Cela est grave car prétendre que l’on peut juger le travail d’un salarié de manière objective implique que le management ou autre chose (un contexte familial difficile, un contexte économique et soocial peut favorablen,etc...)n’a rien à voir avec les éventuels mauvais résultats de celui ci
    Si ce jugement est réellement perçu par le salarié comme un jugement objectif, cela implique qu’il est le seul à devoir se remettre en question.
    Dans un contexte où le travail n’est jugé que sur le résultat sans tenir compte des efforts fournis pour l’atteindre, les effets peuvent être dramatique ; dépression nerveuse, suicide etc.....

    Les dirigeants d’entreprise régissent en deux temps :
    d’abord, la main sur le coeur, ils nient toute implication de l’entreprise dans ce que vit le salarié est lié à ds problèmes strictement familiaux (Je le répète, il n’y a pas que les suicides : Dans un service où un salarié se suicide ou menace de se suicider, vous pouvez vous dire que ses collègues ne sont pas dans un état très florissant).
    Après des années de lutte, la Direction commence à entendre qu’il peut y avoir des problèmes. elle met en place un observatoire. Je ne sais pas ce que vont donner ces observations mais jamais encore j’en ai vu une mettre en cause ses propres pratiques (management, organisation du travail très dure...)...Une seule chose permet aux salariés de se défendre ; agir collectivement et montrer les dents s’il le faut....

  • ivan35
    • Posté à 20h46 le 08/03/2008
    • Internaute 35240

    C’est un peu normal d’avoir envie de crever quand on fait un travail qui n’a pas de sens.

    Quand on parle des suicides au travail, on les explique en mettant en avant les conditions de travail, les pressions de la hiérarchie, etc.... Que de suicides auraient alors du provoquer les mines ou les usines.

    Ce n’est pas une question de condition de travail mais de sens du travail.

    L’argent pour l’argent..... Fuck that life !
    L’argent...catain du genre humain disait Goethe.
    L’argent.... Tous les dieux méritent leurs sacrifices.

    • otto didakt
      otto didakt répond à ivan35
      citoyen en colère
      • Posté à 20h59 le 08/03/2008
      • Internaute 19852
        citoyen en colère

      à mon avis c’est à la fois le sens ET les conditions de travail qui sont responsables !

  • Fleury
    • Posté à 20h46 le 08/03/2008
    • Internaute 35239

    Mr Servenay,
    votre article est très bon.
    En ce qui concerne la spécificité du suicide aux banques, je crois qu’il s’agit plus d’une réponse à un mode spécifique de management redoublé par la loi de la productivité en matière financière.
    Ce type de management est basé sur le cognitivo-comportemntalisme (TCC) au service de l’efficacité. L’imposture de cette idéologie est de prétendre que si le moi est performant, alors, il recevra sa propre estime. Un bien-être en forme de récompense de la soumission du sujet, en somme. Le piège de ces sujets soumis à ce genre d’impératif est d’y croire.
    Conclusion : chercher à gérer le stress sera un façon d’aggraver les choses.
    Merci beaucoup.
    Lien

  • léo solo
    • Posté à 20h50 le 08/03/2008
    • Internaute 2483

    « Puis un château de brique aux coins de pierre,
    Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs
    Ceint de grands parcs, avec une rivière
    Baignant ses pieds, qui coule entre les fleurs »
    (G de Nerval)

    Ceci pour mettre la distance nécessaire avec la photo illustrant notre article.

    « La vie n’est douloureuse que pour ceux qui se tiennent éloignés de la poésie »

    Cela pour dire que le réanchantement du monde est possible, mais... ce n’est pas dans les banques qu’il se pratique.

  • expat
    • Posté à 21h05 le 08/03/2008
    • Internaute 25627

    Jolie description des methodes de management moderne. Leur seul aspect positif est qu’elles ont cree un nouveau secteur d’activite, un parasite du secteur productif et du secteur tertiaire. Les boites de consulting (comme celle mandate par NS pour evaluer ses ministres).
    On fait remplir des questionaires ou on demande de fixer des objectifs ca, en general ca va, ce n’est pas trop effrayant, le piege, c’est la phase 2, celle ou tel au bon vieux temps de l’ecole on est convoque chez le proviseur avec son pere pour se voir charger de tous les defauts du monde.
    Ma question preferee : en quoi avez vous au cours de l’annee ecoulee ete utile a votre entreprise ? Comment avez vous rempli vos objectifs ( ! ! » ? ? ?) et la partie qu’on aime le plus : pourquoi n’avez-vous pas rempli vos objectifs ?
    Voila on est de retour a l’ecole, le chat a renverse le vase a fleur sur mon livre de cours et apres il etait impossible de lire les questions pour faire l’exercice (un exemple)
    Que vous ayez fait votre travail aussi bien ou mieux qu’on ne peut l’esperer, malgre votre salaire bloque les heures supplementaires jamais payees ou remplacee par du temps libre n’a plus d’importance.
    En fait que le marche soit sature, que la perte de pouvoir d’achat vous fasse perdre des clients, que les produits soient inadaptes, de mauvaise qualite ou trop chers ne peut jamais venir a votre secours.
    L’idee d’ecrire que votre objectif est simplement de remplir les 8 heures par jour sans provoquer de catastrophe ne viendrait jamais a personne, on peut imaginer la reaction des « interviewers ».
    Comme je ne suis pas suicidaire j’ai parfois prefere le chomage a ce genre de plaisir.
    Un jour ce genre de pratique sera denonce pour ce qu’il est un abus de pouvoir, de la torture meme peut-etre (soyons optimiste)
    Maintenant foutez la paix a Jerome Kerviel !

  • TARPON
    • Posté à 20h58 le 08/03/2008
    • Internaute 27263

    Ne nous trompons pas de sujet ,les methodes decriees etaient en application dans les societes anglo saxonnes depuis des decennies .
    Le français,hyperprotegé vit tres mal ce changement de normes ,ajouté à la precarité dans l’entreprise et de l’entreprise .
    Sans oublier ,et c’est un abonné qui le disait plus haut ,ceux qui se suicident faute de travail ,nous fait penser que tous sont concernés quand leur avenir s’assombrit ou n’existe plus.Certains resistent plus que d’autres c’est tout.
    Regardez ce qui s’est passé à Outreau ; l’un des innocents François Mourmand s’est donné la mort en prison,plus fragile,plus isolé que les autres ,personne dans le monde judiciaire ne l’a aidé.
    Il est faux de penser que rien n’a jamais été fait contre cette situation en entreprise .Depuis longtemps on mesure le moral des troupes ,les difficultés d’etre remontent par la hierarchie,les syndicats,chacun joue son role ou a un role à jouer.On ne lache pas celui qui trebuche .
    Il y a malheureusement des maillons de la chaine qui ne jouent pas leur role et conduisent à ces suicides.

    • otto didakt
      otto didakt répond à TARPON
      citoyen en colère
      • Posté à 21h07 le 08/03/2008
      • Internaute 19852
        citoyen en colère

      vous faîtes sans doute allusion à l’hypocrisie de ces entreprises qui rendent les gens malades par leur méthode de management, et qui leur « vendent » ensuite la méthode et les médicaments pour en guérir !

      • TARPON
        TARPON répond à otto didakt
        • Posté à 21h59 le 08/03/2008
        • Internaute 27263

        non,plutot à des gens comme vous qui critiquent tout sans n’avoir jamais été confronté au probleme.

         
        • DBL8
          DBL8 répond à TARPON
          Retraité
          • Posté à 10h48 le 09/03/2008
          • Internaute 19562
            Retraité

          Êtes-vous sûr que nous n’ayons jamais été confronté aux problèmes ? (vous remarquerez le pluriel)
          Les ouvriers qui subissent PEUVENT aussi critiquer, ils sont très bien placés.
          Juste pour connaitre leurs impressions aux travail, allez dans un resto à l’heure du déjeuné et écouté, là vous comprendrez leurs mal-être ! Au besoin parlez avec eux.

          • TARPON
            TARPON répond à DBL8
            • Posté à 12h45 le 09/03/2008
            • Internaute 27263

            justement,arretez de piccoler,votre jugement n’en sera que plus sain.

        2 autres commentaires
  • Jean Bachèlerie
    Jean Bachèlerie
    marié un chat
    • Posté à 21h06 le 08/03/2008
    • Internaute 11540
      marié un chat

    Suicides au travail : la banque n’a rien dire circulez.

    Se suicider au travail est hautement symbolique. Cela dénote une souffrance au travail inadmissible, insupportable dans une société et dans des entreprises qui ne cessent de s’autoproclamer socialement responsable, avec l’aide d’agence de notations comme celle de Madame Notat qui n’ont rien à leur refuser, puisqu’elles sont actionnaires de son agence.

    Plus un mot est employé, moins il a de sens, plus il a perdu son sens, cela est vrai de social, de développement durable, de déontologie ou éthique, de respect du client.

    Il faut avoir le courage de le dire et de l’admettre. Salarié d’une banque socialement responsable et pour le développement durable, qui désigne en charge du développement durable comme de l’éthique des dirigeants mis sur la touche, depuis des années nous luttons contre cette nouvelle barbarie souriante.

    Quant au socialement responsable le palmarès de cette banque aux prud’ommes : condamnantions multiples et se multipliant, rappellent la cruelle réalité : la souffrance au travail, le management par le stress, l’idéologie de la performance, par allusion au sport. L’ennui est qu’en sport on ne demande pas à un athlète ou un champion d’être le meilleur tous les jours, on ne le contraint pas à la performance.

    Les psychiatres Christophe Dejour, et Marie Pezet,les sociologues Vincent de Gaulejac et Jean Claude Le Goff, de nombreux syndicats tirent depuis longtemps l’alarme sur ces méthodes, qui génèrent la souffrance, le stress et parfois le suicide.

    Combien faudra t il de victimes, de condamnations, de dépressions prises en charge par nous tous (l’assurance maladie) en toute impunité pour ces grandes banques. Comment est il acceptable que ces banques n’obéissent plus à aucune loi, aucun droit, les interventions de l’inspection du travail, quand elles sont possibles, ou réalisées reste lettre morte.

    Quel citoyen , quelle PME, quelle entreprise en dehors des grands groupes pourraient bénéficier d’une telle impunité.

    Nous les délégués du personnel continueront à nous battre pour défendre nos collègues maltraités pour permettre à une poignée de dirigeants de faire leur show et de se faire décerner les brevets de dirigeants exemplaires et de devenir millionaires en quelques : cette nouvelle barbarie tranquille.

    Les médias doivent enfin nous aider à mettre en place un véritable observatoire de la siouffrance au travail. Un observatoire entre les mains des directions des ressources humaines ajouterainet le cynisme à l’impunité.

    D’ailleurs comment ne pas être choqué par ce t mot ressources, le collaborateur, le salarié n’est il plus qu’une ressouce , jetable lorsqu’elle est usée ou dérange.

    Jean Bchèlerie

    salarié d’une « grande » banque

    • TARPON
      • Posté à 22h03 le 08/03/2008
      • Internaute 27263

      il faut egalement dire que la façon dont les banques traitent leurs clients (par leurs employés) ne leur attire pas beaucoup de sympathie et les rapports plus que tendus entre des clients qui ne veulent pas se laisser tondre et des chargés de compte qui souhaitent leur en prendre le plus possible eleve le taux d’adrenaline.

    • Révolutiona
      Révolutiona répond à Jean Bachèlerie
      Hawwah
      • Posté à 21h59 le 09/03/2008
      • Internaute 31103
        Hawwah

      J’ai bien peur que ces DRH aient une « Pierre » à la place du coeur !
      En tant qu’ex-sportive de compétition, bien sûr, on ne peut battre des records tous les jours... Il peut y avoir des contre-performances, mais ce peut être que passager..
      Je croyais que les banques réussissaient à éviter les Prud’hommes... parce qu’elles ont un pouvoir incomparable, celui de l’argent !

      Effectivement, laisser gérer l’observatoire aux DRH ne va pas, comme faire faire les enquêtes via le CHSCT par la Direction, qui ne doit pas assister aux entretiens d’enquête pour éviter l’influence.

      Je crois qu’il est temps de faire une bonne levée de bouclier.

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 21h16 le 08/03/2008
    • Internaute 1001
      nc

    De plus en plus de suicides liés au stress du travail. le dernier en date (tentative) : un jeune instit* la veille d’une inspection.

    J’attend que des winners viennent nous expliquer que tout ça c’est fainéant, petite nature et cie, incapables de s’adapter à l’inévitable évolution du monde.

    * Allez voir les commentaires sur libe.fr. Certains sont ignobles. Les profs sont actuellement les boucs émissaires d’à peu près tout.

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 21h25 le 08/03/2008
    • Internaute 1001
      nc

    Lien

    A quand des suicides dans cette maternité ?

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4