05/03/2008 à 17h48

Petite commune cherche candidat désespérement


Responsabilités, emploi du temps chargé, missions complexes : certains fauteuils de maire pourraient rester vides.

A Mauchamps, c’est le maire qui fait la queue au supermarché quand la commune a besoin de fournitures. A Villeneuve-sur-Auvers, il prend des coups lorsqu’il résout une discorde… Le quotidien des élus ruraux est souvent loin de l’idée qu’on s’en fait. Un temps de travail hebdomadaire moyen de vingt-cinq heures (souvent plus), indemnisé 600 euros, auquel s’ajoutent une vie de famille et un emploi salarié.

Villeneuve-sur-Auvers. Dans cette commune de 600 âmes, François Lassalle, maire sortant, renonce à briguer un troisième mandat pour se consacrer à sa carrière professionnelle. Problème : aucun de ses concitoyens ne désire prendre la relève. Selon lui, ils sont trop conscients du décalage entre l’image de la fonction et la réalité du terrain. (Voir la vidéo.)


Comme François Lassalle, Michèle Collard, maire de Mauchamps, dénonce un quotidien trop lourd à porter. Cette ancienne fonctionnaire n’a aucun regret, mais ne souhaite pas non plus renouveler l’expérience.

« On nous attribue les mêmes compétences que celles des grandes communes alors que nous n’en avons pas les structures administratives, ni humaines, ni financières. Quand il neige, c’est à moi et mon mari de dégager les trottoirs parce que l’employé communal n’habite pas Mauchamps.

“Sans compter tout le quotidien, les problèmes de voisinages, le téléphone qui sonne à 23 heures… tout ça pour 600 euros par mois. Je suis trop fatiguée pour me représenter.”

Si personne n’est candidat, tout le monde est candidat

Pour ces communes, que se passera-t-il si aucun candidat ne se présente ? Le jour de l’élection, chaque votant peut écrire sur un bulletin vierge fourni par la préfecture les noms des habitants qu’il veut voir siéger. Le conseil municipal ainsi désigné élit un maire. Si ce dernier refuse, la loi prévoit que le préfet mette en place une délégation spéciale pour gérer la commune avant d’organiser de nouvelles élections et mobiliser les citoyens.

Une solution d’urgence. Pour ne pas décourager les vocations en allégeant le travail des élus, Jacques Garau, sous-préfet d’Etampes, propose le regroupement en communauté de communes : (Voir la vidéo.)


Une aide reconnue par les élus, mais qui est loin de décharger les maires du poids de la gestion des petites communes.

Eviter les mauvaises surprises avec une réforme du mode de scrutin


En 2005, l’Association des maires ruraux de France appelait dans un communiqué à une réforme du mode de scrutin dans les communes de moins de 3 500 habitants.

Objectif : dissuader les habitants qui veulent se porter candidats sans être conscients de la difficulté de la tâche. Et éviter qu’un conseiller municipal se retrouve élu maire sans l’avoir prévu, faute de prétendants plus motivés. Les mesures envisagées :

  • L’obligation d’être candidat pour être élu ou obtenir des voix comptabilisables
  • L’obligation d’avoir été candidat au premier tour pour l’être au second
  • L’obligation de présenter des listes complètes dès lors que le conseil municipal comprend au moins quinze membres
  • L’obligation d’une représentation féminine dans chaque liste présentée

Pour son président, François Pelletier, le manque de candidatures provient en effet plus du poids de la fonction que d’une “crise des vocations”.

“Les gens sont prêts à s’engager. Simplement, les candidats potentiels des petites communes peinent à constituer une liste, et du coup, ne se déclarent pas.
Autre élément : la menace juridique et pénale qui pèse sur les maires dissuade énormément. Les retraités préfèrent profiter de leur temps libre, voyager plutôt qu’assumer de telles responsabilités.”

Beaucoup ne découvrent qu’une fois élus la complexité de la fonction

Tous les maires de petites communes ne baissent pas les bras. Depuis 2001, la proportion de maires briguant un nouveau mandat est même passée de 46% à 56%. L’Association des maires de France ne s’explique pas cette augmentation.

Mais pour tous ceux qui s’installent pour la première fois dans le bureau du maire, le manque d’expérience rend la tâche ardue, surtout quand il faut digérer les 5 000 articles du code électoral.

Beaucoup ne découvrent qu’une fois élus la complexité de la fonction, ce que confirme Jacques Muscat. Directeur du Centre de formation des maires et des élus locaux de l’Hérault, il voit passer beaucoup d’élus de petites communes en quête de conseils :

“Les personnes que nous recevons en formation n’ont souvent aucune connaissance des rouages juridiques et des principes de fonctionnement d’une mairie. Parmi elles, la moitié est issue de communes de moins de 500 habitants, et la quasi-totalité représentent des communes de moins de 3 500 habitants”.

La commune, le lieu où s’exerce la démocratie la plus directe

Alors, avec 20 898 communes de moins de 500 habitants en France, la démocratie locale dans les zones rurales est-elle menacée ? Voire. La pénurie de candidats sévissait déjà dans les années 80, les petites communes rencontraient ce genre de problème : à tel point que la Chaise-Dieu (Puy-de-Dôme) avait publié dans la presse locale un appel à candidatures !


Bernard Dapogny (DR)

Bernard Dapogny, co-auteur du guide “L’Elu municipal” (éd. uits Fleuri), ne voit d’ailleurs dans cette situation que des cas isolés. La commune est, selon lui, le lieu où s’exerce la démocratie la plus directe :

Reste que le statut précaire des maires de communes rurales manque d’attractivité. Si l’on en croît Bernard Dapogny, le salut des élus réside plutôt dans le développement de l’inter-communalité :

A Villeneuve-sur-Auvers, Mauchamps, Chalo-Saint-Mars dans l’Essonne, ou encore Bazus en Haute-Garonne, Usson dans le Puy-de-Dôme, les élections risquent donc d’être mouvementées. Tout comme les nuits des prochains élus, qui devront répondre aux appels de leurs administrés, même à trois heures du matin.

Delphine Rigaud et Jean-Baptiste Roch (Centre de perfectionnement des journalistes).

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  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 18h17 le 05/03/2008
    • Internaute 4901
      Médiatrice scientifique

    Voilà des lieux de stages pour les pseudos novices des partis politiques.

  • melc
    • Posté à 18h25 le 05/03/2008
    • Internaute 24675

    aaaaaalalalala... le sujet bâteau du moment qui commence à me soualer. Personnellement je couvre un secteur de 40 communes, toutes en dessous de 3500 habitants et même dans les bleds de 500 habitants je me retrouve avec 4 listes alors la crise des vocations...

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à melc
      Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 18h37 le 05/03/2008
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas crise des vocations chez vous, que le sujet n’existe pas. Je reviens d’un village de 2000 habitants dans le Maine-et-Loire où il n’y a également pas de candidat, pour les mêmes raisons. On m’a également parlé d’un cas en Normandie... Rien que dans mon entourage direct. Votre réalité n’est pas forcément celle des autres. Un peu de tolérance ne nuit pas.

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 18h33 le 05/03/2008
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Le plus important serait de savoir combien il y a de communes de moins de 2 000 âmes, pour la crise des vocations. C’est le seuil auquel on peut voter « librement », non ?

    Mais le rattachement à une autre commune est toujours possible sur décision préfectorale…

    Fabien
    Lien

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 18h46 le 05/03/2008
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Et si c’était l’occasion de réfléchir à un autre mode de fonctionnement, une commune autogérée par exemple....

    Je sais c’est une utopie, mais bon , si on ne rêve pas qui le fera à notre place

    Lien

    • pablico
      pablico répond à skalpa
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h48 le 05/03/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      on se prépare tout doucement à ce que les communes se fondent en une super commune.
      c’est déjà commencé.

      • JeanCardinal
        JeanCardinal répond à pablico
        • Posté à 21h18 le 05/03/2008
        • Internaute 25139

        Effectivement.

        A vrai dire, ce n’est pas un mal si on réforme en profondeur l’intercommunalité, avec des élections directes. Sinon ça devient comme l’Europe au niveau local : quand une décision ne plait pas ou qu’un dossier est mal géré, ce n’est pas la faute du maire ou de la commune, c’est la faute de la communauté de commune ou de la communauté urbaine. Chez nous on a un maire qui est première vice-présidente de la communauté urbaine qui est très forte pour cela.

        De plus tous les sujets délégués à l’intercommunalité disparaissent du débat électoral, car les élus municipaux (surtout des petites villes périphériques, qui dépendent entièrement du bon vouloir de leur voisines) ne peuvent plus s’engager sur telle ou tel projet de façon certaine, puisque la décision ne dépend pas (seulement) d’eux. C’est particulièrement scandaleux dans les communautés urbaine où la ville centre dispose de la majorité absolue à elle seule au conseil communautaire. Les élus de la ville centre peuvent se moquer complètement des électeurs des autres villes ou villages, ils ne dépendent pas d’eux pour leur prochaine réélection !

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à pablico
        journaleux - blogueur
        • Posté à 21h35 le 05/03/2008
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        @pablico,

        que je sache, l’intercommunalité est un regroupement, sous forme de GIE ou autres. soit une entité supplémentaire. soit des élus supplémentaires…

        tu veux amplifier la crise de foi ? je ne sais pas précisément de quel coin du M&L rentre Arnaud, mais il y a pas mal de zones très raides. c’est parfois un job à plein temps et on vire à l’américanisation : avec le moindre panier de basket qui tombe sur un gamin à l’école, c’est le drame ! ou alors LA solution : être maire d’une commune où il n’y a pas d’école et rien à visiter… et surtout pas de chemin vicinal ni de voie ferrée. là, les dégâts sont assez limités.

        Fabien
        Lien

         
        • pablico
          pablico répond à FabiendeMénilmontant
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 18h39 le 06/03/2008
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          non, je pense que l’intercommunalité telle quelle est est un piège.
          Tant qu’on ne vote pas pour le président de l’intercommunalité.
          C’est toujours le maire de la grande ville qui a le pouvoir, car cela se fait à la proportionnelle par habitant. Et comme il n’est pas élu par l’ensemble, il ne se sent pas responsable des autres communes.

        1 autres commentaires
  • Zontar
    Zontar
    étudiant
    • Posté à 19h10 le 05/03/2008
    • Internaute 12286
      étudiant

    Avant d’augmenter le président de la République, le Premier Ministre et les députés, faudrait peut-être penser à augmenter les élus locaux. Parce que 600 euros, c’est pathétique.

  • DidierB63
    DidierB63
    Devant un écran
    • Posté à 19h16 le 05/03/2008
    • Internaute 30265
      Devant un écran

    De toute façon, il y a trop de communes en France. Il faudrait en supprimer au moins 20000.
    Ça ferait faire des économies d’échelles et ça résoudrait peut être l’hypothétique problème des non-candidats.

    Lien

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à DidierB63
      journaleux - blogueur
      • Posté à 21h41 le 05/03/2008
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      @DidierB63,

      si tu t’en tiens à ceci :
      Lien
      il y en a moins de 37 000…

      alors ne touche pas à Clipperton, s’il te plaît ! et si tu supprimes les communes de deux lettres, tu supprimes leur réunion annuelle : des économies d’échelle (sans « s ») là aussi…).

      Fabien
      Lien

      • DidierB63
        DidierB63 répond à FabiendeMénilmontant
        Devant un écran
        • Posté à 23h54 le 05/03/2008
        • Internaute 30265
          Devant un écran

        En fait, il y en a 36568... dont 31000 ont moins de 2000 habitants et représentent 25% de la population.

        Ça fait beaucoup trop... il y a même une commune qui a 1 habitant.
        Et tu as raison, pour les économies d’échelle, commençons donc par ce « s » en trop. : -)

        Lien

  • Salaves
    Salaves
    Métallo
    • Posté à 19h45 le 05/03/2008
    • Internaute 5988
      Métallo

    Si les citoyens ne veulent ne veulent pas se prendre en charge, ce n’est pas les communes qu’il faut supprimer, c’est l’état d’esprit pourri des citoyens et surtout leur télé.

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 21h00 le 05/03/2008
    • Internaute 25388
      sur le fil

    Attention pour remédier a ca Attila Dati va nous pondre un redécoupage des bleds ou il n’y pas de maire, avec regroupement des populations afin de donner lieu a des communes dont les indemnités d’édile rendront le poste attractif.

  • Pierrot44
    • Posté à 21h54 le 05/03/2008
    • Internaute 32264

    Sur la solution « communauté de communes » (CC) comme remède à la crise des vocations en milieu rural, quelques observations.
    Certes, la CC est un bon échelon de gestion de certaines compétences comme l’évoque le sous-préfet d’Etampes dans l’interview de Rue89. Ainsi certaines CC créent des services à la population bien utiles que ne peuvent mettre en place les communes seules : relais d’assistantes maternelles, salle omnisports, service technique intercommunal,... certes, mais ce schéma idéal (=la CC ne prend à sa charge que ce qui peut être mutualisé, et économiquement le machin est optimal) ne reflète pas la réalité de tous les territoires.
    En 1er lieu, l’importance des compétences à transférer pour arriver à un service à la population qui ressemble à quelque chose pose clairement, dans certains patelins, la question de la fusion de communes, tabou plus que trentenaire (loi de 1971). Et pourquoi pas après tout ? Mais il suffit de fréquenter une fois le congrès des maires annuel de fin novembre porte de Versailles pour voir que cela n’est pas gagné...
    En 2nd lieu, structurer une communauté de communes n’est pas la panacée. Pour l’avoir vécu de très près, regrouper 15 communes pour arriver à un ensemble de moins de 5 000 habitants, ça fait peut être plaisir aux élus et cela gonfle les stats de la préfecture, mais ça ne fait pas avancer le schmilblick : c’est trop petit, un point c’est tout !
    Moralité : une CC bien pensée, oui c’est bien un début de solution pour rendre le rôle de maire rural plus vivable mais il faut (au moins) en plus :
    - un vrai statut de l’élu et des indemnités décentes
    - et, rêvons un peu, des concitoyens plus impliqués dans la vie communale et moins simples consommateurs de services publics ! !

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 22h06 le 05/03/2008
    • Internaute 16256

    Les revenus dégagés par l’activité de maire, s’ils étaient augmentés, attireraient un grand nombre de squales. Et comme vous le savez, le monde politique est un marigot déjà bien rempli de prédateurs aux dents acérées dont l’appétit n’est jamais rassasié par le cumul des mandats. Aussi, ne suis-je pas partisan de l’augmentation de l’indemnité des maires.

    Je pense que leurs charges sont trop lourdes. Ils sont depuis quelques années juridiquement responsables, ce qui était une manière de les obliger à faire les travaux nécessaires dans leur commune, car certains y étaient rétifs, mais qui d’entre nous, lambdas, aurait envie d’endosser de telles responsabilités ? ? Pas moi. Il faut avoir l’ambition ou l’abnégation chevillée au corps pour être maire, surtout avec la communauté de communes -les non-élus- au-dessus qui prend le meilleur et vous laisse l’ingrat à vous l’élu du peuple : un non-sens.

    • Zontar
      • Posté à 23h51 le 05/03/2008
      • Internaute 12286
        étudiant

      Je comprends ça, mais quand même. Sans donner 20000 euros par mois, il faudrait au moins qu’on puisse vivre décemment en étant maire à plein temps. Je sais pas, 2500, voire 3000 euros me paraîtraient tout à fait justifiés, surtout quand on voit le travail abattu par de nombreux maires de petites communes.

      • Network 23
        Network 23 répond à Zontar
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 10h38 le 06/03/2008
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        600 euros semblent peut-être dérisoires, mais il s’agit d’une compensation pour un boulot, pas forcément passionnant, qui n’est pas censé être à plein-temps.

        Or, il semble que cela prenne parfois plus de temps et d’énergie que ce qu’en pensaient les candidats.

        Mais on ne règlera pas un problème de motivation pour l’engagement citoyen à coût de billets, à moins, comme le dit Comptecourant, de vouloir attirer les squales et de corrompre un peu plus la République.

        N’en déplaise à certains, les maires ne sont pas tous des citoyens très vertueux, et le népotisme n’est pas l’exclusivité des pays en voie de développement. Etre maire, c’est aussi avoir du pouvoir, quoique négligeable celui-là puisse paraître.

        Alors, entre une réforme de l’inter-communalité ou l’autogestion appelée de ses voeux par Skalpa, il faut peut-être choisir, voire mettre en place les deux.

        Laisser le maire déblayer la neige d’un trottoir parce que l’employé municipal n’habite pas dans le coin et ne peut le faire ne présage rien de bon pour la vie civique...

        « Ce fait devient encore plus énigmatique, quand nous voyons que la citoyenneté, la communauté politique sont ravalées par les émancipateurs politiques au rang de simple moyen pour la conservation de ces prétendus droits de l’homme, que donc le citoyen est déclaré le serviteur de l’homme égoïste, que la sphère où l’homme se comporte en être collectif est dégradée et placée plus bas que la sphère où il se conduit en être partiel, qu’enfin ce n’est pas l’homme comme citoyen, mais l’homme comme bourgeois, qui est pris pour l’homme authentique et vrai. »

        Une critique dépassée ?

  • Lidenbrock
    • Posté à 23h02 le 05/03/2008
    • Internaute 24667

    Dans ma commune de 2000 habitants, on se retrouve avec 5 listes. Depuis des semaines, les arguments de campagne volent encore plus bas que les pâquerettes. Pour décrypter tout cela, il doit falloir connaître les histoires du coin sur au moins quinze ans ou vingt ans, ce qui n’est pas le cas d’un bon tiers des électeurs (nouveaux arrivés comme nous).
    Alors, on navigue à vue, car aucune des listes ne se réclame d’un parti ou d’un autre. On a du mal à ressentir le poids de ce scrutin au niveau national vu d’ici, où les enjeux invoqués sont d’ordre purement local avec de discrètes évocations de la communauté de communes, mais point trop.
    Ceci est juste un témoignage des municipales vues d’un petit coin de campagne ordinaire.

  • kbx
    kbx
    • Posté à 23h25 le 05/03/2008
    • Internaute 13516

    De mémoire, 50% des communes européennes sont en France...Pourquoi ? simplement parceque nos voisins ont adoptés le statut de l’inter communalité, sans que cela ne nuise à la démocratie locale (un article de fond sur la mise en place de l’inter communalité et ses conséquences chez nos voisins pourrait être intéressant : -)).

    De plus, provenant d’un petit village de 159 âmes au dernier recensement, aucune liste n’est formée pour les prochaines élections et semble-t-il personne n’a l’intention d’occuper le poste de maire. S’intéresser à la vie de cette commune est très difficile : réfléchir à l’emplacement des futures poubelles ou définir l’heure d’ouverture de la mairie (2H par semaine) n’a rien de très réjouissant, même pour un passionné de politique.

    La situation du village voisin, d’environ 1000 habitants, n’est guère enviable, une seule liste,(non complète évidement) s’est créée, je me demande quel est l’intérêt du vote dans la mesure ou le future maire est déjà connu de tous.

    Je considère l’intercommunalité comme une solution inévitable mais bien entendu, celle-ci nécessite une réforme de son mode de fonctionnement.

    Ah et pour dimanche, je me demande si je vais exercer mon devoir de citoyen. Voter pour mon voisin du haut ou du bas n’a aucune importance à ce niveau dans la mesure ou à ce stade (dans les petites communes) on ne fait pas de la politique mais de la gestion. Et de toute façon ni l’un ni l’autre n’a vocation à se présenter.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 00h03 le 06/03/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    C’est pourtant pas si compliqué d’ installer trois Vélib, un mini tramway électrique et une petite Médiathèque avec quatre livres et deux cassettes VHS ..

  • jardin
    jardin
    Psychologue retraitée
    • Posté à 05h37 le 06/03/2008
    • Internaute 32790
      Psychologue retraitée

    Moi je trouve intéressant qu’il y ait une vie municipale dans les petites communes, surtout si elles sont géographiquement isolées.

    Un des problèmes, c’est peut-être un certain état d’esprit (mais pas partout, en tous cas j’espère), où le maire et les conseillers sont au service intégral des habitants, sont taillables et corvéables à merci et se font engueuler sans scrupules pour des intérêts individuels.

    Peut-être est-ce le rôle précisément des équipes municipales de modifier cet état d’esprit, résidu d’une attitude clientéliste de la part des élus précédents.

  • tupelo
    tupelo
    paysan en allier
    • Posté à 06h19 le 06/03/2008
    • Internaute 32238
      paysan en allier

    petit pays se croyant grand cherche président désespérément !

  • Anonyme

    Le Président de la république, vient d’annoncer le désengagement de l’armée française de l’Afrique.
    Il y a de nombreux talents dans notre armée.
    Pourquoi ne pas rentabiliser le sens de l’organisation et de l’administration , ainsi que les compétences en matière de génie, pour administrer les villages sans maires ?

    • tupelo
      tupelo
      paysan en allier
      • Posté à 08h13 le 06/03/2008
      • Internaute 32238
        paysan en allier

      Ah le génie militaire !

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 08h49 le 06/03/2008
    • Internaute 33755

    Message qui n’a pas grand chose à voir.

    Devedjan, il y a 1 minute au micro de France Inter, à propos de la défaite annoncée de Panaf’

    « ... Vous savez dans la Démocratie, ça n’a jamais été les sondages qui ont fait une élection. »

    Comique ?

  • saivo
    • Posté à 09h04 le 06/03/2008
    • Internaute 27903

    C’est inquiétant l’absence de candidats pour le poste de maire car n’importe qui peut devenir maire même un parfait abruti

    • unagi-
      unagi- répond à saivo
      卑語
      • Posté à 09h49 le 06/03/2008
      • Internaute 24252
        卑語

      on peut devenir président aussi.

    • Gringo
      Gringo répond à saivo
      • Posté à 10h23 le 06/03/2008
      • Internaute 24805

      Il est dangereux de juger les gens ; si vous ne voulez pas que quelqu’un que vous prenez pour un abruti devienne maire, faites opposition ou présentez-vous. Et puis rassurez-vous personne n’est parfait ; pas même un abruti.

      On est toujours le con d’un autre.

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 11h31 le 06/03/2008
      • Internaute 33755

      Ce que vous dîtes me rappelle par ricochet, la candidature de Jacques Cheminade aux élections présidentielles de 1995 :
      Pour obtenir ses 500 signatures, il avait écumé toutes ces petites communes en proie à de telles difficultés : abandon, mauvaise gestion, tension autour d’un terrain, maire trop âgé etc.
      Jusque là pas trop de soucis et même, pourrions-nous dire, un certain sens de la politique de terrain, avec dévouement au travail de fourmi que doit être ce métier.
      Mais c’était sans compter sur la perversion du personnage (je vais m’en expliquer par la suite) : il s’était auto-érigé en sorte de super-maire d’un artisanat politique malade, faisant de votre « n’importe qui » non pas un « parfait abruti » (malheureusement) mais un manipulateur de braves gens.

      Résultat, il avait obtenu si mes souvenirs sont bons, 517 signatures et récolté 0,5% des suffrages nationaux soit 85000 voix. Dans ce choix de bulletin on peut aisément imaginer une part importante de voix « contestataires » plus qu’un choix par conviction idéologique : j’avais rencontré plus d’un de ces électeurs, parfois résident dans des grandes communes...

      Et voici dans ce qui suit le genre de soucis que peut générer un tel abandon des pouvoirs publics (mais qui n’est bien entendu pas systématique) : Cheminade, une fois cette base de légitimité publique et médiatique acquise, avait alors créé un « parti politique » : Solidarité et Progrès. Celui-ci est aujourd’hui suivi de près par la Miviludes et a été classé dans la catégorie secte politique.

      Si l’on place aujourd’hui ce micro-évènement antérieur en parallèle à votre article et une récente émergence de discours étatiques qui étaient autant de bonnes clés pour ouvrir les mauvaises boîtes de Pandore (référence à ces phrases lâchées par Mignon : « A part publier des rapports annuels, la Miviludes ne fait rien », « les sectes sont un non-problème » ou encore MAM qui veut rattacher cette commission à l’Intérieur, sans parler d’un président qui « incline à penser » des trucs bizarres), on peut craindre que si de telles situations sont amenées à se reproduire, elles gagneraient alors en légitimité.
      Non pas que la portée de ces micro-évènements dramatiques soit large sur l’opinion, je ne pense pas ou je ne l’espère pas, mais qu’un nombre croissant de personnages type Cheminade profitent de ces situations pour exercer leur perversion sur un nombre lui aussi croissant de petits groupes d’individus en prises à un certain désespoir qu’ils partagent « communément »...

      Blaise, pour vous servir, aussi.

      nb : ce témoignage n’a pas pour but d’attiser les peurs, mais de les prévenir.
      nb2 : Le fait que MAM veuille rattacher la Miviludes au ministère de l’Intérieur est un peu comme un « Premier Flic » qui se trouverait aussi un rôle de ministre de la Santé (Sarkozy 2003-2006 ndlr). Je doute de l’efficacité pérenne de ce procédé à la mécanique teintée d’orange...
      nb3 : pardon pour la longueur mais difficile de faire court sur un tel sujet.

  • chatel52
    • Posté à 09h34 le 06/03/2008
    • Internaute 6896

    Paradoxe
    Par vocation, j’ai essayé de m’inscrire sur une liste électorale dans une ville de 70 000 habitants, je n’ai pas pu car j’ai emménagé au 01/01/08 et il fallait fournir un justificatif de loyer pour l’année 2007.
    Autre paradoxe, pour compléter la liste où je souhaitai participer activement à la vie de cette ville, il figure sur cette liste deux retraités agés respectivement de 79 et 81 ans ! ! !
    Comme quoi, par moment on se dit que la législation devrait être revue ! ! !

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 09h48 le 06/03/2008
    • Internaute 24252
      卑語

    Bonjour rue89, pardonnez ce post sans rapport aucun avec le sujet traité. Je reviens sur un article précédent « Le député-maire d’Aulnay ne fraudait pas les Assedic ». Votre charge avait été sévère envers un confrère à plumes,j’aurais aimé lire un second papier après la confirmation de la fraude.
    Bonne journée.

    • Julien Martin
      Julien Martin répond à unagi-
      Ex-Rue89
      • Posté à 13h23 le 06/03/2008
      • Internaute 14
        Ex-Rue89

      Bonjour, nous n’avons pas fait de suite, considérant que les nouveaux éléments n’étaient toujours pas de nature à accréditer la thèse d’une fraude de l’élu.

  • Gringo
    • Posté à 10h18 le 06/03/2008
    • Internaute 24805

    Ce qui m’énerve là-dedans, c’est que si l’UMP prend la claque annoncée aux municipales, ils pourront toujours dire que c’est un scrutin sans importance, qui n’ a pas motivé les citoyens etc.
    Alors qu’eux continuent de se vanter de leur Sarko-sainte légitimité d’une « participation sans précédent » et du soutien de « 53% des français ».

  • ecocitoyen
    ecocitoyen
    neo rural en normandie
    • Posté à 10h28 le 06/03/2008
    • Internaute 34980
      neo rural en normandie

    Mais ce n’est pas toujours facile d’etre candidat face aux lobbys locaux (agriculteur, chatelain, Patron local etc...), surtout quand on est « nouveau » dans un village.
    On n’a pas forcement envie de se retrouver en haut de l’affiche et de recevoir des coups pendant 6 ans.
    De plus, l’individualisme forcené fait que le maire devient responsable de tout ce qui ne va pas, à lui tout seul, mais que personne n’est là pour le soutenir vraiment et efficacement.
    le tout pour 600 euros !

  • Benoist Apparu
    Benoist Apparu
    Secrétaire d'Etat chargé du (...)
    • Posté à 11h18 le 06/03/2008
    • Internaute 30977
      Secrétaire d'Etat chargé du (...)

    je suis élu dans une circonscription de 104 communes dont la plus petite compte 7 habitants pour 9 conseillers municipaux (et oui la loi impose un minimum de 9 conseillers municipaux ! La plupart des communes ont moins de 100 habitants. Bref je mesure pleinemment la « déprime » des maires des petites communes qui doivent tout faire, sans aide, sans personnel et sans finances et qui peuvent de ce fait répondre aux attentes de leurs concitoyens. A ce niveau là ce n’est plus un sacerdoce ! Je partage l’analyse du sous prefet. La seule solution c’est de regrouper les communes en une communauté de communes à la condition que celle ci soit d’une taille critique suffisante. La encore a titre d’exemple j’ai dans la circonscription ou je suis élu une communauté qui compte moins de 2000 habitants ! C’est trop petit pour etre efficace. J’ai donc proposé à trois communautés de communes de fusionner pour atteindre une taille critique de 13 000 habitants.

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 11h48 le 06/03/2008
      • Internaute 33755

      Pour sûr.
      Et aménagement qui pourrait éviter l’éclosion de ce que je citais plus haut.

    • Anonyme répond à Benoist Apparu

      « C’est trop petit pour etre efficace. J’ai donc proposé à trois communautés de communes de fusionner pour atteindre une taille critique... »
      Ce n’est pas la taille qui compte , cher Bruno,mais l’usage que l’on en fait.
      De là à pratiquer le triolisme ....

      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 21h08 le 06/03/2008
        • Internaute 33755

        Mais il te dit que c’est logique que pour en « faire l’usage », il manque du monnnde.
        Ajoute à cela le partisanisme de ton post.
        Fais le total.
        Triolisme impossible.
        On est loin du triangle équilatéral de gainsbourg

  • Superblaireau
    Superblaireau
    comme son pseudo l'indique
    • Posté à 11h35 le 06/03/2008
    • Internaute 128
      comme son pseudo l'indique

    tonneville.miniville.fr

  • breakfast
    • Posté à 11h47 le 06/03/2008
    • Internaute 24025

    Moi je veux bien me présenter mais je suis laid,pauvre(1000€/mois),et je fais trop de fautes de français...Comment faire pour améliorer mon niveau de français et me faire accepter sans trop de préjugés ? .

    Lien
    Comment est-il possible de régler les problèmes d’une commune en les ignorant depuis des années ? .I

  • jcb29arz
    jcb29arz
    Retraité
    • Posté à 12h20 le 06/03/2008
    • Internaute 24331
      Retraité

    Les petites communes... sans candidats !

    Les « parachutés » ne sont pas encouragés à y venir... parce que le parachute n’est pas assez « doré » !

    Travailler plus pour gagner moins !
    Pas du tout attractif dans les ch’ti bleds ! ! !

    • pablico
      pablico répond à jcb29arz
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h47 le 06/03/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      très bonne idée, les cols blancs ’justiciables’, pourraient faire du travail d’intérêt public, en tant que maires de petits bleds. C’est mieux que des ’parachutistes’.

  • Maujean Jacques
    • Posté à 15h47 le 06/03/2008
    • Internaute 24030

    La Codecom ou Communauté de Communes semble la solution pour palier à la carence des candidats au poste de maire dans les petites communes rurales.
    Encore faut-il que le mode de scrutin change.
    Exemple :
    Ainsi à l’heure actuelle un(e) président(e) risque de ne pas repasser à la prochaine mandature parce qu’il (elle) n’a pas l’heur de plaire à ses électeurs locaux (village de 130 habitants) alors qu’il(elle) a fait un excellent travail au sein de la Codecom,portant des projets importants à bout de bras, avec beaucoup d’autorité et de compétence.
    Le scrutin direct semble nécessaire pour l’avenir des Communuté de Communes.
    Adieu les querelles de clocher.