Le Canard épingle des journalistes hôtes de Ben Ali
Selon Le Canard enchaîné de ce mercredi, la boîte de conseil Image 7 d’Anne Méaux a organisé depuis la fin des années 90 un « discret réseau d’influence » en faveur de la dictature de Ben Ali, composé notamment de patrons de presse « tout acquis à sa cause ».
La société de communication était liée contractuellement par l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE) et rémunérée plus de 200 000 euros par an.
Le Canard a mis la main sur « des documents illustrant ces mœurs joyeuses ». La mission d’Anne Méaux était, entre autres, de promouvoir l’image du pays en décrochant des reportages et interviews pro-Tunisie. Exemple :
« En décembre 2003, Image 7 expédie à Tunis Michel Schifres, alors directeur délégué du quotidien [le Figaro, ndlr]. Quelques jours plus tard, annoncée en une du journal, une interview de Ben Ali accablé de questions pièges sur la bonne situation économique et la place remarquable de la femme en Tunisie. »
Vacances pieds dans l’eau
Selon l’hebdomadaire, Image 7 organisait les vacances de certains journalistes en Tunisie :
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du 20 mai au 24 mai 2009, Etienne Mougeotte (Le Figaro), Nicolas de Tavernost (M6), Dominique de Montvalon (Le Parisien) et Alain Weil, patron de RMC-BFM TV seraient partis à Tunis avec leurs épouses ;
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du 22 juin au 24 juin 2007, Michel Schifres et Marie-Ange Horlaville (journaliste du Figaro spécialiste du luxe) auraient bénéficié d’un séjour VIP dans la capitale tunisienne ;
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en juin 2004, Gérard Gachet, ancien de Valeurs actuelles, serait parti avec sa femme en vacances à Tozeur cinq jours ;
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fin 2004, Image 7 aide Françoise Laborde, alors présentatrice du JT de France 2, à organiser un réveillon à Zarzis avec son compagnon et ses deux enfants. Devenue depuis membre du CSA, elle reviendra en 2010 en vacances et bénéficiera d’une voiture avec chauffeur.
Joint par Rue89, Dominique de Montvalon réagit :
« Je ne sais pas de quoi il s’agit, je n’ai pas vu Le Canard enchaîné. Je connais la Tunisie depuis 25 ans. J’aime la Tunisie et les Tunisiens depuis toujours. J’ai dû y aller 35 fois.
– Toujours avec votre argent ?
– Mais bien sûr, oui. »
Dans un document interne d’Image 7 publié par Le Canard enchaîné, les noms de Jean-Claude Dassier (à l’époque patron de LCI) et Christian de Villeneuve (qui dirigeait Paris Match et Le Journal du Dimanche) sont aussi évoqués parmi « les principaux dirigeants de la presse française bienveillante à l’égard du pays ».
Joint par Rue89, ce dernier dément avoir éprouvé de la bienveillance pour le régime Ben Ali :
« Je ne sais pas ce qu’a écrit cette dame [d’Image 7, ndlr], mais j’en ai ras le bol de cette histoire !
J’ai une maison en Tunisie, j’adore la Tunisie, mais je n’ai rien à voir de près ou de loin avec les régimes passés, présents ou à venir en Tunisie. »
Les journalistes de politique internationale « marxistes »
Chez Image 7, c’est Marie-Luce Skraburski qui s’occupe du dossier tunisien.
Dans une note confidentielle que s’est procurée Le Canard enchaîné et adressée au patron de l’ATCE, Oussama Romdhani, elle se félicite d’avoir « œuvré en vue de corriger la perception injuste de la réalité politique tunisienne ».
Mais dans les dernières lignes, l’employée d’Image 7 regrette que tous les journalistes ne jouent pas encore le jeu :
« [Il s’agit] des journalistes spécialisés dans la politique internationale, qui sont globalement de culture marxiste et droit-de-l’hommiste et essaient de présenter encore le régime tunisien comme un pays non démocratique, peu soucieux des droits de l’individu. »
Avec Augustin Scalbert
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Relativiste relatif
Relativiste relatif
Définition ici :
Lien’hommisme
« Le droit-de-l’hommisme est une expression péjorative désignant de manière polémique ce qui est perçu comme une attitude bien-pensante invoquant la défense des droits de l’homme et, plus généralement, une attitude purement déclamatoire ou excessivement tolérante.
L’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine a déclaré en mai 2007 que “ le droit de l’hommisme est une posture de repli. C’est une politique de remplacement qui prend acte de notre incapacité à intervenir, y compris sur le plan militaire. Ce droit de l’hommisme est valorisant vis-à-vis des opinions publiques européennes, mais il n’a aucune influence sur les mondes russe, arabe ou chinois. Nous faisons des discours pour pallier notre absence de pouvoir ou d’influence.”1 Hubert Védrine conseille au contraire davantage de réalisme en politique étrangère.
De manière plus générale, la Ligue des droits de l’homme se voit accusée de pratiquer le droits-de-l’hommisme. À Jean-Pierre Chevènement qui, en 1999, fustigeait le “ droits-de-l’hommisme de pacotille ” répondent, comme en écho, les déclarations de Nicolas Sarkozy contre “ tous les droits-de-l’hommistes de la création”. Nicolas Sarkozy s’opposa notamment à la LDH, ainsi qu’aux associations qui protestèrent contre son projet de loi sur la sécurité intérieure (LSI) en déclarant : “Tous les droits-de-l’hommistes de la création passent devant la porte de Saint-Ouen en disant : ’Mon dieu, les pauvres’ puis s’en vont pour aller dîner en ville” (dans un entretien au journal Le Monde, 24 octobre 2002). »




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