Fuite des militants du PS : celui qui arrive et celui qui s'en va
De nombreux internautes ont réagi à l’article Comment le PS a perdu le tiers de ses troupes ». Cyril M. et Romain G. ont deux trajectoires opposées. Voici leurs témoignages.
« Il y a des ’adhérents à 20 euros’ qui s’épanouissent »Fidèle lecteur de Rue89 depuis quelques mois, cet article qui me concerne un peu personnellement m’a fait franchir le pas de l’inscription, donc bonjour tout le monde. Je suis moi-même un de ces « adhérents à 20 euros », avec la particularité d’avoir pris ma carte après l’élection présidentielle de mai 2007. En effet, la déception face à l’élection de Nicolas Sarkozy, et les perspectives ombrageuses d’un nouveau quinquennat « à droite toute » m’ont placé dans une situation où j’estimais que la position de citoyen observateur ne suffisait plus, et qu’il était temps de s’engager. Après avoir adhéré par Internet sur le site du PS, j’ai franchi la porte de la section locale de ma ville, où j’ai de prime abord été accueilli froidement. En effet ici aussi la désertion des « adhérents à 20 euros » avait été très forte après le vote pour la désignation de la candidate à l’élection présidentielle. Des débuts difficiles Ces débuts ne s’annonçaient pas les meilleurs du monde, loin s’en faut, mais j’ai poursuivi mon idée et après avoir assisté à plusieurs réunions de section, j’ai pu trouver mes marques et m’intégrer pleinement dans la « faune » de la section. Par la suite, j’ai pu pleinement participer à différents ateliers (forums de la rénovation, préparation des municipales...) très enrichissants, et où les possibilités d’exprimer ses idées et de débattre ont été importantes. Je suis aujourd’hui pleinement acteur de l’activité de ma section, et figure sur la liste conduite par le PS pour les municipales de ma ville. Ce préambule me semblait nécessaire (toutes mes excuses si vous l’avez trouvé trop long) pour démontrer qu’il y a quand même quelques « adhérents à 20 euros » qui arrivent à s’épanouir pleinement au sein du PS. A mon sens, le réel problème qu’a suscité cette campagne d’adhésion à 20 euros est la non-adaptation préalable des sections pour accueillir ce nouveau flux de militants. Une section à taille humaine J’ai la chance d’être dans une section à taille humaine, d’une ville de moins de 50 000 habitants, mais de par mon expérience j’imagine assez bien les difficultés d’intégration qu’ont pu rencontrer les nouveaux adhérents, et les pousser à déserter leurs sections. Après, il est vrai que la baisse du nombre d’adhérents après la défaite semble assez logique. De plus, ce système d’adhésion à bas prix a certes permis de booster le nombre total d’adhérents, mais d’une façon assez artificielle dans le sens où quelques clics sur Internet n’impliquaient pas forcément dans l’esprit des nouveaux adhérents de s’investir beaucoup plus dans leurs sections locales. Cette perte importante du nombre d’adhérents doit donc être relativisée en gardant en tête qu’elle résulte d’une situation qui avait permis artificiellement de gonfler les rangs du parti. Il sera intéressant d’observer les fluctuations à moyen terme, pour pouvoir véritablement juger d’une évolution (à la hausse ou à la baisse) de la base militante du Parti Socialiste. Par Romain G |
« Le PS ne propose rien »Eh bien je peux vous expliquer pourquoi j’ai cotisé à 20 euros, et pourquoi maintenant je ne cotise plus. D’une part, je n’ai jamais eu l’âme d’un militant et même si je me considère très engagé. Mais pour moi le militantisme c’est l’absence de liberté et se fondre dans un moule, j’ai vraiment du mal. Je voulais cependant voir comment ça se passait. Quand je suis arrivé au PS, j’avais un avis plutôt négatif sur Ségolène Royal, j’avais entendu une intervention qu’elle avait faite durant la campagne européenne et je l’avais trouvée particulièrement incompétente. J’ai d’ailleurs voté non au référendum. J’avoue je supportais encore moins Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. La première chose qui m’a choquée c’est le vote du programme : nous devions voter pour ou contre un texte, et non choisir entre deux ou trois propositions. Pour moi, c’est l’opposé de toute démocratie : sous prétexte d’union, cela tourne à n’importe quoi. L’adhésion au programme de Ségolène Royal Ensuite les primaires, les partisans de DSK étaient très très agressifs contre Ségolène Royal, ça m’a beaucoup énervé. J’ai beaucoup lu et j’ai voté pour elle par adhésion, elle avait un vrai programme, basé sur la justice, la démocratie participative, la refonde des institutions (là aussi, la frilosité sur la VIe république du PS était à vomir), une vraie prise de conscience des problèmes écologiques, la défense de la recherche, des entreprises... à tout cela j’adhère, et elle a fait la différence sur les idées et la méthode principalement. Je suis chercheur et nous avions fait des états généraux de la recherche que pas un membre des gouvernements d’hier et d’aujourd’hui n’a pris la peine de lire. Dans la méthode de Ségolène Royal, il y avait de la considération pour ce genre de travail. D’ailleurs, sa méthode rejoignait celle de Rocard, que j’ai toujours apprécié, je n’ai jamais compris pourquoi il l’a détesté à ce point. De plus, Ségolène Royal était présente dans les médias et il ne faut pas se masquer la face, face à un Sarkozy omniprésent dans les médias à l’époque (et depuis 5 ans et aujourd’hui encore...) il n’y avait pas d’autre moyen de gagner éventuellement les élections, ce n’est pas avec le charisme de DSK et Laurent Fabius... Un petit tour chez les Verts Personnellement, je pense que les élections ont été principalement perdues par le combat que le PS à mené contre la candidate (avec l’aide des médias), sans compter ce putain de programme qu’on lui a collé au basket (le démagogique smic à 1500 euros par exemple). Tout cela m’a profondément écœuré et pour rien au monde je ne serais revenu au PS. Sans compter que 7% du salaire, ces temps-ci, effectivement ça fait mal (environ 200 euros annuel en ce qui me concerne). Je voulais m’inscrire chez les Vert, après discussion avec Yves Cochet, il me l’a carrément déconseillé ! Les Verts vont se scinder m’a-t-il dit, attendons un vrai parti d’écologie politique... Je l’attend toujours de mes voeux et me demande si je vais pas être obligé de le créer moi même. Dans le projet de Ségolène Royal, il y avait une composante d’écologie politique importante, si elle persiste dans cette voie, si elle prend la tête du PS et que du coup y en a pleins qui partent (qu’il y ait une claire séparation en deux), promis j’y retourne. Mais bon c’est pas gagné. Le PS ne propose rien dans sa globalité car toutes les forces en présence ne cessent de s’annuler. Chacun pris séparément à un projet cohérent et pertinent. Qu’ils se séparent et que les français décident pour qui ils veulent voter. Par CyrilM |
► Lire aussi : Comment le PS a perdu le tiers de ses troupes
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Merci à rue89 pour ces deux points de vue.




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