05/06/2011 à 13h37

Sur le Web, l'article journalistique a-t-il encore un sens ?

Laurent Mauriac | Cofondateur Rue89

Cet article, dont vous commencez la lecture, fait-il partie d’un genre en déclin, une forme bientôt « optionnelle » du journalisme, un « produit dérivé » ou un luxe dans la manière dont les médias nous informent ?

Tel est l’avis du professeur de journalisme et blogueur Jeff Jarvis. Une position qui suscite un débat soutenu parmi les passionnés de l’information en ligne aux Etats-Unis.

Selon Jarvis, les articles ne sont plus une forme nécessaire pour la couverture des événements. Ils le sont encore pour les journaux imprimés, mais pas pour « le flux qui ne commence jamais et ne se termine jamais du numérique ».

Jeff Jarvis appuie sa démonstration sur plusieurs exemples :

  • Brian Stelter, un journaliste couvrant la tornade Joplin, ne pouvait envoyer des articles par manque de connexion et demanda au New York Times de publier ses tweets. « Avec du recul, je pense que mon meilleur reportage était sur Twitter », écrit-il après coup.
  • Le groupe canadien Postmedia a couvert des élections récentes en publiant des posts, des photos, des vidéos « dans le cours de l’action, maintenant une couverture tout au long de la journée ». Ces éléments étaient compilés par la rédaction en fin de journée, fournissant la matière d’un article pour l’édition imprimée.
  • Les live bloggings du Guardian montrent que certains événements sont mieux racontés « dans un processus », de manière dynamique.
  • Andy Carvin (qui travaille pour la radio publique américaine NPR) a couvert sur Twitter les révolutions dans le monde arabe, son travail consistant à repérer les témoins fiables, à confronter ce qu’ils disent, à démonter les rumeurs, à s’appuyer sur son public pour des traductions ou pour vérifier une localisation sur une photo. « Ce qu’il fait ne donne jamais lieu à un article. »

Que devient l’article dans ce contexte ? s’interroge Jeff Jarvis, avant de répondre : « Un article peut être un sous-produit dans le processus [...], ce n’est plus le but du processus. » Un article peut aussi être « un luxe », quand une histoire complexe évolue, « c’est un grand service de la ficeler dans une narration convaincante et concise ».

Parmi les réactions suscitées, celle de Ben Ilfeld, fondateur du site Sacramento Press va encore plus loin :

« L’article n’est pas l’unité de base de la narration, du reportage, de la vente ou de toute autre chose. C’est un sous-produit vétuste qui n’incarne pas ce qu’est le bon journalisme mais une ère en train de disparaître. L’article a été inventé dans un âge industriel quand les informations étaient représentées par des biens physiques avec deux limitations : l’espace et le temps. »

Jonathan Glick, créateur du site Sulia (un agrégateur d’informations) s’accorde avec Jarvis pour dire que l’article classique, assemblant des faits, des photos, des citations, des informations contextuelles et de l’analyse, n’est pas adapté à la couverture des événements :

« Quand les nouvelles sont déjà connues des lecteurs – grâce au flux – ces assemblages peuvent devenir confusément désynchronisés, même quand ils sont vieux de seulement quelques heures. »

Mais Jonathan Glick pense « l’écriture dans la longueur survivra en abandonnant les pépites d’information ». Il imagine un journalisme divisé en deux groupes : la couverture en direct, via « les plateformes mobile et sociales » qui relaieront les faits et les photos dès leur existence (en les vérifiant ou non selon le standard journalistique des auteurs). C’est le groupe des « pépites d’information hautement virales ».

Deuxième groupe : le journalisme de « forme longue ». Autrement dit des articles fouillés dont la valeur repose sur « la perspective subjective de l’auteur, son expérience ou sa connaissance », faits pour être sauvegardés et lus plus tard « lorsque le lecteur prend le temps de se relaxer et d’apprendre ».

Sur le site GigaOM, le journaliste Mathew Ingram, s’en prend à l’argumentation de Jarvis, dans un billet titré : « Non, Twitter ne remplace pas le journalisme ».

« Tandis que la couverture des événements en direct est très puissante, nous avons encore besoin de quelqu’un pour donner du sens à ces flux et les mettre en contexte. En fait, nous en avons même encore plus besoin. »

Tout en reconnaissant le rôle joué par les réseaux sociaux et le concept de l’information « comme processus » (par opposition au produit fini qu’est l’article), concept cher à Jeff Jarvis, Mathew Ingram pense que « cela n’écarte pas le besoin d’articles, de commentaires ou d’enquêtes ».

« La couverture en direct qu’Andy Carvin et d’autres font sur Twitter, ou celle de Brian Stelter à Joplin, augmente le besoin d’accompagnement [dans le texte : curation, ndlr], de contexte et de reportage. »

Bref, le besoin d’article.

Au final, c’est peut-être la notion même d’article qui est en train d’évoluer, passant de celle de produit fini à celle de processus évolutif. Pourquoi ne pas considérer comme un article la couverture en direct d’un événement au moyen d’un live blogging ?

Tout cela est à repenser ; et vous pouvez compter sur Rue89 pour continuer à le faire, à tester des nouveaux formats et à expérimenter, avec vous.

Aller plus loin
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  • HabitantDuMonde
    HabitantDuMonde
    Plus de télé depuis 19 ans.
    • Posté à 11h00 le 06/06/2011
    • Internaute 116611
      Plus de télé depuis 19 ans.

    Je propose de réserver le mot journalisme à l’analyse réfléchie, contextualisée, « intelligée » des données. C’est l’antithèse du direct (le flux) qui produit des données, mais pas d’informations. C’est aussi pour cela selon moi, que bien sûr l’article long à de longs et beaux jours devant lui.

    Tout dépends de ce que le lecteur veux. Si il s’agit de foire et de spectacle - bref de divertissement - alors, go pour les flux !

    En fait, ce que le lecteur veux est conditionné par sa formation de citoyen. Et de suite, on en vient à se demander si la perfusion continue de données de flux, loin d’être une émancipation ou un cadeau, ne serait pas au contraire une aliénation. Bâfrer béatement sa dose éphémère de bruit médiatique sature les sens et évite la perspective de devoir réfléchir.

    Proposer que le journalisme soit réservé, à « la perspective subjective de l’auteur, son expérience ou sa connaissance » relève au mieux de l’imbécilité. Qui croit que l’objectivité existe ? Et bien justement... C’est le pseudo citoyen abruti, dont la formation de base à curieusement omis de lui expliquer que ça n’est pas le cas.

    Selon moi, la question de l’article long n’est pas tout à fait pertinente : oui il existera. C’est plutôt celle de son financement qui persiste. Qui paye ? Le citoyen. Et si on ne forme plus de citoyen ? Alors, oui personne ne veux payer.

    Ciao.

  • glafouk
    • Posté à 11h25 le 06/06/2011
    • Internaute 14743

    C’est un peu à cause de ce constat forcé que rue89 est devenu un bidule beaucoup moins intéressant qu’il ne le fut à ses débuts.

    Avant, ce site se démarquait des autres médias classiques en ligne, car il proposait des articles « posés ». Des textes causant de l’actualité, mais pas à chaud, seulement une fois un peu digérée avec un ou deux jours de macération. C’était agréable, en s’informant ainsi on avait l’impression de mieux comprendre, de lire des trucs qu’un type dont c’est le boulot à pris le temps d’analyser pour nous livrer sa version. Et puis c’était aussi très agréable de se sentir en « décalage » avec l’actualité, comme si on était hors du circuit tout en ayant la possibilité d’y jeter un oeil...

    Et va savoir ce qui leur à pris (en plus c’est arrivé assez vite), le progrès, la course à la bannière, l’envie d’avoir « une info plus grosse que celle du concurrent », c’est devenu un site banal, accroché aux dépêches, reprenant le même contenu que les autres, se targuant d’avoir été le premier sur le coup... So sad so bad...

    Certes, on va m’dire « Ah bah si tu veux des infos pas forcément d’actu à la seconde prêt et des articles plus longs, t’as qu’à acheter le mensuel papier ! ! ! ». Soit... Mais cette forme de journalisme « posé » n’a t elle pas sa place sur le web ? ? ?

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 11h36 le 06/06/2011
    • Internaute 64790
      dilettante

    A force de réclamer de l’impartialité et de la « transparence », on en oublie que le ournalisme est un métier d’opinion, qui s’exprime dans une presse du même métal.
    Le Net permet une revue de presse à moindre frais, en consultant la même info sur plusieurs supports. Il permet aussi le recoupement d’informations, en « allant voir sur place » les articles, brèves, discussions en ligne, des acteurs ou facteurs de tel ou tel fait.
    Si les articles de fond disparaissent pour laisser place à une bouillie non-écrite, une sorte de « digest » sous forme de dépêches d’agence, autant s’abonner directement à l’AFP !
    Le travail du journaliste c’est, partant de ces dépêches, les analyser, le recouper, les confirmer ou les infirmer, et y mettre sa patte personnelle, son opinion, qui s’inscrit dans la ligne éditoriale du support où il écrit.
    La presse crie qu’elle meurt. Mais elle est devenue si fade, si consensuelle, si passe-partout, si prompte à rallier le commun, qu’on ne la lit plus que d’un derrière distrait...
    Au journalistes, ça n’est pas « indignez-vous », ça n’est pas « révoltez-vous » qu’il faut dire, mais simplement : engagez-vous.

  • brazz
    • Posté à 11h38 le 06/06/2011
    • Internaute 40271

    Sachant la limite de nombre de caractères de twitter, je m’interroge un peu...
    Par contre, plus profondément, je pense qu’il y a une confusion : en fait il faut reconnaître que plus de 90% -et je suis gentil- de ce qui est publié dans les médias n’a plus réel sérieux et parfois même un quelconque intérêt, et ceci depuis des années, c’est une tendance lourde -la caricature ce sont les tabloïds- et en fait internet n’a fait qu’accélérer la chose.
    Ces billevesées d’articles évolutifs etc, cachent le grand n’importe quoi : les séries de reportages d’envoyés spéciaux par exemples existent depuis plus d’un siècle...
    Par contre, ce qui est sur, c’est qu’on revient baux sources, malheureusement ! On a de nouveau comme aux début des journaux papiers, des articles non documentés, non vérifiés, parfois même mensonges et inventions pures, je ne pense pas qu’on ait gagné au change.
    Ce qui avait été acquis de respect du lecteur qui paye, en matière de sérieux et de professionnalisme, se perd de plus en plus, soit disant pour des motifs de rapidité, mais en fait pour des raisons à la fois de facilité et de coût (on est ainsi arrivé à avoir les fameux gratuits qui ne sont finalement, malgré leur présentation, que les potins de la commère, sans aucune originalité ni recul et pour cause, autre raison : la confusion -entretenue- entre les blogs et les médias d’information. Un blog n’est jamais qu’un journal personnel (intime ? ? ?) étalé devant tous, alors qu’un media d’information nécessite connaissance et professionnalisme.
    Dernier point au niveau de la confusion, le soit disant web 2.0 (pourquoi pas 3.14 ! ! !) qui est consacre la primauté d’une certaine intéractivité avec les lecteurs : à partir d’un certain moment, quand cette intéractivité prime tout, il n’y a donc plus d’information et en gros on est sur un bon vieux forum ! (encore qu’il y ait des forums sérieux...)
    Je crois que ce genre d’article est ce qu’on appelait jadis un marronnier, personnellement j’ai déja participé à plusieurs débats sur ce thème et j’hésite à trancher entre le désir inconscient de seppuku de certains professionnels et la grosse mélasse intellectuelle à la mode qui nous conduit d’ailleurs à la situation actuelle !

  • ZYNECK
    ZYNECK
    EXPRESSION LIBRE
    • Posté à 12h08 le 06/06/2011
    • Internaute 159065
      EXPRESSION LIBRE

    Bonjour,
    La récente rencontre de Laurent MAURIAC à Talence m’encourage à participer.
    En réaction à son présent article, je juge utile de faire part de mon expérience.
    Animant plusieurs blogs, écrivant déjà dans un journal en ligne, j’ai pris l’habitude de modifier mes articles.
    Ainsi, à l’heure où le flux d’info est continu, et prend diverses formes selon les sources et leur support, je pratique l’article évolutif.
    Ainsi, j’annonce que telle note sera modifiée, enrichie...
    Au regard des statistiques, j’observe une certaine régularité.
    Ceci dit, rien en l’état, ne me permet de dire, que ma technique puisse prétendre à fidéliser un quelconque lectorat.
    à plus ?
    ...déjà suis-je revenu sur ce commentaire pour corriger
    une petite erreur...

    • Laurent Mauriac
      Laurent Mauriac répond à ZYNECK
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 15h05 le 06/06/2011
        éditeur
      • Journaliste 8
        Cofondateur

      Bonjour,
      Heureux de vous retrouver...
      Votre conclusion rejoint la mienne.

  • A déménage le 14-03-2012
    • Posté à 12h38 le 06/06/2011
    • Internaute 98050

    Bonjour,

    Au final, c’est peut-être la notion même d’article qui est en train d’évoluer, passant de celle de produit fini à celle de processus évolutif. Pourquoi ne pas considérer comme un article la couverture en direct d’un événement au moyen d’un live blogging ?

    Pour ne citer qu’un exemple : la couverture à chaud de l’affaire DSK où, sincérement, la couverture journalistique en « live » a été pitoyable de non sens, de contre vérités et d’informations non vérifiées balancées sans digestion.

    Alors, à mon humble avis, point trop n’en faut...

    Oui au journalisme de forme longue, fouillé, approfondi (v’là ti pas que la nostalgie du Servenay me reprend).

    Tout est une question de dosage sur le web.
    Le live blogging, pour moi, c’est un peu le sensationnalisme, l’appât du scoop coûte que coûte, la quête du buzz. Tout ce que je ne cherche pas dans l’information.

    Comme il existe des trolls dans les commentaires, il existe également des articles trolls qui polluent les journaux en ligne et produisent de la désinformation plus qu’ils n’informent (infos souvent non vérifiées, témoignages douteux, manque de recul). En général, ces articles trolls, ce sont les articles du premier groupe.

    Ces articles sont ceux qui attirent le plus de flux, donc le plus de trolls, donc dont découlent le moins de débats enrichissants.

    Mais sur le web, on raisonne en termes de flux...

    C’est dans l’air du temps, du tout tout cuit le plus vite possible en grande quantité, peu importe la qualité.

    C’est dommage.

    Pour se démarquer, le courage, ce serait de ne pas tomber dans ce journalisme de masse. A mon humble avis.

    Cordialement.

    • Fikmonskov
      Fikmonskov répond à A déménage le 14-03-2012
      http://fikmonskov.wordpress.com/
      • Posté à 14h09 le 06/06/2011
      • Internaute 81073
        http://fikmonskov.wordpress.com/

      Le problème, c’est que s’en démarquer, c’est se suicider. Car seul ce « journalisme de masse » (ce sont vos termes ; et je les fais miens) est viable sur le Web, financièrement parlant.

      C’est ça le drame.

    • Laurent Mauriac
      Laurent Mauriac répond à A déménage le 14-03-2012
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 15h12 le 06/06/2011
        éditeur
      • Journaliste 8
        Cofondateur

      Cher nilslof,
      Il me semble que le Web ou le live blogging sont des formes, des contenants, et qu’ils ne préjugent pas de la qualité des contenus qu’ils reçoivent.
      Vous dites que « sur le Web, on raisonne en terme de flux », mais n’y raisonne-t-on pas tout autant en terme de stock, puisqu’une grande part des contenus publiés y est conservée ?
      Amicalement.

      • A déménage le 14-03-2012
        • Posté à 00h18 le 07/06/2011
        • Internaute 98050

        Bonsoir M. Mauriac,

        Il me semble que le Web ou le live blogging sont des formes, des contenants, et qu’ils ne préjugent pas de la qualité des contenus qu’ils reçoivent.

        Effectivement, ils ne préjugent pas de la qualité des contenus qu’ils reçoivent. Mais pour le cas précis du live blogging, c’est un système d’information que je ne comprends pas (à part pour le sport). Je ne veux pas être informé en temps réel, je veux qu’on m’informe bien. Pas dans la précipitation, pas dans l’effervescence de la quête du scoop recopié à la va-vite sur la chaine de télé d’info en continu ou sur le site d’à côté avec des coquilles, des informations tronquées, monofocales construites autour d’approximations (ceci n’est pas dirigé contre Rue89 en particulier, entendons nous bien, c’est une critique générale).

        Je ne veux pas de on dit, de noms de protagonistes donnés en pâture puis retirés quelques heures après, une fois que le mal est fait, de petites phrases sorties de leur contexte. Je veux de l’information sereine, juste.

        Cette sérénité, cette justesse, je ne les trouve pas dans les informations du premier groupe. Ou plutôt, je n’arrive plus à ne pas les remettre en doute depuis que je lis ce type d’informations sur le net. Le problème qu’on a en prime, c’est qu’on fait commenter les gens sur des informations furtives, et que ces gens ne prennent pas toujours le temps de réactualiser leur navigateur. Ils se font eux mêmes colporteurs de faits furtifs pas forcément recoupés (mais ceci est un autre vaste sujet).

        la couverture en direct, via « les plateformes mobile et sociales » qui relaieront les faits et les photos dès leur existence ((en les vérifiant ou non selon le standard journalistique des auteurs). C’est le groupe des « pépites d’information hautement virales ». »
        =>Ca me fait frémir de lire ça.

        Dans son article, F. Jarvis reprend les arguments d’une commentatrice qui parle d’assembler les infos comme on assemble des Lego. J’imagine que chaque bribe d’info serait une brique et que leur imbrication formerait l’information avec un grand I. Pour moi, les infos du premier groupe, ça serait plutôt des briques Duplo. Un assemblage de briques grossières qui forment un tout grossier. Une fois qu’on a compris qu’on pouvait faire plus complexe et plus fin, on raffine et on passe alors au vrai Lego (l’info du deuxième groupe), et pourquoi pas, cerise sur le gâteau (spéciale dédicace) au Lego Technic.

        Twitter, live blogging, c’est du Duplo. Le Duplo, c’est répandu, banal, ça devient vite ennuyeux. Pour nous faire grandir, réfléchir, pour nous donner de l’information autrement, il faut aussi (et même surtout) continuer de nous donner du Lego, voire du Lego technic.

        Le journalisme de masse, pour moi, c’est celui qui, pour des contraintes économiques, ou par manque d’effectif, va se contenter de me faire jouer au Duplo parce que le Duplo c’est facile, pas cher, accessible, et tout le monde peut jouer avec. Je peux comprendre ces arguments, mais ils ne me satisfont pas. Et surtout, je n’accepte pas qu’on veuille me faire prendre des Duplo pour des Lego.

        Tout est question de dosage. Sur le web, et dans la rue, il y a des périodes Duplo (j’entends par là qu’il y a quelques articles en Lego, mais ils sont bien planqués au fond de la vitrine, derrière les gros chevaux de Troyes en Duplo). C’est dommage.

        Concernant votre question sur le stock, je ne sais pas si j’ai bien saisi où vous vouliez en venir. On en revient à l’aspect qualitatif plutôt que quantitatif, à mon humble avis. Pour terminer avec la métaphore, avoir un grenier rempli d’avions en Duplo, ça me tente moins qu’un grenier tout vide avec en son centre une ou deux boites de Lego Star Wars.

        Il se fait tard. Je vais certainement me nazer demain matin en me relisant... Je compte sur votre indulgence.

        Merci d’avoir ouvert ce débat et de nous avoir permis de nous exprimer sur ce sujet.

        Amicalement également.

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  • Radiotox
    • Posté à 13h02 le 06/06/2011
    • Internaute 151254

    Pourquoi ne pas considérer comme un article la couverture en direct d’un événement au moyen d’un live blogging ?

    Tout cela est à repenser ; et vous pouvez compter sur Rue89 pour continuer à le faire, à tester des nouveaux formats et à expérimenter, avec vous.

    Je vous met au défit de transcrire cet article sur tweeter.

  • Fikmonskov
    Fikmonskov
    http://fikmonskov.wordpress.com/
    • Posté à 14h07 le 06/06/2011
    • Internaute 81073
      http://fikmonskov.wordpress.com/

    « Il imagine un journalisme divisé en deux groupes...... »

    C’est une évidence absolue, pour qui pense un peu à l’avenir de la presse.

    Le problème, c’est que pour l’instant la forme N°2 n’existe que très peu. Et qu’on peut se demander si elle survivra, étant donné qu’on s’habitue de plus à plus à suivre les événements en temps réel, ce qui nous mène à les oublier dès qu’ils sont remplacés par d’autres. Et quand on les a oublié, une analyse construite et argumentée de ces événements ne nous intéresse déjà plus.

    Et ça, c’est vraiment inquiétant. Bernanos disait : « Etre informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles ».

    Et c’est ce que fait Internet...

    • Arwy
      Arwy répond à Fikmonskov
      geek
      • Posté à 01h29 le 07/06/2011
      • Internaute 113604
        geek

      « C’est ce que fait internet ».

      Désolé, mais c’est juste de la connerie de limiter la déchéance de l’info à la seule existence d’internet.

      Avec la télé, on a souvent vu de l’info absolument pas vérifiée et des journalistes ayant pour seul objectif de faire plus de chiffre que le voisin. A tel point que de plus en plus les JT se ressemblent. Aucun regard pertinent, aucune place à la réflexion, l’info telle que l’a peut être connu mes parents était déjà devenu du divertissement quand j’étais en âge de la regarder.

      Le journalisme d’investigation était déjà en train de mourir quand internet est arrivé. Et il est plus simple de s’abonner à l’AFP que de payer un journaliste qui va mettre longtemps à produire une information claire et travaillée. Aujourd’hui il est encore plus simple (et gratuit) de s’abonner à tweeter.

      Aujourd’hui, c’est juste le système entier qui fonctionne sur d’anciens modèles, et qui a les chocottes parce qu’il se fait piquer son biz par un outil qui gère mieux. Car contrairement à l’époque de papa, aujourd’hui, il y en a pour tous les gouts, et le professionnel seul n’est pas le décideur !

      Les consommateurs ne voulant que l’info à raconter à la pause café au bureau ont tout ce qu’ils avaient avant, mais en temps réel. On ne dit plus « tu as vu le JT d’hier soir ? » mais « tu as vu le tweet de tout à l’heure ? ». Quelle différence ? Le processus est le même.

      Ceux qui veulent des infos travaillées n’iront pas besoin de chercher loin. Que ce soit un livre, un magazine spécial, ou de très rares journaux/blog, il existe encore de quoi se mettre sous la dent. Et si on devait estimer le nombre de « vrais » journalistes (je parle des gens sérieux hein ... pas des « entertainment provider » qui se disent journalistes ...) qui sont apparu avec internet, alors il serait surement en augmentation.

      La preuve ? Il suffit de demander à un journaliste « traditionnel ». Trouve t-il du boulot ? non.
      Par contre, si vous êtes sérieux et que vous voulez vraiment diffuser de l’info, il suffit d’ouvrir un blog. Ok, c’est pas rémunéré, mais c’est la seule différence avec votre situation d’avant.

      Parce qu’avant, le journaliste disait quelque chose, on était prié de dire amen. Aujourd’hui, on peut lui répondre sur son blog. Comme ici, si un journaliste pond une bouse, il y a toujours des lecteurs qui ont que ça à faire de cracher, et quelques autres rares essayant de répondre et d’apporter un argumentaire.
      C’était possible du temps de la télé ?

      Voilà multiple pistes entre le monde d’hier et le monde d’aujourdhui.

      Avant, diffuser et travailler de l’info était reservé aux seuls journaliste diplomés et/ou à ceux qui avaient les moyens de se payer un journal/une télé.

      Aujourd’hui, nous sommes depuis deux générations né ou ayant grandi avec internet. C’est un outil que nous maitrisons. Diffuser de l’info, ce n’est plus un métier. Par contre, si vous êtes journaliste, un vrai, et que vous voulez travailler cet matière première, alors il y aura toujours moyen de le faire.

      Et rassurez vous, les lecteurs gros beaufs qui s’en foutent ne sont pas devenus plus nombreux ou lus cons avec internet. Par contre, les vrais journalistes ont plus d’espace pour parler, et eux sont plus nombreux. Avec eux s’élargit aussi leur public. (les entertainment provider ont aussi plus de place, surtout à la télé et dans les médias traditionnels d’ailleurs).

      Bientot on dira qu’internet rend con, alors que justement, c’est tout le contraire. Celui qui veut s’informer à tout ce qu’il faut ! Enfin !
      Pour ceux qui sont pas convaincu, qu’ils restent le cul devant la télé une semaine, on verra combien de neurones ils ont perdu.

      • Fikmonskov
        Fikmonskov répond à Arwy
        http://fikmonskov.wordpress.com/
        • Posté à 09h10 le 07/06/2011
        • Internaute 81073
          http://fikmonskov.wordpress.com/

        « Désolé, mais c’est juste de la connerie de limiter la déchéance de l’info à la seule existence d’internet. “ C’est pour ça que je ne l’ai pas fait. J’ai juste dit qu’Internet faisait ça, pas qu’il était le seul à le faire.

        ‘On ne dit plus tu as vu le JT d’hier soir ?’ mais ‘tu as vu le tweet de tout à l’heure ?’. Quelle différence ?” La différence, c’est que l’instantanéité OBLIGATOIRE (si tu diffuses une info 10 minutes après les autres, t’es déjà has-been) rend impossible le moindre recul sur l’info. Quand il y avait un JT par soir, il y avait déjà un peu plus de recul. Et plus encore quand la presse était principalement hebdo...

        “Par contre, si vous êtes sérieux et que vous voulez vraiment diffuser de l’info, il suffit d’ouvrir un blog. Ok, c’est pas rémunéré, mais c’est la seule différence avec votre situation d’avant.” Vous êtes rentier, vous ? Pas moi. Donc si je voulais faire du journalisme sérieux et indépendant, je devrais le faire le ventre vide. Figurez-vous qu’au bout d’un moment on meurt. Ce qui n’aide pas à faire du journalisme...

        “Bientot on dira qu’internet rend con, alors que justement, c’est tout le contraire. Celui qui veut s’informer à tout ce qu’il faut ! Enfin !” Oui, celui qui veut les infos les a. Mais celui qui ne veut QUE les infos le peut aussi, alors que dans un journal, à l’époque où c’était encore le modèle dominant, il y avait de toute façon un peu de recul et de réflexion dans chaque article. Et donc, le lecteur prenait ce recul et cette réflexion, obligatoirement. Maintenant, qui veut réfléchir doit fouiller. Je persiste à croire que c’est un mal.

         
        • Arwy
          Arwy répond à Fikmonskov
          geek
          • Posté à 14h46 le 07/06/2011
          • Internaute 113604
            geek

          Ecrire le ventre vide n’aide pas. D’ailleurs j’ai faim là tout de suite. Mais passons. Que se passe t-il quand dans ma région on ferme des usines par dizaines ? Qui est le coupable ? Les chinois ?
          C’est toujours facile de trouver un responsable.

          Les journalistes vivent une crise. Pour cette raison entre autre que je ne me lance pas dans des études de journalisme. Je suis sincèrement désolé pour tous ces journalistes qui ont du mal à envisager l’avenir sereinement.
          De même que je suis désolé pour les vendeurs de CD/DVD. : D Il y a des sites qui font mieux, moins cher, et plus rapide. L’avenir de ce commerce me semble largement compromis. Se battre et se débattre dans tous les sens ne sert à rien. C’est le modèle économique qui change, et rien n’y personne ne peut inverser la tendance.

          Ce qui me parait important quand même, c’est de dire encore et toujours que le comportement de base du consommateur/lecteur ne change pas. Celui qui ne veut pas s’investir deux minutes dans une lecture studieuse d’un article fait comme avant. Il lis les gros titres, parfois les plus petits titres, et zappe le contenu.

          Aujourd’hui, avec des tweeters ou d’autres trucs (qui en sont encore qu’aux prémices), c’est le même principe. Je ne lis pas un quart des articles de rue89. Par manque de temps, parce que je n’aime pas spécialement l’ambiance du site, ou la qualité générale. Je cible mes besoins d’info comme jadis avec un bon papier. Par contre, si un sujet me passionne, je pourrais y passer la journée à me renseigner dessus. N’est ce pas un progrès par rapport à avant que de pouvoir se goinfrer d’info ? (ça coupe pas la faim, c’est sûr).

          Bref, tout ça pour dire que je comprend le point de vue du journaliste qui doit aborder ces changements dans l’angoisse.
          Mais il faut comprendre que la spécificité d’internet à ce niveau n’est pas de changer directement les comportements, mais d’offrir exactement ce dont on a besoin en terme d’info, et si l’info est introuvable, permettre de la diffuser soi même.

          Oui, l’être humain était jadis un lecteur prié de lire ce qu’on lui pond. Aujourd’hui il est prié de ... oups, il est déjà plus là. ;) Chez la concurence, ou pire, en train de concurencer sur son blog.

          On sacrifie les journalistes et leur monopole sur la liberté d’expression pour la donner à tout le monde. C’est un sacrifice qu’en tant que citoyen un peu bavard, je fais volontiers.

          • Fikmonskov
            Fikmonskov répond à Arwy
            http://fikmonskov.wordpress.com/
            • Posté à 16h06 le 07/06/2011
            • Internaute 81073
              http://fikmonskov.wordpress.com/

            - « C’est toujours facile de trouver un responsable. »

            Il ne me semble pas avoir accusé qui que ce soit...

            - « De même que je suis désolé pour les vendeurs de CD/DVD. : D Il y a des sites qui font mieux, moins cher, et plus rapide. »

            Vous avez raison sur 2 points, tort sur le 3e : ces sites font en effet moins cher et plus rapide. Mais ils ne font pas mieux. Le problème avec la chute du disque est la même qu’avec la chute du print : il est reconnu que le MP3 est une plaie. Qualité merdique, son tout plat, et en plus néfaste pour l’oreille. Le vrai problème, c’est que tout ça nous habitue à tout avoir rapidement et gratuitement... et merdiquement. L’homme étant naturellement paresseux et avare, ça ne peut que marcher.

            - « Celui qui ne veut pas s’investir deux minutes dans une lecture studieuse d’un article fait comme avant. Il lis les gros titres, parfois les plus petits titres, et zappe le contenu. “

            Vous oubliez un détail : avant, pour lire les titres, il fallait quand même acheter le journal. Maintenant, sur le web, on a les titres gratos. Et en effet, on ne lit toujours en grande majorité que les titres. C’est à dire qu’on ne clique pas dessus pour ouvrir l’article. Quand on sait que la pub sur le web est plus chère s’il y a plus de clics, on devine assez facilement quel est le résultat sur les finances du journal. Résultat : plus de fric, donc on peut plus payer des vrais journalistes, qui feront un vrai travail d’enquête. On paie un abonnement à l’AFP, et on engage des commerciaux pour trouver toujours plus de pub. Et, accessoirement, on fait un peu de journalisme. Quand on peut.

            Ce n’est pas un fantasme, c’est du réel, je l’ai vu de mes yeux.

            - ‘mais d’offrir exactement ce dont on a besoin en terme d’info, et si l’info est introuvable, permettre de la diffuser soi même.

            Sauf que ça c’est un métier. Et être payé à faire ça engage celui qui le fait. Engagement de rigueur, d’honnêteté, d’objectivité (dans la limite du possible). Quand n’importe qui peut devenir transmetteur d’info, il n’y a plus tout ça. L’info n’est plus vérifiée, confrontée, analysée par une équipe dont c’est le travail. Et donc dont la gagne-pain dépend de la qualité de ce travail : parce que si les gens réalisent que le journal n’est pas sérieux, ils ne l’achètent plus. Et tu te retrouves au chômage.

            Quand tu diffuses une info bidon sur le Net, le seul risque, c’est quoi ? De passer pour un con 10 minutes. Mouais, pas très dissuasif. Sans compter qu’à priori rares sont ceux qui ont le temps de vraiment vérifier les infos.

            - On sacrifie les journalistes et leur monopole sur la liberté d’expression pour la donner à tout le monde.’

            On sacrifie l’exigence de qualité au droit de chacun de dire de la merde.

            Ça vous satisfait, ça ?

            • Arwy
              Arwy répond à Fikmonskov
              geek
              • Posté à 18h41 le 07/06/2011
              • Internaute 113604
                geek

              Il me semble que les journalistes ont apprit à faire des une qui se vendent. Sinon, le lecteur dans la rue lit la première page, repose le journal, et ressort sans payer.
              Aujourd’hui, les sites sur internet font le même apprentissage. Il ne faut jamais oublier l’apprentissage. Vous voulez tout et tout de suite. Mais je le répète, votre génération de journaliste est morte. Voilà, c’est clair.

              De même que votre metier va apprendre à gerer ses nouveaux outils, il faut comprendre que les gens aussi doivent apprendre.

              L’exigence de qualité. MDR.
              Quand on regarde TF1, avec des professionnels, des gens qui sont payés, donc engagé à de la rigueur, toussa ... c’est de la qualité ?
              Quels sont les chaines les plus regardés ? Arte ? La cinquieme ? Non, c’est les télés de merde, avec des professionnels plus commerciaux que journalistes. Il a pas fallu attendre internet pour ça. Pujadas ? Un journaliste ? Mouais ...

              L’exigence de qualité et le droit de dire de la merde ... Cela a toujours été vrai.

              La plupart des gens n’exigeaient pas tellement de qualité, et les journalistes ne se sont jamais privé de faire de la merde sous pretexte que c’est un metier.

              Quelqu’un a dit : L’imprimerie a permit à l’Homme de lire, Internet lui permettra d’écrire.

              Perso je sais que les journalistes essaient de trouver leur nouvelle voie avec internet. Comprenez vous que les citoyens normaux avec « juste » des années d’études sont capables de parler ?

              Parce que c’est marrant les journalistes : J’y connais rien sur un sujet, mais je suis journaliste, je vais en parler.

              Maintenant, c’est aux spécialistes d’en parler. Qu’ils soient journalistes ou non.

              J’appelle ça l’exigence de qualité. Parce qu’il y en a marre d’avoir de l’info de merde (ça compte pour les grandes télés comme pour certains articles ici, comme pour certains blogs ... )

              Mais cela prendra du temps, une génération surement encore. D’ici là, vous serez en retraite. ;)

              PS : Malgré le ton de mon message, je n’ai que de bons sentiments envers une personne qui accepte de discuter. Rien de ce que je dis ici est personnel. N’en doutez pas s’il vous plait.

              • Fikmonskov
                Fikmonskov répond à Arwy
                http://fikmonskov.wordpress.com/
                • Posté à 19h08 le 07/06/2011
                • Internaute 81073
                  http://fikmonskov.wordpress.com/

                - « L’exigence de qualité. MDR. »

                C’est pas parce que TF1 fait de la merde qu’il faut s’en contenter. Si pour me contredire vous ne pouvez citer que TF1, c’est grave. Pour vous.

                - « Quels sont les chaines les plus regardés ? Arte ? La cinquieme ? Non, c’est les télés de merde »

                Il me semble avoir déjà dit « l’homme étant naturellement fainéant et avare », dois-je re-développer ce point ?

                - « Parce que c’est marrant les journalistes : J’y connais rien sur un sujet, mais je suis journaliste, je vais en parler. “

                Mais c’est ça qui est grave : on n’a plus le temps de connaître les choses dont on parle, puisqu’il FAUT en parler dans les 5 minutes (sinon on est déjà en retard). Et ça, que vous le vouliez ou non, c’est plus vrai sur Internet qu’à la télé. Donc je le répète une dernière fois : Internet PROVOQUE la baisse de qualité de la presse.

                - ‘Maintenant, c’est aux spécialistes d’en parler. Qu’ils soient journalistes ou non.’

                Le problème, c’est que les spécialistes ont l’info, mais n’ont pas les bons moyens et les bonnes techniques de diffusion de l’info. C’est le boulot... du journaliste (mon dieu, quelle surprise).

                Redonnons le temps au journaliste de rencontrer les spécialistes, de les comprendre, puis de travailler des articles qui diffusent l’info. Tout le monde y gagnera : le journaliste, qui fera bien son boulot, et le spécialiste, qui ne perdre pas de temps à diffuser une info. Et qui restera donc un spécialiste.

                Internet tuera donc non seulement la presse, mais pas mal d’autres choses avec...

                PS. Tout pareil, même s’il m’arrive de m’enflammer :)

        4 autres commentaires
  • Chroniques de Rubrik
    Chroniques de Rubrik
    journaliste, blogueuse
    • Posté à 16h32 le 06/06/2011
    • Journaliste 159099
      journaliste, blogueuse

    Une chose est sure : dans la presse papier (dont je suis), on commence à avoir méchamment les chocottes. Le print se casse la gueule, mais la voie du salut reste floue. Surtout quand on a un patron qui s’accroche désespérément au seul modèle économique qu’il connait. On peut se demander si l’article journalistique a un sens sur le net... mais aussi si les journalistes y ont un avenir !

    • Fikmonskov
      Fikmonskov répond à Chroniques de Rubrik
      http://fikmonskov.wordpress.com/
      • Posté à 18h34 le 06/06/2011
      • Internaute 81073
        http://fikmonskov.wordpress.com/

      Tiens, une collègue ;)

      Idem. Le pire, c’est quand on voit certaines tentatives de passer sur le Web, qu’on pourrait prendre pour des tentatives délibérées de suicider un print qui marche bien...

      • Chroniques de Rubrik
        Chroniques de Rubrik répond à Fikmonskov
        journaliste, blogueuse
        • Posté à 23h04 le 06/06/2011
        • Journaliste 159099
          journaliste, blogueuse

        Le site de notre revue est une source inépuisable de rires/désespoir. Est-ce un moyen de nous couler ? Je crois juste que nos dirigeants naviguent à l’aveugle, avec une certitude : ca ne rapporte rien, donc on n’investit pas. D’oú la grosse daube qui nous sert de « vitrine » web...

         
        • Fikmonskov
          Fikmonskov répond à Chroniques de Rubrik
          http://fikmonskov.wordpress.com/
          • Posté à 09h05 le 07/06/2011
          • Internaute 81073
            http://fikmonskov.wordpress.com/

          Je vois que je ne suis pas le seul. Ou alors on bosse au même endroit...

          • Chroniques de Rubrik
            Chroniques de Rubrik répond à Fikmonskov
            journaliste, blogueuse
            • Posté à 16h21 le 08/06/2011
            • Journaliste 159099
              journaliste, blogueuse

            Ça serait vraiment trop drôle ! On se retrouve devant la machine à café dans 5 minutes ? J’aurais un numéro de Chokolat sous le bras.

            • Fikmonskov
              Fikmonskov répond à Chroniques de Rubrik
              http://fikmonskov.wordpress.com/
              • Posté à 16h26 le 08/06/2011
              • Internaute 81073
                http://fikmonskov.wordpress.com/

              On ne bosse donc pas au même endroit : pas de machine à café là où je bosse.

              Dommage...

        3 autres commentaires
  • A déménagé le 5 juillet
    • Posté à 16h48 le 06/06/2011
    • Internaute 155946

    de toutes les façons avec site ou sans site si vous prenait les gens pour des cons, à vous gonfler des pages d’annonces mensongères et manipulatrices favorise les mauvaises politiques ou morales
    sachez que vous êtes courts ! . l’observateur c’est l’épinons publique
    tout niveaux sociaux confondus. Par luis se diffuse les rumeurs et l’intelligence de raison !

  • Venkar Djinns
    Venkar Djinns
    internaute
    • Posté à 16h55 le 06/06/2011
    • Internaute 132516
      internaute

    Cela ne dépend t-il pas aussi du sérieux de l’article ? Je vois mal disparaitre au profit d’une autre forme « le canard enchainé », ils refusent le net et en un sens ont raison. Même avec tout les moyens de web et même des moyens financiers plus conséquents, des équipes plus conséquentes je ne trouve équivalent au canard.

    L’importance de l’article est aussi que l’article est intemporel, non ? Il y a l’investigation, le compte-rendu, mais aussi le fait que l’on ne traite pas toujours de l’actualité.

  • Stony
    Stony
    Chercheur
    • Posté à 17h26 le 06/06/2011
    • Expert 89962
      Chercheur

    Par ce qu’il y à encore des journalistes en France ? La presse n’est-elle pas devenue qu’une tribune pour les quelques uns qui contrôle ce pays ?

    • Chroniques de Rubrik
      Chroniques de Rubrik répond à Stony
      journaliste, blogueuse
      • Posté à 23h07 le 06/06/2011
      • Journaliste 159099
        journaliste, blogueuse

      Mais non ! Il y a tellement de domaines dont les puissants n’ont rien à foutre ! Là ce sont les annonceurs qui font chier, mais ça, c’est une autre histoire...

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h20 le 06/06/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Avec du recul, je pense que mon meilleur reportage était sur Twitter
    Alors recule encore, encore, encore... Voilà, rapproche-toi du ravin, encore un pas et on sera débarrassé de toi...
    A moins d’écrire phrase par phrase, je vois pas comment on peut se limiter à 140 caractères.

    Un article, c’est pas juste une info à la con balancée bêtement, c’est surtout une façon d’écrire, de mettre en forme, de préciser le contexte et d’expliquer les choses.

    C’est aussi con qu’une compte rendu de réunion qui se limiterait aux phrases prononcées et passerait totalement à côté de la synthèse et des décisions prises.

    En fait ce genre de merde est devenu au journalisme écrit ce qu’est ces pauvres direct à la con de la télé, ou un type se contente de déblatérer des idioties et de répéter toujours et encore les mêmes choses pour combler le vide.

    Sans déconner, à quoi ça sert de sortir des phrases qui se répètent chaque minute, si ce n’est pas satisfaire la maladie mental d’une certaine audience ?

    Un point régulier est déjà largement suffisant pour des vrais évènements comme un accident nucléaire, mais déjà toutes les heures c’est trop surtout quand il n’y a rien de neuf à dire.
    Et pire que tout quand il s’agit de connerie sans intérêt et qui en plus suivent un rythme lent comme les histoires de cul d’un taré célèbre, en parler une fois par semaine est largement suffisant.

    Ou alors qu’on replace ce genre de pratique dans son véritable contexte : celui de la discussion légère. Et qu’on appelle surtout pas ça de la rédaction d’article, juste de la conversation journalistique.

  • Seamasdubh
    Seamasdubh
    Voyageur intersidéral
    • Posté à 18h30 le 06/06/2011
    • Internaute 30922
      Voyageur intersidéral

    Plus que celle d’article, c’est la notion de journalisme qui est en train de changer...

    • Fikmonskov
      Fikmonskov répond à Seamasdubh
      http://fikmonskov.wordpress.com/
      • Posté à 18h35 le 06/06/2011
      • Internaute 81073
        http://fikmonskov.wordpress.com/

      Ce n’est pas « plus que », c’est « en parallèle ». Et c’est évidemment intimement lié.

      La poule et l’oeuf, en gros...

  • A déménagé le 5 juillet
    • Posté à 20h44 le 06/06/2011
    • Internaute 155946

    le journalisme a nécessaire comme d’une fenêtre ouverte sur obscurantisme du monde. Mais s’il marche sur le fil de rasoir faut pas qu’il se détrompe. Il est né de l’opinion publique, pour l’opinion publique !

  • Rapoutouk
    Rapoutouk
    Intellectuel domestique
    • Posté à 21h35 le 06/06/2011
    • Internaute 121214
      Intellectuel domestique

    Si on doit s’appuyer sur twitter pour tenter de comprendre le monde, c’est une ère d’igorance crasse qui s’ouvre devant nous...

  • NATHALIE3
    NATHALIE3
    Journaliste
    • Posté à 09h03 le 07/06/2011
    • Journaliste 112317
      Journaliste

    « Au final, c’est peut-être la notion même d’article qui est en train d’évoluer, passant de celle de produit fini à celle de processus évolutif. »

    Oui bien sûr, c’est aussi ce que fait l’AFP a travers ses dépêches actualisées d’heure en heure... ce n’est pas nouveau

  • Grunge
    Grunge
    l'innocence n'existe pas, il n' (...)
    • Posté à 11h32 le 07/06/2011
    • Internaute 115996
      l'innocence n'existe pas, il n' (...)

    je pense qu’un article de presse n’est qu’une partie ( orienté ou non) de ce qui nous pousse a lui porter de l’intérêt, a savoir : l’information qu’il véhicule. Le reste n’est qu’un détail. Même si j apprécie le beau phrasé de certain journaliste, il n ’empêche que je les écoute/lis/observe pour ce qu’ils ont a me retranscrire et non pour leur personne, d’une certain manière ils deviennent eux même des vecteur, des média. Le métier de journaliste n’est pas menacé, il est juste en train de connaitre une mutation obligatoire dans un monde ou le transfert d’information en temps réel est devenue le maitre mot. Je pense que les journaliste n’ont pas a s’en faire, l’information brute est indigeste pour bon nombre d’entre nous. Le plus inquiétant pour leur profession étant je pense l’intégrité et la liberté, la liberté d’informer qui on veut sur ce qu’on veut, ce qui n’est malheureusement pas le cas...exemple : wikileaks, l’absence d’info sur le diner du siècle, un ancien ministre français pédophile, sur la TVFR made in Elysée, 3 exemple pris au hasard, perdu dans l’océan de désinformation dont nous abreuvent quotidiennement les info traditionnelles( les JT).
    Ce n’est donc pas l’avenir des journaliste qui est menacé mais leur objectivité, leur liberté a nous informer sur les sujets qu’ils jugent importants

  • hamihaha
    hamihaha
    Salarié
    • Posté à 16h36 le 07/06/2011
    • Internaute 50816
      Salarié

    L’information en continu et surtout la concurrence entre les différents médias qui recherchent l’effet d’annonce et la primauté sur les concurrents privent l’article de réflexion, analyse, devoir de vérification par croisement des sources, précaution.

    C’est pour cette raison que des articles de blog ou de sites associatifs genre Rue89 qui commentent l’actualité n’auront jamais le poids d’articles du Figaro ou du Monde.

    Et heureusement !

  • dilettante non mélomane
    • Posté à 17h21 le 07/06/2011
    • Internaute 107984
      En stand-by

    Je doute que la question soit : les notions d’article, de journalisme [autres déclinaisons : de citoyen, de laïcité, etc.] sont-elle en train d’évoluer ? Si la notion elle-même de journalisme évolue, la faute en revient peut-être à une mauvaise formation, des mauvais formateurs, des conditions mauvaises de formation, un manque de formation à l’éthique et l’histoire du métier, ou que sais-je...
    A contrario, il me semble que ce sont les conditions d’exercice de ces notions qui ont évolué et évoluent. La question serait alors plutôt : comment les citoyens, ayant gagné le droit à l’expression de leurs opinions (entre autre grâce aux NTIC) dans des espaces médiatiques quasi-exclusivement réservés autrefois aux professionnels de la communication, vont-ils exercer ce droit ? Et comment l’ensemble des citoyens pense-t-il éduquer ses descendants à la sélection pertinente d’information, à plus ou moins long terme ainsi qu’à l’expression d’une opinion étayée ?

    La distinction proposée entre « couverture médiatique immédiate » et « article fouillé » me semble vieille comme la lune, ou en tout cas explorée avant l’apparition d’outils tels que les réseaux sociaux, les tweets, les agrégateurs, etc. en ligne.
    Bien qu’avouant n’avoir aucune connaissance documentée là-dessus, je subodore qu’auparavant les entreprises médiatiques avaient besoin de l’existence de l’une et l’autre facettes pour la survivance des deux. Est-ce vraiment différent à présent ? Ma foi, il faudrait un article plus documenté et synthétique pour se faire une opinion là-dessus.

    Le plus des articles engagés est qu’ils sont... engagés. C’est-à-dire qu’un point de vue original et falsifiable est présenté.
    En ce qui concerne les articles qui ne répondraient pas à des critères d’excellence -critères d’ailleurs à déterminer par l’ensemble des citoyens en toute logique... peut-être sont-ils effectivement voués à disparaître. Cela dépend de l’orientation que tous s’emploieront à donner à la presse.
    Ainsi, [projection orwellienne on] on peut imaginer que dans une économie où les supports d’informations (serveurs y compris) seraient la propriété de quelques groupes financiers, une économie gouvernée par une politique de réduction des frais de fonctionnement, les articles ne proposant qu’une liste d’opinions et d’exemples -un peu comme celui proposé ci-dessus, au fond-, seraient rédigés de manière automatique. Et rien n’empêcherait que des articles soient rédigés de la même manière sur une extension de tweeter, sur la base d’une collection automatique de tweets. [projection orwellienne off]
    Cet exemple n’est pas totalement fantaisiste : des algos efficaces sont déjà utilisés pour la rédaction de communiqués sportifs. Communiqués formels et un peu trop... statistiques, mais informatifs (voir Lien). Rien à voir encore avec des envolées plumitives, mais la base -collection et régurgitation d’infos sans réflexion particulière- y est.
    La question est : comment voulons-nous être informés, comment conserver l’accès et la diffusion faciles d’articles fouillés, comment conserver la multiplicité des supports existant, celle-ci étant peut-être la garante de nos possibilités d’expression futures.

  • Yamana Y
    Yamana Y
    journaliste
    • Posté à 11h24 le 09/06/2011
    • Journaliste 31208
      journaliste

    Il ne faut pas confondre « journalisme » et « direct ».

    Ces deux notions se rejoignent certes parfois, voire de plus en plus, mais un journaliste est aussi – surtout ? – quelqu’un qui enquête, compile, étudie, interroge, s’interroge, met en perspective, explique, éclaire.

    Toutes notions de plus en plus importantes par les temps qui courent (et galopent).

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